2014 – USA & Pologne … les retrouvailles

1- Le discours de Varsovie a dégagé une doctrine Trump qui dément les accusations de proximité avec Poutine et la Russie

2- Pologne : plutôt sortir de l’UE que prendre les immigrants imposés par Bruxelles

3- Discours Intégral de Donald Trump à Varsovie le 7 juillet 2017

4- Pourquoi la Pologne mise sur Donald Trump

2017.07.16 Le président polonais Andrzej Duda accueille le président Donald Trump Varsovie cover-r4x3w1000-595e10b69dbbf-polish

Les Présidents Trump & Duda* à Varsovie

1- Le discours de Varsovie a dégagé une doctrine Trump qui dément les accusations de proximité avec Poutine et la Russie

12 juillet 2017 17 h 05 min·

 

Trump discours Varsovie Poutine Russie

Alors que les médias américains, britanniques et français s’obstinent à percevoir une trop grande proximité entre Donald Trump et Vladimir Poutine et la Russie, les alliés du flanc oriental de l’OTAN ont été pleinement rassurés par le discours de Varsovie du président américain. Ce discours peut d’ailleurs être lu en français au point 3 … afin que chacun en juge par lui-même puisque les grands médias occidentaux ont préféré en parler le moins possible, quitte à inventer, pour masquer un événement sans doute historique, une prétendue poignée de main refusée à Donald Trump par la première dame polonaise.

Le discours de Varsovie a définitivement rassuré les Polonais toujours très méfiants vis-à-vis de Vladimir Poutine

Certes, au moment des élections américaines, les conservateurs polonais, qualifiés comme Donald Trump de « populistes » par les grands médias, étaient plutôt méfiants. Le candidat républicain avait tenu des propos conciliants sur la Russie et avait parlé de l’OTAN comme d’une organisation obsolète (sans toutefois remettre en cause sa raison d’être, contrairement à ce qui a été dit). D’un autre côté, avec Obama les États-Unis faisaient de la diplomatie LGBT et pro-immigration de masse, et le sentiment général au sein de la droite polonaise était qu’avec Donald Trump, il y avait malgré tout des chances d’évolution positive dans l’attitude de Washington. Cet espoir s’était trouvé conforté par les premiers mois de la présidence Trump, mais avec le discours prononcé le 6 juillet à Varsovie, le président américain a définitivement rassuré non seulement les Polonais, mais aussi l’ensemble des pays d’Europe centrale et orientale auxquels il s’est également adressé.

Pour illustrer cela, le site Breitbart News a interrogé des sources gouvernementales à Varsovie qui ont confirmé l’enthousiasme des Polonais après la visite du président américain et le sentiment général que les États-Unis se tiennent fermement aux côtés de la Pologne et des autres pays de la région.

Ce n’est pas surprenant, puisque Donald Trump a salué au début de son discours la présence de 5.000 soldats américains en Pologne et confirmé ensuite les engagements des États-Unis dans le cadre de l’obligation de défense collective prévue par le traité de l’Atlantique nord.

Sans donner de leçons de morale comme son prédécesseur, Donald Trump ne cède rien à la Russie

Alors certes, Donald Trump a appelé la Russie à se joindre au concert des nations responsables pour lutter contre l’ennemi commun (l’islamisme), mais il avait d’abord rappelé le rôle déstabilisant de la politique de Moscou en Ukraine. Un rappel confirmé par sa rencontre avec Vladimir Poutine au G20 de Hambourg, puisque Donald Trump refuse de discuter de la levée des sanctions contre la Russie tant que le problème ukrainien n’aura pas été résolu.

Si le nouveau président américain soulève aujourd’hui beaucoup plus d’enthousiasme que l’ancien chez des conservateurs polonais qui comptent parmi les plus atlantistes du continent européen, c’est parce que la doctrine Trump qui se dégage du discours de Varsovie allie garanties concrètes face à la Russie et appel à défendre l’Occident contre les dangers de l’islam radical et de la perte des valeurs chrétiennes et patriotiques. C’est ce deuxième volet qui déplaît aux grands médias des deux côtés de l’Atlantique, et sans doute cela ne peut-il que les inciter à continuer, pour le discréditer, de faire croire à un Trump aidé par Poutine.

Olivier Bault
Andrzej Duda* – Président de la République de Pologne
Andrzej Sebastian Duda, né le 16 mai 1972 à Cracovie, est un homme d’État polonais, président de la République depuis 2015. Wikipédia
 
Date et lieu de naissance : 16 mai 1972 (45 ans), Cracovie, Pologne
Épouse : Agata Kornhauser-Duda (m. 1994)
Date D’entrée En Fonction : 6 août 2015
Enfants : Kinga Duda
Parents : Jan Tadeusz Duda, Janina Milewska-Duda
Parti Politique : Droit et justice

http://reinformation.tv/trump-discours-varsovie-poutine-russie-bault-72626-2/


2- Pologne : plutôt sortir de l’UE que prendre les immigrants imposés par Bruxelles

2017.07.16 Pologne-UE

Par Olivier Bault. – 12/07/2017

PologneLa question ne se pose pas vraiment, puisque les traités européens réservent à chaque pays le droit d’accepter sur son sol les immigrants de son choix, mis à part pour les immigrants d’autres pays de l’UE bénéficiant du régime de la libre circulation.

