1889 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 18 mai 2017

18 mai 201718:55

1

Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue croate    Davor Stier

2

Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue chinois   Wang Yi

3

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères à la 29e réunion du Conseil des chefs des sujets de la Fédération de Russie près le Ministère russe des Affaires étrangères

4

Sur la tenue d’une réunion spéciale du CMAE de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire

5

Sur l’évolution de la situation en Syrie

6

Sur la déclaration du Secrétaire d’État adjoint pour le Moyen-Orient Stuart Jones (USA) concernant de prétendues « exécutions massives » en Syrie

7

Sur le rapport préliminaire de la Mission d’établissement des faits sur l’usage de l’arme chimique en Syrie concernant l’incident de Khan Cheikhoun dans la province d’Idleb

8

Sur la situation au Venezuela

9

Sur la situation en Macédoine

10

Sur la situation en Côte d’Ivoire

11

Sur les plans de déploiement d’un contingent militaire américain en Afghanistan à titre permanent

12

Sur une série d’inventions sur la Russie dans les médias américains

13

Sur les déclarations du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson

14

Sur l’affaire Marat Oueldanov

15

Sur les déclarations du porte-parole du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères

16

Sur la profanation de la stèle commémorative en hommage aux pilotes russes à Kiviõli, au nord-est de l’Estonie

17

Sur les déclarations du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker
questions:

A

Après la réunion trilatérale entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie du 28 avril à Moscou, Erevan et Bakou ont laissé entendre qu’une telle réunion pourrait être à nouveau organisée pour approfondir les actions afin de régler la situation dans le Haut Karabagh. On sait qu’une forte aggravation de la situation a eu lieu récemment dans ce conflit, qui a fait des victimes des deux côtés. D’après vous, reste-t-il encore une possibilité d’organiser une telle réunion trilatérale après ce grave incident, ou faudra-t-il l’oublier à court terme?

B

L’Ukraine a récemment interdit l’usage de réseaux sociaux russes par ses citoyens et les politiciens ukrainiens affirment que la population est ainsi protégée contre des informations mensongères. De nombreuses organisations sont déjà montées au créneau. D’après vous, pourquoi cette démarche a-t-elle été entreprise? Quelles pourraient en être les conséquences?

C

La Russie va ouvrir prochainement un itinéraire maritime de transport de marchandises et de passagers avec la Corée du Nord. Le premier ferry d’essai est arrivé aujourd’hui à Vladivostok. La communication régulière doit être établie le 25 mai. L’ouverture de cette ligne de ferry ne tombe-t-elle pas sous le coup des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies?

D

Pourquoi les journalistes n’ont-ils pas été autorisés à couvrir cet événement, notamment à filmer l’arrivée du ferry?

E

Que pensez-vous de l’intention des USA de fournir des armes aux unités kurdes qui combattent l’État islamique dans la ville syrienne de Raqqa?

L’an dernier, pendant sa campagne électorale, le Président américain Donald Trump avait proposé de créer des zones de sécurité en Syrie. La Russie a soumis en ce sens un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Est-ce que cela témoigne du développement de la coopération russo-américaine au sujet de la Syrie?

F

La presse américaine a rapporté que pendant l’entretien à Washington, le Président américain Donald Trump avait transmis au Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov des informations secrètes. La Russie compte-t-elle dévoiler le décryptage de la conversation?

Mène-t-on des pourparlers concernant l’entretien à venir entre le Président américain Donald Trump et le Président russe Vladimir Poutine pendant le sommet du G20?

 

G

Récemment, le quotidien Novaïa gazeta a publié un article sur le soldat Sergueï Doubinski soupçonné d’avoir transporté le Bouk qui aurait servi en juillet 2014 à abattre le Boeing 777 malaisien. Sergueï Doubinski est-il connu du gouvernement russe? Est-il vrai qu’il reçoit une pension de retraite? Que pouvez-vous dire sur ses propos selon lesquels « cela a été fait par les salauds de Moscou »?

H

Aujourd’hui a été ouvert l’itinéraire maritime entre la Corée du Nord et la Russie. Le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a déclaré que Tokyo suivait attentivement l’impact des actions de la Russie sur les efforts de la communauté internationale pour régler les problèmes nucléaires de la Corée du Nord. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

I

Certains éprouvent des craintes à cause du projet de la Corée du Nord et de la Russie. Le Ministère russe des Affaires étrangères a-t-il une position à ce sujet?

J

Aujourd’hui, le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a donné un commentaire différent par rapport au lancement du ferry. Il a déclaré qu’il contacterait par la voie diplomatique le Ministère russe des Affaires étrangères pour exprimer sa position. Le contact a-t-il été établi? Les positions des deux pays coïncident-elles?

K

Des Japonais ont visité aujourd’hui pour la première fois l’île sans visa et ont exprimé des préoccupations compte tenu de l’impossibilité de visiter leurs anciennes colonies. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

L

Le Président américain Donald Trump a promis au Président turc Recep Tayyip Erdogan de soutenir la Turquie dans la lutte contre le terrorisme. Dans quelle mesure cela pourrait-il contribuer à la création d’une coalition antiterroriste globale étant donné que la Turquie travaille déjà avec succès en ce sens avec la Russie et l’Iran?

M

L’envoyé spécial du nouveau Président sud-coréen arrive le 22 mai en Russie. Rencontrera-t-il quelqu’un du Ministère russe des Affaires

N

Le Secrétaire américain à la Justice Jeff Sessions a nommé hier l’ex-directeur du FBI Robert Mueller au poste de procureur spécial pour enquêter sur l’ingérence présumée de la Russie dans les élections présidentielles américaines en 2016. On voudrait connaître la position de Moscou par rapport à cette nomination.

O

La commission américaine pour la sécurité nationale a approuvé hier un projet de loi proposant que le croisement situé devant l’Ambassade de Russie à Washington soit rebaptisé « Place Boris Nemtsov ». La partie russe a-t-elle un avis sur la question?

P

La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté un nouveau projet de loi prévoyant de nouvelles sanctions contre les pays qui bombardent la population civile en Syrie. Comment de tels projets de loi affectent-ils les relations russo-américaines dans la lutte contre le terrorisme?

Q

Les leaders du Kurdistan irakien ont annoncé qu’ils comptaient organiser un référendum sur l’indépendance du Kurdistan cet automne. S’ils demandaient à la Russie d’envoyer ses observateurs pour surveiller le référendum, Moscou accéderait-il à cette demande?

R

Ils ont dit qu’ils chercheraient une entente avec Bagdad. Dans ce cas, la Russie serait-elle prête à envoyer ses observateurs?

S

Dans une interview, le politologue russe Igor Chatrov a déclaré que les négociations d’Astana sur la Syrie portaient sur des questions plus vitales que les négociations de Genève, où on évoque des tâches globales mais à la fois difficiles à mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne la future structure politique de la Syrie. A l’ordre du jour du processus d’Astana figuraient les questions relatives au respect de la zone de cessez-le-feu et à la délimitation de la zone de responsabilité. Comme l’a noté un politologue russe, les négociations de Genève se transforment en « club de philosophie ». Que pouvez-vous dire au sujet de cette déclaration?

T

Au début de la conférence de presse vous avez exprimé votre disposition à fournir au Venezuela une aide variée. Pouvez-vous préciser de quel soutien il est question? Est-il diplomatique ou autre?

