1804 – Présidentielle Française 2017… le séisme ? … 3 avis …

FIGAROVOX/EXCLUSIF – Le journaliste américain Christopher Caldwell, auteur d’Une révolution sous nos yeux, livre son analyse de la campagne présidentielle française au FigaroVox.


Christopher Caldwell est rédacteur en chef au Weekly Standard et auteur d’un essai très remarqué, Une Révolution sous nos yeux: Comment l’Islam va transformer la France et l’Europe (ed. L’Artilleur).

Comment analysez-vous les résultats du premier tour de l’élection présidentielle?

Ceux qui disent que le système politique français est devenu impossible à lire sont aveugles. Le système est au contraire désormais d’une simplicité totale. Les élites socialistes et LR ont été attirées comme de la paille de fer vers leur magnétique confrère Macron. Quand il dit qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, il le pense vraiment. Il fait appel à ses électeurs sur la base de la solidarité de classe, pas de l’idéologie. Les électeurs les plus humbles sont désormais divisés entre Mélenchon et Le Pen.

Dans quelques temps, il ne fait aucun doute qu’un candidat populiste comprendra cette nouvelle logique du ni-ni et rassemblera ces deux forces sur la base d’une même classe.

Les ressorts du vote Trump sont-ils les mêmes que ceux du vote Le Pen?

Oui, presque exactement. Les deux idées principales étant l’identité, la sécurité et la façon dont elles sont menacées par la mondialisation, en particulier par le commerce et l’immigration.

  • La tâche de Trump est plus facile. Il a déjà agi pour restreindre l’immigration et contrôler les échanges commerciaux.
  • L’UE, cependant, pose une difficulté supplémentaire pour Le Pen car elle doit être démantelée pour que ses propositions concernant les frontières et la protection sécuritaire deviennent praticables. Cela fait en réalité de l’élection un référendum sur le Frexit.

Quel a été selon vous le poids des questions identitaires dans cette campagne?

Énorme, même si elles sont restées non formulées.

Mélenchon, si mal à l’aise avec les structures économiques mondialisées, semble agréer la société du brassage, ou du métissage, que la mondialisation a produite.

La percée de jean-Luc Mélenchon rappelle t-elle celle de Bernie Sanders?

Beaucoup, bien que Sanders soit un homme sans humour et sans l’éloquence et l’intelligence de Mélenchon.

Autre différence: Mélenchon, si mal à l’aise avec les structures économiques mondialisées, semble agréer la société du brassage, ou du métissage, que la mondialisation a produite. Sanders au contraire, comme Trump, voulait un retour à l’Amérique du milieu du siècle. Sa coalition était composée de nostalgiques et de personnes trop jeunes pour se souvenir du communisme. Tous ceux qui ont voté pour lui avaient soit moins de 23 ans, soit plus de 70 ans.

Une partie des électeurs de Sanders s’est ensuite reportée sur Trump…

Oui, et plus encore ont voté pour l’un des candidats tiers. Mais Hillary Clinton a certainement obtenu une majorité du report des électeurs de Sanders. Ce qui est étonnant. Quel type d’électeur commencerait en soutenant Sanders, qui a déclaré que le système mondial était tellement corrompu qu’il fallait le démolir et finirait par soutenir Clinton, qui proposait de renforcer les liens du système mondial avec tous les secteurs de l’économie et de la société?

De même, il est surprenant que tant de personnes aient critiqué Mélenchon pour sa lenteur à rejoindre Macron. S’il veut défendre les positions qui sont les siennes, comment pourrait-il soutenir Macron?

Ces séismes politiques à répétition sont-ils le signe d’une profonde crise existentielle qui traverse toute la civilisation occidentale?

Un signe parmi tant d’autres.


