2154 – Les nuages, tout un monde de vie microbienne & En plein ciel, les bactéries fabriquent nuages et pluies

Les nuages, tout un monde de vie microbienne

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Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique PLOS One révèle une nouvelle merveille de la nature : tout un monde de vie microbienne complexe a été découvert dans les nuages où cohabitent des communautés d’une richesse insoupçonnée.

Si les scientifiques savaient déjà que l’eau des nuages contient des micro-organismes, les observations les plus récentes montrent qu’elles constituent l’habitat de plus de 30.000 espèces de microbes organisées en systèmes complexes.

On suppose que ces micro-organismes étaient au départ au niveau du sol et qu’ils ont profité du déplacement de minuscules particules de terre, de végétaux, d’insectes, d’animaux et d’êtres humains pour rejoindre les nuages grâce aux courants aériens. Les microbes portent par conséquent des quantités d’informations génétiques appartenant à des milliers d’organismes.

La vie microbienne dans les nuages : une complexité inattendue

Il semblerait qu’une relation mutuelle s’établisse entre les « cités microbiennes » et les nuages où elle s’établissent : les nuages leur rapportent eau et nutriments tandis que les microbes à leur tour influencent les fonctions physiques et chimiques des nuages, agissant par exemple comme « embryons pour la formation de gouttes d’eau et de cristaux de glace », selon les chercheurs.

Une partie des microbes est restituée à la terre par les précipitations, et devrait pour la plupart bénéficier aux écosystèmes au sol.

Les microbes agissent dans les nuages : sont-ils nécessaires au maintien de la vie ?

Le Discovery Institute, qui s’intéresse aux questions de « dessein intelligent », estime qu’il serait utile d’étudier désormais l’éventuel rôle joué par ces communautés des nuages dans la régulation du climat ou l’habitabilité de notre planète[1]. Il s’agit de savoir si l’eau suffit à la vie ou s’il faut aussi cette présence microbienne qui rend la Terre plus unique encore.

Se pose également la question du rôle joué par le matériel génétique présent dans les nuages. Tant il est vrai que chaque nouvelle découverte à propos de la nature ouvre de nouvelles perspectives et en dit un peu plus sur l’incroyable complexité du monde vivant. Plus il se révèle complexe et interconnecté d’ailleurs, moins l’hypothèse de l’évolution peut être considérée comme vraisemblable.

Jeanne Smits

1 – https://world.wng.org/content/scientist_don_t_blame_harvey_on_global_warming


source/ http://reinformation.tv/nuages-vie-microbienne-smits-74150-2/


En plein ciel, les bactéries fabriquent nuages et pluies

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Omniprésents dans l’atmosphère, les micro-organismes glaçogènes cristallisent la glace et contribuent ainsi à la formation des gouttes d’eau et des nuages. De cette façon, ils retombent sur le sol où ils se développent à nouveau, perpétuant ainsi le cycle des précipitations à leur seul profit.

Il y a douze ans, des chercheurs autrichiens ont découvert la présence de nombreuses bactéries dans l’eau des nuages. C’était une vraie découverte. Ils en avaient trouvé dans les gouttes d’eau déposées sur des plaques métalliques installées sur les toits de l’observatoire météo de Sonnblick, à plus de 3100 mètres d’altitude. Depuis, on sait que des micro-organismes sont partout en suspension dans l’atmosphère et pas seulement dans les nuages. Au cours de plusieurs vols effectués au-dessus de la mer des Caraïbes et de l’océan Atlantique lors des deux ouragans Earl et Karl en 2010 des chercheurs américains viennent de mettre en évidence la présence de nombreux micro-organismes entre 6 et 8 km d’altitude. Le mécanisme d’aspiration et les filtres qu’ils ont mis au point ouvrent de nouvelles perspectives (Pnas, 29 janvier 2013).

Arrachées et transportées par le vent

En analysant l’ADN piégé sur les tampons, ils ont identifié 17 espèces bactériennes différentes. Elles représentent 20% de toutes les autres particules d’une taille comprise entre 0,25 et 1 μm (1μm = 1 millionième de mètre). «Nous ne nous attendions pas à en trouver autant dans la troposphère, considérée comme un environnement difficile pour la vie», commente Kostas Konstantinidis, chercheur au Georgia Institute of Technology, l’un des principaux auteurs de l’étude.

