1818 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 27 avril 2017

27 avril 2017 18:23

1

Sur l’entretien des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie sur le processus de paix du Haut Karabagh

2

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Finlande

3

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique

4

Sur les festivités à venir à l’occasion du 72e anniversaire de la Victoire

5

Sur le 10e anniversaire des événements de la « nuit de bronze » à Tallinn et le décès du citoyen russe Dmitri Ganine

6

Sur la date-anniversaire de la tragédie du 2 mai à Odessa

7

Sur l’évolution de la situation en Syrie

8

Sur le bombardement contre l’aéroport international de Damas

9

Sur la situation humanitaire à Deir ez-Zor

10

Sur l’organisation des Casques blancs

11

Sur la critique de l’ONG Médecins suédois pour les droits de l’homme

12

Le journaliste militaire néerlandais Arnold Karskens sur le problème des réfugiés

13

Sur la situation au Soudan du Sud

14

Sur la situation au Venezuela

15

Sur la situation sur la péninsule coréenne

16

Sur la lutte contre la piraterie près des côtes de la Corne de l’Afrique

17

Sur la réélection de la Russie au sein de la Commission des stupéfiants des Nations unies (CND)

18

Sur le refus du QG de campagne du candidat à la présidence française Emmanuel Macron d’accréditer la radio Sputnik, la chaîne Russia Today et l’agence vidéo Ruptly

19

Sur la situation de Konstantin Iarochenko

20

Sur la situation de Roman Seleznev
QUESTIONS DE LA PRESSE:

A

Le communiqué du directeur adjoint du Département de l’information et de la presse Artem Kojine publié le 24 avril parle « d’efforts pour faciliter le sort du citoyen russe Dilgam Askerov pour des raisons humanitaires ». Peut-on avoir des détails sur ces efforts dans la mesure où la situation de Dilgam Askerov diffère de celle d’Alexandre Lapchine?

B

Je représente l’agence de presse azerbaïdjanaise APA.

C

Une tombe avec la dépouille d’un général russe a été découverte hier en Turquie. J’ai mené ma propre enquête et je suppose qu’il s’agit du général Vassili Gueïman, héros de la guerre du Caucase. Avez-vous des informations à ce sujet?

Regardez-vous la série Les Optimistes? Vos collaborateurs et vous êtes-vous également optimistes?

D

La 6e Conférence de Moscou sur la sécurité internationale vient de s’achever. Pendant une réunion plénière a été évoquée l’agression médiatique et la lutte contre cette dernière. Il était également question de sa mise en pratique: on a cité des exemples, notamment celui de l’Ukraine. Comment peut-on faire face à ce tout nouveau type d’agression médiatique dans les conditions actuelles?

E

Vous avez parlé du Secrétaire général adjoint par intérim de l’Onu à la communication et à l’information et de la réaction du Département de l’information de l’Onu. D’autres collègues ont-ils pris cette initiative au sérieux? Dans quelle mesure est-ce possible dans les réalités politiques et médiatiques actuelles, dans le cadre de la confrontation médiatique actuelle?

F

Et vos collègues de l’Onu?

G

Ces mots viennent de l’anglais des USA, pas de l’anglais du Royaume-Uni.

H

Récemment le quotidien Izvestia, se référant à ses sources, a annoncé que l’ex-Délégué des droits de l’homme auprès du Ministère russe des Affaires étrangères Konstantin Dolgov avait été transféré à l’Administration du Président russe. Son poste et l’appareil du Délégué des droits de l’homme auprès du Ministère russe des Affaires étrangères seront-ils supprimés?

I

Quel sera le sort de ces rapports annuels? Vont-ils continuer?

J

Le 26 avril marquait la date-anniversaire de l’accident de Tchernobyl. Quelles mesures sont entreprises par la Russie pour surmonter les conséquences de la tragédie de Tchernobyl?

K

De nombreux étrangers entrant sur le territoire russe remplissent une carte migratoire. Cela crée de longues files d’attente dans les aéroports.

L

Récemment, le chef des forces terrestres américaines en Europe Ben Hodges a accordé une interview à une chaîne bulgare en déclarant que des exercices seraient organisés en Bulgarie, même si la majeure partie de la population bulgare ne voit pas la Russie comme une menace. Nous voyons une menace dans les migrants qui arrivent dans notre pays. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

M

Le représentant spécial du Président russe pour l’Afghanistan et directeur du 2e Département Asie du Ministère russe des Affaires étrangères Zamir Kaboulov a déclaré que Moscou était prêt à fournir une plateforme de dialogue entre les représentants du gouvernement afghan et l’opposition. A-t-on déjà entrepris des mesures pour préparer une telle réunion?

N

Quels sont les objectifs diplomatiques de la Russie lors des prochaines négociations entre les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie?

O

En cette fin avril, Donald Trump aura passé 100 jours à la tête des États-Unis. En trois mois, quelle attitude s’est formée en Russie à son égard? Y a-t-il une chance que les relations entre la Russie et les USA s’améliorent?

P

Les relations russo-iraniennes changeront-elles en cas d’arrivée au pouvoir d’un nouveau président en Iran?

Q

Après son entretien avec Sergueï Lavrov, le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir a déclaré qu’il comptait sur l’aide de la Russie pour régler le conflit au Yémen. Comment la Russie peut-elle aider l’Arabie saoudite dans ce processus?

R

Israël insiste en disant que sa frappe en Syrie a été portée contre un entrepôt d’armes du Hezbollah.

1/- Sur l’entretien des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie sur le processus de paix du Haut Karabagh

 

Conformément aux accords conclus à Moscou, la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie sur le processus de paix du Haut Karabagh se tiendra à Moscou le 28 avril. A une certaine étape, les ministres seront rejoints par les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE et par le représentant personnel du Président en exercice de l’OSCE pour le Haut Karabagh. Pendant les pourparlers il est prévu de clarifier les positions des parties sur les aspects les plus problématiques du processus de paix, et de mettre au point les modalités des négociations futures.

 

2/-Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Finlande

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra le 4 mai en Finlande à l’invitation du Ministre finlandais des Affaires étrangères Timo Soini.

L’entretien précédent entre les ministres s’était déroulé le 6 juin 2016 à Moscou.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue finlandais Timo Soini poursuivront leur dialogue intéressé sur les questions d’actualité de l’agenda bilatéral et régional, et évoqueront l’ordre du jour international.

Pendant sa visite, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov devrait également rencontrer le Président finlandais Sauli Niinistö à Helsinki.

 

3/-Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique

 

Du 10 au 11 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion ministérielle du Conseil de l’Arctique à Fairbanks, Alaska, USA.

Les ministres des Affaires étrangères des États arctiques évoqueront les questions d’actualité relatives au renforcement de la coopération internationale en Arctique afin d’assurer un développement durable de cette région. Les accords conclus seront reflétés dans une déclaration finale.

Il est également prévu de signer à Fairbanks un accord intergouvernemental sur le renforcement de la coopération scientifique arctique internationale, dont tous les États arctiques seront membres.

 

4/-Sur les festivités à venir à l’occasion du 72e anniversaire de la Victoire

 

En prévision de la célébration du 72e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, le Ministère russe des Affaires étrangères et nos établissements diplomatiques à l’étranger comptent organiser des activités mémorielles, protocolaires, informatives et culturelles. Parmi ces activités: des réceptions officielles et des réunions solennelles, des rencontres avec les vétérans de guerre, des cérémonies devant les monuments et les mémoriaux en hommage aux guerriers soviétiques, ainsi que différentes activités sociales avec la participation de nos compatriotes.

Dans le cadre de la célébration de l’anniversaire de la Victoire, les manifestations baptisées « Régiment immortel » se dérouleront dans plus de 80 pays à l’initiative des organisations de compatriotes russes, et dans plus de 90 États aura lieu celle du « Ruban de Saint-Georges ». On organisera également l’activité « Chandelle de la mémoire », un dépôt de fleurs sur les tombes de ceux qui sont tombés dans la lutte contre le fascisme, des rassemblements de requiem, des concerts et des festivals de chansons d’époque.

Je voudrais noter que ces activités sont sociales et sont organisées par nos compatriotes et les représentants de la société civile russe. Bien sûr, les établissement diplomatiques russes à l’étranger leur apportent l’aide organisationnelle nécessaire.

