1731 – L’Arctique, à la recherche les fantômes du passé soviétique & un monde magique en péril … Photos

Dans le froid glacial, deux voyageurs explorent des lieux abandonnés mais fascinants…

Dans le froid glacial, deux voyageurs explorent des lieux abandonnés mais fascinants… Crédit : Natalia Bogorodski

Arctique: à la recherche les fantômes du passé soviétique

Les conquérants du Nord n’ont pas peur d’affronter les fantômes du passé soviétique.

8 avril 2017 par  Alexandra Eliseïeva

« Dans l’Arctique nous nous sommes défendus à deux contre des ours polaires, et avons failli nous noyer lors d’une tempête en mer. Mais c’est seulement sur les terres abandonnées de l’Arctique que nous avons ressenti le goût pour la vie et la réalité de la mort. L’existence sans ces sensations devient insipide, comme un plat sans sel », racontent Natalia et Piotr Bogorodski, deux adeptes de l’extrême venus de Saint-Pétersbourg.

Ils voyagent dans l’Arctique en canoë depuis 2008, mais c’est également à bord d’un catamaran et d’un trimaran fabriqués à la main qu’ils ont bravé les mers Blanche, de Barents et de Kara, navigant depuis le lac Ladoga jusqu’à la Nouvelle-Zemble, où ils ont étudié différentes zones polaires désertées.

L’archipel François-Joseph, île Graham Bell

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

« La première chose qui saute aux yeux, c’est la neige à perte de vue, la plaine et la lumière aveuglante provenant de tous côtés. Nous avons débarqué sur Graham Bell lors d’une journée polaire. Et notre première sensation fut le froid pénétrant, –15°, et le vent glacial », se remémore Piotr.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

L’archipel François-Joseph est un avant-poste russe à l’extrême nord-ouest du pays. Au-delà, il n’y a que le Pôle Nord. Sur Graham Bell, abandonnée en 1993, se trouvaient un aéroport arctique et deux bases militaires.

Natalia et Piotr sont venus ici en 2013 accompagnés d’un groupe d’employés du parc national Arctique russe : ils furent invités à contribuer au nettoyage des îles de la ferraille et des objets n’ayant aucune valeur historique qui y avaient été abandonnés.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Les Bogorodski y étaient à la recherche d’objets liés à l’histoire de l’aviation : des avions ou des moteurs, des objets provenant de l’aérodrome, d’anciennes pièces automobiles ou de tracteurs, ou encore de l’équipement radar. Ils les examinaient, les photographiaient, et les identifiaient à l’aide d’un ruban, signifiant qu’il n’était pas nécessaire de les détruire.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Sur Graham Bell, de l’aérodrome arctique et des bases militaires il ne reste que quelques éléments abandonnés. Des maisons et des blocs entièrement métalliques qui, bien que semblables de l’extérieur à d’énormes barils, faisaient office d’habitations, des maisons sur traîneau, des dépôts de camions, mais aussi un avion AN-12 qui s’y était écrasé, tout cela ayant été conservé durant des décennies par le climat polaire.

Le village d’Amderma

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

La carcasse de quelques maisons à étage et d’infrastructures sur le rivage de l’Océan glacial arctique, voilà tout ce qu’il reste du village soviétique d’Amderma, auquel aucune route ne mène. Natalia et Piotr sont venus ici en 2010 alors qu’ils naviguaient en canoë le long du littoral des mers de Barents et de Kara.

Environ 550 personnes vivent encore à Amderma [Elles étaient 5500 en 1989], mais les maisons d’habitation y côtoient les bâtiments désaffectés. Dans tout le village sont disséminés des blocs vides de plusieurs étages et de vieux équipements datant de l’URSS. Dans les bâtiments militaires délaissés les enfants jouent, heureux propriétaires de leur propre ville fantôme. Tandis que tout près d’un magasin se repose un attelage de rennes, sur lequel un éleveur nénètse est venu faire ses courses, les ours blancs se promènent dans le village, le long du rivage.

Non loin de là, les deux voyageurs ont trouvé des abris pour radars Lena-M en forme de coupoles, de gigantesques champignons blancs au milieu des étendues de velours de la toundra verdoyante.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Des portes ignifuges en acier protègent toujours le bâtiment, et le cœur de la station est quant à lui encombré de câbles et de conduits de ventilation. Natalia et Piotr ont longuement erré à travers les étages et y ont étudié les zones destinées aux employés, les entrepôts et points de contrôle, les appareils et les salles d’études : 20 ans après, des documents de travail et des pellicules contenant des négatifs de photographies appartenant au personnel s’y trouvaient toujours.

