1711 – « La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » …

1/-« La très inquiétante débâcle du nucléaire mondial. Faillite de Westinghouse ? » CH. Sannat -31/03/2017

2/-Westinghouse : les conséquences en chaîne d’une faillite pas comme les autres – Bertille Bayart –Mis à jour le 29/03/2017

3/-La filière nucléaire française mutique sur la faillite de Westinghouse – Par Frédéric De Monicault -Publié le 30/03/2017 à 18:01

4/-Westinghouse : placement en faillite approuvé – Le Figaro.fr avec Reuters
Mis à jour le 29/03/2017

5/-Plombé par deux centrales nucléaires aux États-Unis, Westinghouse dépose son bilan – Par Pierre-Yves Dugua – Mis à jour le 29/03/2017

6/-La faillite de Westinghouse apporte-t-elle de l’eau au moulin de Trump? – 30 mars 2017 08:20  -Dominique Liesse

7/-Le groupe nucléaire Westinghouse acculé à la faillite 29/03/2017 09:41 | Boursier

8/-NUCLÉAIRE : WESTINGHOUSE PROCHE DE LA FAILLITE – Article de Jean-Michel Bezat – 24/03/2017

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Charles Sannat – 31 mars 2017

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je voulais revenir sur une information qui peut sembler sans trop grande importance, noyée dans le flot ininterrompu de nouvelles, pourtant c’est une information majeure qu’il faut sortir du brouhaha ambiant.

Westinghouse (rachetée il y a quelques années par le géant japonais Toshiba) se place en faillite avec 9,8 milliards de dollars de dette cumulée.

Si cela vous fait penser aux difficultés du groupe Areva c’est normal, car c’est à peu de chose près exactement la même histoire, et nous allons détailler tout cela un peu plus tard !

Petit historique rapide

Westinghouse Electric Company est une bien vieille dame âgée de largement plus d’un siècle. C’est une entreprise américaine, fondée par George Westinghouse en 1886 sous le nom de Westinghouse Electric Company. Elle a été rachetée en 2006 par la firme japonaise Toshiba et s’est spécialisée dans le nucléaire.

Westinghouse fut l’un des plus gros constructeurs de centrales nucléaires au monde en général et aux États-Unis en particulier. Les USA ont réussi à développer un important parc de nucléaire de 99 réacteurs mais un coup d’arrêt définitif a été donné à cette énergie après l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. À la suite d’une chaîne d’événements accidentels, le cœur d’un des réacteurs avait en partie fondu. Une faible quantité de radioactivité avait alors été relâchée dans l’environnement. Depuis cet incident, aucune centrale n’a été raccordée au réseau. Désormais, quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

Westinghouse doit achever deux d’entre eux, l’un en Caroline du sud et l’autre dans l’État voisin de Géorgie.

Le problème c’est que, comme pour Areva, Westinghouse n’a pas construit de centrale nucléaire depuis plus de 40 ans et que quand pendant 40 ans on ne pratique pas une spécialité, eh bien le savoir-faire, tout simplement, disparaît !

Il faut donc, pour Areva comme pour Westinghouse, tout réapprendre de zéro dans un contexte de prix tirés, d’où les dépassements incessants des prévisions budgétaires. Des dépassements qui sont même sans fin.

À tel point que Westinghouse se retrouve aujourd’hui en faillite comme Areva d’ailleurs qui ne doit sa survie qu’à l’intervention de l’État.

« Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et, historiquement, ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan », souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux États-Unis.

Les réacteurs français sont en réalité construits sous licence Westinghouse

Là également où cela vous concerne beaucoup plus directement que ce que vous pouvez penser au premier abord, c’est que Westinghouse a cédé en 1974 sa licence concernant les réacteurs nucléaires à eau pressurisée à Framatome (devenue entre-temps Areva), ce qui a permis de construire le parc nucléaire français actuel…

Votre énergie nucléaire, notre parc de centrales repose sur des brevets d’une entreprise en faillite (Westinghouse), exploités par une autre entreprise en faillite (Areva), pour le compte d’un énergéticien (EDF) qui n’a pas provisionné la « queue d’un rond » nécessaire à la réparation de nos centrales et encore moins au démantèlement des anciennes qu’il faudra remplacer par des nouvelles que nous sommes incapables techniquement de construire puisque plus personne ne sait le faire !

