1060 – Présidentielle Américaine – 13/08/2016 – Rien n’est joué !

 

1/- États-Unis : seuls 14 % des électeurs ont déjà fait leur choix

2/- Présidentielle américaine : comment Wikileaks empoisonne la campagne de Clinton

3/- Evan McMullin, le républicain qui veut défier Donald Trump

4/- Entretien de Donald Trump pour le Washington Post [1/2]


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1/-États-Unis : seuls 14 % des électeurs ont déjà fait leur choix

L’impopularité des candidats démocrate et républicain est l’enjeu que devront surmonter les deux camps durant la campagne présidentielle.

Les deux candidats à la Maison-Blanche bénéficient d’un soutien populaire assez faible à trois mois de l’élection présidentielle américaine.

Un sondage dévoilé ce lundi 1er aout place Hillary Clinton en tête des intentions de vote pour la présidentielle de novembre. La démocrate a profité de la convention de Philadelphie et des polémiques autour de Donald Trump pour donner un petit élan à sa campagne.

Mais comme pour le milliardaire républicain, la majorité de l’électorat a une opinion négative de l’ex-première dame. Cette impopularité est d’ailleurs démontrée par une infographie réalisée par le New York Times ce lundi.

La convention démocrate de Philadelphie (lien1) a offert un bol d’air frais à la campagne Hillary Clinton qui enregistre un rebond de 4 points dans les intentions de vote.

À l’inverse, ces derniers jours ont été préjudiciables pour Donald Trump qui pointe désormais à 7 points de l’ancienne secrétaire d’État à un peu plus de trois mois de l’élection présidentielle, selon un sondage CBS réalisé durant le week-end.

La course à la Maison-Blanche est toutefois loin d’être jouée, puisque les candidats désignés par les républicains(lien2) et les démocrates restent très impopulaires d’après cette même consultation. Hillary Clinton progresse, mais 50 % des électeurs ont encore une opinion négative de l’ancienne « first lady ». Ce taux monte à 52 % pour Donald Trump.

Cette large proportion d’indécis va avoir un rôle fondamental dans la campagne puisque les deux candidats(lien3) à la succession de Barack Obama n’ont jusqu’ici mobilisé que 14 % des électeurs durant les primaires de leur formation politique.

Soutien limité. Le New York Times a publié une infographie(lien4) sur son site internet ce lundi pour démontrer ce faible soutien populaire des deux favoris. Le quotidien met même en avant un chiffre de 9 % de soutiens cumulés par les deux concurrents puisqu’il inclut également dans son analyse les enfants et les résidents qui ne peuvent pas voter lors du scrutin de novembre.

En recoupant les données des primaires et les statistiques démographiques, on constate que 88 millions de personnes ont pris l’habitude de ne pas voter lors des élections outre-Atlantique.

À ceux-là s’ajoutent 73 millions d’Américains qui ont décidé de ne pas se prononcer durant les primaires.

Il n’y a finalement que 60 millions des 221 millions d’électeurs qui se sont déplacés aux urnes durant le processus de désignation des candidats. Parmi eux, seuls 30 millions ont soutenu soit Donald Trump (13 millions), soit Hillary Clinton (17 millions).

191 millions d’indécis.  Ces statistiques démontrent donc qu’il reste un solde de 191 millions d’indécis, soit 86 % des électeurs, qui n’ont pour l’instant officiellement soutenu aucun des deux prétendants au bureau ovale. Cette large frange de la population sera très convoitée par les deux grands partis de l’échiquier politique à moins de 100 jours de l’élection présidentielle.

Il reste donc peu de temps à Clinton et Trump(lien5) pour gagner le cœur de ceux qui hésitent encore et quel que soit le résultat de cette présidentielle américaine, le prochain locataire de la Maison-Blanche démarrera très certainement son mandat avec un taux d’impopularité qui battra les records.