De plus, dans certains pays de la CEI – notamment en Arménie, en Biélorussie, au Kazakhstan, au Kirghizstan et au Tadjikistan – il est prévu d’organiser un festival de danse intitulé « La Valse de la Victoire » qui symbolise l’union des générations, des pays et des nations. Je rappelle une ligne de la chanson de Klavdia Chouljenko « Oh comme tourne la tête, comme tourne la tête ».

On s’attend à ce que, comme l’an dernier, les habitants locaux, les vétérans et les représentants des organisations antifascistes se joignent à nouveau activement à ces événements aux côtés de nos compatriotes. Nous espérons que les autorités des pays où ces cérémonies solennelles et commémoratives se tiendront ne les empêcheront pas et, au contraire, rendront elles-mêmes hommage aux vainqueurs sur le fascisme.

Les vœux personnels du Président russe seront transmis aux participants de la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, aux habitants de Leningrad assiégée et aux jeunes prisonniers des camps de concentration fascistes qui résident à l’étranger.

Une attention particulière est accordée à l’aménagement des cimetières de soldats russes (soviétiques) qui se trouvent sur le territoire de pays étrangers.

Le défilé militaire traditionnel se déroulera le 9 mai sur la place Rouge, où il est prévu d’inviter les chefs de missions diplomatiques étrangères accrédités à Moscou.

Nous sommes certains que les festivités se tiendront comme toujours avec un élan spirituel et une humeur particulière, de manière informelle et intéressante, qu’elles attireront tous les citoyens qui souhaitent préserver la mémoire historique et empêcher la renaissance et la glorification du nazisme.

Un autre événement particulier aura lieu. Je n’entrerai pas dans les détails mais je vais juste soulever un peu le voile: le Chœur Touretski nous prépare une surprise spéciale. Faisons durer le suspense, mais prochainement je vous parlerai de cet événement plus en détail.

 

5/-Sur le 10e anniversaire des événements de la « nuit de bronze » à Tallinn et le décès du citoyen russe Dmitri Ganine

 

Le 27 avril marque le 10e anniversaire des événements tragiques de Tallinn où, sur décision du gouvernement estonien, en dépit des appels réitérés de la Russie et en violation scandaleuse du droit international et des normes élémentaires de la morale humaine, le monument au Soldat libérateur a été démantelé. Cet acte a été suivi de l’exhumation des ossements de militaires soviétiques qui avaient participé à la libération de la capitale estonienne des occupants nazis. La protestation spontanée de ceux qui avaient décidé de défendre le mémorial avait été violemment réprimée.

Les événements de cette nuit continuent de susciter la douleur dans le cœur de nos compatriotes et de tous ceux qui ne sont pas indifférents envers le grand acte héroïque de nos soldats qui ont défendu la paix en Europe contemporaine au prix de leur vie. Des centaines de personnes se rendent tous les ans au cimetière militaire déplacé du Soldat de bronze de Tallinn pour rendre hommage aux guerriers tombés. On organise le défilé du « Régiment immortel » et une garde d’honneur devant le monument.

Nous sommes indignés par le déroulement de l’enquête sur l’assassinat du citoyen russe Dmitri Ganine pendant les troubles en avril 2007. Après dix ans d’inaction factuelle, les forces de l’ordre estoniennes mènent clairement l’affaire vers la fermeture de l’enquête sous prétexte de prescription. Elles ignorent par ailleurs les requêtes du Comité d’enquête russe d’apporter une aide juridique.

Une telle approche est inadmissible. Nous exigeons de l’Estonie qu’elle prenne des mesures exhaustives pour établir l’identité des coupables de la mort du citoyen russe pour les traduire en justice.

 

6/-Sur la date-anniversaire de la tragédie du 2 mai à Odessa

 

Le 2 mai marque le 3e anniversaire des événements tragiques d’Odessa, pendant lesquels des énergumènes fascisants ont tué des dizaines de personnes et en ont blessé des centaines. Malheureusement, force est de constater que les coupables de ce crime inhumain n’ont toujours pas été sanctionnés, l’enquête est abandonnée avec l’indifférence silencieuse de l’Occident et des institutions internationales des droits de l’homme.

Comparez simplement la vague d’indignation, notamment dans le milieu parlementaire de l’UE, provoquée par la visite d’un politicien, d’une personnalité publique ou d’un député, par exemple en Syrie. Cela soulève une vague. L’homme est humilié jusqu’à un tel état qu’il est prêt à reconnaître qu’il est l’agent de tous les renseignements de l’espace et à faire ses aveux. Il est humilié au plus haut point, il subit une puissante pression médiatique pour le condamner.

Nous n’avons rien vu de tel pendant trois ans en matière d’exigences de l’Occident d’enquêter sur les événements d’Odessa. Je voudrais rappeler une nouvelle fois que cette tragédie n’est pas un simple rassemblement politique, une dispersion de manifestants ou une attitude incorrecte envers les citoyens. Ce sont des gens qui ont été brûlés vifs, des civils et non des militaires, qui défendaient pacifiquement leur droit à une vie décente.

L’inaction des autorités de Kiev et la complaisance totale de leurs sponsors étrangers contribue à la montée de sentiments radicaux en Ukraine. Nous sommes préoccupés par les déclarations de plus en plus fréquentes de forces extrémistes qui ont l’intention d’empêcher le déroulement d’activités commémoratives et menacent ceux qui n’ont pas oublié les victimes de la tragédie d’Odessa.

Je souligne qu’on ne fait pas pression sur les autorités, qui ont déjà laissé tomber l’enquête, mais sur ceux qui ont été témoins et ne restent pas indifférents à la recherche de la vérité.

Nous appelons Kiev à assurer l’ordre à Odessa dans les jours à venir et à prévenir fermement toute provocation des nationaux-radicaux.

Malheureusement, nous avons souvent raison. Nous voulons attirer une nouvelle fois l’attention de nos collègues ukrainiens sur le fait que la connivence, l’encouragement et l’entretien des radicaux se retourneront contre eux. Je ne dirais même pas « laissez le temps faire et vous verrez » – car le moment est pratiquement venu.

 

7/-Sur l’évolution de la situation en Syrie

 

L’évolution de la situation en Syrie est toujours au centre de notre attention. Nous suivons avec inquiétude les informations sur les événements survenant sur le sol syrien. Malheureusement, les causes d’inquiétude ne diminuent pas.

On a appris le 25 avril que l’aviation turque avait organisé une série d’attaques contre les positions des troupes d’autodéfense kurdes dans la région du mont Karachok au nord-est de la Syrie, ainsi que du mont Sinjar au nord de l’Irak. Je voudrais rappeler que les troupes kurdes sont les unités armées les plus efficaces dans la guerre contre les terroristes de Daech au nord-est de la Syrie. Nous avons appris avec beaucoup de préoccupation l’information sur les agissements d’Ankara. Il y a des raisons de croire que les frappes turques actuelles n’auraient pas eu lieu sans l’attaque précipitée des USA contre l’aérodrome syrien de Chayrat, qui a été commise hors du cadre du droit international. Il faut mettre un terme à l’arbitraire sur le territoire syrien. Nous appelons tous les partenaires régionaux et internationaux à respecter la souveraineté et l’indépendance de la Syrie et de l’Irak, ainsi que d’autres États.

Je voudrais également attirer votre attention sur un autre point. Parmi les sites frappés par l’aviation turque en Syrie se trouvaient, entre autres, des sites médiatiques – la télévision et la radio locale. Selon les informations, vos collègues journalistes du centre médiatique des troupes d’autodéfense kurdes comptent parmi les victimes. On voudrait entendre une réaction des organisations compétentes et de la communauté journalistique.

Les forces gouvernementales syriennes poursuivent avec succès leur offensive contre les positions des terroristes de Daech et du Front al-Nosra. Elle continue au nord de la province de Hama. En dépit de la résistance de Nosra et de ses alliés, de grandes villes de Khalfaya et de Teybat al-Imam ont été libérées. Actuellement l’armée développe l’initiative stratégique et avance vers la frontière des provinces de Hama et d’Idleb.