On vous vante la France pays riche, pays moderne. Voilà pour le discours rassurant et lénifiant qu’il est rassurant d’entendre.

La triste réalité c’est que notre pays se tiers-mondise à grande vitesse et que nous sommes incapables en 2017 de faire ce que nous avons su faire dans les années 60 !

Nous avons construit une usine marée-motrice sur la Rance… Incapable de le faire maintenant !

Nous avons construit le Concorde, la fusée Ariane, ou les centrales nucléaires françaises. Nous ne savons plus rien faire de tout cela.

Nous ne savons plus le faire, mais les Américains sont dans la même situation.

Et vous savez pourquoi ?

Parce qu’un « éco-système » scientifique, technique, industriel c’est bien un « éco-système ».

Nous nous sommes désindustrialisés.

Nous avons donc perdu des pans entiers de savoir-faire. De nos soudeurs à nos tourneurs, de nos ingénieurs à nos chefs de projets, nous ne savons plus rien faire.

Le seul pays qui désormais dispose d’un véritable « éco-système » industriel c’est la Chine, et ne me parlez pas l’Europe qui serait censée nous aider à faire ensemble ce que nous ne savons plus faire seul…

28 manches à balai ne feront jamais une équipe de champions du monde.

Et la sécurité dans tout cela ?

À l’image de tout le reste.

Vous découvrirez, un jour, effarés, que nous ne sommes pas plus capables de construire une

nouvelle centrale que d’entretenir celles qui nous restent, encore moins de les démanteler, et enfin, pour finir, que la sécurité de nos centrales est tout simplement déplorable !

Lamentable.

Ce pays, notre pays, part à vau-l’eau et aucune vision ne nous est proposée pour construire un avenir enthousiasmant.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin


source/ https://www.insolentiae.com/la-tres-inquietante-debacle-du-nucleaire-mondial-faillite-de-westinghouse-ledito-de-charles-sannat/


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carte des centrales nucléaires dans le monde 

2/-Westinghouse : les conséquences en chaîne d’une faillite pas comme les autres

Par Bertille Bayart

  • Mis à jour le 29/03/2017 à 21:33

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Le groupe japonais Toshiba vient de placer sa filiale américaine spécialisée dans le nucléaire en faillite.

Aux États-Unis, la faillite n’est pas infamante. Le fameux «chapter 11» est une procédure bien rodée: les entreprises en difficulté s’y soumettent pour en ressortir financièrement assainies, ayant au passage rincé leurs actionnaires et créanciers. De grands noms de l’industrie américaine y sont passés, comme General Motors. Mais le cas de Westinghouse n’a rien de banal. Parce qu’il s’agit d’une entreprise nucléaire, un secteur sensible et stratégique, et où les engagements se prennent sur le très long terme.

Redoutant les risques portés par Westinghouse, Toshiba cherche à s’en protéger. Concrètement,

c’est l’activité américaine de Westinghouse qui est mise en faillite . Les activités asiatiques et européennes ne sont pas concernées. Westinghouse est notamment un fournisseur d’EDF, son premier client, à la fois de combustible, de services de maintenance mais aussi de gros composants. C’est par exemple l’entreprise américaine qui s’est attelée à relever le générateur de vapeur – une pièce de plus de 450 tonnes – accidenté de la centrale de Paluel.

