2269 – Russie – Sergueï Lavrov – Du 17 au 23 Octobre 2017 … ses Interventions à découvrir …

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23/10/17

Communiqué du Département de l’information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères concernant le dossier chimique syrien

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23/10/17

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe avec le Ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari, Moscou,

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23/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari, Moscou,

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21/10/17

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour le documentaire sur le XIXe Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Sotchi

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20/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland, Moscou

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20/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CP CTBTO) Lassina Zerbo, Moscou

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20/10/17

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la Conférence de Moscou sur la non-prolifération, Moscou

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19/10/17

Allocution du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la 16e session ministérielle du Conseil euro-arctique de Barents, Arkhangelski

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17/10/17

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour le site du Club de discussion international Valdaï dans le cadre de sa 14e réunion annuelle, Sotchi

Note Sans a priori : 8 jours de l’activité du Ministre des Affaires Etrangères Russe, Sergueï Lavrov …. je tire bas mon chapeau !!! et encore, j’ai omis quelques retranscriptions de  discussions téléphoniques … J’attire votre attention sur le point 1 sur les incohérences des occidentaux sur l’enquête des attaques chimiques en Syrie …. Les réponses aux questions des journalistes sur le Moyen Orient au point 2 , le Nucléaire au point 7 & le 9 divers points … En final une « diplomatie » cohérente avec la ligne défendue par la Russie … 
23 octobre 201717:22

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23/10/17

Communiqué du Département de l’information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères concernant le dossier chimique syrien

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Ces jours-ci, l’attention du Conseil de sécurité des Nations unies s’est de nouveau focalisée sur le dossier chimique syrien dans l’attente de la parution, ce jeudi 26 octobre, du nouveau rapport du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-Onu sur l’utilisation de l’arme chimique en Syrie, ainsi que de l’écoulement du mandat de ce Mécanisme le 16 novembre 2017.

Durant les six mois qui ont suivi l’incident chimique retentissant de Khan Cheikhoun du 4 avril 2017,

  • la Mission d’enquête de l’OIAC puis le Mécanisme d’enquête conjoint ont mené un vaste travail, mais uniquement à distance et sans révéler les sources d’information et d’autres informations crucialesce qu’exige pourtant la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC).

 

  • Nous insistions depuis le début sur le fait que, dans l’intérêt d’une enquête professionnelle et objective en conformité avec les normes de la CIAC, les spécialistes internationaux devaient se rendre sur les lieux de l’incident ainsi qu’à la base aérienne syrienne de Chayrat où, selon les affirmations des USA, était stocké le sarin qui aurait été utilisé à Khan Cheikhoun.

  • En mai-juin, l’OIAC nous assurait que la question de la garantie de la sécurité de la visite à Khan Cheikhoun était à l’étude, mais elle a annoncé par la suite que cette visite était tout simplement inutile parce que, soi-disant, le fait d’usage du sarin pouvait être considéré comme établi.

 

  • Par la suite, le Mécanisme d’enquête conjoint a adopté la même position. Cependant, récemment, le Département de sécurité du Secrétariat de l’Onu a notifié le Conseil de sécurité des Nations unies qu’en réalité les garanties d’une visite sécurisée de Khan Cheikhoun étaient bien présentes mais que simplement les inspecteurs n’avaient pas voulu en profiter.

  • La situation concernant la visite de la base aérienne de Chayrat est également étrange. A notre requête, les représentants du Mécanisme d’enquête  conjoint ont récemment visité la base mais ont formellement refusé de prélever des échantillons pour établir la présence ou l’absence de sarin.

 

  • Il est difficile, voire impossible de compter sur des conclusions de qualité à l’issue de l’enquête avec une telle approche.

Les USA insistent sur l’adoption immédiate d’une résolution pour prolonger le mandat du Mécanisme d’enquête conjoint.

Sachant qu’ils déforment grossièrement la ligne russe en affirmant que, soi-disant, Moscou bloquerait sa prolongation si les conclusions du Mécanisme avaient une « orientation antisyrienne ». Ces affirmations n’ont rien à voir avec la réalité.

  1. Premièrement, personne n’a vu de conclusions car le rapport n’est toujours pas rendu public, et dans ces conditions l’aspiration de Washington à prolonger le mandat à tout prix paraisse pour le moins étrange.
  2. Deuxièmement, nous avons toujours dit et continuons de répéter que notre position sur la prolongation du mandat du Mécanisme ne dépendra pas de celui qui sera désigné du doigt, mais de la qualité de l’enquête et de sa conformité aux exigences de la CIAC.

Pour que le Conseil de sécurité des Nations unies prenne une décision fondée à ce sujet, il convient d’abord de prendre connaissance du rapport.

Qui plus est, en un an, le Conseil de sécurité n’a reçu aucune information substantielle sur l’activité du Mécanisme d’enquête conjoint.

Il n’y a pas de rapport et pourtant, on insiste sur la prolongation du mandat. Cela ne va pas. Il faut agir en conformité avec la pratique établie:

  • d’abord étudier le rapport à l’issue de l’activité de la structure créée par le Conseil de sécurité pour la période écoulée,

  • puis l’étude de la question concernant la prolongation de son mandat. Il ne faut pas attiser artificiellement une nouvelle hystérie.


SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2918225


23 octobre 201713:58

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23/10/17

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’une conférence de presse conjointe avec le Ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari, Moscou,

 

Mesdames et messieurs,

L’entretien avec mon homologue, le Ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari, a été très productif.

Nous avons accordé une attention toute particulière à l’échange d’avis sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord et dans l’ensemble à l’agenda international en mettant l’accent sur la nécessité d’intensifier les efforts pour lutter contre le terroriste international.

Aujourd’hui le front principal de cette lute passe en Irak et en Syrie voisine. La tâche principale de tous les acteurs des actions antiterroristes consiste à défaire au maximum les groupes terroristes comme Daech et le Front al-Nosra et à minimiser, voire réduire à zéro leur capacité d’expansion dans d’autres régions de la planète.

Nous sommes convaincus qu’à cet objectif correspond l’initiative du Président russe Vladimir Poutine pour créer une véritable coalition antiterroriste globale qui travaillerait de concert dans une confiance mutuelle et unie par un même objectif sans le deux poids deux mesures.

