2371 – Chine et Europe centrale … le Format 16+1 … vu de Hongrie, vu de Chine, vu par IRIS et de la Tchéquie.

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Chine et Europe centrale … résoudre le puzzle 16+1

Par Gábor Toth, président de Gateway to Europe Association V4 – 01/12/2017

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Le Premier ministre chinois appelle à développer le mécanisme de coopération 16+1 Chine-PECO

Par : french.china.org.cn – 28/11/2017

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Le Format « 16+1 » la nouvelle coopération entre seize pays d’Europe centrale et orientale et la Chine

Par Dorota Richard – IRIS France 08/02/2016

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A Budapest, la Chine courtise l’Europe centrale

Sébastien Cazabon Premier Ministre Tchèque – .radio.cz – 28-11-2017

Par Gábor Toth, président de Gateway to Europe Association V4 – Chine.

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Chine et Europe centrale … résoudre le puzzle 16+1

Par Gábor Toth, président de Gateway to Europe Association V4 – 01/12/2017

Hongrie, Budapest – Pendant deux jours, Budapest est devenu le centre d’attention en Europe, alors que le Premier ministre chinois visitait la capitale hongroise pour le sommet 16 + 1.

De nombreux articles ont analysé les résultats du sommet,

  • tel que le développement du chemin de fer Budapest-Belgrade,
  • la licence d’exportation de miel et de maïs hongrois,
  • la signature des accords de coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur
  • et beaucoup d’autres petites étapes améliorant les relations entre les pays d’Europe centrale et orientale d’un côté et la Chine de l’autre.

Les médias libéraux occidentaux ont critiqué l’initiative du Premier ministre chinois, l’accusant d’essayer de diviser l’Europe et d’exercer une pression politique et économique pour obtenir une influence sur le continent européen.

Il faut dire que la plupart de ces entités médiatiques et leurs journalistes n’ont jamais été à Budapest ou dans les CEE, leur point de vue peut donc être considéré pour le moins comme inexact et partial.

C’est aussi parce que le monde semble bien différent vu de Hongrie aujourd’hui, bien plus que de n’importe quel autre pays d’Europe.

La représentation de la Hongrie par les médias libéraux prive le spectateur ordinaire des éléments nécessaires à voir les choses clairement, rendant par conséquent difficile de comprendre également le concept de 16 + 1. Il faut creuser en profondeur pour trouver des solutions afin de résoudre ce puzzle vraiment fascinant.
Jetons donc un coup d’œil à cette question du point de vue du hongrois, et essayons de rassembler les pièces de ce puzzle pour y voir plus clair.

Vue de Budapest, la partie occidentale de notre continent semble très perturbée, mal gérée et sur une mauvaise pente.

Certains disent que cela est dû à la propagande d’État qui essaie de convaincre les Hongrois que l’Occident est condamné, que les libéraux sont mauvais et ainsi de suite.

Cependant, les statistiques et les événements récents prouvent que les peuples des pays occidentaux perdent confiance dans leurs dirigeants et dans leurs élites.

Dans leur cœur, ces peuples ne veulent pas permettre que leur continent soit bouleversé. Ils s’opposent aux tentatives de détourner le continent de ses véritables et historiques racines.

Cependant, dans la plupart des pays d’Europe, les gouvernements ne sont pas très stables, ils peuvent être considérés comme très divisés, incapables de s’entendre sur des questions fondamentales.

Ceci, bien sûr, affaiblit ces nations, et même si dans le cœur des gens, ce qu’ils veulent est clair, leurs dirigeants sont pour le moment toujours assez forts, et pour encore une courte période de temps, ils resteront en place et les choses vont suivre leur cours actuel.

Mais alors que cette tendance est en train de changer en Europe et de plus en plus de pays se réveillent, il y a un pays et un peuple qui sont unis, forts, politiquement stables et sages quand il s’agit de problèmes majeurs qui troublent le vieux continent.

Ce pays est la Hongrie, et ces gens sont les Hongrois.

La politique du 16 + 1 et de «l’Ouverture vers l’Est» résulte directement de la faiblesse et de la mauvaise gestion de Bruxelles, car une nation forte et unie recherchera toujours de nouveaux partenaires, de nouvelles alternatives lorsqu’elle reconnaîtra que ses anciens alliés se trompent de direction.

Quel autre choix existe-t-il pour la Hongrie ?

Les dirigeants hongrois essaient de convaincre les dirigeants bruxellois que ce qu’ils font est mauvais pour tous les pays de l’UE, mais en même temps, ils se préparent au pire.