«La restructuration de Westinghouse augure de longues années de procédures complexes pour démêler les responsabilités financières des créanciers»

Aux États-Unis, sous le chapitre 11, Westinghouse a un an pour trouver une solution, et potentiellement un repreneur. Sa priorité, et celle de Toshiba, est de stopper l’hémorragie des contrats en cours de construction de quatre réacteurs AP 1000. Des contrats pour lesquels Westinghouse s’est porté candidat comme architecte-ensemblier, assumant à un prix fixe tous les risques de la construction. Les dérapages se chiffrent déjà en milliards de dollars. «Pour ces contrats, c’est le client, c’est-à-dire l’opérateur, qui doit être le responsable en dernier ressort», explique un expert. La mésaventure de Westinghouse rappelle celle d’Areva en Finlande.

La différence, c’est qu’Areva est une entreprise d’État. Elle a été restructurée et recapitalisée sur fonds publics plutôt que mise en dépôt de bilan. De quoi conforter dans leur opinion ceux qui estiment que l’atome civil devrait être une affaire d’États et non d’entreprises privées. Du reste, l’État fédéral américain, qui a garanti les financements des centrales en construction aux États-Unis à hauteur de 8,3 milliards de dollars, ne pourra se désintéresser du cas Westinghouse. Comme Areva, Westinghouse va rabattre la voilure et se contenter d’être un fournisseur et non plus un architecte. Un «core business» sur pour lequel il a mis 800 millions de dollars de côté.

Mais nombre de questions restent grandes ouvertes après sa faillite. Notamment au Royaume-Uni. Le groupe y détient 60 % de NuGen – au côté d’Engie, qui est également en train de revoir ses ambitions dans l’atome – avec l’objectif de construire des AP 1000 à Moorside.

Ensuite, la restructuration de Westinghouse augure de longues années de procédures complexes pour démêler les responsabilités financières des créanciers, des garants, dont l’État américain, et de Toshiba.

Enfin, il reste à savoir si les mésaventures du groupe américain, symbole s’il en est d’une énergie dont il a écrit les heures de gloire, provoqueront une nouvelle vague de défiance à l’égard de l’atome.

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 30/03/2017.


source/ http://premium.lefigaro.fr/societes/2017/03/29/20005-20170329ARTFIG00342-westinghouse-les-consequences-en-chaine-d-une-faillite-pas-comme-les-autres.php


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3/-La filière nucléaire française mutique sur la faillite de Westinghouse

  • Par Frédéric De Monicault
  • Publié le 30/03/2017 à 18:01

Réunis à l’occasion d’une journée d’études de la Société française d’énergie nucléaire (Sfen), les acteurs de l’atome civil n’ont pas souhaité commenter les déboires de l’opérateur américain, qui résonnent pourtant comme un petit séisme pour le paysage nucléaire mondial.

Vingt-quatre heures après que Westinghouse – le grand opérateur nucléaire américain filiale du conglomérat japonais Toshiba – s’est déclaré en faillite, les acteurs de l’atome civil en France n’ont pas souhaité exagérément réagir à cet épisode. Ils étaient réunis jeudi dans le cadre d’une journée d’études proposée par la Société française d’énergie nucléaire (Sfen). Pour Philippe Knoche, à la tête de New Areva c’est-à-dire Areva recentré autour du cycle du combustible (mines, enrichissement, recyclage…), il s’agit en particulier de recentrer le sujet autour de la compétitivité du nucléaire: «Les prises de position de l’administration Trump ont montré qu’elle n’avait pas d’a priori contre le nucléaire mais cette industrie doit montrer son savoir-faire et sa capacité à concurrencer efficacement les autres formes d’énergie.» Il en a profité pour rappeler que son groupe avait encore énormément de travail à accomplir et que la priorité n’était pas de commenter la situation de tel ou tel acteur.

La concurrence est devenue sévère

De son côté, Bernard Fontana, qui pilote Areva NP – la filiale réacteurs et services d’Areva actuellement en cours de rachat par EDF – a souligné que le carnet de commandes de l’entreprise – à hauteur de 15 milliards d’euros – était bien orienté. Qu’il s’agisse de Westinghouse ou d’Areva, la concurrence est devenue sévère sur le marché du nucléaire, avec l’émergence des acteurs russes, chinois et coréens. D’autant que la catastrophe de Fukushima en 2011 a gelé ou retardé un certain nombre de grands projets. À titre indicatif, entre fin 2010 et fin 2016, la croissance de la base installée – les réacteurs opérationnels – a été de 4,2%. Pour l’avenir, entre 2014 et 2035, l’Agence internationale de l’énergie anticipe une croissance de cette base installée de 42,2% dans son scénario de référence.

