1867 – – GM&S Industry, l’histoire d’un SOS industriel en Creuse

1/- GM&S Industry, l’histoire d’un SOS industriel en Creuse –de 1960 à 2017

2/- Manifestation pour les GM&S : le déferlement médiatique autour de Jean-Luc Mélenchon

3/- Pour Philippe Poutou, « GM&S est malheureusement un cas parmi d’autres »

4/- GM&S : « La seule façon de sortir de l’impasse, c’est une intervention directe de Macron

5/- Retour en images sur la mobilisation en faveur des GM&S à La Souterraine 

Retour en images sur la mobilisation en faveur des GM&S à La Souterraine 

1/-GM&S Industry, l’histoire d’un SOS industriel en Creuse

  • La Souterraine , Économie, Emploi, BTP – Industrie, Social, Creuse
GM&S Industry, l'histoire d'un SOS industriel en Creuse

GM&S chez Peugeot. © Stephane Lefèvre

 

C’est ce vendredi, 27/01/2017 à 11 heures, que le tribunal de commerce de Poitiers doit dire s’il poursuit la période d’observation du redressement judiciaire de la société GM&S, de La Souterraine (Creuse) ou s’il ordonne la liquidation judiciaire, mettant ainsi fin à une histoire commencée en 1962.

GM&S Industry, installé à La Souterraine (Creuse), spécialisé dans l’emboutissage et l’assemblage de pièces pour l’industrie automobile, emploie 283 salariés. Ce sous-traitant des groupes PSA Peugeot-Citroën et Renault a été placé en redressement judiciaire le 2 décembre 2016, le 3e en huit ans.

L’usine sostranienne a été placée en redressement judiciaire ce vendredi matin. Les salariés continuent leur combat.
Tous les salariés, ou presque, de GM & S Industry avaient le déplacement ce vendredi matin, accompagnés de quelques élus. Devant le tribunal de commerce de Poitiers, ils ne faisaient que revivre un épisode déjà connu : le placement de leur usine en redressement judiciaire « Le jugement vient d’être prononcé, confiait Vincent Labrousse, ce vendredi en milieu d’après-midi. On entre dans une période d’observation de six mois et une audience intermédiaire est prévue le 27 janvier, à 11 heures à Poitiers. 
Mais si pendant ce laps de temps, une dette est créée, on peut tomber en liquidation à tout moment. » Pour le délégué du personnel, pas question cependant de baisser les bras : « il faut qu’il y ait du travail qui rentre et on souhaite toujours une table ronde avec les constructeurs pour voir le présent et déterminer l’avenir. L’activité continue : on a besoin du soutien des constructeurs automobiles. Sans eux, ce n’est pas viable. »
Mardi 6 décembre, à 10 h30, sur le site sostranien, une réunion est prévue avec « les maires des communes concernées par des suppressions d’emplois ».

Un énième coup de semonce dans la vie de cette entreprise née Socomec en 1962. Un énième combat pour les salariés qui se battent depuis des années pour maintenir à flot leur outil de travail face à des repreneurs successifs.

Ce vendredi 27 janvier, à 11 heures, le tribunal de commerce de Poitiers doit dire s’il poursuit ou non la période d’observation du redressement judiciaire. Un énième round dont les salariés espèrent bien ne pas sortir KO afin que le deuxième employeur industriel de la Creuse poursuive l’histoire débutée en 1962.

1962

Installation de l’entreprise Socomec (sous-traitance mécanique) à La Souterraine (Creuse) qui devient la Sepesa en 1990. On y compte jusqu’à 600 salariés.

1989

Arrivée de la société Euramec à la Souterraine.

1991-1993

La Sepesa et Euramec sont absorbées par SER.

  • Le site de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) est choisi pour permettre l’embauche de personnels issus de la Cogéma après la fermeture des mines d’uranium. On y assemble notamment l’unité avant de l’Espace Renault.
  • A la Souterraine, on fabrique des petits sous-ensembles par emboutissage et assemblage par soudure.

