1368 – Désastre nucléaire en France & répercussion en Suisse

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Réflexions concernant la votation sur l’initiative populaire fédérale «Sortir du nucléaire»

Il n’est pas facile d’en trouver trace dans nos médias, bien que le sujet pourrait faire la une des journaux: 21 des 58 réacteurs nucléaires français sont actuellement à l’arrêt.1 Un tiers des centrales nucléaires françaises ne produisent pas d’électricité.


par Ernst Pauli, ingénieur diplômé – No 27, 28 novembre 2016- Horizons & Débats


Normalement, les centrales nucléaires sont déconnectées du réseau une fois par année pour l’entretien, le remplacement des barreaux de combustibles et d’éventuelles modifications. Évidemment, on répartit la période de maintenance tout au long de l’année de sorte à ce qu’une capacité suffisante pour la production d’électricité soit à tout moment disponible.

Cependant, les arrêts actuels n’avaient pas été prévus, mais ont été décrétés, comme mesure préventive pour protéger la population, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’organisation de contrôle correspondant en Suisse à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).2

Certaines installations ont été mise hors service directement par décret, d’autres en période de maintenance sont soumises à des contrôles supplémentaires prolongeant ainsi la phase d’entretien pour plusieurs mois.

  • Depuis 18 ans, les centrales nucléaires françaises n’ont plus produit aussi peu d’électricité qu’actuellement; et c’est particulièrement en hiver que la demande de courant augmente le plus.
  • La pénurie est vaincue par l’exploitation des centrales électriques à combustibles fossiles en France,
  • et avant tout par les importations de courant provenant de l’Allemagne.

L’Allemagne possède une grande capacité de centrales électriques en réserve et peut fournir suffisamment d’électricité. Les lumières en France ne s’éteindront donc pas malgré la quantité critique de fermetures de centrales électriques.

  • Cependant, depuis septembre, les indices des prix moyens mensuels d’électricité à J+1 à la bourse européenne d’électricité (EPEX SPOT SE) de Paris ont augmenté d’un facteur d’environ 2½ pour atteindre 7,5 centimes d’euros par kWh.

L’ASN réagit aux failles de sécurité

Dans la nouvelle centrale électrique française de Flamanville, on a trouvé des anomalies dans l’acier utilisé dans des parties déjà installées de la cuve du réacteur.

  • La teneur en carbone est plus élevée que spécifiée et peut donc mener à une friabilité des composants sous pression et sous température.
  • La résistance à la rupture des matériaux n’est pas atteinte.
  • Des fuites et la libération de radioactivité pendant l’opération du réacteur ne peuvent pas être exclues.

Au cours de ces premiers examens et conclusions à Flamanville, se sont avérés d’autres indices d’irrégularités et de manipulations lors de la certification des aciers pour les cuves de réacteur et les générateurs de vapeur installés actuellement dans les centrales nucléaires françaises.

Le 25 octobre 2016, une audition parlementaire a eu lieu sur la base de ces résultats, lors de laquelle les irrégularités dans de nombreux réacteurs français ont été présentées.3 Les analyses ont encore été élargies avec le résultat mentionné ci-dessus.

Actuellement, on examine les documents de production et de contrôle de la qualité de 9000 composants construits dans la société métallurgique française Le Creusot et dans d’autres sociétés similaires.4

Les premiers résultats montrent des écarts dans les spécifications prescrites d’aciers utilisés mais également des documents de contrôle de qualité manipulés.

Il faut supposer que dans les années 1960 des composants des centrales nucléaires suisses ont été construits dans des circonstances similaires et que la qualité de ces composants n’est éventuellement pas garantie.

L’ASN a tiré des conséquences claires de ces conclusions. Chapeau bas devant les fonctionnaires et ingénieurs qui ont tiré, douloureusement, des conclusions claires des connaissances acquises jusqu’à présent. Ils ont mis à l’arrêt un nombre considérable de centrales nucléaires peu fiables et ont ordonné des investigations exhaustives.

Quelle en est la signification pour la Suisse?

Une semaine avant le vote sur l’initiative populaire fédérale «Sortir du nucléaire», une grande clameur devrait s’élever des médias suisses suite à de tels événements.

  • Après avoir déjà trouvé des défauts surprenants à Beznau 1, provenant, selon Axpo, de la production de la cuve du réacteur construit dans les années 1960, d’autres centrales nucléaires pourraient également être affectées.

Cependant, il règne un étonnant silence. Aucune information sur ce sujet ne se trouve dans les médias traditionnels, et même lors de recherches actives sur Internet par une personne connaissant bien le domaine de l’énergie nucléaire, les informations ne se découvrent que par hasard.