 

1- Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue croate    Davor Stier

Davor Stier, Vice-premier ministre et Ministre croate des Affaires étrangères et européennes, est attendu à Moscou du 22 au 24 mai pour une visite de travail. Ce voyage est associé au 25e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Russie et la Croatie, qui sera célébré le 25 mai.

Pendant l’entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 23 mai,  il est prévu d’évoquer l’état et les perspectives de la coopération russo-croate dans les domaines politique, commercial, économique et socioculturel, ainsi que la collaboration sur la scène internationale. Une attention particulière sera accordée au maintien de la paix et de la stabilité en Europe du Sud-Est, et d’autres questions d’actualité seront également soulevées.

2 – Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue chinois   Wang Yi

Le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi se rendra en visite officielle en Russie du 25 au 26 mai à l’invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Pendant leur entretien, les chefs de diplomatie évoqueront les thèmes d’actualité figurant à l’agenda bilatéral et international avec un accent sur les questions centrales de la coopération russo-chinoise dans les affaires internationales, y compris dans le cadre des formats multilatéraux tels que l’Onu, les Brics, l’OCS et le RIC (Russie-Inde-Chine). Ils échangeront leurs points de vue sur les problèmes régionaux sensibles, notamment la situation autour de la péninsule coréenne et les efforts pour régler la crise en Syrie.

3 – Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères à la 29e réunion du Conseil des chefs des sujets de la Fédération de Russie près le Ministère russe des Affaires étrangères

La 29e réunion du Conseil des chefs des sujets de la Fédération de Russie près le Ministère russe des Affaires étrangères se déroulera le 26 mai et sera présidée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

A l’ordre du jour: le développement des liens des sujets de la Fédération de Russie avec les partenaires des pays de la région Caspienne. Les participants soulèveront les questions les plus pertinentes relatives à la coopération commerciale, économique et socioculturelle, mettront au point des mesures pour approfondir la coopération dans le domaine de la production industrielle et agricole, ainsi que pour intensifier le travail des sujets de la Fédération dans le cadre de différents salons et expositions.

Une attention particulière sera accordée à la participation des régions russes au forum sur la coopération interrégionale entre la Russie et l’Iran, ainsi qu’aux activités similaires avec l’Azerbaïdjan et le Kazakhstan.

On attend les discours des gouverneurs des régions d’Astrakhan et de Penza, du territoire de Stavropol, du district autonome de Khanty-Mansiïsk – Iougra, des représentants de l’Administration du Président russe et de l’agence fédérale Rostourism.

A l’issue de la réunion seront adoptées les recommandations appropriées pour les sujets de la Fédération de Russie, les ministères et les services fédéraux.

4 – Sur la tenue d’une réunion spéciale du CMAE de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire

Une réunion spéciale du Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE) de l’Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN) se tiendra à Istanbul le 21 mai sous présidence turque, dans le cadre de laquelle, le 22 mai, sera préparée la réunion des chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OCEMN consacrée au 25e anniversaire de cette organisation.

La réunion du CMAE verra la participation des ministres ou de leurs adjoints qui représentent

  • l’Azerbaïdjan,
  • l’Albanie,
  • l’Arménie,
  • la Bulgarie,
  • la Grèce,
  • la Géorgie,
  • la Moldavie,
  • la Roumanie,
  • la Serbie,
  • la Turquie,
  • l’Ukraine,
  • la Russie,
  • les représentants des pays observateurs et des pays partenaires de l’OCEMN pour le dialogue sectoriel.

Actuellement la représentation de la Russie au CMAE de l’OCEMN est en cours de discussion et nous vous annoncerons par la suite à quel niveau notre pays sera représenté à ce forum.

Le principal point de l’ordre du jour du CMAE de l’OCEMN est le projet de déclaration finale du sommet de l’OCEMN. Ce document est consacré aux perspectives d’accroissement de la coopération économique multilatérale entre les pays de la région de la mer Noire, à l’augmentation du rendement pratique de l’activité de l’Organisation et à ses futures priorités.

Pour la Russie, les pays de la région de la mer Noire ont toujours été et restent les partenaires économiques et politiques les plus importants. Le développement des liens multilatéraux dans le cadre de l’OCEMN contribuera au renforcement de nos relations et à la garantie de la stabilité et de la sécurité dans la région de la mer Noire.

La Russie prône continuellement la préservation du caractère dépolitisé de l’activité de l’OCEMN afin d’empêcher une confrontation destructive pour ses objectifs et tâches. Nous appelons nos partenaires à tenir compte du fait qu’il existe des formats disposant d’un mandat approprié pour régler les conflits politiques et évoquer les questions relatives à la sécurité régionale.

Nous sommes convaincus que s’orienter vers l’obtention de résultats concrets et la réalisation de projets mutuellement bénéfiques est un gage du fonctionnement fructueux de l’OCEMN.

Pour accroître le potentiel de projet de cette Organisation, la Russie a initié durant sa présidence de l’OCEMN au premier semestre 2016 la création du Mécanisme de développement de la coopération de projet dans la région de la mer Noire. Le gouvernement russe a alloué 1 million de dollars à ces fins.
L’adhésion d’autres pays de l’OCEMN à l’initiative russe contribuera indéniablement au renforcement de l’efficacité de cette Organisation.

5 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

On perçoit ces derniers temps des tendances positives dans le développement de la situation militaire et politique sur le terrain en Syrie. Elles sont liées en grande partie à la mise en œuvre du Mémorandum sur la mise en place de zones de désescalade en Syrie signé le 4 mai à l’issue de la Réunion internationale sur la Syrie à Astana.

Nous continuons d’effectuer un suivi du respect du cessez-le-feu. Les experts du Ministère russe de la Défense qualifient la situation de « stable » dans les zones de désescalade. La plupart des cas de tirs aléatoires constatés ont été enregistrés dans les régions contrôlées par les terroristes des groupes Front al-Nosra et État islamique.

Dans ce contexte de renforcement du cessez-le-feu et de défaites infligées aux terroristes, les affrontements entre différentes bandes sont devenus plus fréquents.

Les forces gouvernementales syriennes poursuivent leurs opérations pour éliminer les terroristes de l’État islamique, du Front al-Nosra ainsi que d’autres groupes affiliés dans les provinces de Damas, d’Alep, de Homs, de Hama et de Deraa. L’EI essuie des pertes d’effectifs et de matériel et se voit contraint d’abandonner les positions qu’il occupe.
L’armée syrienne a libéré la base aérienne de Jarrah près de la réserve d’eau Al-Assad sur l’Euphrate, à l’est d’Alep. Le contrôle a été rétabli sur le quartier Kaboun au nord-est de Damas.
Les forces démocratiques syriennes, représentées essentiellement par les combattants kurdes et le Conseil militaire de Manbij, ont repoussé les terroristes des zones entourant la ville de Tabqa et du barrage du même nom sur l’Euphrate. Les troupes kurdes avancent progressivement en direction de Raqqa.

Dans la nuit du 14 au 15 mai, les bombardements de la coalition dite « anti-Daech » menée par les USA contre la ville syrienne d’Abou Kamal ont causé la mort de 23 civils. Selon nos informations, l’attaque visait les positions de terroristes de l’EI mais ces frappes ont tué des civils syriens.