Nous avons soutenu les efforts du gouvernement irakien non seulement dans le domaine antiterroriste, où il y a d’importants succès, mais également dans le contexte de normalisation de la situation dans le pays à travers un dialogue inclusif de tous les groupes ethno-confessionnels. Sous cet angle nous avons examiné les résultats du référendum qui a eu lieu au Kurdistan irakien le 25 septembre.

Nous avons réaffirmé la position russe au profit du règlement de tous les problèmes entre le gouvernement irakien et les autorités de l’autonomie kurde à travers un dialogue constructif dans le respect réciproque sur la base de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’État irakien.

Nous avons constaté la présence d’une bonne base pour développer la coopération bilatérale, y compris le dialogue politique, la coopération commerciale et économique, avant tout dans l’énergie, ainsi que la coopération militaro-technique et le secteur éducatif.

Ibrahim Al-Jaafari a exprimé sa reconnaissance pour l’augmentation supplémentaire du nombre de bourses pour les citoyens irakiens désireux de faire leurs études en Fédération de Russie.

Cela et d’autres questions de nos relations bilatérales seront évoquées en détail demain pendant l’entretien d’Ibrahim al-Jaafari avec le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine – ils sont tous les deux coprésidents de la Commission intergouvernementale russo-irakienne pour le commerce, la coopération économique, scientifique et technique.

Monsieur le Ministre m’a aimablement invité à me rendre à nouveau dans la capitale irakienne. J’accepte cette invitation avec plaisir. Nous conviendrons des délais par la suite.

Question: Quelle est la position de la Russie par rapport au référendum au Kurdistan? La Russie a-t-elle l’intention d’élargir à terme les relations économiques avec le Kurdistan? Plusieurs représentations diplomatiques ont fermé à Erbil. Quels sont les plans de la Russie?

Sergueï Lavrov: En ce qui concerne notre position par rapport au référendum, j’en ai déjà parlé brièvement pendant l’allocution d’ouverture. Mais je souligne que nous comprenons les attentes du peuple kurde en ce qui concerne l’aspiration à renforcer leur identité.

Mais nous trouvons juste de réaliser ces aspirations uniquement via un dialogue avec le gouvernement irakien en tenant compte à part entière de l’importance de la question kurde à l’échelle régionale, et il est nécessaire d’éviter des sources d’instabilité supplémentaires dans la région.

Il existe différents courants politiques parmi les Kurdes irakiens, et la Russie cherche à entretenir les contacts avec tous les représentants du champ politique de l’Irak, y compris parmi les Kurdes. Dans ces contacts nous exposons notre position mentionnée à nos interlocuteurs.

En ce qui concerne notre représentation diplomatique à Erbil, j‘ai vu ce matin un reportage sur Euronews (« la chaîne la plus objective et impartiale » en Europe, voire dans le monde, comme ils disent) où il a été annoncé que la Russie avait rejeté l’exigence de Bagdad de fermer sa mission diplomatique à Erbil.

J’ai été étonné et j’ai demandé aujourd’hui au Ministre pendant notre entretien si c’était le cas. Il m’a assuré qu’en l’occurrence la chaîne Euronews « objective et impartiale » s’était fait avoir par une provocation en diffusant une totale désinformation.

Notre Consulat général d’Erbil reste ouvert tout comme les consulats généraux de bien d’autres pays. Je rappelle que le Consulat général est subordonné dans son activité quotidienne à l’Ambassade de Russie à Bagdad – la capitale de l’Irak uni.

En ce qui concerne la coopération économique avec le Kurdistan irakien, nos compagnies en sont intéressés et comptent élargir leur activité en Irak en général et au Kurdistan irakien en tant qu’entité de l’Irak ayant un statut particulier.

Question: Le Président américain Donald Trump a déclaré hier qu’après la libération de la ville syrienne de Racca les USA auraient une nouvelle politique en Syrie visant à soutenir les forces locales et à mettre en place les conditions pour régler la situation en Syrie. Savez-vous quelque chose sur cette nouvelle ligne politique?

Sergueï Lavrov: Nous sommes en contact avec les collègues américains sur le problème syrien, y compris ce qu’on appelle le déconflicting au niveau des militaires et des ministères des Affaires étrangères.

Ces derniers temps nous constatons des choses étranges dans l’activité de la coalition menée par les Américains en Syrie.
A plusieurs occasions au moment de l’offensive de l’armée syrienne contre les positions de Daech ces terroristes de Daech quittaient tranquillement les régions contrôlées par l’opposition protégée par les USA et partaient pour opposer une résistance supplémentaire à l’armée gouvernementale syrienne.
En particulier, il y a eu des cas d’exode de Daech de Racca au moment précis où la coalition soutenue par les USA assiégeait la ville. Sans compter d’autres épisodes quand nos collègues américains cherchaient à tracer des lignes que l’armée syrienne ne devait pas franchir.

J’ai demandé honnêtement au Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, nous avons posé la question à d’autres niveaux par les canaux diplomatiques et militaires quels étaient les objectifs des USA en Syrie?

A chaque fois la réponse confirmée plusieurs fois était la même: l’unique objectif des USA et de leur coalition en Syrie est la lutte contre Daech et mener cette lutte jusqu’à une fin victorieuse.

C’est pourquoi quand nous entendons parler d’une nouvelle ligne des USA qui suppose la création de conseils locaux sur le territoire de la Syrie souveraine, nous nous posons évidemment des questions que nous adressons à Washington. Nous espérons obtenir une réponse honnête et claire.

Question: Quelles actions pourrait entreprendre le gouvernement russe pour régler le conflit entre Bagdad et Erbil pour faire cesser la guerre?

Sergueï Lavrov: Honnêtement, nous ne voyons pas encore une guerre. Nous espérons qu’il n’y en aura pas entre les forces gouvernementales irakiennes et les Kurdes.