Malgré tout, dans un pays où, comme dans toute l’ex-Europe de l’Est, l’adhésion au projet européen est particulièrement élevée (ce qui n’empêche pas un regard critique sur les dérives de ce projet), il est intéressant de savoir ce que choisiraient les Polonais s’ils devaient choisir entre prendre les immigrants dans le cadre du plan de relocalisation forcée (depuis l’Italie et la Grèce) ou sortir de l’UE.

Ou même, puisqu’il a été question de supprimer les fonds européens aux pays récalcitrants, et notamment à la Pologne, à la Tchéquie et à la Hongrie, que répondraient les Polonais si on leur adressait un ultimatum du style : si vous ne prenez pas d’immigrants, on vous supprime les subventions européennes (ce qui serait tout à fait illégal au regard des traités mais qui a été suggéré par des gens haut placés à Berlin, Paris et Bruxelles).

Un sondage IBRiS pour l’hebdomadaire gaucho-libertaire et européiste Polityka a été publié le 5 juillet dernier, qui répond à ces questions. En voici les résultats :

Première question : « La Pologne doit-elle refuser l’accueil des réfugiés en provenance de pays musulmans même si cela devait entraîner la perte des fonds européens ? »

– OUI: 56,5 % (dont 48,6 % de « oui » et 7,9 % de « plutôt oui »).
– NON: 40,4 % (dont 31,4 % de « non » et 9 % de « plutôt non »).
(pourcentage d’indécis : 3,1 %)

Deuxième question : « La Pologne doit-elle refuser l’accueil des réfugiés en provenance de pays musulmans même si cela devait entraîner la nécessité de quitter l’Union européenne ? »

 OUI: 51,2 % (dont 33,4 % de « oui » et 17,8 % de « plutôt oui »).
– NON: 37,6 % (dont 27,6 % de « non » et 10 % de « plutôt non »).
(pourcentage d’indécis : 11,2 %)

Précision : sondage réalisé en juin sur un échantillon de 1000 personnes.

On notera au passage que l’hebdomadaire Polityka, favorable à l’accueil des immigrants et au multiculturalisme, a tenté d’orienter les réponses en parlant de « réfugiés » plutôt que de « demandeurs d’asile », puisque les immigrants concernés par le programme de relocalisation sont des personnes qui ont demandé l’asile (ce que font tôt ou tard tous les immigrants clandestins pour ne pas se faire expulser) et non pas des personnes qui l’ont obtenu. On peut supposer que sans cette manipulation il y aurait eu pour les deux questions une proportion encore plus importante de « OUI ».

C’est la première fois qu’un institut de sondage s’intéressait à la question de savoir jusqu’où les Polonais étaient prêts à aller dans leur refus du modèle immigrationniste et multiculturaliste que l’Europe occidentale voudrait imposer à l’Europe centrale et orientale.

Un sondage de mai réalisé par l’institut OBOP (sur un échantillon de 1004 personnes) et publié par la chaîne publique d’information en continu TVP Info montrait simplement que 73 % des Polonais étaient contre l’accueil des réfugiés et immigrants musulmans (46 % tout à fait contre et 27 % plutôt contre) quand on leur posait la question suivante : « Selon vous, la Pologne devrait-elle accueillir les réfugiés et immigrants musulmans ? »

Cette opposition à la relocalisation des immigrants arrivés illégalement en Grèce et en Italie (même si c’est avec l’aide des navires européens) se traduit en termes de popularité du PiS. Après un passage à vide au début du printemps, le PiS atteignait pour la première fois 41 % (contre 26 % pour le parti libéral PO de Donald Tusk) dans un sondage IPSOS commandé fin juin par le journal libéral-libertaire Gazeta Wyborcza.

C’était au moment où la Commission européenne venait d’annoncer le lancement d’une procédure de sanctions contre la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie pour leur refus du programme de relocalisation des immigrants. Ainsi, si Bruxelles continue sur cette voie, elle pourrait permettre au parti conservateur PiS de gagner haut la main les prochaines élections, peut-être même avec une majorité constitutionnelle. Le PO pâtit en effet de ses déclarations contradictoires sur la question de l’accueil des immigrants illégaux. C’est d’ailleurs très probablement grâce à l’engagement pris en septembre 2015 par le premier ministre PO Ewa Kopacz (qui avait remplacé Donald Tusk après le départ de ce dernier à Bruxelles) de prendre 7000 immigrants dans le cadre du programme de relocalisation que le PiS, fermement opposé à ce programme, a pu obtenir la majorité absolue au parlement polonais aux élections du 25 octobre 2015. C’était la première fois depuis la chute du communisme en Pologne qu’un parti obtenait à lui seul la majorité absolue au parlement.

