1949 – Vladimir Poutine se livre face à Oliver Stone … l’intégrale

Première partie sur quatre

14 juin 2017 Oleg Egorov
Dans le premier épisode d’une série qui en compte quatre, le président russe a évoqué devant le réalisateur américain comment il a grandi dans l’URSS d’après-guerre, à quoi il pensait en assurant la succession de Boris Eltsine et pourquoi la Russie et les États-Unis ont des relations difficiles.
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« Nous allons improviser. Pas de règles à respecter », déclare en souriant Oliver Stone dès les premières minutes du film The Putin Interviews, juste après le générique avec des matriochkas, une faucille et un marteau. Le film où le réalisateur oscarisé, auteur de plus de vingt-cinq documentaires et films de fiction, parle avec Vladimir Poutine de politique et de sa vie privée a été tourné pendant plus d’un an, de décembre 2015 à février 2017. Le temps pour les deux hommes d’évoquer un large éventail de sujets.

Le premier épisode de ce film de quatre heures a été diffusé par la chaîne américaine Showtime le 12 juin. Nous vous proposons ses points essentiels, et ce qu’il nous apprend sur le leader russe.

Judo et KGB

L’épisode débute par une question sur la jeunesse de Vladimir Poutine. Fils d’un mécanicien qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, Vladimir Poutine a été un enfant turbulent qui a grandi essentiellement dans la rue. Il affirme que les cours de judo l’ont grandement influencé et « ont changé sa vie en mieux ». Le judo lui a appris une règle d’or : savoir faire preuve de souplesse et accepter des concessions si c’est indispensable à la victoire.

Vladimir Poutine avoue à Oliver Stone qu’il voulait entrer au KGB (renseignement de l’URSS) dès son adolescence et qu’il s’est inscrit à la faculté de droit de l’Université de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) pour pouvoir intégrer les services secrets.

La chute de l’URSS et les années 1990

Vladimir Poutine commente en détail sa célèbre phrase selon laquelle le démembrement de l’Union soviétique a été la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. Il reconnaît que le système soviétique fonctionnait très mal et que des transformations étaient nécessaires, mais il indique que les erreurs commises lors des réformes ont engendré des conséquences désastreuses. « Le système de protection sociale a été démantelé, des secteurs économiques entiers ont été paralysés, le réseau d’établissements médicaux a été désorganisé », rappelle-t-il. En outre, du jour au lendemain, 25 millions de Russes se sont retrouvés hors des frontières de la nouvelle Russie et le pays a failli basculer dans la guerre civile, ajoute-t-il.

En 1996, Vladimir Poutine – qui était au début des années 1990 maire-adjoint de Saint-Pétersbourg – arrive à Moscou pour se placer quelques mois plus tard à la tête du Service de sécurité de Russie (FSB, successeur du KGB). En 1999, le premier président de Russie, Boris Eltsine, choisit Vladimir Poutine pour être son premier ministre et son successeur. « Je ne sais pas pourquoi Boris Eltsine m’a choisi moi », déclare l’actuel chef d’État, en rappelant qu’il n’avait pas accepté tout de suite le poste de chef de gouvernement. « Même après avoir accepté, je pensais encore que Boris Eltsine pourrait changer d’avis », note-t-il. À l’époque, il redoute surtout pour la sécurité de ses enfants et réfléchit aux moyens « de les cacher » si quelque chose ne se déroule pas comme prévu et si sa vie est mise en danger.

Vladimir Poutine a un grand respect pour Boris Eltsine, notamment parce que ce dernier ne refusait jamais ses responsabilités, ce qui était l’un de ses points forts. Quand Oliver Stone a rappelé que Boris Elstine avait connu des problèmes avec l’alcool, Vladimir Poutine n’a pas cherché à démentir : « Il faut dire que c’est vrai ».

Méfiance des États-Unis et de l’Otan

Lors d’une visite du président américain Bill Clinton en Russie, Vladimir Poutine, dont la présidence n’en était qu’à ses débuts, a dit en souriant que Moscou devrait sans doute intégrer l’Otan. « Bill Clinton m’a répondu qu’il n’était pas contre, mais tous les membres de la délégation américaine étaient sur les nerfs », se souvient-il. Selon le président russe, les États-Unis dictent leur volonté à l’Otan, ce qui rend impossible la présence d’une Russie ayant un point de vue indépendant au sein de l’Alliance.