Ils peuvent soit aller avec le courant dominant et devenir un pays comme la France ou la Belgique, soit ils peuvent le refuser et rester comme ils l’ont toujours été pendant plus de mille ans.

Bien entendu, les Hongrois ont fait leur choix : rester ce qu’ils sont.

Cependant, cela signifie également que de nouvelles alliances doivent être formées, sinon la Hongrie ne pourra continuer à croître et à prospérer.

C’est pourquoi le 16 + 1 est pris au sérieux par la Hongrie et les autres pays d’Europe centrale et orientale, en particulier le groupe Visegrád.
Le V4 est en effet au cœur du 16 + 1, en tant que moteur de la croissance en Europe aujourd’hui. Et en tant que locomotive à succès, elle attire la plupart des investissements de la Chine dans la région.

Sur le plan idéologique, la comparaison de l’Europe de l’Ouest et celle “de l’Est” est sans appel :

le V4 représente un choix de société saine, sage, culturellement et socialement protégée, et économiquement sereine.

Même si cela peut être difficile à croire, la Chine voit aussi cela, et étant l’une des nations les plus pragmatiques, elle montre un énorme intérêt pour cette région. La Chine recherche des partenaires où règnent la sécurité, la liberté, une gestion solide, le potentiel de croissance et le respect mutuel. C’est pourquoi elle a opté pour l’Europe centrale et a fait confiance à ces 16 pays pour comprendre et saisir l’incroyable opportunité qu’ils appellent l’initiative «La ceinture et la route».

Ce sommet de deux jours n’était qu’un élément de ce début de coopération.

Alors que l’Occident glisse de plus en plus bas, pris en otage par sa propre idéologie destructrice, l’Orient se lève et construit un nouvel avenir, une nouvelle Europe. Ou plutôt, préserve l’ancienne Europe.

L’Europe ne changera pas. Et face à une alternative de la sorte, les Européens choisiront ce qu’ils ont toujours choisi. Ils choisiront en fin de compte de rester un continent d’États-nations forts, de christianisme et de tradition.

Les forces qui travaillent à le changer sont vouées à l’échec. Cependant, cela ne signifie pas que les institutions centralisées disparaîtront, mais seulement que celles-ci serviront leur but initial et auront à fonctionner correctement.

Le 16 + 1 et la Nouvelle Route de la Soie est l’occasion pour l’Europe de se remettre sur pied et d’être “great again“.

Les pays du V4 ont une opportunité historique d’être les initiateurs de ce changement. Mais saisiront-ils cette opportunité ?

À y regarder de plus près, il semble que ce soit déjà fait…

Photos : page officielle de Viktor Orbán


source/ https://visegradpost.com/fr/2017/12/01/chine-et-europe-centrale-resoudre-le-puzzle-161/


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Le Premier ministre chinois appelle à développer le mécanisme de coopération 16+1 Chine-PECO

Par : french.china.org.cn – 28/11/2017

Le Premier ministre chinois Li Keying et son homologue hongrois Viktor Orban, ..setkani_16_a_cina

Par : french.china.org.cn |  Mots clés : Hongrie-Chine-PECO
French.china.org.cn | Mis à jour le 28-11-2017

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, en visite à Budapest, a appelé lundi à faire progresser la coopération entre la Chine et les 16 pays d’Europe centrale et orientale (PECO), également connue sous le nom de coopération « 16+1 ».

La coopération 16+1 représente une partie essentielle et un complément très utile des liens Chine-Europe en général. En tant que telle, elle contribue au développement des relations sino-européennes, a déclaré M. Li dans un important discours prononcé au cours du 7e Forum économique et commercial Chine-PECO, qui se tient à Budapest, la capitale hongroise.

Le Premier ministre a appelé à synchroniser l’initiative « la Ceinture et la Route » avec les stratégies de développement des PECO, et à prendre l’initiative pour appliquer les décisions prises au cours du Forum de« la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale en Europe centrale et orientale.

S’adressant à plus d’un millier d’entrepreneurs venus de Chine et des PECO pour assister à la cérémonie d’ouverture du forum, M. Li a également appelé à davantage d’efforts pour accélérer la construction des grands projets de connectivité, comme la voie ferrée Hongrie-Serbie, ainsi que pour promouvoir un développement sain et durable des services de fret ferroviaire entre la Chine et l’Europe.

Les capacités de production constituent un autre domaine dans lequel les deux parties devraient élargir leur coopération, a souligné M. Li, appelant à la construction conjointe de zones de coopération économique et commerciale, et à la création

  • d’une chaîne industrielle,
  • d’une chaîne de valeur
  • et d’une chaîne logistique caractérisées par une meilleure intégration, une dynamique plus forte,
  • et des bénéfices plus étendus.

