2280 – Islande/législatives – le Premier ministre résiste mais la gauche le menace …

A – Islande/législatives – le Premier ministre résiste mais la gauche le menace …

B – Islande: des législatives entre « dégagisme » et stabilité économique

C – L’Islande depuis la crise financière de 2008

 

Bjarni Benediktsson n’est premier ministre que depuis le début de l’année.

L’Islande organisait samedi 28 octobre des élections législatives anticipées pour renouveler l’Althingi, son Parlement. Après dépouillement de près de la moitié des bulletins dimanche, leparti de l’indépendance du premier ministre islandais Bjarni Benediktsson est crédité de 17 sièges sur 69 au Parlement. Ce résultat partiel ne permet pas d’affirmer que le leader conservateur restera au pouvoir.
AFP

Modifié le – Publié le | AFP


B – Islande: des législatives entre « dégagisme » et stabilité économique

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La cheffe du mouvement Gauche-Vert, Katrin Jakobsdottir, jouit d’une immense popularité: près d’un Islandais sur deux la verrait bien Première ministre, un capital confiance très supérieur à l’assise politique de sa formation.

Les Islandais votaient samedi lors de législatives anticipées indécises. Ce scrutin pourrait voir une quadra de gauche battre l’establishment usé par les affaires depuis la crise de 2008 mais qui défend son bilan économique flatteur.

Il s’agit des quatrièmes législatives depuis la crise financière de 2008 qui a plongé la nation nordique dans le marasme, mis au jour les liens souvent troubles entre élites politiques et économiques, mais fait aussi émerger un mouvement populaire « anti-establishment ».

Le scrutin devait se terminer à 22h00 locales (minuit en Suisse). Neuf partis sont en lice, du Parti de l’indépendance (conservateur, majorité sortante), au mouvement Gauche-Verts qui attire des électeurs déterminés à solder les années « fric » et prône d’affecter les fruits de la croissance à la redistribution.

Sa cheffe Katrin Jakobsdottir veut renverser la table: cette jeune quadragénaire jouit d’une immense popularité. Près d’un Islandais sur deux la verrait bien Première ministre, un capital confiance très supérieur à l’assise politique de sa formation.

Indicateurs au vert

Selon les derniers sondages, le Parti de l’indépendance, qui a siégé dans tous les gouvernements depuis 1980 hormis la parenthèse de 2009-2013, arriverait en tête. Il devrait recevoir le mandat de former une majorité. Et à ce jeu-là, il est loin d’avoir la partie gagnée.

Dans son fief de Gardabaer, près de Reykjavik, le Premier ministre Bjarni Benediktsson, héritier d’une famille fortunée, a défendu son bilan en votant.

« Si vous regardez seulement les indicateurs économiques, nous sommes très forts », a-t-il dit à l’AFPTV. « Nous n’avons pas besoin de grands changements de politique pour réussir en tant que nation. Je veux voir l’Islande prospérer », a ajouté le chef du Parti de l’indépendance, qui rallie sous sa bannière pêcheurs, eurosceptiques et entrepreneurs.

Les indicateurs sont tous au vert: après 7,2% en 2016, le pays affiche encore une croissance vigoureuse (3,4% au deuxième trimestre), un taux de chômage quasi résiduel, des investissements et des touristes qui déferlent.

Difficile unité de la gauche

Selon les sondages, le Parti de l’indépendance obtiendrait 17 sièges sur 63. Face à lui, le mouvement Gauche-Verts, les sociaux-démocrates et les Pirates totaliseraient ensemble jusqu’à 29 mandats. Trop court pour atteindre la majorité de 32 sièges, mais le ralliement d’un quatrième parti semble à portée.

L’histoire récente a toutefois montré combien les partis de gauche peinaient à s’entendre. Les conservateurs pourraient eux faire cause commune avec leurs anciens alliés du Parti du progrès, le Centre et les libéraux de Renaissance, crédités de 16 à 17 sièges au total.

En 2009, les sociaux-démocrates et le mouvement Gauche-Verts avaient pris les rênes de l’exécutif après la démission du gouvernement mené par le Parti de l’indépendance, perçu comme coresponsable de la crise. Forte de ce ras-le-bol, la gauche a présidé à la rédaction d’une nouvelle Constitution, « par » et « pour » les citoyens.

Mais ce texte n’a jamais été ratifié et, après l’austérité, l’aspiration des électeurs à la prospérité a pris le pas sur le désir de réforme. La droite est revenue aux responsabilités en 2013.

Les « casseroles » du Premier ministre

Ce retour a coïncidé avec l’ascension de Bjarni Benediktsson. Ministre de l’économie et des finances entre 2013 et 2016, son nom apparaît en 2016 dans les Panama Papers comme détenteur d’un compte offshore. Il devient malgré tout Premier ministre en janvier 2017 à la faveur de l’échec de la gauche à signer un programme commun.

La coalition est tombée au bout de neuf mois après le retrait d’un petit parti, le Premier ministre étant accusé d’avoir couvert son père dans un sordide imbroglio judiciaire.

M. Benediktsson a par ailleurs été mis en cause par plusieurs médias ayant montré qu’il avait vendu la quasi totalité de ses actifs juste avant la nationalisation d’une banque pendant la crise de 2008. Aucune preuve d’un éventuel délit d’initié n’a toutefois été apportée.


