1750 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 12 avril 2017

2017.04.14 170412(2) 05

RÉCAPITULATIF DES SUJETS TRAITÉS ET DES QUESTIONS POSÉES

1

Sur les négociations entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur Mankeur Ndiaye

2

 Sur les pourparlers entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés

3

3/-Sur la rencontre trilatérale entre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, et Mohammad Javad Zarif, Ministre iranien des Affaires étrangères  

4

Sur les négociations entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue qatari Mohamed bin Abderrahmane Al-Thani

5

-Sur la visite de travail du Ministre Russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov en Abkhazie  

6

Sur la position russe dans le domaine de la coopération dans l’espace

7

Sur la situation au Venezuela

8

Sur le bilan des travaux des parlementaires russes lors de la 136e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Dacca et sur la prochaine Assemblée de l’UIP en octobre à Saint-Pétersbourg  

9

Sur les développements en Syrie

10

Sur des cyberattaques contre le site du Ministère russe des Affaires étrangères

11

Sur la situation de Viktor Bout

12

Sur l’évolution de la situation du citoyen russe Alexandre Lapchine

13

Sur l’évolution de la situation concernant le citoyen russe Marat Oueldanov

14

Sur la Bibliothèque de littérature ukrainienne à Moscou

15

Sur la réaction de la Pologne à l’installation de nouveaux panneaux d’information à Katyn

16

Sur la saisie d’un lot de vin de Crimée en Italie

QUESTIONS de la presse:

A

Que pouvez-vous dire au sujet de la déclaration du Ministère turc de la Santé, basée sur les résultats d’une expertise médicale, selon laquelle le sarin a été utilisé dans la province syrienne d’Idleb?

B

Le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a appelé la Russie à renoncer à son soutien au Président syrien Bachar al-Assad. Comment ces déclarations influenceront-elles les relations avec la Russie et le rôle de la Turquie dans la coalition?

C

Vous avez évoqué aujourd’hui la crise au Venezuela. Envisage-t-on une coopération de la Russie avec les pays d’Amérique latine pour influencer le règlement de ce problème?

D

Quelle pourrait être la réaction de la Russie si les USA lançaient une nouvelle attaque contre le territoire syrien?

E

Personnellement je ne planifie rien. On ignore quelles vont être les actions de Washington.

F

Pendant l’entretien d’aujourd’hui entre Sergueï Lavrov et Rex Tillerson, la Russie évoquera-t-elle la péninsule de Corée où la situation s’est sérieusement dégradée, ainsi que l’éventualité de relancer les pourparlers à Six sur la Corée du Nord?

G

Une question concernant l’entretien déjà mentionné entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Iran et de la Syrie. Sur fond d’intensification de l’activité terroriste, d’attentats à Saint-Pétersbourg et à Stockholm, la création d’une nouvelle coalition antiterroriste est-elle envisageable? Comment cela affecterait-il la coopération de la Russie avec l’Occident dans la lutte contre cette menace globale?

H

Comment la hausse de la tension entre la Russie, les USA et d’autres pays de la coalition occidentale peut-elle influencer la participation de Moscou au processus de réconciliation nationale en Afghanistan?

I

Que pense la Russie de l’éventualité d’une attaque des USA contre la Corée du Nord? Est-ce que Moscou entreprend des tentatives de régler ce conflit par la voie pacifique?

K

Quel est le rapport entre le soutien turc des actions américaines en Syrie et les appels d’Ankara à régler la crise par le format d’Astana?

L

Le Président russe Vladimir Poutine recevra-il le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson? Cette information est apparue et a été démentie plusieurs fois. Si cet entretien avait lieu, quel en serait le signe?

M

Le porte-parole de la Maison blanche Sean Spicer a déclaré que les seuls pays qui ne soutenaient pas la position des USA sur la Syrie étaient la Syrie elle-même, la Corée du Nord, l’Iran et la Russie. Il a également déclaré que tous, à l’exception de la Russie, étaient des États défaillants. Pouvez-vous préciser s’il s’agit d’une liste exhaustive de pays?

1/-Sur les négociations entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur Mankeur Ndiaye

Mankeur Ndiaye, Ministre sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, est attendu en Russie pour une visite de travail du 16 au 18 avril. Ses pourparlers avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont fixés au 17 avril.

La Russie et le Sénégal maintiennent un dialogue politique constructif et intéressé basé sur la proximité de leur vision des processus globaux, notamment leur volonté de former un ordre mondial polycentrique en tant que système global plus juste et plus sécurisé. Les deux États coopèrent dans le cadre de différents formats multilatéraux, y compris à l’Onu compte tenu du statut de membre non-permanent du Conseil de sécurité du Sénégal en 2016-2017.

Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, et Mankeur Ndiaye, Ministre sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, évoqueront les problèmes-clés de l’actualité globale et régionale en mettant l’accent sur le règlement des conflits sur le continent africain et au Moyen-Orient, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme international.

Leurs futures négociations accorderont une attention particulière à la promotion de la coopération russo-sénégalaise mutuellement avantageuse dans le domaine commercial, économique et d’investissement. Les échanges entre les deux pays se sont chiffrés en 2016 à plus de 82 millions de dollars. On prévoit une discussion en profondeur sur les moyens de renforcer les liens d’affaires dans les domaines de la pêche, de la prospection géologique et de l’extraction de matières premières. Un autre élément important de nos rapports est la coopération sur le plan humain, notamment par la formation de cadres nationaux sénégalais dans les universités russes – qui accueillent actuellement près de 25 étudiants de ce pays.

Nous espérons que la visite à Moscou de Mankeur Ndiaye, Ministre sénégalais des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, donnera un impact supplémentaire au travail conjoint visant à mettre en pratique tout le potentiel des relations bilatérales traditionnellement amicales.

 

2/-Sur les pourparlers entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés

 

Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, se rendra en Russie du 13 au 15 avril pour une visite de travail à l’invitation du chef de diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Les deux ministres évoqueront la situation en Syrie, qui continue d’être attaquée par le terrorisme international et a également subi une agression armée de la part des États-Unis. J’en parlerai plus tard en détail. Ils étudieront des initiatives communes susceptibles de minimiser les répercussions de cette violation très grossière pour la sécurité et la paix internationales et régionales.