Dans l’entourage de la filière nucléaire française, on incite encore à considérer le dossier Westinghouse avec prudence. On rappelle notamment que l’opérateur américain a décidé de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine et que cela a permis à certains groupes de relever la tête et même de continuer à se développer après. Autrement dit, toute analyse doit être nuancée quant à l’impact de la mise en faillite de Westinghouse sur le marché du nucléaire en général. Reste que l’américain est une entité à part pour le secteur de l’atome civil en France: c’est la technologie Westinghouse qui a été utilisée pour démarrer la construction du parc nucléaire français au début des années 1970, avant d’être peu à peu «francisée».


source/ http://www.lefigaro.fr/societes/2017/03/30/20005-20170330ARTFIG00277-la-filiere-nucleaire-francaise-mutique-sur-la-faillite-de-westinghouse.php


WESTINGHOUSE (TOSHIBA) POURRAIT SE DÉCLARER EN FAILLITE MARDI

4/-Westinghouse : placement en faillite approuvé

  • Flash Eco

Par Le Figaro.fr avec Reuters
Mis à jour le 29/03/2017 à 06h45 | Publié le 29/03/2017 à 06h42

Le conseil d’administration de Toshiba a approuvé le placement sous le régime des faillites du groupe nucléaire américain Westinghouse Electric, a annoncé mercredi le gouvernement japonais.

Lors d’un point presse, le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a dit être au courant du projet de dépôt de bilan de Westinghouse. Cette procédure pourrait permettre à Toshiba de limiter ses pertes financières dues à Westinghouse, mis en difficulté par les dépassements de budget de deux projets en Géorgie et en Caroline du Sud.

Le groupe nucléaire va invoquer le Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites pour se protéger de ses créanciers, avait-on appris mardi de sources proches de Toshiba. Le service de presse de Toshiba s’est refusé à tout commentaire sur la réunion du conseil d’administration. La mauvaise santé financière de Westinghouse entrave les efforts de redressement de Toshiba plus d’un an après un scandale comptable au sein du groupe japonais.


source/  http://premium.lefigaro.fr/flash-eco/2017/03/29/97002-20170329FILWWW00026-westinghouse-placement-en-faillite-approuve.php


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5/-Plombé par deux centrales nucléaires aux États-Unis, Westinghouse dépose son bilan

Par Pierre-Yves Dugua
Mis à jour le 29/03/2017 à 08h06 | Publié le 28/03/2017 à 21h33

38 ans jour pour jour après la catastrophe de Three Mile Island, le nucléaire aux États-Unis reste maudit.

Le conseil d’administration de Toshiba a approuvé le placement sous le régime des faillites du groupe nucléaire américain Westinghouse Electric, rapporte mercredi le journal Nikkei, confirmant les informations de la presse américaine et japonaise qui parlait de l’imminence de l’annonce d’un dépôt de bilan de la filiale de Toshiba établie à Pittsburgh (Pennsylvanie). Westinghouse tente ainsi de limiter l’impact pour le géant japonais de sérieuses difficultés rencontrées lors de sa construction de deux centrales nucléaires. La première pour le compte de l’opérateur Scana à Summer en Caroline du sud et la seconde pour Southern Co. à Vogtle en Géorgie, ont accumulé plus de trois années de retard.

La nouveauté de la technologie et divers problèmes de construction ont déjà forcé Westinghouse à reconnaître une charge comptable de plus de 6 milliards de dollars en février. Le patron du groupe japonais a en outre démissionné alors que Toshiba s’est résolue à vendre un de ses joyaux: ses activités de semi-conducteurs.