SOURCE/  https://www.swissinfo.ch/fre/islande–des-l%C3%A9gislatives-entre–d%C3%A9gagisme–et-stabilit%C3%A9-%C3%A9conomique/43632438

 Le Parti de l'indépendance du chef du gouvernement, le conservateur Bjarni Benediktsson, en tête selon des résultats partiels, le 28 octobre à Reykjavik - Halldor KOLBEINS - AFP

Le Parti de l’indépendance du chef du gouvernement, le conservateur Bjarni Benediktsson, en tête selon des résultats partiels, le 28 octobre à Reykjavik Halldor KOLBEINS  /  AFP
 

C – L’Islande depuis la crise financière de 2008

Une vue du port de Reykjavik, le 24 octobre 2017

Une vue du port de Reykjavik, le 24 octobre 2017

afp.com/Halldor KOLBEINS

Reykjavik – En 2008, la crise financière mondiale plongeait dans le marasme la petite Islande, île subarctique de glace et de feu aux terres infertiles, qui avait mis tous ses oeufs dans le panier bancaire.

Au prix de l’austérité et de l’endettement des ménages, l’Islande, premier pays occidental placé sous perfusion du Fonds monétaire international (FMI), a renoué avec la croissance en 2011

Les fraudeurs de la finance ont été jetés en prison, les banques nationalisées, les investisseurs étrangers –alléchés avant la crise par des rendements élevés– contraints d’assumer une partie des pertes. 

L’Islande (335.000 habitants) a connu une croissance de 7,2% en 2016, la plus forte des pays de l’OCDE, alimentée par la consommation privée, le retour des investissements, l’explosion du tourisme et une politique budgétaire expansionniste. 

Voici les grandes dates du pays depuis la crise financière de 2008. 

– 2008 –

Septembre: la crise financière internationale s’abat sur l’Islande dont le secteur bancaire représente alors les deux tiers de la valeur de la bourse locale. 

Octobre: les trois grandes banques passent sous tutelle de l’Etat qui les laisse faire faillite. L’Islande gère les avoirs étrangers, empêchant les créanciers britanniques et néerlandais de récupérer leur mise. Dans le pays, des milliers de manifestants munis d’ustensiles de cuisine réclament le départ du gouvernement de centre-droit. 

– 2009 –

Janvier: cette « révolution des casseroles » pousse le gouvernement de droite à démissionner. 

Février: Johanna Sigurdardottir (sociale-démocrate) est nommée Premier ministre. Elle est la première cheffe de gouvernement ouvertement homosexuelle en Occident. 

Avril: le gouvernement de centre-gauche engage des réformes. Un projet de nouvelle Constitution rédigé par un collège issu de la société civile est soumis au Parlement en juillet 2011. Ce projet n’a toujours pas été ratifié par le Parlement. 

– 2010 –

Avril: éruption du volcan Eyjafjöll situé sous le glacier Eyjafjallajökull. Le volcan crache un nuage de cendres qui s’élève jusqu’à 9.000 mètres et sème pendant un mois le chaos dans le ciel européen, avec plus de 100.000 vols annulés et huit millions de passagers bloqués. 

– 2011 –

L’Islande renoue avec la croissance après des années de purge qui ont fait fuir des milliers de ses ressortissants à l’étranger, dont de nombreux jeunes, la plus grande vague d’émigration du pays depuis la fin du 19e siècle. 

– 2013 –

Avril: symbole du rejet de la politique traditionnelle, le parti Pirate, émanation du mouvement libertaire éponyme né en Suède et en Allemagne, fait son entrée à l’Althingi (le Parlement monocaméral), avec trois mandats. La droite évincée par la rue en 2009 revient aux affaires. 

– 2015 –

Octobre: le FMI annonce que l’Islande a intégralement remboursé les prêts consentis par l’institution de Washington. 

– 2016 –

Janvier: l’Islande annonce avoir remboursé la Grande-Bretagne dans l’affaire Icesave, du nom de cette banque en ligne dont les clients avaient vu leurs comptes subitement gelés. 

Avril: d’après les Panama Papers, le Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson et son épouse ont détenu des millions de dollars aux îles Vierges britanniques. Le chef du gouvernement se met en retrait de ses fonctions, remplacé par Sigurdur Johansson, qui promet des législatives anticipées avant la fin de l’année. 

Juin: Gudni Johannesson est élu président, une fonction essentiellement protocolaire. Il succède à Olafur Ragnar Grimsson, contraint de renoncer, le nom de son épouse apparaissant dans les Panama Papers. 

Juillet: l’Islande se hisse pour la première fois de son histoire en quarts de finale de l’Euro-2016 de football mais est battue par la France (5-2). 

Octobre: les Islandais sont appelés aux urnes. Le parti Pirate fait une percée mais c’est – encore – le Parti de l’Indépendance (conservateur) qui parvient, au prix de longues tractations, à former un cabinet. 

– 2017 –

Janvier: le ministre des Finances sortant, le conservateur Bjarni Benediktsson devient Premier ministre, bien que son nom eut été cité dans les Panama Papers. 

Septembre: M. Benediktsson est accusé d’avoir couvert son père dans un imbroglio judiciaire. Il démissionne et convoque des législatives anticipées au 28 octobre. 

Octobre: l’Islande assure la première qualification de son histoire à une phase finale de la Coupe du monde de foot.

L'Althingi, le parlement islandais © Laurence SAUBADU AFP/Archives

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