1374 – Attaques contre la souveraineté des États-Nations

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1 – Attaques contre la souveraineté des États-Nations

2 – Définition de l’État-nation

3 – Quels symboles pour la souveraineté des Nations ?


1 – Attaques contre la souveraineté des États-Nations

Au début des années 1990, Strobe Talbott, influent leader d’opinion américain et ancien Secrétaire d’État adjoint lors de la présidence de Bill Clinton, déclara au monde entier le futur triomphe d’un gouvernement mondial, dirigé par «une seule autorité mondiale», alias Global governance.

Le 20 juillet 1992, il publia dans Time Magazine: «Au cours des cent prochaines années, le statut de nation tel qu’on le connaît sera obsolète: tous les États ne reconnaîtront plus qu’une seule autorité mondiale.»

par Ilias Iliopoulos, professeur d’histoire

Faut-il se faire du souci face à une telle évolution?

En aucun cas!, répond l’influent leader d’opinion occidental. Car à son avis, tous les États sont en vérité des «arrangements sociaux», des «adaptations à des circonstances variables»; et d’ajouter: «Peu importe à quel point ils semblent permanents, voire sacrés» à une époque donnée, en réalité, ils sont tous «artificiels et temporaires».

On ne peut guère s’imaginer une déclaration de guerre plus subtile envers les États-nations souverains, voire les identités et les communautés nationales et les peuples en général.

La guerre actuelle, débutée en 1991, n’a cessé de se renforcer au nom du prétendu Nouvel ordre mondial, avant tout depuis le péché originel du 24 mars 1999 (donc depuis l’attaque militaire contre la Serbie commise par les élites supranationales au pouvoir, en violation totale du droit international). Elle se déroule sur trois fronts:

  • Sur le front politique: l’attaque frontale contre le principe fondamental de la souveraineté nationale qui, du point de vue historique, est un acquis extraordinaire de la civilisation européenne, voire humaine. C’est le symbole et en même temps le lieu de naissance de la liberté, de la démocratie et de l’État providence. Ce principe continue d’être le rempart de toutes les nations face aux dangers représenté par l’impérialisme post-national planétaire.

  • Sur le front économique: la mondialisation représentant en principe une nouvelle forme du capitalisme internationalisé à la veille de la Première Guerre mondiale, cette fois-ci sous forme de capitalisme de casino postfordiste ou bien du capitalisme prédateur ou turbo-capitalisme comme les anciens chanceliers fédéraux allemand Helmut Schmidt et Gerhard Schröder le dénommèrent.

  • Sur le front culturel ou idéologique: il s’agit de la continuelle déconstruction systématique, la mise au pas de valeurs et traditions communes, développées naturellement au cours de l’histoire, d’identités géo- et ethnoculturelles, de la mémoire collective, de langues nationales, de rites et de symboles ainsi que la tentative des élites supranationales d’imposer les normes et le comportement de la prétendue Global governance à tous les peuples.

Il est évident que ce dernier terme n’est rien d’autre qu’une nouvelle création linguistique orwellienne et sophistiquée pour y masquer le totalitarisme mondial post- et supranational.    •

(Traduction Horizons et débats)


–  No 27, 28 novembre 2016

source/ http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2016/no-27-28-novembre-2016/attaques-contre-la-souverainete-des-etats-nations.html


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2 – Définition de l’Etat-nation

« Toupictionnaire » : le dictionnaire de politique

On appelle « État-nation »

  • un État qui coïncide avec une nation établie sur un territoire délimité et définie en fonction d’une identité commune de la population qui lui confère sa légitimité.
  • C’est un concept politique qui est la rencontre d’une notion d’ordre politique et juridique (l’État) et d’une notion d’ordre identitaire (la nation).
  • Il se caractérise par une autorité fondée sur une souveraineté émanant de citoyens qui forment une communauté à la fois politique et culturelle (ou ethnique).

Définition de l’UNESCO :
« L’État-nation est un domaine dans lequel les frontières culturelles se confondent aux frontières politiques. L’idéal de l’État-nation est que l’État incorpore les personnes d’un même socle ethnique et culturel. Cependant, la plupart des États sont polyethniques. Ainsi, l’État-nation « existerait si presque tous les membres d’une seule nation étaient organisés en un seul État, sans autres communautés nationales présentes. Bien que le terme soit souvent usité, de telles entités n’existent pas ».

