1708 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 23 mars 2017

SUJETS TRAITES

1

 – Sur l’assassinat de Denis Voronenkov, ancien député de la Douma d’État de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie

2

 – Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Angelino Alfano, Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

3

– Sur la réunion du Conseil de tutelle du Fonds de soutien de la diplomatie publique Gortchakov sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

4

 – Sur les consultations interministérielles russo-turques sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé

5

 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

6

 – Sur le passage sous silence de la situation à Mossoul par les médias occidentaux

7

 – Concernant la situation sur la péninsule de Corée

8

 – Sur l’approbation par la Commission des stupéfiants de l’Onu (CND) de l’initiative russe de former des responsables antidrogue

9

 – Sur la publication, sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, des recommandations sur les normes de conduite dans différents pays

10

 – Sur les persécutions de citoyens monténégrins prônant le renforcement des liens avec la Russie

11

 – Sur la nouvelle campagne antirusse des médias occidentaux concernant la Coupe du monde de football 2018

QUESTIONS DE LA PRESSE

1

-Question: La CNN affirme qu’il existait un accord entre les hommes de Vladimir Poutine et ceux de Donald Trump pour « attaquer » Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle américaine. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

2

Question: D’après le Département d’État américain, les USA, soutenus par la coalition qu’ils dirigent en Irak, ont libéré plus de 60% du territoire contrôlé par Daech dans ce pays et 30% en Syrie. Le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré que grâce à la coalition le flux de djihadistes étrangers s’était réduit de 90%. Que pensez-vous des succès de la coalition menée par les USA? Que pensez-vous de leur idée  de créer des zones de sécurité?

3

– Question: Que pouvez-vous dire de la convocation du chargé d’affaires russe à Ankara par le Ministère des Affaires étrangères de la Turquie concernant le meurtre d’un soldat turc, selon certaines informations, par un tireur d’élite kurde?

4

 – Question: Que pouvez-vous dire de la signature, par la Pologne, d’un contrat avec l’ex-premier procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye Luis Moreno Ocampo? Conformément à ce contrat il doit aider à faire rapatrier en Pologne les débris de l’avion qui s’est écrasé près de Smolensk en 2010. Jugez-vous adéquate une telle approche des autorités polonaises?

5

 – Question: Comment envisagez-vous le développement des relations diplomatiques Russie-USA compte tenu du « climat » actuel à Washington? Êtes-vous prête à confirmer que le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson se rendra à Moscou en avril?

6

 – Question: Vous avez dit que quatre questions étaient évoquées à Genève: l’administration, la Constitution, la lutte contre le terrorisme et les élections. Évoquera-t-on la proposition russe de projet de Constitution syrienne? A Astana la Russie a proposé de créer un groupe de travail pour sa préparation. Cette proposition sera-t-elle inscrite à l’agenda des négociations de Genève? Sergueï Lavrov disait hier que la Russie et la Turquie allaient essayer de trouver des solutions pour faire participer les Kurdes aux négociations de Genève. Les Kurdes participeront-ils à ces pourparlers? Pendant la réunion, aux USA, des 68 pays membres de la coalition, le plan de création de zones de sécurité en Syrie et en Irak annoncé plus tôt par les USA a été confirmé. Que pense la Russie de cette initiative?

7

 – Question: Pour continuer sur le thème syrien, pouvez-vous dire s’il existe des indicateurs mesurables qui permettraient de savoir si les efforts diplomatiques du Ministère russe des Affaires étrangères et par d’autres voies pour régler le conflit syrien atteignent leur but?

8

 – Question: Après l’assassinat de l’ex-député de la Douma d’État Denis Voronenkov, les autorités ukrainiennes puis les médias occidentaux ont commencé à accuser la Russie du meurtre en désignant comme commanditaire une mythique « main du Kremlin ». Que pouvez-vous dire au sujet de ces déclarations?

9

 – Question: Le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson s’est déjà rendu au Japon et en Corée du Sud où il s’est exprimé au sujet des essais de missiles en Corée du Nord. Il a déclaré qu’aucune négociation n’aurait lieu à cause de cette politique agressive de la Corée du Nord en matière d’essais balistiques nucléaires. Il a également déclaré qu’il n’écartait pas une intervention militaire américaine en cas de menace pour les alliés – le Japon et la Corée du Sud. Que pouvez-vous dire de ses propos?

10

 – Question: Le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré que les relations entre la Russie et la Turquie étaient rétablies, que les différends avaient été surmontés et que les pays coopéraient pour le règlement des problèmes au Moyen-Orient. De son côté, comment le Ministère russe des Affaires étrangères évalue-t-il le niveau actuel des relations avec Ankara?

11

 – Question: Deux patriotes bulgares vivent en Russie, sont des personnalités culturelles et des artistes populaires ici – Philippe et Bedros Kirkorov. En trente ans ces patriotes bulgares n’ont pas reçu la moindre récompense de la Bulgarie. Cette question s’adresse probablement davantage aux autorités bulgares. Bedros Kirkorov est le premier à avoir interprété la chanson Aliocha en Russie. J’espère que les autorités bulgares se reprendront.

12

 – Question: Notre agence de presse en Bulgarie a été attaquée par d’autres médias. Nous avons été accusés de faire de la « propagande poutinienne » alors que Media Most Bulgarie est une petite agence de presse.  Nous travaillons avec toutes les agences de presse ouvertes. Nous essayons de rapporter des informations sur les événements en Syrie. J’ai risqué ma vie en passant un mois en Irak près de Mossoul. J’ai rapporté de nombreuses informations et des reportages mais malheureusement personne ne s’y est intéressé. Mes partenaires bulgares représentant Media Most en Bulgarie sont victimes d’attaques. Mais ce n’est pas tout. Des vandales ont profané dans un cimetière la tombe du père de mon partenaire, et nous sommes censés faire partie de l’Union européenne! S’il y a des journalistes étrangers présents ici, je voudrais leur demander comment ils se sentiraient si quelqu’un profanait la tombe de leur père.

13

 – Question: Je voudrais ajouter que je n’ai jamais rien vu de comparable qu’en Syrie, où on traitait ainsi les cimetières chrétiens.

14

 – Question: Une conférence sur le processus de paix afghan se tiendra en avril à Moscou. Est-ce que la Russie salue la participation des talibans à cet événement?

15

 – Question: La Russie compte-t-elle prendre des mesures pour protéger la veuve de feu le député de la Douma d’État Denis Voronenkov?

 

23 mars 201718:09

2017.03.30  Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangèresБрифинг (4).jpg

1 – Sur l’assassinat de Denis Voronenkov, ancien député de la Douma d’État de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie

Moscou est sous le choc après la nouvelle de l’assassinat de Denis Voronenkov, ancien député de la Douma d’État de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, commis aujourd’hui jeudi 23 mars dans le centre de Kiev.