M. Li a appelé les deux parties à renforcer la libéralisation et les mesures d’encouragement du commerce et des investissements, notamment en améliorant la coopération douanière et en accélérant les procédures logistiques. Il a également appelé à promouvoir une coopération accrue dans le domaine des PME.

Le Premier ministre chinois a en outre exhorté les deux parties à élargir leurs canaux de financement, afin de mieux soutenir la coopération Chine-PECO.

Dans son discours, M. Li a annoncé la création de l’Association interbancaire Chine-PECO, ainsi que le lancement de la deuxième phase du Fonds de coopération pour l’investissement Chine-PECO.

La Banque de développement de Chine offrira l’équivalent de 2 milliards d’euros (2,4 milliards de dollars américains) de prêts à l’Association interbancaire, à des fins de coopération financière tournée vers le développement, a ajouté M. Li.

Le Premier ministre a par ailleurs souligné que la seconde phase du Fonds de coopération pour l’investissement, qui représente 1 milliard de dollars, serait principalement consacrée à investir en Europe centrale et orientale.

La Chine soutient les institutions financières liées au commerce et au développement, afin qu’elles puissent financer davantage de projets de coopération bilatérale, et aider les deux parties à faire affaire et à financer leurs projets de coopération en devises chinoises, a expliqué M. Li.

L’économie chinoise est en train de passer d’une phase de croissance rapide à une phase de développement qualitatif. Cela conduira certainement à créer de nombreuses opportunités pour tous les pays du monde, y compris les PECO, en leur offrant un marché plus vaste, une croissance plus forte, et davantage d’investissements et de coopérations, a déclaré M. Li.

De son côté, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a déclaré qu’au cours des cinq dernières années, la coopération 16+1 s’était étendue aussi bien à l’économie et au commerce qu’à la connectivité ou aux échanges humains. Cette coopération a non seulement profité au développement des PECO, mais est également devenue un mécanisme efficace, essentiel à la coopération mutuellement profitable Europe-Chine.

Dans un contexte d’évolution de l’ordre politique et du paysage économique global, les 16 pays d’Europe centrale et orientale sont disposés à approfondir leur coopération mutuellement profitable avec la Chine, et considèrent cette coopération comme une véritable opportunité de développement, basée sur un esprit d’équité et de respect mutuel, a affirmé M. Orban.

M. Orban a également déclaré que les PECO participeraient activement à l’initiative « la Ceinture et la Route », et travailleraient à créer un meilleur environnement pour permettre aux entreprises chinoises d’investir et de se développer en Europe centrale et orientale.

M. Li est arrivé dimanche à Budapest pour une visite officielle en Hongrie, ainsi que pour assister à la 6e rencontre des chefs de gouvernement de Chine et des 16 pays d’Europe centrale et orientale.

Au cours de son séjour en Hongrie, M. Li aura des rencontres bilatérales avec les dirigeants des PECO, avec qui il travaillera à définir les orientations de leur coopération future.

Il assistera également à la signature d’une série d’accords de coopération, et célèbrera le cinquième anniversaire de la création du mécanisme de coopération 16+1.

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Le Format « 16+1 » la nouvelle coopération entre seize pays d’Europe centrale et orientale et la Chine

Par Dorota Richard – IRIS France 08/02/2016

 

Tribune – 8 février 2016 – Par Dorota Richard, Docteur en sciences politiques et relations internationales, spécialiste de l’Europe centrale et orientale

Le quatrième sommet du Format « 16+1 » s’est tenu le 24 novembre 2015 à Suzhou, en Chine, avec la participation du premier-ministre chinois Li Keqiang et des chefs d’État et de gouvernement de seize pays d’Europe centrale et orientale.

Lors du sommet, les participants ont formulé les « Directives de Suzhou », grandes lignes de la coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale.

Le partenariat entre 16 pays d’Europe centrale et orientale et la Chine, connu sous le nom du Format « 16+1 » a débuté en 2012 à Varsovie, lors de la visite en Pologne du premier ministre chinois de l’époque, Wen Jiabao.

Le Format « 16+1 » est composé de la Chine et de 16 pays d’Europe centrale et orientale :

  1. Estonie,
  2. Lettonie,
  3. Lituanie,
  4. Pologne,
  5. République Tchèque
  6. Slovaquie,
  7. Hongrie,
  8. Roumanie,
  9. Bulgarie,
  10. Slovénie,
  11. Croatie,
  12. Serbie,
  13. Bosnie-Herzégovine,
  14. Monténégro,
  15. Albanie
  16. Macédoine.

