2146 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 31 août 2017

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Sur la visite du Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en Fédération de Russie

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Sur la visite de travail du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov en Slovénie

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Sur la situation actuelle en Syrie

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Sur la situation à la frontière libano-syrienne

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Sur la situation financière de Daech

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Sur le reportage d’un groupe de correspondants de VGTRK sous la direction de Evgueni Poddoubny concernant les actions de la coalition américaine en Syrie

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Sur l’évolution de la situation au Yémen

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Sur l’évolution de la situation en Irak

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Sur l’évolution de la situation sur la péninsule coréenne

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Sur la reconsidération, par les autorités polonaises, de leur décision concernant la participation de la Russie à la création d’un nouveau Musée-Mémorial de Sobibor

-31-08-2017

1 – Sur la visite du Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en Fédération de Russie

2017.09.02 drapeau index

 

Le 8 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accueillera le Ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian,présent à Moscou pour une brève visite de travail. La nouvelle rencontre entre les ministres, organisée à l’initiative de Paris, fera suite aux accords convenus entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président français Emmanuel Macron le 29 mai à Versailles.

Dans le cadre de l’entretien à venir, il est prévu d’évoquer les questions centrales de l’agenda bilatéral ainsi que la situation en Syrie et d’autres problèmes internationaux importants pour le règlement desquels nos pays, en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, assument une responsabilité particulière.

 

2 – Sur la visite de travail du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov en Slovénie

 

drapeau Slovénie indexLes 4 et 5 septembre, le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov participera au Forum stratégique de Bled (Slovénie) à l’invitation des autorités slovènes.Alexeï Mechkov prononcera un discours pendant la réunion plénière « Une nouvelle vision pour une nouvelle réalité » consacrée au débat sur les possibilités de réaction conjointe des États aux défis et risques communs.

Concernant la problématique européenne, il est prévu d’accorder une attention particulière à la situation dans les Balkans, au retour le plus rapide possible de la région sur la voie de la stabilisation et de la coopération, de réaffirmer la disposition de la Russie à promouvoir de manière équilibrée les processus de règlement post-conflit.

En marge du Forum, il est prévu d’organiser des entretiens bilatéraux du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexeï Mechkov avec des chefs de diplomatie des pays d’Europe du Sud-Est et de l’UE. Il s’entretiendra avec le vice-Premier ministre et Ministre slovène des Affaires étrangères Karl Erjavec, et des consultations seront organisées avec le Secrétaire d’État du Ministère slovène des Affaires étrangères Andrej Logar.

 

3 – Sur la situation actuelle en Syrie

blason drapeau sy.gif.bakLa dynamique positive de l’évolution de la situation en Syrie se maintient.La situation dans les zones de désescalade est jugée stable. Le gouvernement syrien continue d’entreprendre des démarches pour normaliser la situation dans le pays et améliorer la situation humanitaire de la population qui a souffert de ce conflit.

Avec le soutien du Centre russe pour la réconciliation des belligérants, il a été possible d’organiser plusieurs visioconférences avec la participation de gouverneurs de plusieurs provinces du sud de la Syrie et de représentants des territoires contrôlés par des groupes armés non extrémistes.Dans le cadre d’un dialogue constructif sont évoquées des questions concrètes relatives au rétablissement de la vie pacifique, à la mise en route des sites d’infrastructure, y compris d’approvisionnement en électricité et en eau, au règlement d’autres problèmes, notamment la préparation de la nouvelle année scolaire. Les autorités syriennes ont réaffirmé leurs engagements sociaux envers les citoyens indépendamment de leur lieu de résidence. Il a été convenu que toutes les écoles, y compris celles qui se situaient dans les quartiers contrôlés par l’opposition armée, seraient livrées en manuels scolaires, et que les enseignants continueraient de recevoir un salaire.

On constate également un certain progrès dans la Ghouta orientale, où un échange de prisonniers et d’otages a eu lieu. Le groupe Jaych al-Islam a libéré 11 militaires syriens en échange de 40 combattants. Damas compte sur la libération, pendant ou immédiatement après la fête d’Aïd al-Adha, de tous les otages capturés par les djihadistes pendant l’attaque contre la banlieue Adra de la capitale en 2013.