La nation comme nous la pensons aujourd’hui est un produit du 19ème siècle. Depuis les temps modernes, la nation est reconnue comme « la » communauté politique qui assure la légitimité d’un État sur son territoire, et qui transforme l’État en État de tous les citoyens. La notion d’État-nation insiste sur cette nouvelle alliance entre nation et État. La nationalité est censée lier le citoyen à l’État et aux avantages des politiques sociales de l’État Providence. »

Lorsque l’État préexiste à la nation (cas de la France), celui-ci peut chercher à développer un sentiment national avec :

  • l’imposition d’une langue officielle unique dans les actes administratifs,
  • l’instauration d’un service national,
  • la création d’une école gratuite et obligatoire,
  • la mise en place de symboles représentant la nation. Exemples :
        – drapeau,
        – hymne national
        – emblème (Marianne),
        – devise (« Liberté, Égalité, Fraternité »)

Lorsque la nation préexiste à celle de l’État, la population peut prendre conscience de son identité nationale et manifester la volonté de vivre ensemble en fondant un Etat disposant d’institutions politiques et administratives (ce fut le cas de l’Allemagne et de l’Italie au XIXe siècle).

  L’État-nation s’oppose à l’État multinational (ex : Royaume-Uni, Russie, Empire austro-hongrois,…).

La notion d’État-nation est critiquée, notamment par les partisans du fédéralisme européen, qui y voient une construction politique artificielle pour légitimer un Etat centralisé. Elle serait une phase de l’évolution politique ayant vocation à être dépassée au profit de l’unité européenne puis d’une gouvernance mondiale.


source/ http://www.toupie.org/Dictionnaire/Etat-nation.htm


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3 – Quels symboles pour la souveraineté des Nations ?

jeudi 18 Juin 2015


Instrument incontournable au sein d’une Nation ainsi que sur la scène internationale, la souveraineté s’incarne au travers de différents symboles. Dans un contexte de plus en plus globalisé, ces symboles semblent pourtant résister aux assauts du mondialisme auprès de citoyens en quête de repères.

La souveraineté ou le droit exclusif d’exercer une autorité politique sur un territoire et un peuple donnés, est exercée à l’origine par une personne identifiée (dans un régime monarchique) ou à un groupe de personnes. Cette souveraineté se théorise au fur et à mesure que l’Etat émerge pour devenir un concept légal à part entière.

Le chant de la Nation

Chant patriotique choisi notamment pour la représentation protocolaire, l’hymne national peut être choisi par le gouvernement ou s’imposer par l’usage. Il s’agit d’un symbole fort pour la Nation puisqu’il est souvent lié à la naissance de l’État ou à son accession à l’indépendance. En effet, jusqu’au 18ème siècle, l’hymne national servait surtout à célébrer le souverain comme dans l’encore actuel et non moins célèbre « God save the Queen » (ou « God save the King » selon les époques) britannique. Beaucoup d’hymnes nationaux se sont imposés lors de révolutions (comme en France) ou de luttes pour l’indépendance pour constituer un texte fondateur à la souveraineté de l’État. Dans tous les cas, il est intrinsèquement lié à l’histoire de la Nation et proclame l’identité de la souveraineté, comme dans l’hymne kosovar sans parole afin de respecter la nature multiethnique du pays. Le Japon, l’Éthiopie ou l’Iran ont d’ailleurs ancré leurs hymnes dans les traditions musicales autochtones.

De plus, l’hymne national permet l’exaltation du sentiment d’appartenance nationale notamment lors des évènements sportifs ou internationaux majeurs où il est déclamé. La Coupe du monde française de 1998 a balayé les précédents débats qui remettaient en doute la nécessité de jouer les hymnes nationaux. Symbole familier de la communauté nationale, La Marseillaise a été le tube de l’été. Depuis, l’exhibition des symboles nationaux lors des grands événements du football international n’a plus cessé de gagner en intensité et une enquête conduite par le projet FREE (pour « Football Research in an Enlarged Europe ») dans neuf pays européens, précise que 76% des sondés déclarent qu’il est utile de «  jouer les hymnes nationaux avant les matches internationaux ».

Voir la Nation en couleurs

Autre symbole fort de la souveraineté des Nations, le drapeau se déploie également lors de ces manifestations ou sur les bâtiments institutionnels à l’intérieur du pays comme à l’étranger. Il est souvent le premier signe de reconnaissance et d’union d’une Nation qu’il illustre en couleurs et en formes. Les Canadiens ont longtemps critiqué l’absence de drapeau propre : après de nombreuses tergiversations politiques, le pays brandit son drapeau à la reconnaissable feuille d’érable le 15 février 1965 (« Flag Day »). Une large politique de promotion du drapeau a ensuite été instituée et démontre toute l’importance de ce symbole pour la Nation.