Depuis 4 ans, le partenariat, dans le cadre du Format « 16+1 », se développe en particulier autour de l’initiative chinoise de la « Nouvelle route de la soie ».

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Depuis 2012, la Chine intensifie ses relations avec les pays d’Europe centrale et orientale. Cette nouvelle coopération est réalisée dans le « Format 16 +1 ».

Plusieurs raisons expliquent ce rapprochement récent :

L’importance croissante de l’Europe centrale et orientale suite à l’intégration de 11 pays de cette zone dans l’Union Européenne ;

La prise de conscience à Pékin de l’importance croissante dans l’UE de ces nouveaux pays membres ;

L’Europe centrale et orientale est le nouveau point d’orientation de la stratégie going out, c’est-à-dire de l’expansion des entreprises chinoises à l’étranger ;

– Cette région est au centre de la « Nouvelle route de la soie », englobant deux initiatives proposées en 2013 par le président chinois Xi Jinping : « la Ceinture économique de la Route de la Soie » et « la Route de la Soie maritime du XXI siècle ». Ces deux initiatives sont souvent appelées également « la Ceinture et la Route », concept clé de la politique étrangère chinoise. Il s’agit de développer de nouvelles infrastructures de transport ainsi que des réseaux de commerce, des échanges économiques et d’investissements reliant la Chine et l’Europe, le long de l’ancienne « Route de la Soie ».

Les « seize » sont particulièrement concernés par cette « Nouvelle route de la Soie » car un quart des pays situés le long de son tracé se trouvent en Europe centrale et orientale.

L’Europe centrale et orientale est perçue par la Chine comme une zone favorisant l’expansion des investissements financiers chinois vers l’Ouest de l’Europe ;

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Le Format « 16+1 » devrait faciliter les relations Chine – UE ;

La Chine veut intensifier les échanges avec cette zone, y compris augmenter ses importations, notamment dans le secteur agro-alimentaire, investir, mais aussi obtenir le contrôle de centres de production et de distributions ;

Cette nouvelle coopération devrait contribuer à une perception positive de la Chine en Europe.

En outre, cette forme de coopération offre à la Chine la possibilité de rencontres simultanées régulières au plus haut niveau avec les représentants de 16 pays.

Par ailleurs, cette formule permet de coordonner les projets et les potentiels des seize pays d’Europe centrale et orientale dans le dialogue politique et économique avec la Chine, mais également d’acquérir une meilleure connaissance du marché chinois et en conséquence d’en faciliter l’accès [1].

Les 16 pays de l’Europe centrale et orientale sont donc directement intéressés à la réalisation de ces objectifs, car ils sont conformes à leurs propres intérêts. Les « seize », qui ont un important déficit commercial avec la Chine, veulent augmenter leurs exportations, attirer les investissements et créer des centres logistiques multimodaux, ainsi que des centres de distribution autour des réseaux de transport avec la Chine.

La coopération dans le Format « 16 + 1 » a été inaugurée en avril 2012

à Varsovie à l’occasion de la visite en Pologne du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, lors du sommet Europe Centrale – Chine – Pologne. Le siège de l’organisation est à Varsovie. Cette nouvelle forme de coopération au plus haut niveau – avec le premier ministre de la Chine et les dirigeants de 16 pays d’Europe centrale et orientale – comprend également des réunions de niveau subalterne selon le même format.

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Donald Tusk after Wednesday’s meeting with Wen Jiabao

A Varsovie en 2012, Wen Jiabao a exposé la stratégie de la Chine pour l’Europe centrale et orientale en « 12 étapes » [2] – liste d’initiatives visant à renforcer la coopération bilatérale. Parmi les plus importantes, figurent

  • une ligne de crédit de 10 milliards de dollars,
  • un fonds d’investissement d’un capital initial de 500 millions de dollars
  • ainsi que l’envoi de missions économiques dans le but d’accroitre les importations et les investissements chinois.

Toutefois, la stratégie des « 12 étapes » a suscité l’inquiétude de l’Union

Européenne. Bruxelles a exprimé sa préoccupation concernant la participation de pays non membres de l’UE au Format 16+1, craignant que cela puisse interférer dans sa politique vis-à-vis de la Chine.

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Parlement de Bucarest

En réponse à ces préoccupations, Pékin a pris soin de consulter la Commission européenne sur ses propositions avant le deuxième sommet du Format à Bucarest en novembre 2013.