Après les accords conclus entre les militaires russes et les représentants du groupe Jaych al-Tawhid sur le déblocage de la route Damas-Homs et le déploiement dans la commune de Telbis des unités de police militaire russe, une scission s’est produite dans les rangs de groupes armés illégaux de cette localité. Le conseil du « QG de coordination du nord de la province de Homs », qui comprend formellement sept bandes mais que le Front al-Nosra tente de contrôler, a décidé d’exclure Jaych al-Tawhid de ses rangs à cause des différends concernant l’accord sur le fonctionnement de la zone de désescalade. Toutefois, de nombreux combattants ont reconnu cette décision comme illégitime et ont préférer s’en distancer.

Hachem al-Cheikh (Abou Jaber), l' »émir » de guerre de Hayat Tahrir al-Sham, groupe contrôlé par Nosra,  s’est dit prêt à dissoudre la formation à condition que les autres groupes agissant à Idleb et dans les provinces voisines suivent son exemple et fusionnent pour former une structure militaire commune sous un commandement commun. On a l’impression que Nosra a cru en la « force salvatrice » d’un nouveau changement de nom – déjà habituel – et pense qu’un nouveau changement de forme et d’appellation permettra de les exclure de la liste des organisations terroristes. Cependant, toutes ces tentatives d’échapper à leur responsabilité pour les crimes qu’ils ont commis et de « se légaliser » sont vouées à l’échecle Conseil de sécurité des Nations unies a clairement qualifié le Front al-Nosra et d’autres structures affiliées à Al-Qaïda de terroristes, avec toutes les conséquences que cela implique.

Conservant l’initiative stratégique sur tous les axes principaux, l’armée syrienne continue de repousser les combattants de Daech et du Front al-Nosra.

Dans la province de Homs, les forces gouvernementales éliminent successivement un grand groupe de combattants de Daech encerclés près de la ville d’Aqerbat. L’offensive en direction de Deir ez-Zor se poursuit avec succès.

Dans le même temps, des informations alarmantes nous parviennent.Selon les informations russes, le groupe armé Shabab al-Sunna a accès à l’arme chimique. Actuellement, dans les entrepôts de ce groupe à Bosra al-Cham dans la province de Deraa, se trouvent plusieurs missiles chargés de substances toxiques. Les combattants comptent utiliser cette arme dans une commune de la province de Deraa, très probablement à Hiran, Nawa, Inkhil, Jamila, Tafas ou Deira, pour accuser, comme toujours, les forces gouvernementales d' »attaque chimique » contre la population civile.

Des combats de position ont lieu à Raqqa. Les Forces démocrates syriennes n’ont pas réussi à avancer significativement dans les quartiers centraux de la ville. L’aviation de la « coalition internationale anti-Daech » menée par les USA soutient activement les troupes kurdes dans les airs. Dans le même temps, il est très regrettable que leurs frappes tuent non seulement des terroristes, mais également des civils. Un hôpital civil a été une nouvelle fois touché récemment.

4 – Sur la situation à la frontière libano-syrienne

 

drapeau liban indexMoscou salue l’opération antiterroriste récemment organisée par les forces libanaises et syriennes avec le soutien du Hezbollah pour expulser les terroristes de Daech, du Front al-Nosra et d’autres groupes affiliés des régions difficiles d’accès à la frontière libano-syrienne. Nous pensons que son succès a sérieusement mis à mal les capacités des terroristes internationaux à réaliser leurs plans d’expansion massive, et a contribué au renforcement de la souveraineté nationale des deux pays voisins que sont le Liban et la Syrie. Les terroristes ont essuyé une grande défaite militaire, ils ont été battus et, surtout, démoralisés.

En ce qui concerne les paramètres concrets de l’opération mentionnée, il faut demander les explications appropriées directement à ses responsables directs.

La Russie prône de manière immuable et cohérente une lutte sans compromis contre le terrorisme sous toutes ses formes et part toujours de la nécessité absolue de consolider largement les efforts de toutes les parties intéressées pour éradiquer cette menace globale.

 

5 – Sur la situation financière de Daech

 

langfr-225px-Flag_of_the_Islamic_State_of_Iraq_and_the_Levant2.svgJe voudrais également dire quelques mots sur la situation financière de Daech, parce que nous avons plusieurs fois abordé ce sujet en disant que le soutien matériel significatif apporté à cette organisation terroriste a malheureusement été en grande partie, et pendant des années, un gage de sa progression.

Les pertes subies par le groupe terroriste Daech en Syrie et en Irak ont considérablement réduit ses capacités à générer du profit, notamment de la vente d’hydrocarbures.