Le gouvernement de Beata Szydło a donc tout intérêt à continuer de résister, surtout qu’il a avec lui sur ce sujet la plupart des pays d’Europe centrale et orientale et qu’il a reçu un soutien appuyé des États-Unis avec le discours prononcé par Donald Trump le 6 juillet à Varsovie. Un discours où le président américain a appelé les peuples d’Europe à se battre pour leur famille, pour leur patrie, pour leur civilisation et pour Dieu ! Ceci explique d’ailleurs pourquoi les médias mainstream français ont préféré, pour que cela ne se sache pas trop, relayer le fake news de l’épouse du président polonais qui aurait refusé de serrer la main du président Trump.


https://visegradpost.com/fr/2017/07/12/pologne-plutot-sortir-de-lue-que-prendre-les-immigrants-imposes-par-bruxelles/


3- Discours « intégral » de Donald Trump à Varsovie le 7 juillet 2017

2017.07.16 Dans son discours à Varsovie, M. Trump évoque la menace terroriste et l'islamisme radical, et explique que l'Europe doit se demander si elle a «la volonté ... Trump-Varso

Les Etats Unis ont d’excellents diplomates mais il n’y a pas de meilleur ambassadeur de notre pays que notre admirable Première Dame Melania. Nous sommes venus rencontrer le peuple polonais avec un très important message : L’Amérique adore la Pologne, l’Amérique aime les Polonais. Ils ont fait beaucoup pour la région. Les Américains d’origine polonaise ont enrichi les Etats Unis et je suis fier de leur soutien pendant les élections en 2016.

C’est un grand honneur de se trouver dans cette ville – devant le monument de l’Insurrection de Varsovie – et de s’adresser au peuple polonais dans une Pologne libre, forte et en sécurité, ce dont rêvaient de nombreuses générations. Le président Duda et l’admirable Première Dame polonaise Agata, ainsi que le Premier Ministre Mme Beata Szydło, nous ont réservé un accueil hors pair, avec courtoisie, chaleur et cordialité dont la Pologne est célèbre dans le monde entier. Nous nous réjouissons aussi de la présence parmi nous de Lech Wałęsa, ancien président et célèbre leader de Solidarność. Au nom de tous les Américains je remercie tout le peuple polonais pour l’hospitalité manifestée à nos soldats présents dans Votre pays. Ils défendent non seulement la liberté, ils sont aussi un symbole de l’engagement de l’Amérique afin d’assurer à la Pologne la sécurité et une place dans une Europe forte et démocratique. Nous sommes fiers de la présence avec nous aujourd’hui des soldats américains, polonais, anglais et roumains.

Nous venons de participer avec le président Duda à la très réussie rencontre avec les dirigeants des pays de la région qui s’étend de la Baltique à l’Adriatique et la Mer Noire. Je voudrais dire aux habitants de cette magnifique région que l’Amérique veut élargir la coopération avec Vous. Nous allons renforcer le partenariat et l’échange commercial avec Vos pays en pleine croissance. Nous tenons à vous assurer l’accès aux sources alternatives d’énergie afin que la Pologne et ses voisins ne soient plus l’otage de l’unique fournisseur d’énergie. Monsieur le Président, Madame la Présidente de Croatie, je vous félicite d’être à la tête de cette historique initiative d’intégration régionale.

C’est ma première visite en Europe Centrale en tant que président – je suis ravi qu’elle ait lieu justement ici, dans ce merveilleux pays. La Pologne se trouve au cœur géographique de l’Europe et le peuple polonais reflète l’âme de l’Europe. Votre nation est grande par la force de votre magnifique âme. Pendant deux siècles la Pologne était régulièrement victime de brutales agressions. Les envahisseurs avaient beau occuper vos terres et rayer le nom du pays des cartes d’Europe, ils n’ont jamais réussi à effacer la Pologne de l’histoire ni de vos cœurs. Vous n’aviez plus de pays à cette époque sombre mais vous n’avez jamais perdu votre fierté. C’est pourquoi je dis aujourd’hui avec une véritable admiration : la Pologne vit, la Pologne se développe, la Pologne triomphe, à travers ses champs de campagne, ses places et ses somptueuses cathédrales. Vous êtes la fière nation de Copernic, de Chopin et de saint Jean Paul II. La Pologne est un pays des héros. Vous êtes une nation qui sait ce qu’elle défend.

Le triomphe de l’âme polonaise à travers les siècles qui ont durement éprouvé le pays, nous donne l’espoir d’un avenir où le bien remporte sur le mal et la paix triomphe sur la guerre. Pour les Américains, depuis le début de l’histoire de notre nation, la Pologne symbolisait toujours l’espoir.

Les héros polonais ont combattu aux côtés des patriotes américains pendant la guerre de l’Indépendances ainsi que pendant d’autres guerres. Actuellement nos soldats combattent les ennemis de la civilisation en Afghanistan et en Irak.

L’Amérique n’a jamais renoncé – et ne renoncera jamais à la liberté et l’indépendance comme droit et destin de la nation polonaise.

Nos deux pays sont unis par des liens particuliers, crées par l’histoire et le caractère exceptionnels de la nation. Ce genre de communauté existe uniquement entre les gens qui combattaient, qui versaient leur sang et qui mourraient pour la liberté. Les symboles de cette amitié sont visibles dans la capitale de l’Amérique. A quelques pas seulement de la Maison Blanche, nous avons érigé les monuments qui commémorent les personnages comme Pułaski et Kościuszko. Il en est de même à Varsovie où les tablettes avec les noms de rues commémorent Georges Washington, où l’on peut voir la statue de Ronald Reagan, un des plus grands héros du monde.

