1410 – Pourquoi il faut sauver les rats de Paris …

La Parisienne Josette Benchetrit a lancé une pétition contre la campagne de dératisation lancée par la mairie de Paris. Sa pétition a déjà recueilli plus de 19 000 signatures.

Et si les rats étaient utiles à l’homme ?

Le mercredi 7 décembre, la mairie de Paris a lancé un plan d’urgence pour s’attaquer à la prolifération des rats dans la ville. Des parcs et jardins ont été fermés au public et la dératisation a commencé.

Trois jours plus tard, la Parisienne Josette Benchetrit, ancienne pédopsychologue à l’hôpital d’Étampes, dans l’Essonne, a de son côté lancé une pétition sur internet :

« Stoppez le génocide [sic] des rats. »


Par Alexandra Bourcier 16 décembre 2016


Contre toute attente, y compris de sa part, les internautes se sont rapidement mobilisés et la pétition atteint aujourd’hui 19 000 signatures.

Dans son argumentaire, la pédopsychologue met en avant la phobie du rat. Elle souligne ce qu’elle estime être des contradictions de la part du docteur Georges Salines, chef des services parisiens de santé environnementale.

« Pas de risque de maladie »

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Dans une interview accordée au journal Le Parisien, celui-ci a déclaré : « Les rats sont une menace sanitaire réelle. Il n’y a pas de risque de maladie ou de peste… Que les Parisiens se rassurent. Mais ce sont des problèmes de propreté ainsi qu’un réel désagrément visuel et psychologique. »

Ce qui fait dire à Josette Benchetrit : « Si le Dr Salines trouve que notre état psychologique est si important que pour cela il sort l’artillerie lourde, il devrait penser aux personnes qui respectent le droit de vivre des autres espèces et sont plongées dans un état de déprime et de souffrance psychique d’être impuissant à les défendre. »

800 tonnes de déchets par jour

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Le rat a toujours eu une image négative. Certains spécialistes parlent de nombreuses maladies parasitaires transmissibles à l’homme : salmonelloses, leptospiroses, typhus murin, sodoku, fièvres diverses, rages, trichinoses, méningites.

Pierre Falgayrac, formateur à la gestion du rongeur, interrogé par Le Monde, se veut, lui, rassurant :

« Si le rat était vecteur de la peste, l’espèce humaine serait décimée depuis que les égouts existent. La seule maladie qu’il peut transmettre, c’est la leptospirose, et c’est extrêmement rare. »

Les rats prolifèrent rapidement : une femelle peut avoir quatre portées par an de huit petits rats en moyenne. Si aucune maladie ne vient perturber leur développement, le couple aura donné naissance à plus de 45 000 individus au bout de 24 mois. (Photo d’illustration : Fotolia)

Les égoutiers de Paris sont d’ailleurs particulièrement sensibilisés à cette maladie. Ce qui ne les empêche pas d’« apprécier » la présence du rongeur. Eh oui, le rat peut être utile à l’homme. Ceux de Paris consomment chaque jour près de 800 tonnes de déchets produits par l’homme ! Leur présence évite donc aux égouts parisiens de se boucher.

1,75 rat par habitant à Paris

Mais, comme le souligne Pierre Falgayrac, dès qu’une ville compte plus de deux rats par habitant, ça se complique :

« Dans les grandes villes comme Paris, qui existaient au XIXe siècle et qui se sont dotées d’égouts en cœur de ville, il y a 1,75 rat par habitant. C’est lorsque la densité dépasse deux rats que les problèmes apparaissent. »

Les rats remontent alors à la surface où ils ne sont pas particulièrement appréciés. Les nouvelles réglementations sur les produits raticides font partie des arguments de la mairie de Paris pour expliquer la situation actuelle. Dans Le Monde, le spécialiste prône une dératisation ciblée, à base de biocides, autour des commerces de bouche.

Une action ciblée qui pourrait convenir à Josette Benchetrit qui, de son côté, milite pour une politique contraceptive. Son initiative intervient d’ailleurs en plein débat sur le bien-être animal. Ces derniers temps, certaines industries agroalimentaires et des laboratoires ont été montrés du doigt.