3/-Sur la rencontre trilatérale entre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, et Mohammad Javad Zarif, Ministre iranien des Affaires étrangères  

Moscou accueillera le 14 avril une rencontre trilatérale entre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, Walid Mouallem, Vice-président du Conseil des ministres et Ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, et Mohammad Javad Zarif, Ministre iranien des Affaires étrangères.

Les pourparlers porteront notamment sur la situation militaire et politique en Syrie. Les ministres évoqueront des mesures de coordination trilatérale visant à empêcher une dégradation future de la situation et le sabotage des efforts de règlement politique en Syrie dans le contexte de l’agression militaires des États-Unis contre Damas.

4/-Sur les négociations entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue qatari Mohamed bin Abderrahmane Al-Thani

Moscou accueillera le 15 avril des négociations entre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, et son homologue qatari Mohamed bin Abderrahmane Al-Thani. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la continuité des bonnes traditions de contacts bilatéraux entre nos deux pays, sera l’occasion de faire l’examen de la situation dans la région.

Les pourparlers porteront sur un large éventail de questions d’actualité régionale et internationale, ainsi que sur le développement futur des relations bilatérales.

Cette rencontre à Moscou permettra d’analyser les principaux événements au Moyen-Orient en mettant l’accent sur la recherche de moyens de régler les crises actuelles et la nécessité de combattre résolument le terrorisme international. 

L’entretien portera une attention particulière à la situation en Syrie et autour de ce pays, examinera l’évolution de la situation politique et militaire en Syrie et les perspectives du processus de paix avec une contribution internationale constructive.

Les deux ministres examineront également le développement futur des relations russo-qataries, notamment le maintien d’un dialogue politique régulier et l’élargissement des liens commerciaux et économiques. Dans ce contexte, ils débattront de la mise en œuvre des ententes obtenues dans le cadre du sommet russo-qatari de janvier 2016 à Moscou.

Nous présenterons des informations supplémentaires sur toutes ces rencontres et publierons des matériaux développés à leur issue.

5/-Sur la visite de travail du Ministre Russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov en Abkhazie  

Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, se rendra en Abkhazie du 18 au 19 avril pour une visite de travail conformément aux ententes précédentes.

Le 18 avril, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, assistera à l’inauguration officielle du nouvel ensemble de bâtiments de l’Ambassade russe en Abkhazie.

Le 19 avril, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, s’entretiendra à Soukhoumi avec Raul Khadjimba, Président abkhaze, et Daour Kove, Ministre abkhaze des Affaires étrangères. La rencontre devrait porter sur les questions-clés de l’actualité bilatérale, ainsi que sur le renforcement des positions internationales de l’Abkhazie et la coordination de la coopération russo-abkhaze dans le domaine de la politique étrangère.

La visite du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Abkhazie devrait donner une impulsion supplémentaire au développement des relations russo-abkhazes basées sur les principes de coopération et de partenariat stratégique, ainsi qu’à la consolidation du partenariat entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays.

6/-Sur la position russe dans le domaine de la coopération dans l’espace

Je vous félicite aujourd’hui pour la Journée de la cosmonautique. Cette fête est traditionnellement célébrée de manière large et solennelle dans notre pays. La Journée de la cosmonautique – ou la Journée du premier vol de l’homme dans l’espace, décrétée par l’Onu – est une bonne occasion de mettre l’accent sur les aspects les plus importants de l’activité spatiale russe. Je vais notamment évoquer la composante internationale de cette question.

Le développement du potentiel spatial du pays est l’une des priorités publiques de la Russie, ce qui a été plus d’une fois souligné par le Président russe Vladimir Poutine. Le Programme spatial fédéral à l’horizon 2025 prévoit un développement sur tous les grands axes. Il s’agit notamment des recherches sur les planètes de notre système solaire et de l’étude de la Lune à l’aide d’appareils spatiaux automatiques ainsi que de vols spatiaux pilotés. Je voudrais attirer encore une fois votre attention sur ce sujet compte tenu de la présence de la presse internationale. Il est très important pour nous de présenter nos estimations et notre regard sur le développement de ce domaine de la coopération internationale à nos partenaires étrangers.

Nous assurons avec succès l’accès garanti de la Fédération de Russie à l’espace depuis son territoire. Des priorités extérieures ont été clairement définies et sont mises en œuvre de manière conséquente. La Russie se prononce pour une utilisation pacifique de l’espace et la prévention de la course aux armements dans l’espace.

En 2008 déjà, lors de la Conférence sur le désarmement de Genève, la Russie et la Chine ont présenté un projet conjoint de traité relatif à la prévention du déploiement d’armes dans l’espace et de la menace ou de l’emploi de la force contre des objets spatiaux. En 2014, une version remaniée de ce texte a été présentée.

En réalité, les États-Unis sont les seuls à s’opposer encore aux efforts de la communauté internationale dans ce domaine. Dans ce contexte, afin de renforcer la confiance mutuelle et la transparence, la Russie a pris de manière unilatérale l’engagement politique de ne pas être la première à déployer des armes dans l’espace et a appelé tous les pays responsables à suivre son exemple. Beaucoup d’États, y compris ceux ayant un potentiel spatial important, participent actuellement à part entière à ce processus. Un nombre encore plus important de pays ont co-rédigé la résolution en ce sens à l’Assemblée générale de l’Onu, qui est depuis trois ans adoptée par une majorité écrasante de voix.

Aujourd’hui, cette initiative internationale sur le non-déploiement d’armes est la plus efficace, réellement opérationnelle et absolument gratuite. Elle a de plus en plus de partisans et constitue une garantie de transparence et de confiance dans ce domaine. Son objectif principal est la prévention de la course aux armements dans l’espace.

Le sommet Russie-UE de 2005 à Moscou avait déjà permis de parvenir à une entente sur des efforts mutuels visant à empêcher la course aux armements dans l’espace. A notre avis, personne n’a annulé ces accords.

C’est pourquoi nous avons beaucoup de questions sur la position collective étonnante de l’UE, formée sous la pression de Washington, qui contraint tous les pays de l’Union à s’abstenir de soutenir à l’Assemblée générale de l’Onu une résolution très simple et compréhensible sur le non-déploiement d’armes dans l’espace qui ne fait qu’appeler au dialogue dans ce domaine sans exiger de nouveaux engagements de la part des pays de l’UE – qui montrent ainsi un certain manque d’indépendance et d’autonomie.

