1506 – Un train … et l’Histoire de la guerre entre La Serbie & le Kosovo réapparait !

1 – Regain de tensions dans les relations serbo-kosovares ( Slobodna bosna, 24 Sata, National Public Radio)

2 – La Serbie et le Kosovo déclarent la guerre des mots (afp.com – OLIVER BUNIC )

3 – Un train serbe arrêté avant le Kosovo

4 – Le Kosovo refuse l’entrée d’un train serbe sur son territoire : Belgrade menace de déployer l’armée (RT Français)


1 – Regain de tensions dans les relations serbo-kosovares

Stéphan Altasserre (sources: Slobodna bosna, 24 Sata, National Public Radio)

Le 14 janvier 2017, pour la première fois depuis le début de la guerre d’indépendance du Kosovo (6 mars 1998.), un train en partance de Serbie devait rejoindre l’enclave serbe de Kosovska Mitrovica dans le nord du Kosovo, pays d’ethnie majoritairement albanaise. L’événement aurait pu donner l’illusion d’un apaisement des tensions ethniques et politiques régionales. Cependant, à son arrivée à leur frontière, les autorités kosovares n’ont que modérément apprécié le slogan qui recouvrait les parois extérieures du convoi: «Kosovo is SerbiaÀ cette provocation s’ajoutait le fait que les wagons étaient peints aux couleurs officielles de la Serbie, leur donnant un aspect jugé impérialiste. Aussi le train n’est-il pas allé plus loin.

Certains nationalistes serbes ont aussitôt dénoncé la décision prise par les autorités kosovares. Le 16 janvier, Miroslav Lazanski, député du Parti progressiste serbe (SNS) appartenant à la majorité au pouvoir à Belgrade, a tenu des propos particulièrement cinglants à leur égard: «Si les Albanais provoquent à nouveau la violence au Kosovo» ou «tentent de nouveaux nettoyages ethniques, la Serbie devra immédiatement répondre en prenant le nord du Kosovo.» Malgré ces déclarations, aucun acte de violence particulier à l’égard des Serbes de l’enclave n’a été depuis recensé. Envisager une intervention militaire rappelle pourtant un passé pas si lointain, celui de la guerre d’indépendance du pays (1998-1999) au cours de laquelle 13 à 14.000 personnes ont disparu.

Comme le rappelle cette affaire, plus de dix-huit ans après la fin de ce conflit, le calme n’est pas totalement revenu dans cette région des Balkans où le discours nationaliste reste de rigueur. Les relations serbo-kosovares ne semblent pas encore bénéficier de la sérénité nécessaire à une véritable normalisation.

Dépêche publiée le 18/01/2017

Zone : Balkans


http://www.regard-est.com/home/breves.php?idp=1881&PHPSESSID=3dcb2195c5b4bbde4efd96c63a3a4f0e


2 – La Serbie et le Kosovo déclarent la guerre des mots

Un employé regarde un train en partance pour le Kosovo sur lequel il est écrit « Le Kosovo, c’est la Serbie » en une vingtaine de langues, le 14 janvier 2017 à la gare de Belgrade

afp.com/OLIVER BUNIC

Un train de propagande, un mur, les fantômes de la guerre de 1998-99: Serbie et Kosovo sont engagés dans une inquiétante guerre des symboles et des mots, inédite depuis qu’ils dialoguent.

« Le Kosovo, c’est la Serbie« : écrit en une vingtaine de langues, dont l’albanais, sur le flanc d’un train parti le 14 janvier de Belgrade, le slogan ne pouvait laisser Pristina sans réaction.

Le président kosovar Hashim Thaçi y a vu une « provocation délibérée » qui entrerait dans « un vieux scénario de sécession d’une partie du Kosovo« , celle où vivent les quelque 100.000 Serbes de ce pays de 1,8 million d’habitants à plus de 90% albanais.

Aux yeux du chef de ce pays pro-occidental et pro-OTAN, « la Serbie compte sur l’aide de la Russie » qui ne reconnaît pas le Kosovo.

Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a finalement arrêté avant la frontière ce convoi censé desservir Mitrovica (nord du Kosovo) et incarner la liberté de mouvement des populations serbes, un des points cruciaux de la normalisation engagée en 2011 entre Belgrade et Pristina.

Mais il a aussi fait monter la pression: il aurait pris cette décision pour « éviter un conflit« , a accusé les autorités kosovares d’avoir voulu « provoquer un conflit de large envergure« , et évoqué un minage des voies, démenti par Pristina.

– Prêts à ‘envoyer l’armée’ – 

« Nous ne voulons pas la guerre. Mais nous enverrons même l’armée s’il fallait protéger les Serbes de possibles meurtres« , a renchéri le président Tomislav Nikolic, particulièrement intransigeant sur la question du Kosovo.