  • Ainsi, l’opération de l’aviation russe en Syrie depuis septembre 2015 a permis de détruire plus de 15.000 sites de Daech et du Front al-Nosra, y compris plus de 200 sites d’exploitation de pétrole et de gaz, 176 raffineries, 112 stations de pompage de carburant et près de 4.000 camions citernes.
  • En 2016, le « budget » de Daech a reçu 200-250 millions de dollars grâce à la vente de pétrole et de produits pétroliers. Ce chiffre est largement inférieur à celui de l’an dernier – il s’agissait alors de plus d’un milliard de dollars.

Dans les conditions d’une lutte déterminée de la communauté internationale en Syrie et en Irak,l’État islamique s’adapte:

  • il augmente ses revenus grâce aux « taxes » sur les territoires contrôlés et aux extorsions, aux kidnappings afin de réclamer une rançon, il élargit le trafic d’objets anciens, d’organes, il reçoit des revenus des investissements directs dans les compagnies de pêche en Irak et en jouant sur le marché boursier.

Pendant le plénum du Service fédéral russe pour le suivi financier (FATF) à Paris en octobre 2016 ont été rendues publiques les tentatives de Daech d’investir de l’argent dans le bâtiment en Allemagne, ainsi que dans l’immobilier en Europe, aux USA, notamment à New York, et en Turquie. Je voudrais le souligner à nouveau pour que nous ne soyons pas accusés d’ingérence. Il est question du plénum international du FATF en octobre 2016.

Dans ces conditions, la Russie prône la coordination des démarches pour lutter contre ce groupe terroriste.En juin, nous avons soumis aux membres du Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution sur le décret d’un embargo commercial et économique contre les territoires contrôlés par Daech. Nous proposons également d’établir une coopération pratique multilatérale étroite entre les renseignements pour identifier les États concrets, les personnes physiques et morales ayant des liens économiques avec Daech pour empêcher leur activité criminelle.

 

6 – Sur le reportage d’un groupe de correspondants de VGTRK sous la direction de Evgueni Poddoubny concernant les actions de la coalition américaine en Syrie

télévision russe VGTRKNous avons vu le reportage des correspondants de VGTRK sous la direction du correspondant russe Evgueni Poddoubny, qui travaille actuellement en Syrie. Ces images ont été diffusés aujourd’hui à la télévision par la chaîne Rossiya 24, ainsi que sur internet.

Bien sûr, ces informations doivent être minutieusement vérifiées par les autorités compétentes, y compris internationales. Dans ces reportages, il apparaît que la coalition américaine ne fait pas du tout ce qu’elle a annoncé – c’est-à-dire combattre les terroristes dans le sud de la Syrie – mais poursuit ses propres objectifs. L’un d’eux est la création de sa propre zone d’influence dans ce pays saigné à blanc par la lutte contre le terrorisme. Pour cela, d’après les témoins, on utilise différents instruments allant jusqu’à admettre directement la transmission d’armes étrangères aux combattants, comme cela s’est produit à la base d’al-Tanf dans le sud du pays.

J’appelle à nouveau tout le monde à prendre connaissance de l’investigation de VGTRK.Il est question de données et d’informations fournies par des témoins. Il est possible d’en prendre connaissance. Nous appelons une nouvelle fois toutes les structures internationales à étudier de près ces informations et à en donner une appréciation appropriée.

 

7 – Sur l’évolution de la situation au Yémen

Drapeau-YemenLa situation au Yémen reste extrêmement difficile. Le conflit civil sanglant perdure dans ce pays depuis plus de deux ans. La géographie des activités militaires s’élargit. Les affrontements les plus actifs se déroulent actuellement dans le centre et le sud-ouest du Yémen (les provinces de Marib et de Ta’izz respectivement), ainsi que dans les régions du nord, dont Hajjah, Saada et el-Jawf. Cela se reflète très négativement sur la situation socio-économique, déjà très grave dans le pays.

Nous sommes préoccupés par l’intensité des frappes aériennes de la coalition arabe contre les villes et les villages du Yémen, sachant qu’elles touchent souvent des civils.Ainsi le 25 août, suite à une nouvelle erreur technique, un site civil a été bombardé dans le sud de la capitale yéménite Sanaa, ce qui a entraîné, selon l’Onu, plus de 30 morts parmi les civils. Nous espérons que l’enquête ouverte sur cet incident sera la plus objective et efficace possible et permettra d’éviter de nouvelles victimes parmi la population civile du Yémen.