Les 19 et 21 avril, l’aviation russe a détruit de grands camps d’entraînement du Front al-Nosra dans la province d’Idleb. Les frappes ont été portées grâce aux coordonnées fournies par un groupe concurrent: Jaysh al-Izza.

La dynamique des événements en Syrie confirme la nécessité d’organiser au plus vite une Réunion internationale sur la Syrie à Astana, dont le prochain cycle est prévu les 3 et 4 mai. Dans le cadre du processus d’Astana, nous espérons qu’il sera possible de fixer des tendances positives dans l’évolution de la situation en Syrie, d’empêcher la dégradation de la situation militaro-politique, d’aider les parties syriennes à trouver des solutions de compromis pour mettre un terme au long conflit intersyrien et empêcher les terroristes de prendre le contrôle de la Syrie et de tout le Moyen-Orient.

 

8/-Sur le bombardement contre l’aéroport international de Damas

 

Les médias rapportent que l’aviation israélienne a attaqué l’aéroport international de Damas dans la matinée du 27 avril. Selon l’agence de presse syrienne SANA, une source de l’armée syrienne a qualifié les faits « d’agression d’Israël contre des sites militaires syriens au sud-ouest de l’aéroport de Damas ». Les militaires israéliens se sont refusés à tout commentaire concernant cette attaque. Dans le même temps, le Ministre israélien des Transports et du Renseignement Yisrael Kats a déclaré dans une interview à la radio Tsahal que « l’attaque contre l’aéroport de Damas correspondait parfaitement aux principes de la politique d’Israël ».

Moscou condamne les actes d’agression contre la Syrie, les juge inadmissibles et contraires aux principes et aux normes du droit international. Nous appelons tout le monde à agir dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie, État membre de l’Onu. Il serait utile de se souvenir du droit international et de ses violations dont parlent tant ces dernières années nos collègues occidentaux, par exemple de l’UE, qui ont soudainement commencé à rappeler constamment à tout le monde la nécessité de respecter le droit international. On peut donner une appréciation à la mesure dans laquelle il a été enfreint dans le cas actuel.

Les grossières violations de la souveraineté syrienne, quels que soient les arguments, sont inadmissibles. Elles représentent une menace pour la paix et la sécurité internationales et sapent les fondements de l’ordre mondial existant. De plus, de tels actes jouent en faveur des terroristes de Daech et de Nosra, ce qui sape également fortement les efforts visant à régler au plus vite la crise syrienne par la voie politique en s’appuyant sur les décisions internationales comme la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

9/-Sur la situation humanitaire à Deir ez-Zor

 

L’amélioration de la situation humanitaire en Syrie et l’aide aux personnes dans le besoin font partie des priorités du travail de la Russie dans ce pays.

Nous avons déjà parlé à plusieurs occasions de la contribution des militaires russes à cette mission qui fournissent de la nourriture, de l’eau et des produits de première nécessité, souvent en risquant leur propre vie.

Nous suivons également de près la situation à Deir ez-Zor où près de 200 000 personnes vivent depuis plus de trois ans assiégés par les terroristes de Daech. Les avions russes utilisant des plateformes à parachute fournissent régulièrement une aide humanitaire à la population assiégée, y compris celle reçue par les autorités syriennes dans le cadre de l’Onu. La dernière livraison – 21 tonnes de nourriture – a été réalisée les 24 et 25 avril.

Selon l’Onu, plus de la moitié de la population syrienne a besoin d’aide humanitaire soit 13,5 millions de personnes, dont 6,5 millions d’enfants. 11,5 millions de personnes ont besoin d’une aide médicale et 12,1 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.

La Russie fait tout son possible pour faciliter la situation des Syriens sans les distinguer en termes d’appartenance ethnique ou religieuse, de sympathies politiques. Nous appelons également nos collègues occidentaux à agir de la même manière, à aborder l’aide humanitaire en Syrie de manière dépolitisée, à mettre en avant les intérêts des personnes dans le besoin. Les gens ont besoin de pain, d’eau, de carburant pour chauffer leur foyer, ils ont besoin d’une aide minimale pour leur permettre de survivre. Hélas nos partenaires occidentaux, qui aiment s’inquiéter pour des sujets illusoires, préfèrent adopter de nouvelles sanctions qui ne font qu’aggraver la situation.

 

10/-Sur l’organisation des Casques blancs

 

On voudrait attirer l’attention sur de nouveaux faits qui démasquent l’activité de la fameuse organisation Casque blancs, qui s’est discréditée. Toute son activité peut être qualifiée de pseudo-humaine ou pseudo-humanitaire. Il existe des preuves montrant que certaines actions entreprises par les représentants de cette structure non seulement ne lui permettent pas de prétendre au statut d’ONG humanitaire ou au statut de « sauveteurs de la population syrienne », mais peuvent même lui valoir une assimilation à l’extrémisme et aux crimes de guerre.

Cette organisation de protection civile syrienne a été créée en 1953 et enregistrée auprès de l’Organisation internationale de protection civile (OIPC). Contrairement aux déclarations de certains médias occidentaux, les Casques blancs n’ont rien à voir avec le système national syrien de réaction aux situations d’urgence ni avec l’organisation des travaux de sauvetage en cas d’accident ou de catastrophe. Pendant l’invasion des terroristes dans les quartiers d’Alep, ils se sont emparés des ambulances, des véhicules de pompiers et des équipements appropriés. Sachant que la plupart des fonctionnaires du système public de protection civile ont été exécutés.

Non seulement les Casques blancs agissent librement sur les territoires contrôlés par le Front al-Nosra et Daech, mais de plus ils sympathisent ouvertement avec eux et leur apportent une aide médiatique et même matérielle. Que pensez-vous de ce deux poids deux mesures?  Il existe des preuves documentaires de la participation de Casques blancs à certaines opérations de Nosra et d’élimination des traces d’exécution de civils. A titre d’exemple, on pourrait rappeler la vidéo qui a été probablement tournée en mars 2015 où les Casques blancs se joignent aux terroristes et frappent un homme sans défense capturé par Nosra. Sur un enregistrement datant de mai 2015 ils ont organisé une « journée du ménage » pour effacer les traces d’exécution de la population civile au nord d’Alep. Il existe des vidéos de tortures et d’exécutions de soldats syriens en présence de ces mêmes Casques blancs.

Les médias occidentaux engagés passent complètement sous silence les preuves de propagande mensongère des Casques blancs et taisent les falsifications, par ces derniers, des informations sur les tués et les blessés en Syrie, tout comme la mise en scène d’actes de violence ou l’usage d’armes dangereuses. Les témoins, eux, parlent de cas de marauderie, de falsification des faits, de mises en scène d’apport d’aide médiale par les membres de cette ONG « humanitaire ».

Les Casques blancs sont souvent les uniques témoins des destructions de sites civils et de victimes parmi la population locale soi-disant à cause des agissements de l’aviation russe ou syrienne. Sur internet, les gens fatigués de cette propagande dépassée font une analyse cadre par cadre des vidéos de fausses opérations de sauvetage de civils et trouvent des images avec le travail de maquilleurs professionnels. Je pense que vous les avez vues.

Il est à noter le comportement des Casques blancs le 4 avril à Khan Cheikhoun. Ce sont leurs preuves « irréfutables » qui ont servi de prétexte aux Américains pour commettre un acte d’agression contre la base aérienne syrienne de Chayrat le 7 avril. Les représentants de l’ONG Médecins suédois pour les droits de l’homme ont analysé les images et ont conclu que le sauvetage des enfants tel qu’il était montré sur les images était une manipulation dangereuse avec des corps d’enfants drogués.

Il est à noter que les Casques blancs sont financés par des fondations contrôlées par plusieurs pays occidentaux ou des milieux d’affaires proches. C’est celui qui paie qui commande la musique, d’autant que cette musique correspond parfaitement à la position officielle des États occidentaux visant à renverser le régime en Syrie – comme nous le comprenons mieux, c’est l’unique objectif de leur présence là-bas.

 

11/-Sur la critique de l’ONG Médecins suédois pour les droits de l’homme

 

Nous avons noté la critique et la pression non dissimulée contre l’ONG Médecins suédois des droits de l’homme qui a remis en question la version des USA et d’autres pays selon laquelle l’armée gouvernementale syrienne aurait utilisé l’arme chimique dans la province d’Idleb le 4 avril.

