2216 – Etats généraux de l’alimentation – agriculteurs, industriels et distributeurs condamnés à s’entendre

1/- Leclerc-Macron: de la LME aux États généraux de l’alimentation – Par Gérard Le Puill – 29/09/17

2/- L’industrie agroalimentaire contre-attaque face à Michel-Edouard Leclerc – Gaëlle Fleitour  – Publié le

3/- Risque de hausse des prix: controverse entre Michel-Edouard Leclerc et l’industrie agroalimentaire – lopinion.fr – 28/09/17

4/- Michel-Edouard Leclerc : Le monde agricole a intérêt à quitter un modèle trop productiviste – lejournaldeleco – 27/09/17

5/- Michel-Edouard Leclerc : « Le moment est favorable pour réécrire une histoire collective » – Philippe Bertrand

6/- États généraux de l’alimentation : agriculteurs, industriels et distributeurs condamnés à s’entendre – Pierre Demoux Philippe Bertrand Le 20/07/17

Note Sans a priori : lien vidéo – Commission des affaires économiques : États généraux de l’alimentation (auditions diverses) 5:20:08 … à écouter

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4887112_59ba216c3c494.commission-des-affaires-economiques–etats-generaux-de-l-alimentation-14-septembre-2017

131 paysage D120 vers Benâtes 02.10.10-18h58

1/- Leclerc-Macron: de la LME aux Etats généraux de l’alimentation – Par Gérard Le Puill

Vendredi, 29 Septembre, 2017 –Humanite.fr
Photo  Yohan Bonnet / AFP

Photo Yohan Bonnet / AFP
Mise en place à la demande du président de la République, la première phase des États généraux de l’alimentation se termine aujourd’hui.
C’est le moment que choisit Michel-Edouard Leclerc pour dénoncer un risque de hausse des prix alimentaires de 5 à 15%.
Mais quelle est aujourd’hui la part de connivence entre Leclerc et Macron, sachant que le second avait, en 2008, rédigé le rapport de la Commission Attali afin de faire voter la loi que voulait le premier pour piller les paysans ?
Alors que se terminent les discussions dans le premier chantier des ateliers des États généraux de l’alimentation mis en place à la demande du président de la République, on se demande quelles conclusions seront tirées des débats qui se sont tenus dans les ateliers 5 et 7.
  • Le premier se donnait pour objectif de « rendre le prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateur pour les agriculteurs », qui en ont bien besoin suite aux baisses de prix subies depuis bientôt trois ans.
  • Dans l’atelier 7, les débats devaient aboutir à « améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs ».
Là encore, il est urgent d’agir. Selon une étude de l’Association nationale des industries alimentaires(ANIA),
« l’industrie alimentaire connaît une diminution importante de ses marges depuis 2008, atteignant le niveau le plus bas depuis 1974, alors qu’elles se restaurent dans tous les autres secteurs industriels, tutoyant même des niveaux inobservés depuis le début des années 2000».
Jean-Philippe Girard, président de l’ANIA, précise même que l’industrie agroalimentaire a perdu 4,5 points de marge brute depuis 2008tandis que les autres industries ont gagné cinq points en moyenne.
Disant cela, le président de l’ANIA, qui rencontrait la presse mercredi soir à Paris, avait en tête les derniers propos de Michel-Edouard Leclerc. Ce dernier dit s’attendre à « des hausses de prix de 5% à 15% sur les milliers d’article alimentaires sous prétexte d’aider les agriculteurs» et menace de dénoncer tout ce qui reviendrait à partager les marges de manière moins inéquitable qu’aujourd’hui entre les producteurs, les transformateurs et le distributeurs.
Dans ce combat du pot de fer contre le pot de terre, Michel-Edouard Leclerc pourrait bénéficier du soutien d’associations de consommateurs également présentes dans les ateliers de ces Etats généraux.
Au nom de la défense du « pouvoir d’achat » des consommateurs, le désintérêt vis-à-vis du droit des paysans de vivre de leur travail est une position constante à l’UFC-Que Choisir depuis des décennies. Au point que ses dirigeants, à commencer par son président Alain Bazot , sont incapables de prendre en compte le recul que cela peut entraîner dans la production de denrées de qualité dans notre pays.