1997

Les sites de La Souterraine et de Bessines sont rachetés par Aries Industries avec la suppression de 60 emplois.

1998

Les deux sites deviennent des filiales de Aries Industries Embouteillage qui passe rapidement aux mains du géant britannique Wagon Automotive. Les usines tournent plutôt bien pendant 7 ans.

2005-2006

Wagon “rachète” son homologue danois Oxford. Le patron d’Oxford, Wilbur Ross, prend la direction du nouveau groupe Wagon Oxford . L’équipementier britannico-danois réalise 1,16 milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel et emploie 7.600 salariés réparties en 28 usines dont 13 en France.

2006

Wagon Oxford qui a monté des sites en Europe de l’Est annonce un plan social sur les deux sites limousins notamment. Les usines de Bessines et La Souterraine sont vendues à un cadre de Wagon, David Cardwell (ex- directeur des produits spéciaux et de l’emboutissage) qui fonde Sonas (la « bonne chance » en Irlandais) avec la suppression de 20 emplois en Creuse et 20 millions d’Euros et promet l’arrivée d’une chaîne robotique avec

  • une presse de 800 tonnes à Bessines
  • une de 1.000 tonnes à La Souterraine.

Il annonce la création d’emplois. Il entend réfléchir à une diversification pour aller au-delà du secteur automobile. Les syndicats craignent en effet que Sonas devienne un sous-traitant de Wagon.

A ce stade, la région Limousin a déjà donné environ 800.000€ d’aides et de subventions aux entreprises qui se sont succédé à Bessines et à La Souterraine.

2008

Rien ne va plus. Le tribunal de grande instance de Guéret place le groupe Sonas en redressement judiciaire le 21 novembre 2008.

  • La faute à une mauvaise gestion,
  • à la crise
  • à la hausse des matières premières comme l’acier qui a doublé en quelques années.

De fait, David Cardwell a mal négocié les conditions de la reprise. Wagon lui a imposé un délai anormalement court – trois ans dans un secteur où les marges bénéficiaires sont de 2 ou 3% – pour rembourser le rachat de ses usines.

Étranglée par ses remboursements, Sonas ne dispose d’aucune trésorerie pour faire face à la crise. Surtout, Sonas n’a jamais exploré comme promis le ferroviaire ou l’industrie agricole. De fait, Sonas travaille pour Wagon et des grands constructeurs automobiles français.

Socomec, Sepesa, Wagon, Sonas, Altia, GM&S Industry… L’entreprise de La Souterraine a changé de nom, et de mains, à de nombreuses reprises.

2009

Les Sonas manifestent en février devant le ministère de l’Industrie à Paris contre la casse sociale. Le 7 juillet 2009, le tribunal de Guéret entérine l’offre de reprise du groupe Halberg qui rachète pour 750.000 € les sites de production Sonas et leurs stocks en ne supprime « que » 256 des 854 emplois du groupe. Au final, 314 salariés sur 360 sont repris à La Souterraine et 164 sur 211 à Bessines.

A l’automne, Halberg devient Altia (Advance leader technology innovation automotive). Des contacts sont noués avec Alstom pour développer la diversification en direction du ferroviaire et les équipementiers allemands en plus des français PSA et Renault. Altia envisage 5 à 8 millions d’investissements à la Souterraine pour l’extension des bâtiments et la création d’un centre de formation.

2010

Altia, c’est 43 millions d’euros de chiffres d’affaires à la Souterraine (240 millions à l’échelle du groupe), 310 salariés, 4 métiers en production (découpe, emboutissage, soudure, cataphorèse, tôlerie) et 280.000 pièces par jour pour Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Lamforder, Valéo, Ford, Meillor et BMW. Altia investit 1,5 million d’euros à La Souterraine.

