1497 – Le destin de l’île Tromelin, territoire français en Océan indien, discuté à l’Assemblée…

© RICHARD BOUHET / AFP

La souveraineté de l’Ile Tromelin, à laquelle toute une exposition est consacrée au Musée d’Aquitaine de Bordeaux, îlot de l’Océan indien, sera discutée le 18 janvier à l’Assemblée nationale. Du moins, un accord de cogestion entre la France et l’île Maurice. Une affaire qui déchaîne les passions.

Tromelin, territoire historique et symbolique français

Tromelin, bout de terre de 1 km2 à 520 km au nord de la Réunion, découvert par un navigateur français en 1722, est actuellement géré par
l’administration des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il couvre 280.000 km carrés de domaine maritime.

Mais c’est aussi ici, comme le raconte l’exposition au Musée d’Aquitaine que s’est joué le drame d’hommes et de femmes esclaves au XVIIIè siècle, « oubliés » pendant 15 ans sur cette île battue par les cyclones sans aucun arbre et juste des mouettes, des tortues pour se nourrir et survivre… Une histoire devenue mythique et maintes fois inspirante pour la littérature française et anglaise.

Un traité signé en 2010 sous Nicolas Sarkozy

M. Fekl répondait, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, au député du Tarn Philippe Folliot (UDI), qui a demandé « le retrait du projet de ratification du traité de l’ordre du jour de l’assemblée« .
Selon ce dernier, le « projet de loi autorisant l’approbation de l’accord-cadre entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République de Maurice sur la cogestion économique, scientifique et environnementale relative à l’île de Tromelin et à ses espaces maritimes environnants » est « scandaleux », « dangereux » et « déséquilibré » et pourrait être « le début du détricotage de notre domaine maritime ».

Cet accord « vise à engager une coopération mutuellement bénéfique«  entre la France et Maurice, et porte « sur quatre domaines bien précis: l’environnement, la pêche, la météorologie et l’archéologie« , a répondu Matthias Fekl.
« Il ne saurait bien sûr être question de remettre en cause la souveraineté de la France dans la région et sur Tromelin. Rien dans la mise
en oeuvre de cet accord ne peut constituer une base de contestation de notre souveraineté
« ,
 a-t-il affirmé, précisant que « toutes les garanties juridiques ont été prises ».

« Ne laissons pas répandre l’idée que la France puisse, de quelque manière que ce soit, abandonner ses territoires et renoncer à sa souveraineté« , a-t-il insisté, rappelant que l’accord, signé en juin 2010, a déjà été approuvé par le Sénat en 2012 et que la commission des Affaires étrangère de l’Assemblée nationale l’a voté à l’unanimité en 2013.
Mais le texte avait ensuite été retiré de l’ordre du jour de l’Assemblée et n’avait pas été réintroduit.

A l’époque, le député Folliot, mais aussi la présidente du Front national Marine Le Pen, s’étaient faits l’écho des mêmes craintes à l’égard de la souveraineté de la France.
Mardi, Marine Le Pen a réitéré ses inquiétudes, dénonçant dans un communiqué « un projet qui amputera le territoire national« .

Le Medef s’inquiète pour les zones économiques exclusives

De son côté, le Medef s’est inquiété, vendredi, de cet accord de cogestion qui pourrait entrainer « la remise en cause de la souveraineté de la France sur d’autres îles ».

« Cette île présente avant tout un intérêt scientifique et météorologique. Cependant, avec plus de 280.000 km2 de Zone Economique Exclusive (ZEE), elle participe au rayonnement de notre pays, deuxième ZEE du monde derrière celle des Etats Unis, et « peut contribuer au développement de l’économie, notamment autour du secteur de la pêche », souligne le Medef dans un communiqué.

Le Medef estime que si le projet de loi ratifiant l’accord-cadre entre la France et l’île Maurice est adopté, cela pourrait créer « un précédent«  et entraîner « la remise en cause de la souveraineté de la France sur d’autres îles, menaçant ainsi sa Zone Economique Exclusive, véritable atout de notre pays dans la compétition mondiale« .
Il demande aux parlementaires « de veiller, par toutes les expertises et les concertations avec les acteurs économiques nécessaires, à ce que la France ne se prive pas d’un potentiel économique et de créations d’emplois avant de ratifier cet accord ».


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