La persécution des ONG indépendantes qui expriment des points de vue alternatifs est déjà devenue une tradition. On leur colle immédiatement l’étiquette d' »agents du Kremlin » qui cherchent à discréditer et à saper les versions occidentales de tel ou tel événement. Dans le même temps, les capitales occidentales encouragent par tous les moyens les pseudo-experts en tout genre et les ONG comme les Casques blancs pour diffuser des informations sans preuves et accuser les autorités syriennes en fermant les yeux sur les falsifications flagrantes activement pratiquées par les « militants des droits de l’homme ».

La situation autour des Médecins suédois des droits de l’homme ne fait que confirmer une fois de plus la pratique ancrée en Occident d’utilisation du deux poids deux mesures par rapport à la liberté d’expression: on ne peut dire publiquement que ce qui correspond à la ligne générale de Washington et de Bruxelles.

 

12/-Le journaliste militaire néerlandais Arnold Karskens sur le problème des réfugiés

 

Nous avons livré plusieurs appréciations de la tragédie qui se produit dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à cause de la politique à courte vue de nos collègues occidentaux visant soi-disant à « démocratiser » la région. Si nos collègues occidentaux continuent de dire qu’ils font de la « démocratisation » au Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord en comprenant qu’il est impossible de s’écarter de ce chemin, alors pourquoi ne pas choisir une voie plus simple et apporter des changements à la notion de « démocratisation »? Écrire un article sur Wikipedia pour dire que, du point de vue de l’Occident, la « démocratisation » est un processus de destruction totale des États en citant de nombreux exemples. Nous avons également attiré votre attention sur le fait que de nombreux experts occidentaux qui examinent objectivement la situation dans la région, ses causes et ses conséquences, nous rejoignaient de plus en plus sur ce point.

Le journaliste néerlandais indépendant Arnold Karskens estime également que ce sont les politiciens occidentaux qui sont coupables de la mort de nombreux réfugiés maliens ayant trouvé la mort en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe. Au nom des proches des Maliens décédés, il a officiellement accusé l’Union européenne et a choisi en tant que principal accusé le premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans. Des plaintes ont été déposées pour meurtre sans préméditation, incitation et complicité de trafic d’êtres humains. Selon Arnold Karskens, plus de 12 000 personnes se sont noyées en Méditerranée à cause de l’échec de la politique européenne à l’égard des réfugiés depuis 2015.

Nous comprenons qu’il est peu probable que ce journaliste obtienne le moindre résultat au tribunal néerlandais, mais nous espérons que de cette manière il attirera une nouvelle fois l’attention du public sur la tragédie de ce dernier « exode », sur ses causes et ses conséquences. Dans le même temps, nous espérons que les forces de l’ordre néerlandaises auront la présence d’esprit de ne pas accuser le journaliste d’être un agent de la propagande russe en Occident.

 

13/-Sur la situation au Soudan du Sud

 

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation au Soudan du Sud. Nous partons du principe que la normalisation de la situation dans ce pays est une affaire qui concerne avant tout les Sud-Soudanais eux-mêmes. Il serait injuste de rejeter toute la responsabilité des violences qui se poursuivent sur le seul gouvernement de Djouba, qui a déjà proclamé unilatéralement le cessez-le-feu. Il est important que l’opposition prenne les mêmes mesures.

Nous pensons que la stabilisation au Soudan du Sud ne sera possible qu’en respectant rigoureusement le cessez-le-feu et en entamant un processus inclusif de réconciliation nationale. Nous comptons sur le succès du dialogue national initié par le Président sud-soudanais Salva Kiir avec la participation de tous les groupes ethniques, forces politiques et couches sociales dans le but de préparer et d’organiser la Conférence nationale sur le processus de paix.

Notre attitude négative vis-à-vis du durcissement des sanctions contre le Soudan du Sud n’a pas changé. Elle coïncide avec la position de l’Union africaine, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) en Afrique de l’Est et des principaux acteurs régionaux. Nous pensons que la pression et les menaces ne contribueront pas au déblocage de la crise et peuvent, au contraire, l’aggraver.

Nous saluons les accords conclus pendant la 28e Assemblée de l’Union africaine en janvier sur la coordination des efforts de médiation de l’Onu, de l’Union africaine et de l’IGAD pour assurer la paix, la stabilité et la sécurité au Soudan du Sud. Nous partons du fait que l’IGAD doit jouer un rôle central dans ce processus.

Nous sommes préoccupés par la dégradation continue de la situation humanitaire au Soudan du Sud – sachant qu’il est évident que le conflit armé intérieur n’est pas l’unique raison de la crise humanitaire, qui est également directement liée aux conséquences de sécheresse dans toute la région. Nous appelons les parties sud-soudanaises à garantir les conditions nécessaires pour que l’aide humanitaire internationale puisse parvenir à la population. Nous remarquons la contribution considérable des États voisins qui ont accueilli sur leur territoire un grand nombre de réfugiés du Soudan du Sud.

 

14/-Sur la situation au Venezuela

 

Suite à de nombreuses demandes je voudrais commenter l’évolution de la situation au Venezuela.

L’analyse de la situation politique dans ce pays indique clairement que les deux camps – les chavistes et l’opposition – bénéficient d’un large soutien au sein de la société vénézuélienne. Aucune partie ne peut refuser à l’autre le droit d’exister et de défendre ses opinions. Dans le même temps, nous sommes convaincus que les tentatives d’obtenir des résultats politiques par des protestations violentes ne correspondent pas à la pratique démocratique. Le règlement des problèmes difficiles auxquels le pays fait face ne sera possible qu’en organisant un dialogue efficace et à part entière – le seul moyen civilisé pour surmonter les différends en s’appuyant sur la Constitution et sur la loi du Venezuela en empêchant toute forme de violation de sa souveraineté et d’ingérence dans ses affaires intérieures. Les partisans du recours à la force doivent surmonter leur refus de dialoguer.

Force est de constater que le rôle destructif de forces extérieures, qui est important, est également flagrant. Sur leur conscience pèsent déjà 26 vies humaines emportées par les émeutes. Nous partageons le deuil des Vénézuéliens. Les organisateurs des manifestations violentes, à qui on a inculqué un faux sentiment d’impunité, malheureusement, peuvent répandre encore plus de malheurs. Les « ingénieurs sociaux » extérieurs qui encouragent la désobéissance sociale devraient regarder de plus près les résultats de leur activité en Syrie, en Libye, au Yémen, ainsi qu’en Ukraine Quel est le fond des actions entreprises par les forces extérieures au Venezuela? Cherchent-ils les mêmes résultats? Nous soulignons encore une fois que les problèmes des Vénézuéliens ne pourront être réglés que par les Vénézuéliens eux-mêmes en s’appuyant sur la Constitution et à travers un dialogue.

 

15/-Sur la situation sur la péninsule coréenne

 

La situation sur la péninsule coréenne continue de se dégrader. Cette tendance est due à la réticence des belligérants à renoncer aux approches conflictuelles et à la menace de la force pour régler les problèmes existants au profit du dialogue et d’un ordre du jour positif. Nous sommes particulièrement préoccupés par le regroupement d’un groupe aéronaval américain en Asie du Nord-Est et par la rhétorique belliqueuse de Pyongyang qu’il a suscitée. C’est le fond de l’exacerbation de la situation.

Dans ces circonstances, il est important d’empêcher que la situation évolue selon un scénario de crise qui risque de dégénérer en conflit armé ouvert. Nous appelons toutes les parties impliquées à faire preuve de retenue et à évaluer une nouvelle fois lucidement les éventuelles conséquences d’une escalade de la tension pour la péninsule coréenne et pour la région en général.

Aujourd’hui plus que jamais sont sollicités des efforts communs pour parvenir à une détente politico-militaire générale, une recherche collective de solutions à la table des négociations pour régler l’ensemble des problèmes existants.

Nous comptons sur une discussion constructive au sujet de la situation sur la péninsule coréenne pendant la réunion spéciale du Conseil de sécurité des Nations unies prévue le 28 avril avec la participation de Guennadi Gatilov, Vice-ministre russe des Affaires étrangères.