Qui plus est, la Russie a présenté au Conseil de l’Onu pour l’espace à Vienne un bloc de propositions très importantes visant à assurer la sécurité des opérations spatiales et le maintien de l’espace comme un environnement sécurisé, stable et pacifique. Des négociations concrètes sont déjà en cours.

Nous sommes prêts à poursuivre le travail le plus constructif possible sur ces sujets avec tous les États afin de conserver un ciel pacifique au-dessus de notre planète.

Nous fêtons pour la première fois cette journée sans Gueorgui Gretchko, notre cosmonaute éminent. Il sera toujours dans nos cœurs. Nous ne l’oublierons pas. Nous considérons tout ce qu’il a fait pour le développement de la cosmonautique et de la coopération internationale dans la mise en valeur pacifique de l’espace comme une contribution irremplaçable. Son nom est écrit en lettres d’or dans le livre de l’histoire russe et celle de la cosmonautique internationale.

7/-Sur la situation au Venezuela

Nous recevons beaucoup de demandes d’éclaircir la position de Moscou à ce sujet.

Nous observons avec inquiétude la situation au Venezuela, pays ami qui fait face à des affrontements incessants entre les manifestants d’opposition et les forces de l’ordre malgré l’approche des fêtes de Pâques. Nous regrettons les morts et les blessés dans le cadre des émeutes qui ne font que s’aggraver. Nous constatons le risque de plus en plus important que se réalisent des scénarios destructeurs dont nous avons plus d’une fois parlé et qui rappellent les événements tragiques au Chili dans les années 1970.

Nous sommes convaincus que cette confrontation politique ne pourra pas être résolue sans renoncer à la violence. Il s’agit, selon nous, de la base du règlement de la crise politique et de la poursuite du dialogue national afin de rechercher de manière conjointe des réponses et des solutions aux défis sociaux et économiques importants du pays.

Dans ce contexte, nous sommes préoccupés par les propos du Commandement du sud des États-Unis affirmant qu’une aggravation future de la crise pourrait exiger une « réponse immédiate au niveau régional ».

Il faut se rendre compte du fait que des déclarations de ce genre ne font qu’accentuer l’instabilité et ébranler les fondements du pays. On ne peut les considérer que comme un encouragement des radicaux vénézuéliens, afin que ces derniers créent une atmosphère d’incertitude et d’instabilité, une confrontation violente.

L’apparition éventuelle d’un foyer de tension au Venezuela serait, d’après nous, une tendance très dangereuse. A vrai dire, nous doutons que cela puisse contribuer aux intérêts des États-Unis et de la communauté internationale, y compris des pays de la région.

Nous soulignons encore une fois que tous les processus politiques au Venezuela doivent s’inscrire strictement dans le cadre constitutionnel, correspondre totalement à sa lettre et à son esprit et ne pas dépasser les limites de la législation existante. Aucune alternative n’est possible au règlement pacifique des problèmes vénézuéliens intérieurs par les négociations dans le cadre de la légalité constitutionnelle.

8/-Sur le bilan des travaux des parlementaires russes lors de la 136e Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Dacca et sur la prochaine Assemblée de l’UIP en octobre à Saint-Pétersbourg  

Dacca, capitale du Bangladesh, accueillait la semaine dernière la 136e session de l’Union interparlementaire (UIP). A cette occasion je voudrais souligner notamment les bons résultats du travail de la délégation russe.

La session plénière de l’Assemblée de l’UIP a adopté, à l’initiative des parlementaires russes, une résolution sur le rôle des parlements dans le respect du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États.

Nous avons constaté plus d’une fois par le passé des tentatives d’ingérence de ce genre, notamment envers l’ex-Yougoslavie, l’Irak et la Libye. Aujourd’hui certains tentent de faire évoluer la situation en Syrie de la même manière.

La résolution a été soutenue par une majorité écrasante des délégations malgré une opposition prévisible de la part de certains pays occidentaux.  

Une autre décision très importante concerne le soutien à l’initiative russe de créer un groupe de travail du Comité exécutif de l’UIP sur la Syrie.

Les pouvoirs de ce groupe prévoient l’élaboration de mesures que la communauté internationale parlementaire devrait adopter afin de promouvoir un règlement politique ouvert et universel du conflit syrien et de soutenir des efforts globaux efficaces dans la lutte contre le terrorisme international dans la région.

Ce groupe devrait avoir la possibilité de se rendre sur les lieux, notamment en Syrie. Il sera composé des représentants du Comité exécutif – la volonté d’y participer a déjà été exprimée par la Russie, la France, les Pays-Bas, l’Iran et la Namibie – ainsi que des six groupes géopolitiques de l’UIP. Le Comité exécutif a également appelé le parlement et l’opposition syriens à coopérer dans le cadre de ce groupe dont les travaux seront coordonnés par le russe Konstantin Kossatchev, président du Comité des affaires internationales du Conseil de Fédération.

On peut considérer tout ces éléments comme la poursuite des efforts entrepris par les parlementaires russes afin d’obtenir un règlement du problème syrien. Ils s’ajoutent aux conférences vidéo avec nos collègues syriens, iraniens et européens, ainsi qu’à l’organisation de voyages en Syrie avec des parlementaires européens.

Ces décisions font leur effet et le point de vue des parlementaires européens sur les événements dans ce pays est en train de changer. Notre objectif n’est pas de réorienter la vision de nos partenaires vers la direction désirée mais de la rendre plus objective, impartiale, non-engagée et pas liée au mainstream.

Les participants à l’Assemblée de Dacca ont présenté leurs condoléances suite à la tragédie de Saint-Pétersbourg et exprimé leur solidarité avec les Pétersbourgeois et tous les Russes.

Je voudrais rappeler que la prochaine Assemblée de l’UIP aura lieu en Russie. On a organisé au Bangladesh une sorte de cérémonie de passage de relais du pays hôte à Saint-Pétersbourg. Les parlementaires ont assisté à la présentation de la ville et évoqué des points-clé de l’agenda de la session d’automne 2017.

On envisage notamment d’adopter à Saint-Pétersbourg une autre résolution initiée par la Russie, qui portera sur les 20 ans de la Déclaration universelle sur la démocratie. Ce texte soulignera l’absence de modèle universel de démocratie et le fait que la démocratie n’est pas le privilège exclusif d’un pays ou d’une région.