Moscou considère toujours qu’il n’y a pas d’alternative à la cessation la plus rapide possible de la violence dans ce pays, au règlement de tous les problèmes accumulés dans l’agenda yéménite derrière la table des négociations sous l’égide de l’Onu, dans le cadre d’un large dialogue national en tentant compte des intérêts de tous les Yéménites sans exception. Nous jugeons également nécessaire de respecter rigoureusement, au Yémen, les normes du droit international humanitaire, le soulagement des souffrances des habitants de ce pays, la garantie d’un accès humanitaire sans obstacle à toutes les régions du pays. De son côté, la Russie continuera de contribuer par tous les moyens à ces efforts.

 

8 – Sur l’évolution de la situation en Irak

Flag_of_Iraq_(2004-2008).svgMoscou salue les succès des forces armées irakiennes dans la lutte contre Daech.Dans le même temps, la récente libération de Tal Afar, l’un des derniers bastions terroristes en Irak, ne signifie pas que ce « mal est éradiqué avec la racine ». Encore beaucoup d’efforts seront nécessaires. Des affrontements ont lieu au nord-ouest de Tal Afar dans la localité d’al-Ayadia, la ville de Hawija reste sous le contrôle de Daech. Dans le même temps, la situation humanitaire est alarmante. Plus de 900.000 habitants de Mossoul ont dû fuir dans des régions plus sûres après le début des opérations militaires. Selon les estimations, après la libération de Mossoul près d’un quart sont revenus dans leur maison. Ils ont tous besoin d’aide.

La guerre a mis à nu un autre problème important: les enfants de la guerre. Selon le département irakien de l’Unicef, pendant l’opération de libération de Mossoul près de 3 800 enfants ont été séparés de leurs parents. La Russie tente de découvrir actuellement combien d’entre eux pourraient être russes ou d’origine russe. Au fur et à mesure de leur arrivée dans les orphelinats d’Irak se pose la question de l’identification et de la confirmation des liens de ces enfants avec les parents qui les recherchent. Le Ministère russe des Affaires étrangères travaille en ce sens en sollicitant les efforts de notre Ambassade à Bagdad, du Consulat général d’Erbil, du Conseiller du Président russe et Président du Conseil auprès du Président russe pour le développement de la société civile et des droits de l’homme Mikhaïl Fedotov, de la Déléguée auprès du Président russe aux droits de l’enfant Anna Kouznetsova, et, évidemment, toutes ces actions sont entreprises en coordination étroite avec les autorités irakiennes.

Nous soutenons les démarches du gouvernement irakien pour rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays. La réconciliation nationale et l’entente inter-irakienne doit être un gage de stabilité et de développement constructif.

Nous sommes également convaincus que cet objectif doit être atteint dans le cadre d’un dialogue inclusif dans l’intérêt de tous les Irakiens en s’appuyant sur le respect des principes constitutionnels. Nous partons du fait que les élections législatives qui, nous l’espérons, se dérouleront dans les délais établis par la loi, marqueront une étape importante sur cette voie.

 

9 – Sur l’évolution de la situation sur la péninsule coréenne

 

drapeau sud coréen canstock3754645  drapeau nord coréen index

Drapeau Corée du Sud & Drapeau Corée du Nord

Nous constatons avec regret une nouvelle violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies par la Corée du Nord, qui a effectué le 28 août un lancement de missile dont la trajectoire de vol est passée au-dessus du territoire japonais.

Nous appelons les belligérants à la retenue, à un comportement responsable, à renoncer à la rhétorique et aux actions belliqueuses. La démonstration de force actuelle ne fera que pousser la région vers un conflit armé. Ne vaut-il pas mieux concourir dans un autre domaine? Par exemple chercher le meilleur plan de processus de paix?

Nous notons également qu’à ce jour, seules la Russie et la Chine ont avancé une initiative réaliste pour un règlement politique et diplomatique global des problèmes de la péninsule coréenne, y compris le problème nucléaire. Nous appelons de nouveau les parties impliquées à entamer sans attendre l’établissement d’un dialogue sans conditions préalables sur la base des propositions de la « feuille de route » russo-chinoise.