Car, le drapeau est un emblématique étendard de la Nation dont il représente la ou les cultures voire ethnies et leurs traditions. L’an passé, le vice-premier ministre du Monténégro et leader du parti Bosniaque du pays Suljo Mustafic s’est exprimé en faveur de l’inclusion d’un symbole représentant la communauté musulmane autochtone dans le drapeau national car « les membres de la communauté musulmane Bosniaque sont des indigènes du pays comme les autres, ils sont présents depuis des siècles et ont aussi construit le Monténégro. Ils font partie de la réalité sociale monténégrine et souhaiteraient l’exprimer par les symboles de la nation » affirme-t-il à la télévision nationale. Pour l’instant, le gouvernement monténégrin n’a pas donné suite.

Le drapeau est également le véhicule des messages que la Nation adresse à ses citoyens mais également au reste du monde. Par exemple, le drapeau brésilien a inscrit sa devise nationale, « Ordem e Progresso » (pour ordre et progrès) en plus des vingt-sept étoiles qui symbolisent les vingt-six Etats fédérés et le district fédéral. La toile de fond verte quant à elle fait référence au vert de l’Amazonie et le jaune or aux ressources des sous-sols. Car les symboles nationaux s’attachent souvent à représenter la richesse d’une Nation, au sens large : patrimoine naturel, culturel, personnages célèbres…

Mais il peut également devenir un formidable vecteur de la richesse économique, comme le montre la stratégie de la marque brésilienne Havaianas. Cette dernière a construit son image de marque autour du drapeau brésilien. A l’origine il s’agissait pour la marque d’afficher son soutien lors de la coupe du monde de 1998. Depuis, la marque continue de poinçonner le drapeau sur ces tongs pour en faire un accessoire de mode désirable aux quatre coins du globe. La marque surfe ainsi sur l’engouement qui ne cesse de croitre autour du pays, pour faire de la tong une « spécialité nationale », consacrée au même titre que la samba ou la cachaça.  Havaianas devient par la même occasion, un des principaux ambassadeurs économique du pays émergent.

En France aussi, le drapeau se teinte d’une dimension économique, comme le montrent les dernières discussions autour de la moi Macron, visant à encadrer l’utilisation du drapeau tricolore dans les pratiques commerciales. Ce symbole national est un des signes les plus efficaces du made in France, utilisé par des milliers d’entreprises comme SEB, qui fabrique ses produits dans l’hexagone et constate le fort impact sur les consommateurs de cette utilisation marketing. Une manière pour les citoyens de défendre les marques qui battent pavillon français et pourquoi pas de se (ré)approprier un peu de souveraineté nationale. Et cette volonté de porter les couleurs nationales est également forte s’agissant d’un autre symbole: la monnaie.


Frapper les esprits en battant monnaie : devise sur devises

Il est au quotidien un symbole fort et parfois oublié : le billet de banque. En effet, le billet de banque représente un support privilégié de la souveraineté nationale. Déjà, il constitue un des instruments phares de l’exercice de l’autorité d’un pays. Le billet de banque  rend « palpable »  la puissance d’un pays mais également la confiance accordée par ses citoyens. En ce sens, les Banques nationales ont ce souci d’incarner fidèlement leur Nation au travers de leur monnaie.

Ainsi, « sur ces marchés, c’est l’excellence technique qui permet de l’emporter. Nos clients examinent de façon extrêmement minutieuse les garanties que nous pouvons leur offrir » précise Thomas Savare qui dirige Oberthur Fiduciaire, positionnée sur le podium mondial de l’impression dite de haute sécurité. Le défi est tant d’assurer l’inviolabilité du billet que de comprendre l’identité d’un pays et de la valoriser artistiquement. « Le seul critère plus difficile à interpréter est celui du design. Les billets de banque véhiculent en effet de nombreux symboles, ils doivent contribuer au rayonnement des institutions et du pays tout entier. Si bien que l’esthétique et le design sont également pour nous des questions essentielles » précise le dirigeant d’Oberthur Fiduciaire. L’entreprise bretonne impose ainsi sa griffe dans l’impression de billets de banque à travers plus de 70 pays dans le monde.

Et le récent exemple des billets norvégiens, qui ont suscité un engouement mondial, montre bien à quel point le billet peut être un vecteur de la souveraineté nationale. De l’hymne national au drapeau en passant par la monnaie, tant de symboles qui montrent encore la vivacité de la Nation et ce malgré un contexte globalisé, souvent accusé de lisser les identités.

source/ http://www.carnetsdubusiness.com/Quels-symboles-pour-la-souverainete-des-Nations_a1049.html#DSdzs389vajV2bMu.99