Je suis ici donc non seulement pour rendre visite à un vieil allié, mais pour le montrer comme exemple à tous ceux qui tiennent à la liberté et qui veulent trouver courage et volonté de défendre notre civilisation. L’histoire de Pologne c’est l’histoire de la nation qui n’a jamais perdu l’espoir, qui ne s’est jamais laissée briser et qui n’a jamais oublié ce qu’elle est. Vous êtes une nation de plus de mille ans d’histoire. Les frontières de votre Etat étaient effacées pendant plus d’un siècle – vous les avez recouvrées il y a à peine 100 ans.

  • En 1920, pendant la bataille qui porte le nom du Miracle de la Vistule, la Pologne a stoppé l’armée soviétique qui voulait envahir l’Europe.
  • Dix-neuf ans plus tard, en 1939, vous avez été de nouveau agressés – à l’Ouest par l’Allemagne nazie, et à l’Est par l’Union Soviétique.
  • La double occupation a infligé à la nation polonaise une géhenne indescriptible : crime de Katyń, Holocauste, soulèvement du Ghetto de Varsovie, Insurrection de Varsovie, destruction de la belle capitale et extermination d’un cinquième de la population.
  • La brutale occupation a fait d’innombrables victimes. L’extermination systématique par les nazis des juifs polonais, a réduit quasiment à zéro la florissante communauté juive – la plus importante en Europe.
  • En été 1944 les armées hitlérienne et soviétique se préparaient à la terrible et sanguinaire bataille de Varsovie. Les Polonais se sont mis à défendre leur Patrie, au milieu de l’enfer sur terre qu’on leur a préparé. C’est un immense honneur pour moi de me trouver aux côtés des vétérans et des héros de l’Insurrection de Varsovie. Nous rendons les honneurs à Votre sacrifice et nous promettons de ne jamais oublier Votre lutte pour la Pologne et pour la liberté. Ce monument nous rappelle que plus de 150 mille Polonais ont péri dans cette lutte désespérée contre l’oppression. L’armée soviétique s’est arrêtée de l’autre côté de la Vistule et attendait en regardant les nazis raser la ville et assassiner cruellement hommes, femmes et enfants. Ils voulaient anéantir à jamais cette nation en tuant sa volonté de survie. Mais personne n’a réussi à détruire le courage et la force qui déterminent le caractère des Polonais. L’évêque Michał Kozal, martyr polonais (mort à Dachau) l’a bien exprimé : « L’effondrement de l’âme est plus effrayant qu’une bataille militaire perdue ».

Pendant quatre décennies de gouvernance communiste, la Pologne et d’autres nations asservies en Europe ont résisté à la brutale campagne de destruction de liberté, de Votre foi, de Vos droits, de Votre histoire, de Votre identité – de tout ce qui constitue l’essence de Votre culture et de l’humanité.

Mais vous n’avez jamais perdu votre âme pendant toute cette période. Les oppresseurs ont essayé de vous briser mais ils n’ont pas pu briser la Pologne.

  • Lorsque le 2 juin 1979 la première messe avec le pape polonais a rassemblé un million de Polonais, ce jour-là chaque communiste à Varsovie devait se rendre compte que le régime oppresseur allait bientôt s’effondrer. Ils l’ont compris au moment de l’homélie du pape Jean Paul II quand un million de Polonais – hommes, femmes et enfants – a entamé la prière.

    Ils ne demandaient ni richesses ni privilèges. Ils ont prononcé tout simplement trois mots du chant : « Nous voulons Dieu ». Avec ces paroles la nation polonaise évoquait la promesse d’un avenir meilleur. Les Polonais ont retrouvé en eux un nouveau courage pour s’opposer aux persécuteurs.

    Ils ont retrouvé les paroles prometteuses que la Pologne sera de nouveau la Pologne. Aujourd’hui, quand je suis devant cette nation pleine de foi, j’entends toujours l’écho de ces paroles qui reviennent. Elles portent le message qui est aussi vrai maintenant qu’autrefois. La nation polonaise, la nation américaine et les nations européennes crient toujours : NOUS VOULONS DIEU. Ensemble avec Jean Paul II, les Polonais ont renforcé leur identité d’une nation consacrée à Dieu. Grâce à cette déclaration forte d’identité vous aves compris ce qu’il faut faire. Unis par la solidarité vous vous êtes opposés à l’oppression, aux actions illégales de la police secrète, au système cruel et méprisable qui appauvrissait Vos villes et Vos âmes. Et vous avez gagné. La Pologne a gagné. La Pologne gagnera toujours ! L’alliance forte des nations libres de l’Occident qui se sont opposées à la tyrannie, vous a soutenu dans cette victoire sur le communisme. Aujourd’hui la Pologne fait partie des membres les plus fidèles de l’OTAN, en revenant à sa place de leader de l’Europe qui est fort, indivisible et libre. La Pologne forte est une bénédiction pour les nations de l’Europe, c’est connu de tout le monde. Et l’Europe forte est une bénédiction pour l’Occident et pour le monde entier.