Rédacteur en chef au Weekly Standard et éditorialiste au Financial Times ainsi qu’au New York Times Magazine, Christopher Caldwell est l’un des journalistes américains les plus influents et les controversés de sa génération. Son ouvrage de 2009, Reflections on the Revolution In Europe: Immigration, Islam, and the West (2008), paru en France en 2011 aux édition du Toucan sous le titre, Une révolution sous nos yeux, comment l’Islam va transformer la France et l’Europe, a été l’un des plus commentés de ces dernières années. Pour l’hebdomadaire The Economist c’est «un livre important et provoquant».Pour le grand historien américain Perry Anderson, «le livre le plus frappant jamais paru en aucun langage sur l’immigration en Europe occidentale».


source/ http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2017/04/29/31001-20170429ARTFIG00162-christopher-caldwell-les-ressorts-du-vote-le-pen-sont-les-memes-que-ceux-du-vote-trump.php


2/- Jérôme Sainte-Marie : «Bloc élitaire contre bloc populaire, tel est le nouveau clivage»

2017.04.26 resultat-1er-tour-presidentielle-macron-le-pen

FIGAROVOX/ANALYSE – La présence d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle n’est pas un simple accident électoral, affirme Jérôme Sainte-Marie. Pour le politologue, le clivage droite/gauche est en train de disparaître. Sur fond de retour de la lutte des classes, un nouvel ordre démocratique se dessine.

Qui a dit que les sondeurs se trompaient tout le temps? Le Nouvel Ordre démocratique (Éditions du Moment), c’est le titre du dernier essai de Jérôme Sainte-Marie paru en 2015 [1]. Le politologue et fondateur de la société d’études et de conseil PollingVox y écrivait: «Le système démocratique français se disloque sous nos yeux. La gauche enchaîne les déroutes électorales et la droite s’enferre dans ses impasses. Comme ailleurs en Europe et déjà dans bien des villes et départements français, au clivage gauche/droite se substitue un nouvel affrontement opposant un pôle identitaire et un pôle libéral.»

Sainte-Marie avait vu juste. Le second tour de l’élection présidentielle, qui oppose Emmanuel Macron à Marine Le Pen, vient confirmer son intuition.

  • D’un côté, le héraut de la «mondialisation heureuse».
  • De l’autre, la candidate du retour de la nation.

Il analyse ici les ressorts de cette mutation qui pourrait être profonde et durable. «En cas de victoire d’Emmanuel Macron le 7 mai prochain, la dislocation du Parti socialiste comme du parti Les Républicains s’accélérerait», prévient Sainte-Marie.

Dans votre dernier livre, Le Nouvel Ordre démocratique, vous annonciez la disparition du clivage droite/gauche au profit d’un nouveau clivage élite/peuple ou encore libéralisme intégral/protectionnisme. La qualification d’EmmanuelMacron et de Marine Le Pen vous donne-t-elle raison?

«Le premier tour de l’élection a révélé un vote de classe d’une puissance inédite»

Le bouleversement politique est là, évident et brutal.

  • Les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 1981 voient leur candidat éliminé. Leur score cumulé est de 26 % des suffrages exprimés, au lieu de 56 % lors de la présidentielle précédente.
  • Le second tour va opposer une candidate «ni gauche, ni droite» à un candidat «et gauche, et droite».

En outre, la qualification du Front national n’a rien d’un accident électoral, comme ce fut le cas en 2002, car elle était annoncée depuis longtemps.

C’est bien à l’édification rapide d’un nouvel ordre que nous assistons, et ce qui était une construction logique il y a deux ans est devenue une réalité électorale manifeste.

Pour autant, peut-on parler d’un clivage peuple/élite? Le premier terme est trop englobant, et le second trop restrictif.

Cependant, derrière l’impression de chaos politique, une dichotomie se dessine, avec une dimension sociale aussi réelle que fantasmée.

  • Aussi proposerais-je les termes de «bloc élitaire» et de «bloc populaire».

Pourquoi ces termes?

  • D’abord, parce qu’il y a une opposition sociale très forte entre d’une part les électorats de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon,
  • d’autre part ceux d’Emmanuel Macron et de François Fillon.

Pour dire les choses sans apprêt, le premier tour de l’élection a révélé un vote de classe d’une puissance inédite. Ensuite, le fait que la candidate du Front national comme celui de La France insoumise invoquent le «peuple» dans leurs slogans de campagne est significatif, tout comme le fait que leurs adversaires veuillent les stigmatiser sous le terme de «populistes».

Ne va-t-on pas assister à la revanche des partis durant les législatives?

«Moins de 1 votant sur 5 avait choisi Jacques Chirac le 21 avril 2002, et quelques semaines plus tard l’UMP emportait sans mal une majoritéà l’Assemblée nationale»

Cette idée que les législatives formeraient comme un arrière-monde de la présidentielle est tout à fait plaisante. En quelque sorte, ce qui serait perdu ici-bas serait rendu outre-élection. Cela ne marche pas comme ça. Moins de 1 votant sur 5 avait choisi Jacques Chirac le 21 avril 2002, et quelques semaines plus tard l’UMP emportait sans mal une majorité à l’Assemblée nationale.