En faisant appel à la protection du chapitre 11 du code des faillites, Westinghouse va engager des négociations complexes avec ses créanciers et ses clients. Les gouvernements du Japon et des États-Unis seront impliqués dans la mesure où les montants en jeu sont énormes. En outre le Département américain de l’énergie a prêté 2, 6 milliards de dollars à Southern Co. pour son projet. Si cette dernière devait abandonner le réacteur avant qu’il soit achevé, il lui faudra rembourser la somme à l’oncle Sam. «Nous allons exprimer discrètement au niveau de notre administration la préoccupation que si diverses choses venaient à mal se passer, nous avons potentiellement un problème de sécurité nationale dans cette affaire» indiquait mardi soir un responsable officiel américain.

Dommages et intérêts

Pour Scana les surcoûts de construction dépassent à ce jour 5 milliards de dollars, tandis que pour Southern Co. ils sont de plus de 3 milliards de dollars au delà du budget. Or il pourrait falloir dépenser 8, 5 milliards de dollars de plus pour achever les deux réacteurs. Les deux sociétés pourraient chacune décider d’en finir elles-mêmes la construction et exiger des dommages et intérêts à Westinghouse. L’abandon du chantier poserait problème dans la mesure où les coûts déjà engagés ne pourraient alors plus être pris en compte par l’exploitant dans ses tarifs. Selon la banque Morgan Stanley, ce seul risque représenterait plus d’un tiers des profits de Scana et 7% de ceux de Southern Co..

L’affaire apporte un argument de plus à ceux qui pensent que l’énergie nucléaire n’est plus viable pour des projets civils aux États-Unis. La forte chute des cours du gaz a rendu les turbines à gaz bien plus rentables que les centrales atomiques, alors que même que les coûts de construction, les délais d’autorisation, et les risques d’exploitation n’ont jamais été aussi dissuasifs.

Les réacteurs de Summer et Vogtle constituaient les premières commandes de centrales aux États-Unis depuis 1979. C’est en effet il y a 38 ans jour pour jour que la centrale de Three Mile Island en Pennsylvannie a frisé le «meltdown». La peur d’autres incidents, relancée par le drame de Fukushima en 2011, la réticence des banques privées à financer des projets aussi couteux et incertains et enfin la chute des prix de l’énergie fossile, ont plombé le secteur bien que l’Amérique compte encore 99 réacteurs nucléaires dans 30 États dont l’âge moyen dépasse 30 années. Le nucléaire, peu populaire aux États-Unis, représente néanmoins près de 19% de l’approvisionnement en électricité du pays.


source/  http://premium.lefigaro.fr/societes/2017/03/28/20005-20170328ARTFIG00361-plombe-par-deux-centrales-nucleaires-aux-etats-unis-westinghouse-depose-son-bilan.php


2017.04.02 Etats-Unis-Donald-Trump-veut-etoffer-l-arsenal-nucleaire-americain

6/-La faillite de Westinghouse apporte-t-elle de l’eau au moulin de Trump?

  • 30 mars 2017 08:20 Dominique Liesse

La filiale « nucléaire » du japonais Toshiba, Westinghouse, a déposé le bilan. Aux Etats-Unis, cette affaire assombrit l’avenir du nucléaire déjà confronté à la volonté du président de revenir aux énergies fossiles.

Le dépôt de bilan de Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, assombrit considérablement l’avenir du nucléaire aux États-Unis; et ce alors que l’administration Trump semble plus préoccupée de relancer le charbon comme source d’énergie.

« Cela pourrait être le coup de grâce » à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux États-Unis, estime Charles Fishman du cabinet d’analyse financière Morningstar.

Aux Etats-Unis, le nucléaire répond à 9% de la production d’énergie (et à 19% de celle d’électricité), loin derrière le gaz naturel (32%), le pétrole (28%) et le charbon (21%). Le secteur reste marqué par l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. À la suite d’une chaîne d’événements accidentels, le cœur d’un des réacteurs avait en partie fondu. Une faible quantité de radioactivité avait alors été relâchée dans l’environnement. Depuis cet incident, aucune centrale n’a été raccordée au réseau. Désormais, quatre réacteurs doivent entrer en service dans les prochaines années.