Villages abandonnés de l’Arctique :

là où vivent les ermites et les ours

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

En Nouvelle-Zemble, les hameaux de pêcheurs du siècle passé se sont transformés en villages fantômes aux maisons de bois vermoulues. Les rondins y sont tellement malandreux qu’on peut y enfoncer un doigt. Dans ces villages délaissés, pas âme qui vive, mais en raison du risque d’attaque d’ours, Natalia et Piotr portent constamment une arme. Ils s’étaient déjà retrouvés nez-à-nez avec ces animaux et savaient que pour eux, l’homme n’est pas une menace, mais de la nourriture.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Les villages avoisinant ces zones abandonnées sont des destinations de vacances pour les gens qui sont nés et ont grandi dans l’Arctique. Certains s’y rendent même comme à la datcha et y passent tout l’été à pêcher, chasser et se reposer. Ces ermites se font ravitailler en carburant et en nourriture par leurs proches.

Les ermites insulaires dépouillent petit à petit les maisons à moitié détruites de leurs villages arctiques, ils ont en effet besoin de matériaux pour entretenir leur propre habitation.

Cap Sviatoï Nos

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Les deux explorateurs n’ont passé que peu de temps au cap Sviatoï Nos, y rester pouvait s’avérer dangereux. La côte rocheuse les empêchant de jeter l’ancre, et le catamaran étant déporté par de puissants courants, ils risquaient de se retrouver sans moyen de transport et donc sans possibilité de faire demi-tour.

L’abrupte falaise rocheuse par laquelle Piotr et Natalia se sont hissés sur le cap paraissait effrayante, dans la tempête qui l’entourait, de gigantesques vagues venaient s’y jeter avec fracas, balayant tout le rivage.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Ici, aucune trace témoignant d’un passage humain récent. L’herbe, qui arrivait à la hauteur du genou, n’avait pas été foulée depuis longtemps, des maisons inoccupées s’échappait comme un vent froid sépulcral empli de désolation. Même les batteries des caisses d’accumulateurs de 20 litres trouvées dans la centrale électrique étaient intactes, alors que les habitants ont pour habitude d’y faire mariner leur viande ou de s’en servir comme d’un aquarium.

Les Bogorodski sont ensuite partis en direction du phare, et ont pour cela longé une décharge remplie de carcasses de tracteurs à chenilles. Le vent faisait battre la porte en fer demeurée ouverte. Après avoir gravi dans la pénombre les huit étages de l’édifice par le raide escalier en spirale résonnant sous leurs pas, Piotr et Natalia regardèrent à travers la fenêtre de la cabine. L’étroit cap était entouré par une mer grise et glacée. Piotr tressaillit après s’être imaginé comment les solitaires gardiens du phare affrontaient ici la tempête, même la nuit, lorsque les vagues glaciales menaçaient de briser la falaise rocheuse sur laquelle se trouvait le bâtiment.

Crédit : Natalia BogorodskiCrédit : Natalia Bogorodski

Les personnes qui, durant l’ère soviétique, ont conquis la rude nature de l’Arctique, ne vivent plus ici depuis longtemps. Mais les objets qu’ils y ont abandonnés sont restés là, les maisons, les phares, les bases aériennes. Sur les pas des premiers explorateurs, Natalia et Piotr redécouvrent les terres polaires au fil de leurs randonnées et de leurs combats contre les éléments.

Des rapports et des reportages photos de leurs découvertes sont publiés par les Bogorodski sur le site de leur projet Sevprostor, qui est consultable en russe. Dans ce témoignage de leurs voyages à travers les lieux désertés du Grand Nord, Natalia et Piotr voient un but civilisateur :

l’Arctique cesse à nouveau d’être une terra incognita, et les décors abandonnés reprennent vie, cette fois en tant que témoins de l’histoire.


source/http://fr.rbth.com/tourisme/2017/04/08/arctique-a-la-recherche-les-fantomes-du-passe-sovietique_737351


L’Arctique, un monde magique en péril

Par RBTH -reprise  22.02.2014

The Arctic is at once majestic, cold, unassailable, charming, and frightening in its splendor.

Faites défiler vers le bas pour voir plus

Sergey Anisimov

L’Arctique est un univers à la fois majestueux, froid, insaisissable, enchanteur et à la splendeur terrifiante.

It is here that you feel your insignificance and become a mere particle, totally defenseless in the cosmic scheme of things. And it is here that you realize how fragile human life can be. It is also where you notice the stunning beauty of the world and the magic of nature.

Sergey Anisimov

Ici, vous prenez conscience de votre insignifiance, et vous devenez une simple particule totalement vulnérable dans l’ordre cosmique. Et c’est également ici que l’on constate à quel point une vie humaine est fragile. On y contemple également la beauté stupéfiante du monde et la magie de la nature.

For all that, the modern Arctic is one of the most fragile ecosystems on Earth. Its environmental problems are global in scale, and affect the climate of the entire planet.

Sergey Anisimov

Tout cela fait de l’Arctique l’un des écosystèmes les plus fragiles au monde. Ses problèmes environnementaux sont d’ordre mondial, et affectent le climat de la planète entière.