Le scrutin présidentiel domine réellement notre édifice institutionnel. En conséquence, dans l’hypothèse d’une victoire d’Emmanuel Macron le 7 mai prochain, la dislocation du Parti socialiste comme du parti Les Républicains s’accélérerait.

Le mouvement En Marche! serait sollicité de toutes parts[2] – il l’est déjà – par les propositions d’allégeance. Les deux grandes forces qui se sont succédé à la tête du pays depuis trois décennies deviendraient ainsi des forteresses vides, peuplées de généraux sans armée. Pour autant, le nouveau président de la République aurait-il une majorité solide? Le premier jour de la législature sans doute, du moins serait-elle suffisante à l’adoption du train de mesures qu’il envisage, mais sa naissance précipitée l’affecterait d’une profonde fragilité. Se vérifierait alors que les partis constituent un creuset où se forgent des groupes compacts et durables, mais ce ne serait pour eux qu’une mince consolation.

La défaite de la droite filloniste est-elle simplement liée à la focalisation sur les affaires ou est-elle le fruit d’un échec stratégique et idéologique?

«Au mieux, la formule filloniste pouvait être une solution transitoire, pour apaiser les réticences culturelles de certains milieux, tout en s’accommodant des exigences du capitalisme contemporain»

Le score de François Fillon le 23 avril traduit d’abord le rétrécissement sociologique de la droite. La moitié de ses électeurs étaient des retraités, et moins de 15 % des ouvriers ou des employés en activité.

La droite populaire a migré vers le vote frontiste, cependant que les actifs confiants en leur réussite sociale présente ou à venir ont trouvé en Emmanuel Macron une incarnation adéquate de leur espérance personnelle. Cette situation vient de loin, et n’est pas réductible aux péripéties récentes.

La droite avait pourtant fait illusion. Tout au long du quinquennat de François Hollande, elle a reconquis des positions politiques de manière brillante – aux élections de 2015, elle est passée de 41 à 67 présidences départementales -, tout autant que fragile, puisqu’elle n’avait lors rassemblé au premier tour que 36 % des votants. Par le jeu de la tripartition électorale avec la gauche et le Front national, la droite a remporté de nombreux succès au second tour des différents scrutins intermédiaires, sans forcément réaliser qu’elle était devenue, elle aussi, une force politique fondamentalement minoritaire dans le pays.

De plus, la droite filloniste se tient à cheval sur une ligne de fracture idéologique. Le terme d’ordo-libéralisme lui est parfois appliqué, pour désigner une aspiration à plus de libéralisme en matière économique, et moins en matière culturelle. C’est selon moi ontologiquement contradictoire avec ce qu’est le libéralisme, une idéologie totale qui emporte l’ensemble des rapports sociaux vers une logique de marché. Au mieux, la formule filloniste pouvait être une solution transitoire, pour apaiser les réticences culturelles de certains milieux, tout en s’accommodant des exigences du capitalisme contemporain à une extension décisive de ses interventions dans la vie sociale. L’irruption d’une offre politique nouvelle, Emmanuel Macron, a dévitalisé ce projet, au profit d’un libéralisme encore plus radical, mais plus cool…[3]

Que pensez-vous de la décision de la droite d’appeler presque unanimement à voter Macron?

«L’attitude de Jean-Luc Mélenchon le soir du premier tour lui aura montré qu’une autre attitude était possible, même si elle exposait au déchaînement des Erinyes médiatiques»

Il y a une fracture patente entre la «droite d’en haut» et la «droite d’en bas». Dès avant le premier tour, un tiers des électeurs de François Fillon envisageaient, si leur candidat devait être absent du second, de voter pour Marine Le Pen.

Ils auront sans doute été passablement écœurés du ralliement immédiat et inconditionnel de la plupart de leurs chefs à une personnalité présentée quelques jours auparavant comme la créature de François Hollande.

C’est un choc profond pour un électorat resté dans sa masse, malgré toutes les attaques et malgré ses doutes, fidèle au choix de la primaire.