2011

Tout va bien pour le Groupe Altia qui affiche 450 millions de chiffres d’affaires, 3.000 collaborateurs et est implanté dans 6 pays (France, Italie, Maroc et Tunisie). Etat et élus suivent. Le fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA) rang 2 rentre au capital d’Altia à hauteur de 5 millions d’euros. Une extension de l’usine de la Souterraine et l’acquisition de deux nouvelles presses sont prévues.

2012

En février, rien ne va plus. Les sites de la Souterraine et de Bessines débrayent contre des licenciements et les syndicats accusent Altia de piller les sites financièrement.

2013

La situation s’aggrave. En janvier 2013, la trésorerie est à sec, les dettes envers les fournisseurs s’accumulent, les salaires sont versés avec retard et font craindre un redressement judiciaire. Si la conjoncture est plus que morose dans le secteur automobile, la crise est aussi structurelle

Le 6 février 2013, les élus CGT et FO sont reçus par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif. Ils dénoncent une stratégie financière plus qu’industrielle avec une méthode simple :

  • racheter à la barre des tribunaux de commerce des entreprises en difficultés 
  • financer l’opération par un prêt bancaire ;
  • créer un flux de recettes en faisant louer les usines par les filiales pour contribuer au remboursement des intérêts de la dette ;
  • optimiser globalement tous les flux financiers entre les différents secteurs du groupe, pourquoi pas avec un prélèvement mensuel sur la trésorerie des sites.

Ainsi, alors qu’Altia annonce 7 millions d’investissement, un agrandissement et l’installation d’une grande presse et d’un laser découpe, la matière première arrive au compte goutte.

  • Le site de la Souterraine verse 120.000 € de loyer chaque trimestre à la SCI du groupe
  • et a dépensé 1,2 million d’euros en taxi ou jet privé pour expédier des pièces en urgence et déjà 800.000 € rien qu’en janvier 2013.

2014

Pas d’amélioration, bien au contraire. En février, les élus creusois et régionaux, scandalisés et le site de la Souterraine saigné à blanc en appellent à l’État. Ils dénoncent un jeu de bonneteau légal et les patrons voyous. Les salariés bloquent les pièces destinées à Renault, PSA et Nissan pour qu’ils fassent pression sur Altia et ils manifestent à Limoges.

Le 28 avril 2014, le tribunal de commerce de Paris place les sites de Bessines et de La Souterraine, rachetés à Altia par Transatlantic Industries, en redressement judiciaire.

  • PSA a émis de sérieuses réserves sur la solvabilité des repreneurs.
  • Transatlantic Industries a été créée le 19 mars 2014 dans le Wyoming et a racheté cinq sites industriels français totalisant 780 salariés en un après-midi pour 1 € chacun.
  • Les syndicats veulent déclencher une enquête et que l’État actionnaire à 20% d’Altia exerce son droit de regard. Renault et PSA s’engagent à soutenir l’activité des sites de la Souterraine et de Bessines.
En juin, les salariés demandent le remboursement des fonds publics soit 1,787 million d’euros.

Le 1er décembre 2014, le tribunal de commerce de Paris valide l’offre de GM&S Industry présidé par Gianpiero Colla portant sur la reprise d’Altia à la Souterraine. GM&S conserve 280 salariés sur 322. GM&S semble avoir un vrai projet industriel et toujours la volonté de trouver des nouveaux marchés hors automobile.

2015

Gianpiero Colla va empocher 740.000 € de CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) mais n’investira jamais ni ne trouvera de nouveaux marchés comme il l’avait promis. Et il ne semble pas avoir la confiance de certains constructeurs comme Renault qui réduisent leurs commandes. En juin, les salariés n’entendent plus parler de l’industriel italien. Alain Rousset, président socialiste de la Nouvelle-Aquitaine, demande aux présidents de Peugeot et au patron de Renault de s’associer aux efforts en attribuant dès maintenant les volumes d’activités permettant à GM&S d’entamer son redressement.