  • Les informations disponibles actuellement permettent de supposer qu’il s’agit d’un assassinat commandité qui revêt tous les signes d’un acte « pour l’exemple ».
  • Immédiatement après la publication dans les médias d’informations sur cet assassinat, Moscou espérait que les forces de l’ordre ukrainiennes parviendraient à élucider ce crime, à identifier ses commanditaires et, bien sûr, ses exécutants sans politisation et en s’appuyant sur des informations objectives.
  • Mais quand le Président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que cet assassinat était un « attentat de Moscou », nous avons compris que l’enquête serait impartiale et objective.
  • Cela ne fait aucun doute. Le « régime-tueur », comme on l’appelle déjà, fera visiblement tout cette fois également pour que personne n’apprenne jamais la vérité sur ce qui s’est passé à Kiev.

Nous présentons nos condoléances aux parents et aux proches de Denis Voronenkov.

2 – Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Angelino Alfano, Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

Angelino Alfano, Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, est attendu en Russie pour une visite de travail le 27 mars à l’invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ce sera son premier déplacement à Moscou en cette qualité depuis la formation du nouveau gouvernement italien en décembre 2016.

Les ministres évoqueront l’état et les perspectives des relations russo-italiennes dans le domaine politique, économique, scientifique et technique. Une attention particulière sera accordée à l’intensification de la coopération qui se développe avec succès dans le domaine de la culture, de l’éducation et entre les sociétés civiles de nos deux pays.
Les diplomates aborderont les problèmes internationaux centraux, notamment la situation en Syrie, en Libye et en Ukraine, la lutte contre le terrorisme international, la coopération avec l’Italie au Conseil de sécurité des Nations unies et les relations entre la Russie et l’UE.

Pendant son séjour à Moscou le Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Angelino Alfano, en tant que coprésident du Conseil russo-italien pour la coopération économique, industrielle, monétaire et financière, s’entretiendra avec le Vice-premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch. Il est prévu d’évoquer le déroulement de la mise en œuvre des décisions prises pendant la 14e réunion du Conseil à Rome le 5 octobre 2016, notamment les mesures pour surmonter les tendances négatives dans le commerce entre les deux pays.

3- Sur la réunion du Conseil de tutelle du Fonds de soutien de la diplomatie publique Gortchakov sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Le Conseil de tutelle du Fonds de soutien de la diplomatie publique Gortchakov se réunira le 29 mars sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour faire le bilan de l’activité de l’organisation en 2016, ainsi que pour fixer ses principaux axes de travail à court terme.

Je voudrais rappeler que le Fonds Gortchakov a été fondé à l’initiative du Ministère russe des Affaires étrangères (cofondateur) en 2010 par une directive du Président russe visant à soutenir la diplomatie publiqueà contribuer à la participation d’ONG russes à la coopération internationale et à impliquer activement les institutions de la société civile dans la politique étrangère.

4 – Sur les consultations interministérielles russo-turques sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé

Alors que les relations russo-turques se normalisent, la reprise du dialogue sur le thème d’actualité pour le monde entier et pour nos deux pays que représente la lutte contre le terrorisme fait partie intégrante de l’agenda bilatéral. Notamment compte tenu du rôle important joué par la Russie et la Turquie dans le contexte des processus très complexes qui se déroulent au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avant tout par rapport au conflit en Syrie et à la lutte contre Daech.

Le prochain cycle de consultations interministérielles russo-turques sur la lutte contre le terrorisme et le crime organisé aura lieu le 29 mars à Moscou sous l’égide des ministères des Affaires étrangères des deux pays. Je rappelle que les consultations précédentes s’étaient déroulées à Ankara en octobre 2016.

La délégation russe, qui s’inscrira dans un large cercle de représentants des ministères compétents, sera présidée par le Vice-ministre russe des Affaires étrangères Oleg Syromolotov.

5 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

Le prochain cycle de négociations inter-syriennes sur la base de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies commence jeudi 23 mars à Genève sous l’égide de l’Onu.

Les délégations du gouvernement syrien et des groupes de l’opposition syrienne invités par l’Onu poursuivront les consultations conformément à l’agenda préalablement convenu, qui inclut la formation d’une administration digne de confiance, inclusive et hors confessionnelle, l’élaboration d’une nouvelle Constitution, l’organisation d’élections conformément à la Constitution, la lutte contre le terrorisme et d’autres questions d’actualité.

Selon nous, ce thème est prioritaire car le terrorisme, au vu des dernières exactions des terroristes dans les banlieues de Damas et dans la province de Hama, reste le principal obstacle à la paix en Syrie.

Les décisions qui seront prises dans le cadre du processus de paix doivent être mises au point par les Syriens eux-mêmes et être adoptées par toutes les forces politiques, ethniques et confessionnelles du pays.

Dans le cas contraire il y aurait un grand risque de désintégration de l’État, c’est-à-dire de son effondrement.

Nous saluons la disposition constructive de Damas à aboutir à des résultats concrets pendant les négociations de Genève. Nous espérons que les représentants de l’opposition syrienne feront également preuve d’un nouveau niveau de disposition à la conciliation, et surtout – de leur attachement à l’établissement de la paix et de l’ordre sur le territoire syrien.

Malheureusement, force est de constater – et c’est évident – que tout le monde ne se réjouit pas de voir que le processus de paix n’est plus au point mort.

Nous constatons régulièrement des tentatives d’influence destructive sur son déroulement du côté de certains représentants de l’opposition qui continuent d’avancer différentes conditions préalables frôlant l’ultimatum. On ne cesse pas d’alimenter les terroristes en armes et en munitions, en nouveaux membres de groupes criminels, et surtout en argent provenant de l’étranger.

Moscou est déçu par la position de ses partenaires occidentaux au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le refus de condamner les attentats sanglants de Damas en mars, le passage sous silence de ces événements ainsi que l’usage d’armes chimiques par les terroristes de Daech en Syrie et en Irak témoignent de la réticence à adopter des mesures efficaces pour maîtriser la menace terroriste qui reste très élevée.

Du 19 au 21 mars, les terroristes du Front al-Nosra ont commis plusieurs exactions dans les banlieues de Damas. Il est évident que ces agissements n’avaient aucune justification militaire. C’est un autre objectif qui était visé:

compliquer au maximum la situation, saper les efforts entrepris avec la contribution du Centre russe de réconciliation des belligérants en Syrie pour renforcer le cessez-le-feu dans la Ghouta orientale, empêcher la réalisation du plan de pacification locale dans les banlieues Barze et Kabun de la capitale syrienne.