Vladimir Poutine a répété dans son entretien avec Oliver Stone ce qu’il a déjà dit à plusieurs reprises : les différends entre la Russie et l’Occident sont dus, selon lui, à la réticence des États-Unis, le principal pays occidental, à développer le dialogue avec Moscou. Vladimir Poutine est certain que les États-Unis se considèrent comme l’unique grande puissance mondiale, ce qui engendre une mentalité impérialiste et une politique étrangère agressive. « Ce qui à son tour provoque des défaillances et des problèmes », constate-t-il.

Un exemple éclatant où Washington a agi, en dépit de sa propre rhétorique, contre la Russie est la guerre en Tchétchénie, souligne le président. Certains milieux américains accordaient alors leur soutien aux séparatistes tchétchènes non seulement politiquement, mais aussi financièrement : Vladimir Poutine dit en posséder des preuves qu’il a présentées au président George W. Bush.

En France, le documentaire Conversations avec Poutin sera diffusé sur France 3 fin juin.



Vladimir Poutine se livre face à Oliver Stone: deuxième partie

15 juin 2017 Oleg Egorov
Dans le second épisode d’une série qui en compte quatre, le président russe évoque avec le réalisateur américain l’éventualité d’une guerre entre la Russie et l’Otan et le sort d’Edward Snowden, ex-employé du renseignement américain réfugié en Russie
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Après la diffusion par la chaîne américaine Showtime du premier épisode du film de quatre heures The Putin Interviews, certains médias américains se sont empressés d’accuser le réalisateur oscarisé d’avoir été trop élogieux et d’éprouver trop de sympathie pour le président russe. « Flatteur, mais peu sceptique », résume le New York Times.

Oliver Stone reste de marbre face à ces critiques et déclare que son film vise à aider le spectateur occidental à avoir un point de vue alternatif, ce qui est très important au vu de la tension qui règne actuellement dans les relations entre la Russie et l’Occident. « Vladimir Poutine savait que je lui donnerais une audience équitable, a-t-il indiqué sur le plateau de The Late Show. Je pense que vous devriez voir le film pour vous-mêmes ».  Le deuxième épisode du film a été diffusé le 13 juin.

Armement nucléaire et Troisième Guerre mondiale

Évoquant le déploiement des systèmes de défense antimissile en Europe, Vladimir Poutine a tenu à rappeler que la Russie avait proposé aux États-Unis et à l’Europe de concevoir des systèmes ABM communs, mais qu’elle s’était heurtée à un refus de leur part. « Pour préserver l’équilibre stratégique des forces, nous serons contraints de développer nos propres systèmes balistiques de frappe », a souligné le président russe.

Vladimir Poutine fait remarquer que la Russie pourrait se retrouver encerclée par les systèmes d’armements occidentaux. Cette menace contraint Moscou à accroître sa puissance militaire ce qui, à son tour, impulse une course aux armements. « C’est une grave erreur », constate Vladimir Poutine.

Oliver Stone lui demande si dans le cas d’une éventuelle guerre chaude, l’Amérique aurait le dessus. Le président russe est laconique : « Non ».  Selon lui, si une guerre venait à éclater entre la Russie et les États-Unis/l’Otan, personne n’y survivrait et les boucliers nucléaires joueraient un rôle plutôt négatif, offrant l’illusion de protection. L’unique issue dans ce contexte difficile est de poursuivre le dialogue, aussi complexe soit-il, indique Vladimir Poutine.

Edward Snowden à Moscou

Edward Snowden, ancien employé de l’agence nationale de sécurité américaine (NSA) qui a dénoncé devant les journalistes les pratiques illégales de surveillance des citoyens américains et étrangers par les services secrets US, est réfugié en Russie depuis 2013. À la question de savoir si Vladimir Poutine soutient ce qu’il a fait, le président répond : « Non. Si quelque chose dans son travail lui déplaisait, il fallait simplement démissionner ».

Toutefois, Vladimir Poutine n’estime pas qu’ Edward Snowden est un traître et ajoute qu’il n’a transmis aucune donnée secrète à la Russie sur les États-Unis. Qui plus est, il estime que dans leurs pratiques de surveillance, les services secrets américains sont allés trop loin : « Surveiller ses alliés est indécent », a-t-il martelé.

Le président russe a confirmé que les Américains avaient demandé l’extradition d’ Edward Snowden, ce que Moscou leur a refusé. Vladimir Poutine a rappelé que la Russie avait proposé aux États-Unis de signer un accord de coopération prévoyant une extradition réciproque des délinquants, mais que les Américains avaient refusé. La Russie n’a pas l’intention d’extrader unilatéralement Edward Snowden qui n’a en rien violé la législation russe.