Les bandes terroristes tentent d’attaquer les sites peu protégés de l’infrastructure civile syrienne. A Deir ez-Zor, les terroristes ont bombardé les quartiers civils Jura et Qusur. Au moins 15 civils, dont des femmes et des enfants, ont été blessés.

Je voudrais attirer votre attention sur un événement précis.

  • Cette semaine, le Département d’État américain a publié un nouveau rapport sur les « crimes du régime d’Assad ».
  • Le document contient une liste familière et pas du tout originale de clichés qui, malheureusement, restent infondés.
    • Toutes les affirmations sur de prétendues « nombreuses violations du droit international, notamment des normes sur la conduite de conflits militaires et sur les droits de l’homme » ne sont appuyées par aucune preuve.
  • D’ailleurs, vous connaissez bien notre position concernant la frappe américaine contre l’aérodrome syrien de Chayrat le 7 avril, qui était une grossière violation du droit international.

Traditionnellement, Washington se réfère aux informations d’organisations des droits de l’homme et des renseignements américains qui sont, malheureusement, impossibles à vérifier ou à analyser jusqu’à la méthodologie utilisée pour la préparation de ces rapports.

A cet égard nous espérons qu’au lieu de leurs propositions habituelles de les « croire sur parole », nos collègues américains rendront publiques les preuves tangibles de leurs fortes déclarations. Dans le cas contraire, on pourrait y voir comme un élément de guerre médiatique contre la Syrie.

Nous avons noté l’apparition, dans les médias, d’une vidéo avec les aveux d’un mercenaire de l’opposition syrienne armée sur la mise en scène de l’attaque chimique à Khan Cheikhoun le 4 avril.

Il y est directement indiqué que l’attaque chimique a été mise en scène pour discréditer le gouvernement syrien en prévision des contacts russo-américains.

L’ex-membre de l’organisation pseudo-humanitaire des Casques blancs a confirmé que l’objectif de cette provocation était la création de fausses preuves suggérant que Damas n’avait pas rempli ses engagements de détruire les armes chimiques et s’en était servi contre les civils d’Idleb.

Plus tôt des médias en ligne, se référant au mouvement américain des vétérans, ont rapporté que la vidéo du sauvetage des habitants de Khan Cheikoun avait été tournée pendant quatre jours par les équipes de tournage de la chaîne qatarie Al Jazeera et de l’agence de presse britannique Reuters.

Nous espérons que ces informations seront minutieusement étudiées, et que si elles sont confirmées on en tirera les conclusions appropriées. Il est grand temps – et cela ne date pas d’hier – d’ériger un « barrage » à la propagation de ce « fleuve de fakes ».

6 – Sur la déclaration du Secrétaire d’État adjoint pour le Moyen-Orient Stuart Jones (USA) concernant de prétendues « exécutions massives » en Syrie

Bien sûr, nous avons relevé la déclaration faite le 15 mai par le Secrétaire d’État adjoint américain Stuart Jones sur de prétendues exécutions massives dans la prison syrienne de Saidnaya, après lesquelles les corps seraient brûlés dans un crématorium spécialement construit à proximité. Nous avons noté également que les propos du représentant américain accusant les autorités syriennes n’étaient, une fois de plus, appuyés par aucune preuve.

C’est un nouvel exemple de la fameuse propagande « de l’éprouvette » américaine, qui fait beaucoup d’étincelles mais ne se fonde sur aucune preuve. Malheureusement, de telles désinformations ne font que réchauffer la situation en Syrie, exacerber le conflit et ne contribuent certainement pas à son règlement pacifique.

On espère que les nouvelles autorités américaines adopteront tout de même une approche constructive pour se concentrer sur la lutte contre le terrorisme – et non sur le renversement du régime à Damas en se servant notamment des médias comme instrument.

L’ancienne administration de Barack Obama ne percevait pas cet objectif comme prioritaire, et faisait même tout pour protéger le groupe terroriste Front al-Nosra des frappes aériennes russes. Ce groupe est pourtant une cellule d’Al-Qaïda, l’organisation terroriste qui a tué 3 000 Américains le 11 septembre 2001. Bien que le soutien aux terroristes soit un crime grave aux USA, l’ancienne équipe estimait que tous les moyens étaient bons pour renverser le Président Bachar al-Assad, et elle était prête à recourir aux services de ces bandits – de véritables terroristes – pour parvenir à ses fins. Nous proposons d’attirer l’attention du public américain sur ce fait très controversé et scandaleux.

7 – Sur le rapport préliminaire de la Mission d’établissement des faits sur l’usage de l’arme chimique en Syrie concernant l’incident de Khan Cheikhoun dans la province d’Idleb

Nous continuons de suivre très attentivement le travail de la Mission d’établissement des faits de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) sur leur usage en Syrie. Nous avons noté la publication, le 12 mai, du rapport préliminaire de la Mission d’établissement des faits sur l’usage de l’arme chimique en Syrie concernant l’incident de Khan Cheikhoun dans la province d’Idleb du 4 avril, où « avec une grande part de probabilité » a été établi l’usage du produit toxique militaire sarin ou de produits toxiques de composition similaire.

Malheureusement, force est de constater à nouveau qu’à en juger par le contenu du rapport les conclusions des spécialistes de la Mission continuent de s’appuyer sur de prétendues preuves obtenues indirectement via des structures de l’opposition armée syrienne et d’une certaine ONG.
Nous sommes convaincus qu’en l’absence d’une visite des spécialistes de la Mission directement sur les lieux de l’incident chimique présumé et à la base aérienne syrienne de Chayrat où, selon les affirmations de certains États, était stocké le sarin pour son prétendu usage par l’aviation syrienne pour attaquer Khan Cheikhoun, il sera impossible de reconstituer les faits réels.

Nous saluons les mesures entreprises à ces fins par le Secrétariat technique de l’OIAC avec le soutien de l’Onu. Nous appelons la nouvelle direction du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-Onu, créé pour enquêter sur les cas d’usage de l’arme chimique, à se pencher immédiatement sur l’étude de la situation sur place, y compris l’usage de sources d’information alternatives dans le contexte de la résolution 2319 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la mise en œuvre des tâches pour lutter contre les risques et les défis du terrorisme « chimique » au Moyen-Orient.

8 – Sur la situation au Venezuela

La situation au Venezuela continue d’évoluer selon un scénario de force. La confrontation entre les partisans du gouvernement de Nicolas Maduro et l’opposition s’accompagne d’un renforcement de l’activité protestataire et des affrontements. Malheureusement, on déplore des morts et des blessés des deux côtés. Leur nombre augmente.

Notre position au sujet du règlement des différends politiques au Venezuela reste inchangée. Vous la connaissez. L’incitation au conflit en provoquant des émeutes et des affrontements ne mène nulle part et risque de provoquer le chaos, l’effusion de sang et de nouvelles tragédies humaines.

La seule façon de régler les problèmes auxquels le pays fait face est de lancer des négociations responsables sans conditions préalables. Toute action des parties, aussi bien du gouvernement que des forces d’opposition, doit être entreprise uniquement dans le cadre légal en respectant la Constitution vénézuélienne et sans ingérence extérieure destructive. Tout cela s’adresse également à la réunion de l’Assemblée constituante par le Président Nicolas Maduro.