En conséquence, les « Directives de Bucarest » contenaient des dispositions selon lesquelles la coopération dans le Format « 16+1 » devait être conforme au droit de l’Union européenne et devait s’inscrire dans le cadre du partenariat stratégique Chine-UE. Le but était d’éviter les propositions incompatibles avec le droit de l’UE.

Les « Directives de Bucarest » [3], programme de coopération adopté par les 17 pays du Format à l’issu du sommet, étaient plus riches que les « 12 étapes ».

Le document décrit les initiatives à entreprendre en 2014 et dans les années suivantes dans des domaine clés de la coopération :

  • le commerce, l’investissement,
  • le transport,
  • les infrastructures,
  • l’agriculture
  • la coopération financière,
  • culturelle,
  • scientifique et interpersonnelle
  • ainsi qu’un plan visant à mettre en place des mécanismes communs de coopération.

La mise en œuvre des « Directives de Bucarest » tout au long de l’année 2014 a été marquée par un nombre important de rencontres officielles accompagnées d’initiatives commerciales.

Par exemple, en Juin 2014 à Ningbo, la rencontre des ministres de l’économie était accompagnée d’une foire présentant l’offre à l’exportation des pays d’Europe centrale et orientale.

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à Belgrade mardi 16 décembre. Marko Drobnjakovic/AP. Le premier ministre chinois Li Keqiang lors de la cérémonie d’ ouverture du forum économique

Le troisième sommet du Format s’est tenu le 16 décembre 2014 à Belgrade en présence du premier ministre chinois et Li Keqiang, des représentants des gouvernements des 16 pays d’Europe centrale et orientale et des représentants de l’Union européenne.

En même temps, se sont déroulés un forum économique ainsi que de nombreuses réunions bilatérales entre Li Keqiang et les premiers ministres des « seize ».

Le nouveau document réactualisant le programme de coopération, « Directives de Belgrade », définissait les priorités pour 2015 et les années suivantes [4].

Le sommet a été organisé autour du thème « New driving Force, new platform, new engine ».

  • La première partie se réfère à la relation Chine-Europe centrale et orientale,
  • la deuxième définit une nouvelle plate-forme de coopération qui profite aux deux parties,
  • la troisième donne l’impulsion pour de meilleures relations sino-européennes.

Dans son discours, Li Keqiang a insisté sur le fait que la Chine et l’Europe ont des potentiels complémentaires et des intérêts convergents.

La coopération dans le Format « 16+1 » peut également devenir un excellent outil d’intégration de l’Europe en tant que continent. Elle sera reliée à la Chine par des projets d’infrastructures et de voies de transport (Nouvelle route de la soie). Cette coopération apportera des avantages mutuels à toutes les parties.

Par ailleurs, les « seize » et la Chine ont des intérêts complémentaires.

Les pays d’Europe centrale et orientale doivent développer leurs infrastructures et leurs secteurs de production.

De son côté, la Chine dispose d’une importante capacité de production et de grandes réserves monétaires.

Le premier ministre chinois a annoncé la poursuite de la coopération financière, et notamment des conditions plus intéressantes concernant l’utilisation des 7 milliards de dollars restant de la ligne de crédit de 10 milliards de dollars ouverte en 2012, ainsi que le financement de la deuxième phase du fonds d’investissement Chine-Europe centrale et orientale d’un montant de 1 milliard de dollars (après la première phase du montant de 500 millions de dollars) et la création d’un fonds d’investissement chinois de 3 milliards de dollars.

 

Les entrepreneurs chinois seront également encouragés à participer à la privatisation dans les pays d’Europe centrale et orientale.

Parlement à Belgrade parlement SERBIE

Parlement Belgrade Serbie

Les principales dispositions de « Directives de Belgrade » :

  • – Construction d’une ligne de chemin de fer entre la Serbie et la Hongrie avec le soutien financier de la Chine. La construction devrait être achevée en Juin 2017 ;
  • Amélioration de la communication entre la Chine et l’Europe centrale et orientale grâce à la construction de nouvelles lignes de transport et de centres logistiques ;
  • – Annonce de l’ouverture de liaisons aériennes directes Chine – Europe centrale et orientale ;
  • Inauguration officielle du mécanisme d’investissement avec des sièges à Varsovie et Pékin. Ce mécanisme a été créé en novembre 2014 lors d’une réunion des représentants des agences d’investissement du Format « 16+1 » à Varsovie ;
  • Signature d’un accord sur la mise en place d’un Conseil d’affaires à Varsovie (création d’un secrétariat permanent du Conseil d’affaires du Format « 16+1 » ainsi que d’un bureau d’information sur les investissements du Format) ;
  • – Mise en place de rencontres régulières (tous les deux ans) des représentants des ministères de l’économie ;
  • Inauguration en 2015 à Sophia de l’Association des institutions de promotion de la coopération dans le domaine de l’agriculture ;
  • Poursuite de l’utilisation de la ligne de crédit mise en place par la Chine en 2012 pour les « seize ».