Les terroristes s’étaient sérieusement préparés à cette attaque. Nous avons noté les propos de l’un des chefs de Nosra, surnommé Abu-Jaber, qui promettait pendant sa déclaration à l’occasion du 6e anniversaire de la « révolution » célébré par les opposants le 15 mars, d’intensifier la lutte contre les forces gouvernementales « sur tous les fronts » et menaçait d’organiser de nouveaux attentats de grande ampleur.

L’armée syrienne a opposé une résistance digne aux terroristes.

Hélas, tout le monde ne souhaite pas la paix en Syrie. Néanmoins nous continuons, de notre côté, de travailler à Astana, à Genève et sur d’autres plateformes pour se rapprocher de la paix tant attendue à travers le processus de paix et l’élimination du foyer terroriste sur le territoire de la Syrie amicale.

6 – Sur le passage sous silence de la situation à Mossoul par les médias occidentaux

Je voudrais souligner ce dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises au sujet de la situation à Mossoul et de sa couverture médiatique par la presse, les institutions publiques et les représentants officiels occidentaux.

Malheureusement, en lisant les médias occidentaux mainstream, on a l’impression que des civils et des enfants n’ont été tués que dans certaines villes, notamment à Alep.

Aucun média occidental ne « creuse » ce qui se passe à Mossoul. Il s’avère qu’en réalité cette situation est encore pire. Il ne faut pas creuser, il ne faut pas taire et ne pas passer à côté notamment des histoires comme la tragédie de Havra, fillette de cinq ans, qui a été grièvement blessée à Mossoul pendant les frappes de la coalition menée par les USA.

Il n’y a pas d’images ni de portraits de cette enfant entre les mains des politologues, journalistes et analystes occidentaux de premier plan.

Son nom et les images d’elle n’ont pas fait le tour des conférences de presse des capitales occidentales. Comme si elle n’existait pas, même si on pose des questions à son sujet. Mais même dans leurs réponses les représentants occidentaux cherchent à « minimiser l’effet médiatique », comme ils disent.

7 – Concernant la situation sur la péninsule de Corée

Nous suivons attentivement l’évolution de la situation sur la péninsule de Corée, qui s’aggrave de plus en plus ces derniers temps – à notre plus grand regret – après les essais balistiques en Corée du Nord et les exercices militaires d’envergure pour travailler les opérations offensives contre la Corée du Nord dans le cadre des alliances militaro-politiques américano-centriques en Asie du Nord-Est.

Le renforcement continu de la présence des USA dans la région, y compris le déploiement en Corée du Sud des complexes THAAD de l’ABM, est un sérieux facteur de déstabilisation.

A cet égard, la tâche de réduire l’activité militaire dans la région devient de plus en plus pertinente. Nous trouvons inadmissible de profiter de cette situation pour poursuivre des avantages militaires unilatéraux et renflouer la région en nouveaux armements.

Nous sommes certains que l’avancement vers la paix et la stabilité en Asie du Nord-Est est impossible sans un règlement global des problèmes existants par les seuls moyens possibles, c’est-à-dire politiques et diplomatiques, en tenant compte des préoccupations de toutes les parties impliquées.

Nous ne voyons pas d’alternative à la recherche collective d’une nouvelle stratégie constructive pour sortir de cette impasse dans le cadre de la détente militaro-politique générale et du démantèlement de l’architecture conflictuelle dans la région.

Une formulation compliquée? Je ne pense pas, car même si elle est « enveloppée » dans le langage et les phrases diplomatiques elle reflète notre position continuelle à ce sujet dont nous avons fait part à différentes occasions à nos partenaires.

A ces fins, la Russie est prête à la coopération la plus étroite avec tous les États intéressés.

8 – Sur l’approbation par la Commission des stupéfiants de l’Onu (CND) de l’initiative russe de former des responsables antidrogue

La 60e session de la CND s’est déroulée à Vienne du 13 au 17 mars.

Pour la délégation interministérielle russe dirigée par le Vice-ministre russe des Affaires étrangères Oleg Syromolotov, ce rendez-vous marquait une étape.

  • Tout d’abord, il s’agissait de la première réunion conjointe sous l’égide de la Commission des États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de la direction de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour évoquer les principaux axes de construction et de réalisation de la stratégie globale de lutte contre la drogue.
  • De plus, à Vienne, les États membres de l’OTSC ont fait une déclaration spéciale pour exprimer leur disposition solidaire à accroître la coopération contre la menace transfrontalière de drogue, y compris sur le plan afghan.

Dans le cadre de la session de la Commission, le projet de résolution préparé par la délégation russe intitulé « Renforcement du potentiel de la police, des organismes transfrontaliers et d’autres services compétents afin de combattre le trafic de drogue en formant des responsables antidrogue » a été adopté à l’unanimité.

Cette résolution, qui repose sur l’expérience russe de formation des policiers des brigades de lutte contre les stupéfiants dans les pays d’Asie centrale, en Afghanistan et au Pakistan, apporte une contribution importante à la mise en œuvre pratique des décisions prises en 2016 à New York pendant la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial des drogues.

Au cours de son mandat actuel de quatre ans au sein de la Commission, la Russie a avancé plusieurs initiatives largement approuvées visant à renforcer les idéaux olympiques et sportifs dans la lutte contre la drogue, la création d’un réseau de consultations scientifiques pour trouver les moyens les plus efficaces de lutter contre les drogues, ainsi que la lutte contre les flux financiers illégaux liés au trafic de drogue.

Nous espérons que la contribution de la Russie au renforcement de la coopération antidrogue internationale permettra de poursuive la participation à part entière de notre pays à l’activité de la CND à l’issue des élections au sein de cet organisme interétatique en avril pendant la session du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC).

9 – Sur la publication, sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, des recommandations sur les normes de conduite dans différents pays

Je voudrais attirer l’attention sur ce point qui intéressera nos citoyens qui partent à l’étranger, les agences touristiques et les touristes.