 

16/-Sur la lutte contre la piraterie près des côtes de la Corne de l’Afrique

 

Nous sommes préoccupés par la hausse de l’activité pirate près des côtes somaliennes. Rien qu’en mars-avril, on a enregistré dans cette zone six attaques de pirates contre des navires commerciaux étrangers, sachant que dans cinq cas les attaquants sont parvenus à prendre les navires avec leur équipage. Il n’y a pas de Russes parmi les marins faits prisonniers par les pirates.

Nous prônons la poursuite du travail actif pour lutter contre la piraterie, y compris dans le cadre du Groupe de contact pour lutter contre la piraterie près des côtes somaliennes, qui est le seul mécanisme universel contre la piraterie ayant un potentiel significatif et une expérience de lutte collective contre ce phénomène. Nous sommes certains que les tentatives entreprises par certains de nos partenaires occidentaux d’interrompre l’activité du Groupe de contact sous prétexte qu’il aurait rempli son mandat sont contre-productives et même dangereuse compte tenu de l’évolution de la situation près des côtes somaliennes.

 

17/-Sur la réélection de la Russie au sein de la Commission des stupéfiants des Nations unies (CND)

 

Pendant la réunion du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc) le 19 avril, la Russie a été réélue à l’unanimité au sein de la CND pour la période 2018-2021 .

Nous estimons que la réélection de notre pays est une reconnaissance de l’activité active et cohérente de la Russie au profit du renforcement du régime international de contrôle des stupéfiants fondé sur trois conventions antidrogues de l’Onu.

De plus, nous avons fortement contribué au renforcement de la coopération internationale pour régler le problème de la production de drogues sur le territoire afghan et dans d’autres régions problématiques en la matière. Nous avons appuyé fermement et systématiquement la thèse d’un lien très net entre les revenus du trafic de drogue et le financement du terrorisme, y compris dans le contexte des tentatives de l’État islamique de prendre le contrôle du trafic de drogue afghan actuellement contrôlé par les talibans. Ceci et d’autres aspects du problème resteront parmi les priorités du prochain mandat des délégations de la Russie et de la CND.

Avec nos partenaires, nous avons l’intention de suivre une ligne cohérente afin de promouvoir un monde sans drogue qui, selon nous, correspond exactement aux principes et aux objectifs de la Charte de l’Onu.

 

Sur le refus du QG de campagne du candidat à la présidence française Emmanuel Macron d’accréditer la radio Sputnik, la chaîne Russia Today et l’agence vidéo Ruptly

 

Nous avons noté la décision scandaleuse, selon nous, du QG de campagne du candidat à la présidence française Emmanuel Macron de refuser l’accréditation aux médias russes Sputnik et Russia Today ainsi qu’à l’agence vidéo Ruptly. Plusieurs requêtes avaient été envoyées par les médias russes en temps utile, en respectant toutes les formalités. Étant donné que d’autres médias étrangers n’ont rencontré aucun obstacle, nous considérons ces mesures restrictives comme une discrimination ciblée et délibérée des médias russes de la part d’un candidat à la présidence d’un pays défendant historiquement la liberté d’expression.

Malheureusement, cette dernière violation des droits des médias par l’équipe d’Emmanuel Macron s’inscrit dans le contexte des accusations infondées déjà formulées à l’encontre de Russia Today et de Sputnik par leurs collègues, entre autres de prétendue ingérence dans la vie démocratique de ce pays. Nous pensons que la vie démocratique ne peut être garantie que par un travail sans obstacles pour tous les médias en contribuant au renforçant le pluralisme d’opinions et à l’élargissement des possibilités des citoyens d’avoir accès à l’information, y compris aux points de vue alternatifs.

Le rôle particulier des médias pour assurer des élections libres et honnêtes est souligné dans de nombreux actes internationaux, notamment dans le Document final d’Astana de l’OSCE de 2010. Cependant, certains impératifs en matière de droits de l’homme fixés au plus haut niveau sont ignorés par certains politiciens français qui, à première vue, défendent les valeurs démocratiques à la tribune.

Nous appelons les structures internationales spécialisées et les organismes compétents en France à surveiller tout particulièrement la violation des droits des médias pendant les élections présidentielles et à prendre des mesures pour empêcher la répétition de telles violations pendant le second tour en mai.

 

19/-Sur la situation de Konstantin Iarochenko

 

Nous avons appris avec confusion la décision des autorités américaines de rejeter la demande du citoyen russe Konstantin Iarochenko d’être transféré en Russie conformément à la Convention du Conseil de l’Europe sur le transfèrement des personnes condamnées de 1983. Notre compatriote a été kidnappé en 2010 par des agents américains au Liberia pour être extradé de force et en secret à New York, où il a été condamné à 20 ans de prison sans aucune preuve matérielle réelle de sa prétendue complicité dans le transport de drogue.

Malheureusement, cette nouvelle décision préconçue de Washington indique que les USA ne sont toujours pas prêts à supprimer les nombreux éléments irritants dans nos relations bilatérales – qui avaient été créés par l’administration précédente de Barack Obama. Force est de constater qu’une telle approche ne contribue pas à la normalisation du dialogue entre la Russie et les USA. On assiste clairement à une ignorance des facteurs humanitaires étant donné que Konstantin Iarochenko a de sérieux problèmes de santé. Nous l’avons indiqué plusieurs fois à la partie américaine et avons tout fait pour que le citoyen russe reçoive une aide médicale à part entière et une contribution particulière quand ses problèmes de santé s’aggravaient.

Bien sûr, de notre côté nous continuerons d’insister sur le retour de notre citoyen chez lui. Nous insisterons sur la nécessité de dispenser à Konstantin Iarochenko l’aide médicale dont il a besoin mais dont il ne bénéficie pas dans la prison américaine où il est détenu. Nous avons l’intention de continuer de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre ses droits et intérêts légitimes.

 

20/-Sur la situation de Roman Seleznev

 

Le 21 avril, le tribunal du district Ouest de Washington D.C. a condamné le citoyen russe Roman Seleznev à 27 ans de prison. Il a été accusé de crime cybernétique dans le secteur bancaire, de vol et de vente d’informations sur des cartes de crédit.

Avant tout, nous rappelons que Roman Seleznev a été extradé illégalement et de force des Maldives par des agents américains en 2014: il s’agissait donc du kidnapping d’un citoyen russe. Nous considérons ces agissements des USA comme une grossière violation des normes du droit international et exigeons de cesser immédiatement cette pratique criminelle.

Il est évident également que la justice américaine a ignoré la volonté de Roman Seleznev de reconnaître sa culpabilité et sa disposition à collaborer avec l’enquête. Les aspects humanitaires de l’affaire ont également été ignorés: le Russe, blessé par un attentat au Maroc en 2011, est handicapé, doit prendre des médicaments et être suivi en permanence par des médecins.

La défense a l’intention de faire appel.

Le Ministère russe des Affaires étrangères continue de suivre la situation de Roman Seleznev et de prendre les mesures nécessaires pour apporter au citoyen russe une assistance consulaire et juridique.

 

Réponses à la presse:

A/-Question: Le communiqué du directeur adjoint du Département de l’information et de la presse Artem Kojine publié le 24 avril parle « d’efforts pour faciliter le sort du citoyen russe Dilgam Askerov pour des raisons humanitaires ». Peut-on avoir des détails sur ces efforts dans la mesure où la situation de Dilgam Askerov diffère de celle d’Alexandre Lapchine?

Réponse: J’ai lu moi-même cette information et des amis azerbaïdjanais m’ont envoyé des liens vers des articles de médias azerbaïdjanais. Ce sont des articles outrageants sans analyse ni critique constructive. Après cela, vous nous demandez de fournir davantage d’informations? J’avoue qu’après ces articles je n’ai même pas envie de communiquer.

Vous savez à quel point nous sommes ouverts aux médias, mais personne n’a le droit de manquer de respect. Nous saluons le fait de fournir des informations et toutes les questions sur le sujet. Si quelque chose vous intéresse, nous sommes prêts à fournir des informations supplémentaires. Mais nous n’avons aucune envie de communiquer avec les journalistes sur ce ton directement ou indirectement. Si vous avez la possibilité (je sais que plusieurs représentants de médias azerbaïdjanais assistent à la conférence de presse), transmettez-le à vos collègues.

B/-Question: Je représente l’agence de presse azerbaïdjanaise APA.