  • Je pense que sur un plan concret c’est aux parties de décider si elles engageront un dialogue direct ou si elles ont besoin d’intermédiaires. Nous ne voulons pas imposer de solutions.
  • J’ai déjà mentionné aujourd’hui qu’ hormis les relations très amicales avec le gouvernement irakien nous entretenons des contacts avec tous les courants parmi les Kurdes irakiens. Nous leur envoyons à tous le signal de la nécessité de chercher des accords mutuellement acceptables.
  • Je suis certain que toutes les possibilités existent pour cela. Le gouvernement irakien, l’État ne rejette pas les Kurdes, ne les proclame pas de criminels, d’ennemis ou de terroristes, n’interdit pas leurs langue, traditions et culture, ne détruit pas leurs monuments. Au contraire, il fait participer les Kurdes aux organes du pouvoir, reconnaît les droits particuliers de l’autonomie kurde dans le cadre de l’État irakien.
  • C’est pourquoi je trouve que tous les éléments sont réunis pour s’entendre afin de trouver comment assurer une cohabitation dans le cadre d’un État uni conformément à la Constitution irakienne.

SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2917837


23 octobre 201712:05

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23/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Ministre irakien des Affaires étrangères Ibrahim al-Jaafari, Moscou,

 

Monsieur le Ministre,

Chers amis,

Nous sommes ravis de vous rencontrer à Moscou  peu de temps après notre entretien en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre.

Vous avez un programme de visite chargé. Aujourd’hui nous nous entretenons sur la politique étrangère, et demain vous rencontrerez le coprésident de la Commission intergouvernementale russo-irakienne pour le commerce, la coopération économique, scientifique et technique, le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine, avec qui vous êtes coprésidents de cette structure importante visant à développer notre coopération économique et d’investissement.

le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine, ec1f7b04-f777-4071-9295-95207fd2e546

le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine,

Aujourd’hui nous voudrions parler des tâches devant nous à l’étape actuelle, les amis irakiens, les collègues syriens et toute la communauté internationale dans le contexte d’une victoire définitive sur le terrorisme international dans votre pays et en Syrie. Au fur et à mesure de la normalisation de la situation et de l’avancée vers les négociations sur le règlement politique dans différentes parties de la région il serait très important d’empêcher l’apparition de nouvelles et de surmonter les anciennes lignes de démarcation en fonction de la confession ou de l’ethnie.

Je voudrais réaffirmer notre attachement au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Irak, à ce que tous les problèmes qui surviennent soient réglés à travers un dialogue national inclusif avec la participation et la prise en compte des intérêts de tous les groupes ethniques, confessionnels et politiques.

Vos appréciations seront très importantes pour nous.

Merci.


SOURCE/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2917492


21 octobre 201720:00

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21/10/17

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour le documentaire sur le XIXe Festival mondial de la jeunesse et des étudiants, Sotchi

 

Question: Le premier Festival de la jeunesse et des étudiants a eu lieu il y a 70 ans. Les jeunes étaient à l’époque réunis par l’idée que l’amitié et la sincérité étaient capables de fondre la glace de la méfiance. Quel est le sens du festival aujourd’hui? Quel est son importance?

Sergueï Lavrov: Cela peut paraître étrange, mais je pense que le sens du festival actuel réside toujours dans l’idée que l’amitié et la confiance mutuelle pourraient fondre la glace de l’ambiance des relations internationales contemporaines. Les jeunes ont tous les moyens pour fondre cette glace à l’aide de tels événements que le festival actuel.

Question: Le festival a réuni plus de 30 000 personnes venues de 188 pays du monde. Il s’agit de gens très différents: ils sont originaires des pays ayant des systèmes politiques, des cultures et des religions très différents. Qu’est-ce qui réunit quand même, selon vous, ces personnes?

Sergueï Lavrov: La volonté de se parler et de le faire sur la base du respect mutuel. Des religions, des cultures et des civilisations différentes ne sont pas représentées qu’à ce festival: tel et le paysage du monde moderne. Cette diversité culturelle et civilisationnelle doit être notre richesse commune, nous servir de base pour notre progrès vers le bien-être et le développement de tous les domaines de la vie humaine dans toutes les régions du monde.

Le fait que les jeunes qui se sont réunis aujourd’hui en Fédération de Russie, à Sotchi et dans d’autres villes, sont un échantillon très représentatif de la civilisation mondiale, permet d’espérer que nous n’assisterons plus aux événements aussi dramatiques que ceux que nous constatons actuellement sur l’arène internationale, après que ces jeunes arrivent au pouvoir dans leurs pays et notamment dans leurs affaires étrangères.

Question: Le festival porte sur beaucoup de problèmes du monde moderne. Les jeunes gens, que doivent-ils faire dès aujourd’hui, selon vous, pour se mettre à améliorer le monde?      

Sergueï Lavrov: Honnêtement, je devrais me répéter. Ils doivent mieux se comprendre et s’entendre, surtout savoir tenir compte des différences entre les gens et de la diversité du monde. Il est impossible d’assurer le bien-être d’une partie de ce dernier indépendamment de son nom – le « milliard d’or », comme on l’appelait auparavant, ou d’autres choses – au prix du malheur et des souffrances d’un territoire énorme des autres régions. Ce ne sont que des décisions collectives assurant un équilibre des intérêts au lieu de la domination des intérêts des uns sur ceux des autres, qui permettront de garantir un développement stable de tous les segments de l’économie mondiale en Occident.

C’est le sens des événements actuels et de notre politique étrangère. Nous promouvons l’agenda qui réunit au lieu de nommer un leader auquel tous les autres doivent obéir.

Je suis persuadé que l’ambiance du festival, l’atmosphère créée par ses organisateurs favorise très bien ce processus. Je souhaite beaucoup de succès à tous les participants. 


SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2916945


20 octobre 201714:55

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20/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Secrétaire général du Conseil de l’Europe Thorbjorn Jagland, Moscou

 

 

Monsieur le Secrétaire général,

Chers collègues,

Nous nous réjouissons de cette nouvelle rencontre avec vous. Nous espérons pouvoir évoquer toutes les questions qui concernent la coopération entre la Russie et le Conseil de l’Europe.

Nous avons toujours considéré et considérons le Conseil de l’Europe comme une organisation européenne universelle autonome qui, sur la base de ses mécanismes conventionnels uniques, assure l’unité de l’espace juridique et humain du continent.

Il me semble que la signification du Conseil de l’Europe augmente dans la situation actuelle, dans la mesure où de très nombreux problèmes actuels auxquels sont confrontés les pays européens, les pays membres du Conseil de l’Europe, se rapportent justement aux compétences de l’organisation que vous dirigez.