Cent ans après l’engagement de l’armée américaine dans la Première Guerre Mondiale, l’union transatlantique entre les Etats Unis et l’Europe est plus forte que jamais. Le spectre du communisme ne menace plus ce continent.

Mais aujourd’hui l’Occident doit faire face aux autres menaces sérieuses pour notre sécurité et notre façon de vivre. Ce sont des menaces réelles que nous combattrons. Et nos vaincront très certainement. Nous devons faire face à une autre idéologie qui a pour but d’exporter l’extrémisme et le terrorisme dans monde entier. L’Amérique et l’Europe sont régulièrement victimes d’attentats terroristes. Nous les arrêterons.

Pendant la rencontre historique en Arabie Saoudite j’ai appelé les dirigeants de 50 pays musulmans à s’unir afin de d’éradiquer cette menace qui met en danger l’humanité toute entière.

Nous devons nous unir face aux ennemis communs et les priver de territoire, de financement, de réseau et de toute forme de soutien idéologique. Nous accueillerons toujours de nouveaux citoyens qui partagent nos valeurs et qui aiment nos gens mais nos frontières resteront toujours fermées au terrorisme et à l’extrémisme. Nous combattons vraiment le radical terrorisme islamiste. Et nous gagnerons cette bataille. Nous ne pouvons pas accepter ceux qui se servent de la haine pour justifier la violence qui vise les innocents.

Actuellement l’Occident doit faire face aussi aux forces qui cherchent à éprouver notre volonté, à ébranler notre détermination et à menacer nos intérêts. Nous devons adapter notre alliance et la rendre compétitive dans de nouveaux champs de bataille, dans de nouvelles formes d’agression telles que : propagande, criminalité financière et cyberattaques.

Nous appelons la Russie à arrêter leurs agissements qui déstabilisent l’Ukraine et d’autres pays, à arrêter de soutenir les régimes ennemis en Syrie et en Iran et à rejoindre la communauté des nations responsables qui combattent l’ennemi commun en défendant la civilisation.

2017.07.16 Trump en Pologne 8b04315138c2505fa6622ae9c92810c1

Nos citoyens des deux côtés de l’Atlantique doivent affronter encore un autre danger et on peut y arriver.

  • Ce danger est invisible pour certains mais connu pour les Polonais. Il s’agit de la croissance excessive de la bureaucratie gouvernementale qui enlève aux gens leur volonté d’action et de richesse. L’Occident a réussi non pas grâce à la bureaucratie et aux régulations mais parce que les gens ont pu poursuivre leurs rêves et les réaliser.

    Les Américains, les Polonais et les autres nations européennes apprécient la liberté individuelle et la souveraineté. Nous devons travailler ensemble afin de contrer les forces pouvant venir de l’intérieur aussi bien que de l’extérieur, du Sud ou de l’Est, qui peuvent mettre en danger ces valeurs et rompre les liens de la culture, de la foi, de la tradition, et qui déterminent notre identité. Si nous ne les controns pas, ces forces nous enlèveront le courage, affaibliront notre âme et notre volonté indispensables pour défendre nous-mêmes ainsi que nos sociétés.

    Mais comme nos ennemis l’ont appris dans le passé en Pologne, nous savons que ces forces sont vouées à l’échec. Elles sont vouées à l’échec non pas parce que notre alliance est forte, nos pays sont résistants et notre puissance est inégalable, même si tout cela est vrai. Nos adversaires ne peuvent pas réussir car nous n’oublions jamais QUI NOUS SOMMES. Si nous n’oublions pas personne ne nous vaincra. Les Américains n’oublieront pas. Les nations de l’Europe n’oublieront pas.

     

  • Nous sommes la communauté la plus libre et la plus fabuleuse que le monde a connue.
  • Nous composons des symphonies, nous cherchons des innovations.
  • Nous rendons les honneurs à nos anciens héros, nous cultivons nos vieilles traditions, nous cherchons toujours et nous découvrons de nouvelles possibilités.
  • Nous récompensons les brillants talents, nous vison la perfection et nous adorons les chefs d’œuvre qui inspirent et rendent grâce à Dieu.
  • Nous apprécions l’Etat de droit et nous défendons la liberté d’expression.
  • Nous soutenons les femmes qui sont les piliers de notre société et de notre succès.
  • Nous mettons au centre de notre vie la foi et la famille, et non le pouvoir ni la bureaucratie.
  • Nous soumettons tout au débat.
  • Nous voulons tout connaître afin de mieux connaître soi-même.
  • Avant tout nous estimons la dignité de vie de chaque être humain, nous défendons les droits de chaque homme et nous partageons l’espoir de vivre en liberté qui se trouve à l’intérieur de chaque âme humaine.

Voilà qui nous sommes.

  • Les liens qui nous unissent en tant que nations, en tant qu’alliés et en tant que civilisation, sont inestimables.
  • Ce que nous possédons nous l’héritons de nos ancêtres, cela n’existait nulle part auparavant.
  • Vous le savez mieux que quiconque car nous sommes aux côtés des héros de ces événements-là.