 

10 – Sur la reconsidération, par les autorités polonaises, de leur décision concernant la participation de la Russie à la création d’un nouveau Musée-Mémorial de Sobibor

 

Drapeau Polognebandeira-polonesa-36142432Le fait que la Pologne a finalement invité la Russie à participer aux activités liées au 75e anniversaire de la révolte dans l’ancien camp de concentration nazi de Sobibor est indéniablement une bonne nouvelle.Cette date est infiniment importante pour notre pays, fait partie intégrante de l’histoire de notre peuple, et est associée aussi bien à la douleur des pertes qu’à la fierté pour la victoire sur le fascisme.

Cependant, les commentaires qui accompagnent l’invitation de Varsovie sont consternants.Ils indiquent que les autorités polonaises continuent obstinément de se justifier de leur refus de permettre à la Russie de participer à part entière au projet de rénovation du musée de Sobibor. Et tout cela a lieu alors même que d’autres pays membres du Comité international de pilotage du projet de Sobibor, notamment Israël, ont soutenu notre participation. Aujourd’hui que tous les pays se sont publiquement prononcés en faveur de la participation de la Russie à ce projet, on voit clairement qui s’y oppose. Les affirmations de Varsovie selon lesquelles la décision de rejet n’était pas négative envers la Russie paraît simplement absurde.

Il ne faut pas induire en erreur le public en affirmant que la Russie aurait demandé de l’inclure parmi les participants au projet relativement récemment. Ce sont des déclarations très étranges. On imagine difficilement que ç’ait été fait intentionnellement car les faits et les documents sont là.

Un bref retour sur la question: en 2013, le Ministère polonais de la Culture a invité la Russie à participer à la rénovation du musée et notre pays a immédiatement fait part de sa disposition à y participer, qui plus est à apporter une contribution financière. Depuis, la Pologne freinait artificiellement le règlement définitif de la question et déclare aujourd’hui que beaucoup de temps s’est écoulé, que le projet touche à sa fin.

La Russie ne cherche pas à participer à la rénovation du musée uniquement, comme l’ont écrit certains médias, « à cause de la personnalité d’Alexandre Petcherski » – officier de l’Armée rouge qui était à la tête de la révolte fatidique dans le camp de concentration. Nous devons le faire pour immortaliser la mémoire de toutes les victimes de ces horribles événements et des prisonniers des camps de concentration nazis.

Nous avons pris connaissance récemment de la déclaration du vice-Ministre polonais de la Culture et du Patrimoine national Jaroslaw Sellin publiée par l’Agence de presse polonaise le 30 août, qui a semé la confusion chez nous. Il dit notamment que la Russie aurait prétendument tardé à répondre. Je répète que certains, y compris les représentants officiels polonais, disaient que la Russie n’avait pas du tout été invitée et qu’au dernier moment la Russie aurait voulu participer elle-même, cassant ainsi tous les plans. Ce n’est pas le cas.

Nous comprenons la nécessité de fournir des faits pour confirmer mes propos, nous vous présentons la copie de la lettre du premier vice-ministre polonais de la Culture et du Patrimoine Piotr Zuchowski et du secrétaire d’État de la chancellerie du Président du Conseil des ministres Władysław Bartoszewski adressée à l’Ambassadeur de Russie en Pologne Alexandre Alexeev, datée du 21 mars 2014. La partie polonaise y invite très explicitement la Russie à participer à ce projet. Cette lettre sera publiée sur les pages officielles du Ministère russe des Affaires étrangères sur les réseaux sociaux.

Je pense que ce document se passe de commentaires. Je souligne à nouveau que ce n’est pas un communiqué de presse russe, mais un document officiel authentique qui a été transmis à l’Ambassade de Russie. Et ce n’est qu’une partie de notre correspondance.

Pour finir, je voudrais dire qu’en juin 2015 nous avons reçu une requête standard des autorités polonaises proposant d’expliquer les modalités de la participation russe au projet.

  • En 2015 également, de concert avec le Ministère russe de la Culture, a été envoyée une réponse à la Pologne pour expliquer en détail les informations concrètes sur la contribution financière approximative de la Russie, ainsi que la liste des organisations et des établissements russes intéressés, dont le Ministère russe de la Culture, le Ministère russe de la Défense, le Ministère russe des Affaires étrangères, les Archives russes, la Société militaire historique russe et le Musée central de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945.

Je répète que ces informations ont été transmises par la Pologne en 2015. Vous comprenez que quand il est question de grandes sommes d’argent et de la participation de structures publiques, tout cela nécessite notre concertation publique interne. Tout cela a été fait. En 2015, tous les aspects de la participation russe, en réponse à l’invitation polonaise, ont été transmis à Varsovie.

A suivre…


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2850802