Homosexuels, liberté de parole et démocratie

Oliver Stone a posé un grand nombre de questions sur la situation intérieure en Russie, notamment pour savoir si les homosexuels pouvaient y vivre en sécurité, si la liberté de parole était respectée et si le pays pouvait être qualifié de démocratie ou plutôt, comme l’affirment les critiques de la Russie en Occident, d’État autoritaire attaché au traditionalisme.

Les droits des homosexuels ne sont pas lésés en Russie, a déclaré Vladimir Poutine. « Nous ne persécutons pas les gens d’après leur orientation sexuelle », a-t-il noté, en ajoutant que nombre de Russes ayant une orientation sexuelle non traditionnelle avaient fait carrière dans le pays. Quant à la loi contre la propagande homosexuelle auprès des mineurs, elle vise uniquement à protéger la génération montante. Dans le même temps, le président a jugé juste la remarque d’Oliver Stone selon laquelle la Russie est un pays assez conservateur, mais moins que les pays islamiques.

Tout va très bien en Russie dans le domaine de la liberté de parole, a poursuivi Vladimir Poutine. « Nous avons des centaines de sociétés radio et TV que l’État ne contrôle pas. C’est tout simplement impossible », a-t-il constaté. En ce qui concerne la démocratie, il a fait observer que la Russie différait des pays occidentaux avec leurs traditions séculaires de changement du pouvoir : durant des siècles le pays a été une monarchie, avant d’être gouverné pendant plusieurs décennies par les communistes. L’époque de la liberté n’est arrivée que dans les années 1990. « Il est bien entendu impossible de s’imaginer l’instauration dès demain d’un régime comme celui qui existe aux États-Unis, en Allemagne ou en France, a-t-il reconnu. Les sociétés doivent se développer progressivement, par étapes ».

En France, le documentaire Conversations avec Poutin sera diffusé sur France 3 fin juin.


https://fr.rbth.com/international/2017/06/15/vladimir-poutine-se-livre-face-a-oliver-stone-deuxieme-partie_782952


Vladimir Poutine se livre face à Oliver Stone: troisième partie

16 juin 2017 Oleg Egorov
Dans le troisième épisode d’une série qui en compte quatre, le président russe évoque avec le réalisateur américain les conflits dans lesquels la Russie est impliquée, directement ou indirectement, notamment le rattachement de la Crimée, le conflit armé dans les régions orientales de l’Ukraine et la guerre civile en Syrie
Crédit : The Putin Interviews / SHOWTIME/YouTubeCrédit : The Putin Interviews / SHOWTIME/YouTube

Le troisième épisode du film de quatre heures The Putin Interviews a été diffusé par la chaîne américaine Showtime le 14 juin. Vladimir Poutine évoque avec le réalisateur oscarisé les grands dossiers internationaux où la Russie s’est retrouvée impliquée, notamment la crise en Ukraine et la guerre civile en Syrie.

Les États-Unis ont enfourché le cheval du mécontentent ukrainien

La conversation sur la crise du pouvoir en Ukraine, dont la phase aiguë de fin 2013 à début 2014 a débouché sur le renversement du président Viktor Ianoukovitch, le rattachement de la Crimée à la Russie et la guerre civile dans les régions orientales de l’Ukraine, commence par un constat de Vladimir Poutine : les Ukrainiens aspirent sincèrement à faire partie de l’Union européenne. Il fait remarquer que l’ampleur de la corruption et des inégalités après l’accession de l’Ukraine à l’indépendance était encore plus importante qu’en Russie dans les années 1990. « Les Ukrainiens croyaient que les normes de l’UE les libèreraient de la situation humiliante dans laquelle ils se trouvaient depuis les années 1990 », acquiesce le président.

Toutefois, l’association de l’Ukraine à l’UE que Viktor Ianoukovitch avait négociée en 2013 n’était pas très honnête envers Moscou, parce qu’elle ouvrait le marché de la Russie – qui avait un droit de douane à taux nul avec l’Ukraine – aux articles européens, ce qui aurait frappé de plein fouet les producteurs russes.

Lorsqu’ après avoir discuté du problème avec Vladimir Poutine, Viktor Ianoukovitch a reporté la signature de l’accord d’association, Kiev a vu s’embraser les troubles de Maïdan qui ont été soutenus par l’Occident. « Nos partenaires d’Europe et des États-Unis ont enfourché le cheval du mécontentent de la population et, au lieu de chercher à savoir ce qui se passait réellement, ont soutenu le coup d’État », résume Vladimir Poutine.