S’adressant aux diplomates occidentaux dimanche, le chef de la diplomatie kosovare Enver Hoxhaj a estimé que « les actes de la Serbie envers le Kosovo démontrent » une volonté de « déclencher de nouveaux conflits« .

En 2011, trois ans après la proclamation d’indépendance de l’ex-province yougoslave non reconnue par Belgrade, Serbie et Kosovo avaient pourtant engagé un dialogue qui a accouché d’avancées, comme la libération des mouvements de personnes et de biens ou la coopération policière. Mais près de vingt ans après un conflit qui a tué 13.000 personnes (1998-99), elles sont au point mort.  

Les disputes s’accumulent: les Kosovars se sont indignés de l’arrestation en France le 4 janvier, à la demande de la Serbie qui veut le juger pour crimes de guerre, d’un homme qu’ils considèrent comme un héros. L’ex-haut responsable de l’Armée de libération du Kosovo (UCK), Ramush Haradinaj, ne peut rentrer au pays, bloqué en France durant l’examen de la demande des Serbes, qui peut prendre des mois.

– Préoccupation électorale – 

Au quotidien, les relations se tendent: les autorités serbes de Mitrovica ont entamé l’érection d’un mur sur leur rive de la rivière Ibar qui sépare les deux communautés. Pour le maire de Mitrovica-Nord, Goran Rakic, ce mur ne revêt aucune dimension politique d’ordre sécessionniste: il s’agirait de protéger les piétons de la circulation et l’ouvrage « ne sera pas détruit« . Pristina « ne décidera pas ce qui peut ou ne peut pas être construit dans cette partie (serbe) de la ville« , a prévenu Goran Rakic.  

« La question du mur sera réglée en conformité avec la loi« , a dit le chef du gouvernement kosovar Isa Mustafa.

Aux yeux d’Aleksandar Popov, un analyste politique, ce regain de tension s’explique par le contexte politique serbe qui entre en campagne présidentielle et où la question du Kosovo reste particulièrement sensible, 18 ans après les bombardements de l’OTAN.  

A ses yeux, le SNS (centre droit) au pouvoir de Nikolic et Vucic entendent devancer « la plus grande critique de l’électorat« , dont une partie s’inquiète du rapprochement avec l’Union européenne et l’Occident.

Le professeur kosovar de Sciences politiques Belul Begaj relève « la tendance permanente des décideurs à Belgrade, à chaque élection, à détourner vers le Kosovo l’attention de l’électorat des problèmes internes et de leur bilan« . « C’est un jeu dangereux de jouer avec un feu qui peut se retourner« , met-il en garde.


http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/la-serbie-et-le-kosovo-declarent-la-guerre-des-mots_1870137.html

AdTech Ad

3 – Un train serbe arrêté avant le Kosovo

Tension Peint aux couleurs serbes avec la mention «le Kosovo est la Serbie», le convoi devait relier Belgrade et le nord du Kosovo.

Des membres de la police du Kosovo avaient été dépêchés à la frontière. Le Premier ministre serbe a finalement fait arrêter le convoi, parti de Belgrade, avant qu'il ne la franchisse. (Image - samedi 14 janvier 2016)

Un train parti samedi matin de la capitale serbe pour le Kosovo a été stoppé sur décision du Premier ministre serbe en raison des tensions que ce convoi a suscité. Peint aux couleurs du drapeau serbe, il portait la mention «le Kosovo est la Serbie»

Le train était attendu côté kosovar par plusieurs dizaines de membres d’une unité spéciale de la police. Il s’est arrêté avant la frontière, à Raska (sud-ouest de la Serbie), dernière localité en territoire serbe. «J’ai décidé d’arrêter le train à Raska pour éviter un conflit et préserver les vies», a déclaré le Premier ministre serbe lors d’un point de presse à Belgrade. Le responsable serbe a accusé Pristina d’avoir dépêché des unités de police dans le nord du territoire avec pour but de «provoquer un conflit de large envergure».

«La Serbie souhaite la paix (…), mais je demande aux Albanais du Kosovo de ne pas essayer d’attaquer avec des armes les Serbes au Kosovo, car la Serbie ne le permettra pas», a ajouté Aleksandar Vucic. Le convoi était parti de la gare centrale de Belgrade samedi matin.

«Sérieuse provocation»

Belgrade voulait remettre en fonction, 18 ans après le conflit au Kosovo 1998-99, la ligne reliant la capitale serbe à Kosovska Mitrovica (nord du Kosovo). Les autorités de Pristina s’y sont opposées, y voyant une «sérieuse provocation».

Ce train est censé selon Belgrade répondre aux besoins des habitants du nord du Kosovo, où les Serbes sont majoritaires. La colère de Pristina s’explique par le fait que le convoi était peint aux couleurs du drapeau serbe et décoré à l’intérieur de répliques d’icônes des monastères orthodoxes serbes du Kosovo.

Le président kosovar Hashim Thaçi avait appelé samedi «les responsables à entreprendre les mesures nécessaires pour arrêter ce train qui menace la souveraineté du Kosovo».