Par ailleurs, l’année 2015 a été annoncée comme l’année de la promotion de la coopération touristique. Un forum d’experts de la protection du patrimoine culturel, créé lors du Congrès économique européen à Katowice en Pologne, doit enrichir la coopération d’une dimension culturelle.

Le 4e et dernier sommet du « Format 16+1 » s’est tenu le 24 novembre 2015 à Suzhou en Chine avec la participation du premier ministre chinois Li Keqiang et des chefs d’Etat et de gouvernement des seize pays d’Europe centrale et orientale.

Les représentants de l’Union Européenne, de la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement ainsi que de l’Autriche et de la Grèce étaient présents en tant qu’observateurs. En effet, ces deux derniers pays sont très intéressés par le développement de la partie sud de la « Nouvelle route de la soie ».

Lors du sommet, les participants ont adopté, sur le thème de « New Beginning, New Domaines, New Vision », les « Directives de Suzhou » [6], feuille de route de la coopération entre la Chine et les « seize » pour l’année suivante ainsi qu’un plan de coopération à moyen terme jusqu’à 2020.

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Li Keqiang & Victor Orban

Dans son discours d’ouverture [6], Li Keqiang a annoncé que la Chine mettrait en place les conditions nécessaires pour augmenter ses importations en provenance des « seize », en particulier des produits de consommation courante.

  • Le volume d’échange entre la Chine et les « seize » s’est élevé à 60,2 milliards de dollars en 2014.

Toutefois, le déficit étant important du côté des pays d’Europe centrale et orientale, l’augmentation des importations chinoises en provenance de « seize » permettrait de rééquilibrer les balances commerciales.

Par ailleurs, la Chine devrait faciliter le financement des projets communs. A cette occasion, Li Keqiang a proposé une discussion sur la création d’un fond spéciale offert par la Banque Asiatique d’Investissement pour les infrastructures (AIIB).

  • Il a également annoncé des investissements d’entreprises chinoises en Europe centrale et orientale à hauteur de 5 milliards de dollars.
  • Ces investissements pourraient ensuite atteindre une somme à deux chiffres.

La question centrale du IV Sommet était le développement des infrastructures de transports en Europe centrale et orientale. Au cœur se trouve le projet de la « Nouvelle route de la soie », qui représente une alternative aux trajets actuellement utilisés.

Cette « Nouvelle route de la soie », composée d’une partie terrestre et d’une partie maritime, permettra de relier la Chine à l’Europe occidentale. Du point de vue de Pékin, l’Europe centrale et orientale est essentielle dans la réalisation de ce projet.

Cette région sera au centre de ce nouveau réseau de transport, avec des centres logistiques et des ports sur la mer Baltique qui deviendraient les principaux centres de transbordement de marchandises venues d’Asie.

Le sommet de Suzhou a permis de mettre l’accent sur les transports maritimes. Dans ce cadre, on prévoit le développement de ports au bord de la mer Baltique, de l’Adriatique et de la Mer Noire ainsi que le développement de bases logistiques pour augmenter les flux de conteneurs par rails.

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Par ailleurs, le projet prévoit la construction ou la modernisation d’infrastructures de transport – chemin de fer, y compris des lignes de grande vitesse, de routes et d’aéroports, ainsi que la construction de gazoducs, d’oléoducs et d’infrastructures de télécommunication.

La Chine mise en particulier sur le développement de la branche nord de la « Nouvelle Route de la soie » passant par les Pays Baltes. La Lettonie pourrait y jouer un rôle important [7]. La coopération Pékin – Riga, dans les domaines de la logistique et des transports, devrait aboutir à la mise en place du couloir de transport Asie – Europe du Nord.

A Suzhou, cinq pays (Pologne, Serbie, République tchèque, Bulgarie et Slovaquie) ont signé avec la Chine des mémorandums sur la promotion des investissements autour de la « Nouvelle route de la soie ».

Du côté chinois, on observe la volonté marquée de promouvoir la synergie entre l’initiative de la « Nouvelle route de la soie » et les stratégies de développement des « seize » pour arriver à une plus grande connectivité entre l’Asie et l’Europe, notamment grâce au développement des infrastructures régionales. Cela permettrait d’accélérer et de libéraliser les échanges et faciliterait les investissements.