Soulignons une nouvelle fois que la Russie a toujours prôné le règlement des contradictions internes au Venezuela par la voie pacifique et civilisée. Nous sommes prêts à dialoguer avec toutes les forces politiques vénézuéliennes qui y sont disposées et souhaitent sincèrement assurer un développement stable et durable de ce pays. Si la participation de la Russie à la normalisation des processus internes au Venezuela était sollicitée, nous y contribuerions au niveau demandé. On s’attend à ce que cette position soit également adoptée par nos partenaires – les acteurs régionaux et internationaux qui souhaitent apporter des services de médiation à Caracas pour régler la situation intérieure. Les bons services ne doivent pas être imposés.

En ce qui concerne les consultations du Conseil de sécurité des Nations unies sur la question vénézuélienne, nous partons du fait que la situation dans ce pays ne représente pas une menace pour la paix régionale et pour la sécurité.

Bien évidemment, nous avons noté la déclaration de l’Ambassadrice des USA à l’Onu Nikki Haley à l’issue de cette réunion, qui a fait un lapsus en déclarant que la situation au Venezuela pourrait suivre le scénario syrien. D’après Haley, les USA voudraient empêcher une telle évolution de la situation. Effectivement, toutes les personnes sensées  le souhaitent. Mais nous savons quel facteur a joué le rôle principal dans la tournure aussi déplorable des événements en Syrie. Alors travaillons ensemble pour que le degré de tension au Venezuela diminue au lieu d’être artificiellement réchauffé de l’extérieur.

Autre point fondamental: nous trouvons qu’il est important d’apporter une couverture objective et impartiale de la situation au Venezuela. Un rôle particulier incombe aux médias en ce sens. Ils ne doivent pas se transformer en instrument d’incitation au conflit, en médiateur des intérêts de forces qui souhaitent l’exacerbation de la situation au profit de leurs propres ambitions, souvent en présentant les faits de manière déformée et unilatérale.

9 – Sur la situation en Macédoine

Mercredi 17 mai, le Président macédonien Gjorge Ivanov a délivré au chef de l’Union sociale-démocrate de Macédoine Zoran Zaev le mandat de former un nouveau gouvernement à l’issue des législatives anticipées du 11 décembre 2016.

Nous notons la position de principe du chef de l’État macédonien qui a jugé possible d’entreprendre une telle démarche après la confirmation publique par Zoran Zaev qu’il refuserait de mettre en œuvre des dispositifs sapant la souveraineté et l’architecture constitutionnelle du pays.

Nous espérons que les forces politiques de Skopje détermineront elles-mêmes les voies qui permettront de surmonter la crise provoquée par l’ingérence extérieure dans les affaires intérieures de la République de Macédoine.

10 – Sur la situation en Côte d’Ivoire

Nous suivons attentivement la situation en Côte d’Ivoire où des militaires manifestent depuis le début de l’année (avant tout parmi les anciens rebelles intégrés dans les forces armées en 2010-2011). Ces derniers exigent que leur soient versées les importantes indemnisations promises par le gouvernement, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de service.

Les troubles qui ont commencé le 12 mai à Abidjan et dans d’autres villes du pays ont paralysé le fonctionnement des établissements publics et des banques, les établissements scolaires ont été fermés et la circulation sur certaines routes a été suspendue. Malheureusement, on déplore des victimes humaines.

Les autorités du pays ont appelé les manifestants à cesser les émeutes et à chercher des solutions de compromis au problème. La population a soutenu les actions du gouvernement. Le 15 mai, les parties ont réussi à déboucher sur un accord. Actuellement, la situation en Côte d’Ivoire se normalise progressivement. Selon les médias, les militaires sont revenus à leurs affectations.

A Abidjan, y compris dans le quartier où se situe l’Ambassade de Russie, la situation est relativement calme. Les collaborateurs de la représentation diplomatique et leur famille sont en sécurité. Il n’y a pas de citoyens russes parmi les victimes en Côte d’Ivoire.

11 – Sur les plans de déploiement d’un contingent militaire américain en Afghanistan à titre permanent

Nous avons noté l’information, basée sur les propos du Secrétaire à la Défense américain James Mattis et du conseiller du Président pour la sécurité nationale Herbert McMaster, concernant les plans de Washington de déployer un contingent militaire américain en Afghanistan à titre permanent.

Il convient de rappeler que les militaires des USA et de l’Otan se trouvent en Afghanistan depuis plus de 15 ans. Le bilan de leur présence n’est pas rassurant: le conflit armé violent perdure dans le pays, la production de drogues augmente. Sachant que les « succès » largement vantés en matière de développement économique de ce pays suscitent de sérieux doutes, car les chômeurs représentent plus d’un quart de la population apte à travailler du pays, et plus d’un tiers des Afghans vivent sous le seuil de pauvreté.

De notre côté, nous sommes convaincus qu’une entente nationale par la voie politique est la seule solution pour régler la crise en Afghanistan. C’est précisément l’objectif des efforts de la Russie et d’autres partenaires dans le cadre du format de Moscou des consultations régionales sur l’Afghanistan.

12 – Sur une série d’inventions sur la Russie dans les médias américains

Nous avons reçu de nombreuses questions de la part des médias américains. En particulier, vous avez suivi les commentaires du Ministère russe des Affaires étrangères concernant un nouveau cycle de publications paranoïaques dans les médias aux USA à l’issue de la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans ce pays.

Il était impossible de passer à côté des nouvelles publications marquantes des médias américains sur le thème russe.

  • Le nouveau « scoop » sorti à l’issue de la récente rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Président américain Donald Trump affirme que nous avions envoyé de nombreuses demandes de tels contacts avec Barack Obama.
    • En particulier, la correspondante de Politico Susan Glasser, se référant comme toujours à des bureaucrates anonymes haut placés de l’ancienne administration (c’est-à-dire qu’on ignore absolument de qui il s’agit) affirme que soi-disant depuis 2013 les Russes suppliaient littéralement d’organiser pour le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov une audience à la Maison blanche. Mme Glasser: c’est un mensonge.

Bien évidemment, nous sommes toujours restés ouverts à tout contact à différents niveaux, y compris très élevés. En dépit de la ligne adoptée par Washington sous la présidence de Barack Obama visant à geler la coopération bilatérale, nous avons cherché et avons tout fait pour mener avec les USA un dialogue actif, ce qui n’était pas nécessaire seulement pour nous mais répondait également aux intérêts de la sécurité internationale.

Depuis 2013, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rencontré 64 fois le Secrétaire d’État américain John Kerry et a eu 192 entretiens téléphoniques avec lui, et dans plus de 90% des cas ils ont eu lieu à l’initiative américaine.

Voilà pour la question de savoir qui se jetait aux pieds de l’autre.

En seulement 14 mois – entre mai 2015 et juillet 2016 – le Secrétaire d’État s’est rendu quatre fois en Russie où, à chaque fois, il a été patiemment reçu par le Président russe Vladimir Poutine.

Il y a eu également de nombreux contacts au sommet.

Je me permets de m’écarter de notre tradition pour rappeler que le Président russe Vladimir Poutine et l’ex-président des USA Barack Obama ont organisé 11 rencontres individuelles et 26 entretiens téléphoniques, souvent très longs. Une fois de plus, la plupart du temps, l’initiative était prise par la Maison blanche.