  • Notre ministère a pour priorité permanente d’assister les citoyens russes qui partent à l’étranger ou s’y trouvent pour des séjours de courte ou de longue durée.
  • Dans ce contexte, les spécialistes du Ministère russe des Affaires étrangères se sont demandé comment empêcher les malentendus et les incidents indésirables avec la population de différents pays.
  • A l’aide de ses ambassades, la Fédération de Russie a effectué un travail d’envergure dans différents pays pour recueillir et analyser les informations sur les gestes indésirables et les normes de conduite à l’étranger – en d’autres termes ce qu’il faut éviter de faire dans différents pays où les paroles, les expressions et les gestes qui paraissent inoffensifs chez nous peuvent être mal pris, voire susciter une réaction hostile compte tenu des traditions d’une région ou d’un pays donné.
De ce travail a découlé un recueil de recommandations que le Ministère a publié sur internet. Il est question aussi bien de conseils très généraux dans différents secteurs (la vie religieuse, la communication quotidienne, les contacts informels, etc.) que de particularités de conduite de différents groupes de population ou nations.
  • Toutes ces recommandations peuvent être consultées sur le site du département Centre de situations de crise (sos.mid.ru) dans la rubrique « A l’attention des touristes ».
  • Vous trouverez toutes les informations qui vous intéressent dans les fiches sur les pays concrets.
  • Nous reprendront également cette information sur les sites consulaires.
  • Nous préconisons à tous ceux qui partent à l’étranger d’en prendre connaissance, qui plus est en prévision de la saison des vacances.
  • Du point de vue cognitif vous trouverez beaucoup d’informations utiles.
Comme toujours, j’appelle tous ceux qui ne trouveront pas les informations nécessaires ou identifieront des passages discutables à nous écrire – vous savez comment faire: par courrier électronique ou sur les réseaux sociaux, dont les adresses sont disponibles sur notre site. Nous apporterons volontiers les mises à jour nécessaires. Nous apporterons également des changements si vous trouverez des informations inexactes. Nous sommes ouverts au dialogue à ce sujet. Bien sûr, je voudrais également attirer l’attention des blogueurs sur cette rubrique. Nous attendons une réaction étincelante.

10 – Sur les persécutions de citoyens monténégrins prônant le renforcement des liens avec la Russie

Nous avons pris connaissance du verdict de la Cour suprême de Podgorica à l’encontre d’Orhan Sahmanovic, président de la municipalité monténégrine de Plav et membre du parti bosniaque.

  • Selon nous, cette affaire illustre une fois de plus que la justice « monténégrine » est très sélective et qu’elle est essentiellement un outil de lutte politisée contre la dissidence plutôt que contre la corruption et le crime.
  • On constate les signes clairs de persécutions judiciaires et de procès politiques contre les Monténégrins qui prônent, entre autres, le renforcement des liens avec la Russie. C’est une pratique vicieuse.
Il y a deux mois Orhan Sahmanovic, président de la municipalité de Plav, se trouvait en République tchétchène avec les leaders du Front démocrate Andrija Mandic et Milan Knezevic, qui sont accusés actuellement par le Parquet monténégrin d’implication dans une prétendue tentative de coup d’État, pour établir des liens de jumelage entre les deux régions et renforcer les contacts amicaux entre les peuples de nos pays. On se demande si cela n’a pas donné une impulsion supplémentaire au dossier de routine qui était entre les mains de la Thémis monténégrine depuis 2014.

Beaucoup de questions se posent sur la disproportion entre le préjudice de quelques milliers d’euros infligé par le fonctionnaire et la sentence d’un an de prison prononcée à son encontre. On sait que ces dernières années, la justice monténégrine avait notamment condamné un haut fonctionnaire du parti au pouvoir à seulement deux ans d’assignation à résidence pour le vol de plusieurs millions d’euros. Sur ce fond, l’affaire d’Orhan Sahmanovic est un exemple flagrant de la nature fantoche de la justice monténégrine.

11 – Sur la nouvelle campagne antirusse des médias occidentaux concernant la Coupe du monde de football 2018

La campagne antirusse des médias occidentaux entre dans une nouvelle phase, cette fois autour de la Coupe du monde de football 2018.

  • On se souvient encore des insinuations de la presse occidentale concernant la « mauvaise organisation » des Jeux olympiques de Sotchi, l' »échec absolu » prédit bien avant que les sportifs et les invités n’arrivent à Sotchi et ne voient tout de leurs propres yeux.
  • Nous nous souvenons de la « campagne de communication noire » lancée en prévision des JO de Sotchi, de celle sur de prétendus abus de dopage par les sportifs russes, et ainsi de suite.

La nouvelle commande activement prise en charge aujourd’hui porte sur la Coupe du monde de football 2018.

  • Prochainement nous assisterons à des agissements actifs du monde occidental en ce sens, qui entreprendra de sérieuses démarches vis-à-vis de cet événement organisé en Russie.
  • Bien sûr, leur but consiste à le faire échouer.
  • Tous les moyens médiatiques seront utilisés, nous constaterons des tentatives d’influence sur l’opinion publique, il y aura différentes surprises.
  • Le hashtag #onlesavait (pour « le ministère des Affaires étrangères le savait ») reste donc malheureusement d’actualité.

A l’étape actuelle, les médias engagés tentent de tout faire pour nuire à l’image des organisateurs de la Coupe du monde de football.

  • La chaîne britannique BBC a récemment diffusé le film L’armée de hooligans russes consacré aux supporters de football.
  • Nous avons donné une appréciation à ce « blockbuster ».
  • Puis les médias britanniques ont « échauffé les esprits » en prévision du match en 8e de finale de la Ligue Europa entre Rostov et Manchester United: récemment la revue britannique Mirror a publié un reportage sur la prétendue préparation, en Russie, de groupes de combat de supporters visant à provoquer des bagarres avec des étrangers.

Je n’arrive pas à comprendre quel est le but de ces insinuations. Ils pensent que nous ne les voyons pas et que cela ne révélera pas les éléments d’une même campagne?

Il est possible que nous ne voyions pas aujourd’hui le document complexe élaboré par les pays occidentaux concernant le lancement de cette campagne médiatique. Mais à terme, toutes ces choses font surface. Il est évident, même sans la publication de documents témoignant clairement du lancement d’une campagne médiatique, qu’on établit une ligne mainstream très nette, qui plus est commandée et financée car la réalisation de tels films est onéreuse. D’un film à l’autre, d’un article à l’autre et d’un sujet à l’autre on reprend toujours les mêmes thèses.

Une fois de plus nous nous hâtons de décevoir ces équipes de propagande qui préparent cette boue médiatique. Les médias ont déjà démenti ces reportages. Vous avez déjà vu que l’auteur avait fait passer les combats organisés pendant le Mardi Gras devant le Kremlin d’Izmaïlovo pour un entraînement des « ultras », et les « habitants effrayés » étaient les mamies du marché Vernissaj situés à proximité.

En principe, à quelque chose malheur est bon. Nous invitons donc tous ceux qui viendront assister à ce rendez-vous sportif à visiter le Kremlin d’Izmaïlovo et la foire Vernissaj d’art populaire et décoratif appliqué. Vous verrez vous-mêmes comment on prépare les ultras et les hooligans, et par la même occasion vous achèterez des souvenirs. Peut-être reconnaîtrez-vous quelqu’un parmi les figurants des reportages de médias britanniques.

