1/- L’investiture pour les candidats démocrate et républicain n’est pas terminée, que le duel pour la présidentielle commence déjà.
2/- Primaires américaines : Donald Trump fonce vers l’investiture républicaine
3/- Primaires américaines : des excès au succès, la marche triomphale du magnat populiste
4/-Présidentielle américaine, J-187 : Trump en route vers l’investiture républicaine
5/- Primaires américaines : l’abandon de Ted Cruz ouvre la voie à Donald Trump
Les prochaines élections des primaires sont prévues sur l’île de Guam, le 7 mai. Douze sièges de délégués démocrates sont en jeu à l’occasion des caucus qui y sont organisés. Les républicains s’y sont prononcés le 12 mars.
1/- L’investiture pour les candidats démocrate et républicain n’est pas terminée, que le duel pour la présidentielle commence déjà.
Donald Trump a attaqué Hillary Clinton, sa probable adversaire dans la course à la Maison-Blanche en novembre, sur MSNBC mercredi.
Alors que les deux derniers rivaux du milliardaire populiste aux primaires ont jeté l’éponge, rien ne l’empêche donc de recueillir les 1237 délégués nécessaires pour empocher automatiquement l’investiture, ce qui est loin de ravir le parti républicain. Du côté des démocrates, Hillary Clinton est quasiment assurée de l’emporter.
Clinton répond
«Hillary Clinton a fait preuve de manque de jugement», a attaqué Donald Trump. «C’est Bernie Sanders qui l’a dit. Regardez le scandale des e-mails, elle ne devrait même pas avoir le droit d’être candidate».
Hillary Clinton n’a pas hésité à répondre. «J’ai observé la présidence de près, de deux points de vue différents», a-t-elle martelé dans un entretien sur CNN. «Nous ne pouvons pas courir le risque qu’un danger public comme Donald Trump dirige notre pays». «Donald Trump est d’accord pour que d’autres pays aient l’arme nucléaire», a notamment souligné Hillary Clinton.
Est-elle inquiète des attaques à venir du républicain, qui a insinué qu’il rouvrirait les affaires Clinton des années 1990? «Depuis 25 ans que je suis dans l’arène, j’ai subi à peu près toutes les attaques politiques imaginables», a-t-elle répondu.
Trump ne craint pas les divisions de son parti
Le milliardaire populiste a également promis d’unifier son parti, totalement déchiré autour de sa candidature. Des républicains ont annoncé depuis mardi qu’ils quittaient le parti républicain, d’autres menacent de voter pour Hillary Clinton.
Le candidat prétend vouloir tourner la page des primaires et faire la paix avec un parti qui a pourtant tout fait pour le bloquer. «Nous allons unifier le parti, nous allons rassembler les gens», a-t-il assuré sur Fox News. Mais, conscient de l’opposition irréductible de certains conservateurs, il ajoute: «Je ne veux pas forcément tout le monde, pour être honnête».
«Certains républicains de l’appareil vont se boucher le nez et soutenir le candidat Donald Trump pour la forme, mais un grand nombre de républicains de l’establishment vont continuer à faire campagne contre Donald Trump, particulièrement les candidats républicains au Sénat dans les Etats modérés», explique John Hudak, chercheur à l’Institution Brookings à Washington.
Sûr de son fait, Donald Trump a commencé à chercher un colistier pour être candidat au poste de vice-président, un choix qu’il devrait selon la tradition officialiser avant la convention.
VIDEO. Quelles chances pour Donald Trump ?
Clinton favorite dans les sondages
En cas de duel Clinton-Trump à la présidentielle, Hillary Clinton, 68 ans, partirait favorite. Elle recueille 47% des intentions de vote des Américains contre 40,5% pour Donald Trump, selon la moyenne des six derniers sondages réalisés. Mais le monde politique craignait que les six prochains mois ne soient aussi imprévisibles que les dix derniers.
SOURCE/http://www.leparisien.fr/international/primaires-americaines-seul-candidat-republicain-en-course-trump-attaque-clinton-05-05-2016-5769361.php
2/-P3rimaires américaines : Donald Trump fonce vers l’investiture républicaine
04 Mai 2016, 07h24 | MAJ : 04 Mai 2016, 07h21

Donald Trump se rapproche d’une victoire par K.O. Le milliardaire populiste a terrassé mardi Ted Cruz, son dernier rival de poids, et a désormais la quasi-certitude d’être le candidat des républicains à la présidentielle de novembre.