Pour 2 centimes d’euro sur une tranche de jambon 

Lors de sa rencontre avec quelques journalistes mercredi soir, Jean-Philippe Girard a expliqué que répercuter une hausse 2 centimes sur une tranche de jambon de Paris suffit à rémunérer convenablement un éleveur de porcs qui peine sans cela à couvrir ses coûts de production. Ce qui suppose aussi d’en finir avec les promotions quasi-permanentes, lesquelles ne font plus augmenter les ventes mais favorisent les achats opportunistes pour une consommation différée.
Quand la viande fraiche d’une rouelle de porc ne coûte que 2,99€ le kilo comme le proposait la semaine dernière un dépliant publicitaire des magasins Leclerc, il peut être tentant pour le consommateur de stocker cette viande au congélateur.
Mais cette baisse a été consentie à Leclerc par un abattoir qui a lui-même fait pression sur ses fournisseurs que sont les éleveurs au niveau du prix. On appelle cela la revente à perte.
A ce propos, il convient ici de rappeler une fois de plus de ce développent des reventes à perte comme la pression des centrales d’achats sur les fournisseurs ont été amplifiées par la Loi de modernisation économique (LME) votée par la droite en 2008 et appliquée à partir de 2009.
Cette loi répondait à une demande de Michel-Edouard Leclerc auprès de Nicolas Sarkozy(1) dès son élection à l’Elysée en 2007. Ce dernier chargea alors Jacques Attali de mettre en place une Commission devant fournir des idées pour intensifier la concurrence dans le secteur de la distribution. La Commission Attali était composé de grands patrons et d’économistes libéraux et son rapporteur était Emmanuel Macron.
En 2008 encore, Macron voulait toujours plus de grandes surfaces 
Afin d’intensifier la concurrence, Macron proposait dans ce rapport d’augmenter le nombre de grande surfaces en France, le pays européen qui en comptait déjà le plus grand nombre.
Voici ce qu’il écrivait en page 146 de son rapport :
« 379 grandes surfaces ouvraient en moyenne chaque année en France entre 1986 et 1994, alors que leur nombre est tombé à 162 entre 1995 et 2003».
Évoquant alors les lois Royer et Raffarin qui avaient servi à réduire la prolifération de ces grandes surfaces gaspilleuses de terres agricoles, le rapport Macron poursuivait :
« Cette réglementation a particulièrement entravé le développement des grandes surfaces de type maxi-discount au moment même où ce format de vente commençait à séduire les consommateurs ».
Ce qui ne fut pas le cas très longtemps puisqu’ils perdent des clients aujourd’hui au profit du « drive » et de livraisons à domicile en plus de magasins de proximité. Voilà qui prouve déjà que le rapporteur de la Commission Attali n’avait rien d’un visionnaire.
Devenu président de la République, Emmanuel Macron a souhaité que soient organisés les États généraux de l’alimentation dont la première phase ce termine ce 29 septembre. C’est le jour de la Saint Michel, date à laquelle les fermiers paient aux propriétaires leur année de fermage depuis des lustres. Les personnalités qui ont présidé les travaux des deux ateliers qui ont abordé la question du revenu paysan, doivent faire de proposition au ministre de l’Agriculture Stéphane Travert.
Serge Papin, président de Système U a dirigé les travaux de l’un d’eux avec le représentant du groupe Danone. Selon des propos rapportés par le Figaro du 28 septembre, Serge Papin aurait déclaré :
« Nous essayons de bâtir des prix responsables face aux prix prédateurs de Leclerc, qui avec cette campagne ment et manipule ses clients. Nous ferons tout pour l’empêcher d’être un gagnant sur un champ de ruines».
Précisons ici, au risque de surprendre, que Serge Papin alerte, depuis des années , sur la mise en danger de la production agricole française via cette course aux prix bas menée chaque année par les quatre centrales d’achat qui, de novembre à février, négocient avec leurs fournisseurs les prix des denrées qui seront référencés dans les magasins . Mais chaque centrale d’achat, dont celle qui négocie pour Système U et une autre chaîne, regarde ce que font les autres et tente d’obtenir les prix les plus bas afin de ne pas perdre des clients.

Vers des centrales internationales d’achat ? 