Puisque le Royaume-Uni s’est tellement investi dans cette campagne en remettant en question l’hospitalité russe traditionnelle, je voudrais suggérer aux ultras étrangers, et notamment de ce pays, d’être plus attentifs, de ne pas préparer à la hâte toutes ces histoires et d’écouter simplement l’avis de leurs compatriotes qui n’ont pas eu peur, malgré vos intimidations,

je m’adresse aux médias britanniques, de se rendre en Russie en mars 2017.

« Merci beaucoup au club Rostov et à ses supporters pour leur accueil chaleureux », est-il écrit sur la page Twitter officielle de Manchester United. « Les craintes des supporters anglais qui ont assisté à ce match n’étaient pas justifiées », a dû reconnaître la chaîne Sky News.

Même la BBC a rapporté que les « hôtes avaient réservé un accueil chaleureux aux supporters de Manchester United ». Dans le sens propre du terme. Vous savez que des bénévoles distribuaient des couvertures à cause de notre climat austère – contrairement à notre hospitalité.

Avant de préparer toutes ces absurdités incroyables en prévision de la Coupe du monde de football 2018, vérifiez simplement l’information, n’utilisez pas seulement les sources mainstream mais également la situation concrète, la logique. Tout cela est démenti, remonte à la surface et il devient tout simplement honteux de lire ces fausses informations.

 

Réponses à la presse:

1-Question: La CNN affirme qu’il existait un accord entre les hommes de Vladimir Poutine et ceux de Donald Trump pour « attaquer » Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle américaine. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Chaque fois, nous parlons de CNN. Cela devient un lieu commun autant qu’une sorte de moment de vérité pour ses collaborateurs. Nous connaissons les préférences politiques de CNN et celles du personnel de cette chaîne. Une limite claire doit être établie entre, d’un côté, la position civile, l’activité électorale, et de l’autre la propagande et la participation à la bataille politique intérieure qui sape les fondements démocratiques d’un État qui a proclamé qu’il porterait la démocratie jusqu’au moindres recoins de la planète. Ce qui se passe témoigne clairement de l’engagement, du parti pris et parfois de l’implication directe des médias dans les jeux et le chantage politiques. Ce n’est même plus un jeu: c’est du chantage. Évidemment tout cela porte grandement atteinte aux fondements démocratiques.

Pendant de longues années les USA furent un exemple, un modèle de système démocratique. Ce qui se passe actuellement aux États-Unis porte sérieusement atteinte aux valeurs démocratiques. Pourquoi la CNN et d’autres médias se lancent-ils sans peur dans un tir à la corde politique? Cette question est à adresser à ces médias, pas à nous. C’est très difficile à comprendre. Les individus, les organisations et les médias travaillent de longues années pour se faire une réputation. Le plus important est de gagner la confiance – qu’on peut, par contre, perdre très rapidement. La confiance envers CNN a été sapée depuis longtemps et aujourd’hui, on voit que les médias en général l’ont perdue. C’est une tendance très dangereuse.

2- Question: D’après le Département d’État américain, les USA, soutenus par la coalition qu’ils dirigent en Irak, ont libéré plus de 60% du territoire contrôlé par Daech dans ce pays et 30% en Syrie. Le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson a déclaré que grâce à la coalition le flux de djihadistes étrangers s’était réduit de 90%. Que pensez-vous des succès de la coalition menée par les USA? Que pensez-vous de leur idée  de créer des zones de sécurité?

Réponse: En ce qui concerne les progrès sur le terrain, c’est aux experts militaires de donner leur appréciation. Du point de vue politique (et nous en parlons constamment) il faut penser précisément à ce sur quoi les USA appelaient à réfléchir – quel est le prix de ces succès, de la lutte contre le terrorisme et quelles sont les pertes civiles. L’exemple de Mossoul témoigne d’une cruauté sans précédent, d’une tragédie pour la population civile, notamment les femmes et les enfants. La nécessité de lutter contre le terrorisme ne fait aucun doute mais la population civile ne doit pas être oubliée. Le sort de chaque individu doit rester prioritaire. Je pense que les représentants américains doivent relire leurs propres thèses et déclarations de septembre-octobre 2016, et se baser sur les conseils qu’ils donnaient alors au monde entier.

3 – Question: Que pouvez-vous dire de la convocation du chargé d’affaires russe à Ankara par le Ministère des Affaires étrangères de la Turquie concernant le meurtre d’un soldat turc, selon certaines informations, par un tireur d’élite kurde?

Réponse: Je peux dire que le chargé d’affaires russe Sergueï Panov a été invité par nos collègues turcs pour évoquer la situation actuelle qui, dans le contexte du processus de paix syrien, reste complexe. Comme vous le savez, la Turquie fait partie de nos principaux partenaires dans le processus de paix syrien. Je voudrais rappeler que les questions portant sur les aspects militaires doivent être adressées directement au Ministère de la Défense – quel que soit le contexte.

4 – Question: Que pouvez-vous dire de la signature, par la Pologne, d’un contrat avec l’ex-premier procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye Luis Moreno Ocampo? Conformément à ce contrat il doit aider à faire rapatrier en Pologne les débris de l’avion qui s’est écrasé près de Smolensk en 2010. Jugez-vous adéquate une telle approche des autorités polonaises?

Réponse: Je n’ai pas connaissance de telles informations. J’interrogerai nos experts pour préparer un commentaire à ce sujet.

La Pologne est un pays libre, un État souverain qui a le droit d’entreprendre de telles démarches. La question pourrait être de savoir ce que veut la Pologne de la Russie au sujet des débris de l’avion. Vous savez que même au cours de nos conférences de presse (sans parler d’autres déclarations et interviews) et des contacts bilatéraux avec nos homologues polonais nous avons toujours dit que tout ce qui concernait cette tragédie était accessible à la partie polonaise pour une étude complète. Nous les avons appelés plusieurs fois à venir en Russie quand ils le souhaitaient, en accord avec les ministères et les services compétents, pour travailler à ce sujet. S’il était encore nécessaire de travailler sur des éléments qui n’auraient pas été éclaircis par nos collègues polonais concernant cette tragédie, rien ne l’empêcherait. Mais s’il s’avère que ce travail n’est pas destiné à éclaircir les détails mais concerne des questions d’ordre politique, ce n’est plus la même chose. Cela ne s’adresse pas à nous. C’est une question politique intérieure de la Pologne qu’il est même triste de commenter, honnêtement. Ce n’est pas seulement la position du Ministère russe des Affaires étrangères mais également de toutes les institutions russes plus ou moins concernées par cette affaire. Si nos collègues polonais souhaitent encore éclaircir des questions et poursuivre le travail sur les débris et les documents, ils sont les bienvenus en Russie. Il faut simplement rédiger une requête, faire part de leurs intentions et tout sera mis à leur disposition, comme toujours.

Je répète que je demanderai des précisions sur la position du Ministère russe des Affaires étrangères concernant votre question.

