1665 – …Concernant l’utilisation du droit de veto par la Russie contre le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie

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9 mars 201716:27

Réponse du Directeur du Département de la non-prolifération et du contrôle des armements du Ministère russe des Affaires étrangères Mikhaïl Oulianov concernant l’utilisation du droit de veto par la Russie contre le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie

Question: Les médias occidentaux ont publié de nombreux articles critiquant la Russie pour avoir usé récemment de son veto contre le projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie. Qu’en pensez-vous?

Réponse: Je pense que c’est une nouvelle tentative de rejeter la responsabilité sur les autres.

Pour mieux comprendre la situation, il suffit de savoir que ce projet de résolution décrétant des sanctions contre plusieurs personnes physiques et morales syriennes est préparé depuis début décembre, mais que les coauteurs occidentaux se sont abstenus de le soumettre au vote.

  • Ils ne l’ont fait que fin février, c’est-à-dire précisément quand les négociations sur le règlement pacifique du conflit ont repris à Genève.
  • Nous avons attiré l’attention de nos collègues occidentaux sur le fait que cette démarche pourrait se refléter très négativement sur la recherche de solutions politiques. Nos préoccupations ont été complètement ignorées.
  • En d’autres termes, il s’agissait d’une démarche parfaitement consciente dont les conséquences politiques n’inquiétaient aucunement les initiateurs de la résolution.

On peut également y voir une provocation dans le sens où les coauteurs du projet savaient pertinemment que la Russie mettrait son veto et que cette décision ne passerait pas au Conseil de sécurité des Nations unies.

Néanmoins, ils n’ont pas renoncé à l’idée du vote.

  • L’objectif est évident: essayer de présenter la Russie comme un pays qui « couvre » les crimes qui auraient été commis par Damas.
  • Sachant qu’on propageait en parallèle – de manière pathétique – la thèse selon laquelle il était impossible de laisser impuni l’usage de l’arme chimique et que ceux qui en étaient responsables ne devaient pas échapper à la justice.

Nous partageons entièrement cette dernière idée mais le fait est qu’aucune preuve tangible de la culpabilité de Damas et de ses représentants n’a été avancée.

  • L’annexe au projet de résolution contenait une liste de représentants officiels et d’organisations contre qui il était proposé de décréter les sanctions.
  • Mais ces listes viennent littéralement de nulle part.
  • Les personnes et les organisations mentionnées ne figuraient pas du tout dans les rapports du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU sur l’usage de l’arme chimique en Syrie.
  • Nous avons demandé de fournir des preuves montrant qu’elles étaient responsables de l’usage de l’arme chimique à des fins militaires: elles sont restées sans réponse. Il nous a été proposé de croire ces listes sur parole et de ne pas songer à les remettre en question.

Cette ligne de certains pays occidentaux n’a rien à voir avec la justice internationale. C’était plutôt une tentative de justice basée sur des méthodes inappropriées et mise en œuvre de manière pas du tout professionnelle.

  • Pour s’en convaincre, il suffit de consulter le projet de listes de sanction.
  • On y retrouve des dirigeants militaires et des responsables de centres de recherche. Autrement dit, on nous proposait sérieusement de croire que les généraux et les grands chercheurs syriens étaient personnellement responsables de la fabrication et de l’usage du chlore et du manganèse à des fins militaires.
  • Les coauteurs du projet n’ont même pas fait l’effort d’apporter au projet un semblant de vraisemblance.

En somme, tout cela nous a donné des raisons de considérer ce vote comme la poursuite de jeux politiques malsains ayant pour objectif d’écarter à tout prix le gouvernement syrien actuel. Bien évidemment, la Russie ne peut pas et ne participera pas à de tels jeux. C’était également inadmissible pour d’autres États membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Hormis la Russie, la Chine et la Bolivie ont également voté contre alors que l’Égypte, le Kazakhstan et l’Éthiopie se sont abstenus.