Entretien avec Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique, spécialiste de l’Amérique Latine.
Depuis le mois d’avril Venezuela s’enfonce dans la crise. La communauté internationale a condamné d’une seule et même voix les agissements du président Nicolas Maduro. Plus de 100 personnes ont perdu la vie lors d’affrontements au Venezuela, ces quatre derniers mois. Le pays a-t-il rompu avec la démocratie, et le président Maduro est-il devenu un dictateur ? Maurice Lemoine nous livre son analyse de cette crise.
Maurice Lemoine, spécialiste de l’Amérique latine propose une lecture différente de la crise vénézuélienne. Selon le journaliste, de retour d’un séjour au Venezuela, le traitement médiatique français du conflit reste orienté et partisan. Entretien.
par -TV5MONDE – Pierre Desorgues
La crise et les violences au Venezuela sont-elles seulement imputables à Nicolas Maduro ? Maurice Lemoine n’en est pas convaincu et rappelle que la polarisation politique du pays remonte à la victoire électorale de Hugo Chavez en 1998. L’élection de Maduro, après la mort de Hugo Chavez, n’a pas été acceptée par la droite vénézuelienne.
On a au Venezuela une alliance de la droite et de l’extrême droite
Maurice Lemoine, journaliste spécialiste de l’Amérique Latine
L’opposition, au lendemain de sa victoire aux élections législatives en 2016 se serait donnée six mois pour renverser le président Maduro, pourtant élu démocratiquement, selon Maurice Lemoine. De ce procès en légitimité démocratique de Chavez, puis de Nicolas Maduro, naît un conflit extrêmement dur entre les pouvoirs législatifs et exécutifs, qui a débouché en violence insurectionnelle, selon le spécialiste de l’Amérique latine. La droite vénézuélienne ne ressemble en rien aux droites et mouvements politiques conservateurs des démocraties occidentales. « On a au Venezuela une alliance de la droite et de l’extrême droite » avec une volonté manifeste de déstabiliser politiquement le pays, souligne le journaliste.
Le pétrole en question
Le secteur privé du pays n’a jamais également accepté le role prépondérant de l’Etat dans l’économie depuis l’arrivée de Hugo Chavez au pouvoir, selon Maurice Lemoine. Le Venezuela est le onzième producteur mondial de pétrole. Hugo Chavez et Nicolas Maduro n’ont pas réussi à sortir le pays de sa dépendance aux pétro-dollars qui représentent 96 pour cent des revenus du pays selon l’OPEP pour l’année 2016.
Il y a un sabotage des reseaux de distribution par le secteur privé
La chute brutale des cours du pétrole — divisés par trois en deux ans — a plongé le pays dans une grave crise économique. Le manque de devises a accentué la crise melant recession, inflation et pénuries alimentaires ou de médicaments. La chute des cours n’explique pourtant pas à elle seule ces difficultés selon Maurice Lemoine :
« On oublie que lors de l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le baril était également au plus bas et il n y’ avait pas de queues devant les magasins. Nous sommes aujourd’hui dans une opération de déstabilisation économique. Le secteur privé se retourne vers l’État pour changer ses bolivar en devises pour pouvoir importer. L’industrie pharmaceutique en 2004 a reçu 608 millions de dollars en 2004 pour pouvoir acheter des médicaments de l’étranger. Il n’y avait pas à l’époque une pénurie de médicaments. En 2014, le secteur a reçu 2,4 milliards de dollars et pourtant il y a une vrai pénurie de médicaments aujourd’hui« , indique l’ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique. « Il y a un sabotage des réseaux de distribution par le secteur privé (…) proche idéologiquement de l’opposition«
ajoute Maurice Lemoine.
Des victimes des deux côtés
La critique que l’on peut faire est que des manifestants ont été jugés par des tribunaux militaires
La question de la répression des opposants pose toutefois la question de la nature du pouvoir vénézuélien. L’ONG Foro Penal chiffre à 676 le nombre de prisonniers politiques depuis le début des manifestations en avril.
- Leopoldo Lopez, fondateur du parti de droite, « Voluntad Popular » a été incarcéré et condamné à 14 ans de prison. Pour le journaliste,
- « Leopoldo Lopez a été incarcéré pour 14 ans parce qu’en 2014 il a déclenché des manifestations qui ont fait 43 morts et 800 blessés à l’époque. On peut comprendre que dans un état de droit cet homme ait à faire face à la justice. Les 125 morts de la vague de violence ne sont pas toutes des victimes de Maduro« , explique le journaliste.
- « Onze policiers et gardes nationaux ont été tués par balles. La critique que l’on peut faire est que des manifestants ont été jugés par des tribunaux militaires« , estime le journaliste.
- La liberté de la presse est-elle respectée au Venezuela ? Maurice Lemoine montre les parutions quotidiennes de journaux d’opposition comme Tal Cual, Zeta ou El Universal… et répond par l’affirmative.
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Moi je ne suis pas allé au Venezuéla, pas mal de journalistes de la télé non plus, celui là oui il en revient<<<<<<< écoutons le .
φ *LIP CARON*
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Bonjour
Un journaliste au Venezuela ne peut qu’être en accord avec le pouvoir en place….Prenez Mr. de la villardière qui a voulu faire 1 deuxième reportage au Venezuela , il a été bloqué à la frontière et renvoyé en France car son premier reportage montrait la situation du peuple au Venezuela…Arrêtez de diffuser cette propagande pro maduro car le peuple se meurt….vous parlez de 11 gardes civils blessés !!!! Il y a eu plus de 120 MORTS depuis le mois d’avril parmi les manifestants….Et les 11 blessés de la « garde civile » s’il s’agit de la milice…rien d’étonnant….ils terrorisent la population avec leurs armes fournies par le gouvernement…
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Bonjour
Mr. Lemoine est-il sorti de son hôtel au Venezuela ? A-t-il rencontré les gens du peuple ?A-t-il vu les Vénézuéliens qui mangent dans les poubelles ? A-t-il vu les rayons vides dans les magasins ?
Le Venezuela a été saigné à blanc par le » chavisme ou le madurisme « ….La corruption du système politique et militaire ( + police ) est telle qu’il vaut mieux avoir à faire à un voyou qu’à un représentant de l’Etat.
Enfin Mr. Lemoine a-t-il vu la milice armée en moto ( Cuba + Colombie ) que le gouvernement finance et qui terrorise TOUTE la population.
La peur règne sur le Venezuela…et les élection sont truquées ou au mieux les Vénézuéliens sont contraint à voter pour les mesures du gouvernement ( TOUTE la fonction publique )….et comment les Vénézuéliens exilés peuvent-il apparaître sur les listes électorales locales alors qu’ils ne sont pas présents dans le pays ?
Mr. Lemoine merci de discuter avec le peuple Vénézuélien afin de publier des articles » vrais » sur la situation de ce pays magnifique ruiné par la politique.
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