Cela concerne les problèmes liés aux droits des migrants et des minorités, y compris les droits linguistiques, les problèmes des personnes sans citoyenneté qui, malheureusement, persistent, et la montée en puissance des sentiments extrémistes, y compris néonazis. Je noterai également l’intolérance religieuse.

Je pense que dans tous ces domaines, le mécanisme conventionnel actuel du Conseil de l’Europe est parfaitement applicable, et nous prônerons son utilisation.

Bien sûr, nous sommes très préoccupés par la situation  à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) compte tenu des tentatives de discriminer les députés.

Nous apprécions vos efforts visant à normaliser cette situation. Je suis convaincu que durant vos entretiens qui ont déjà eu lieu avec les dirigeants des deux chambres de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, vous avez mentionné ce sujet.

Nous trouvons également très utile votre entretien d’aujourd’hui avec la Déléguée des droits de l’homme en Fédération de Russie Tatiana Moskalkova.

Nous serons donc prêts à un échange sincère sur toutes les questions qui vous préoccupent en tant que Secrétaire général et celles que la Russie souhaiterait voir réglées dans le cadre du Conseil de l’Europe.


SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2914067


20 octobre 201714:07

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20/10/17

Allocution d’ouverture du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de son entretien avec le Secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (CP CTBTO) Lassina Zerbo, Moscou

 

Monsieur le Secrétaire exécutif,

Chers collègues,

Nous sommes ravis de vous accueillir à Moscou et nous voudrions vous remercier pour votre participation à la série d’activités consacrées à la non-prolifération nucléaire qui se déroulent actuellement dans la capitale russe.

Nous venons de participer avec vous à la cérémonie d‘ouverture de la Conférence de Moscou sur la non-prolifération, et vous avez accepté de participer en parallèle à la conférence internationale du groupe de jeunesse de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

C’est une démarche très importante qui contribuera à la continuité et à la préparation de la jeune génération à poursuivre la noble cause qu’est l’interdiction des essais nucléaires. Nous remercions la Commission préparatoire que vous dirigez pour l’aide qu’elle a apporté dans l’organisation de cet événement.

Je voudrais également réaffirmer que nous apprécions particulièrement votre contribution personnelle au soutien du Traité, aux efforts pour son entrée en vigueur au plus vite et nous confirmons notre disposition à poursuivre la coopération en la matière.

Bienvenue!


SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2913872


20 octobre 201713:33

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20/10/17

Allocution et réponses à la presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la Conférence de Moscou sur la non-prolifération, Moscou

 

Mesdames et messieurs,

J’ai le plaisir de vous saluer à la Conférence de Moscou sur la non-prolifération nucléaire. J’y vois de nombreux visages familiers – mes collègues diplomates, des représentants étrangers, des responsables anciens et actuels d’organisations internationales chargées de la non-prolifération. Merci d’être venu à cet événement qui, nous pensons, est important. Je remercie en particulier les organisateurs – le Centre de l’énergie et de la sécurité avec à la tête son directeur Anton Khlopkov, avec lequel le Ministère des Affaires étrangères coopère efficacement depuis longtemps. Nous poursuivrons cette pratique.

Durant ses années de travail le forum s’est affirmé en tant que plate-forme de discussion solide réunissant des représentants éminents de la communauté de non-prolifération – des diplomates, des militaires, des chercheurs, des experts – tous ceux qui s’occupent de près des aspects importants de la sécurité mondiale comme la non-prolifération des armes de destruction massive et le contrôle des armements.

Le 1er juillet prochain nous célébrerons le 50e anniversaire de l’ouverture à la signature du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) – le pilier du système actuel de sécurité internationale. Malheureusement, force est de constater aujourd’hui que le régime créé par ce document et posant les bases juridiques pour plusieurs accords cruciaux traverse une époque difficile et subit de sérieuses épreuves.

En grande partie c’est dû au fait que certains pays remettent en question les normes et les règles universellement reconnues, tentent d’utiliser à leurs fins étroites les succès résultant des efforts collectifs et des compromis.

Nous sommes préoccupés d’approcher la Conférence d’examen du TNP de 2020 avec des résultats pour l’instant peu rassurants. Les actions destructives de certains pays brisant le consensus sur le projet de document final de la Conférence d’examen précédente de 2015 ont sérieusement nui à la viabilité du Traité, ont poussé un assez grand groupe de pays à l’élaboration forcée du traité sur l’interdiction de l’arme nucléaire récemment ouvert à la signature.

nous n’avons pas l’intention d’adhérer au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN)

La position de la Russie est bien connuenous n’avons pas l’intention d’adhérer au Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN). Ses partisans, y compris la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) qui vient de recevoir le prix Nobel de la paix, poursuivent visiblement un objectif noble à leurs yeux – assurer au plus vite l’interdiction de l’arme nucléaire. Mais n’oublions pas que sa totale suppression n’est possible que dans le contexte d’un désarmement total et complet à condition de garantir une sécurité égale et indivisible pour tous, y compris pour les détenteurs de l’arme nucléaire, tel que le prévoit le TNP. Alors que le document ouvert à la signature sur l’interdiction de l’arme nucléaire est loin de ces principes, il fait impasse sur la nécessité de prendre en compte tous les facteurs influençant aujourd’hui la stabilité stratégique et pourrait avoir un effet déstabilisant sur le régime de non-prolifération. Au final – le monde pourrait devenir encore moins stable et moins prévisible.

Il n’y a pas non plus d’accord sur certains éléments du régime actuel de non-prolifération. En particulier, on ignore toujours la perspective de mise en place d’une zone exempte d’armes de destruction massives et leurs vecteurs au Moyen-Orient. Vous vous souvenez, la mise en place de cette zone a été solennellement promise dans la résolution sur le Moyen-Orient adoptée pendant la Conférence d’examen du TNP en 1995 déjà. A cause de l’échec du consensus au dernier moment sur le document approprié de la Conférence d’examen du TNP de 2015 a été manquée une occasion réelle d’entamer enfin un mouvement vers la réalisation de cet objectif. Nous sommes persuadés que l’absence de démarches pratiques en ce sens, y compris de la part des USA et du Royaume-Uni qui, avec la Russie, sont les cofondateurs de la Conférence sur la création d’une zone exempte d’armes de destruction massive et leurs vecteurs, aura un impact négatif sur les fondements du TNP.