Nouveau coup dur lorsque, le 14 avril 2015, la cour d’appel de Paris réforme le jugement rendu par le tribunal de commerce qui avait inclus dans son périmètre la société civile immobilière, propriétaire des bâtiments de La Souterraine et de Bessines. Avec pour conséquence désormais le versement d’un loyer aux anciens dirigeants d’Altia.

Le site de Bessines a lui rejoint Steva en février 2015 et se porte plutôt bien.

Blocage de l’A20 par GM&S.

2016

Le 24 novembre, les salariés occasionnent un bouchon de 5 km sur l’autoroute A20 en se rendant en voiture à Limoges où ils font le siège de l’antenne du Conseil régional. Le 2 décembre 2016, GM&S échappe de peu à la liquidation judiciaire. L’entreprise est placée en redressement judiciaire avec une période d’observation de six mois mais avec “une revoyure le 27 janvier 2017″.

En attendant, une table ronde est organisée le 13 décembre à Bercy. La CGT attend de l’État qui a versé de l’argent public à des repreneurs qu’il trouve un repreneur avec un vrai projet industriel. Le 18 décembre, l’administrateur judiciaire nomme un nouveau directeur, Renaud Le Youdec, de la société By Saving, qui a permis de redresser quelques entreprises françaises.

Il manque au moins 140.000 € pour payer les salaires. Le député Michel Vergnier se rapproche de Christophe Sirugue, secrétaire d’État chargé de l’Industrie et du Premier ministre Bernard Cazeneuve. Finalement les constructeurs vont payer leurs factures et faire des avances sur commandes.

2017

Le 5 janvier, les GM&S sont de retour dans leur entreprise mais manquent de matière première pour travailler. Les constructeurs trainent les pieds. On leur demande de revenir à un chiffre d’affaires identique à celui de janvier 2016 soit 2,6 millions d’euros par mois, or le prévisionnel est à 1,1 million.

Les salariés de GM&S ont repris le travail dans une usine… sans travail

Après les fêtes, retour à l’usine pour les 283 salariés de GM & S Industry à la Souterraine ( Creuse). Mais même si la liquidation a été évitée, l’activité est réduite… Ce que ne vont pas manquer d’expliquer les salariés, vendredi, au président de la République.
« Pour une fois, on n’est pas stressé par le travail, mais par le manque de travail » soupire, laconique, William, dessinateur projeteur depuis 25 ans chez GM & S Industry à La Souterraine.
« On ne sait pas où mettre les salariés, une grande partie n’a pas de travail » soupire Yann Augras de la CGT. Dans l’usine, le calme règne, peu de machines peuvent tourner, les chaînes de productions sont au ralenti.
Pour Bruno, technicien d’outillage depuis presque 35 ans dans la boîte, la situation n’a pas évolué depuis la fin de l’ année dernière  : « On est toujours dans la même crise, il n’y a pas de perspective pour l’ avenir ». Même discours chez nombre de ses collègues, qui espèrent sans y croire vraiment…
En cause, le manque de matières pour travailler. Malgré leurs promesses du 13 décembre dernier, les constructeurs automobiles « traînent les pieds », selon les représentants syndicaux. « On n’a pas le sentiment qu’ils vont sortir [le site de] La Souterraine de sa situation, déplore Yann Augras, mais plutôt l’impression que c’est programmé depuis longtemps… »
Les matières auraient en effet dû rentrer pendant les fêtes, or elles n’ arrivent qu’en petite quantité, ne permettant pas à l’usine de tourner à plein régime . Pourtant, le site a un potentiel énorme, « C’est une usine intégrée, assure Victor, opérateur régleur, on a des machines capacitaires qui peuvent s’adapter à n’importe quelle production , il suffit d’y changer quelques outils ! »
Le site sostranien de GM & S Industry a d’ailleurs innové un certain nombre de fois. Elle a développé certains projets de A à Z sur son site, à l’instar des bouchons des bouteilles obus Air Liquide actuellement livrés sur toute la planète. Victor s’inquiète pour les salariés, mais aussi pour les machines, qui risquent de représenter des millions de pertes si l’usine n’est pas reprise… 

 

Le 7 janvier, les GM&S rencontrent François Hollande à l’aéroport de Brive.