Effet domino

Cela n’empêche pas les États-Unis d’être encore le premier producteur d’énergie nucléaire au monde grâce aux investissements consentis dans les années 1960 et 1970 qui font que 99 réacteurs sont actuellement en fonctionnement, répartis sur une soixantaine de sites.

Mais avec le dépôt de bilan de Westinghouse, peu d’opérateurs ont maintenant les reins financiers assez solides pour se lancer dans la construction de nouvelles centrales. C’est d’ailleurs la mauvaise évaluation des coûts liés aux chantiers en cours qui a plombé en partie Westinghouse, racheté par Toshiba en 2006. Westinghouse doit achever deux d’entre eux, l’un en Caroline du sud et l’autre dans l’État voisin de Géorgie.

 

« Construire une centrale nucléaire est une entreprise très complexe et, historiquement, ce genre de projets a subi des changements en cours de réalisation, y compris des dépôts de bilan », souligne Maria Korsnick, la présidente du Nuclear Energy Institute, le lobby nucléaire aux États-Unis.

 L’organisation écologiste Greenpeace veut l’abandon de ces deux projets: « les réacteurs ne sont achevés qu’à 40% (Caroline) et 31% (Géorgie). Il n’y a aucune chance que ces projets soient terminés d’ici 2019/2020 comme prévu. Cela devrait plutôt être en 2025/2030 avec un coût annuel de 1,5 à 2 milliards de dollars. Arrêter les projets, qui dès le départ n’étaient pas viables, serait l’option la plus logique », affirme-t-elle.

Les prix de l’énergie en baisse depuis plusieurs années, non seulement ceux du pétrole mais aussi du gaz naturel qui a perdu aux États-Unis quelque 64% en dix ans, ne favorisent pas la production d’énergie nucléaire, qui reste chère et dont les coûts sont peu compressibles.

Un autre groupe américain, General Electric – aussi associé au géant japonais Hitachi – travaille sur des réacteurs de nouvelle génération qui pourraient entrer en service dans les années 2030. Mais il faudrait pour cela que les pouvoirs publics américains manifestent leur volonté de relancer ce mode d’énergie aux États-Unis ce qui est loin d’être le cas.

Nouvelles technologies

L’accident de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 n’a rien fait pour améliorer l’image du nucléaire aux États-Unis. Selon un sondage Gallup publié ce mois-ci, 46% des Américains seulement souhaitent un développement de l’énergie nucléaire, 50% s’y opposant.

construction de réacteurs plus petits utilisant de nouvelles technologies. Soutenue par des parlementaires tant républicains que démocrates, elle a été votée par la Chambre des représentants en janvier et attend maintenant d’être soumise au Sénat.

Selon le centre de réflexion American Action Forum, le coût des procédures administratives nécessaires pour obtenir le droit de construire un réacteur nucléaire aux États-Unis s’élève à 8,6 millions de dollars par an, la durée moyenne du traitement d’un dossier atteignant plus d’une dizaine d’années.

Le développement d’un nouveau cadre de régulations simplifiées pour des technologies nucléaires d’avant-garde pourrait contribuer à relancer l’industrie nucléaire aux États-Unis, estime le représentant Bob Latta, à l’origine de la loi actuellement soumise au Congrès.

Autre obstacle, si elle ne contribue pas au réchauffement climatique en ne dégageant pas de CO2, l’énergie nucléaire pose la question du stockage et du recyclage des déchets.

Donald Trump a relancé dans son projet de budget 2018 le financement pour un centre de stockage des déchets nucléaires à Yucca Mountain dans le Nevada. Ce projet languit depuis 30 ans, victime de l’opposition des environnementalistes et du sénateur local, Harry Reid, jusqu’à tout récemment chef des démocrates au Sénat.