Arrachées par les vents aux océans, à la surface terrestre ou sur les plantes où elles se déposent, les bactéries sont transportées en altitude sur de longues distances. Une partie d’entre elles résiste aux rayons UV, aux basses températures et à la dessication. Les courants aériens peuvent ainsi favoriser la dispersion des pathogènes sur la planète.

«À la fin des années 1970, les scientifiques russes avaient déjà observé grâce à des sondes météo qu’il y avait des micro-organismes dans la stratosphère, entre 48 et 77 kilomètres», rappelle Cindy Morris, responsable de l’unité pathologie végétale de l’Inra, à Avignon. «Les chercheurs américains soulignent le rôle de ces bactéries dans la formation des précipitations mais sans rien apporter de nouveau», ajoute la scientifique qui tient un blog sur les bactéries glaçogènes [1] où on peut télécharger gratuitement un livre sur le sujet.

Certains micro-organismes ont en effet la particularité de favoriser la formation de cristaux de glace dans l’atmosphère qui concentrent les gouttes d’eau et forment ainsi des nuages. La plus connue, Pseudomonas syringae, est une bactérie pathogène des plantes. Elle peut cristalliser les gouttes d’eau à 0°C et est d’ailleurs utilisée par certaines stations de ski pour fabriquer de la neige artificielle.

Faute d’aspirer de l’air à partir d’un avion, des chercheurs danois ont eu l’idée d’analyser les éléments chimiques et biologiques piégés dans des grêlons. Ils les avaient collectés en Slovénie à la fin mai 2009 au cours d’un gros orage. En plus de bactéries, ils ont identifié plus de 3000 composés chimiques emprisonnés dans la glace (Plos One, 23 janvier 2013).

Un rôle crucial dans la formation des nuages

Plusieurs études ont déjà montré que les bactéries jouent un rôle actif dans la chimie atmosphérique et favorisent ainsi la formation des nuages et les précipitations. L’Institut de chimie de Clermont-Ferrand (ICCF) dispose pour ce type de recherche d’un site de collecte «d’eau de nuage» hors pair avec l’observatoire du Puy de Dôme[2] car il reçoit tantôt les masses d’air océanique venus de l’ouest, tantôt celles polluées venues de l’est. Le laboratoire va bientôt s’équiper de nouveaux appareils qui lui permettront de séquencer l’ADN des nuages, de faire faire ce qu’on appelle le métagénome. «Nous allons pouvoir explorer la fonction de toutes ces bactéries et tester leur efficacité en laboratoire», indique Anne-Marie Delort, directrice de l’ICCF. La dynamique des nuages est le point faible des modèles climatiques et la demande des scientifiques est forte.

Cindy Morris et ses compères se demandent de leur côté si depuis des millions d’années les bactéries glaçogènes présentes à la surface de plantes ne jouent pas un rôle clé dans la formation des nuages pour leur propre survie. Ce système serait le fruit de la sélection naturelle. Une fois dans l’atmosphère, en effet, les bactéries ne peuvent y rester longtemps car elles ne résistent pas aux basses températures. «Elles sont fragiles», souligne Cindy Morris. Comme elles ne peuvent pas retomber au sol par la force de gravité, seules la pluie ou la neige peuvent les faire redescendre sur les plantes où elles vivent, d’où leur activité dans la fabrication des nuages. «Le petit nombre de bactéries n’est pas un obstacle à la production de pluie. Au contraire, si elles produisent trop de cristaux de glace, les gouttes d’eau ne se rassemblent pas. C’est ce que montrent les essais de fabrication artificielle de la pluie dans le passé», souligne la chercheuse.

liens[]

    1. https://bioice.wordpress.com/
    2. http://wwwobs.univ-bpclermont.fr/opgc/historique1.php

source/ http://premium.lefigaro.fr/environnement/2013/01/31/01029-20130131ARTFIG00727-en-plein-ciel-les-bacteries-fabriquent-nuages-et-pluies.php