Eu égard à un contact aussi conséquent à haut niveau et au sommet, la question d’une brève discussion et d’une réunion protocolaire au Bureau ovale ne se posait pas. D’autant que nous nous souvenons tous que l’ancienne administration n’écoutait pas du tout la voix de la raison et ne manifestait aucune volonté de faire quoi que ce soit pour améliorer les relations russo-américaines.

Voici l’exemple concret d’un nouveau fake, d’une invention et d’une absurdité d’une revue qui revendique, depuis ses quelques années d’existence, d’être citée (ce qui est malheureusement le cas). En particulier, dans les pays européens, les médias américains jouent le rôle de « grand frère » et tout ce qui y est publié est repris à l’aveuglette (parfois mot pour mot). Voici donc une histoire concrète d’une journaliste qui a inventé une histoire se référant à « je ne sais pas qui ». Et c’est ainsi en permanence dans tous les domaines.

13 – Sur les déclarations du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson

Nous avons relevé les propos tenus par le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans une interview à NBC News. Il a déclaré que l’ingérence de la Russie dans l’élection présidentielle américaine de 2016 était « bien documentée » et que « la manipulation russe des processus électoraux américains ne suscitait aucun doute ».

Je voudrais pointer une nouvelle fois du doigt l’inconsistance absolue de ces accusations propagées aux USA depuis des mois. Nous les avons entendues de nombreuses fois et depuis longtemps, en vain, nous avons demandé des arguments et des faits, quelle qu’en soit la forme. Tout cela reste sans réponse. Pour l’instant, tout se résume à la fantaisie publiée sur internet par le Britannique Christopher Steele et au fameux rapport de janvier des renseignements américains inspiré par l’administration de Barack Obama et qui rappelle une « narration d’écolier sur un thème donné » sans aucun fait réel.

Nos opposants n’ont aucune preuve et ne peuvent pas en avoir. Bien sûr, ils ne peuvent rien montrer car on ne peut pas « mettre des hackers dans une fiole ».

Toutes ces histoires sur la prétendue « ingérence russe » sont un fake artificiellement créé pour être utilisé dans les confrontations politiques internes aux USA.

Nous y sommes habitués. De la même manière, ceux qui écrivent de tels articles devront s’habituer à nos démentis réguliers. Ce genre d’affirmations de la part de hauts représentants du Département d’État ne peuvent susciter que de la déception.

Elles ne font que compliquer le dialogue et vont à l’encontre de ce que nous entendons dans le cadre de nos contacts bilatéraux. Ces derniers mois, le travail avait pris une direction complètement différente, basée sur l’aspiration à établir des relations pragmatiques et mutuellement bénéfiques, ainsi que la volonté de rejeter tous les éléments artificiels qui empêchaient une coopération normale.

Une nouvelle fois, nous appelons nos partenaires à prendre plus au sérieux ce qu’ils disent et ce qu’ils font. Il est temps de mettre un terme à cette farce.

14 – Sur l’affaire Marat Oueldanov

Le procès du citoyen russe Marat Oueldanov s’est terminé le 28 avril. Le tribunal de Bakou l’a condamné à 8 ans de prison pour acquisition, possession et transport de stupéfiants à grande échelle. Un représentant de l’Ambassade de Russie en Azerbaïdjan était présent au procès.

L’accusé a fait appel. Depuis le 29 avril, Marat Oueldanov se trouve en détention provisoire à Bakou. L’évolution de la situation implique, entre autres, la possibilité d’un transfert en Russie de Marat Oueldanov pour purger sa peine.

L’Ambassade de Russie en Azerbaïdjan est en contact permanent avec le citoyen russe, son avocat et avec les autorités azerbaïdjanaises, et fait le nécessaire pour défendre ses droits et intérêts.

15 – Sur les déclarations du porte-parole du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères

Nous avons été confus par les déclarations du service de presse du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères reprises par l’agence de presse nationale concernant la décision de la Cour suprême russe de supprimer l’association russe Congrès azerbaïdjanais panrusse à cause de nombreuses violations de la loi fédérale.

Nous avons noté le discours du porte-parole du Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères concernant la politique nationale russe, évoquant « l’équilibre des relations interethniques, le concept des réformes et les perspectives du dialogue interculturel » dans notre pays. Nous considérons de telles déclarations comme déplacées. Voir dans cette décision du tribunal russe une « démarche hostile » envers l’Azerbaïdjan paraît étrange.

Il est déplorable que le Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères utilise à nouveau des versions publiées dans certains médias en parlant, qui plus est publiquement, d’une prétendue « piste arménienne ».

Nous n’avons pas besoin de conseils douteux pour gérer les relations interethniques dans notre propre pays.

  • La Russie est un État démocratique multiethnique où sont garantis les droits de tous, indépendamment de leur nationalité.
  • Nous avons créé toutes les conditions pour l’auto-organisation et l’activité à part entière des associations culturelles et ethniques.
  • En particulier, plus de 260 ONG représentent les intérêts des citoyens russes de nationalité azerbaïdjanaise.
    • L’association azerbaïdjanaise de jeunesse de Russie,
    • l’Union des organisations azerbaïdjanaises de Russie,
    • l’Autonomie fédérale nationale et ethnique des Azerbaïdjanais de Russie
    • le Fonds culturel azerbaïdjanais mondial
  • fonctionnent très bien au niveau fédéral.
La Russie tient au partenariat stratégique avec l’Azerbaïdjan, dont la ligne de renforcement a été déterminée par les dirigeants des deux pays. Nous sommes certains que les déclarations que j’ai citées (probablement pas très réfléchies) ne nuiront pas aux relations russo-azerbaïdjanaises.

16 – Sur la profanation de la stèle commémorative en hommage aux pilotes russes à Kiviõli, au nord-est de l’Estonie

Nous sommes profondément indignés par le nouvel acte de vandalisme contre un site érigé à la mémoire des pilotes soviétiques morts en 1944 près du village de Ryaza dans les batailles pour libérer l’Estonie. De tels actes cyniques ne sont rien d’autre qu’une profanation de la mémoire de ceux qui ont perdu la vie dans la lutte contre le fascisme.

Nous espérons que les autorités estoniennes prendront les mesures nécessaires pour traduire les responsables en justice et empêcher que cela se reproduise. L’Ambassade de Russie à Tallinn s’est déjà adressée à ces dernières à ce sujet.

17 – Sur les déclarations du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker

Nous avons noté les déclarations du Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker au cours de sa visite en Roumanie. Alors que la rhétorique antirusse est devenue habituelle, formulée selon un schéma commun en utilisant des clichés russophobes, les déclarations du politicien européen étaient très pesées et constructives.

Dans une interview à la revue roumaine Adevarul (Vérité), le Président de la CE a déclaré que les relations entre l’Union européenne et la Russie « devaient être rétablies » et que c’était possible: « Même si actuellement nos relations sont ternies par des problèmes et une certaine méfiance, cela ne signifie pas qu’elles sont détruites ». Comme l’a noté Jean-Claude Juncker, en dépit des différends « les canaux de communication doivent rester ouverts ». Son discours devant le public roumain au Musée national des beaux-arts allait dans le même sens.

Malheureusement, cette déclaration n’a pas été largement reprise. Tout le monde a conservé un « silence éloquent » selon l’expression consacrée.