5 – Question: Comment envisagez-vous le développement des relations diplomatiques Russie-USA compte tenu du « climat » actuel à Washington? Êtes-vous prête à confirmer que le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson se rendra à Moscou en avril?

Réponse: Je pense que des tomes entiers ont déjà été consacrés au développement des relations russo-américaines. Pendant la dernière conférence de presse j’ai évoqué et montré le grand annuaire « Messager diplomatique » édité par le Ministère russe des Affaires étrangères. Je pense qu’un cinquième de cet ouvrage est consacré aux relations russo-américaines – comment nous les voyons, comment nous voulons les développer, ce que nous attendons de Washington, ce que nous sommes prêts à faire avec les États-Unis, quelles sont nos priorités dans le domaine de la coopération, quels secteurs nous trouvons nécessaires de réanimer immédiatement, lesquels peuvent être relancés en deuxième lieu mais sont également indispensables… Ce sujet est abordé dans l’interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, dans le commentaire de son adjoint Sergueï Riabkov, dans de nombreuses interventions de représentants russes de différents services, à différents niveaux, de politologues, de politiciens et de représentants russes du pouvoir législatif et exécutif. Nous pouvons à chaque fois parler des relations bilatérales avec toujours plus de talent artistique mais on voudrait enfin passer à l’action.

Nous avons donné une appréciation aux relations bilatérales et aux raisons de leur blocage pendant la présidence de Barack Obama, sous son administration. Nous avons dit que nous étions prêts à travailler avec la nouvelle administration du Président américain Donald Trump. Je pense qu’il n’y a pas de raisons d’inventer de nouvelles thèses, tout a déjà été dit. Simplement, il faut enfin passer au travail concret. Nous y sommes prêts.

Vous savez que quand la Russie organise des activités dans les domaines où le rôle des USA est traditionnellement très notable et actif, nous invitons toujours nos collègues et les diplomates américains au dialogue, dans au format bilatéral que multilatéral, en particulier sur la Syrie aux réunions d’Astana et sur de nombreuses autres questions. Nous attendons la formation d’une vision globale en politique étrangère qui, de toute évidence, devrait bientôt apparaître à Washington. Nous sommes prêts à un travail concret et pragmatique sur les bases que nous avons évoquées à plusieurs reprises.

En ce qui concerne la visite du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson et de l’information parue à ce sujet, je répondrai à cette question en disant que la préparation de toute visite sous-entend la mise au point des délais de son annonce – ce n’est pas un secret. Quand des chefs de diplomatie se rendent visite, c’est toujours un événement très public et il n’est jamais caché: je n’ai pas connaissance de visites à huis clos de ministres des Affaires étrangères – cela n’existe ni dans notre pays ni aux USA. Mais la préparation de la visite implique un travail sur son format, sur l’ordre du jour et sur la date de son annonce. C’est simplement une question de politesse, de prise en compte des intérêts mutuels. Une partie propose une date, l’autre la confirme. Cette date doit être acceptable des deux côtés car les calendriers des ministres sont très chargés, comme vous le savez. C’est une question de mise au point de l’agenda par les experts. Une partie doit confirmer les questions qui seront évoquées, l’autre doit dire si selon elle le débat sur ces questions est admissible ou non. Par conséquent, il faut trouver une entente commune sur de nombreuses questions, après quoi on peut annoncer la visite. C’est ainsi que nous sommes habitués à travailler avec nos collègues.

Je ne cache pas que ces dernières années, nous avons constaté de nombreuses étrangetés de la part de Washington quant à la préparation des visites ou des entretiens entre les ministres des Affaires étrangères de nos deux pays. Nous nous sommes vu plusieurs fois demander de ne pas annoncer les visites jusqu’au dernier moment. Ce n’est pas dans nos pratiques. Depuis des années nous vivons en format ouvert mais en partant des demandes de Washington nous avons accepté de le faire plusieurs fois, par respect pour nos collègues. Que voyions-nous ensuite? D’abord le Département d’État américain nous demandait de ne pas annoncer la visite jusqu’à un moment donné, tant que les parties ne mettaient pas au point une date. Nous l’acceptions. Puis un jour ou deux plus tard commençaient des fuites des Département d’État, parfois de l’administration. Honnêtement, aussi bien la Russie que les médias se retrouvaient dans une position inconfortable car ils ignoraient à qui se référer – aux institutions officielles ou aux fuites?

Difficile de dire si cette forme de communication diplomatique est une nouvelle tradition ou le dernier savoir-faire. Mais cela ne correspond pas à nos traditions, c’est une certitude. Nous souhaitons que ce qui a été convenu entre nous paraisse dans la presse conformément à la pratique diplomatique. La visite et la date de sa publication ont été convenues? Alors nous la publions tranquillement et normalement. C’est ainsi que nous procédons avec nos homologues de différents pays.

Je répète que les cas que nous avons rencontrés plusieurs fois avec le Département d’État ces dernières années deviennent peu à peu une tradition – mauvaise, pas bonne. C’est pourquoi, pour revenir concrètement à votre question, je peux dire que quand nous connaîtrons les dates et les formats des contacts entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des USA, nous les annoncerons. Évidemment, on ne le cachera pas. Actuellement je ne dispose pas d’informations que je pourrais partager. Bien sûr, je peux dire qu’en principe une telle visite et de tels contacts peuvent avoir lieu, mais il est trop tôt pour annoncer la date.

Je voudrais dire également que si la pratique négative de fuite des informations – qui concernent non seulement les USA mais aussi la Russie et est devenue une tradition à Washington en quelques années – perdurait, nous pourrions également lire un jour dans la presse des fuites sur des choses que Washington nous demandait de ne pas dire, par exemple pendant la présidence de Barack Obama. Je vous assure que cette information sera très intéressante.

Nous collègues américains doivent se décider et clarifier s’ils agissent dans le cadre d’une certaine pratique diplomatique, s’ils s’entendent et tiennent parole, avant tout par rapport aux sujets qu’ils nous demandent eux-mêmes de ne pas dévoiler. Dans le cas contraire nous nous offrirons à tous plusieurs moments agréables et passionnants.

6 – Question: Vous avez dit que quatre questions étaient évoquées à Genève: l’administration, la Constitution, la lutte contre le terrorisme et les élections. Évoquera-t-on la proposition russe de projet de Constitution syrienne? A Astana la Russie a proposé de créer un groupe de travail pour sa préparation. Cette proposition sera-t-elle inscrite à l’agenda des négociations de Genève? Sergueï Lavrov disait hier que la Russie et la Turquie allaient essayer de trouver des solutions pour faire participer les Kurdes aux négociations de Genève. Les Kurdes participeront-ils à ces pourparlers? Pendant la réunion, aux USA, des 68 pays membres de la coalition, le plan de création de zones de sécurité en Syrie et en Irak annoncé plus tôt par les USA a été confirmé. Que pense la Russie de cette initiative?