Liens

lien1 avec vidéo/http://www.lopinion.fr/video/clin-doeil/convention-democrate-obama-adoube-hillary-clinton-se-paie-donald-trump-107620

lien2 avec vidéo/http://www.lopinion.fr/video/ca-fait-buzz/convention-republicains-delegues-anti-trump-perturbent-reunion-107092

lien3/http://www.lopinion.fr/video/phrase/hillary-clinton-a-l-exact-oppose-donald-trump-107682

lien4/http://www.nytimes.com/interactive/2016/08/01/us/elections/nine-percent-of-america-selected-trump-and-clinton.html?_r=0

http://www.lopinion.fr/edition/international/faiblesse-d-hillary-clinton-face-a-donald-trump-it-s-economics-stupid-107742


 

source/http://www.lopinion.fr/edition/international/etats-unis-seuls-14-electeurs-ont-deja-fait-leur-choix-107787


2/- Présidentielle américaine : comment Wikileaks empoisonne la campagne de Clinton

De révélations en déclarations fracassantes, l’organisation connue pour avoir publié de nombreux documents confidentiels provoque un malaise au sein du camp démocrate.

Gaël Lombart (@gaellombart)|13 août 2016,

Wikileaks, faiseur de roi ? La sulfureuse organisation, qui revendique la publication depuis 2006 de plus de 10 millions de documents pour partie confidentiels, s’immisce depuis quelques semaines dans le duel Trump-Clinton pour la présidentielle américaine. Au point que certains commentateurs estiment qu’elle pourrait influer sur l’élection présidentielle de novembre.

 

Assurément, c’est la candidate démocrate qui a le plus à craindre du pouvoir de nuisance du site, célèbre depuis la diffusion de nombreux télégrammes de la diplomatie américaine à partir de novembre 2010. Le 12 juin dernier, son créateur, Julian Assange, annonce à la télévision britannique ITV la publication imminente d’emails compromettants «liés à Hillary Clinton». (lien1 avec vidéo Assange)

Tout en qualifiant Donald Trump de «phénomène imprévisible», il ne cache pas son hostilité à l’égard de la rivale de ce dernier et favorite dans la course à la Maison blanche : «Elle a encouragé des poursuites à l’égard de WikiLeaks, encore en cours. Donc, nous la voyons un peu comme un problème, pour la liberté de la presse plus généralement».

 La menace de grand déballage est mise à exécution le 22 juillet, quatre jours avant l’investiture démocrate de Hillary Clinton.
  • Wikileaks diffuse alors plus de 19 000 messages du Comité national démocrate (DNC)(lien2), dont certains montrent que la direction du parti a cherché à défavoriser le principal adversaire de Clinton à la primaire démocrate, Bernie Sanders. Ce dernier soutient malgré tout la candidate devant des sympathisants furieux, en rien calmés par la démission de la présidente du DNC, Debbie Wasserman Schultz, à la suite des révélations.

 

« Nous devons faire beaucoup de marketing sur les documents que nous publions»

Dans l’émission télé alternative Democracy Now!(lien3), Assange reconnaît que la date choisie pour publier ces informations ne doit rien au hasard : «Souvent, nous devons faire beaucoup de recherche et de marketing sur les documents que nous publions pour obtenir un grand impact politique. Mais dans ce cas, nous savions, en raison de la convention démocrate en cours, en raison du degré d’intérêt pour l’élection des Etats-Unis, que nous n’avions pas besoin d’établir des partenariats avec le New York Times ou le Washington Post».

Avant qu’éclate ce scandale, un hackeur (ou un groupe de hackeurs) caché derrière le pseudonyme Guccifer 2.0 avait, lui aussi, lâché des documents provenant du serveur du comité démocrate. Les enquêteurs s’étaient vite orientés vers la piste de l’espionnage russe. Rien n’a prouvé formellement jusqu’ici que Wikileaks ait obtenu les emails par ce biais, l’organisation refusant, de surcroît, de livrer le nom de sa source.

 

Assange donne du grain à moudre aux partisans de thèses conspirationnistes

 Mardi 9 août, Julian Assange a semé le trouble sur l’origine de la fuite, en évoquant l’homicide non élucidé, le 10 juillet, à Washington, d’un membre du DNC, Seth Rich, dont il suggère qu’il aurait pu être son informateur. Selon la police, la mort du jeune homme est liée à un cambriolage. Mais, au journal télévisé de la chaîne néerlandaise Nieuwsuur, le patron de Wikileaks a donné du grain à moudre aux partisans de thèses conspirationnistes : «Les lanceurs d’alerte font des efforts importants pour nous obtenir des documents et prennent souvent de très grands risques. Un homme de 27 ans qui travaillait pour le DNC a été abattu dans le dos, assassiné, il y a quelques semaines, pour des raisons inconnues, alors qu’il se promenait dans les rues de Washington.»

 

VIDEO. Julian Assange sur la télévision néerlandaise Nieuwsuur

 

Quand le journaliste de Nieuwsuur lui demande si Seth Rich était l’une de ses sources, Assange redevient laconique : «Nous ne communiquons pas sur nos sources». Le même jour, Wikileaks annonce sur Twitter qu’il offre 20 000 $ (environ 18 000 €) à qui aurait des informations permettant l’arrestation du meurtrier de Rich.

 

 

Sur les réseaux sociaux, l’organisation investit pleinement cette pente glissante. Alors que la campagne de Donald Trump est ébranlée depuis mardi par son appel à la violence supposé à l’encontre de Hillary Clinton(lien4), Wikileaks donne, -volontairement ou non ?-, un coup de pouce au républicain. Sur Twitter, l’organisation diffuse mercredi une vidéo dans laquelle on peut voir un commentateur politique proche des démocrates, Bob Beckel, appeler au meurtre contre Assange. La déclaration choc a beau dater de 2010, elle est relatée comme un fait du jour par des dizaines de blogs d’information peu scrupuleux.

Depuis plusieurs jours, certains démocrates brossent le scénario du pire : «Selon toute vraisemblance la Russie et Assange prévoient déjà une «October surprise», (surprise d’octobre, ndlr) pour influencer notre élection et déstabiliser l’alliance occidentale», s’inquiète l’analyste politique Craig Varoga, cité par Politico(lien5). «October surprise» ou cet événement de dernière minute qui, dans le sprint final, peut faire basculer l’élection présidentielle américaine. Un cas de figure, fatal à Jimmy Carter en 1980, que les médias américains n’excluent plus, alors que Julian Assange promet d’autres révélations dans les semaines à venir.

 

La prochaine bombe d’Assange ?

 

«Le gouvernement américain, quand Hillary Clinton était en charge de la politique étrangère, a utilisé la Libye comme un canal pour armer les djihadistes en Syrie». C’est la lourde charge envoyée, le week-end dernier, par Julian Assange à l’endroit de la démocrate.

Dans une interview diffusée par la chaîne russe RT (lien6), l’Australien a voulu voir en la société française Lafarge un lien entre Daech et la postulante à la succession d’Obama.

  • Le cimentier, devenu LafargeHolcim, a été accusé en juin par Le Monde d’avoir financé indirectement l’organisation État islamique(lien7) en négociant des droits de passage aux checkpoints tenus par les djihadistes, dans la région de Jalabiya, en Syrie. «De l’argent de Lafarge, en 2015 et 2016, est allé à la Hillary Clinton Foundation (en fait, Clinton Foundation, ndlr).
  • Il y a une relation de longue date entre Lafarge et Clinton. Elle a été membre du conseil (d’administration, entre 1990 et 1992, ndlr)», a affirmé le patron de Wikileaks.

Un Assange évasif, qui a exagéré, au passage, le nombre de messages mentionnant Lafarge dans les «fichiers syriens» de l’organisation, 350 au lieu de 35. S’il n’a pas apporté de preuve à ses accusations, il a confirmé que des e-mails liés à la Clinton Foundation devaient être prochainement diffusés.

L’entretien, assez largement relayé et commenté sur Internet, a été publié quelques jours avant la sortie polémique de Donald Trump attribuant à Barack Obama et Hillary Clinton la responsabilité de la création de Daech (lien8). Des propos qui, selon le conseiller d’Hillary Clinton Jake Sullivan jeudi, faisaient «une nouvelle fois écho aux arguments utilisés par (le président russe Vladimir) Poutine et nos adversaires pour attaquer les dirigeants américains et les intérêts américains».

 Depuis plusieurs semaines, Donald Trump est accusé par les démocrates (et même par un ancien directeur de la CIA, Michael Morell)(lien9) d’être l’idiot utile du Kremlin. Le 27 juillet, quelques jours après la fuite des messages de la DNC, le républicain avait, en conférence de presse, appelé la Russie, soupçonnée d’être à l’origine du «leak», à trouver de nouveaux e-mails. Alors que la sécurité nationale s’impose parmi les principaux thèmes de campagne, l’expérience de Hillary Clinton en tant que Secrétaire d’État rassure… tant que des informations compromettantes ne font pas surface.

liens

lien1 avec vidéo/http://www.itv.com/news/2016-06-12/julian-assange-wikileaks-plans-to-release-more-private-emails-sent-by-hillary-clinton/

lien2/https://wikileaks.org/dnc-emails/

lien3 avec vidéo/http://www.democracynow.org/2016/7/25/exclusive_wikileaks_julian_assange_on_releasing

lien4 avec vidéo/http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-americaine/trump-accuse-d-avoir-lance-un-appel-a-la-violence-voile-contre-hillary-clinton-10-08-2016-6029203.php

lien5/http://www.politico.com/story/2016/08/clinton-democrats-hacking-dnc-october-surprise-226743

lien6 vidéointerviewAssangedu06/08/2016/https://www.youtube.com/watch?v=1IfrNZfqGsQ

ien7/http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/06/21/comment-le-cimentier-lafarge-a-travaille-avec-l-etat-islamique-en-syrie_4955039_3218.html

lien8/http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-americaine/elections-americaines-hillary-clinton-estime-que-donald-trump-a-depasse-les-bornes-11-08-2016-6031871.php

lien9/http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-americaine/elections-americaines-trump-accuse-d-etre-un-agent-russe-par-un-ex-chef-de-la-cia-05-08-2016-6017831.php


source/http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-americaine/presidentielle-americaine-comment-wikileaks-empoisonne-la-campagne-de-clinton-11-08-2016-6032591.php


3/- Evan McMullin, le républicain qui veut défier Donald Trump

Cet ancien agent de la CIA pourrait surfer sur le mouvement anti-Trump qui sévit dans les rangs républicains –

 PHOTO: Evan McMullin is seen in this undated profile photo from his Facebook page.

Le camp républicain paraît plus divisé que jamais. À trois mois de l’élection présidentielle, Evan McMullin a officialisé sa candidature, lundi 8 août. Dans le viseur du conservateur ? Donald Trump davantage qu’Hillary Clinton.

Les Américains s’attendaient à une candidature surprise à la présidentielle du charismatique Michael Bloomberg. Ce sera finalement Evan McMullin qui tentera sa chance dans une course de longue haleine vers le bureau ovale. Ce quadragénaire conservateur a en effet officialisé dans un communiqué envoyé lundi 8 août à la chaine ABC(lien1avec vidéo) sa volonté de se frotter à Hillary Clinton(lien2). Et surtout à Donald Trump dont il n’a de cesse de critiquer l’autoritarisme. « En cette année où les Américains ont perdu la fois dans les candidats des deux grands partis. Il est temps qu’une nouvelle génération de dirigeants s’élève », pouvait-on lire sur le compte Facebook du natif de Provo, dans l’Utah.

Bien moins en vue que l’ancien édile de New York, celui qui fut agent de la CIA dans une autre vie peut néanmoins compter sur de nombreux soutiens sur les bancs républicains. Joe Scarnorough, présentateur de télévision et membre républicain de la chambre des représentants en Floride jusqu’en 2001 a déclaré que les membres du GOP étaient prêts à se délester de nombreux billets verts pour voir l’homme providentiel court-circuiter Donald Trump(lien3). Décrit comme proche de Mitt Romney, investi par les républicains en 2012, l’ancien conseiller du Parti à la chambre des représentants qui se présentera en indépendant serait le chouchou du mouvement Better for America, une organisation qui lutte au sein du Vieux parti pour trouver une alternative au controversé magnat de l’immobilier.

La Maison-Blanche est encore loin. Le parcours sera néanmoins semé d’embuches pour cet homme pas forcément taillé pour un tel objectif. Jamais élu, Evan McMullin est également inconnu des Américains(lien4), et même de nombre de républicains, comme l’indique le Guardian(lien5). Et même avec de généreuses donations, son budget de campagne aura bien du mal à rivaliser avec les dizaines de millions d’euros mensuels qu’encaissent Hillary Clinton et Donald Trump. Autre chausse-trappe : les procédures fastidieuses d’inscription des candidats après des autorités des États membres qu’Evan McMullin aura du mal à remplir au vu du temps qui lui est imparti. Il n’est peut-être pas un rival digne de ce nom pour Donald Trump, mais il pourra cependant lui voler quelques précieuses voix sur la route.

lien1avecvidéo/http://abcnews.go.com/Politics/cia-agent-evan-mcmullin-launch-independent-presidential-bid/story?id=41201256

lien2/http://www.lopinion.fr/edition/international/faiblesse-d-hillary-clinton-face-a-donald-trump-it-s-economics-stupid-107742

lien3/http://www.lopinion.fr/edition/international/presidentielle-americaine-donald-trump-calme-jeu-apporte-soutien-a-107963

lien4/http://www.lopinion.fr/edition/international/etats-unis-seuls-14-electeurs-ont-deja-fait-leur-choix-107787

lien5/https://www.theguardian.com/us-news/2016/aug/08/republican-evan-mcmullin-presidential-run-trump


source/http://www.lopinion.fr/edition/international/evan-mcmullin-republicain-qui-veut-defier-donald-trump-108020


4/- Entretien de Donald Trump pour le Washington Post [1/2]

Source : Bob Woodward et Robert Costa, Washington Post, le 2 avril 2016.

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Trump vers la candidature à la présidentielle

BOB WOODWARD : Ma première vraie question est : où commence l’histoire de votre décision de vous porter candidat à la présidence ?

DONALD TRUMP : Où commence l’histoire ? […] Je pense que le début était au sommet de l’escalator de la Trump Tower le 16 juin. […] Il y avait tellement de caméras. Tellement qu’elles s’empilaient. L’atrium de la Trump Tower, qui est un très grand bâtiment, était rempli. Cela était vraiment comme les Academy Awards [équivalent des Oscars français, NdT].

[…]

DT : […] Je dirais franchement que c’était au début de l’année passée, autour de janvier. Et cela s’est fait en plusieurs fois. Une pendant que j’étais très occupé à faire des affaires. J’y ai sérieusement pensé une fois […]. J’ai fait un discours vers la fin des années 80 dans le New Hampshire mais c’était vraiment un discours qui était… ce n’était pas un discours politique. Mais parce qu’il s’est trouvé être dans le New Hampshire…

[…]

DT : […] La vraie ouverture était la période de Romney, ou sa fin. Cette dernière remonte à quatre ans. Je l’ai vraiment prise en considération. Depuis, je n’y ai plus pensé sérieusement car j’étais occupé à monter mon entreprise et ça marchait bien. Puis je suis monté au New Hampshire et y ai fait un discours. C’est à cause de ça que nous parlons du New Hampshire comme si c’était le départ de la course de Trump. Depuis, beaucoup de gens ont dit que Trump va entrer dans la course. Je n’ai jamais été intéressé. Je pourrais résumer cela en disant que j’y ai vaguement songé, en plus de l’autre fois, quand Romney était dans la course. J’ai bien pensé que Romney était un mauvais candidat. J’ai pensé que – selon moi Obama pouvait être assez facilement défait et même très facilement. Vous savez que nous avions un président qui, disons, s’en sortait assez mal, pour rester poli. J’y ai vraiment réfléchi. Ce ne fut pas très facile car j’avais de grands travaux en cours que je voulais absolument achever. Mes enfants étaient plus jeunes et quatre ans de différence, ça compte. J’avais en plus un contrat signé pour monter “The Apprentice” [émission de téléréalité dans laquelle il a été le premier animateur, NdT] avec NBC. Ce qui ne semble franchement pas beaucoup quand vous parlez de “présidence”, mais avec un spectacle hebdomadaire de deux heures à un moment de grande écoute sur un grand réseau…

[…]

BW : Alors, quand avez-vous dit à quelqu’un de votre famille ou de votre entourage : “J’ai décidé de me lancer.” Autrement dit, j’ai eu le déclic.

DT : En fait, j’en parlais à ma famille tout le temps. Don est l’un de mes fils, et il fait un très bon boulot. Il est très investi dans ce boulot… Don et ma famille, j’en parlais beaucoup de ce sujet. Je disais, “Je n’arrive pas à croire qu’ils sont en train de le faire.” Et autre chose arrivait. Une grande partie du building de la Bank of America située à San Francisco et le 1290 Avenue of the Americas [autre nom de la Sixième Avenue à New York, NdT] m’appartient. Je l’ai pris à la Chine. Je veux dire qu’il appartenait à des Chinois. C’était un gros truc. C’était une guerre, c’était vraiment une guerre.


Le rapport de Trump avec les médias

BW : Vous diriez que le problème vient de la presse, de la couverture médiatique ?

DT : Non, mais je pense… Je dis ça : ma couverture médiatique n’est pas honnête. Elle ne l’est vraiment pas. Je ne dis pas ça comme quelqu’un qui aurait un genre de complexe. Je veux dire que je dis des choses qui sont ensuite rapportées complètement différemment de ce que j’ai dit. Et je vois tout ça – en toute honnêteté, la direction éditoriale du Washington Post. Ça m’a tué. Quand j’ai quitté, la pièce, je croyais que tout allait bien.

[Vers le milieu de l’interview]

DT : J’adorerais continuer ça. Je passe vraiment un bon moment. Je vais probablement finir par maudire cette journée. Je vais me dire, comment ils ont pu dire des trucs pareils sur moi ? Mais vraiment, j’adore ça…

BW : Je comprends ça. Et vous savez, ce sont des questions si sérieuses, et vous y répondez avec – vous êtes clair et direct. J’apprécie beaucoup.

[Plus tard]

DT : Les médias me traitent de manière injuste, et très incorrecte. […] Eh bien, je crois qu’ils s’intéressent plus à faire des coups. J’ai fait une chose l’autre jour avec – sur CNN – avec Anderson Cooper. Je ne sais pas si vous avez vu les audiences. […] Elles sont sorties – je viens de les avoir. Elles ont crevé le plafond. Là. La mienne a crevé le plafond, je veux dire : mon heure a crevé le plafond. Maintenant, il y a du bon et du mauvais. Le mauvais est qu’ils veulent trop me suivre, et ils écrivent des choses qu’ils ne devraient peut-être pas. Mais ces courbes étaient phénoménales. Gagnant de la soirée, battu tout le monde, etc., etc. Mon segment, pas les autres. Les autres segments ont bien fonctionné, mais mon segment a été une des meilleures audiences depuis longtemps et a battu tout le monde sur le câble – battu tout le monde à la télévision ce soir-là. Vous jetterez un œil. Il y a du bon et il y a du mauvais. Le mauvais est qu’ils ne veulent rien faire d’autre que me couvrir. Ils écrivent des histoires qui sont – qui n’ont même pas de sens. Je dis juste, j’aimerais être traité de manière vraie et juste par les médias.

BW : Pourquoi, alors ? Est-ce de l’idéologie, de l’esprit partisan, de la paresse ? C’est quoi ?

DT : Eh bien, il peut y avoir de la paresse. Aujourd’hui, ils veulent des clics. Dans le temps, ils voulaient de l’audience, ou ils voulaient vendre des journaux. Aujourd’hui, ils voient si quelqu’un clique. Alors ils écrivent une histoire sur moi et ils ont des clics de partout. Ils font une histoire sur quelqu’un d’autre, ça ne compte pas. C’est tout ce que je peux dire. J’aimerais être traité équitablement par les médias. Si j’étais traité équitablement par les médias, je crois que vous verriez une grande différence dans l’alliance et la construction de cette alliance et sur un tas de choses. Mais ceci dit, je ne suis pas prêt pour construire une alliance. Autre chose. Je vous ai dit ça. Nous recevons des appels de tellement de monde à qui vous parlez, vous leur parlez, et ils disent oh on n’aime pas Trump, nous devons arrêter Trump. Ils m’appellent. Ils vous parlent et ils m’appellent. Parce qu’ils pensent que je vais gagner.

[A la fin de l’interview]

DT : Je vous demande juste de me traiter équitablement. Traitez-moi équitablement… En fait, la vérité est que c’était très intéressant. Personne ne m’avait posé ces questions.


Trump, la présidence et les valeurs

BW : Sans noms […] de vice-présidents, quels seraient le rôle et les responsabilités de votre vice-président, si vous étiez élu, si vous gagniez l’investiture ?

DT : Eh bien, son rôle numéro un est d’être un grand président si quelque chose arrivait. Ok ? Ca a toujours été le rôle numéro un pour un vice-président… Après, je vais vous dire franchement, il doit être quelqu’un qui peut vous aider à être élu. Et troisièmement, quelqu’un qui vous aide avec le Sénat et la Chambre. Donc ça doit être une personne politique. En d’autres termes, je n’ai pas besoin d’un autre grand homme d’affaires comme moi et – je n’ai pas besoin de ça. […] Quelqu’un qui peut entrer dans le Sénat et qui a été ami avec ces gens depuis 25 ans. Et avec qui les choses avancent. Alors à 95%, je me vois choisir une personne politique, en opposition à quelqu’un de l’extérieur. […] Ce serait le vice-président – je voudrais avoir quelqu’un… Par exemple, quelqu’un comme Ben Carson. Quand Ben Carson est venu vers moi – pas forcément vice-président – mais quand il a appelé, il a appelé, il a dit “Ce que vous faites est fantastique. C’est un mouvement. Et vous le voyez.” Quand j’annonce que je vais aller à Tampa trois jours avant, et que, trois jours après, nous y sommes, il y a 25 000 personnes dans le stade des équipes de sport professionnelles…

[…]

RC : Alors, pour rester dans le thème de la présidence pour une seconde, je ne pense pas que tant de gens que ça sachent à quel point vous valorisez la discrétion et la loyauté dans vos affaires. […] Une chose que je me suis toujours demandée, allez-vous faire signer une clause de non divulgation aux employés du gouvernement fédéral ?

DT : Je crois qu’ils devraient. Vous savez, quand quelqu’un – je vois ça tout le temps… Je ne sais pas, il pourrait y avoir une loi disant que vous ne pouvez pas faire ça. Mais quand les gens sont choisis par un homme pour entrer au gouvernement à haut niveau, et qu’ils quittent le gouvernement et écrivent un livre sur un homme et disent des tas de choses qui étaient très personnelles et privées, je n’aime pas ça. Je veux dire, je vais être honnête. Les gens diraient “Oh, c’est terrible, vous le privez de sa liberté d’expression.” Bon… Je dirais… J’ai des accords de non divulgation, c’est pour ça que vous ne lisez pas que…

[…]

RC : Mais c’est très différent quand vous êtes au gouvernement fédéral.

DT : C’est différent. Je suis d’accord. C’est différent. […] Je vais vous dire, il faudra que j’y réfléchisse. Il faudra que j’y réfléchisse. C’est une affaire différente, conduire une entreprise privée où je paie les gens très chers, et ils sortent et…

BW : Les contribuables paient le personnel du gouvernement fédéral.

DT : Bien sûr. Bien sûr. Et il peut arriver qu’ils ne fassent pas du très bon travail, et alors vous les renvoyez et ils finissent par écrire un livre sur vous. Alors c’est différent. Je dirais que dans un gouvernement fédéral c’est différent. Alors c’est quelque chose à quoi il faut que je réfléchisse. Mais vous savez, je le fais dès maintenant. J’ai des milliers et des milliers d’employés, des milliers, et chacun d’eux a signé un accord, un… j’appelle ça une confidentialité.

BW : Disons que vous soyez élu président. Est-ce qu’un seul mandat de quatre ans suffirait ?

DT : Je dirais ceci : j’ai vu des gens faire des déclarations pour le Sénat et pour d’autres positions […]. Je voudrais dire que chaque fois que j’ai vu quelqu’un faire cette déclaration, et ensuite se sentir bien, croyant faire un excellent travail, et être candidat, ils perdent à cause de cette déclaration. Alors je ne veux jamais dire que quatre ans… Je ne voudrais jamais me limiter à quatre ans. Je crois que je peux faire un immense travail en quatre ans. Une de vos questions, j’ai remarqué, est “Qu’est-ce que je ferais au cours des 90 premiers jours de mon mandat ?” – nous en parlerons après. […] Mais, je crois que je peux faire un splendide travail. Voici ce que je pense : si je fais un excellent travail et si je me sens bien, je dirais que je repartirais pour quatre ans de plus. Parce que là encore, je ne veux pas m’imposer ce fardeau. Si je fais du bon travail, je devrais avoir le droit de le faire. Je dis ça uniquement parce que vous savez, Bob, j’ai vu tellement de gens le dire. Même pour des fonctions locales. S’ils décident d’y aller, ils perdent toujours parce qu’ils font cette déclaration. Alors je ne veux pas dire ça. Mais je crois que je pourrais faire un travail fantastique en quatre ans.

[…]

DT : Le but, pour moi, est de redonner sa grandeur à notre pays. […] Pour moi, le but, c’est quand je dirai, félicitations tout le monde, mon travail est fini. Nous rendrons notre pays financièrement fort de nouveau. Il y a une femme qui est venue vers moi. Une femme fantastique. J’ai dit ça une ou deux fois pendant le discours. Elle a dit “M. Trump, je vous aime. Vous êtes incroyable. Je vote pour vous à 100%, mais pourriez-vous arrêter de dire que vous allez rendre à nouveau notre pays riche ?” J’ai répondu, “Je vois ce que vous voulez dire – ça ne sonne pas bien. Mais sans redevenir riches, nous ne pouvons pas redevenir grands.” Je vais rendre ce pays riche de nouveau. […] Nous ne pouvons pas protéger le monde entier. Regardez notre budget militaire, il est énorme comparé à n’importe quel autre pays. Mais qu’est-ce qu’on fait ? Nous nous occupons des besoins militaires de tous ces autres pays. Ces pays sont bien plus riches que nous. Nous ne sommes pas un pays riche. Nous sommes une nation débitrice. Nous devons nous débarrasser de – j’ai parlé d’une bulle. Nous devons nous débarrasser des 19 000 milliards de dollars de dettes.

BW : Ça prendra combien de temps ?

DT : Eh bien, je dirais sur une période de huit ans. Et je vais vous dire pourquoi. […] Je renégocie tous nos accords, Bob. Les grands accords commerciaux qu’on est en train de mener si mal. Avec la Chine, 505 milliards de dollars de transactions cette année. Nous perdons avec tout le monde. Beaucoup de ces accords – des tas de gens disent, comment les politiciens peuvent-ils être aussi stupides ? Ce n’est pas qu’ils soient stupides. C’est qu’ils sont contrôlés par des lobbyistes et des intérêts particuliers qui veulent que ces accords soient faits.

[…]

DT : Une chose rapide que je vais faire, beaucoup de gens disent, oh, les juges… Pour moi, les juges – parce qu’il va y en avoir beaucoup dans les quatre prochaines années. Nous en avons déjà un qui était inattendu à Scalia. Alors les juges vont être importants. Vous allez avoir soit des juges super libéraux, ou vous allez avoir des juges conservateurs. Tellement important. Ils ne me connaissent pas assez bien. Bon, quel genre de juges ? Je vais faire une chose. C’était mon idée, et je crois que c’était une bonne idée. J’ai parlé au sénateur Sessions et à d’autres personnes, et je reçois des noms. Les fédéralistes. De très bonnes personnes. La Fondation Héritage. Je reçois des noms, et je vais proposer une liste de 10 noms, 10 ou 12 noms, comme juges. Je vais annoncer que ce sera les juges que je vais nommer, sans ordre particulier. Et je vais le garantir. Je vais le dire aux gens. Parce que les gens s’inquiètent que, oh, par exemple, peut-être qu’il va nommer les mauvaises personnes. Des gens comme – ma sœur est à la cour d’appel. Très intelligente. Elle est une personne très intelligente, très hautement respectée. Très intelligente.


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