Je confirme que la Russie fera tout nécessaire pour assurer un bon déroulement de la 137e Assemblée de l’UIP.

9/-Sur les développements en Syrie

La situation militaire et politique en Syrie s’est rapidement aggravée dans la nuit du 7 avril suite aux frappes américaines contre l’aérodrome de Chayrat où étaient stationnés des avions de l’armée de l’air syrienne.

Dans cette salle et à d’autres endroits, nous avons déjà présenté des estimations détaillées, des déclarations appropriées, des explications et des commentaires. Comme on le sait, la Russie a répondu à cet acte manifeste d’agression contre un État souverain membre de l’Onu en décidant de suspendre le mémorandum russo-américain sur la prévention des incidents aériens lors des opérations en Syrie. Des explications en ce sens ont déjà été présentées par le Ministère de la Défense et par le Ministère des Affaires étrangères. Ces actions musclées de Washington constituent un défi sérieux non seulement pour la sécurité régionale, mais aussi internationale.

Malheureusement, les forces antirusses en Occident ne renoncent pas à leur volonté de saper les initiatives positives visant à favoriser le règlement du conflit. Ces dernières ont été lancées principalement grâce à la Russie et à ses partenaires dans le cadre du processus d’Astana, ainsi qu’à Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Syrie et de son équipe à Genève.

Certains médias occidentaux n’hésitent pas à publier des fake news et des diffamations directes. Prenons, par exemple, une publication de l’agence Associated Press du 11 avril citant un « haut responsable américain » affirmant que la Russie « était au courant à l’avance des préparatifs de l’attaque chimique syrienne »!

Comment peut-on commenter de tels propos? Ce genre de publications nous forcent à agir de la même manière. Faisons donc aujourd’hui la même chose: disons que l’Amérique était au courant des préparatifs de cette provocation terroriste et avait d’avance orienté ses missiles sur l’aérodrome syrien de Chayrat.

  • Est-ce ainsi qu’il faut mener la discussion?
  • Ou vaut-il mieux parler de manière constructive?
  • Allons-nous détruire complètement les médias avec ces fake news ou nous rendrons-nous compte de la nécessité d’une approche responsable de la résolution de problèmes internationaux déjà trop développés?

Il aurait probablement fallu établir d’abord la nature réelle des événements du 4 avril à Khan Cheikhoun, assurer – comme l’a proposé la Russie – une enquête internationale impartiale, objective et professionnelle sur les lieux en impliquant des experts de l’OIAC. Malheureusement, nos collègues ont préféré agir autrement.

Les actions de nos partenaires rappellent constamment l’apparition, lors d’une séance du Conseil de sécurité de l’Onu, d’un tube contenant une substance blanche à l’aide de laquelle les États-Unis avaient justifié la nécessité de détruire le régime de Saddam Hussein en Irak au début des années 2000. Des analogies sont non seulement possibles, mais tout à fait évidentes.

Cependant, la situation actuelle est plus dangereuse à cause de l’apparition sur la scène d’un nouvel acteur malicieux et sanglant: le terrorisme international représenté par Daech, le Front al-Nosra et d’autres branches d’Al-Qaïda. Nous avons déjà assez parlé des origines de ces mouvements qui résultent des erreurs de certains pays dans la région, et nous n’allons pas nous répéter. 

Par ailleurs, des experts indépendants de l’ONG Swedish Doctors for Human Rights ont émis des doutes concernant la vidéo présentant les « victimes de l’attaque chimique » où ont entend des phrases en arabe indiquant comment il faut placer un enfant devant la caméra.

Comme toujours, nous appelons nos partenaires à une coopération fondée sur l’égalité et le respect mutuel afin d’atteindre les objectifs principaux de l’agenda de toute la communauté internationale, c’est-à-dire liquider le foyer syrien de terrorisme international et obtenir un règlement politique du conflit dans le pays.

10/-Sur des cyberattaques contre le site du Ministère russe des Affaires étrangères

Nous voudrions soulever encore une fois le sujet des cyberattaques. Aujourd’hui, nous allons diversifier notre rubrique traditionnelle et parler de cyberattaques contre le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

Je rappelle que nous entendons depuis des mois des accusations contre la Russie concernant de prétendues ingérences cybernétiques dans les affaires intérieures des États-Unis et d’autres pays occidentaux alors que personne n’a présenté aucune preuve tangible de ces faits, ni à nous ni à personne.

Toutes ces allégations rappellent la phrase célèbre de Boris Johnson, Ministre britannique des Affaires étrangères: « Nous n’avons pas de preuves mais nous sommes certains de leur implication ».

Contrairement à nos collègues occidentaux, nous avons des choses à présenter.

Je voudrais dire tout de suite qu’il s’agit d’informations assez sensationnelles. Je ne vais vous parler que de ce que subissent régulièrement notre ministère et notre site, bien qu’il existe beaucoup d’autres sites qui font constamment face à des attaques. Je pense que nous vous présenterons désormais régulièrement ces statistiques. Cet exemple permet de comprendre l’ampleur des ressources employées contre les institutions russes.

Selon des experts, le site du Ministère russe des Affaires étrangères fait souvent l’objet d’attaques lancées depuis des adresses IP enregistrées sur le territoire américain.

  • On en a compté trois seulement en février 2017.
  • En mars 2017, on a constaté une activité accrue des « bots », c’est-à-dire de logiciels capables de produire des effets malveillants sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères depuis les États-Unis.
  • Leur nombre se chiffre à 88% de tous les visiteurs – 1,51 million de visiteurs bots sur 1,77 million opéraient depuis le territoire américain.
  • Il ne s’agit pas d’utilisateurs ordinaires qui consultent les publications du site, mais qui utilisent tout l’éventail de moyens qu’on appelle les cyberattaques, le travail d’ordinateurs à ces fins, tout ce qu’on ne peut pas considérer comme une utilisation légale et légitime des technologies cybernétiques.
  • Les visites de bots atteignent 50% de toutes les connexions sur notre site: 1,47 million de vues sur 2,97 millions au total.
  • L’analyse des incursions de bots montre qu’ils ont tous des caractéristiques similaires – c’est-à-dire qu’ils sont utilisés par le même logiciel ou la même organisation.
  • D’après les services techniques de notre ministère, ils proviennent principalement des États-Unis, notamment de Californie (64% de toutes les connexions: 47% depuis Mountain View et 17% depuis San Jose), de l’Ohio (8%) et du district de Columbia (8%).