Il se dit même, selon Jean-Philippe Girard, que les distributeurs français vont mettre en place cet automne des « centrales internationales d’achat ».
Parallèlement aux négociations de novembre à février avec les entreprises agroalimentaires hexagonales, les grandes surfaces négocieraient avec des entreprises des autres pays membres de l’Union , y compris pour de productions sous marques de distributeurs dans le seul but d’accroître encore la concurrence et de tirer les prix vers le bas.
On peut douter qu’il sortira quelque chose de positif pour les paysans français de ces États généraux, si le bras de fer continue comme avant, lors de négociations commerciales à venir.
C’est ce que redoute un paysan de Seine Maritime dans la France Agricole datée de ce 29 septembre.
«Qu’espérer, écrit-il, dans la production agricole en termes de valeur ajoutée, avec un système bien établi depuis 54 ans et qui, j’en sis persuadé, ne changera pas avec un président de la République favorable à l’ouverture des grandes enseignes les dimanches et jours fériés ? ».
 La réponse sera connue dans les prochaines semaines et la déception pourrait être grande là aussi.
(1) Suite au vote de la LME voulue par Michel Edouard Leclerc, Nicolas Sarkozy a décoré Edouard Leclerc, père de Michel-Edouard et créateur des magasins Leclerc, de la Légion d’honneur le 14 décembre 2009, malgré l’avis défavorable du préfet du Finistère. Pourquoi cette opposition du préfet du département ou était né Edouard Leclerc? La réponse figure dans la déposition du nazi Herbert Shaad, adjoint du chef commando de Landerneaux durant l’occupation allemande : « Un soir, le jeune Edouard Leclerc, qui m’avait auparavant fourni des renseignements, est venu me trouver à la Kommandatur pour me signaler une liste de personnes de Landerneau qui s’abstenaient fréquemment la nuit et qui devaient faire partie de la Résistance… ».

Gérard Le Puill

Journaliste et auteur

SOURCE/https://www.humanite.fr/leclerc-macron-de-la-lme-aux-etats-generaux-de-lalimentation-642838

2/- L’industrie agroalimentaire contre-attaque face à Michel-Edouard Leclerc

Gaëlle Fleitour  – Publié le

Michel-Edouard Leclerc accuse l’industrie agroalimentaire de vouloir profiter des Etats Généraux de l’Alimentation pour faire passer d’importantes hausses de prix pour le consommateur. L’industrie réplique et détaille ses propositions pour toute la filière.

L’industrie agroalimentaire contre-attaque face à Michel-Edouard Leclerc

 

 

L’apaisement prôné par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert à l’occasion des Etats Généraux aura fait long feu. Mercredi 27 septembre, c’est le médiatique Michel-Edouard Leclerc qui a dégainé le premier. Il s’indigne, sur son blog, d’une inflation des prix que tenterait d’imposer l’industrie agroalimentaire[1].

« Des hausses de prix de 5 à 15 % sur des milliers d’articles alimentaires… sous prétexte d’aider les agriculteurs ! C’est le deal complètement irresponsable qu’en marge des Etats Généraux, certains industriels et même, des distributeurs, voudraient faire passer dans le train de mesures pour l’agriculture », écrit-il. « Outre l’impact démesuré sur le pouvoir d’achat des Français, comment garantir que ces marges sur l’eau de Volvic, le Nescafé ou le Kinder seront redistribuées aux éleveurs ou aux maraîchers ? »

Le patron du distributeur promet une campagne de communication dans la presse pour faire le buzz.

 

L’association des industries alimentaires (Ania) a profité d’une conférence de presse, le soir-même, pour répliquer.

Face à la « destruction de valeur » engendrée par « la guerre des prix », qu’elle évalue à trois milliards d’euros sur les quatre dernières années,

« pour redresser [l’ensemble de la filière alimentaire, en incluant l’agriculture], ce serait 15 euros par an et par Français, soit 30 centimes par semaine. Cela vaut le coup d ‘essayer »,

estime Jean-Philippe Girard, président de l’Ania, qui rappelle ne pas représenter que les multinationales : les 17 647 entreprises du secteur étant majoritairement des PME.

« On ne va pas chercher 5 à 15% de plus, comme on l’a entendu. »

Le dirigeant assure partager ce diagnostic avec les agriculteurs, et une partie de la grande distribution. Et fait trois propositions.