Tension

Cet incident intervient dans un contexte de très grande tension entre la Serbie et le Kosovo. Celle-ci est inégalée depuis la signature en 2013, sous la houlette de l’UE, d’un accord historique de normalisation de leurs relations.

Cette tension s’explique par la récente arrestation en France de l’ancien chef rebelle et Premier ministre kosovar Ramush Haradinaj, sur demande de Belgrade qui veut le juger pour crimes de guerre.

Conflit meurtrier

Ultime conflit ayant déchiré l’ex-Yougoslavie, la guerre au Kosovo (1998-1999) a fait 13’000 morts. Elle a conduit à la sécession puis à l’indépendance du Kosovo, peuplé majoritairement d’Albanais mais que la Serbie considère comme son berceau historique.

Avec le soutien de la Russie, Belgrade ne reconnaît pas l’indépendance proclamée par Pristina en 2008. Plus de 100 pays l’ont fait, dont les États-Unis et la majorité des pays membres de l’UE. (ats/nxp)

(Créé: 15.01.2017, 00h03)

http://www.tdg.ch/monde/europe/Un-train-serbe-arrete-avant-le-Kosovo/story/31879755


4 – Le Kosovo refuse l’entrée d’un train serbe sur son territoire : Belgrade menace de déployer l’armée

16 janv. 2017, 14:58

Le Kosovo refuse l’entrée d’un train serbe  sur son territoire : Belgrade menace de déployer l’armée© OLIVER BUNIC Source: AFP

Le train serbe

Après que les autorités de la république autoproclamée du Kosovo ont refusé l’accès à un train serbe décoré de symboles nationaux et portant l’annotation «le Kosovo est serbe», les relations entre Belgrade et le Kosovo en ont pâti.

Les relations entre la Serbie et la république autoproclamée du Kosovo ont connu une période de forte tension ces derniers temps. Un train de passagers est à l’origine de la récente escalade du conflit. Celui-ci est parti le 14 janvier de Belgrade avec pour objectif d’atteindre la ville kosovare de Kosovska Mitrovica, pour la première fois depuis 1999. La locomotive était peinte des couleurs du drapeau serbe et portait la mention «le Kosovo est serbe» en 21 langues. L’intérieur des voitures était recouvert de fresques représentant quatre sanctuaires serbes du Kosovo qui se trouvent sous la protection de l’Unesco. «C’est une sorte d’exposition mobile de notre héritage culturel», a déclaré Marko Jouric, chef du bureau gouvernemental serbe sur le Kosovo.

© OLIVER BUNIC Source: AFP

Mais le convoi n’a pas atteint son lieu de destination pour des raisons de sécurité et l’opposition des Albanais kosovars. La locomotive a stoppé en gare de Raska, dernier arrêt avant la frontière administrative entre la Serbie et le Kosovo.

Provocation ou geste de paix ?

Selon le président de la République autoproclamée du Kosovo, Hashim Thaci, ce train est «une provocation» : «Les autorités kosovares doivent prendre des mesures légales pour bloquer son mouvement.»

Après un arrêt de deux heures, la locomotive a fait demi-tour et est revenue à Belgrade.

La réaction des autorités serbes ne s’est pas fait attendre. Le Premier ministre Alexandre Vucic a déclaré que le Kosovo avait réagi trop vivement et que la Serbie ne souhaiter rien d’autre que la paix. «Nous avons envoyé un train, pas un char», a-t-il fait remarquer. Quant au président serbe, Tomislav Nikolic, il a tenu une réunion sur la sécurité nationale et a déclaré être prêt à déployer l’armée au besoin. «Si des Serbes sont tués, nous enverrons l’armée. Et pas seulement l’armée, nous viendrons tous, moi le premier… Tant que j’occuperai ce poste [de président serbe], j’essaierai de ne pas faire la guerre contre qui que ce soit, mais s’il est impossible de l’éviter, j’assumerai la responsabilité de chaque décision prise en tant que chef suprême des armées», a-t-il martelé.

Les Kosovars ont proclamé leur indépendance de manière unilatérale en 2008. Le pays n’est pas reconnu par 35 pays, dont la Russie, l’Espagne et le Saint-Siège. Mais la Serbie a perdu le contrôle du territoire du Kosovo en 1999, ayant été privée du droit d’y déployer son armée.

Cela a été fixé dans l’accord de Kumanovo entre Belgrade et l’OTAN le 9 juin 1999, après les bombardements de la Serbie par les forces de l’Alliance. Par conséquent, l’armée serbe n’est pas autorisée à s’approcher à moins de cinq kilomètres de sa frontière avec le Kosovo. Le trafic ferroviaire a été rétabli il y a quelques années, mais le train de passagers parti de Belgrade est le premier de ce genre depuis 18 ans.

https://francais.rt.com/international/32382-train-serbe-prive-dacces-kosovo