Tout laisse présager un match contre la démocrate Hillary Clinton qui, malgré sa défaite mardi, possède une large avance sur son concurrent Bernie Sanders.
15 candidats au tapis
Dans l’Indiana mardi, Donald Trump a remporté 53% des voix républicaines contre le sénateur du Texas (37%), qui a annoncé dans la foulée, «le coeur lourd», qu’il suspendait sa campagne, constatant que sa candidature n’était plus viable. Après ce vote, Donald Trump compte 1007 délégués sur les 1237 nécessaires pour être automatiquement désigné, contre 546 pour Ted Cruz. Seul John Kasich, gouverneur républicain de l’Ohio, restait en course face à Donald Trump. Mais il n’a que 153 délégués…
Au terme d’une campagne extraordinaire de dix mois et demi, Donald Trump a ainsi éliminé 15 candidats plus qualifiés les uns que les autres, des gouverneurs, sénateurs et chefs d’entreprise dont les compétences n’ont pu rivaliser avec ce qui a justement fait le succès de l’homme d’affaires : son absence totale d’expérience politique. Le New-Yorkais de 69 ans n’ayant jamais exercé de mandat électif.
«Nous voulons unifier le parti républicain», a déclaré Donald Trump après ces résultats. Pourtant, la candidature du milliardaire est loin de faire l’unanimité dans son camp. Toutefois, le front anti-Trump n’a pas trouvé de porte-flambeau efficace malgré des millions de dollars de dépenses et l’appui de personnalités conservatrices Même le président du parti républicain, Reince Priebus, s’est résigné à l’inéluctable et a appelé à l’unité autour de Donald Trump, le qualifiant de «candidat présumé».
3/- Primaires américaines : des excès au succès, la marche triomphale du magnat populiste
LE MONDE | 04.05.2016 à 11h52 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)

Donald Trump a sans doute remporté les primaires de l’Indiana vendredi 12 février.
- Ce jour-là, la direction du géant de l’air conditionné Carrier avait annoncé la délocalisation d’unités de production au Mexique et la suppression de 1 400 emplois à Indianapolis.
- Deux jours plus tôt, une autre entreprise, United Technologies Electronic Controls, avait déjà rendu public le transfert d’usines dans le même pays et la fin de 700 emplois à Huntington, dans le nord de l’Indiana.
Ces suppressions d’emplois, M. Trump n’a cessé de les rappeler dans les derniers jours de la campagne, puis encore dans son discours de victoire prononcé mardi 3 mai au soir à son quartier général, la Trump Tower de Manhattan. Là où tout a commencé il y a moins d’un an.

Lorsque le magnat de l’immobilier descend l’escalier mécanique pour annoncer sa candidature à la primaire républicaine, le 16 juin, il dévoile immédiatement son principal angle d’attaque : le nationalisme économique. Des formules frappent les esprits : sa volonté de construire un « mur » sur la frontière avec le Mexique pour empêcher l’infiltration de sans-papiers, « des violeurs », dit-il, qui apportent « la drogue ». Mais la lutte contre une immigration jugée menaçante pour les emplois américains n’est qu’un aspect de sa ligne politique qu’il va schématiser bien plus tard, le 27 avril, par le slogan « L’Amérique d’abord ».
Le 16 juin, M. Trump étrille consciencieusement les partenaires économiques asiatiques des États-Unis, accusés de tirer parti de l’incompétence des administrations américaines successives. La Chine est particulièrement mise en cause. Ces attaques virulentes propulsent en trois semaines M. Trump en tête des intentions de vote. « Il a touché un nerf », dira plus tard l’un des rivaux de M. Trump, le gouverneur de l’Ohio, John Kasich. Les états de service impeccables de ce dernier en des temps ordinaires se révèlent particulièrement contre-indiqués compte tenu de l’esprit d’insurrection qui taraude une partie de la base républicaine. M. Kasich ne sera pas le seul a en souffrir.