Une rencontre avec les constructeurs a lieu au ministère de l’économie, le 19 janvier. Renault et Peugeot, les donneurs d’ordre, détiennent les clés de l’avenir du site alors que l’entreprise tourne à 20% de ses capacités.

Manifestation GM&S Industry au rond-point de la Croisière

Dans les colonnes de La Montagne ,

  • Yannick Bezard, directeur des achats de PSA-Citröen, réaffirme son soutien au site sostranien. « Sur la période 2012-2016, le groupe PSA a donné le même volume d’activité à La Souterraine. En 2012, Renault-Nissan était le 1er client avec un tiers de l’activité et PSA suivait avec 28%. En 2016 et toujours avec 12 millions d’euros, PSA représente 55% et Renault Nissan 20%. En 2017, PSA s’engage sur 850.000 euros par mois soit 10 millions d’euros sur l’année ».

Le 24 janvier, les ouvriers de GM&S manifestent devant les concessionnaires PSA et Renault de la Creuse. Et le lendemain devant des usines de PSA.

Aujourd’hui, le tribunal de Poitiers tient leur avenir entre ses mains. Des repreneurs se seraient manifestés…

Géraldine Messina


source/http://www.lepopulaire.fr/souterraine/economie/emploi/2017/01/27/gm-s-industry-l-histoire-d-un-sos-industriel-en-creuse_12260006.html


2/- Manifestation pour les GM&S : le déferlement médiatique autour de Jean-Luc Mélenchon

 Manifestation pour les GM&S : le déferlement médiatique autour de Jean-Luc Mélenchon

La venue de Jean-Luc Mélenchon a sans aucun doute contribué au succès populaire et médiatique de la manifestation d’hier après-midi à La Souterraine. © aurore claverie

Très suivis médiatiquement au niveau national depuis quelques jours, les 277 salariés de GM&S ont reçu en la matière, ce mardi 16 mai, l’appui de Jean-Luc Mélenchon. 

Lorsqu’il a franchi les portes du site de GM&S Industry, à La Souterraine (Creuse), c’est un véritable déferlement médiatique qui s’est abattu sur Jean-Luc Mélenchon. Des dizaines de journalistes et photographes de la presse nationale étaient présents pour accompagner la venue du leader de la France Insoumise. « Quand il était dans notre local syndical, j’ai failli ne pas pouvoir y entrer », notait un élu CGT du site sostranien.

Un appel au président Macron

Un emballement médiatique largement partagé par les manifestants, dont de nombreux étaient venus avec sur le dos les couleurs de la France insoumise. Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs régulièrement essayé de se détacher de cette pression des journalistes, pour parler aux ouvriers.

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« Laissez moi serrer la main à quelques personnes », s’est-il notamment agacé, conscient de l’attente suscitée par sa venue. « Elle contribue à faire croître la mobilisation, se félicite Laurence Pache, candidate creusoise de la France Insoumise aux prochaines législatives. Les gens ont avec lui une relation très affective et le reconnaissent comme le porte parole du changement ».

« Ce qui m’a déterminé, c’est quand j’ai vu  les gars détruire une machine »

Un élément dont le candidat à la dernière élection présidentielle est bien conscient. « D’une manière ou d’une autre, j’incarne quelque chose qui appartient à tous ces gens », reconnait-il.
Et de préciser immédiatement, « je ne suis pas venu ici pour faire campagne mais pour la fraternité humaine car les gens ici sont à bout. Ce qui m’a déterminé à venir, c’est quand j’ai vu les gars détruire une machine et poser des bonbonnes de gaz ».

