1739 – Suisse/UE – Retour à la case départ

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Horizons & Débats – Zeit Fragen FR – No 8, 3 avril 2017

Le Conseil fédéral a atteint ses limites dans les négociations avec l’UE

Les négociations actuelles de la Suisse concernant un «accord-cadre institutionnel avec l’UE» ressemblent à une courbette non sollicitée avec des conséquences imprévisibles.

Sans nécessité, on prévoit d’octroyer des jugements définitifs, sur des questions concernant uniquement notre pays, à un tribunal étranger faisant partie d’une structure anti-démocratique.

L’UE n’est pas démocratique

C’est officiel: l’UE n’a pas de structures démocratiques. Elle n’en a jamais eu et n’en a pas développé au cours de plusieurs décennies. Elle n’est tout simplement pas démocratique.
L’UE est une entité supranationale enlevant tout pouvoir à ses États membres démocratiques et accaparant de plus en plus de compétences. Dans les États membres de l’UE, 80% des lois ne sont plus décidées par les parlementaires élus à cette fin, mais par Bruxelles. Voilà une marginalisation totale des citoyens.

Un club de débats fortement subventionné

Le Parlement européen lui-même est un club de débats fortement subventionné – avec tous les agréments nécessaires pour apaiser les consciences –, mais, sans réel pouvoir. Les lois sont rédigées ailleurs.
Depuis des décennies, des affaires de corruptions secouent l’UE bruxelloise. Depuis de longues années, les comptes annuels n’ont plus été approuvés.
Grâce à l’«excellent» travail des cabinets de communication, le public n’en entend plus parler …

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Jurisprudence sans légitimation démocratique par la base

Nous savons qu’à la Cour de justice des Communautés européennes (CJUE), des juristes de différents pays de l’UE, de l’Allemagne, de la France, de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce, de l’Estonie, de la Bulgarie, de la Roumanie, etc. décident des affaires internes d’autres pays de l’UE, dont ils ne connaissent guère la législation, le droit et les traditions. La Justice est rendue selon les règlements et les lois émanant d’une énorme machine bureaucratique.

L’«Accord-cadre institutionnel entre la Suisse et l’UE» fait dépérir notre système gouvernemental et l’autodétermination de notre pays. Les juges bruxellois – nommés et non élus – doivent rendre un jugement sans réelles connaissances du pays et du peuple.
Le fait que certains membres du Conseil fédéral et leurs hauts fonctionnaires favorisent le rattachement à l’UE n’est plus guère compréhensible compte tenu des développements actuels:

  • l’UE est de toute façon en train de se désintégrer (Brexit),
  • la politique financière de l’UE est à son terme: la Grèce doit faire face à la faillite. Les finances publiques de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et de la France exploseront à la prochaine hausse des taux d’intérêts,
  • la BCE crée de l’argent sans fin. Une inflation expropriant les citoyens est prévisible,
  • en matière de politique militaire, l’UE est en route pour dilapider son «dividende de paix». Elle est étroitement liée à l’OTAN et participe aux opérations en Ukraine, en Syrie, en Afghanistan et en d’autres foyers de crise dans le monde. Elle semble vouloir mener une politique de grande puissance et d’imposer ses intérêts économiques par les armes.

Les milliards des contribuables suisses ne suffisent-ils pas encore?

Le Conseil fédéral veut-il vraiment lier encore davantage notre pays à ce projet néfaste?

  • Les milliards des contribuables pour le «Fonds de cohésion de l’UE» ne suffisent-ils toujours pas?»
  • Ne suffit-il pas que la volonté du peuple soit déjà violée à bien d’égards au profit de l’UE?
  • Ne suffit-il pas que nous reprenions, depuis des années, insidieusement un droit communautaire inapproprié?

La Suisse ne dépend pas de l’UE

Contrairement à l’impression répandue par le Conseil fédéral, la Suisse ne dépend pas de l’UE:

  • Nous pouvons mener nos projets de recherche internationaux à moindre frais qu’avec l’UE.
  • Nos centrales hydroélectriques n’ont pas besoin de l’énergie éolienne ou solaire de l’UE.
  • Sur le plan économique, la Suisse est très bien placée et ne doit pas craindre d’éventuelles pressions des gouvernements allemands ou français.
  • Nous savons parfaitement gérer nos fonds et ceux de nos clients, sans que les «contrôleurs» des dettes publiques de pays voisins viennent nous espionner.

Les négociations avec l’UE doivent être des échanges entre partenaires égaux et non pas entre un petit enfant et son maître capricieux et tyrannique.

Revendications à l’encontre de l’UE

Cette entité non démocratique ne sera jamais un modèle pour notre pays. Concernant Pascale Baeriswyl, secrétaire d’Etat du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) et coordonnatrice des négociations avec l’UE, on attend qu’elle exige au minimum les revendications suivantes:

  • L’UE doit devenir démocratique.
  • Les citoyens doivent à nouveau obtenir tous leurs droits.
  • Les activités de la Commission européenne doivent devenir transparentes.
  • L’UE doit être militairement et politiquement neutre. Une éventuelle armée doit être purement défensive.
  • L’élection des juges doit se faire selon les règles démocratiques.
  • Le droit doit être appliqué et ne peut pas être évincé par certains politiciens.

Si l’UE est capable de remplir ces quelques revendications minimales, alors des négociations avec la Suisse sur une éventuelle coopération plus étroite pourraient avoir un sens.

Nous souhaitons vivement aux dirigeants de l’UE d’éviter de mener le peuple dans la ruine économique totale et de ne pas transformer l’Europe en un champ de bataille militaire.

De par son pouvoir exclusif de décision, la délégation des négociateurs suisses outrepasse ses compétences puisqu’elle ne représente plus la voix des citoyens. Donc, retour à la case départ!    •


source/http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2017/nr-8-28-maerz-2017/zurueck-auf-feld-1.html