1 – Redéfinir le seuil de revente à perte en intégrant les coûts de la distribution, car c’est

la « guerre des prix [entre distributeurs] que nous sommes contraints de financer ». « Il faut arrêter le dumping sur les produits alimentaires »,

insiste Jean-Philippe Girard, un constat partagé par le principal syndicat agricole, la FNSEA. Depuis la mise en place de la loi LME (Loi de modernisation de l’économie) qui régit les relations commerciales entre les grandes surfaces et l’industrie,

c’est surtout « Leclerc qui a gagné des parts de marché »,

assure un industriel.

Trois propositions portées par l’industrie

2- Autre réclamation de l’Ania, encadrer les promotions avec un double plafonnement :

« une centrale d’achat ne pourra pas faire de promotion portant sur plus de 34% du prix d’un produit et 25% de son volume annuel ».

3- Enfin, mettre

« sous surveillance » les centrales d’achats basées à l’étranger des distributeurs, qui multiplient les contrats internationaux pour les produits vendus dans l’Hexagone, afin de contourner la loi française et faire baisser les prix, selon l’Ania.

Une pratique dénoncée récemment Richard Girardot, le patron France de Nestlé, sur son blog [2], accusant notamment la plate-forme d’achat lancée à Bruxelles par Leclerc avec l’Allemand Rewe.

« En tirant vers le bas, on tirera aussi vers le bas la qualité et l’offre »,

craint Jean-Philippe Girard.

Avec un « danger derrière : aujourd’hui j’entends parler de sourcing hors de France »,

alors que son industrie transforme encore[3] plus de 70% de la production agricole française.

Mais pour convaincre, le secteur devra de son côté demander à tous ses acteurs de jouer la carte de la transparence, et faire oublier l’intervention délétère [4] du fils du dirigeant du champion de la viande Bigard (non membre de l’Ania) lors de son audition le 14 septembre à l’Assemblée Nationale. 

Aux ateliers des Etats Généraux de l’Alimentation, les débats risquent d’être chauds. En attendant qu’Emmanuel Macron tranche à la mi-octobre.

Gaëlle Fleitour

LIENS[]

  1. http://www.michel-edouard-leclerc.com/categorie/economie/actus-debats/qui-profitera-vraiment-de-l-inflation
  2. http://richardgirardot.fr/enfin-merci-mel/
  3. https://www.usinenouvelle.com/article/rendre-les-metiers-alimentaires-plus-interessants-et-moins-durs-constitue-une-vraie-revolution-pour-le-patron-de-l-ania.N564847
  4. http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4887112_59ba216c3c494.commission-des-affaires-economiques–etats-generaux-de-l-alimentation-14-septembre-2017

SOURCE/ https://www.usinenouvelle.com/article/l-industrie-agroalimentaire-contre-attaque-face-a-michel-edouard-leclerc.N593423

3/- Risque de hausse des prix: controverse entre Michel-Edouard Leclerc et l’industrie agroalimentaire

Le géant de la distribution accuse les parties prenantes des Etats généraux de l’alimentation de préparer une hausse massive des coûts de l’alimentaire en France

 
 
Risque de hausse des prix: controverse entre Michel-Edouard Leclerc et l’industrie agroalimentaire

 

Le message de Michel-Edouard Leclerc n’est pas passé inaperçu.

Il évoque « des hausses de prix de 5 à 15 % » sur des milliers d’articles.

« ​Pour redresser l’ensemble de la filière, cela représente 30 centimes d’euros par personne et par semaine, sur un an ça fait 15 euros. On ne va pas chercher 5% à 15 % de plus, comme on l’a entendu », rétorque le président de l’association des industries alimentaires (Ania).

Le géant de la distribution accuse les parties prenantes des États généraux de l’alimentation de préparer une hausse massive des coûts de l’alimentaire en France.

« Des hausses de prix de 5 à 15 % sur des milliers d’articles alimentaires… sous prétexte d’aider les agriculteurs ! C’est le deal complètement irresponsable qu’en marge des États généraux, certains industriels et même, des distributeurs, voudraient faire passer dans le train de mesures pour l’agriculture »,

écrit Michel-Edouard Leclerc cité par Le Figaro[1]. Et de poursuivre :

« Outre l’impact démesuré sur le pouvoir d’achat des Français, comment garantir que ces marges sur l’eau de Volvic, le Nescafé ou le Kinder seront redistribuées aux éleveurs ou aux maraîchers ? Je n’y crois pas, je prépare une communication presse pour faire sortir les loups du bois ».