Le leader de la France Insoumise en a également appelé au président de la République, rappelant que l’État était actionnaire de Renault et de PSA Peugeot-Citroën. « Si tu n’es pas foutu de régler un problème entre deux boîtes françaises pour qu’elles sachent comment se comporter avec une troisième, ne viens pas me raconter que tu vas aller négocier quoi que ce soit avec Mme Merkel », a-t-il fustigé. Et d’insister, « c’est le moment de montrer du caractère et je souhaite que demain, on puisse se moquer de moi en disant que M. Macron a réglé le problème ». 

 Maxime Escot

source/http://www.lepopulaire.fr/souterraine/politique/creuse/2017/05/17/manifestation-pour-les-gm-s-le-deferlement-mediatique-autour-de-jean-luc-melenchon_12406075.html


3/- Pour Philippe Poutou, « GM&S est malheureusement un cas parmi d’autres »

Pour Philippe Poutou, "GM&S est malheureusement un cas parmi d'autres"

GM&S à La Souterraine mardi 16 mai : visite de Mélenchon et Poutou © aurore claverie

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) était présent à La Souterraine ce mardi après-midi pour soutenir les 277 employés de l’usine GM&S Industry. Car « quand on se bat, on a besoin de la solidarité des autres. Cela donne du moral pour livrer une bataille« .

Pourquoi avoir décidé aujourd’hui de venir soutenir les salariés de GM&S Industry ?

Philippe Poutou : « Je soutiens les salariés en lutte pour leurs emplois et contre la liquidation du site. Je suis là aujourd’hui car il y a une manifestation relativement importante suite à plusieurs actions qui ont marqué les esprits. C’est hyper important de venir les soutenir car quand on se bat, on a besoin de la solidarité des autres. Cela donne du moral pour livrer une bataille.

Je pense que c’est bien que Jean-Luc Mélenchon, moi même, et les gens de l’extérieur soient présents car on aimerait bien que cela ne soit pas une nouvelle défaite et que l’usine et ses emplois soient sauvés. »

Les salariés sont en lutte depuis plusieurs mois. Pourquoi ne pas être venu avant ?

« On était au courant mais nous avons de nombreuses batailles à mener.

Moi qui suis chez Ford, nous avons fait des grèves en janvier et février, pendant la campagne aussi. Partout, il y a ces situations-là, je suis allé soutenir Tati, Vivarte, Velolib. Ce qui nous manque, c’est justement que l’on ne peut pas soutenir tout le monde. Il faudrait justement voir comment mener, tous ensemble, une manifestation contre les licenciements, contre les logiques capitalistes de rentabilité et de compétitivité. On a besoin de cela, d’un mouvement unitaire, pour rendre plus efficace nos mobilisations diverses.
GM&S est malheureusement un cas parmi d’autres et il y a besoin de faire une lutte d’ensemble de tous les salariés. » 

Jean-Luc Mélenchon et vous avez été candidats à la dernière élection présidentielle. Que peut apporter votre présence dans la Creuse aujourd’hui (mardi, NDLR) ?

« On espère que cela va aider. Nous, quand on se mobilise, on est toujours contents d’être soutenus. Quand on peut aider, on essaie de le faire et d’être utile. On espère que cela va permettre de sensibiliser la population à l’échelle du territoire pour essayer de changer le rapport de force et pousser l’Etat et les collectivités locales à agir encore plus. »

On l’a vu lundi en préfecture de la Creuse, les constructeurs n’ont pas bougé d’un iota. Pensez vous que cette manifestation puisse faire bouger les choses

« Aujourd’hui, cela changera les choses si cela peut enclencher quelque chose de plus important, en faisant en sorte notamment que la population s’en mêle car c’est souvent cela qui nous manque. On espère qu’en étant médiatisée, cette manifestation pourra aider à renforcer et élargir le combat pour la suite. »

Comment jugez-vous l’attitude de PSA et Renault, les clients historiques, qui baissent leurs commandes depuis plusieurs années ?