De notre côté, nous continuerons de contribuer à l’avancée vers la mise en place d’une telle zone au Moyen-Orient, de travailler avec tous les pays et parties intéressés. Selon nous, le gage du succès réside dans le consensus sur les formats concrets d’examen de cette question dans le large contexte de la sécurité régionale.

Question: Vous avez envoyé à Washington un ambassadeur très expérimenté. Il a une grande expérience en matière de négociations sur le désarmement avec les USA. Lui avez-vous proposé de relancer le dialogue avec les Américains à ce sujet?

Sergueï Lavrov: Notre dialogue avec les Américains a effectivement « fléchi » depuis un an et demi. C’est arrivé encore à l’époque de l’administration de Barack Obama. A l’époque de nombreuses choses s’étaient retrouvées en suspens, ce n’était pas de notre faute, mais c’est un sujet à part.

Après l’arrivée à la Maison blanche de l’administration de Donald Trump nous avons fait part de notre disposition à relancer le dialogue dans tous les domaines en comprenant dans quelle situation l’administration avait pris les rênes, quelle pression impensable et quelles accusations elle subissait.

Ceux qui avaient avancé le candidat des démocrates continuent d’essayer de passer leur colère sur elle. C’est pourquoi nous comprenions que l’administration de Donald Trump se trouve dans une situation difficile et avons exprimé notre disposition à relancer le dialogue dans les domaines et au niveau qui seront acceptables et confortables pour l’administration de Donald Trump. J’en ai parlé avec le Président américain quand il m’avait reçu au Bureau ovale au printemps dernier. A un mois de ma visite nous en avons parlé également avec le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson. Il s’est rendu à Moscou et a été reçu par le Président russe Vladimir Poutine.

essai le russe & l'américain Thomas Shannon le russe 1032459875 Sergueï Riabkov

Vous le savez, au final nous avons établi un canal au niveau de vice-ministres des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov et Thomas Shannon, qui parmi d’autres questions dans le contexte de la dernière rencontre entre eux a servi à comprendre où nous en sommes par rapport à la stabilité stratégique. L’ordre du jour central de ce canal portait sur les problèmes bilatéraux et les moyens permettant d’empêcher que cette spirale de confrontation devienne irréversible. Je répète, en septembre une discussion spéciale a eu lieu sur la stabilité stratégique, avant tout sur la mise en œuvre du Traité entre la Fédération de Russie et les États-Unis sur la réduction des armes nucléaires offensives de 2010 et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

Le dialogue avance. Je ne peux pas dire qu’il permet de compter sur l’aboutissement à des résultats concrets et importants dans un avenir prévisible, mais du moins il a repris et continuera aussi bien au niveau bilatéral que dans le contexte des mécanismes qui existent pour la vérification des traités START et FNI.

Question: Je pense que tout le monde ici est d’accord avec vous que l’accord nucléaire sur l’Iran doit être préservé. L’un des risques liés à cela concerne la vérification de ce qu’on appelle la section T. Serait-il utile de renforcer le mandat de l’AIEA en termes de vérification de la mise en œuvre de la section T?

Sergueï Lavrov: On ne peut pas renforcer ce qui n’existe pas. L’AIEA n’est pas habilitée à vérifier la section T. Cela reflète le consensus convenu aux négociations à Six avec l’Iran avec la participation de l’UE et qui a été approuvé à l’unanimité dans une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Je pars du fait que les changements d’une partie du consensus demandent l’accord de tous les membres des Six et de l’Iran, évidemment. Je suis convaincu, comme nos collègues européens, que toute tentative d’entamer une telle discussion peuvent enterrer un accord primordial dans le domaine de stabilité stratégique et de non-prolifération nucléaire.

Question: A de telles réunions les gens évitent habilement de mentionner les problèmes liés au désarmement. Est-ce une approche des élitistes du côté du TNP? Ils nous empêchent d’atteindre nos objectifs.

Sergueï Lavrov: J’ai entendu de votre part des réflexions philosophiques plutôt qu’une question. Je pense que nous devons plutôt nous orienter sur l’esprit et la lettre du Traité. En ce sens il est primordial de maintenir l’avancement pour poursuivre la réduction de l’armement nucléaire, le même avancement vers le désarmement nucléaire, mais dans le contexte de réduction de l’armement global en principe. Le Président russe Vladimir Poutine en a parlé en détail hier pendant la réunion du club de discussion Valdaï.

Nous ne pouvons pas ignorer les exploits de la pensée militaire et de l’industrie qui ont été accomplis après l’entrée en vigueur du TNP. Il serait absolument irresponsable d’ignorer les moyens de guerre actuels. Ceux qui ont initié le TICEN ont précisément ignoré les menaces réelles pour la stabilité et la sécurité stratégiques suite à l’apparition de nouveaux types d’armes meurtrières et efficaces. C’est pourquoi je ne sais pas ce que je peux ajouter. Il faut préserver le TNP. Il faut empêcher que l’apparition d’un autre régime parallèle dans le domaine de non-prolifération permette à ceux qui voudraient spéculer sur ce problème de jouer à leurs jeux en haussant les épaules et en disant qu’ils suivront une ligne qui prend en compte la présence de deux documents contradictoires. D’après moi, il est important de voir ce danger et d’empêcher qu’il nous guette.

Question: Pendant son discours à Washington il y a deux semaines le sénateur Sam Nunn a déclaré qu’il ne suffisait pas de travailler au niveau des administrations des présidents des USA et de la Russie et des ministères des Affaires étrangères de ces deux pays pour avancer dans la question relative au contrôle des armements. Il faut travailler avec le Congrès américain parce qu’il doit approuver tout nouvel accord en la matière. Qu’en pensez-vous?

Sergueï Lavrov: Le nombre d’acteurs doit être encore plus élevé parce que dans le cas de la non-prolifération et de la stabilité stratégique les ministres des Affaires étrangères ne sont pas les seuls à rapporter leurs idées aux présidents,

  • c’est fait avec les ministères de la Défense,
  • chez nous la participation de la compagnie d’État Rosatom et du FSB est également obligatoire

– c’est un processus interdépartemental.