Je voudrais rappeler encore une fois que le problème de la cybersécurité occupe traditionnellement une position centrale dans l’agenda russe non seulement à l’intérieur du pays, mais aussi sur l’arène internationale.

La Russie a lancé l’initiative qu’on appelle à l’Onu « Sécurité internationale de l’information ». Nous avons publié beaucoup d’informations à ce sujet sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères et sur les réseaux sociaux, des responsables russes ont accordé des interviews sur ces questions.

Nous avons plus d’une fois appelé nos partenaires occidentaux à une coopération réelle et multilatérale visant à mettre fin aux actions malveillantes des hackers, qui sont l’une des forces déstabilisatrices majeures de notre temps.

Nous recommandons à nos partenaires américains d’utiliser leur énergie à des fins pacifiques, de faire tout leur possible pour lutter conjointement contre les menaces cybernétiques au lieu de tenter de faire « couler » le site du ministère russe.

Encore une fois, nous allons surveiller ces statistiques. Je souligne qu’il s’agit de chiffres concrets et que des représentants des services compétents américains peuvent déjà travailler sur ces données. S’ils sont réellement aussi attentifs à tout ce qui est lié aux cyberattaques, nous leur présentons lors de cette conférence une occasion d’examiner les activités des hackers et des personnes qui utilisent les technologies d’Internet de manière malveillante, qui sont enregistrés aux États-Unis ou opèrent depuis le territoire américain.

11/-Sur la situation de Viktor Bout

La Cour suprême américaine a annoncé le 3 avril son refus d’accepter la demande de réexaminer l’affaire de Viktor Bout, sans motiver sa décision.

Les avocats du citoyen russe ont avancé dans leur demande des preuves argumentées indiquant que le parquet américain avait dissimulé des pièces justificatives à la cour, ce qui avait entraîné l’utilisation de critères juridiques erronés par les cours d’appel et de district de New York lors de l’examen des accusations et de la formulation de la sentence.

La décision de la Cour suprême américaine marque de fait la fin de la procédure d’appel de la sentence de Viktor Bout, car tous les moyens juridiques pour sa défense dans le cadre du système de droit américain ont été épuisés.

Le Ministère russe des Affaires étrangères continue à suivre la situation de Viktor Bout et à entreprendre toutes les mesures nécessaires pour lui offrir une aide juridique et obtenir son rapatriement rapide.

12/-Sur l’évolution de la situation du citoyen russe Alexandre Lapchine

L’Ambassade russe à Bakou continue de surveiller attentivement la situation d’Alexandre Lapchine.

L’enquête dans le cadre de son affaire a été prolongée jusqu’au 15 juillet. Il ne se plaint pas de ses conditions de détention. L’inquiétude de ses proches concernant l’aggravation de son état de santé a été transmise à l’administration du centre de détention. Sur la demande insistante de l’Ambassade russe, Alexandre Lapchine a passé un examen médical. Je ne vais pas entrer dans les détails de son rapport médical.

Je peux dire que nous maintenons la situation sous contrôle. L’Ambassade maintient un contact permanent avec l’avocat et les proches d’Alexandre Lapchine.

13/-Sur l’évolution de la situation concernant le citoyen russe Marat Oueldanov

Selon les dernières informations de l’Ambassade de Russie en Azerbaïdjan, la première audience du procès de Marat Oueldanov est prévue le 13 avril. La présence des représentants de l’Ambassade est prévue pendant le procès.

Compte tenu de l’information rapportée par l’Ambassade concernant la détérioration de l’état de santé du citoyen russe, une note a été envoyée le 28 mars au Ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères pour demander de procéder à un examen médical d’urgence. Les signaux appropriés sur la nécessité d’examiner son état de santé ont été transmis à l’Administration du Président azerbaïdjanais et au Service de sécurité nationale.

L’Ambassade est en contact permanent avec l’avocat et les proches du citoyen russe.

14/-Sur la Bibliothèque de littérature ukrainienne à Moscou

Pendant la réunion du Conseil permanent de l’OSCE à Vienne le 6 avril, nos collègues ukrainiens et américains ont évoqué le sort de la Bibliothèque de littérature ukrainienne à Moscou. A cet égard, nous voudrions attirer l’attention sur ce qui suit.

Les affirmations faites pendant la réunion sur la fermeture de la bibliothèque et sur la prétendue liquidation de son fonds de livres sont fausses.

Les recueils de la Bibliothèque de la littérature ukrainienne à Moscou sont transmis au Centre des cultures slaves qui a été créé à Moscou sur la base de la Bibliothèque de littérature étrangère Roudomino. Le processus de remise des fonds de livres au Centre, qui a déjà ouvert ses portes, se terminera en 2017. Ainsi, tout le monde aura la possibilité de se familiariser avec les excellentes œuvres de la littérature ukrainienne qui sont conservées à Moscou.

Le 3 avril, le Ministère ukrainien des Affaires étrangères a envoyé une note de protestation au Ministère russe des Affaires étrangères exigeant de remettre à l’Ukraine les fonds de la Bibliothèque de littérature ukrainienne à Moscou.

De telles réclamations sont pour le moins surprenantes. La Bibliothèque de littérature ukrainienne n’a jamais appartenu à la partie ukrainienne et a toujours existé comme un établissement public culturel autonome à Moscou, dont le fonctionnement était financé par le budget municipal.

Les réclamations ukrainiennes sont d’autant plus étranges dans le contexte de la politique menée par les autorités ukrainiennes vis-à-vis des produits imprimés russophones. Récemment, l’Ukraine a adopté un ordre de confiscation de la littérature dite « anti-ukrainienne » et a publié une liste de livres interdites à l’importation. Plus tôt, le 8 décembre 2016, le Parlement ukrainien avait adopté des amendements législatifs visant à restreindre et de facto à interdire l’accès de produits imprimés russes sur le marché ukrainien. Sans parler de l’instauration d’une censure totale sur les produits cinématographiques russes, l’interdiction de chaînes russes en Ukraine, l’établissement d’un quota linguistique à la télévision et à la radio visant à évincer la langue russe ou encore la campagne pour renommer les sites toponymiques.