Selon lui, c’est rien d’autre qu’un coup d’État militaire avec la participation des forces de la droite radicale qui a été perpétré en Ukraine en 2014. Les erreurs de la nouvelle direction ukrainienne, notamment la tentative d’exercer une pression sur les russophones des régions orientales, ont précipité le pays dans le chaos et, de fait, dans une guerre civile. Partiellement, la faute en incombe à l’Occident qui a occupé une position unilatérale.

Ce n’est pas nous qui avons décidé de rattacher la Crimée

« En revenant en arrière, estimez-vous avoir commis une erreur en annexant la Crimée (en 2014) ? », demande Oliver Stone. Et d’énumérer les conséquences négatives pour la Russie, allant des sanctions occidentales à la montée des tensions internationales. Vladimir Poutine répond tout sourire : ce n’est pas la Russie qui a rattaché la Crimée, c’est le parlement criméen élu encore sous la juridiction ukrainienne qui a décidé d’organiser un référendum sur l’intégration de la péninsule à la Russie. Tout le monde connaît le résultat : plus de 96% des habitants venus aux urnes ont voté « pour ».

En ce qui concerne les soldats russes aux uniformes sans signes distinctifs qui ont fait leur apparition en Crimée à la veille du référendum, Vladimir Poutine note que leur unique mission était de garantir la sécurité de la population qui pouvait être menacée par les nationalistes ukrainiens. « Les habitants devaient se sentir en sécurité », indique-t-il.
Après le rattachement de la Crimée à la Russie, les relations entre Moscou et Kiev se sont brusquement dégradées. Toutefois, le président reste optimiste et estime que tôt ou tard, elles se redresseront. « Des milliers de fils nous relient à l’Ukraine. Les peuples ukrainien et russe, ce n’est pas simplement une famille, c’est presque la même chose », affirme-t-il.

En Syrie, empêcher les terroristes de devenir plus forts

À un moment donné du film, Vladimir Poutine et Oliver Stone se retrouvent dans le centre de direction où le président établit la communication avec l’état-major de l’armée en Syrie et où il peut recevoir les dernières informations sur l’opération militaire de Moscou dans ce pays. Interrogé sur les raisons de l’implication de la Russie dans la crise syrienne, Vladimir Poutine souligne que l’objectif numéro un est d’empêcher la répétition des scénarios irakien et libyen, lorsqu’ après avoir renversé un régime autoritaire, le pays s’enlise dans le chaos.

« Nous avons également des objectifs pratiques », fait-il observer, en rappelant que des milliers de Russes et de ressortissants des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale combattent dans les rangs de Daech et d’autres groupes terroristes en Syrie. Il convient de les empêcher de retourner en Russie, indique Vladimir Poutine.

Le président russe est formel : la Russie est l’unique pays à être présent en Syrie légalement, sur invitation de la direction légitime du pays (du gouvernement du président en exercice Bachar el-Assad). Dans le même temps, il admet : « Nous réalisons que la direction de la Syrie a commis certaines erreurs dans l’édification des relations à l’intérieur de son propre pays ». Le président souligne que la Russie coopère en Syrie avec les États-Unis et les pays de la région en lutte contre le terrorisme et que vaincre ce dernier reste l’objectif numéro un.

En France, le documentaire Conversations avec Poutin sera diffusé sur France 3 fin juin.


https://fr.rbth.com/international/2017/06/16/vladimir-poutine-se-livre-face-a-oliver-stone-troisieme-partie_783875


Vladimir Poutine se livre face à Oliver Stone: quatrième partie

17 juin 2017 Oleg Egorov
Dans le quatrième et dernier épisode de la série, le président russe évoque avec le réalisateur américain l’ingérence des pirates informatiques russes dans l’élection présidentielle aux États-Unis, les personnalités de Donald Trump et de Joseph Staline et son propre avenir
Crédit : ReutersCrédit : Reuters

La chaîne américaine Showtime a diffusé le quatrième et dernier épisode du film de quatre heures The Putin Interviews qui se termine sur une musique fracassante de Jeff Beal retravaillée dans le style populaire russe et sur des images des fastes du Kremlin. Les salles sont vides : Vladimir Poutine est parti après avoir dit au revoir à Oliver Stone qu’il a rencontré plusieurs fois pendant plus d’un an, de décembre 2015 à février 2017. Le temps pour les deux hommes de débattre de nombreux sujets.