Face à cette accusation, les industriels agroalimentaires ont tenté de rassurer.

« ​Pour redresser l’ensemble de la filière, cela représente 30 centimes d’euros par personne et par semaine, sur un an ça fait 15 euros. On ne va pas chercher 5 à 15 % de plus, comme on l’a entendu »,

a expliqué Jean-Philippe Girard, président de [2]l’association des industries alimentaires (Ania) [3], lors d’un point presse mercredi.

« Sauver la fillière alimentaire ». « Michel-Edouard Leclerc est en train de s’isoler alors que lors des ateliers des États généraux, la volonté de tous les acteurs est de bouger, de construire un autre avenir pour tous. Tout le monde est assez prêt à faire la paix. Cette guerre des prix, c’est la leur mais c’est nous qui sommes contraints de la financer »,

estime Jean-Philippe Girard. Et d’ajouter dans un communiqué :

« Ces 30 centimes peuvent sauver la filière alimentaire ! Ils peuvent permettre de mieux rémunérer les agriculteurs et de redonner des capacités d’investissement à tous les acteurs. La force de nos propositions, c’est de permettre de redonner de la valeur à notre alimentation, pour tous ceux qui la consomment et tous ceux qui la produisent ». Les industriels veulent mettre fin « à la guerre des prix » et reprendre « le dialogue avec le consommateur qui a perdu la notion de la valeur de l’alimentation, du prix juste ».

L’Ania dénonce ceux qui exigent

« le paiement de montants disproportionnés pour des produits dont le chiffre d’affaires est pourtant réalisé en France. Ces contrats internationaux échappent actuellement au droit français ».

Pour tenter d’y remédier, l’Ania recommande l’encadrement

des « contrats internationaux afin que le droit commercial français s’applique pour les contrats conclus avec des structures étrangères, dès lors que l’achat porte sur des produits destinés à être vendus en France ».

LIENS[]

  1. http://premium.lefigaro.fr/flash-eco/2017/09/27/97002-20170927FILWWW00352-les-industries-agroalimentaires-veulent-mettre-fin-a-la-guerre-des-prix.php
  2. http://www.lopinion.fr/edition/economie/jean-philippe-girard-ania-il-faut-sursaut-filiere-agroalimentaire-134382
  3. https://www.ania.net/

SOURCE/http://www.lopinion.fr/edition/economie/risque-hausse-prix-controverse-entre-michel-edouard-leclerc-l-134925


4/- Michel-Edouard Leclerc : Le monde agricole a intérêt à quitter un modèle trop productiviste

Par la redaction | Le

Michel-Edouard Leclerc : Le monde agricole a intérêt à quitter un modèle trop productiviste

A l’occasion des États généraux de l’alimentation, c’est sur le réseau Linkedin que le président-directeur-général de l’enseigne de grande distribution E. Leclerc prend la parole dans une tribune pour appeler l’ensemble des acteurs à une réflexion pour un repositionnement agroalimentaire global.


Le président de la République a convoqué les « États généraux de l’alimentation ». Je souhaite qu’il en ressorte une impulsion collective à même de refonder notre modèle agroalimentaire.

Du producteur au consommateur, tous les Français expriment l’envie d’une nutrition plus sécurisée et de meilleure qualité. Le monde agricole a intérêt à quitter un modèle trop productiviste, tant pour répondre aux demandes sociétales que pour sortir d’une spirale compétitivité-prix qui lui est défavorable au plan international.

Industriels et distributeurs, lassés des règles de négociation commerciale absurdes fixées par le législateur, aimeraient se concentrer sur l’offre, sur le marketing et la relation client, plutôt que sur un juridisme devenu trop complexe.

Résister aux Amazon.fr et Alibaba.com

La période est propice : jamais les consommateurs, dans les rayons comme au travers des pétitions, n’ont autant souhaité un tel changement qualitatif. Dans les magasins, ils plébiscitent de plus en plus – à condition que cela reste accessible ! – les produits locaux, bio, tracés. Ils veulent être informés, sécurisés et, surtout, avoir le choix.

C’est d’ailleurs sur la revitalisation de toute leur offre alimentaire que les hypermarchés fondent leur capacité à résister aux Amazon.fr et Alibaba.com qui s’insèrent sur le marché.