Le conseil municipal de Kiev s’est également distingué dans ses efforts de dérussification du pays, contrastant avec ce qui se produit à Moscou non seulement envers la littérature russe mais également en ce qui concerne en principe la coopération sociale avec ce pays et sa culture. Voici un exemple: le conseil municipal de Kiev a décidé en mars de renommer le Musée d’art russe de Kiev en « Galerie d’art de Kiev ». Et ce sont eux qui, ensuite, nous racontent des choses et formulent des réclamations.

Ces faits et bien d’autres décisions des autorités ukrainiennes indiquent que leur rhétorique hypocrite pour protéger les droits soi-disant opprimés de la minorité ethnique ukrainienne en Russie n’empêche aucunement le développement de l’identité culturelle. En réalité, c’est tout le contraire. En fait, ce qui se passe actuellement en Ukraine est un processus permanent de discrimination et de prise continuelle de mesures discriminatoires visant à ukrainiser de force la population russophone de l’Ukraine.

Je répète: l’Ukraine ne vit pas dans le vide, elle fait géographiquement, culturellement et historiquement partie de l’Europe. L’Ukraine a fait un choix définitif au profit de la complicité politique avec les pays de l’UE en annonçant que les valeurs européennes, notamment déclarées par l’UE, étaient primordiales et prioritaires pour elle.

  • Alors pourquoi ces valeurs n’incluent-elles pas la protection des droits des minorités ethniques?

Honnêtement, il est très difficile de qualifier la population russophone de l’Ukraine de « minorité ethnique » compte tenu de l’histoire et étant donné que le russe a toujours uni au lieu de désunir. Malheureusement, il est évident aujourd’hui qu’en menant cette politique Kiev encourage encore plus les russophobes et de facto cherche à prendre la tête du processus d’élimination de tout ce qui pourrait rappeler au peuple ukrainien son patrimoine culturel et spirituel commun avec le peuple russe. Manifestement, dans une perspective historique tout cela n’a évidemment pas de perspectives et est très néfaste.

15/-Sur la réaction de la Pologne à l’installation de nouveaux panneaux d’information à Katyn

C’est avec étonnement que nous avons appris la réaction des autorités polonaises à l’installation, devant l’entrée du complexe mémoriel russe de Katyn, de panneaux d’information consacrés au sort des soldats de l’Armée rouge qui ont été faits prisonniers pendant la guerre soviéto-polonaise de 1919-1921.

Il convient de rappeler que ce mémorial est une filiale du Musée d’État central de l’histoire contemporaine de la Russie qui compte ouvrir à Katyn en 2017 une nouvelle exposition consacrée à l’histoire des relations russo-polonaises.

L’aspiration de Varsovie à politiser les pages tragiques de notre histoire commune et de s’en servir comme prétexte pour de nouvelles attaques contre notre pays est, à nos yeux, contre-productive. Nous estimons que les questions historiques doivent rester la compétence des historiens. Vous connaissez notre position traditionnelle.

En ce qui concerne le stand en soi, l’information qu’il comporte sur l’ampleur de la mort de nos compatriotes, jugée « incorrecte » par Varsovie, est confirmée par les très récentes études des principaux spécialistes russes en la matière.

16/-Sur la saisie d’un lot de vin de Crimée en Italie

Ce sujet faisait partie des thèmes centraux hier dans la presse. Nous avons reçu plusieurs demandes de commentaires.

Nous considérons l’incident de la saisie de vin russe fabriqué en Crimée pendant le salon international annuel du vin VinItaly à Vérone comme une provocation inspirée par les représentants de Kiev en Italie, qui voulaient faire de l’ombre à la visite officielle en Russie du Président italien Sergio Mattarella qui se déroulait avec succès. Il est difficile de comprendre les motivations de ces personnes.

Nous sommes étonnés de voir que les autorités italiennes, qui prônent activement l’élargissement de la coopération commerciale et économique bilatérale, n’aient pas réussi à faire face à cette provocation antirusse.

Cette démarche de leur part, en tant qu’organisateurs d’un grand événement tel que VinItaly, a de facto enfreint leurs engagements d’assurer les conditions les plus favorables à tous les participants à l’exposition. Le renvoi au règlement du Conseil de l’UE pour justifier cette action est absolument infondé. Nous avons tout vérifié. Ce document, bien qu’il soit dirigé contre la Crimée, ne prévoit pas l’interdiction des produits d’exposition non commerciaux fabriqués en Crimée. C’est pourquoi il s’agit d’une nouvelle tentative flagrante de falsifier les faits, de faire passer ses désirs pour la réalité et de faire dévier le débat.

L’Ambassade de Russie à Rome a déjà entrepris les démarches nécessaires pour protéger les intérêts des participants russes à l’exposition de Vérone. Force est de constater que cette histoire ne contribue pas à la renommée des organisateurs car elle soulève de nombreuses questions et laisse un arrière-goût désagréable. Or, pour le vin, cela a une signification critique.

Réponses à la presse:

A/-Question: Que pouvez-vous dire au sujet de la déclaration du Ministère turc de la Santé, basée sur les résultats d’une expertise médicale, selon laquelle le sarin a été utilisé dans la province syrienne d’Idleb?

Réponse: Je pense qu’en prévision de la saison touristique le Ministère turc de la Santé devrait s’occuper de l’analyse de la mer pour vérifier la présence de bactéries, ou encore contrôler la qualité de la nourriture notamment dans les stations balnéaires. Voilà sur quoi le Ministère turc de la Santé devrait se focaliser actuellement.

Le thème de l’arme chimique relève de la compétence d’organisations internationales spécialisées, non seulement de l’OIAC spécialement créée il y a plusieurs années mais également de son département chargé d’enquêter sur les incidents impliquant l’usage de l’arme chimique en Syrie. Il réunit des spécialistes qualifiés dont le travail se focalise uniquement et exclusivement sur l’enquête autour de tels incidents. C’est ces experts, et non le Ministère turc de la Santé ou le ministère de la Culture d’un autre pays, qui doivent participer au règlement de ce problème. C’est précisément l’objectif de l’initiative russe visant à envoyer des inspecteurs d’urgence sur place.

B/-Question: Le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a appelé la Russie à renoncer à son soutien au Président syrien Bachar al-Assad. Comment ces déclarations influenceront-elles les relations avec la Russie et le rôle de la Turquie dans la coalition?