Dans le cadre de la votation sur l’initiative «Sortir du nucléaire», les citoyens devraient être informés au sujet de la sécurité des centrales nucléaires suisses et de la situation des centrales nucléaires françaises.

Pensons seulement à la centrale de Fessenheim, située près de la frontière suisse!

La nouvelle situation française souligne que les rapports de sécurité souvent cités concernant les centrales nucléaires sont une fois de plus que du camouflage.

Après 30, 40 ans ou plus, on découvre soudain des défauts de matériel et de qualité ainsi que des manipulations. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) – selon ses propres dires toujours en étroit contact avec les collègues des autres pays – se tient plutôt très réservée concernant la situation en France.

Les problèmes de Beznau 1 sont connus et ont abouti à l’arrêt du réacteur depuis mars 2015. Cependant, ils apparaissent maintenant encore sous un autre jour. Mühleberg, avec son enveloppe de refroidissement réparée provisoirement a été mis à l’arrêt par les opérateurs eux-mêmes.

Que reste-t-il encore de normal dans une telle situation? Si les centrales nucléaires suisses continuent à être exploitées, peut-être en tout encore 60 ans au-delà de la sortie «programmée» de l’énergie nucléaire, on risque bien d’être confronté à de mauvaises surprises, telles celles survenues actuellement en France.

Les arguments avancés lors des discussions sur la votation ne sont pas corrects

1-Dans le débat public sur la sortie du nucléaire et même dans les documents de vote, l’argumentation réside dans l’impossibilité de mettre les centrales nucléaires à l’arrêt, car sinon les exploitants pourraient adresser à la Confédération des demandes de dommages et intérêts de plusieurs milliards.

2- Puis, on explique que le remplacement de l’énergie nucléaire par du «courant sale» produit au charbon aggraverait le bilan de CO2.

3- Les aspects de la pollution par les rayonnements radioactifs, les énormes dégâts survenant lors de l’extraction de l’uranium et le problème non résolu du stockage définitif ne sont jamais traités.

4 – Les gros risques de l’énergie nucléaire – les documents manquants ou les rapports de sécurité établis avec des données manipulées – sont dissimulés en toute connaissance de cause.

Il reste un goût amer face au débat politique sur la sortie du nucléaire.

L’État et ses autorités doivent s’acquitter de leur tâche de prévention auprès du citoyen, face aux risques de l’énergie nucléaire, aux omissions et manipulations connues et face au danger potentiel et la menace en résultant pour la population. Ces réalités pèsent plus lourdement dans la balance que toutes les autres considérations.

On nous dit ne pas pouvoir remplacer le courant produit dans les centrales nucléaires suisses assez rapidement par les énergies renouvelables.

Pour combler le manque, tel qu’il est décrit dans la Stratégie énergétique 2050, il faudrait davantage de temps que celui imposé par la «sortie programmée».

Cependant, de nombreux, parfois grands projets hydroélectriques en Suisse sont actuellement bloqués pour des raisons économiques.

Les nombreuses initiatives photovoltaïques prévues par des particuliers attendent d’obtenir les subventions.

Il n’existe pas encore de dynamique pour combler le plus rapidement possible ce manque dans la production, mais elle devrait être initiée par des directives politiques.

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La seule voie pour éviter un désastre nucléaire comme actuellement en France sont la rapide mise hors service définitive des centrales nucléaires et un développement accéléré des énergies renouvelables propres. 

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(Traduction Horizons et débats)

1    Internationale Ärzte für die Verhinderung des Atomkrieges – Ärzte in sozialer Verantwortung e.V. (IPPNW). Fehlerhafte Stahlbauteile stürzen französische Atomindustrie in die Krise. 14/11/16, http://www.ippnw.de
2     Buchsbaum, Lee. France’s Nuclear Storm: Many Power Plants Down Due to Quality Concerns. 1/11/16, http://www.powermag.com
3    Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Hearing of the Parliamentary Office for the Evaluation of Scientific and Technological Choices on the anomalies and irregularities detected on nuclear pressure equipment. 3/11/16, http://www.french-nuclear-safety.fr
4    De Beaupuy, François. Areva Said to Extend Probe of Le Creusot Forge Irregularities. 3/10/16, http://www.bloomberg.com

source/http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2016/no-27-28-novembre-2016/desastre-nucleaire-en-france.html

Une réflexion au sujet de « 1368 – Désastre nucléaire en France & répercussion en Suisse »