Partout en France, chacun dans son métier, dans sa région, teste des initiatives variées : mise en avant des productions en circuit court, développement de gammes sans OGM, sans pesticides, bio, chasse aux perturbateurs endocriniens, etc. Il faut maintenant pouvoir valoriser ces pratiques et les généraliser.

Pour que puissent se développer des narrations individuelles créatrices de valeur (telles que savent les écrire les grandes marques de l’agroalimentaire), il faut qu’émerge un récit collectif qui serve de cadre de référence. C’est tout l’enjeu de ces États généraux, qui ne doivent pas être seulement agricoles, mais bien alimentaires. S’ils se bornent à n’être qu’un affrontement entre corporations, ce sera encore un échec.

Valider un repositionnement agroalimentaire global

On parle de « filière » avec raison. Aucun acteur ne gagnera contre l’autre. Les producteurs ont besoin de la confiance générée par les enseignes pour assurer leurs débouchés.

Mais chaque acteur économique doit apporter sa pierre à l’édifice et répondre aux questions qui le concernent :

  • Ferme des mille vaches ou exploitations familiales ?
  • Élevage en plein air ou en poulailler ?
  • Beurre ou margarine ?
  • Accessibilité ou proximité ?
  • Agriculture bio ou raisonnée ?
  • Race laitière ou allaitante ?
  • Végétalisme ou véganisme ?
  • Protectionnisme ou exportations ?
  • Prix libres ou subventionnés ?
  • Modèle coopératif ou actionnarial ?
  • Que veulent les producteurs eux-mêmes ?
  • Et dans quel cadre de solidarité ou de concurrence ?

Voilà les enjeux desquels on a trop longtemps reporté l’examen.

Si ces États généraux ne permettent pas de valider un repositionnement agroalimentaire global à l’aune de ces défis, on aura alors raté un grand rendez-vous et l’on se contentera une fois encore de traiter des problèmes structurels avec des expédients de court terme.

On n’aborde pas le principal sujet

J’ai déjà exprimé mes doutes sur l’ordre du jour fixé par le gouvernement.

En suscitant l’espoir d’une augmentation artificielle ou même volontariste des prix agricoles, avant même de parler des moyens de réguler durablement les marchés, des produits, et de prendre des engagements de qualité sanitaire et environnementale, on n’aborde pas le principal sujet, les attentes des consommateurs.

  • Payer plus cher ?
  • Pourquoi pas, mais pour quoi ?

L’élection présidentielle crée l’opportunité du changement, mais n’a pas boosté par elle-même le pouvoir d’achat des Français. Il va falloir de la pédagogie, une démarche collective et consensuelle.

Alors, ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Quels que soient l’organisation ou le planning, essayons tous d’être un peu constructifs ! Il n’y a pas de raison qu’ensemble, on ne puisse pas réactualiser un modèle alimentaire qui concourt au rayonnement de la France.

Michel-Edouard Leclerc


SOURCE/http://lejournaldeleco.fr/michel-edouard-leclerc-le-monde-agricole-a-interet-a-quitter-un-modele-trop-productiviste/


5/- Michel-Edouard Leclerc : « Le moment est favorable pour réécrire une histoire collective »

Philippe Bertrand
 Michel-Edouard Leclerc, président Centres Leclerc
 Michel-Edouard Leclerc, président des Centres Leclerc – AFP

A l’heure du coup d’envoi des états généraux de l’alimentation, le patron du groupe Leclerc estime que la filière doit « développer un discours sur la qualité ».

Le Premier ministre, Edouard Philippe, et une bonne partie du gouvernement (mais pas Emmanuel Macron, qui s’est décommandé au dernier moment), donnent le coup d’envoi des états généraux de l’alimentation jeudi.

Jusqu’à fin novembre, les acteurs de l’agroalimentaire français vont plancher sur une refondation de la filière, secouée par plusieurs crises agricoles ces dernières années et ébranlée par un contexte de guerre des prix.

Le patron du groupe Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, livre ses attentes concernant cette grande messe.

Qu’attendent les Centres Leclerc de ces Etats généraux de l’alimentation ?

D’abord, nous adopterons un attitude résolument positive. Pas question de nous laisser enfermer dans une posture d’opposition aux producteurs ou aux industriels. Le moment est favorable. Il existe une véritable opportunité de réactualiser, moderniser le modèle alimentaire français, notamment celui du «mass market ». Les consommateurs demandent des produits de meilleure qualité, plus sains, plus locaux. De nombreuses enseignes et beaucoup d’industriels sont en train de réaligner leur offre.