Réponse: Nous vous fournirons des informations supplémentaires sur toutes les questions qui vous intéressent. Je le répète, ma demande reste valable: s’il vous plaît, notez la couverture absolument outrageante des réponses du Ministère russe des Affaires étrangères à la question des médias azerbaïdjanais. Ce n’est pas un travail de journaliste, c’est de la muflerie. Je ne peux pas le qualifier autrement. D’ailleurs, c’est également l’avis de mes amis azerbaïdjanais qui ont même présenté des excuses pour ce ton. Informer le public est une chose, mais utiliser constamment des questions problématiques et complexes, que personne ne cache, pour inciter à la haine entre deux pays et deux peuples en est un autre. Je peux affirmer qu’ils ne parviendront pas à leurs fins. Aucun article mensonger ni même plusieurs ne pourra gâcher les relations entre Moscou et Bakou, qui plus est brouiller les peuples – car les gens sont plus sages. Mais ils peuvent créer une toile de fond négative. J’ignore pourquoi ils le font et quelles sont leurs fins. On ignore également pourquoi il faut saper les relations bilatérales avec de tels articles. Posez-leur la question de savoir si ces articles sont favorables à l’Azerbaïdjan? Je ne crois pas.

Nous vous fournirons des informations supplémentaires comme promis.

C/-Question: Une tombe avec la dépouille d’un général russe a été découverte hier en Turquie. J’ai mené ma propre enquête et je suppose qu’il s’agit du général Vassili Gueïman, héros de la guerre du Caucase. Avez-vous des informations à ce sujet?

Regardez-vous la série Les Optimistes? Vos collaborateurs et vous êtes-vous également optimistes?

Réponse: J’ai été informée de la découverte d’ossements de notre compatriote enterré sur le territoire turc. Notre Ambassade en Turquie s’occupe activement de cette question. Je pense que nous livrerons prochainement un commentaire sur cette situation. De tels communiqués ne restent jamais sans réaction et sans action. Après avoir recueilli les premières informations, il sera possible de faire prochainement un commentaire.

En ce qui concerne la série, comme vous le savez, j’ai publié des informations et des photos de son tournage sur les réseaux sociaux. Personne ne nous a spécifiquement demandé l’autorisation, personne n’est venu nous voir. C’était une initiative de la chaîne Rossia 1 (VGTRK). En plein tournage le scénariste m’a écrit pour m’inviter à Mosfilm pour voir les décors, ce que j’ai fait. J’ai été impressionnée par les décors. La seule chose à laquelle nous avons contribué a été l’organisation, pour l’équipe de tournage, d’une excursion dans le bâtiment du Ministère des Affaires étrangères pour que ses membres s’empreignent davantage de l’atmosphère.

Je n’ai pas encore vu la série car j’ai jonglé entre mes missions et un emploi du temps très chargé, mais je la regarderais. J’en ai vu des extraits pendant le tournage.

Sommes-nous optimistes? Il ne pourrait en être autrement!

D/-Question: La 6e Conférence de Moscou sur la sécurité internationale vient de s’achever. Pendant une réunion plénière a été évoquée l’agression médiatique et la lutte contre cette dernière. Il était également question de sa mise en pratique: on a cité des exemples, notamment celui de l’Ukraine. Comment peut-on faire face à ce tout nouveau type d’agression médiatique dans les conditions actuelles?

Réponse: Même si je n’étais pas à Moscou et que je n’ai pas pu participer à cette conférence, j’ai suivi tous les discours et les commentaires. J’ai noté la réaction à tout ce qui a été dit sur l’information, sur les guerres médiatiques et l’agression médiatique. Comment pouvons-nous y faire face?

Premièrement, nous travaillons directement avec le public et fournissons en temps opportun des informations de qualité appuyées par des faits, des chiffres et des exemples concrets. Je pense que c’est le moyen le plus important pour faire face à l’agression médiatique.

Deuxièmement, nous dénonçons les individus et les structures qui se cachent derrière les médias qui font de la désinformation et créent des fakes. Nous avons ouvert sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères une rubrique consacrée aux fakes. Elle fonctionne. Plusieurs articles y sont publiés chaque semaine. Nos collègues occidentaux étaient très sceptiques quant à notre initiative. Ils nous ont immédiatement critiqués en déclarant que la Russie ne faisait que pointer et estampiller comme « fake » des articles sans en dévoiler la raison. Pas du tout. Nous informons de manière très détaillée, nous livrons notre appréciation et indiquons ce qui constitue, selon nous, une information absolument fausse. Cette approche et cette méthode sont très efficaces. Maintenant, quand on me demande pourquoi la Russie diffuse des fakes, je demande qu’on me cite un exemple. Nos exemples sont réunis sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Pas tous, bien sûr, mais quelques uns extraits d’un flux de millions de fakes.

Troisièmement, nous utilisons les institutions juridiques internationales. Il est important de travailler avec des organisations professionnelles. C’est un travail non pas du côté du Ministère, mais du côté de la communauté journalistique qui doit prendre conscience du risque de l’érosion actuelle du métier de journaliste par les plus grands et les plus anciens holdings médiatiques. On assiste à l’exode du public des médias traditionnels au profit d’internet qui n’est absolument pas contrôlable en matière de véracité de l’information. C’est le travail des communautés professionnelles et des institutions internationales.

Il y a quelques jours, dans le cadre du travail du Comité de l’information de l’Assemblée générale des Nations unies, nous avons soumis une proposition à inclure au texte de résolution sur laquelle vont travailler les membres du Comité de l’information dans les jours à venir. Elle suggère d’élaborer une stratégie pour lutter contre la diffusion de fausses informations. En marge de la réunion nous avons rencontré Maher Nasser, Secrétaire général adjoint par intérim de l’Onu à la communication et à l’information. Ce dernier a pleinement soutenu cette idée et dans son propre discours devant les membres du Comité il a dit que ce problème était l’un des plus importants. Cette initiative bénéficie d’un soutien. J’espère qu’elle ne sera pas bloquée par certains pays. Nous verrons comment les choses vont évoluer. Si quelqu’un la bloque, nous vous en informerons également. Ça va être très intéressant.

La structure du Secrétariat de l’Onu dispose d’un Département de l’information. Il fonctionne très bien, même si ce n’est pas facile car il ne défend pas la position d’un pays ou d’un parti mais reflète l’avis de l’Onu. La vision présentée doit être réfléchie et équilibrée. Le travail de ce Département est très difficile et professionnel. Nous sommes bien placés pour comprendre l’approche à adopter au niveau supranational pour l’élaboration d’une stratégie pour lutter contre la propagation de fakes.

Ce sont plusieurs axes de travail. De plus, je pense que la voix de chaque pays et de chaque journaliste doit être active. On ne peut pas être indifférent, on ne peut pas estimer que si quelqu’un n’a pas réagi à un fake cela n’a rien de grave. Ce n’est pas le cas. Chaque fake en entraîne un autre. Parmi les exemples les plus terribles et les plus marquants de propagation de fakes dans la presse, je pense à l’information de médias occidentaux sur le début d’une invasion de la Russie en territoire ukrainien quand les premiers convois humanitaires avaient été envoyés dans le Donbass. Sans rappeler Colin Powell qui ne doit pas être très à l’aise après avoir brandi sa fameuse fiole. Des camions blancs avec des inscriptions appropriées avec une coopération pratiquement manuelle de la Russie, des collègues ukrainiens des organisations humanitaires ont commencé à apporter sur le territoire ukrainien une aide humanitaire à la population privée du minimum nécessaire. Les médias occidentaux ont lancé une campagne en disant que la Russie avait commencé une « invasion » de l’Ukraine et que, soi-disant, les camions blancs transportaient des chars. C’est exactement ce qui était écrit – que la Russie faisait entrer des chars. On écrivait que ces camions n’étaient pas fouillés et que la Russie était opposée aux procédures de contrôle alors que c’était exactement le contraire. La Russie était prête à participer à tout format de vérification. Je répète: tout cela se déroulait pratiquement sous nos yeux car le Ministère russe des Affaires étrangères participait activement à ce processus. La vague soulevée par les médias était une vague de fakes. Entrez ces informations dans un moteur de recherche, trouvez ces médias. Personne n’a ensuite présenté d’excuses, ni démenti ni avoué avoir eu tort de s’être laissé tromper par des fakes. Personne n’en a même parlé alors qu’il s’agissait de choses très graves. On disait au monde entier que le plus grand État agressait son voisin. C’était pour moi un exemple très marquant de guerre de fakes.