Bien sûr, la réaction positive du parlement dépendra de la mesure dans laquelle l’éventuel paquet d’accords entre la Russie et les USA reflétera les intérêts de votre État. C’est pourquoi il faut évidemment travailler avec le parlement.

Je vois comment l’administration de Donald Trump s’efforce de travailler avec le parlement et comment tentent d’empêcher ce processus parfaitement normal ceux qui n’utilisent pas du tout le Congrès pour défendre les intérêts des USA, mais pour tenter de créer des difficultés insurmontables pour Donald Trump et son administration. Tant que ces jeux se poursuivront, je doute qu’on pourra obtenir une réaction objective à tels ou tels accords de la part du Congrès compte tenu de sa rage russophobe.

Question: Hormis l’organisation d’une telle Conférence, quelle contribution plus concrète pourrait apporter la Russie pour assurer des résultats dans la Conférence d’examen du TNP de 2020?

Sergueï Lavrov: Il y avait un slogan: « Ne te demande pas ce que le pays peut faire pour toi. Demande-toi ce que tu peux faire pour le pays ».

  • Nous ne sommes plus seulement accusés d’ingérence dans les élections américaines.
  • La Suède a également exprimé des craintes que les élections de l’an prochain dans le pays soient la cible de piratage russe.
  • Les Français et bien d’autres en ont parlé aussi.
  • Nous sommes accusés de bloquer la mise en œuvre des Accords de Minsk sur l’Ukraine, alors que c’est le Président Piotr Porochenko qui est chargé d’en accomplir 90%.
  • Nous sommes accusés que le processus de paix syrien dépend de la Russie et que pour le moment nous ne nous comportons pas correctement.

Dieu merci, ces derniers temps ces affirmations se sont atténuées.

  • On dit également que nous sommes aussi responsables du problème nord-coréen parce que la Chine n’y parvient pas, comme l’a dit Donald Trump. Maintenant on nous fait des reproches en ce sens également.

Il n’est pas très correct d’essayer de poser une question qui pourrait faire allusion que le succès de la Conférence d’examen dépendra de la Russie, d’après moi. J’ai mentionné globalement nos efforts pour faire avancer le consensus pendant la dernière Conférence. Mikhaïl Oulianov, directeur du Département du Ministère russe des Affaires étrangères pour la non-prolifération et le contrôle des armements est assis dans cette salle et pourra certainement vous en parler plus en détail.

Mikhaïl Oulianov, 5820759

Mikhaïl Oulianov,

Avec beaucoup de difficultés nous sommes parvenus à comprendre comment entamer le processus des pourparlers sur la mise en place au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes de destruction massives. Tous les éléments du compromis étaient prêts, en tenant compte aussi des préoccupations d’Israël (je n’entrerai pas dans les détails). Ce sont les cofondateurs de la Conférence qui auraient dû le faire avec nous qui sont devenus en réalité un « frein » à l’adoption de ce document crucial.

Nous ne manquons pas de bonne volonté. Et aujourd’hui dans les pourparlers dans le contexte du processus d’examen nous continuons de promouvoir cette initiative, nous cherchons des solutions supplémentaires qui permettraient de surmonter la résistance. J’espère que quand vous communiquez avec les Américains et les Britanniques vous attirez également l’attention sur la nécessité de garantir le succès du processus d’examen. Si une fois de plus, 35 ans après la décision de réunir une telle Conférence nous échouions, je pense que cela serait très néfaste pour le régime de non-prolifération en donnant des atouts à ceux qui voudraient le faire effondrer.

Question: La Russie et les USA ont déjà engagé des démarches importantes en matière de désarmement nucléaire. Pensez-vous que le désarmement se poursuivra au niveau bilatéral ou supposez-vous que ce processus s’élargira en impliquant d’autres pays disposant de l’arme nucléaire?

Sergueï Lavrov: Le Traité en vigueur a été rempli. En février 2018 arrive la date convenue quand une telle confirmation doit être faite du côté des USA et de la Russie. Puis nous songerons à la continuité de ce Traité et d’autres démarches.

Je suis convaincu que le dialogue bilatéral entre la Russie et les USA sur la stabilité stratégique se poursuivra, mais dans le même temps il est très difficile de s’imaginer une situation où un nouveau cycle encore hypothétique (potentiel, éventuel) des négociations sur la poursuite de la réduction des arsenaux nucléaires qui se déroulerait uniquement au format bilatéral. Les chiffres qui sont reflétés dans le Traité en vigueur rapprochent déjà considérablement les arsenaux des USA et de la Russie des paramètres atteints par d’autres pays nucléaires.


SOURCE/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2913751


19 octobre 201710:29

8

19/10/17

Allocution du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la 16e session ministérielle du Conseil euro-arctique de Barents, Arkhangelski

 

Mesdames et messieurs,

Je suis ravi de saluer les participants à la 16e session ministérielle du Conseil euro-arctique de Barents (CEAB). La Russie est, pour la quatrième fois de l’histoire de cette organisation, l’hôte de ses réunions ministérielles. Je voudrais exprimer ma sincère reconnaissance envers les autorités de la région d’Arkhangelsk et de la ville d’Arkhangelsk pour leur accueil chaleureux.

La région de Barents est la plus densément peuplée et économiquement développée de l’Arctique. Elle jouit d’une riche base de ressources et de recherche et développement. L’expérience de la coopération frontalière y est sans pareil. Depuis presque un quart de siècle, le CEAB promeut avec succès par son activité un agenda unificateur, s’est affirmé en tant que structure sollicitée de coopération interétatique et apporte une contribution significative à la préservation du nord de l’Europe comme une zone de stabilité et de bon voisinage.

Je suis convaincu que la garantie du développement durable de toute la région et la création de conditions de vie confortables pour la vie des citoyens doivent rester nos priorités. Une attention particulière est accordée à l’exploitation du potentiel richissime des ressources de la région, au respect des normes écologiques et à la prise en compte des intérêts des peuples autochtones.

Hormis ces objectifs, la présidence russe s’est focalisée sur les questions relatives au développement de l’infrastructure de transport et logistique, à la protection de l’environnement, à la réaction appropriée aux changements climatiques et à l’élargissement des échanges culturels et touristiques.