Fleury-Michon par exemple, ou Danone qui vient d’investir 13 milliards dans le bio et le soja. Nous mêmes aussi, bien sûr, qui avons, notamment, repositionné notre marque Repère. Ce grand rendez-vous qui réunit toute la filière, des producteurs aux consommateurs, est l’occasion de réécrire une histoire collective. Il faut en finir avec le « food bashing ». On est arrivé au bout de l’hyperproductivisme et des productions toujours standardisées.
La FNSEA et les industriels réclament le fin de la guerre des prix dont Leclerc apparaît comme le premier acteur. Qu’en pensez-vous ?

 

Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs et commencer à vouloir régler les questions corporatistes avant d’établir des objectifs. Ces États généraux ne doivent se résumer à un cahier des doléances. On ne décrétera pas la hausse des prix. Les prix à la consommation français n’ont fait que revenir au niveau des prix des autres grands pays européens. D’une façon générale, les prix de marché échappent aux acteurs économiques français et les filières ont du mal à exposer leurs souhaits en matière de régulation. Il faut que les producteurs disent comment ils voient l’après PAC. En 10 ans, on a distribué 100 milliards d’euros de subventions à l’agriculture. Il ne devrait pas y avoir un seul agriculteur pauvre.

Mais tous les agriculteurs ne peuvent pas produire des produits bio ?

A force de dire qu’il s’agit d’une niche, on a loupé le coche du bio. Il faut développer un discours sur la qualité, remarketer les productions, se concentrer sur les allégations liées aux productions. Il faut créer les conditions de la création de valeur. Des groupements de producteurs comme Savéol, Poulets Loué ou Prince de Bretagne y parviennent. Il y a de la place pour une production plus diversifiée. Prenons l’exemple de la viticulture. Il y a 30 ans, les viticulteurs mécontents de la baisse des cours incendiaient les chais de Jean-Baptiste Doumeng à Sète. Depuis, sous l’impulsion des Bordelais, le marché est monté en gamme et s’est segmenté. Ils ont arraché les vignes qui «pissait » de la piquette pour replanter des cépages plus nobles. Preuve que les producteurs peuvent créer de la valeur et la garder.



SOURCE/https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/010150803628-michel-edouard-leclerc-leclerc-sur-les-etats-generaux-de-lalimentation-le-moment-est-favorable-pour-reecrire-une-histoire-collective-autour-de-la-qualite-2102942.php


6/- États généraux de l’alimentation : agriculteurs, industriels et distributeurs condamnés à s’entendre

Pierre DemouxPhilippe Bertrand Le 20/07
Etats généraux l’alimentation : agriculteurs, industriels distributeurs condamnés s’entendre
Etats généraux de l’alimentation : agriculteurs, industriels et distributeurs condamnés à s’entendre

Les états généraux de l’alimentation ont été lancés ce jeudi. La création de valeur sera au centre des débats, en plein contexte de guerre des prix et de crises agricoles.

C’est peut-être le moment d’enterrer la hache de guerre et de regarder vers l’avenir. Distributeurs, industriels et agriculteurs se retrouvent ce jeudi à Bercy pour le lancement des états généraux de l’alimentation avec la volonté affichée de pacifier des relations ébranlées par une longue série de crises, sur fond de guerre des prix. Cette pression sur les étiquettes érode les marges de tous les acteurs alors que les revenus des producteurs sont déjà affectés par le détricotage de la politique agricole commune (PAC) et l’entrée sur le grand marché mondial des cours aux incessantes fluctuations (blé, lait, viande…). A cela se sont ajoutés les aléas climatiques et les crises sanitaires (influenza aviaire…). Au final, la production agricole française a perdu environ 5 milliards d’euros depuis 2014, à 70 milliards. Quant aux agriculteurs, la moitié gagnait moins de 350 euros par mois en 2016…

 
La guerre des prix est mortifère et tout le monde est conscient qu’on va dans le mur si on continue de s’opposer de manière stérile.