Si nous n’arrivons pas à protéger cet héritage, il ne pourra jamais renaître à nouveau. Il nous est donc interdit de le perdre. Il existe encore un élément commun qui unit cette communauté internationale : c’était LA NATION et non les puissants de ce monde qui constituait le fondement de notre liberté et la pierre d’angle de notre force. La nation constituait le fondement de ces valeurs en Pologne, ici à Varsovie et en Amérique depuis le début de son existence.

  • Si les citoyens de nos pays ont combattu ensemble pour la liberté, s’ils ont survécu les horreurs des guerres, s’ils résistaient ensemble au mal, c’est pour ne pas anéantir cette liberté par manque de fierté et de foi en valeurs que nous partageons.
  • Nous ne l’avons pas permis et nous ne le permettrons pas.
  • Tant que nous savons d’où nous venons, nous saurons aussi où aller.
  • Les Américains sont conscients qu’une forte alliance de pays libres, souverains et indépendants constitue le meilleur moyen de défendre nos libertés et nos intérêts.
  • C’est pourquoi mon Administration exige de tous les membres de l’OTAN d’honorer pleinement leurs engagements financiers, établis de manière équitable.
  • Cette position a déjà produit quelques milliards de dollars supplémentaires.

A mon avis, ces milliards ne seraient pas venus autrement. Je voudrais rappeler à ceux qui critiquent notre position ferme que les Etats Unis ont fermement soutenu l’article 5 des engagements multilatéraux de défense, non seulement en parole mais SURTOUT PAR LES ACTES.

Il est facile de lancer des paroles mais ce qui compte ce sont LES ACTES. L’EUROPE DOIT FAIRE PLUS pour son propre bien.

Elle doit démontrer qu’elle croit en son avenir en y investissant SES PROPRES CAPITAUX.

C’est pourquoi nous applaudissons la décision de la Pologne d’acheter aux USA des systèmes de défense aérienne et antimissile PATRIOT qui ont fait leurs preuves dans les combats. Ce sont les meilleurs systèmes au monde. C’est pourquoi nous apprécions le fait que la nation polonaise est une des rares au sein de l’OTAN à remplir les besoins en investissements nécessaires pour la défense commune. Merci, la Pologne, d’être un modèle à suivre pour les autres pays membres de l’OTAN.

La défense ce ne sont pas seulement des engagements financiers, c’est aussi un engagement de VOLONTE. L’histoire de la Pologne nous apprend que la défense de l’Occident ne dépend pas finalement de l’argent mais de la volonté de la nation de survivre. Ici se pose la question essentielle de notre temps :

  • l’Occident a-t-il LA VOLONTE de survivre ?
  • Croyons-nous suffisamment en notre système de valeurs pour le défendre à tout prix ?
  • Accordons-nous suffisamment de respect à nos citoyens pour défendre les frontières dans lesquelles ils vivent ?
  • Aurons-nous suffisamment de volonté et de courage pour défendre notre civilisation face à ceux qui essayent insidieusement de l’anéantir ?

Même les plus grandes puissances et les armes de destruction massive ne serviront à rien en absence de la famille et d’un système solide de valeurs. J’invite ceux qui ont oublié leur importance à rendre visite au pays qui ne l’a pas oublié – qu’ils viennent en Pologne.

  • Qu’ils viennent ici, à Varsovie afin de connaître l’histoire de l’Insurrection de Varsovie.
  • Qu’ils apprennent l’histoire des Allées de Jérusalem. En août 1944, comme aujourd’hui, cette avenue était l’une des principales artères dans l’axe Est-Ouest. L’un des enjeux de la bataille de Varsovie pour les deux parties, était de garder son contrôle. Pour l’armée allemande c’était le chemin le plus court pour se déplacer sur le front. Pour les militants de l’Armée Polonaise de l’Intérieur (AK) la possibilité de pénétrer les quartiers Nord et Sud à travers cette avenue était capitale pour maintenir de Centre-ville, ce qui était indispensable pour continuer l’Insurrection. Chaque nuit les Polonais, en dépit des tirs d’armes automatiques apportaient des sacs de sable afin de défendre ce petit passage à travers l’avenue de Jérusalem. Mais tous les jours l’ennemi brisaient les sacs. Alors les Polonais ont fait une tranchée, puis une barricade. Ainsi les vaillants insurgés ont pu traverser cette artère, ce qui a été décisif pour la continuation de l’Insurrection. Les habitants et les insurgés traversaient ce passage étroit en courant, en risquant leur vie afin de porter secours à leur ville.