C’est, jusqu’ici, le signe le plus tangible de l’intérêt de l’administration Trump pour le nucléaire et la ligne budgétaire n’est que de 120 millions de dollars.


source/ http://www.lecho.be/entreprises/energie/La-faillite-de-Westinghouse-apporte-t-elle-de-l-eau-au-moulin-de-Trump/9878256?ckc=1&ts=1491126524


2017.04.02 sondage-csa-greenpeace-nucleaire-france-dependance-diversification-sources-energie

7/-Le groupe nucléaire Westinghouse acculé à la faillite

29/03/2017 09:41 | Boursier | 156 | Aucun vote sur cette news

La filiale de Toshiba a déposé un dossier de Chapter 11, sans surprise…

Il n’y avait plus guère de suspense après les prises de positions récentes des dirigeants de Toshiba. La filiale nucléaire du groupe japonais, Westinghouse, a déposé un dossier de faillite auprès de la justice américaine ce matin. Elle demande à bénéficier de la procédure dite « Chapter 11 » de redressement des entreprises. Dans un communiqué diffusé ce matin, Westinghouse explique que cette décision va lui permettre une vaste restructuration, notamment pour faire face aux difficultés de ses projets américains avec le réacteur AP 1000. La société a obtenu un financement de 800 millions de dollars sous forme de prêt de débiteur exploitant pour lui permettre de protéger ses actifs clefs durant cette période. Il a en outre obtenu des arrangements concernant tous ses projets AP 1000, qui seront poursuivis. Les opérations de Westinghouse en Asie, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique ne sont pas concernées par la procédure.

Dans un communiqué distinct, la maison-mère Toshiba explique qu’elle apportera jusqu’à 200 M$ au financement précité. Les activités de Westinghouse seront déconsolidées en conséquence du « Chapter 11 ». Toshiba pourrait subir une perte allant jusqu’à 1.010 milliards de yens (environ 8,4 milliards d’euros) sur l’exercice 2016 au regard de la situation de la filiale.

Toshiba avait acquis Westinghouse en 2006, juste avant la crise financière. La société avait subi par la suite les conséquences de la catastrophe de Fukushima.

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source/ https://www.boursedirect.fr/fr/actualites/categorie/divers/le-groupe-nucleaire-westinghouse-accule-a-la-faillite-boursier-a56bca704027bcf56eb34c5b5194e1eac785001a


8/-NUCLÉAIRE : WESTINGHOUSE PROCHE DE LA FAILLITE

Nouvelles du monde

Toshiba ne trouve pas de repreneur pour sa filiale américaine confrontée à une série de déboires industriels. 24/03/2017

Onze ans après avoir pris le contrôle du fabricant américain de centrales nucléaires Westinghouse, Toshiba cherche à s’en séparer pour redresser une situation financière catastrophique en grande partie liée à ses déboires dans la construction de quatre réacteurs aux États-Unis. La vente de sa filiale – voire sa mise en faillite – préfigure peut-être la recomposition d’un secteur qui, à l’échelle mondiale, est toujours ébranlé par la catastrophe de Fukushima en mars 2011 et la concurrence d’autres sources de production d’électricité de plus en plus compétitives (gaz, éolien, solaire…).

L’hypothèse n’est désormais plus taboue : Westinghouse peut être placée rapidement sous la protection du chapitre XI de la loi américaine sur les faillites, qui permettrait sa restructuration. « Toutes les hypothèses sont envisageables », indiquait mi-mars le PDG de Toshiba, Satoshi Tsunakawa.

Jeudi 23 mars, le groupe a fait un pas de plus en mettant la pression sur le « board » de sa filiale américaine : « C’est fondamentalement une décision du conseil d’administration de Westinghouse. » Le titre a immédiatement gagné 7,8 % à la Bourse de Tokyo.