« Plafond de verre »
Les premières analyses de l’électorat potentiel du magnat de l’immobilier rassurent les cadres républicains. Il s’agit de personnes en majorité blanches, peu éduquées, disposant plutôt de faibles revenus. Un électorat séduit par la réussite et le franc-parler d’une figure qui s’est illustrée des saisons durant dans l’émission de télé-réalité « The Apprentice ». De tous les candidats républicains, il est de loin le plus connu, pour le meilleur comme pour le pire.
Les intentions de vote sont-elles convertibles en bulletins de vote ? La participation effective aux élections de cet électorat situé sur les marches républicaines n’est pas jugée garantie. Enfin et surtout, M. Trump se heurte à un « plafond de verre » : le pourcentage d’électeurs républicains résolument hostiles à ce qu’il soit investi par le Parti républicain.
De controverses en déclarations fracassantes, notamment sur l’islam et à la suite des attentats de Paris et de San Bernardino, en Californie, M. Trump campe en tête de la course à l’investiture républicaine jusqu’aux premiers scrutins, lors des caucus de l’Iowa, le 1er février. La compétition débute par une défaite que M. Trump aura un peu de mal à digérer, mais elle montre que les intentions se transforment bien en votes. Elle témoigne aussi et surtout de l’attractivité inattendue exercée par le magnat de l’immobilier auprès de la « famille » républicaine en théorie la plus rétive à un candidat deux fois divorcé et plutôt tolérant par le passé vis-à-vis de l’avortement : les conservateurs religieux.
Dans l’Iowa rural, cet électorat était pourtant considéré comme captif pour des candidats tels que le sénateur du Texas Ted Cruz et le neurochirurgien à la retraite Ben Carson. Mais le milliardaire bénéficie de l’appui apporté par Jerry Falwell Jr., le président de la Liberty University. Il s’agit du bastion de la droite religieuse américaine où M. Cruz a d’ailleurs lancé sa candidature, trois mois avant M. Trump.
La Caroline du Sud, un peu plus de deux semaines plus tard, puis les États sudistes qui votent cette année à l’occasion du premier Super Tuesday, le 1er mars, confirment la puissance de M. Trump. Lors de cette soirée électorale, les experts de la politique américaine invités par les grandes chaînes d’information restent sans voix devant les triomphes enregistrés par ce candidat new-yorkais en Géorgie, en Alabama et dans l’Arkansas, comme un peu plus tard dans le Tennessee ou le Mississippi. Cette mainmise sur le bloc sudiste permet à M. Trump de prendre le large au point d’alarmer une bonne partie de la direction républicaine ainsi que certains de ses plus importants financiers, révulsés par l’hétérodoxie de ce candidat hostile au libre-échange.
Divisé en un trop grand nombre de candidat, le camp des républicains plus modérés que M. Trump et que M. Cruz, qui bénéficie de l’excellence de son organisation de terrain, ne parvient cependant pas à faire émerger une alternative aux deux hommes qui trustent les premières places et les délégués. Les rangs des prétendants s’éclaircissent trop tardivement pour que le mieux placé d’entre eux, le sénateur de Floride Marco Rubio, puisse en profiter. Il est d’ailleurs humilié par M. Trump dans son propre État, la Floride, le 15 mars.
Le succès coïncide avec une nouvelle progression de M. Trump. « Je déteste avoir à le dire mais je deviens “mainstream” », avait déclaré, prémonitoire, M. Trump le 28 février au cours d’une réunion publique dans l’Alabama. Après quelques revers dans le Grand Ouest américain, qui poussent M. Cruz à espérer un « tournant », notamment à la suite d’un succès dans le Wisconsin, le 5 avril, la course des primaires se déplace vers le flanc oriental de la « ceinture de rouille » des vieux Etats industriels du nord des États-Unis, de la Pennsylvanie à l’État de New York. Il s’agit à nouveau d’un terrain idéal pour le message de M. Trump.
Le magnat de l’immobilier reprend sa marche en avant, faisant définitivement voler en éclats le « plafond de verre » censé verrouiller son investiture. Il bénéficie alors d’un réflexe légitimiste au sein d’une majorité de l’électorat républicain. Cette dernière se montre nettement hostile à la manœuvre tentée par M. Cruz et la coalition hétéroclite des anti-Trump républicains : empêcher M. Trump d’obtenir les 1 237 délégués nécessaires et faire émerger un autre vainqueur lors de la convention prévue en juillet à Cleveland.
De guerre lasse, en l’espace de dix mois, le Parti républicain s’est habitué puis résigné à un milliardaire demeuré aussi abrasif que clivant. M. Trump n’en a plus que sept pour convertir les 67 % d’Américains qui continuent d’avoir une image défavorable de lui.
- Gilles Paris (Washington, correspondant)
4/- Présidentielle américaine, J-187 : Trump en route vers l’investiture républicaine
LE MONDE | 04.05.2016 à 11h36 • Mis à jour le 04.05.2016 à 11h59
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Le fait du jour

Donald Trump a dégagé la voie vers l’investiture républicaine pour la présidentielle du 8 novembre en écrasant sans coup férir son adversaire le plus coriace, le sénateur du Texas Ted Cruz, à l’occasion des primaires de l’Indiana, le 3 mai. Ce dernier avait pourtant choisi ce terrain pour bloquer le magnat de l’immobilier parce qu’il le jugeait favorable. En dépit du retrait tactique du troisième homme de la course à l’investiture républicaine, le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, pour éviter une dispersion des voix, et du soutien de l’ancienne prétendante républicaine Carly Fiorina, présentée comme sa vice-présidente, M. Cruz n’a pas été en mesure d’éviter un triomphe de M. Trump. Ce dernier a obtenu 53 % des voix, contre seulement 37 % pour M. Cruz, qui a annoncé son retrait de la course à l’investiture, provoquant le désespoir de ses alliés. Donald Trump devra attendre les primaires de Californie, le 7 juin, pour disposer des voix nécessaires. M. Kasich restait officiellement en course mardi soir.
5/- Primaires américaines : l’abandon de Ted Cruz ouvre la voie à Donald Trump
LE MONDE | 04.05.2016 à 11h32 • Mis à jour le 04.05.2016 à 11h44 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)
L’ancien outsider a balayé, mardi 3 mai, le dernier obstacle. Donald Trump a dégagé la voie vers l’investiture républicaine pour la présidentielle du 8 novembre en écrasant sans coup férir son adversaire le plus coriace, le sénateur du Texas Ted Cruz, à l’occasion des primaires de l’Indiana. Ce dernier avait pourtant choisi ce terrain pour bloquer le magnat de l’immobilier parce qu’il le jugeait favorable.
M. Cruz avait cru mettre toutes les chances de son côté en obtenant du troisième homme de la course à l’investiture républicaine, le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, qu’il s’abstienne d’y faire campagne activement. Le sénateur espérait tirer parti d’un face-à-face, pour la première fois de la campagne des primaires. Il avait choisi de se faire épauler par l’ancienne prétendante républicaine Carly Fiorina, promue candidate à la vice-présidence, misant sur le rejet suscité par M. Trump auprès de l’électorat féminin.
Ces calculs ont tourné court et M. Trump a triomphé avec 53 % des voix, soit seize points d’avance sur M. Cruz. Le magnat de l’immobilier a certes obtenu une nouvelle fois un moins bon résultat auprès des électrices républicaines, mais le sondage de sortie des urnes effectué par la chaîne d’information CNN a souligné que M. Trump l’a emporté une nouvelle fois sur M. Cruz auprès de son électorat privilégié, les électeurs conservateurs religieux. Le milliardaire a également été jugé par les électeurs comme le plus compétent sur l’économie, le thème de prédilection dans un État où deux sociétés ont annoncé en février des délocalisations au Mexique. Il a été enfin considéré à une écrasante majorité comme l’outsider que les électeurs républicains appellent de leurs vœux, alors que M. Cruz a déployé une énergie considérable depuis son élection au Sénat, en 2014, pour apparaître comme un rebelle au sein du Parti républicain.