Réponse: Nous avons exprimé plusieurs fois la position russe, qui reste d’actualité, en disant que la question relative au régime en Turquie et dans tout autre pays était uniquement une question de politique intérieure. Nous ne l’avons pas inventé – c’est écrit dans la Charte de l’Onu.

Le deuxième point sur lequel nous attirons constamment l’attention de la communauté internationale est l’adoption de documents dans le cadre du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), dont fait partie la Turquie, qui ont ensuite été légalisés au Conseil de sécurité des Nations unies et qui évoquent également l’absence d’alternative à un règlement pacifique du problème syrien. Ils stipulent que le sort de la Syrie se trouve entre les mains des Syriens. En signant ces documents et en acceptant ses formulations, les pays ont pris des engagements. Je pense qu’il faut partir de là.

C/-Question: Vous avez évoqué aujourd’hui la crise au Venezuela. Envisage-t-on une coopération de la Russie avec les pays d’Amérique latine pour influencer le règlement de ce problème?

Réponse: Nous entretenons des relations avec les pays de la région aussi bien au format bilatéral qu’avec les associations qui unissent ces pays. Nous réglons et évoquons différentes questions, nous menons un dialogue et apportons une contribution aux autorités légitimes du Venezuela. Ce dialogue et notre coopération s’appuient, à l’étape actuelle, sur la volonté de contribuer au règlement de la crise politique dont je viens d’évoquer les origines.

Nous serions prêts à étudier les propositions qui seraient formulées par les pays de la région ou par les associations régionales pour l’élargissement de la coopération.

D/-Question: Quelle pourrait être la réaction de la Russie si les USA lançaient une nouvelle attaque contre le territoire syrien?

Réponse: C’est une question inattendue pour moi. Avez-vous des informations? Planifiez-vous quelque chose?

E/-Question: Personnellement je ne planifie rien. On ignore quelles vont être les actions de Washington.

Réponse: Amusant. J’essaie d’imaginer ce qui arriverait si la même question était posée par Russia Today (RT) pendant la conférence de presse du Département d’État américain. Les agences de presse américaines écriraient immédiatement que « RT est au courant d’attaques prévues ».

Nous considérons que ces faits sont un acte d’agression. C’est une agression du point de vue du droit international et de tous les documents adoptés sur le processus de paix syrien. Nous avons exprimé cette position publiquement, dans les conversations avec les ministres des Affaires étrangères des principaux acteurs du processus de paix syrien. Comme vous le savez, Sergueï Lavrov a organisé plusieurs entretiens téléphoniques avec ses homologues occidentaux et d’ailleurs. Aujourd’hui, les efforts se poursuivront dans le contexte de l’entretien avec Rex Tillerson.

Comme vous le savez, le format approprié avec la Russie, la Syrie et l’Iran se réunit vendredi à Moscou. Bien sûr, la principale question liée à la Syrie concerne le retour de la situation dans le sens de la lutte collective contre le terrorisme international sur le territoire de ce pays et la stimulation maximale du processus de paix aussi bien sur la plateforme de Genève que d’Astana.

Votre question en appelle une autre. En partant de ce que vous avez dit, ces frappes pourraient être spontanées, sans aucune raison – c’est ainsi que je vois la situation. Je refuse de croire que le grand pays que sont les USA puisse agir tel qu’il l’a fait pendant des dizaines d’années. Après tout, nous vivons en 2017 et non dans les années 1970, 1980 ou même 1990, quand des pays étaient bombardés simplement parce que Washington le voulait.

Il y a le droit international et la communauté internationale. En lançant de telles attaques contre le territoire syrien, on porte atteinte précisément aux bases collectives de prise de décisions primordiales dans le monde. Voilà le problème. En revisitant l’histoire des USA, de la politique étrangère américaine, nous comprenons qu’à une certaine période c’était spécifique à toutes les administrations. Corrigez-moi, nommez une administration qui n’a pas commis de tels actes, qui aurait renoncé aux méthodes de force au profit du processus de paix diplomatique. Il y a eu plusieurs actions plus ou moins voilées – par endroits des frappes directes, ailleurs un soutien matériel à l’opposition et aux rebelles, quelques fois des erreurs commises entraînant des conséquences tragiques ou encore la violation du droit international. Rappelons notamment la Libye et la déformation de la résolution adoptée à l’Onu.

Aujourd’hui, le monde approche d’un seuil dangereux et les nouveaux risques et défis ont atteint une telle ampleur que de telles actions peuvent effectivement devenir le catalyseur de quelque chose non seulement de dangereux, mais également tragique. On voudrait que le plus grand pays du monde, dans plusieurs sens du terme, l’accepte enfin comme un argument primordial.

Si vous savez quelque chose, faites-nous le savoir immédiatement.

F/-Question: Pendant l’entretien d’aujourd’hui entre Sergueï Lavrov et Rex Tillerson, la Russie évoquera-t-elle la péninsule de Corée où la situation s’est sérieusement dégradée, ainsi que l’éventualité de relancer les pourparlers à Six sur la Corée du Nord?

Réponse: Je vous propose de faire durer le suspense, non pas pour vous agacer mais pour avoir la possibilité d’apprécier à part entière le résultat de la visite et des entretiens quand ils seront terminés. Pour ne pas faire d’exception pour vous et refuser ensuite de répondre à d’autres journalistes, je voudrais vous demander d’adresser aujourd’hui toutes les questions à ce sujet au Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pendant sa conférence de presse prévue ce soir.

G/-Question: Une question concernant l’entretien déjà mentionné entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l’Iran et de la Syrie. Sur fond d’intensification de l’activité terroriste, d’attentats à Saint-Pétersbourg et à Stockholm, la création d’une nouvelle coalition antiterroriste est-elle envisageable? Comment cela affecterait-il la coopération de la Russie avec l’Occident dans la lutte contre cette menace globale?

Réponse: La question est très vaste. Elle ne concerne pas spécifiquement la réunion à venir mais nous renvoie plutôt à l’histoire de ce problème. Vous vous souvenez qu’il y a deux ans, le Président russe Vladimir Poutine avait proposé à l’Onu de créer un véritable front mondial pour lutter contre le terrorisme. Cette proposition se basait sur des principes tels que l’adoption d’une résolution appropriée, les moyens collectifs pour lutter contre le terrorisme international, l’union des efforts non seulement des puissances régionales mais également de tous les pays qui voudraient participer à une telle coalition. Bien sûr, la condition principale doit être l’adoption d’un document juridique international, notamment une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui définirait le cadre de cette coalition, le mandat de ses actions et prévoyant un compte-rendu sur sa mise en œuvre. Ainsi personne n’agirait à sa guise, en adhérant ou en quittant cette coalition en fonction de ses propres points de vue pour tenter de promouvoir son propre agenda. Il y aurait un travail collectif cohérent sur une base juridique internationale solide.