  1. https://philippehua.com/2014/11/23/comment-leurope-empoisonne-sa-propre-population/

    c’est sous le gouvernement de François Fillon avec Nicolas Sarkozy, le maitre du jeu que les entreprises françaises peuvent désormais en toute tranquillité, recycler les déchets nucléaires dans les biens de consommation, mais surtout, les produits de construction. Nous sommes le 5 mai 2009, un arrêté ministériel, introduit une procédure de dérogation, au code de la Santé, contre l’avis même de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD). La France croule sous le poids de ses déchets radioactifs. Son sous-sol est une véritable bombe radioactive. L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dans son rapport 2012, donne un chiffre qui fait froid dans le dos : la France a 1,32 million de m3 de déchets radioactifs, et elle ne sait vraiment comment s’en débarrasser. Il faut préciser que ces chiffres, certainement minorés, nous viennent des déclarations des 3 principaux producteurs français de déchets radioactifs (EDF, Areva, CEA) pour l’année 2010.
    Alors au président Sarkozy est peut-être venue une brillante idée : pourquoi ne pas se débarrasser des déchets radioactifs en les enfouissant dans les constructions, dans les sous-sols d’autoroute durant la construction ? Aussitôt dit, aussitôt fait. Aujourd’hui, plusieurs tronçons d’autoroutes françaises sont certainement en cours de construction avec un mélange de ciment, d’aciers et de déchets radioactifs.
    Dans ce merveilleux pays démocratique qu’est la France, une entreprise nous intéresse dans notre analyse. Elle ne comporte que 3 syllabes : Socatrie. Vous ne la connaissez pas, c’est normal. Même 99% des français ne la connaissent pas. C’est une entreprise en apparence insignifiante avec un seul actionnaire, et un capital de seulement 200.000€, crée et immatriculée au Registre de Commerce et des Sociétés de Nanterre dans la région parisienne (92) le 18 décembre 1974 avec le n° B 302 639 927, sous la forme juridique de EURL précisément, son siège social se trouve au 1, place Jean Millier à Courbevoie, en région parisienne.
    Cette entreprise en apparence seulement très insignifiante va pourtant réussir ce que la mafia italienne qui malgré son exploit de créer des partis politiques, élire les députés au parlement italien et avoir des ministres, n’a jamais réussi à faire : rendre parfaitement légal ses activités détestables d’empoisonnement des populations. Mais avant de développer le sujet, cherchons à savoir plus de ce Socatri qui veut dire : Société Auxiliaire du Tricastin. C’est quoi ses activités ? elle est enregistrée sous le code 3822Z, qui en France signifie : « Traitement et élimination des déchets dangereux » et dans la catégorie : « Eau et gestion des déchets ». Qui est son unique actionnaire ? Areva. Oui, vous avez tout compris : Areva produit les déchets nucléaires et sa filiale Socatri et chargée de les faire disparaître. Comment ? Nous allons le voir maintenant.
    Nous sommes en septembre 2004, Socatri demande au préfet du département français de la Loire, l’autorisation pour faire l’impensable : violer les lois françaises et surtout le code de santé publique. Il lui demande ni plus ni moins que l’autorisation d’aller dans une aciérie de la place dénommée Feurmetal et de faire fondre 550 tonnes de ferrailles radioactives, pour ensuite la dissimuler à hauteur de 20% dans l’acier normal et le destiner à la fabrication des objets pour le grand public, notamment l’acier pour la construction des bâtiments, des ponts, des autoroutes. Selon vous, ce préfet va l’autoriser ou refuser en lui demandant de respecter la loi ? Eh bien, vous avez vu faux. Le préfet l’autorise.
    Mais là, le pire n’est pas encore arrivé, puisque cela ne reste qu’au niveau d’un petit département. 5 ans plus tard, c’est-à-dire en 2009, 2 ans après l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, c’est l’État central qui va lui-même autoriser d’empoisonner les français à grande échelle avec cette pratique. En d’autres termes, c’est sous le gouvernement de François Fillon avec Nicolas Sarkozy, le maitre du jeu que les entreprises françaises peuvent désormais en toute tranquillité, recycler les déchets nucléaires dans les biens de consommation, mais surtout, les produits de construction. Nous sommes le 5 mai 2009, un arrêté ministériel, introduit une procédure de dérogation, au code de la Santé, contre l’avis même de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD). En d’autres termes, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, 4 Ministres ont émis un décret pour permettre de déroger ou plus prosaïquement, d’annuler deux articles du code de la santé publique en France et qui datait depuis Lionel Jospin en 2002. Notamment les articles R.1333-2 et R.1333-3. Et que disaient ces 2 articles ?
    – Article R.1333-2 : il est formellement interdit d’ajouter délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommations et les produits de construction
    – Article R.1333-3 : il est formellement interdit d’utiliser des matériaux et des déchets provenant d’une activité nucléaire – et qui sont contaminés ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction.

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