Dépréciations d’actifs importantes

Cette opération est le seul moyen pour Toshiba, selon certains analystes financiers, d’éviter d’autres pertes dans ses activités nucléaires américaines, le conglomérat souhaitant rester sur le marché japonais et abandonner les grands projets à l’international. Ses chantiers nucléaires aux États-Unis accusent une dérive des coûts et du calendrier – tout comme en Chine. De plus, Toshiba a découvert, mi-mars, de graves irrégularités dans l’acquisition par Westinghouse, fin 2015, du constructeur de réacteurs américain CB & I Stone & Webster. Un nouveau coup dur qui survient après la mise à jour en 2015 de falsifications comptables durant sept ans, au Japon cette fois.

Pour ses activités nucléaires aux États-Unis, Toshiba va devoir inscrire d’importantes dépréciations d’actifs, qu’il chiffre aujourd’hui à 5,8 milliards d’euros en attendant l’audit final de ses commissaires aux comptes. Le groupe se prépare, avec des conseillers et des avocats, à la faillite de Westinghouse, même si 80 % de l’activité de la filiale américaine provient d’activités moins cycliques que la construction de nouveaux réacteurs (maintenance de centrales, équipements, gestion du combustible nucléaire…). De leur côté, Scana Corp et Southern Co, les deux clients de Westinghouse pour les centrales de Géorgie et de Caroline du Sud, ont recruté leurs propres task forces de juristes, selon l’agence Reuters.

Pour l’instant, on ne se précipite pas pour racheter Westinghouse, l’un des plus beaux fleurons du patrimoine industriel américain depuis sa création en 1886. Les dirigeants de Toshiba ont un temps caressé un espoir : Kepco. L’électricien public sud-coréen a de grandes ambitions internationales depuis qu’il a remporté un contrat aux Émirats arabes unis (20 milliards de dollars, soit 18,5 milliards d’euros), en 2009, à la barbe d’une « équipe de France » menée par Areva. Las, le patron de Kepco, Cho Hwan-eik, a déclaré, mercredi 22 mars, qu’il n’a « aucun projet d’acquisition de la part de Toshiba », qui détient 87 % de Westinghouse.

Défiance généralisée

Les deux autres géants nippons du secteur n’auraient pas non plus marqué de signes d’intérêt. Hitachi a créé une coentreprise avec l’américain General Electric et Mitsubishi Heavy Industries a un partenariat important avec la filière nucléaire française (Areva-EDF), notamment dans le développement de l’Atmea, un réacteur de 1 100 mégawatts (MW) concurrent de l’AP1000 de Toshiba-Westinghouse. Quant au russe Rosatom ou aux chinois CNNC et CGN, on voit mal l’administration Trump leur ouvrir un secteur aussi sensible que le nucléaire civil, même si Washington avait accepté en 2006 que Westinghouse transfert toute la technologie de l’AP1000 à Pékin.

Cette défiance généralisée n’est pas de bon augure pour le nucléaire civil, devenu une industrie à très haut risque. Puissamment soutenus par leurs gouvernements, Rosatom, CGN, CNNC et Kepco sont à l’offensive dans le monde, poussant leurs pions en Turquie, en Égypte, en Afrique du Sud ou en Arabie saoudite, mais aussi en Asie et en Amérique latine. Ces groupes publics veulent aussi pénétrer en Europe de l’Ouest. Leur porte d’entrée est le Royaume-Uni, où trois consortiums prévoient de mettre en service une dizaine de réacteurs (16 000 MW au total) dans les quinze prochaines années.

Le consortium nippo-français NuGen créé par Toshiba (60 %) et Engie (40 %) devait installer trois réacteurs AP1000 : le premier a jeté l’éponge, le second s’apprête à le faire. Kepco négocie activement la reprise de la part du conglomérat japonais dans ce projet de 3 800 MW, a reconnu son PDG.

Restent Horizon Nuclear Power, détenu par Hitachi, et le partenariat franco-chinois EDF-CGN, qui a débuté la construction de deux EPR sur le site de Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Article de Jean-Michel Bezat


source/ https://savoie-antinucleaire.fr/2017/03/24/nucleaire-westinghouse-proche-de-la-faillite/