Réponse: En ce qui concerne la première question, l’agenda et l’organisation des négociations sont pris en charge par l’Onu car il est question du format genevois. Il vaut mieux s’adresser aux représentants des Nations unies à ce sujet. Je peux dire que dans le cadre de l’élaboration d’une nouvelle Constitution dans l’ensemble, on évoquera également les idées russes qui ont été proposées aux principaux intéressés. Il s’agissait d’élaborations, d’idées pour lancer le processus de réflexion, d’analyse et de préparation du travail analytique sur la nouvelle Constitution. Nous serions ravis si elles s’avéraient utiles. Je répète que ce n’était pas un document final. Ni sur la fond ni sur la forme ce n’était un document imposé – ce n’était pas le but. Ces élaborations devaient simplement initier le processus de réflexion. Je pense que ces élaborations peuvent être parfaitement évoquées comme des éléments. Peut-être qu’en s’appuyant sur la proposition de la Russie, les parties aboutiraient à leurs propres élaborations. Il est possible que des éléments russes soient évoqués mais nos propositions ne sont pas un point spécial du programme.

En ce qui concerne la réunion aux USA, traditionnellement nous ne participons pas à ce format, il se déroule sans la Russie. La Russie ne participe pas à cette activité c’est pourquoi nous analysons simplement ses résultats et exprimons notre position concernant le processus de paix syrien en dehors des accords conclus sans notre participation. Il existe des formats appropriés auxquels la Russie participe, comme bien d’autres pays qui fixent l’agenda au format qui vient d’avoir lieu. C’est pourquoi s’il existe des élaborations à l’issue de la réunion que vous avez mentionnée et si elles intéressent les pays qui les ont adoptées, alors il est tout à fait possible de les évoquer dans les formats où la Russie est présente. Ils peuvent présenter ces décisions et les utiliser à titre de propositions et nous sommes prêts à les examiner pour travailler dessus. Je répète que pour cela il existe des formats appropriés tels que l’Onu et le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). Nous sommes prêts à évoquer et à analyser tout ce qui pourrait être utile dans le contexte du processus de paix syrien et de sa progression.

7 – Question: Pour continuer sur le thème syrien, pouvez-vous dire s’il existe des indicateurs mesurables qui permettraient de savoir si les efforts diplomatiques du Ministère russe des Affaires étrangères et par d’autres voies pour régler le conflit syrien atteignent leur but?

Réponse: C’est une question pour une thèse de doctorat qui pourrait s’appeler « Comment mesurer l’efficacité du règlement d’un conflit international ». Je pense qu’il y a une composante théorique et une composante pratique. C’est évidemment une question de mise en œuvre du cessez-le-feu, de savoir dans quelle mesure il est efficace et stable. Je pense que vous savez parfaitement que c’est un indice très sérieux.

Le règlement politique est très important – tant son lancement que ses avancées. Nous sommes très optimistes au sujet du processus politique car des représentants de l’opposition et du gouvernement syrien sont assis ensemble à la table des négociations. Le début même de ces pourparlers paraissait impossible il y a seulement six mois. Aujourd’hui ils ne sont plus un objectif théorique mais une réalité. Malheureusement nous constatons (nous en avons déjà parlé aujourd’hui) que cela n’est pas du goût de tout le monde. Un travail très actif est mené pour faire échouer le processus de paix. Si certains acteurs dirigeaient leurs efforts vers le règlement du conflit syrien je pense que tout le monde l’aurait déjà oublié depuis longtemps car de bons résultats auraient été atteints. Malheureusement, une immense énergie est dépensée aujourd’hui pour bloquer le processus de paix qui a été lancé avec autant de difficulté.

Je pense que l’activité des acteurs internationaux dans différents formats qui participent au processus est un indicateur. Leur influence sur les parties est un facteur colossal et un indicateur d’avancement. Voici un exemple. Vous vous souvenez qu’il y a un an ou deux il n’y avait pas de dialogue entre les importants acteurs internationaux qui étaient derrière tels ou tels groupes d’opposition avec ceux qui soutenaient la lutte antiterroriste de Damas. Aujourd’hui, ceux qui il y a un an et demi, même six mois, ne pouvaient pas s’entendre tellement leurs positions étaient éloignées évoquent non seulement le processus de paix syrien à la table des négociations mais également sur un plan pratique. Le Ministère de la Défense vous en informe également. Je pense que c’est aussi un indice très important. La stabilité ou du moins les tentatives et l’aspiration à stabiliser la situation dans le pays, à minimiser les malheurs de la population civile, la participation des organisations et des agences humanitaires à l’aide à la population de la Syrie et d’autres pays touchés par des conflits sont des indicateurs importants du progrès du processus de paix.

C’est très succinct. Je pense que vous pouvez trouver des calculs théoriques à ce sujet et en prendre connaissance plus en détail.

8 – Question: Après l’assassinat de l’ex-député de la Douma d’État Denis Voronenkov, les autorités ukrainiennes puis les médias occidentaux ont commencé à accuser la Russie du meurtre en désignant comme commanditaire une mythique « main du Kremlin ». Que pouvez-vous dire au sujet de ces déclarations?

D’autres « déserteurs » qui se trouvent actuellement non seulement en Ukraine mais également dans d’autres pays et qui font l’objet d’un mandat de recherche international, mais que personne n’arrête pour une raison qu’on ignore, doivent-ils craindre pour leur vie et leur santé?

Réponse: La seconde partie de la question ne doit pas m’être adressée car elle relève des autorités compétentes.