A contrario, l’attitude de Jean-Luc Mélenchon le soir du premier tour [4] lui aura montré qu’une autre attitude était possible, même si elle exposait au déchaînement des Erinyes médiatiques.

De toutes les manières, l’incapacité de la droite à qualifier son candidat, sorte de 21 avril à l’envers qui se serait joué au ralenti, sur deux très longs mois, la place dans une situation de crise. Son dénouement pourrait bien être sa division entre le «bloc élitaire», choix privilégié par nombre de ses élus mais aussi de ses électeurs, souvent mieux dotés en patrimoine et en revenu que la moyenne des Français, et le «bloc populaire», pour une minorité.

De son côté, le PS est-il définitivement mort?

Le Parti socialiste, devenu au fil du temps un parti d’élus locaux, a connu depuis cinq ans un chemin de croix électoral dont le 23 avril n’est qu’une nouvelle station.

La catastrophe originelle consiste en sa déroute aux municipales de 2014, avant donc la «fronde» parlementaire.

Ceci pour établir que sa crise ne procède pas de facteurs essentiellement individuels, mais bien du choix qui a été fait au sommet de l’État, et avec l’active collaboration d’Emmanuel Macron, d’affaiblir la part salariale dans la répartition de la valeur ajoutée, ce qui constitue le secret mal gardé du fameux «pacte de responsabilité».

Ainsi privé de sa vocation sociale-démocrate, le Parti socialiste n’avait plus grand-chose à offrir aux catégories dont il fut l’expression politique, sinon des biens symboliques comme le «mariage pour tous». Il est d’ailleurs frappant lorsque l’on considère l’électorat de Benoît Hamon de constater son absence de saillance sociologique ; c’est un électorat résiduel.

Dans une tribune auFigaro, vous écriviez que le vote Macron était révélateur d’un vote de classe. En quoi?

«Ce qu’Emmanuel Macron projette est une promesse très positive pour les personnes persuadées d’être bien équipées pour affronter une société de concurrence généralisée, et une source d’inquiétude pour les autres»

Cette notion est parfois niée, selon le mantra publicitaire faisant du citoyen un consommateur voltigeant au gré de son humeur et de ses tentations.

Pourtant, le comportement électoral n’a rien à voir avec ces «robinsonnades» politiques, et s’articule aujourd’hui autant qu’hier sur des cultures et des intérêts partagés.

Selon l’institut BVA, Emmanuel Macron atteint ses meilleurs scores parmi les personnes qui s’identifient aux «classes moyennes supérieures», voire aux «catégories aisées».

Si l’on passe de la classe sociale subjective à la situation professionnelle objective, le constat est identique, puisque 40 % des cadres supérieurs disent avoir voté pour le candidat d’En Marche!, au lieu de 16 % seulement des ouvriers et des employés.

Encore plus que pour l’électorat de François Fillon, il y avait le 23 avril une corrélation directe entre le revenu du foyer et la propension à voter pour Emmanuel Macron. Non seulement le candidat ne transcende pas le vote de classe, mais il le revivifie.

Parmi les jeunes, le constat est le même, ceux qui sont entrés tôt sur le marché du travail sont bien plus rétifs que ceux qui sont étudiants ou bien ont obtenu un bon diplôme. Ainsi, ce qu’Emmanuel Macron projette est une promesse très positive pour les personnes persuadées d’être bien équipées pour affronter une société de concurrence généralisée, et une source d’inquiétude pour les autres. On peut appeler ça «société ouverte» si l’on veut, mais il s’agit d’un terme tellement chargé de connotation idéologique qu’il me paraît inapproprié.

Le nouveau clivage politique recoupe-t-il celui défini par le géographe Christophe Guilluy entre la France des métropoles et la France périphérique?

Qu’Emmanuel Macron ait obtenu 35 % des suffrages parisiens et soit arrivé premier dans 13 arrondissements sur 20 va dans ce sens. La jeunesse urbaine qui vote pour lui n’est pas la même que celle qui choisit Jean-Luc Mélenchon, et encore moins que celle qui apporte son vote à Marine Le Pen [5].

Il faut cependant faire attention à ne pas transformer un clivage essentiellement économique et social, lié au patrimoine sous toutes ses formes, y compris immatérielles, en un problème territorial. Celui-ci n’est que la traduction visible du séparatisme social qui menace le pays, et qui est impulsé par la France dite d’en haut.