Par ailleurs, Li Keqiang a souligné les possibilités qui découlent de la synchronisation, dans le cadre du Format « 16+1 », des politiques du développement des pays d’Europe centrale et orientale avec la stratégie chinoise du développement, notamment dans les domaines prioritaires du 13ème Plan quinquennal de la Chine.

La Chine souhaite également la synchronisation des actions du Format « 16+1 » avec les stratégies de l’Union Européenne ainsi qu’avec les plans de coopération entre la Chine et l’UE (Agenda stratégique Chine-UE 2020) et le Plan d’investissement pour l’Europe (plan Juncker).

Le premier ministre chinois a évoqué de nouvelles possibilités d’investissements qui pourraient être proposées aux « seize », grâce notamment aux institutions comme l’AIIB et le Fonds de la Route de Soie qui dispose de 40 milliards de dollars.

Dès le début, le Format « 16 + 1 » a été imaginé comme un projet à long terme, une stratégie « gagnant, gagnant », permettant d’obtenir des avantages mutuels et pour la Chine, et pour les « seize ». La coopération dans le cadre du Format a effectivement renforcé la position de la Chine dans les pays d’Europe centrale et orientale et en Europe dans son ensemble.

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La Chine, qui, jusqu’à récemment, percevait la coopération avec l’Europe au travers du prisme des relations avec les membres occidentaux de l’UE, a acquis, grâce aux mécanismes du Format, des connaissances sur l’Europe centrale et orientale, sa diversité interne, son climat favorable aux investissements, etc.

Il en résulte également un renforcement des relations bilatérales entre la Chine et les pays de la zone.

Pour les pays d’Europe centrale et orientale, le Format « 16+1 » est un instrument important qui peut aider les « seize » à approfondir les relations avec la Chine, faciliter la recherche de nouveaux marchés et représente une source de capital pour stimuler la croissance économique.

Les investissements chinois, y compris dans l’infrastructure, stimuleront la croissance et contribueront au développement de leurs économies. Les projets relevant de la « Nouvelle route de la soie », comme les centres logistiques et les couloirs de distribution, attireront les investissements chinois, stimuleront les exportations et permettront, à terme, de réduire le déficit commercial.

Toutefois, malgré la forte dynamique de coopération dans le cadre du Format « 16 + 1 », les résultats – tels que la hausse des importations chinoises en provenance des « seize » et les nouveaux investissements en provenance de Chine (en particulier dans les pays appartenant à l’UE) – ne sont pas à la hauteur des espérances.

Notamment, pour l’instant, aucun projet de dimension régionale n’a vu le jour.

Il faut préciser que la diversité des « seize » ne facilite pas la coopération avec la Chine.

Les attentes sont différentes pour les pays membres de l’Union Européenne et les pays des Balkans non membres.

  • Les premiers attendent plutôt des IDE du type greenfield ou brownfield.
  • Les seconds sont intéressés par des projets chinois d’infrastructures et c’est d’ailleurs dans cette région que sont principalement utilisées les lignes de crédit proposées par la Chine.

Malgré ces obstacles, la Chine poursuit et fait monter en puissance la coopération dans le cadre du Format « 16+1 ». L’Europe centrale et orientale est la région la plus proche des provinces chinoises occidentales, qui ont besoin d’un développement économique rapide.

C’est notamment pour cette raison que la Chine a intégré les pays d’Europe centrale et orientale à la « Nouvelles route de la soie ».

 

[1] M. Kaczmarski « Chiny – Europa Środkowo-Wschodnia: „16+1” widziane z Pekinu » 
 [2] J. Szczudlik-Tatar « Chinska ofensywa w Europie Srodkowej i Wschodniej : realizacja strategii12 punktow »
[3] T. Dabrowski « Bukareszt : spotkanie premierów Chin i państw Europy Środkowej i Południowo-Wschodniej »
[4] Sommet de Belgrade
[5] Liste complète de « Directives de Suzhou »
[6] Discours d’ouverture de Li Keqiang, 4e sommet Chine-Pays d’Europe centrale et orientale
[7] M. Kaczmarski, J. Jakobowski,J. Hyndle-Hussein « Szczyt Chiny–Europa Środkowo-Wschodnia: nowa wizja współpracy, stare instrumenty »


source/ http://www.iris-france.org/71611-le-format-161-la-nouvelle-cooperation-entre-seize-pays-deurope-centrale-et-orientale-et-la-chine/


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A Budapest, la Chine courtise l’Europe centrale

Sébastien Cazabon Premier Ministre Tchèque- .radio.cz – 28-11-2017

 

La 6e rencontre des Premiers ministres des pays membres des accords dits « 16+1 » a eu lieu ce lundi 27 novembre à Budapest.