Entouré de sa famille, le sénateur du Texas a tiré les conséquences de cet ultime revers en annonçant qu’il suspendait sa campagne, la formule rituelle pour les abandons. Il n’a pas eu un seul mot pour son adversaire. Quelques heures plus tôt, M. Cruz avait agoni M. Trump, qualifié de « menteur pathologique » et d’« amoral ». « Les harceleurs sont poussés par un profond sentiment d’insécurité. Ce n’est pas par hasard que Donald construit des grands immeubles et met son nom partout », avait-il ajouté. Il réagissait à la dernière attaque du milliardaire qui venait de reprendre à son compte, lors d’un entretien à la chaîne conservatrice Fox News, des allégations du tabloïd National Enquirer faisant état de la présence du père de M. Cruz auprès du futur assassin du président John Fitzgerald Kennedy, Lee Harvey Oswald, quelques mois avant l’attentat.
Une semaine plus tôt, à la suite de victoires éclatantes dans cinq État du nord-est des États-Unis, M. Trump s’était déjà proclamé « candidat naturel » du Parti républicain. « Pour moi, c’est fait », avait-il ajouté. Une menace continuait pourtant de planer sur ses ambitions : ses rivaux avaient en effet juré de tout faire pour l’empêcher d’obtenir le nombre de délégués nécessaires afin d’obtenir automatiquement l’investiture lors de la convention prévue à Cleveland (Ohio) en juillet. M. Cruz ne cachait pas qu’il misait ses dernières chances sur l’appareil mis sur pied pour parvenir à bâtir une majorité alternative, parmi les délégués, si M. Trump ne parvenait pas à être adoubé lors du premier vote de la convention. Les délégués sont en effet libres de leur choix à partir d’un éventuel second tour.
« Pour moi, c’est fait »
Le sénateur du Texas ayant renoncé, rien ne devrait désormais empêcher M. Trump de parvenir aux 1 237 voix espérées (il en compte déjà plus de 1 000), même si M. Kasich, qui ne dispose que d’un petit nombre de délégués (153), reste officiellement toujours dans la course. Le magnat de l’immobilier devra cependant attendre les primaires de Californie, le 7 juin, pour obtenir le nombre de voix nécessaire.
M. Trump, qui s’est exprimé depuis son quartier général, la Trump Tower, à New York, où il avait annoncé sa candidature le 16 juin, a semblé pris de court par l’annonce surprise de M. Cruz. Son discours de victoire, improvisé, s’est limité à la reprise de ses formules et promesses habituelles, et au détail de ses derniers succès sondagiers et électoraux. Le milliardaire a en revanche rompu avec les formules assassines qu’il réservait au cours des semaines précédentes à son rival pour l’accabler cette fois-ci de louanges.
« Réunifier »
M. Cruz n’a pas été la seule cible de la sollicitude nouvelle du milliardaire. D’autres candidats et la direction républicaine, souvent accusée des pires maux, ont également été couverts d’éloges. M. Trump a assuré que son intention est désormais de « réunifier » un parti perclus de fractures. Il s’agit de la condition nécessaire pour affronter vraisemblablement la candidate démocrate sans doute la plus détestée du camp républicain : Hillary Clinton. Selon un sondage de sortie des urnes effectué mardi par Fox News, 57 % des électeurs républicains jugent d’ailleurs leur parti « divisé » au terme des primaires.
Le retrait de M. Cruz laisse désormais totalement désarmé le front des républicains résolument hostiles à la candidature du magnat de l’immobilier. Les plus déterminés d’entre eux n’ont sans doute plus le temps de mettre sur pied une candidature indépendante qui torpillerait les perspectives de M. Trump, pour le bénéfice indirect de Mme Clinton. D’autres ont déjà fait savoir qu’ils ne voteraient en aucun cas pour le magnat de l’immobilier.
En reconnaissant sa défaite, mardi soir, M. Cruz s’est bien gardé d’évoquer un éventuel soutien. Il a au contraire évoqué la défaite de l’icône républicaine Ronald Reagan lors des primaires de 1976, quatre ans avant son élection à la Maison Blanche, dans une allusion transparente à des ambitions manifestement intactes. Cette année 1976 avait été marquée par la déroute essuyée par le président sortant, Gerald Ford, finalement investi par le Grand Old Party au terme d’une convention heurtée, face au démocrate Jimmy Carter.
- Gilles Paris (Washington, correspondant)