Nous espérons que cette disposition positive prévaudra dans nos relations et permettra de s’éloigner des déclarations russophobes dont nous sommes contraints de parler si souvent.

 

Réponses aux questions:

A- Question: Après la réunion trilatérale entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie du 28 avril à Moscou, Erevan et Bakou ont laissé entendre qu’une telle réunion pourrait être à nouveau organisée pour approfondir les actions afin de régler la situation dans le Haut Karabagh. On sait qu’une forte aggravation de la situation a eu lieu récemment dans ce conflit, qui a fait des victimes des deux côtés. D’après vous, reste-t-il encore une possibilité d’organiser une telle réunion trilatérale après ce grave incident, ou faudra-t-il l’oublier à court terme?

Réponse: En tant que médiateur dans le règlement du conflit du Haut Karabagh, la Russie condamne la violation du cessez-le-feu et appelle les parties à prendre les mesures nécessaires pour empêcher l’escalade de la tension dans la zone du conflit.

En effet, selon différentes sources, un site militaire se trouvant de l’autre côté de la ligne de contact  a été bombardé le 15 mai depuis le côté azerbaïdjanais. L’autre partie a réagi. Les informations sur la nature du site, les dommages subis et la présence de victimes dans les effectifs sont controversées. Je viens de rappeler la position de base de la Russie à ce sujet.

En ce qui concerne la réunion et la poursuite des contacts, je n’ai rien à annoncer pour l’instant. Si de tels contacts étaient prévus, nous vous en informerions.

B – Question: L’Ukraine a récemment interdit l’usage de réseaux sociaux russes par ses citoyens et les politiciens ukrainiens affirment que la population est ainsi protégée contre des informations mensongères. De nombreuses organisations sont déjà montées au créneau. D’après vous, pourquoi cette démarche a-t-elle été entreprise? Quelles pourraient en être les conséquences?

Réponse: Personne ne cache le but de cette action: cela est nécessaire pour bloquer le plus grand nombre de sources alternatives d’information. Il est évident que ce n’est même pas une censure mais une violation directe des engagements pris immédiatement après le coup d’État anticonstitutionnel de 2014 d’assurer la liberté d’expression. La Russie a attiré plusieurs fois l’attention de nos partenaires sur ce point.

A l’époque on nous répondait que c’était une période de trouble, une période de transition, un moment de chaos mais quand tout se stabiliserait, qui plus est après l’élection du président, l’Ukraine serait soumise aux mêmes exigences et entendrait les appels à revenir au cadre légal et aux normes qui font partie de ses engagements en tant que membre de la communauté internationale.

Depuis combien d’années le président choisi par les citoyens ukrainiens, qui a été reconnu comme dirigeant légitime de l’État par la communauté internationale, est-il au pouvoir? Il est arrivé en disant qu’il était « président de la paix, pas de la guerre ».

Au final il n’y a ni paix ni respect des principes démocratiques, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et la protection des journalistes. Ce n’est pas à moi de vous raconter ce qui se passe dans ce pays avec les journalistes. En tant que représentant de la chaîne Life News vous savez bien, d’après l’expérience de vos propres correspondants qui ont été malmenés par les nationalistes, ce qu’ils ont subi. Les mêmes mesures s’appliquent aux journalistes russes et locaux, et pas seulement ceux qui expriment un point de vue alternatif.

Le régime de Kiev est allé encore plus loin – il a inscrit sur ses listes noires des médias occidentaux qui ont toujours été loyaux au régime de Kiev. Tout cela, malheureusement, ne fera que s’aggraver. Je peux dire clairement que le blocage des réseaux sociaux russes, des sites et d’autres produits médiatiques se poursuivra. Des sites d’autres pays seront bloqués.

Je voudrais noter la bassesse avec laquelle cela a été fait.

A en juger par les listes (c’est une immense liste de nouvelles sanctions qui devrait contenir 1 500 positions) nous savons parfaitement que cela n’a pas été préparé en un jour ou un mois. Cela a été travaillé en détail. Cette idée a été longuement réfléchie.

J’attire votre attention sur la période à laquelle ces mesures ont été prises: littéralement un jour ou deux après le déroulement de l’Eurovision 2017 à Kiev. Il s’avère qu’en dépit de tous les bonus européens obtenus pour encourager les processus démocratiques en Ukraine, Kiev a une nouvelle fois trompé l’Europe en se servant de « l’approbation de la famille européenne » pour ce qui se passe en Ukraine. Le lendemain ils ont adopté une nouvelle série de mesures absolument antidémocratiques. Ce n’est pas l’unique exemple. Je répète que ce n’est que le début d’un vaste déclin.

Je voudrais également attirer l’attention sur l’approbation, par le Parlement ukrainien, du projet de loi interdisant le port et la fabrication du ruban de Saint-Georges.

Pour les gens qui ne comprennent pas ou ignorent l’histoire, cela ne paraît probablement pas très sérieux. Mais pour ceux qui connaissent bien l’histoire et l’étymologie de la crise ukrainienne actuelle il est évident et clair que le régime de Kiev n’a aucune volonté de réconcilier les hommes dans son propre pays. Au contraire: le gouvernement veut diviser au maximum les habitants de son propre pays.

Je répète, un fait comme l’interdiction de produire et de porter le ruban de Saint-Georges n’est peut-être pas notable pour quelqu’un qui ne connaît pas l’histoire de l’URSS, de l’Ukraine, de la Russie, de l’Empire russe et de la Rus’.

En réalité, c’est immense élément de division entre les hommes qui vivent en Ukraine et c’est évidemment l’un des signes que le régime de Kiev ne songe même pas à remplir les Accords de Minsk.
Tout cela est extérieurement illusoire et trompeur, comme toujours. De la même manière que toutes les mesures prises par l’UE en fermant les yeux sur bien des choses et en encourageant l’Ukraine par différents moyens sur la voie des réformes. L’Ukraine, non pas en tant que pays mais en tant que régime de Kiev, ment tout simplement à l’UE. Je le répète: vous l’apprendrez et le lirez vous-mêmes. C’est le début. La suite sera plus corsée.

C- Question: La Russie va ouvrir prochainement un itinéraire maritime de transport de marchandises et de passagers avec la Corée du Nord. Le premier ferry d’essai est arrivé aujourd’hui à Vladivostok. La communication régulière doit être établie le 25 mai. L’ouverture de cette ligne de ferry ne tombe-t-elle pas sous le coup des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies?

Réponse: Non.

D – Question: Pourquoi les journalistes n’ont-ils pas été autorisés à couvrir cet événement, notamment à filmer l’arrivée du ferry?

Réponse: Je ne suis pas au courant, ce n’est pas nous qui avons organisé cet événement. Je suis prête à demander des précisions. Si vous voulez familiariser vos auditeurs avec ce site, nous trouverons la structure qui en est responsable et nous verrons ce qui peut être fait pour organiser une visite.

E – Question: Que pensez-vous de l’intention des USA de fournir des armes aux unités kurdes qui combattent l’État islamique dans la ville syrienne de Raqqa?

L’an dernier, pendant sa campagne électorale, le Président américain Donald Trump avait proposé de créer des zones de sécurité en Syrie. La Russie a soumis en ce sens un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies. Est-ce que cela témoigne du développement de la coopération russo-américaine au sujet de la Syrie?