Vous vous rappelez comment la communauté internationale a réagi à cette initiative. Malheureusement, la situation a suivi le scénario annoncé par la Russie sur ce qui se produirait dans le monde si la situation internationale continuait d’évoluer en l’absence d’un tel large front appuyé par une décision du Conseil de sécurité des Nations unies.

Comme vous l’avez dit, le nombre d’attentats augmente, les méthodes d’organisation et les attaques des terroristes contre les civils deviennent très diversifiées. Le plus terrible est que les cellules isolées de telles ou telles organisations s’unissent. Le terrorisme international prend aujourd’hui une ampleur colossale. Chaque jour, la pertinence de ce constat ne fait qu’augmenter. Malheureusement, nous comprenons également que les ambitions des différents acteurs sont trop grandes pour se le permettre. Au final, le rejet de telles actions et de cette philosophie pourrait conduire à une situation où le monde entier serait l’otage d’une ou de plusieurs organisations terroristes. Le plus important est qu’il ne soit pas trop tard.

H/-Question: Comment la hausse de la tension entre la Russie, les USA et d’autres pays de la coalition occidentale peut-elle influencer la participation de Moscou au processus de réconciliation nationale en Afghanistan?

Réponse: Nous partons du fait que nous devons précisément travailler avec les USA et d’autres pays pour apporter une contribution maximale au règlement de la situation en Afghanistan. Nous y sommes prêts. Vous savez que nous agissons ouvertement, nous invitons les USA à participer à différentes activités sur l’Afghanistan, la sécurité et la situation générale dans la région. Nous comptons sur un dialogue constructif avec nos partenaires.

I/-Question: Que pense la Russie de l’éventualité d’une attaque des USA contre la Corée du Nord? Est-ce que Moscou entreprend des tentatives de régler ce conflit par la voie pacifique?

Réponse: Nous avons publié hier un communiqué en prévision de la visite de Rex Tillerson à Moscou. Il est accessible sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Nous y avons défini notre position et notre préoccupation suite aux déclarations  faites indirectement par les représentants officiels américains, et directement à travers les sources et les politologues, concernant l’éventualité d’un scénario de force. Je peux vous suggérer de consulter ce communiqué. A nos yeux c’est un aspect important de sécurité et de stabilité régionale. Je répète, notre position est exprimée en détail dans ce communiqué.

K/-Question: Quel est le rapport entre le soutien turc des actions américaines en Syrie et les appels d’Ankara à régler la crise par le format d’Astana?

Réponse: Il convient de poser à la Turquie la question de savoir comment elle concilie ces deux approches. Je pense que les représentants officiels turcs doivent répondre à la question des journalistes et des politologues de savoir comment Ankara règle conceptuellement cette question. D’un côté, la Turquie contribue au processus de paix, de l’autre elle salue les frappes aériennes qui tirent un trait sur toute tentative d’unir l’opposition avec les autorités officielles, ainsi que sur les tentatives de travail concret pour transformer les rebelles et les terroristes en structure d’opposition, pour les pousser à renoncer aux activités militaires. Le monde entier a assisté aujourd’hui à une leçon sanguinaire de la manière dont il est possible de « régler les affaires ». Pendant plusieurs années, tout le monde appelait tout le monde à s’asseoir à la table des négociations et tentait de persuader les rebelles, les terroristes et les extrémistes à déposer les armes, y compris en leur donnant des garanties. Aujourd’hui les rebelles, les terroristes et les extrémistes vont poser une question logique:

  • pourquoi quelqu’un peut agir par la force en attaquant le territoire d’un État souverain sans aucune autorisation ni motivation claire mais pas eux?
  • Pourquoi cherche-t-on en permanence à les faire asseoir à la table de négociations?

Personne ne nie que c’est un processus très difficile. Nous avons toujours dit qu’il était extrêmement difficile de motiver à négocier des extrémistes et des rebelles qui ont défendu pendant plusieurs années leur « vérité » et leur vision (mais probablement par la mauvaise voie) les armes à la main. Je répète que les rebelles ont été tout simplement motivés, par ces actes, à poursuivre eux-même leurs activités militaires.

Beaucoup de ces individus n’ont pas étudié à l’université ni même dans une école. Il y a, parmi eux, de nombreux jeunes qui connaissent seulement les idées que les organisations terroristes leur ont « offertes ».

  • Comment peut-on expliquer à des gens très ordinaires ces actes des USA?
  • Comment peut-on les dissuader que la force n’est pas une méthode pour régler le problème syrien?
  • Pourquoi des hommes prospères et éduqués d’un pays prospère utilisent la force en tant que principal moteur du processus de paix syrien?

Il faut poser cette question à la Turquie pour savoir comment ces deux concepts coexistent dans le cadre de la politique étrangère d’un même État.

L/-Question: Le Président russe Vladimir Poutine recevra-il le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson? Cette information est apparue et a été démentie plusieurs fois. Si cet entretien avait lieu, quel en serait le signe?

Réponse: Vous savez très bien que les entretiens du Président russe sont commentés par l’Administration présidentielle, par le Service de presse du Président. Adressez-vous à mes collègues.

M/-Question: Le porte-parole de la Maison blanche Sean Spicer a déclaré que les seuls pays qui ne soutenaient pas la position des USA sur la Syrie étaient la Syrie elle-même, la Corée du Nord, l’Iran et la Russie. Il a également déclaré que tous, à l’exception de la Russie, étaient des États défaillants. Pouvez-vous préciser s’il s’agit d’une liste exhaustive de pays?

Réponse: L’Iran serait un État défaillant? Il suffit de regarder l’histoire de ce pays. Pouvez-vous acheter un livre d’histoire ou un livre sur l’Iran? Votre média peut-il le faire?

Question: Oui.

Réponse: Alors je vous suggère d’envoyer ce livre au représentant américain que vous avez cité. Il devrait comprendre de quel pays il parle.

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