« De plus en plus, il y a dans le secteur automobile une externalisation de la production et ensuite, on met les équipementiers en concurrence et c’est à ça que jouent les constructeurs. Pour nous, la vraie solution serait de réinternaliser toute cette activité là dans les gros groupes. Il faudrait que l’on arrive à imposer ce retour en arrière, qu’il n’y ait plus de sous-traitance et tout ce qui permet de s’attaquer au statut des salariés. « 

Propos recueillis par Maxime Escot


source/http://www.lepopulaire.fr/souterraine/economie/social/2017/05/16/pour-philippe-poutou-gm-s-est-malheureusement-un-cas-parmi-d-autres_12404975.html


4/- GM&S : « La seule façon de sortir de l’impasse, c’est une intervention directe de Macron »

GM&S : "La seule façon de sortir de l'impasse, c'est une intervention directe de Macron"

La déclaration de Vincent Labrousse à l’issue de la table ronde © Julien RAPEGNO

Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine et des élus de la Creuse qui ont assisté à la négociation marathon entre les représentants syndicaux et ceux des constructeurs PSA et Renault à la préfecture de la Creuse, lundi, s’expriment sur ce nouvel échec.
La commission permanente de la région Nouvelle Aquitaine a voté, lundi après-midi, une garantie de prêt de 580.000 euros. Elle avait accordé un prêt de 580.000 euros en mars dernier.
  • L’analyse d’Alain Rousset président de Nouvelle Aquitaine 

« La Région, par ses interventions, a permis d’assurer les conditions d’une reprise et de tenir jusqu’à aujourd’hui. Il faut retrouver la confiance des constructeurs et des salariés. Ces derniers ne sont en rien responsables de la situation. Si leur colère ne justifie pas tout, il faut la comprendre.« 

Alain Rousset a également lancé « un appel ferme à la responsabilité de tous. Les constructeurs d’abord. PSA a fait un pas en avant même si je pense qu’il peut encore faire un effort. Il faut que Renault double son volume de commandes. Mon deuxième appel va vers le Président de la République et le gouvernement. Les mots qu’a eus Emmanuel Macron le soir de son élection me donnent confiance. Il reste dix jours pour trouver 5 à 10 millions d’euros de commandes supplémentaires. Cela suppose également que le mouvement social reste dans une forme acceptable. Il y aura une révision du format de l’entreprise et il conviendra que tout soit fait pour que le plan de sauvegarde de l’emploi intègre les départs en retraite, des formations, etc. Mais ce qui est important ce n’est pas les dix jours à venir mais les dix ans à venir ».

  • La déclaration des représentants syndicaux de GM&S, lundi, vers 19h30, lors de la pause

 

  • Michel Vergnier, député de la Creuse, à l’issue de la réunion en préfecture

« Je suis amer car il n’est sorti de cette très longue réunion que deux décisions.

La première, c’est d’obtenir du tribunal de commerce de Poitiers qui doit statuer le 23 mai un report jusqu’à fin juin, en sachant que les salaires de juin sont payés et que financièrement, on peut donc aller jusqu’à la fin du mois de juin. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, on discute sur des chiffres sauf qu’il n’y a pas de repreneur. Il y a zéro repreneur. On a vu que les 90 emplois proposés, qui étaient une insulte totale à cette entreprise, se sont transformés en 160, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Ce n’est pas suffisant mais il faut au moins que nous ayons une base de discussion, avec quelqu’un qui s’engage à reprendre l’entreprise et que l’on ait donc un interlocuteur en face de nous. 

Aujourd’hui, on n’a rien et ce que l’on risque, la liquidation pure et simple. 

Car après, il peut y avoir des discussions car ce que disent les constructeurs, c’est qu’on va remonter en charge dans les trois ans qui viennent et on va redonner du travail à GM&S Industry. Durant cette période, il faut que le repreneur ait la certitude que les constructeurs vont lui donner une charge de travail supplémentaire et conserver les salariés en surnombre. C’est quelque chose qui se fait régulièrement, mais pour le moment, on n’a pas ces bases là. Aujourd’hui, on n’a rien et ce que l’on risque, la liquidation pure et simple. 