En ce qui concerne la réaction de Kiev et des médias internationaux qui ont rejeté la culpabilité sur la Fédération de Russie en l’espace d’une heure: j’en ai déjà parlé et je peux seulement répéter ce que j’ai dit. Le plus terrible est que cela tire un trait sur toute enquête impartiale et objective sur le meurtre. Nous ne voyons pas d’objectivité dans les nombreuses affaires retentissantes en Ukraine – les assassinats de journalistes, de personnalités publiques, de politiciens, les massacres à Odessa et dans d’autres villes. Le plus terrible n’est pas qu’on accuse la Russie – il est question d’un préjudice pour l’image – mais que ce « mécanisme sanguinaire » prend de plus en plus d’ampleur en Ukraine. On ignore si quelqu’un parviendra à l’arrêter. Une seule chose pourrait mettre un terme à la série de crimes sanglants: le respect de la loi et des enquêtes objectives, dépolitisées et honnêtes. Il y aurait alors une chance que l’Ukraine revienne d’une manière ou d’une autre dans le cadre du droit. Je veux parler du régime, des nationalistes et des combattants qui forment des groupes armés illégaux. Mais seulement à condition que l’État, même avec le régime actuel – qui est un État ou du moins déclare l’être – parle clairement de la nécessité d’une enquête objective, à part entière et honnête. C’est ce genre de déclarations dans les premières minutes et heures après de telles tragédies qui sont un indicateur de la véritable intention de l’État. Soit les autorités ont intérêt à enquêter et font tout pour cela, soit on peut affirmer qu’on donne un ton et une tendance particuliers par un nouveau crime sanglant. Comment un chef d’État peut-il déclarer dans les premières minutes des choses sans aucune conclusion d’expert? Les experts n’avaient même pas traité le périmètre autour ni écrit de rapports ni analysé ce qui s’était produit. Alors que le chef d’État n’annonce pas que tout sera fait pour assurer l’impartialité et l’objectivité de l’enquête. Il a accusé et tenu des déclarations visant un État concret. C’est précisément ce que j’ai dit au début. Honnêtement, nous avons été choqués par les faits mais encore plus par les déclarations du Président ukrainien Petro Porochenko.

9 – Question: Le Secrétaire d’État américain Rex Tillerson s’est déjà rendu au Japon et en Corée du Sud où il s’est exprimé au sujet des essais de missiles en Corée du Nord. Il a déclaré qu’aucune négociation n’aurait lieu à cause de cette politique agressive de la Corée du Nord en matière d’essais balistiques nucléaires. Il a également déclaré qu’il n’écartait pas une intervention militaire américaine en cas de menace pour les alliés – le Japon et la Corée du Sud. Que pouvez-vous dire de ses propos?

Réponse: J’ai déjà commenté la situation dans la région et j’ai clairement expliqué notre vision de la manière dont la situation devait évoluer. Nous avons donné une appréciation aux agissements de la Corée du Nord et à la manière avec laquelle la situation devait se normaliser dans la région, y compris dans le domaine de la sécurité et de la stabilité. Nous avons également parlé du format de négociations que nous considérions comme prioritaire de par son efficacité. Nous avons donné toutes nos appréciations et parlé des recettes qui, de notre point de vue, pourront apporter un résultat approprié.

10 – Question: Le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a déclaré que les relations entre la Russie et la Turquie étaient rétablies, que les différends avaient été surmontés et que les pays coopéraient pour le règlement des problèmes au Moyen-Orient. De son côté, comment le Ministère russe des Affaires étrangères évalue-t-il le niveau actuel des relations avec Ankara?

Réponse: Nous considérons nos rapports avec Ankara comme un processus de rétablissement des relations au niveau où elles se trouvaient avant la tragédie qui s’est produite quand un avion russe avait été abattu et que des militaires russes avaient été tués.

11 – Question: Deux patriotes bulgares vivent en Russie, sont des personnalités culturelles et des artistes populaires ici – Philippe et Bedros Kirkorov. En trente ans ces patriotes bulgares n’ont pas reçu la moindre récompense de la Bulgarie. Cette question s’adresse probablement davantage aux autorités bulgares. Bedros Kirkorov est le premier à avoir interprété la chanson Aliocha en Russie. J’espère que les autorités bulgares se reprendront.

Réponse: Je peux vous assurer que les Kirkorov ne sont pas considérés en Russie comme des étrangers.

12 – Question: Notre agence de presse en Bulgarie a été attaquée par d’autres médias. Nous avons été accusés de faire de la « propagande poutinienne » alors que Media Most Bulgarie est une petite agence de presse.  Nous travaillons avec toutes les agences de presse ouvertes. Nous essayons de rapporter des informations sur les événements en Syrie. J’ai risqué ma vie en passant un mois en Irak près de Mossoul. J’ai rapporté de nombreuses informations et des reportages mais malheureusement personne ne s’y est intéressé. Mes partenaires bulgares représentant Media Most en Bulgarie sont victimes d’attaques. Mais ce n’est pas tout. Des vandales ont profané dans un cimetière la tombe du père de mon partenaire, et nous sommes censés faire partie de l’Union européenne! S’il y a des journalistes étrangers présents ici, je voudrais leur demander comment ils se sentiraient si quelqu’un profanait la tombe de leur père.

Réponse: Je pense qu’il ne serait pas correct de poser des questions aux journalistes qui viennent ici pour poser les leurs. Il vaut mieux les poser, j’y répondrai, et si vous avez une discussion: qu’elle ait lieu après la conférence de presse.

Il n’y a pas de pays sans problèmes. Malheureusement la profanation des tombes et des monuments est un problème général. Cela se produit partout dans le monde: la question est de savoir comment nous y réagissons. Je ne pense pas qu’il faille politiser cette question tant que nous ne savons pas si les autorités officielles ont condamné ou non de tels actes. Jusque-là nous espérons que ce terrible incident (essayons appeler cet événement ainsi) fera l’objet d’une réaction appropriée dans votre pays. Dans le cas contraire, qui plus est si vous pensez que c’est une question de pression politique, de menace pour vous en tant que journaliste, pour cela il existe des organisations appropriées telles que l’OSCE, dotées des institutions spécialisées dans ces sujets. Vous pouvez vous adresser à elles pour citer votre cas en tant que preuve, si vous affirmez que cela est lié à votre activité professionnelle.

Il y a des gens qui s’adonnent à ce genre de choses. Nous devons simplement les condamner. Je répète, si vous ressentez une menace à votre activité professionnelle, il faut lancer la procédure nécessaire pour donner une appréciation appropriée.

13 – Question: Je voudrais ajouter que je n’ai jamais rien vu de comparable qu’en Syrie, où on traitait ainsi les cimetières chrétiens.

Réponse: Non, cela n’arrive pas seulement en Syrie mais dans beaucoup d’autres pays et pas uniquement à l’égard de tombes, reliques ou lieux de culte chrétiens. Des lieux de culte, des tombes et des monuments font l’objet de telles profanations à travers le monde. C’est lié à la religion et à la mémoire historique. Je peux vous assurer que malheureusement c’est un mal et un malheur général. La question est de savoir comment nous y réagissons et comment y réagissent les pays concernés.

14 – Question: Une conférence sur le processus de paix afghan se tiendra en avril à Moscou. Est-ce que la Russie salue la participation des talibans à cet événement?

Réponse: Je dois demander des précisions concernant la participation de tels ou tels pays. Je sais que Washington n’a pas encore confirmé sa participation à la conférence du 14 avril. Je vais devoir demander des précisions sur la délégation afghane et les autres.

15 – Question: La Russie compte-t-elle prendre des mesures pour protéger la veuve de feu le député de la Douma d’État Denis Voronenkov?