707 -Vladimir Poutine: « Si nous étions soumis, nous plairions à tout le monde »

Publié le 28 avril 2016 par La rédaction

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine

Parmi de nombreuses autres questions exaltant le patriotisme russe, inimaginable aujourd’hui en France, Vladimir Poutine a été interrogé par le blogueur Sergeï Kolyasnikov de Sverdlovsk, qui s’inquiète de la guerre de l’information qui est systématiquement menée contre la Russie à travers son Président par les médias occidentaux: « Les initiatives fédérales et internationales de la Russie subissent un discrédit constant dans le but de donner une image négative de la Russie aux yeux de la communauté mondiale, » s’est-il alarmé. Vladimir Poutine qui s’exprimait au cours de la session plénière du Forum du Front populaire « pour l’action des Régions « , lui répond:

« Je n’arrive tout simplement pas à m’habituer à cette information de la confrontation. Vous ne vous souvenez peut-être pas de tout, mais moi je me rappelle. Lors des tragiques événements survenus dans le Caucase [Tchétchénie], j’ai tout vu et tout entendu sur moi-même, en sorte que plus rien ne peut me surprendre venant de là-bas aujourd’hui. Vous avez raison, bien sûr, Sergeï, sur le fait que c’est la réaction de nos adversaires – appelons-les ainsi – face à une Russie devenue plus puissante. Les gens n’ont pas besoin d’un concurrent indépendant, souverain, très efficace, qui connaît sa valeur, qui défend ses intérêts propres, et qui est capable de faire reconnaître ces intérêts. Ils essaient de remettre un tel concurrent à sa place, et de le harceler, de l’assiéger. »

« Si nous acceptions de baisser la tête et de rester inertes seulement en nous contentant de hocher la tête en signe d’accord, nous plairions à tout le monde, mais nous perdrions progressivement de notre importance. Une fois que nous aurions perdu notre importance, cela nous amènerait alors à perdre notre souveraineté et nos perspectives d’avenir, et ce serait une perte irréparable. Nous ne permettrons jamais cela. Cela doit être bien entendu », a-t-il, asséné.

« Après tout, nous ne cherchons pas autre chose que ce qui nous appartient. Nous sommes prêts à rechercher des compromis. Nous comprenons qu’il n’y a pas que nos seuls intérêts dans le monde. D’autres pays ont aussi leurs intérêts. Si nous voulons vivre en harmonie dans ce monde, nous devons prendre en considération les intérêts de nos partenaires, mais ils doivent en faire autant pour nous. Au cours de ces 15-20 dernières années, ils ont oublié que nous avions des intérêts, et quand ils nous ont vus prendre position, revendiquant nos intérêts et les défendre avec fermeté, ils ont commencé à chercher les moyens de nous attaquer. »

« La Russie a une communauté très diversifiée et véritablement talentueuse de journalistes. Nos adversaires sont très inquiets quand ils voient que nous sommes très unis ici. Je ne serais pas surpris si, après avoir vu l’événement du Régiment immortel, ils essaient de planifier une attaque pour le 9 mai [commémoration de la Grande guerre patriotique -1945], sachant que cela constitue une époustouflante démonstration de l’unité de notre pays multi-ethnique, puis ils vont essayer de penser à quelque chose pour les élections à la Douma [Parlement], et plus tard pour l’élection présidentielle aussi. Nous n’avons pas besoin d’une boule de cristal pour prévoir cela. Mais la valeur des gens tels que vous-même et d’autres personnes qui partagent le point-de-vue russe est que vous êtes complètement indépendant de l’État. »

« Nous allons soutenir les personnes bienveillantes qui partagent ces points de vue en travaillant à renforcer notre État, notre économie et notre secteur social. Mais ce travail est beaucoup plus efficace et productif quand il est fait par des groupes indépendants, tant de la part des organismes publics que des journalistes indépendants. »

« Nos adversaires sont également inquiets quand ils voient l’efficacité d’une partie importante de notre communauté médiatique. Ils ont commencé à mener une lutte contre nos médias aujourd’hui. Ils disent que ce que nous produisons est de la propagande, alors que tout ce qu’ils produisent est du journalisme libre. Ils disent que tout ce que nos journalistes font pour défendre nos intérêts nationaux est tout simplement de la propagande du Kremlin. »

Ces deux poids, deux mesures ont trouvé leur aboutissement ici maintenant. Cela est d’autant moins surprenant que c’est dans dans la logique de la défense de leurs intérêts. Cela n’a rien de surprenant, mais il y a néanmoins des lignes rouges qu’il ne faut pas franchir. Nous avons déjà montré cela tout récemment. » (Source: Le Kremlin – Traduct. E. Defresne)

emiliedefresne@medias-presse.info

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