Il n’y a pas de projet aujourd’hui et il nous reste six jours. Comme les représentants du personnel, je sors très déçu par l’entêtement des donneurs d’ordre. J’espère juste que cela n’est pas un scénario monté à l’avance pour gagner du temps et que l’on se retrouve avec le bec dans l’eau dans quelques temps ».

La colère des salariés de GM&S lundisoir , devant la préfecture de la Creuse, à l’issue des négociations

  • Laurent Daulny, maire de Dun-le-Palestel, vice-président du Conseil départemental

« On a senti que les représentants des salariés étaient face à un mur. Les constructeurs n’ont pas bougé sur le chiffre d’affaires. La négociation s’est toutefois orientée vers le maintien d’environ 140 emplois. Ce qui ne convient pas, et on les comprend, aux représentants des salariés qui ne veulent pas descendre en dessous de 240 postes.

A mon sens, la seule façon de sortir de l’impasse, c’est une intervention directe du nouveau président de la République.

Les constructeurs ont proposé des reclassements sur d’autres sites, le représentant de Peugeot a dit que la charge de travail ne pouvait pas revenir tout de suite, mais sur un ou deux ans à La Souterraine. Au bout du compte il n’y a aucun accord. A mon sens, la seule façon de sortir de l’impasse, c’est une intervention directe du nouveau président de la République. Le préfet de la Creuse a d’ailleurs informé directement un membre du cabinet d’Emmanuel Macron de l’avancée des discussions. Je pense que Macron ne veut pas d’un deuxième Floranges. Ce désastre a collé à la peau d’Hollande durant son quinquennat. Macron aura aussi plus d’influence sur les constructeurs, car on est au début du quinquennat. »

  • Etienne Lejeune, adjoint au maire de La Souterraine et président de la communauté de communes de l’ouest creusois

Il a piqué une colère durant la table ronde. Après coup, il a le sentiment que « rien n’a avancé puisque les constructeurs n’ont même pas la franchise de dire ce qu’ils veulent faire de l’entreprise. Soit ils veulent liquider et ils le disent soit ils veulent la sauver et mettent la charge de travail nécessaire, Mais ce cirque ne peut plus durer ! Notre but aujourd’hui est de gagner du temps pour permettre au gouvernement de se mettre en place et d’agir.La journée de lundi est plus que décevante pour nous. »

  • Eric Correia, conseiller régional Nouvelle Aquitaine et président de l’agglo de Guéret

« La réunion n’a été qu’un dialogue de sourds. On ne constate pas d’avancée. Peugeot reste sur une charge de travail de 11 millions d’euros et Renault sur 5 millions d’euros. Ils ne bougent pas. On sent que Renault est prêt à avancer un peu et que Peugeot bloque davantage. Les représentants des constructeurs ont annoncé qu’ils allaient recontacter les deux repreneurs qui ont manifesté de l’intérêt, c’est à dire GMD et Magneto pour envisager un plan de reprise et le nombre de postes qu’ils pourraient garder.

Nous avons demandé au préfet une nouvelle réunion jeudi, avec si possible un représentant du Gouvernement. La balle est maintenant dans les mains de Macron ! Un prolongement de l’observation jusqu’à fin juin à été proposé et est possible grâce à la délibération de la Région La région Nouvelle-Aquitaine est prête à s’engager également auprès du futur repreneur. »

Propos recueillis par Olivier Chapperon, Maxime Escot et Julien Rapegno


source/ http://www.lepopulaire.fr/gueret/economie/emploi/2017/05/16/gm-s-la-seule-facon-de-sortir-de-l-impasse-c-est-une-intervention-directe-de-macron_12404723.html


5/- Retour en images sur la mobilisation en faveur des GM&S à La Souterraine

Les 277 salariés face aux manifestants venus les soutenir devant la mairie de La Souterraine © aurore claverie


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