Pendant la réunion des ministres de l’Environnement (Sortavala, novembre 2015) ont été constatés des succès dans l’élimination des points chauds écologiques dans la région de Barents. Elle s’est soldée par l’élaboration de la nouvelle rédaction du Plan de coopération de Barents au vu des changements climatiques, qui devra être approuvé aujourd’hui.

A l’issue de la réunion des ministres des Transports (Arkhangelsk, juin 2016) nous avons réussi à avancer sur la mise au point du grand Plan de transport commun prévoyant la formation, dans la région de Barents, de 16 couloirs transfrontaliers de communication ferroviaire, routière et maritime. Sept d’entre eux passent par le territoire de la Russie. Il est également prévu de développer les réseaux de communication aérienne au nord de l’Europe en utilisant les aéroports d’Arkhangelsk, de Mourmansk, de Kirkenes et de Tromso.

La fin de la reconstruction de la route de Kola en septembre 2017 sur l’axe Mourmansk-Nikel-Kirkenes est un accomplissement important.

Pendant la réunion des ministres concernés à Moscou en novembre 2016 a été instaurée la bourse de Barents dans le domaine de la culture, qui sera remise deux fois par ans à des jeunes personnalités du monde de l’art et à des collectifs créatifs. La première cérémonie se tiendra aujourd’hui.

Parmi les domaines prometteurs figure également le développement du tourisme, qui permettra d’attirer les investissements et de créer de nouveaux emplois. La décision prise en 2016 par le gouvernement russe d’instaurer à Mourmansk et à Arkhangelsk un régime sans visa de 72 heures pour les passagers des bateaux de croisière contribuera à l’intensification des contacts humains.

La région de Barents est un vaste territoire peu peuplé aux conditions climatiques austères où, souvent, les services de sauvetage les plus proches se trouvent dans un autre pays. A cet égard il est important d’améliorer la coopération transfrontalière en matière de réaction aux situations d’urgence. En septembre, en Carélie, se sont déroulés les exercices internationaux Barents Rescue 2017 avec la participation d’environ 750 spécialistes russes, norvégiens, finlandais et suédois.

Au total, plus de 80 activités ont été organisées au CEAB dans le cadre de la présidence russe. Selon nos estimations, il a été possible de renforcer la coordination entre tous les participants. Il faut noter également le déroulement, en avril 2017 à Moscou, de la première réunion avec la participation de toutes les principales structures du CEAB, y compris le Secrétariat international de Barents et les directeurs des groupes de travail – nous en avons 16 au total (sans compter 9 sous-groupes).

Une attention particulière a été accordée au soutien des peuples autochtones peu nombreux du nord. En avril à Moscou s’est déroulé le premier Sommet des peuples autochtones de la région de Barents, dont les résultats sont appelés à accroître l’efficacité des mécanismes de protection de leurs intérêts à travers un dialogue entre eux et les organismes publics. Il est évident que ce travail doit être poursuivi de manière systémique.

L’année prochaine se déroulera sous le signe du 25e anniversaire du CEAB. Cette date anniversaire offre une bonne occasion de faire le bilan et de tirer des plans pour l’avenir.

La présidence russe a suggéré d’instaurer un forum régional de haut niveau, une sorte de « Davos de Barents » à titre d’espace de discussion permanent avec la participation des représentants politiques, d’affaires, du milieu scientifique et des médias pour évoquer tout l’agenda de Barents. Nous comptons sur le soutien de cette initiative.

Le processus de Barents a pour trait particulier sa structure à deux étages: la coopération ne se déroule pas seulement entre les gouvernements, mais également au niveau des entités territoriales administratives dans le cadre du Conseil régional de Barents. Cela permet de combiner de manière optimale les priorités des États avec les besoins de certaines régions au profit de la population locale. Nous tenons en grande estime le travail de la province finlandaise de Kainuu, qui a présidé le Conseil régional de Barents en 2015-2017. Nous prônons la poursuite d’une coordination étroite sur les deux « étages » de la coopération de Barents.

Pour conclure je voudrais souhaiter de la réussite au prochain président du CEAB, la Suède, ainsi qu’au comté norvégien de Finnmark qui présidera le Conseil régional de Barents.

Merci de votre attention.

***

La discussion d’aujourd’hui a confirmé que notre coopération au nord de l’Europe avait de très bonnes perspectives. Notre activité se développe de manière pragmatique, elle est appliquée et pratique, ce qui permet d’avancer réellement dans différents domaines de coopération sur le terrain.

Il est réjouissant que nous ayons des objectifs communs – renforcer le développement durable des régions du nord, améliorer la qualité de vie des citoyens, exploiter les ressources naturelles sans préjudice pour la nature arctique. Il est évident que toutes ces tâches ne peuvent être remplies qu’en unissant les efforts de tous les participants au processus de Barents.

Nous vous remercions pour l’appréciation de notre initiative d’organiser le premier Sommet des peuples autochtones. Comme je l’ai dit, il me paraît utile que cela devienne une tradition, de rendre ce travail systémique. Je suis convaincu que pour l’année du 25e anniversaire du CEAB nous pourrons instaurer bien d’autres initiatives qui s’appuieront sur les besoins des personnes qui vivent dans le nord.

Margot Wallström a noté que la politique de jeunesse serait l’une des priorités de la présidence suédoise. Nous venons d’entendre le discours de la Présidente du Conseil régional de jeunesse de Barents Inna Fedorova. Cet « étage » d’entités administratives, territoriales et municipales coordonne depuis longtemps des programmes de jeunesse. Si la Suède décidait de le faire au niveau des gouvernements, ce serait une initiative utile que nous soutiendrions.

Je souhaite une nouvelle fois à la Suède de la réussite à la tête du Conseil, et nous souhaitons à Finnmark du succès au Conseil régional de Barents.

Merci de votre attention. Je transmets le symbole de la présidence à la Ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström.


SOURCE/http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2912235


17 octobre 201712:15

9

17/10/17

Interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour le site du Club de discussion international Valdaï dans le cadre de sa 14e réunion annuelle, Sotchi

 

Question: Monsieur Lavrov, merci beaucoup d’avoir trouvé le temps de répondre aux questions du site du Club de discussion international Valdaï.

Sergueï Lavrov: Difficile de vous échapper…

Question: Qu’espèrent nos partenaires américains en continuant d’attiser les sentiments antirusses au sein de la société, en commettant des actes hostiles, voire illégaux à l’égard des diplomates russes?