En plus d’un plan d’investissement de 5 milliards sur cinq ans, Emmanuel Macron a fait de ces états généraux un temps fort de son début de mandat – même s’il a finalement renoncé, jeudi matin, à venir clôturer la première journée. « C’est l’un des dossiers qu’il a choisi de porter personnellement », indique l’entourage du ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, chargé de piloter ce chantier. Les ateliers de travail s’étaleront de fin août à fin novembre autour de deux grands thèmes : « Création et répartition de la valeur » et « Alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ». Preuve de l’importance accordée au dossier : le Premier ministre et quatre des onze ministres impliqués monteront à la tribune ce jeudi.

 

Etats généraux de l'alimentation : agriculteurs, industriels et distributeurs condamnés à s'entendre

Aboutir à du concret

Au final, 500 participants sont attendus, piochés dans un large panel (associations de consommateurs, élus locaux, ONG environnementales, représentants du secteur bancaire…), sur le modèle du Grenelle de l’environnement de 2007. « Quand on a démarré le Grenelle de l’environnement, on était dans des postures entre acteurs économiques, ONG… Au final, ça a produit de l’intelligence. Et je suis certain que ces états généraux peuvent en produire », a assuré Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, mardi au Sénat.

Le défi sera d’aboutir à quelque chose de concret entre tous ces acteurs, qui, au sein même de chaque filière, ne sont pas forcément sur une ligne identique. Ainsi, la FNSEA pousse en faveur de « frappes chirurgicales rapides » pour adapter la loi LME, qui régit les négociations commerciales, quand la Confédération paysanne réclame, elle, une nouvelle législation. Tous cependant s’accordent sur le même constat. « La guerre des prix est mortifère et tout le monde est conscient qu’on va dans le mur si on continue de s’opposer de manière stérile », assure Jean-Philippe Girard, qui dirige l’Association des industries agroalimentaires. « Nous voulons bien rediscuter des relations commerciales, répond Jacques Creyssel, son homologue de la FCD, le syndicat des distributeurs. Mais il faut que cela profite aux agriculteurs. » « Il faut surtout sortir des débats traditionnels, ajoute celui qui veut aussi asseoir la restauration collective à la table des débats. Le sujet est celui de la création de valeur. Tout le monde a envie que cela aboutisse. Le moment est bon : la conjoncture est meilleure et le consommateur veut des produits de qualité. »

 

Du poids avant la PAC

De fait, l’essor du bio et des produits locaux (80 % de la croissance des ventes) est là. « La question du pouvoir d’achat reste sensible, mais les exigences de qualité et de transparence sont en train de remplacer celles du prix bas », confirme Dominique Marmier, président de Familles rurales. Quelques jours avant les états généraux, Leclerc, Intermarché et Lactalis, le leader mondial des produits laitiers, ont indiqué vouloir revoir à la hausse le prix du lait. Opportunisme ou signe que les temps changent ? Une chose est sûre : tous les acteurs sont convaincus que seul un tableau de marche commun redonnera son leadership à la filière alimentaire française. Il donnera aussi à Emmanuel Macron du poids dans les négociations à Bruxelles sur la PAC.

MODE D’EMPLOI DES ÉTATS GÉNÉRAUX
Les états généraux sont organisés en deux chantiers : « La création et la répartition de la valeur » et « Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous ». Au total, 14 ateliers d’une quarantaine de participants chacun se tiendront autour de thématiques précises (rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs, améliorer les relations commerciales, lutter contre le gaspillage…).
Les 7 ateliers du premier chantier commenceront fin août et se termineront fin septembre, avant l’ouverture des négociations commerciales annuelles entre producteurs, industriels et distributeurs.
Les 6 ateliers du deuxième chantier se tiendront de début octobre à fin novembre. Un chantier transversal, d’août à novembre, sera consacré aux chantiers pour préparer l’avenir (investissement, recherche…).
Dès ce jeudi, une consultation publique est lancée sur la plate-forme egalimentation.gouv.fr. Les contributions des citoyens doivent nourrir les ateliers.
En parallèle, des journées de travail thématiques pourront être organisées à l’initiative des régions.
Une synthèse finale de ces états généraux doit être publiée mi-décembre.
Pierre Demoux, Les Echos
Philippe Bertrand, Les Echos
@pdemoux – @Bertra1Philippe

 


SOURCE/ https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/030454268992-des-agriculteurs-aux-distributeurs-les-acteurs-de-lagroalimentaire-francais-condamnes-a-sentendre-2103159.php#iHrD1sHdfGgzkE4D.99

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :