1106 – Quel sera le prochain président de la République fédérale d’Autriche?

2016.08.29 autriche 20160522PHOWWW00449

La démocratie directe comme référence

hd. La rédaction de la publication «Wegwarte» examine, dans l’article ci-dessous, la situation politique actuelle de l’Autriche. Le pays se retrouve en période électorale et il faut espérer qu’il n’y aura pas à nouveau de mise en scène d’un combat émotionnel entre les deux camps, où les arguments objectifs brillent par leur absence.

Suite aux irrégularités massives lors du second tour de l’élection présidentielle en Autriche le 22 mai – où s’affrontaient Norbert Hofer et Alexander van der Bellen – la Cour constitutionnelle décida en juillet que cette élection devait être reconduite le 2 octobre. (cf. Horizons et débats no 15 du 13/7/16)

«Wegwarte» est l’organe de publication de l’«Initiative Heimat und Umwelt» [Initiative Patrie et Environnement], fortement impliqué dans le soutien des 250 000 citoyennes et citoyens exigeant un vote populaire sur le retrait de l’Autriche de l’Union européenne. Pour le moment, le Parlement autrichien s’y oppose encore.

D’ici quelques semaines, on connaîtra le résultat du second tour de l’élection présidentielle autrichienne. Dans ce contexte, il y a deux phénomènes à analyser.

  1. D’une part, on se demande si cette élection se déroulera à nouveau selon le modèle «tous contre un», donc tous contre Norbert Hofer. En disant «tous», on pense aux autres partis politiques, aux médias, aux ONG prétendument indépendantes, aux milieux ecclésiastiques etc. Ce front uni, mené par une main occulte, avait présenté, lors du second tour du 22 mai, une image stupéfiante pour une démocratie prétendue «pluraliste». On eut affaire à une véritable mise au pas idéologique effrayante de pratiquement tous les cercles «d’importance systémique» du pays.
  2. D’autre part, il s’avéra si le Parti de la liberté (FPÖ) tiendra sa parole donnée lors du premier tour, à savoir d’introduire la démocratie directe en Autriche.
    Pour nous, il était clair dès le début que M. van der Bellen – du fait de sa vision de mondialiste en phase avec l’UE, de partisan d’une immigration irresponsable à la Merkel – se trouvait à mille lieues des réels problèmes de la population locale active formant le socle du pays, et sans laquelle aucun pays ne peut exister.

C’est pourquoi nous avons, avant le deuxième tour, conçu un tract à distribuer dans tous les foyers contenant les arguments contre M. van der Bellen – intitulé «L’Autriche n’a pas besoin d’un président jouant les tremplins en faveur de l’UE bruxelloise!».

  • Environ 200 000 exemplaires furent distribués par des amis de notre mouvement dans toute l’Autriche. Notre Initiative a pris en charge les frais d’impression et d’envoi d’au total 7000 euros. Tous les dons volontaires nous aidant à couvrir ces dépenses sont les bienvenus!

Norbert Hofer, le candidat du FPÖ a développé, au cours des deux premiers tours électoraux, le thème de la démocratie directe, tant dans des interviews que dans sa campagne d’affiches dans le pays entier, avec le slogan «Tout le droit vient du peuple».

  • Lors d’une déclaration à la presse, le FPÖ fit savoir le 12 mars: «M. Hofer déclare vouloir exiger, avant l’assermentation d’un nouveau gouvernement, le développement des éléments de démocratie directe dans le programme gouvernemental … Le modèle suisse a fait ses preuves au cours des décennies …»
  • Dans son programme de parti, le FPÖ exige que les votes populaires puissent être demandés quand une initiative populaire a récolté 250 000 signatures. L’initiative pour la sortie de l’Autriche de l’Union européenne a obtenu 261 056 signatures!

De nombreux Autrichiens se demandent dans quelle mesure le FPÖ prend au sérieux ses revendications dans le contexte de la campagne actuelle pour l’élection présidentielle et pour l’avenir.

  • Faut-il demander des votes populaires pour tous les sujets ou
    seulement pour ceux convenant aux puissants? De nombreux citoyens et citoyennes prendront cela en compte lors de cette élection.

Que signifie «démocratie directe» selon le modèle suisse?

Ce système, unique en son genre et admiré dans le monde entier, signifie: à partir de la récolte de 100 000 signatures, obtenues dans la rue ou de maison à maison (sans qu’il soit nécessaire, comme chez nous, d’aller signer devant les autorités ou un notaire), concernant un sujet sans restrictions, la mise au vote populaire en découle automatiquement et son résultat est impératif pour le gouvernement. Quatre fois par an, de telles votations ont lieu (en Autriche, il y en a eu en tout deux en l’espace de plus de soixante-dix ans d’existence de la 2e République.). Aucun politicien – ni le Chancelier fédéral ni le Président – ne peut empêcher de telles votations constitutionnellement garanties.

Les compétences du Président de la République

On sous-estime très souvent les pouvoirs du Président de la République. Dans la sphère du pouvoir entre le Conseil national (Parlement), le gouvernement et le président, il détient un rôle important. Du fait qu’il soit le seul fonctionnaire d’État sur le plan national élu par le peuple, il jouit de prérogatives importantes garanties par la Constitution. Cela est sensé. Toutefois, jusqu’à présent les présidents n’ont pratiquement jamais utilisé ces prérogatives, du fait de leur appartenance et de leur soutien aux divers partis gouvernementaux bourgeois-socialistes.

L’Union européenne va financer directement l’OTAN

L’OTAN, cette alliance militaire toujours plus agressive va être, selon les récentes décisions de l’Union européenne, financée directement par cette dernière, entre autre avec l’argent des contribuables de la «neutre» Autriche; cf. http://www.deutsche-wirtschaftsnachrichten.de (http://bit.ly/2aJ1EjF).
Cela serait un mauvais coup pour l’Autriche, l’amenant, en plus des sanctions économiques, à une confrontation dangereuse avec la Fédération de Russie et ferait de l’Autriche une cible pour le terrorisme international. Seule, la sortie de l’Autriche hors de l’UE permettrait d’empêcher cela.

Référendums concernant l’UE dans d’autres États

Pas seulement en Grande Bretagne, mais aussi dans d’autres pays, ont lieu cette année des référendums concernant des questions touchant l’UE. Au Pays-Bas, le peuple a pu s’exprimer le 6 avril sur l’accord d’association de l’UE avec l’Ukraine, préliminaire à une adhésion à l’UE. Le quorum de 30% de participants à la votation nécessaire à la validité du vote fut atteint avec 32,2%. Le résultat fut un refus clair de la part de la population: 61,1% de voix opposées contre 38,1% favorables.

Tous les autres 27 États membres – y compris l’Autriche – ont déjà ratifié cet accord qui a provoqué, il y a deux ans, le coup d’État sanglant en Ukraine suivi d’une guerre civile qui dure toujours. Bien que le résultat de la votation ne soit pas impératif pour le Parlement néerlandais, on ne peut l’ignorer, d’autant moins que de nombreux commentateurs l’ont interprété comme un rejet de l’UE.

Le peuple hongrois va s’exprimer le 2 octobre, à la demande du gouvernement Orban, sur la politique migratoire de l’UE. La question posée sera la suivante: «Voulez-vous que l’UE, sans l’accord du Parlement hongrois, puisse décider de l’entrée obligatoire de personnes non-hongroises en Hongrie?»

Saviez-vous que …?

Chaque pays désirant se retirer de l’UE a, dès le dépôt de la demande de retrait, deux ans pour négocier un accord sur les modalités de sortie avec l’UE.

  • Si la conclusion d’un tel accord se révèle impossible (par exemple du fait de conditions peu favorables), l’État voulant se retirer n’est pas tenu de conclure un tel accord.

  • La sortie se fera alors automatiquement au bout de deux ans. Ceci est clairement inscrit dans l’article 50 du traité de l’UE.

  • On ne peut donc prendre au sérieux les scénarios d’horreur diffusés par l’«esta­blish­ment».

Alexander van der Bellen

M. van der Bellen n’entre pas en ligne de considération pour toute personne hostile à l’UE et favorable à la neutralité du pays. Ceci pour les raisons suivantes: son attachement sans aucun esprit critique à la structure démocratiquement illégitime du pouvoir de l’UE, dominant des États préalablement indépendants et libres; son soutien de l’OTAN et donc des guerres de déstabilisation et d’agression américaines et de leurs vassaux (y compris l’UE); son approbation du génie génétique et du caractère néolibéral d’un monde économique et d’une finance oligarchique, dominés par les multinationales. Sa déclaration réitérée de refuser l’assermentation d’un gouvernement «hostile» à l’UE, même si ce dernier possède une majorité des voix au Parlement, démontre une absence de sens démocratique, de même que son opposition aux décisions prises démocratiquement par les citoyens sur des questions concrètes.

Il faut également refuser sa volonté de réduire les compétences constitutionnelles envers le gouvernement du Président de la République, le seul fonctionnaire étatique sur le plan national étant élu par le peuple. Pour tous les défenseurs de l’environnement, il est indécent, qu’outre les parlementaires verts, l’un des principaux mécènes de sa campagne «indépendante» soit le gros industriel de la construction Hans Peter Haselsteiner ayant versé plus de 100 000 euros!    •

2016.07.16    HD_logo

Source: Wegwarte. Mitteilungen der Initiative Heimat&Umwelt, août 2016

(Traduction Horizons et débats)

source/http://www.zeit-fragen.ch/fr/ausgaben/2016/nr-18-16-august-2016/wer-wird-oesterreichs-naechster-bundespraesident.html