Réponse: Toutes les livraisons d’armes doivent être conformes aux lois du pays. C’est ainsi qu’agit Moscou dans le cadre de ses relations avec les pays du Moyen-Orient. Il faut toujours partir de cette règle immuable.

Nous faisons tout, de notre côté, pour initier une coopération constructive avec la nouvelle administration américaine. Cela passe, entre autres, par l’invitation des USA à contribuer au processus d’Astana où ils sont présents en tant qu’observateurs via un ambassadeur. Nous sommes prêts à collaborer avec eux à plus haut niveau. Des contacts de travail se déroulent constamment au niveau des ambassades.

Bien sûr, une attention particulière a été accordée à la Syrie pendant l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Président américain Donald Trump. Le processus de paix syrien est activement évoqué dans le cadre d’entretiens téléphoniques avec nos collègues américains au niveau du Ministre et des vice-ministres. Il y a aussi des contacts personnels. Tout cela vise à élaborer des actions convenues et à initier un dialogue constructif. Nous sommes prêts à coopérer sur la plateforme de l’Onu.

F – Question: La presse américaine a rapporté que pendant l’entretien à Washington, le Président américain Donald Trump avait transmis au Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov des informations secrètes. La Russie compte-t-elle dévoiler le décryptage de la conversation?

Mène-t-on des pourparlers concernant l’entretien à venir entre le Président américain Donald Trump et le Président russe Vladimir Poutine pendant le sommet du G20?

Réponse: Le Président russe Vladimir Poutine a déclaré qu’une telle éventualité était envisageable si la requête en était faite.

Votre seconde question relève de la responsabilité de l’Administration présidentielle et de son service de presse. Ce thème a été commenté à plusieurs occasions par le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov et par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

G – Question: Récemment, le quotidien Novaïa gazeta a publié un article sur le soldat Sergueï Doubinski soupçonné d’avoir transporté le Bouk qui aurait servi en juillet 2014 à abattre le Boeing 777 malaisien. Sergueï Doubinski est-il connu du gouvernement russe? Est-il vrai qu’il reçoit une pension de retraite? Que pouvez-vous dire sur ses propos selon lesquels « cela a été fait par les salauds de Moscou »?

Réponse: Nous allons préparer une réponse et vous la communiquer prochainement.

H – Question: Aujourd’hui a été ouvert l’itinéraire maritime entre la Corée du Nord et la Russie. Le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a déclaré que Tokyo suivait attentivement l’impact des actions de la Russie sur les efforts de la communauté internationale pour régler les problèmes nucléaires de la Corée du Nord. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous ne voyons aucun lien entre le lancement de ce projet et le problème nucléaire de la Corée du Nord. Nous sommes suffisamment actifs dans notre position sur le problème nucléaire nord-coréen, dans sa promotion au Conseil de sécurité des Nations unies où cette question doit être traitée. Vous êtes au courant de notre travail en ce sens aussi bien dans les formats bilatéraux que multilatéraux. Ce thème est soulevé avec nos partenaires au niveau approprié. Des représentants et des experts sont chargés de cette question.

I – Question: Certains éprouvent des craintes à cause du projet de la Corée du Nord et de la Russie. Le Ministère russe des Affaires étrangères a-t-il une position à ce sujet?

Réponse: Nous n’avons pas de craintes à ce sujet. Il n’existe aucun lien entre ce projet d’infrastructure et ce qui est évoqué dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies ou sur les plateformes des organisations internationales.

J – Question: Aujourd’hui, le Secrétaire général du Cabinet japonais Yoshihide Suga a donné un commentaire différent par rapport au lancement du ferry. Il a déclaré qu’il contacterait par la voie diplomatique le Ministère russe des Affaires étrangères pour exprimer sa position. Le contact a-t-il été établi? Les positions des deux pays coïncident-elles?

Réponse: Le contact avec la partie japonaise est permanent, aussi bien par le biais de l’Ambassade du Japon à Moscou que de l’Ambassade de Russie à Tokyo. Les contacts entre la Russie et le Japon fonctionnent très bien. Je peux demander des précisions pour savoir si une telle requête a été envoyée par la partie japonaise.

K – Question: Des Japonais ont visité aujourd’hui pour la première fois l’île sans visa et ont exprimé des préoccupations compte tenu de l’impossibilité de visiter leurs anciennes colonies. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Je n’ai pas vu ces informations. Nous publierons un communiqué officiel.

L – Question: Le Président américain Donald Trump a promis au Président turc Recep Tayyip Erdogan de soutenir la Turquie dans la lutte contre le terrorisme. Dans quelle mesure cela pourrait-il contribuer à la création d’une coalition antiterroriste globale étant donné que la Turquie travaille déjà avec succès en ce sens avec la Russie et l’Iran?

Réponse: Chaque pays a le droit de nouer son propre dialogue avec d’autres, y compris concernant le terrorisme. Les USA et la Turquie ne font pas exception. L’approfondissement de la coopération antiterroriste est le droit légitime de deux puissances souveraines. Les USA et la Turquie participent activement aux projets où le thème de la lutte contre le terrorisme, lié notamment à la Syrie, est activement évoqué. Cela concerne, entre autres, le Conseil de sécurité des Nations unies et le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). La question de la lutte contre le terrorisme doit être traitée collectivement. Quand on connaît la genèse de cette crise et le nombre de pays et de groupes qui se trouvent derrières telles ou telles forces rebelles, il y a un besoin précis d’actions collectives. Les deux pays ont le droit de coopérer. Nous partons du fait que cette coopération doit être constructive et ne pas entrer en contradiction avec les textes adoptés concernant ce dossier.

M – Question: L’envoyé spécial du nouveau Président sud-coréen arrive le 22 mai en Russie. Rencontrera-t-il quelqu’un du Ministère russe des Affaires étrangères? Quelles questions seront évoquées?

Réponse: Je n’ai pas d’informations concernant ses éventuels entretiens au Ministère russe des Affaires étrangères. Nous préciserons cette information prochainement.

N – Question: Le Secrétaire américain à la Justice Jeff Sessions a nommé hier l’ex-directeur du FBI Robert Mueller au poste de procureur spécial pour enquêter sur l’ingérence présumée de la Russie dans les élections présidentielles américaines en 2016. On voudrait connaître la position de Moscou par rapport à cette nomination.

Réponse: Nous n’avons aucune position à ce sujet. Cette affaire interne des USA, qui est un facteur de lutte politique intérieure, n’arrive malheureusement pas à sortir du cycle électoral pour se normaliser. Malheureusement, cette campagne électorale s’est prolongée, du moins sa période postélectorale s’attarde, et il n’y a aucune tendance à l’apaisement de la situation aux États-Unis. Au contraire, on imagine sérieusement que cette vague postélectorale va s’étendre jusqu’aux législatives américaines et au-delà. Les thèmes seront pourtant les mêmes: faire face à la Russie, faire face à la menace russe et aux cyberattaques.

A l’approche des législatives américaines apparaîtront de nouvelles histoires sur le piratage des serveurs. Nous avons mis en place avec les USA un mécanisme approprié pour prévenir les cybermenaces et les cyberattaques.

C’est un mécanisme officiellement établi, une structure clairement établie qui a son propre ordre de fonctionnement.
Si les États-Unis soupçonnent que des attaques cybernétiques sont commises contre eux depuis le territoire russe, des informations doivent être envoyées par ce canal et les autorités compétentes russes traiteront immédiatement ces questions.
Elles utiliseront leur potentiel et leurs capacités pour comprendre de quoi il retourne et entamer une enquête interne, des vérifications.