The Arctic is disappearing before our very eyes. The ice cover is diminishing in area and thickness every year.

Sergey Anisimov

L’Arctique est en train de disparaître sous nos yeux. Chaque année, la calotte glaciaire rétrécit et son épaisseur diminue.

Today this fascinating region needs protection from the devastating effects of the development of civilization.

Sergey Anisimov

Aujourd’hui, cette région fascinante a besoin d’être protégée des effets dévastateurs engendrés par le développement de la civilisation.

Studies show that the temperature in the Arctic is rising twice as fast as in the rest of the world.

Sergey Anisimov

Les études montrent que la température augmente deux fois plus vite dans l’Arctique que dans le reste du globe.

Climate change threatens many Arctic animals with extinction. At greatest risk are the polar bears: carnivorous mammals that can grow to be 3 meters long and weigh up to one metric ton.

Sergey Anisimov

Avec le changement climatique, de nombreuses espèces animales de l’Arctique sont menacées d’extinction. Les plus exposés sont les ours polaires : des mammifères carnivores qui peuvent atteindre 3 m de long et peser jusqu’à 1 tonne.

Few people know that the furry, white polar bear's skin is actually black. The bear's fur is missing a pigment. As a result, it only lets ultraviolet rays through, which creates insulating properties.

Sergey Anisimov

Peu de gens savent qu’en réalité la peau de l’ours polaire est noire. Il manque un pigment dans la fourrure de l’animal. Ainsi, elle ne laisse passer que les rayons UV, ce qui lui confère des propriétés isolantes.

No one knows about the problems of the Arctic better than Yamal photographer Sergei Anisimov, who has produced six albums on the Yamal Peninsula, Russia's Far North, and the Arctic.

Sergey Anisimov

Nul ne connaît mieux les problèmes de l’Arctique que le photographe Sergueï Anissimov, issu de la péninsule de Yamal ; il a réalisé six albums sur le Yamal, le Grand Nord russe, et l’Arctique.

The creative opportunities for photography here are boundless. Here, the artist can imprint for eternity the icy beauty with all its peculiarities, and document the primordial supremacy of nature, where it is still pristine and inviolable.

Sergey Anisimov

Ici, les photographes peuvent laisser libre cours à leur créativité. Ici, l’artiste peut immortaliser la beauté glaciale dans toute sa singularité, et décrire en détail la supériorité première de la nature, là où elle est restée immaculée et inviolée.

Undoubtedly, the most valuable find for the photographer is animal life. The Arctic is inhabited by many unique species of fauna. Besides polar bears, the region is home to musk-ox, wild reindeer, and bighorn sheep.

Sergey Anisimov

Pour un photographe, la plus précieuse des découvertes est indubitablement la faune. L’Arctique est habité par de nombreuses espèces animales uniques. Outre les ours polaires, la région abrite des bœufs musqués, des rennes sauvages et des mouflons.

The seas of the Arctic contain seals. These mammals are able to cry, but unlike humans they do not have lacrimal glands. Moreover, they can withstand temperatures down to -80 degrees Celsius.

Sergey Anisimov

Les eaux de l’Arctique sont peuplées de phoques. Ces mammifères sont capables de pleurer, mais contrairement à l’Homme, ils n’ont pas de glandes lacrymales. Ils peuvent en outre résister à des températures avoisinant les -80°C.

Walruses can weigh even more than polar bears. The mass of these marine mammals can reach 1500 kg. A distinctive feature of the walrus is its huge tusks, which are used in combat and to climb out of the water by hooking onto ice floes.

Sergey Anisimov

Les morses peuvent être encore plus lourds que les ours polaires. Ces mammifères marins peuvent peser jusqu’à 1500 kg. Le morse se reconnaît à ses longues défenses caractéristiques, qu’il utilise pour combattre et pour se hisser hors de l’eau en s’accrochant à des morceaux de banquise.

If in luck, you might catch a glimpse of some cetaceans: baleen whales, narwhals, killer whales, and belugas. Whales are the largest, longest (up to 33 meters), heaviest (up to 150 metric tons), loudest, and most fatigue-proof mammals.

Sergey Anisimov

Si vous êtes chanceux, vous apercevrez peut-être des cétacés : des baleines, des narvals, des orques et des bélugas. Les baleines sont les mammifères les plus grands, les plus longs (jusqu’à 33 m), les plus lourds (jusqu’à 150 tonnes), les plus bruyants et les plus résistants à la fatigue.
In the polar summer, millions of migratory birds nest in the Arctic tundra. The search for favorable living conditions can take them on a journey of several thousand kilometers.

Sergey Anisimov

Au cours de l’été polaire, des millions d’oiseaux migrateurs viennent nicher dans la toundra arctique. Ils peuvent parcourir des milliers de kilomètres à la recherche de conditions de vie favorables.

source/http://fr.rbth.com/multimedia/pictures/2014/02/21/larctique_un_monde_magique_en_peril_27981

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