Sergueï Lavrov: je pense qu’ils espèrent saper les positions de l’administration de Donald Trump. Malgré toute l’incohérence des actions de l’administration actuelle de la Maison blanche, malgré toute son extravagance, Donald Trump n’a tout de même pas renoncé aux slogans et intentions qu’il avait annoncés pendant la campagne présidentielle et après son élection, son intention d’améliorer les relations et de coopérer avec la Russie.

Dans des conditions où la majorité démocrate n’arrive pas à faire passer sa colère suite à la défaite de leur candidat à l’élection présidentielle, et alors qu’une grande partie des républicains rejette le caractère hors-système de l’administration actuelle, y compris du Président, cette histoire et l’hystérie antirusses que vous avez mentionnées et qui se poursuivent aux USA reflètent une lutte politique intérieure. Le Président russe Vladimir Poutine en a parlé et c’est confirmé par toute notre analyse.

  • Cela fait presque un an que les USA ont ouvert une enquête sur les liens prétendus de Donald Trump avec la Russie et la soi-disant ingérence de la Russie dans la campagne électorale du côté des républicains.
  • Des auditions ont lieu, on organise des enquêtes spéciales, un procureur spécial a été nommé, des dizaines de personnes sont interrogées.
  • Et depuis presque un an, malgré un tel nombre de personnes impliquées, il n’y a pas eu la moindre fuite de preuve confirmant ces accusations.

Pour moi, cela en dit long. La société américaine est entièrement bâtie sur les fuites, notamment dans les affaires de politique étrangère. Il est impossible de rendre hermétiques les processus lancés pour enquêter sur la prétendue « ingérence russe ». Par conséquent, ils n’ont tout simplement pas de preuves.

Question: D’après vous, quelles pourraient être les conséquences des opinions grandissantes d’autodétermination en Europe, voire de séparatisme?

Sergueï Lavrov: Je l’ignore. J’espère que cela n’entraînera pas de troubles en Europe. Nous souhaitons une Union européenne stable. La solution serait de combiner la tendance à poursuivre l’intégration aux opinions qui apparaissent aujourd’hui dans plusieurs pays au profit d’un retour vers une plus grande souveraineté. De nombreuses compétences ont été déléguées à Bruxelles, aux structures centrales de l’UE. La Commission européenne, comme toute entité bureaucratique, ne cherche pas seulement à les utiliser, mais également à les accroître, sans toujours obtenir l’accord des pays membres. La réaction inverse se produit.

Il serait probablement assez difficile pour l’UE, mais utile, de trouver le juste milieu entre la centralisation de plusieurs compétences, d’un côté, et un plus grand respect qu’aujourd’hui de la souveraineté et des droits nationaux de ses États membres, de l’autre.

Question: D’après vous, comment seront réglés les problèmes sociaux engendrés, notamment d’inégalité, à l’intérieur de certains pays et notamment en UE?

Sergueï Lavrov: Il m’est difficile de dire comment seront réglés les problèmes intérieurs d’autres pays. Nous avons nos propres programmes, pour régler nos problèmes sociaux. Ils ont été compliqués par une période pendant laquelle la conjoncture mondiale a changé, que des sanctions illégitimes ont été introduites dans la pratique de nos relations avec l’Europe et d’autres pays occidentaux. Mais aujourd’hui le gouvernement dispose d’un bon plan pour avancer, approuvé par le Président russe Vladimir Poutine. Ce dernier considère le règlement des problèmes sociaux comme une priorité. Nous avons notre propre plan à ce sujet, comme je l’ai déjà dit. J’ai du mal à juger quels seront les plans et comment ces objectifs seront atteints en Europe, mais je suis certain qu’ils y pensent également. Ce qui se passe actuellement en France concernant l’initiative du Président français Emmanuel Macron sur la réforme de la loi du travail est un indicateur clair que ce ne sera pas un processus simple.

 

Question: Ces derniers temps, on parle beaucoup de la nécessité de réformer l’Onu. Quelles principales fonctions des Nations unies ou quelles formes de mise en œuvre doivent changer et pourquoi? Si la décision de réformer l’Organisation était prise, combien de temps cela prendrait-il?

Sergueï Lavrov: La réforme n’est pas un phénomène à usage unique. Pour rester en vie toute structure, doit s’auto-perfectionner. Cela se produit également à l’Onu. Ces derniers temps s’est déroulée la réforme du secteur des droits de l’homme. Le Conseil des droits de l’homme de l’Onu a été créé. Le domaine de la consolidation de la paix a été réformé – qui gère la période entre la fin du conflit et le début du rétablissement économique. Une Commission de consolidation de la paix a été créée.

D’autres réformes sont à l’étude, notamment celle du Secrétariat général pour le rendre plus efficace, moins bureaucratisé, éviter le parallélisme et les doublons. L’une des plus importantes réformes récentes, quand Antonio Guterres est devenu Secrétaire général de l’Onu, a été la création du poste de Secrétaire général adjoint pour la lutte contre le terrorisme et la création du Bureau de lutte contre le terrorisme appelé à coordonner le travail de l’ensemble du système de l’Onu, or ce sont des dizaines de structures, d’établissements spécialisés, de programmes, de fonds visant à ce que toutes les mesures liées à la lutte contre le terrorisme soient harmonisées. C’est également une réforme importante qui vient de commencer et qu’il faudra mener au niveau pratique.

Il y a aussi la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. C’est un processus qui pourrait se dérouler uniquement sur la base d’un consensus, comme l’a statué l’Assemblée générale des Nations unies quand elle a entamé ce processus. Cette affaire n’est pas simple. Je pense que d’ici un an ou deux il sera impossible de trouver un accord, mais le processus se poursuit. Les intérêts de tous les pays ont déjà été entendus et compris. Nous souhaitons que la principale tâche de la réforme soit que les régions du monde en développement – l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine – bénéficient d’un meilleure représentation car elles sont manifestement sous-représentées dans cet organe principal du système. Cette position est partagée par les partenaires chinois et la plupart des « pays du Tiers monde ». Nous poursuivrons sur cette voie.


http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2907930

Lavrov 2016.09.29 lavrov 1033596267

Sergueï Lavrov Ministre des Affaires Étrangères Russe

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