Voici quelques idées sur la lutte contre les fakes. En réalité, il faut élaborer une stratégie. Quand je disais que c’était à la communauté professionnelle de s’en occuper – je sais qu’elle s’en occupe déjà. Plusieurs grands organisations et réseaux sociaux mettent en place des moyens technologiques pour lutter contre les fakes, elles communiquent entre elles. Il y a aussi des tentatives d’établir un contact entre les plus grands médias. Je pense que si l’Onu faisait un pas pour élaborer une stratégie et offrir sa plateforme pour un tel travail expérimental, cela profiterait à tout le monde.

E/-Question: Vous avez parlé du Secrétaire général adjoint par intérim de l’Onu à la communication et à l’information et de la réaction du Département de l’information de l’Onu. D’autres collègues ont-ils pris cette initiative au sérieux? Dans quelle mesure est-ce possible dans les réalités politiques et médiatiques actuelles, dans le cadre de la confrontation médiatique actuelle?

Réponse: Vous n’allez pas croire à quel point tout cela a été pris au sérieux. Le lendemain, on m’a envoyé le lien vers un article du Washington Post. Je vais le lire en anglais et vous traduirez vous-mêmes. Je lis tel que c’est écrit. Ce n’est pas le 1er avril, ils le pensent vraiment: « Russians are fighting the war of words against the U.S. with American words » (« Les Russes font la guerre des mots contre les USA avec les mots de l’Amérique.) Nous sommes accusés d’utiliser les mots américains dans une prétendue lutte médiatique contre les USA. C’est surréaliste! Lisez, c’est phénoménal. Nous sommes accusés d’avoir osé, je souligne, utiliser des mots « américains » dans un prétendu affrontement médiatique. Je ne sais pas s’il est possible de tomber plus bas. Les médias américains cherchent-ils à toucher le fond? Il n’y a pas d’autres possibilités. Je pense qu’il faut reprendre de la hauteur car il est impossible de tomber plus bas.

F/-Question: Et vos collègues de l’Onu?

Réponse: Nos collègues travaillent en ce moment même. Le Comité siège jusqu’à début mai. Je répète que nous partons de ce que nous dit le Secrétariat de l’Onu. C’était le discours du Secrétaire général adjoint par intérim de l’Onu à la communication et à l’information. Ce sujet a été soulevé au cours de nombreuses interventions de nos collègues. Combien peut-on parler? Il faut faire quelque chose. C’est pourquoi nous avons émis une proposition. L’article du Washington Post écrit que nous avons l’insolence d’utiliser des mots « américains ». En particulier, j’ai été accusée d’utiliser le terme de « fake news » que je n’aurais pas le droit d’emprunter parce que c’est leur trouvaille et élaboration, et qu’ils peuvent les utiliser mais pas nous. Qui a inventé cela? Le phénomène existe mais nous ne pouvons pas prononcer les mots qui le désignent. Ce n’est pas sérieux.

G/-Question: Ces mots viennent de l’anglais des USA, pas de l’anglais du Royaume-Uni.

Réponse: Cela s’inscrit dans le concept d’exclusivité.

H/-Question: Récemment le quotidien Izvestia, se référant à ses sources, a annoncé que l’ex-Délégué des droits de l’homme auprès du Ministère russe des Affaires étrangères Konstantin Dolgov avait été transféré à l’Administration du Président russe. Son poste et l’appareil du Délégué des droits de l’homme auprès du Ministère russe des Affaires étrangères seront-ils supprimés?

Réponse: J’aime bien le quotidien Izvestia mais il ne m’a pas demandé de commentaires, ce qui n’est pas très correct puisqu’ils évoque le Ministère russe des Affaires étrangères. Si le journaliste nous avait contactés j’aurais répondu que nous avons un Département entier chargé des droits de l’homme. A une certaine étape, dans le cadre de la coopération internationale, il a fallu entamer, initier et diriger un nouveau domaine de travail: la préparation de rapports annuel sur les droits de l’homme dans le monde. Vous savez que tels rapports sont préparés dans de nombreux pays. Jusqu’à récemment la Russie n’en rédigeait pas et c’est pourquoi, entre autres à ces fins, a été instauré un outil supplémentaire pour évaluer la possibilité de le faire. Personne ne s’occupait d’un tel travail au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères. Konstantin Dolgov, qui était adjoint de l’Ambassadeur de Russie auprès de l’Onu, avait une très bonne expérience de la coopération internationale: il a donc été invité pour lancer ce travail. Il l’accomplissait très bien et la direction appréciait grandement son activité. Aujourd’hui le mécanisme fonctionne, il existe un Département spécialisé et de nombreux spécialistes, c’est pourquoi le délégué est transféré au Département qui poursuivra ce travail mené au niveau nécessaire par Konstantin Dolgov. C’est une optimisation du travail compte tenu des réalités actuelles.

I/-Question: Quel sera le sort de ces rapports annuels? Vont-ils continuer?

Réponse: Oui, ces études annuelles continueront d’être publiées. Parfois, le travail nécessite l’introduction d’un outil supplémentaire sous la forme d’une fonction ou d’un poste pour lancer le processus, avant d’optimiser et de faire revenir le produit ayant acquis un statut et un poids dans son département d’origine. Il existe de nombreux exemples et méthodes d’un tel travail: par exemple, nous avons l’institution des ambassadeurs itinérants. Ces fonctions sont occupées par des spécialistes qui accordent une attention particulière à une question précise dans un intervalle de temps donné. Ils agissent en coopération très étroite avec les départements compétents, et des mesures appropriées sont entreprises quand on estime nécessaire ou opportun d’optimiser leur activité ou d’élargir leurs fonctions.

J/-Question: Le 26 avril marquait la date-anniversaire de l’accident de Tchernobyl. Quelles mesures sont entreprises par la Russie pour surmonter les conséquences de la tragédie de Tchernobyl?

Réponse: Nous inclinons la tête à la mémoire des sauveteurs héros, nous compatissons avec tous ceux qui ont dû participer activement à l’époque aux réparations de cette catastrophe anthropique que fut l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Nous compatissons avec ceux qui ont dû quitter leur foyer et ne peuvent pas y revenir.

La Fédération de Russie, qui fut l’une des plus touchées par l’accident, est traditionnellement un acteur important des efforts multilatéraux pour surmonter les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. En tout, depuis 1992, le gouvernement russe a adopté et mis en œuvre cinq programmes spéciaux, quatre programmes pour la protection des enfants et deux programmes pour fournir un logement à ceux qui ont participé aux réparations des conséquences de l’accident.

Notre pays apprécie grandement les efforts de la communauté internationale pour surmonter les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl. Le problème du rétablissement des conditions normales de la vie de la population sur les territoires touchés par l’accident est évoqué depuis plusieurs années à l’Onu. En décembre 2016 a été adoptée la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur les conséquences à long terme de la catastrophe de Tchernobyl. Hormis la Russie et la Biélorussie, 33 États étaient coauteurs de ce document, dont l’Ukraine.

Le gouvernement russe a ordonné le versement d’une cotisation supplémentaire au fonds de Tchernobyl Ourkrytie en 2016-2017 à hauteur de 10 millions d’euros. La totalité de la participation russe à ce fonds depuis 2008 s’élève à plus de 60,3 millions d’euros. De plus, la Russie a versé en 2009 et 2012 12,5 millions d’euros pour la sécurité nucléaire. Cet argent est dépensé pour la construction d’un entrepôt sec pour le combustible nucléaire usagé sur la plateforme de la centrale de Tchernobyl.

Un grand travail a été effectué en ce sens depuis ces années dans le cadre de l’État de l’union Russie-Biélorussie. Nous avons mis en œuvre le programme d’activité conjointe pour surmonter les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl jusqu’en 2016. Le budget commun permet d’apporter une aide médicale complexe aux citoyens russes et biélorusses qui ont été soumis aux radiations. Notre pays estime que la mémoire de la tragédie de Tchernobyl doit devenir un facteur unificateur pour tous les pays du monde dans le travail visant à développer une énergie nucléaire sûre.