 

Ces accords économiques lient directement seize pays d’Europe centrale, orientale, et balkanique au géant chinois, et font l’objet d’une attention toute particulière de la part de la Tchéquie, comme l’a souligné le Premier ministre Bohuslav Sobotka, présent à cette occasion dans la capitale hongroise.

EUROPE CENTRALE-PAYS BALTES- EX YOUGOSLAVIE- EUROPE SUD EST - fig-1

C’est une grande famille qui s’est réunie en Hongrie ce lundi. On y retrouvait la plupart des pays « de l’Est », avec à la table des négociations

  • les quatre pays de Visegrád,
  • les trois pays baltes,
  • les six anciennes républiques de Yougoslavie (sans le Kosovo donc),
  • la Roumanie et l’Albanie.

Et aux côtés de tout ce beau monde : la Chine.

Les chefs de gouvernement de tous ces pays étaient ainsi réunis pour la 6e fois depuis la création de l’initiative 16+1, créée à Varsovie en 2012.

Censé renforcer les liens économiques et commerciaux de manière multilatérale, ce groupe de coopération a le vent en poupe depuis sa fondation, et cette réunion, présidée par M. Orban, le Premier ministre hongrois, était l’occasion de faire le bilan.

On écoute Bohuslav Sobotka :

« Cette rencontre a montré que ce format de coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale est viable. Nous avons lancé différents projets intéressants, même si la majorité d’entre eux ont toutefois un caractère bilatéral. Il s’agit de projets de coopération étroite entre la Chine et les différents pays du groupe 16+1. »

Dans le cas de la République tchèque, les accords 16+1 sont d’une importance significative : ces dernières années, le Premier ministre Bohuslav Sobotka et le chef de l’Etat Miloš Zeman ont beaucoup courtisé le géant asiatique pour attirer des investissements chinois en Tchéquie.

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le chef de l’Etat Miloš Zeman Tchèque

En 2014, le président tchèque s’était rendu en Chine pour rencontrer son homologue Xi Jiping, qui lui avait rendu la faveur en venant à Prague en 2016 pour signer des accords de coopérations économiques renforcés. On se souvient de la déclaration de Miloš Zeman à l’époque : « J’aimerais que la République tchèque soit la porte d’entrée de la Chine dans l’Union Européenne ».

La porte d’entrée de la Chine, c’est encore à voir, mais une porte d’entrée pour les Chinois, c’est chose faite. Bohuslav Sobotka a ainsi rappelé les très bonnes prévisions du tourisme chinois en Tchéquie, avant d’évoquer de futures perspectives de collaboration :

Bohuslav Sobotka TCHEQUE sobotka

Bohuslav Sobotka , Premier Ministre Tchèque 

« Nous attendons cette année près de 500 000 touristes chinois en République tchèque. Nous avons pour l’instant quatre lignes aériennes directes reliant la Chine à la Tchéquie, deux autres pourraient être mises en place au cours de l’année prochaine. Dans ces deux domaines, nous nous classons donc parmi les leaders du groupe 16+1. Je suis aussi content que nous réussissions à accélérer nos exportations vers la Chine. Nous avons la plus grande croissance sur un an de nos exportations depuis sept ans, en hausse de 29%. Les relations tchéco-chinoises ont bien changé ces dernières années. Il ne s’agit plus seulement de relations politiques mais aussi économiques. Nous collaborons dans le domaine de la santé. Il existe des coopérations entre les régions tchèques et chinoises… »

L’aviation civile et l’industrie du médicament, ce sont les deux secteurs ciblés par Bohuslav Sobotka pour le futur des relations sino-tchèques. Le Premier ministre a ainsi annoncé la tenue d’une rencontre 16+1 en République tchèque en 2018 sur ces sujets.

Bohuslav Sobotka a par ailleurs également savoir que Prague organiserait également une réunion des premiers ministres de l’initiative en 2019, à l’occasion du 70e anniversaire des relations tchéco-chinoises, et ce après le 7e sommet prévu l’an prochain en Bulgarie.

La romance entre les PECO et Pékin ne fait donc que commence


source/ http://www.radio.cz/fr/rubrique/faits/a-budapest-la-chine-courtise-leurope-centrale

 

 

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