    « C’étaient seulement quelques mètres » – racontait une jeune femme qui s’appelait Greta. « Ce fragment de rue extrêmement dangereux était imbibé de sang d’insurgés, de femmes relais et de courriers ». Les snipers les prenaient pour cibles. Les soldats d’ennemi brûlaient chaque maison et utilisaient les Polonais comme boucliers humains de leurs tanks pour attaquer une barricade. L’ennemi attaquait sans cesse ce petit fronton de la civilisation et les Polonais ne s’arrêtaient pas de le défendre. Ce petit passage à travers l’avenue de Jérusalem exigeait une défense permanente, des réparations et des fortifications. Mais la volonté des défenseurs était inébranlable, même face à la mort ; le passage existait jusqu’aux derniers jours de l’Insurrection. Il n’a jamais été oublié et, grâce aux Polonais, il était toujours accessible. La mémoire des victimes de cet héroïque événement nous appelle durant les décennies, et les souvenirs des défenseurs du passage de l’avenue de Jérusalem sont toujours très vivants. Ces héros nous rappellent que l’Occident a été sauvé grâce au sang des patriotes et que chaque génération a un rôle à jouer dans cette défense. Et que chaque pouce de terre, chaque centimètre de notre civilisation mérite d’être défendu.

    Notre défense de l’Occident ne commence pas sur un champ de bataille – elle commence dans nos esprits, nos âmes et notre volonté. Aujourd’hui les liens qui soudent notre civilisation ont toujours la même importance et demandent la même ardeur dans la défense – que ce pouce de terre sur laquelle se concentrait l’espoir de la Pologne d’exister. Notre liberté, notre civilisation et notre survie dépendent justement de ces liens d’histoire, de culture et de mémoire.

    Aujourd’hui comme toujours, la Pologne est dans nos cœurs pendant que sa nation lutte. Je déclare aujourd’hui au monde que PERSONNE NE BRISERA JAMAIS LA VOLONTE DE L’OCCIDENT, comme on n’a pas réussi à briser la volonté de la Pologne.

    Le système de nos valeurs VAINCRA. Nos nations S’EPANOUÏRONT et notre civilisation TRIOMPHERA. Donc combattons tous comme les Polonais – pour LA FAMILLE, LA LIBERTE, LA PATRIE et pour DIEU.

    Je vous remercie. Que Dieu vous bénisse ! Que Dieu bénisse la Nation Polonaise ! Que Dieu bénisse nos alliés ! Que Dieu bénisse les Etats Unis d’Amérique !


Source/ http://niezalezna.pl/102025-discours-de-donald-trump-varsovie-le-7-juillet-2017


4- Pourquoi la Pologne mise sur Donald Trump

  • David Cadier – 6 juillet 2017     

Beata Szydło – Depuis 2015 -Beata Maria Szydło et présidente du Conseil des ministres depuis 2015. Députée à la Diète de la République de Pologne depuis 2005, elle est nommée vice-présidente du PiS en 2010. Wikipédia
Date et lieu de naissance : 15 avril 1963 (54 ans), Oświęcim, Pologne –Époux : Edward Szydło (m. 1987) –Enfants : Tymoteusz Szydło, Błażej Szydło –Enseignement : Université Jagellon –Parti : Droit et justiceFonction : Président du Conseil des ministres de Pologne depuis 2015
 

Face l’imprévisibilité du nouveau locataire de la Maison-Blanche, Paris et Berlin ont fait du renforcement de l’autonomie politique et des capacités stratégiques de l’Europe une impérieuse nécessité. La Pologne, qui s’apprête à accueillir Donald Trump le 6 juillet, a promis dit-on, des « foules enthousiastes » au président américain. Varsovie ne partage en effet ni le diagnostic ni les remèdes franco-allemands et le gouvernement polonais voit en la présidence Trump non pas une gageure mais, au contraire, la possibilité d’un développement positif pour les relations transatlantiques, et une opportunité pour le pays.

Après un temps d’observation marqué par l’appréhension, la Pologne semble désormais déterminée à faire de l’ère Trump celle de l’approfondissement des liens bilatéraux avec Washington, voire à faire de la Pologne le meilleur allié de la nouvelle administration américaine au sein de l’UE. Selon une étude du Pew Research Centre, si en 2015 seuls 49% des Polonais déclaraient avoir confiance dans le soutien de l’Amérique d’Obama en cas de conflit militaire avec la Russie, ils sont dorénavant 57% en 2017 s’agissant de l’Amérique de Trump.

Cet enthousiasme apparent pour un président américain qui s’est singularisé par ses déclarations pro-russes et par sa remise en question du principe de sécurité collective de l’OTAN semble paradoxal venant d’une Pologne qui voit en la Russie une menace existentielle immédiate et qui perçoit l’OTAN comme une garantie vitale.

Faire jouer aux États-Unis le rôle de puissance d’équilibre en Europe

En fait, la Pologne ne croit pas à la perspective d’une alliance entre Washington et Moscou, pas plus qu’à une embellie de leurs relations. Les déclarations du candidat Trump sur l’annexion de la Crimée ont pu inquiéter Varsovie mais la présence de « faucons » républicains dans l’équipe dirigeante de Trump a rassuré : le gouvernement polonais veut penser que ces conseillers, le moment venu, guideront la main du président. Il considère, par ailleurs, que le caractère impétueux de ce dernier rend, à terme, inéluctable un accrochage avec Vladimir Poutine. Varsovie place également ses espoirs dans le Congrès : historiquement, la Pologne penche généralement du côté républicain de l’échiquier politique américain.