K/-Question: De nombreux étrangers entrant sur le territoire russe remplissent une carte migratoire. Cela crée de longues files d’attente dans les aéroports.

Réponse: Il y a de grandes files d’attente à JFK, à l’aéroport de New York. Voilà où il y a de longues files d’attente, pas chez nous. Cela fait longtemps que je n’ai pas vu de longues files d’attente à Moscou et dans les aéroports de Moscou.

Les files d’attente sont grandes à New York. Je l’ai récemment constaté moi-même alors même que j’avais un passeport diplomatique puisque j’étais en mission officielle. Restons objectifs, beaucoup de choses ont été faites au niveau fédéral et régional pour que ces terribles files d’attente appartiennent au passé. Je peux l’affirmer non pas parce que la Russie est mon pays et que je le défends. Vous savez qu’il existe des difficultés objectives, des complications, des lacunes, et je dis toujours que nous travaillerons dessus. Je lève mon chapeau pour l’organisation actuelle: tout est propre, soigné, très convivial et en parfaite conformité avec les plus hautes exigences internationales.

J’ai compris votre question pour la carte migratoire, mais cette question ne s’adresse pas à nous. Cela concerne la structure qui s’appelait auparavant Service fédéral de migration de Russie et qui a fusionné avec le Ministre russe de l’Intérieur. Nous enverrons volontiers votre requête aux agents compétents du Ministère russe de l’Intérieur. Ils vous répondront directement ou par notre biais. Cela relève des compétences du Ministère russe de l’Intérieur.

L/-Question: Récemment, le chef des forces terrestres américaines en Europe Ben Hodges a accordé une interview à une chaîne bulgare en déclarant que des exercices seraient organisés en Bulgarie, même si la majeure partie de la population bulgare ne voit pas la Russie comme une menace. Nous voyons une menace dans les migrants qui arrivent dans notre pays. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Peut-être qu’ils vont organiser des exercices contre les migrants vu que la Bulgarie ressent une menace de leur part et que l’Otan y organise des manœuvres militaires. Pourquoi ne pas leur poser la question?

Je ne sais pas. Il faut se souvenir de l’exemple de l’Ukraine, la population ne voyait pas non plus de menace du côté de la Russie, mais l’Otan y organisait des exercices. Tout le monde voit comment tout s’est terminé pour l’Ukraine en tant qu’État. Ne pas écouter ce que les gens souhaitent pour leur État conduit à des conséquences tristes, comme cela s’est notamment produit en Ukraine.

M/-Question: Le représentant spécial du Président russe pour l’Afghanistan et directeur du 2e Département Asie du Ministère russe des Affaires étrangères Zamir Kaboulov a déclaré que Moscou était prêt à fournir une plateforme de dialogue entre les représentants du gouvernement afghan et l’opposition. A-t-on déjà entrepris des mesures pour préparer une telle réunion?

Réponse: Exprimer la disposition à fournir une plateforme est une mesure très concrète. C’est une invitation au dialogue et la Russie a pour obligation de créer les conditions nécessaires. Je vais demander des précisions pour savoir si une réaction a suivi.

N/-Question: Quels sont les objectifs diplomatiques de la Russie lors des prochaines négociations entre les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie?

Réponse: Contribuer au règlement du problème du Haut Karabagh.

O/-Question: En cette fin avril, Donald Trump aura passé 100 jours à la tête des États-Unis. En trois mois, quelle attitude s’est formée en Russie à son égard? Y a-t-il une chance que les relations entre la Russie et les USA s’améliorent?

Réponse: C’est évidemment aux Américains et aux personnes qui ont voté pour lui ou pour un autre candidat de l’évaluer. Tous les citoyens américains peuvent et doivent donner leur appréciation. C’est leur tradition, leur prérogative. Dans certains pays il existe la tradition d’évaluer les cent premiers jours d’un président, dans d’autres non.

En ce qui concerne la Russie nous avons notre propre segment. Premièrement, c’est la coopération au niveau des relations bilatérales. Deuxièmement, la coopération sur les problèmes sur lesquels nous collaborons soit traditionnellement, soit à cause de notre implication dans le règlement de conflits internationaux. En ce sens, nous avons déjà des points de convergence.

Quant aux relations bilatérales, le dialogue est en cours. Plusieurs entretiens des chefs de diplomatie, y compris téléphoniques, ont déjà eu lieu. Les contacts ne sont pas nécessaires comme une fin en soi. Nous avons déjà connu des situations où on nous téléphonait pratiquement tous les jours. Nous souhaitons un résultat, l’efficacité de ces contacts. Selon moi, les deux parties disposent des capacités requises pour accélérer largement le travail. Il n’y a pas de problèmes de notre côté mais nous savons parfaitement ce qui se passe de l’autre. C’est une lutte politique, un marchandage, une bataille d’opposants politiques pour les budgets, pour la répartition, les éventuels portefeuilles et les sphères d’influence. Bien sûr, l’autre partie est limitée dans ses actes.

P/-Question: Les relations russo-iraniennes changeront-elles en cas d’arrivée au pouvoir d’un nouveau président en Iran?

Réponse: Nous avons une position traditionnelle. Nous respectons le choix du peuple, le processus électoral conformément à la Charte de l’Onu qui fixe le caractère inadmissible d’une ingérence dans les affaires intérieures pour exercer une influence sur un État. C’est d’autant plus impossible à faire quand la population d’un pays a le droit légitime d’utiliser les institutions démocratiques pour régler ses problèmes en déterminant son sort. Le déroulement des élections en Iran relève uniquement de la compétence du peuple de ce pays. Nous travaillerons avec ceux qui arriveront au pouvoir. Nous partons du fait que les relations entre nos pays doivent conserver une bonne dynamique et les liens historiques que nous avons noués. Notre dialogue bilatéral se développe. Nous coopérons activement sur les questions régionales et internationales.

Q/-Question: Après son entretien avec Sergueï Lavrov, le Ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Joubeir a déclaré qu’il comptait sur l’aide de la Russie pour régler le conflit au Yémen. Comment la Russie peut-elle aider l’Arabie saoudite dans ce processus?

Réponse: Nous avons des contacts diplomatiques et militaires, qui nous permettent d’interagir. Le maintien de ce thème à flot du point de vue du rappel et de l’éventuelle recherche de mesures communes pour améliorer la situation humanitaire, qui est catastrophique au Yémen, est important. Nous travaillerons dans ce sens.

R/-Question: Israël insiste en disant que sa frappe en Syrie a été portée contre un entrepôt d’armes du Hezbollah.

Réponse: Il ne faut pas oublier la notion d’État souverain. Personne n’empêche un État de lutter contre le terrorisme, d’autant qu’il est question du fait que la population de ce pays souffre d’une menace terroriste sur son territoire. Nous savons parfaitement le chemin difficile qu’a parcouru la population d’Israël dans la lutte contre le terrorisme, et nous comprenons à quel point il est difficile de lutter contre la menace terroriste. Sachant qu’il existe des moyens légaux de coopération avec un État souverain et membre de l’Onu pour combattre la menace terroriste. Il existe un dialogue au niveau des services de renseignement, des militaires, des contacts diplomatiques qui peuvent très bien être utilisés pour que cette lutte se déroule sur une base légale.

De nombreux pays attaquent le territoire syrien et disent qu’ils le font à des fins nobles, tout en portant atteinte d’une manière ou d’une autre à l’infrastructure syrienne qui est directement utilisée pour combattre le terrorisme. La réponse globale pourrait être la création d’un front commun sous l’égide de l’Onu pour régler la crise syrienne dans le contexte de la lutte contre le terrorisme. Mais cela n’a pas intéressé les puissances mondiales. C’était une initiative russe. Il reste soit les contacts bilatéraux, soit les contacts multilatéraux qui permettent de légaliser la lutte contre le terrorisme dans les États voisins.

Je voudrais rappeler qu’il y a plus d’un an, des représentants syriens ont annoncé que la coopération de pays tiers avec la Russie, par exemple au niveau de l’aviation et des experts militaires, et l’entente avec elle pour combattre le terrorisme sur le territoire syrien serait parfaitement normal et tiendrait compte de leurs préoccupations en matière de violation de la souveraineté.