On pense également au clivage entre la France du «oui» et celle du «non» lors du référendum sur l’Europe de 2005. A l’époque, «la France du non» l’avait largement emporté. Marine Le Pen peut-elle rassembler cette France pour gagner?

«Le candidat d’ En Marche! est, en relatif, mieux placé, car il pèse sur le Front national un interdit social très large»

Le second tour voit l’affrontement de deux candidats également minoritaires, et dont le score cumulé est d’environ 45 %, alors qu’en 2012 les finalistes avaient rassemblé 56 % des suffrages sur leurs deux noms.

En apparence, Emmanuel Macron a une assise beaucoup plus large, car la plupart des appareils politiques le soutiennent. C’était aussi le cas pour le «oui» en 2005, et, après avoir atteint les deux tiers des intentions de vote, il a fini par être largement vaincu. Ceci ne se reproduira très vraisemblablement pas le 7 mai prochain, mais la tendance est la même.

Le candidat d’En Marche! est, en relatif, mieux placé, car il pèse sur le Front national un interdit social très large. Pour le lever, Marine Le Pen est tout à fait justifiée à aller sur le fond, afin de subvertir les habitudes électorales.

Pourquoi les souverainistes sont-ils si dispersés? Qu’est-ce qui oppose les frontistes et les mélenchonistes?

«Seul un électeur mélenchoniste sur dix envisage de voter pour Marine Le Pen»

Essentiellement le rapport à l’immigration. Contrairement à ce qui est dit, ces deux électorats sont très peu poreux.

  • Seul un électeur mélenchoniste sur dix envisage de voter pour Marine Le Pen désormais,
  • alors qu’ils sont au moins trois fois plus nombreux à le faire parmi les anciens électeurs de François Fillon.

Il y a entre eux des références culturelles et historiques opposées. Et donc aussi cette notion d’internationalisme qui travaille la gauche, au point qu’elle la confond parfois avec la libre circulation des personnes et des biens, ce qui est curieux.

Jean-Luc Mélenchon a fait un travail politique novateur et, si j’ose dire, compte tenu de sa situation politique, héroïque, pour renouveler le logiciel idéologique de son camp. Il l’a fait en réhabilitant la notion de peuple avec toutes ses implications, mais c’est une œuvre inachevée.

À terme, si le nouveau clivage que vous décrivez s’installe durablement, un grand parti souverainiste peut-il gagner? À quelles conditions?

La nouvelle polarisation entre libéraux et souverainistes oppose des forces sociales qui ne sont pas égales en nombre.

Les seconds, qui constituent ce que j’appelle le «bloc populaire» en formation, devraient à terme l’emporter sur le «bloc élitaire», sous deux conditions.

  1. D’une part, et ce n’est pas rien, s’ils parvenaient à convaincre cet immense continent électoral que constituent les retraités que les solutions libérales ne sont pas les seules pour préserver la sécurité financière des seniors.
  2. D’autre part, il faudrait un rapprochement considérable des programmes et des cultures au sein du «bloc populaire», sur l’immigration notamment mais aussi sur la notion de progrès social.

De ce point de vue, les gens de gauche et de droite qui cohabitent au sein du «bloc élitaire» sont très en avance.

liens[]

  1. http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2015/08/28/31001-20150828ARTFIG00215-jerome-sainte-marie-en-2017-le-clivage-droite-gauche-laissera-la-place-au-clivage-peuple-elite.php
  2. http://premium.lefigaro.fr/politique/2017/04/23/01002-20170423ARTFIG00197-emmanuel-macron-en-marche-deja-a-l-assaut-des-legislatives.php
  3. http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2017/04/13/31001-20170413ARTFIG00199-marin-de-viry-macron-ou-le-totalitarisme-du-cool.php
  4. http://premium.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/24/35003-20170424ARTFIG00266-presidentielle-l-absence-de-consigne-de-vote-de-jean-luc-melenchon-seme-le-trouble.php
  5. http://premium.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/24/35003-20170424ARTFIG00110-les-jeunes-plebiscitent-le-pen-et-melenchon-les-cadres-votent-macron.php

source/ http://premium.lefigaro.fr/vox/politique/2017/04/28/31001-20170428ARTFIG00082-jerome-sainte-marie-bloc-elitaire-contre-bloc-populaire-tel-est-le-nouveau-clivage.php