Mais c’est surtout, à l’aune de l’implication militaire des États-Unis dans sa région que la Pologne juge de leur action et de leur engagement. Face aux accusations d’imprévisibilité formulées à l’encontre de l’administration Trump, les diplomates polonais renvoient aux déploiements en cours de soldats américains dans le cadre des mesures de réassurance de l’OTAN ; même si, en réalité, ces déploiements ont été décidés sous la présidence Obama.

Le ministre des Affaires étrangères assène que son pays « préfère 5000 soldats américains sur son territoire que la garantie déclarative de l’Article V » du traité de l’Alliance atlantique ; laissant d’une certaine façon à penser qu’il fait (lui aussi) peu de cas du principe de solidarité politique de l’Alliance ; en tout cas comparé aux liens militaires bilatéraux avec Washington.

Les fondements de l’atlantisme polonais ne se limitent pas à la crainte de la Russie. Ils relèvent aussi d’objectifs stratégiques sur le continent européen où Varsovie souhaite voir les États-Unis jouer le rôle de puissance d’équilibre. Ils reflètent encore la perméabilité des élites polonaises de politique étrangère à une vision américaine du monde datant des années 1990 ; ce « logiciel atlantiste » s’est depuis cristallisé, au point de devenir plus qu’une stratégie : un paradigme et une tradition. Le déploiement d’une présence militaire américaine en Europe centrale était dès cette période l’un des principaux objectifs de politique étrangère de la Pologne, ce bien avant que la crise ukrainienne ne vienne le rendre plus pressant.

Sortir de l’isolement par une victoire idéologique et diplomatique ?

Le positionnement de la Pologne à l’égard de l’administration Trump est aussi la marque du parti au pouvoir (Droit et Justice, PiS). D’inspiration conservatrice et populiste, il partage plusieurs affinités idéologiques avec Donald Trump (sur l’immigration ou le climat par exemple), la même exécration des « élites libérales globalisées » et l’obsession de se démarquer de son prédécesseur. Comme Donald Trump qui semble souvent animé par le désir de déconstruire l’héritage de Barack Obama, le gouvernement PiS voue régulièrement aux gémonies le bilan de l’équipe précédente qui s’est attachée à se rapprocher de l’Allemagne, à s’investir dans les politiques communes de l’UE, et qui a laissé transparaître sur certains sujets une frustration, voire un agacement, à l’encontre de Washington.

L’ardeur avec laquelle le gouvernement polonais courtise Donald Trump est aussi fonction de son isolement croissant au sein de l’UE. Le gouvernement est sous le coup de procédures d’infraction de la part de la Commission européenne pour des atteintes à l’ État de droit et pour son refus de participer au programme européen de relocalisation des réfugiés. Il s’inquiète à l’idée qu’un renforcement de l’intégration de l’Eurozone puisse déboucher sur une Europe à deux vitesses, tout en refusant catégoriquement d’envisager une adoption de la monnaie commune (bien que la Pologne s’y soit engagée). Il a récemment aliéné, sur des dossiers différents, à la fois Berlin et Paris, et ce à un moment où Londres s’apprête à quitter l’UE. L’épisode de la réélection du polonais Donald Tusk à la tête du Conseil européen, opposée par la seule Varsovie, a peut-être été l’illustration la plus éloquente de cette tendance à la marginalisation.

Rien d’étonnant, dans ce contexte, que la visite de Donald Trump soit perçue comme une opportunité pour sortir de l’ornière. Elle constitue à n’en pas douter une victoire politique et diplomatique pour Varsovie, d’autant que le président américain assistera au sommet de l’Initiative des Trois Mers (Baltique, Adriatique, Noire) qui réunit – sous leadership polonais –, douze pays d’Europe centrale et orientale. Son principal objectif est de développer les échanges économiques dans la région mais Varsovie semble souhaiter en faire un instrument politique, notamment pour faire contrepoids à l’Allemagne – certains pays participants, telle la République tchèque s’en sont, en tout cas, ouvertement inquiétés.

Le président américain, qui n’a jamais caché pas son hostilité à l’égard de l’UE en tant qu’entité politique et qui se trouve de plus en plus en conflit ouvert avec l’Allemagne, cherchera-t-il à jouer sur les divisions européennes lors de sa venue à Varsovie ? Les partenaires européens de la Pologne ne manqueront pas de scruter, dans le discours que Donald Trump prononcera à Varsovie, toute inflexion qui pourrait rappeler la fallacieuse dichotomie entre « ancienne » et « nouvelle » Europe  proférée par Donald Rumsfeld au moment de la Guerre en Irak.

Le contexte des relations transatlantiques a bien changé aujourd’hui, et la « nouvelle Europe » a pris de l’âge en suivant des chemins différents. Si plusieurs pays de la région souscrivent à l’objectif stratégique de maintien d’une présence militaire américaine en Europe, peu d’entre eux, la Hongrie exceptée, partagent dans la même mesure les motivations idéologiques et politiques du gouvernement polonais. 

http://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/pourquoi-la-pologne-mise-sur-donald-trump.html

Une réflexion au sujet de « 2014 – USA & Pologne … les retrouvailles »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s