Depuis sa création, ce mécanisme n’a été actionné qu’une seule fois.

Toutes les autres références aux cyberattaques sont restées sans recours à ce mécanisme, car en l’occurrence il faut fournir des informations concrètes: le lieu, la partie de l’espace virtuel et l’heure des signaux enregistrés.

Il n’y a pas de telles informations dans l’espace public, dans le cadre des mécanismes disponibles du suivi de cyberattaques. L’histoire de l’implication de la Russie dans les élections américaines est celle de la campagne d’un candidat, du moins pour la partie internationale, qui n’avait pas suffisamment de force pour accepter la défaite et chercher les erreurs dans sa propre politique, dans ses propres lacunes. C’est pourquoi il a fallu trouver un ennemi « éternel ».

O – Question: La commission américaine pour la sécurité nationale a approuvé hier un projet de loi proposant que le croisement situé devant l’Ambassade de Russie à Washington soit rebaptisé « Place Boris Nemtsov ». La partie russe a-t-elle un avis sur la question?

Réponse: Cette histoire est révélatrice de l’establishment politique américain actuel et de son niveau. Vous pensez peut-être que je vais dire que c’est mal, nuisible et pas nécessaire. Je ne le dirai pas parce que cette histoire est bien plus profonde, cynique et terrible qu’il ne pourrait vous sembler. Je ne sais pas s’il y a ici des journalistes américains ou des journalistes spécialisés dans les situations autour de questions comparables aux USA. J’ai vu ces informations. Le fait est qu’il n’y a actuellement rien à l’endroit dont il est question. C’est simplement un espace non aménagé.

Il y a quelques temps, les autorités municipales ont informé le public et l’Ambassade de Russie aux USA (notre bâtiment se situe précisément dans ce quartier) de leur intention d’y construire un refuge pour les sans-abris. Réfléchissez donc à quel endroit les congressistes ont décidé de donner le nom d’un politicien russe.

  • On peut penser ce que l’on veut de l’héritage, de l’activité et de la vie de Boris Nemtsov, être d’accord ou en opposition avec ses idées, mais il représentait notre pays.
  • Il fut un politicien russe très marquant du début des années 1990, un ancien membre du gouvernement.
  • Alors pourquoi faire cela au nom de cet homme?
    • Soit c’est la stupidité des forces politiques qui prennent de telles décisions aux USA,
    • soit c’est un cynisme terrible.
  • A qui ont-ils voulu faire du mal?
  • A la mémoire de Boris Nemtsov?

Il faut être inhumain. Bien sûr, quand nous en avons été informés nous avons demandé des renseignements. Les habitants locaux ont même organisé des réunions quand la municipalité a averti de la construction d’un refuge pour sans-abris. Nous avons demandé des informations pour savoir si ces intentions avaient déjà valeur légale ou si elles n’en étaient pour l’instant qu’au stade des projets. Après les décisions d’aujourd’hui, les questions se multiplient. Apparemment, ils pensent toucher la Russie en agissant ainsi.

P – Question: La Chambre des représentants du Congrès américain a adopté un nouveau projet de loi prévoyant de nouvelles sanctions contre les pays qui bombardent la population civile en Syrie. Comment de tels projets de loi affectent-ils les relations russo-américaines dans la lutte contre le terrorisme?

Réponse: Le plus affligeant, à ce sujet, est le niveau des hommes qui prennent de telles décisions. Ils se représentent mal ce qui se passe dans la région, font du lobbying et sont très éloignés de la réalité. Dans l’ensemble, ils se réfèrent aux reportages de leurs propres médias, dont la qualité laisse à désirer. C’est pourquoi il existe des organisations concrètes et des personnes qui s’occupent de la coopération pour lutter contre le terrorisme et connaissent très bien la situation. Nous entretenons des contacts avec ces personnes dans différents formats bilatéraux et multilatéraux, nous sommes prêts à coopérer avec eux et les appelons à le faire. Des papiers sont tamponnés pour maintenir à flot le thème de la Syrie et de la Russie, pour créer une apparence de travail. Malheureusement, ces déclarations n’apportent rien de constructif.

Je profite de l’occasion pour vous féliciter, avec vos collègues, du prix que vous avez reçu. Il est mérité. J’ai récemment appris que la version espagnole de la chaîne RT avait reçu le prix spécial du club de journalistes du Mexique pour sa contribution à la diversité des points de vue, qui est remis conjointement avec l’université autonome de Carmen. Dans tous les pays où nous nous rendons avec la délégation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, chaque fois on nous vante – même si on n’est pas d’accord avec le point de vue de RT, ce qui a été noté au Mexique – votre contribution à la diversité des opinions.

Q – Question: Les leaders du Kurdistan irakien ont annoncé qu’ils comptaient organiser un référendum sur l’indépendance du Kurdistan cet automne. S’ils demandaient à la Russie d’envoyer ses observateurs pour surveiller le référendum, Moscou accéderait-il à cette demande?

Réponse: C’est une question hypothétique. Je pense qu’à ce sujet il faut agir et que les prédictions sont déplacées. Il faut partir des démarches concrètes entreprises par tel ou tel État et y réagir. Je laisse le soin aux experts et aux politologues de formuler de telles prévisions. Nous partirons de la position officielle de Bagdad et des processus qui se dérouleront dans le pays. Nous sommes en contact avec les autorités irakiennes et avec les représentants des établissements diplomatiques. On organise des rencontres et des pourparlers. C’est pourquoi, je le répète, nous agirons en fonction de la position officielle de Bagdad.

R – Question: Ils ont dit qu’ils chercheraient une entente avec Bagdad. Dans ce cas, la Russie serait-elle prête à envoyer ses observateurs?

Réponse: Nous commenterons les faits quand ils se dérouleront.

S – Question: Dans une interview, le politologue russe Igor Chatrov a déclaré que les négociations d’Astana sur la Syrie portaient sur des questions plus vitales que les négociations de Genève, où on évoque des tâches globales mais à la fois difficiles à mettre en œuvre, notamment en ce qui concerne la future structure politique de la Syrie. A l’ordre du jour du processus d’Astana figuraient les questions relatives au respect de la zone de cessez-le-feu et à la délimitation de la zone de responsabilité. Comme l’a noté un politologue russe, les négociations de Genève se transforment en « club de philosophie ». Que pouvez-vous dire au sujet de cette déclaration?

Réponse: Je la prends comme la déclaration d’un politologue russe. Vous connaissez notre position officielle sur les deux processus dont vous venez de parler. Nous les voyons comme deux processus parallèles – l’un stimule, l’autre est enrichi par le premier. Il faut les prendre ensemble. Ils sont interdépendants, réciproquement bénéfiques et importants.

T – Question: Au début de la conférence de presse vous avez exprimé votre disposition à fournir au Venezuela une aide variée. Pouvez-vous préciser de quel soutien il est question? Est-il diplomatique ou autre?

Réponse: Bien sûr, j’ai clairement indiqué qu’il était question d’efforts de médiation s’ils se révélaient nécessaires pour régler la crise politique dans le pays.


SOURCE/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/2761759

2017.05.26 Russian-Flag