L’ingérence dans l’élection présidentielle aux États-Unis

Bien que l’establishment et les médias américains aient affirmé à plusieurs reprises que les pirates informatiques ayant cherché à interférer dans la présidentielle américaine étaient dirigés par les autorités russes, Vladimir Poutine qualifie ces accusations d’absurdité. « C’est une déclaration stupide. Nous n’avons organisé aucune cyberattaque », a-t-il déclaré, en faisant remarquer que la Russie, comme d’ailleurs tout autre pays, ne possédait pas les moyens requis pour influer sur les élections américaines.

D’après le président, la défaite d’Hillary Clinton s’explique non par les attaques de hackers, mais par les problèmes de sa campagne et de son parti. Les pirates informatiques, peu importe leur identité et leur pays d’origine, étaient incapables de changer le cours des élections, a-t-il indiqué.

Vladimir Poutine a accusé à son tour les États-Unis d’ingérence dans les élections russes. « Aussi bien en 2000 qu’en 2012, toujours. Mais en 2012, ce fut particulièrement agressif », a-t-il constaté. Il a précisé qu’il n’était pas question de cyberattaques, mais de rencontres répétées de diplomates américains avec des représentants de l’opposition et du soutien accordé à ces derniers. Le président a qualifié ce comportement d’ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de la Russie.

Pour ce qui est d’une éventuelle cyberguerre entre la Russie et les États-Unis – sujet longtemps évoqué par Oliver Stone –, Vladimir Poutine est resté évasif, reconnaissant simplement qu’une telle confrontation pourrait être très dangereuse. Il a toutefois rappelé que Moscou avait suggéré en 2015 de signer un accord sur « les normes de comportement dans ce domaine », proposition que Washington avait laissée sans réponse.

Donald Trump et les relations Russie-USA

En février dernier, Vladimir Poutine a parlé avec un respect réservé du 45e président américain : « Donald Trump et son équipe ont fait preuve de compétence dans l’organisation de la campagne électorale ». Il a reconnu qu’en écoutant les discours électoraux de l’actuel président, il pensait que Donald Trump « y allait parfois un peu fort ». Il s’est pourtant avéré que la stratégie agressive et éclatante de Donald Trump a fait son effet, a constaté Vladimir Poutine en se félicitant des déclarations de Donald Trump au sujet d’une éventuelle révision des relations avec la Russie.

Dans le même temps, le président russe dit ne pas s’attendre à des changements radicaux suite à l’installation d’un nouveau locataire à la Maison Blanche. À la question posée par Oliver Stone « Qu’y a-t-il de changé ? », il hausse les épaules : « Presque rien ». Il est certain que partout, surtout aux États-Unis, ce qui importe n’est pas la personnalité du président, mais la bureaucratie, car c’est elle qui en fin de compte détermine la politique du pays. Néanmoins, il garde toujours l’espoir de voir les relations bilatérales s’améliorer sous la nouvelle administration. « J’espère que nous réussirons à trouver des points de contact où nous nous comprendrons », a-t-il noté.

Staline, les richesses de Poutine et l’avenir

Oliver Stone et Vladimir Poutine ont évoqué le passé, en s’arrêtant notamment sur l’époque de Staline, l’un des personnages les plus controversés de l’histoire russe. Selon le réalisateur américain, le président russe a une attitude contradictoire envers Staline. D’une part, il met en garde contre la diabolisation du personnage et les tentatives d’attaquer la Russie actuelle en la comparant à l’URSS de Staline. D’autre part, « nous ne devons pas oublier les horreurs du stalinisme », les millions de Soviétiques exécutés sous son régime, a-t-il fait observer.

Évoquant ses richesses – les médias occidentaux le qualifient souvent d’homme le plus riche du monde – Vladimir Poutine a souligné : « Je n’ai pas les richesses qu’on m’attribue », aucun compte à Chypre ou ailleurs. Selon lui, l’un des grands objectifs dès le début de sa présence au pouvoir était de séparer le pouvoir de l’argent, d’écarter du pouvoir les oligarques se livrant au lobbying d’intérêts personnels. C’est le principe qu’il essaie toujours d’appliquer.

Oliver Stone s’est intéressé à la présidentielle russe de 2018 et aux perspectives (si Vladimir Poutine s’y présente) de diriger le pays jusqu’en 2024 : « N’êtes-vous pas effrayé ? Ne prenez-vous pas l’habitude du pouvoir ? ». Le président en exercice reste ici aussi très évasif : « La Russie décidera de qui elle a besoin ». Après s’être excusé, il a laissé sans réponse une question sur son éventuelle intention de briguer un nouveau mandat : « Il y a des choses où une certaine intrigue doit persister ».


https://fr.rbth.com/international/2017/06/16/vladimir-poutine-se-livre-face-a-oliver-stone-quatrieme-partie_784275

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