7009 – Légèreté du plan Bayrou.. l’exemple de l’énergie – Par Jean Claude Werrebrouck – 16.07.25 – La Crise des Années 2010


Légèreté du plan Bayrou.. l’exemple de l’énergie

5 mai 2025, les actionnaires d’EDF ont validé la nomination de Bernard Fontana à la tête du groupe

Le plan Bayrou n’aborde pas la question de l’énergie pourtant fondamentale dans la question des prix et de la compétitivité. En particulier il n’évoque en aucune façon la question du renouvelable abordée dans notre précédent papier. Nous voudrions aller plus loin en posant la question du modèle fondamental de marché inaugurée par la loi NOME en 2010, modèle en opposition avec celui en vigueur à l’époque de Marcel Boiteux. 
Quand on dit qu’aujourd’hui une organisation dispose du choix entre le « make » et le « buy » ( le faire soi-même sous une autorité et une hièrarchie, ou le faire faire par le biais de contrats discutés sur un marché) on retrouve la grande question des modalités de fonctionnement d’ EDF.

A l’époque de Marcel Boiteux EDF était dans le make intégral et l’entreprise fixait administrativement le prix d’une électricité qu’elle produisait centralement.
Aujourd’hui nous avons une situation inverse et EDF est dans une logique de marché concurrentiel. L’électricité n’est plus un produit administrativement défini mais une marchandise classique

Un grand économiste – Ronald Coase- posait la question , il y a près d’un siècle, de la nature des  modèles de fonctionnement: centralité ou marché? Il en déduisait qu’à chaque étape de son développement une organisation  devait se poser la question du recours soit à la centralité soit au marché.
Et la réponse devait provenir d’une comparaison de cout: quel cout pour la centralité et quel cout pour le recours au marché.
Concrètement, l’entrepris France qui veille à son approvisionnement électrique doit-elle choisir un modèle complètement centralisé (EDF de l’époque de Marcel Boiteux) ou un modèle de marché (celui introduit par la loi NOME de 2010).
Ne trouvant rien dans la littérature académique nous avons mobilisé l’intelligence artificielle, mobilisation dont on trouvera ci-dessous le développement.

Question posée à l’IA COPILOT:

« A l’époque de Marcel Boiteux EDF était un ensemble vertical complètement intégré depuis la production de l’électricité jusqu’à la distribution. Aujourd’hui nous avons un ensemble éclaté avec des entreprises travaillant sur un marché. l’intégration présentait probablement un cout administratif et de gestion à évaluer. Aujourd’hui le fonctionnement du marché suppose tout un ensemble de règles nouvelles dont le cout doit être évalué. Peux-tu me donner une comparaison entre les couts de l’intégration de jadis avec les couts de fonctionnement du marché aujourd’hui? »

Réponse de l’IA COPILOT;

Tu poses une question passionnante, Jean, qui touche au cœur de l’évolution du modèle énergétique français. Voici une comparaison structurée entre les coûts de l’intégration verticale d’EDF à l’époque de Marcel Boiteux et ceux du fonctionnement du marché actuel :

⚙️ Modèle intégré d’EDF (époque Boiteux)

Caractéristiques principales :
  • Monopole public : EDF gérait la production, le transport, la distribution et la commercialisation.
  • Tarification au coût marginal : conçue pour refléter les coûts réels et optimiser les investissements.
  • Cohérence technique et économique : un seul acteur assurait la planification et la gestion du parc électrique.
Coûts associés :
  • Coûts administratifs réduits : une seule entité, peu de duplication des fonctions.
  • Investissements centralisés : économies d’échelle sur les infrastructures (centrales, réseaux).
  • Gestion simplifiée : pas de coûts liés à la concurrence ou à la régulation multiple.
  • Tarification transparente : les prix reflétaient les coûts de production et d’acheminement.
? Marché éclaté actuel
Caractéristiques principales :
  • Multiplicité d’acteurs : producteurs, fournisseurs, distributeurs, régulateurs.
  • Marché de gros et de détail : échanges via bourses (EPEX Spot, Nord Pool), contrats bilatéraux.
  • Régulation complexe : Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), mécanismes comme l’ARENH.
Coûts associés :
  • Coûts de régulation élevés : surveillance, audits, mécanismes de compensation.
  • Coûts de transaction : négociation de contrats, gestion des flux, intermédiation.
  • Coûts de coordination : synchronisation entre acteurs, gestion des congestions réseau.
  • Effets de marché : volatilité des prix, distorsions liées aux subventions (ex. obligation d’achat pour les renouvelables).
  • Surcoûts liés à la concurrence : marketing, démarchage, marges commerciales.
? Comparaison synthétique

Aspect

Modèle intégré EDF (Boiteux)

Marché actuel

Nombre d’acteurs

Unique

Multiples

Coûts administratifs

Faibles

Élevés

Tarification

Coût marginal optimisé

Prix de marché (souvent volatils)

Investissements

Planifiés et centralisés

Fragmentés, parfois spéculatifs

Coordination

Intégrée

Complexe

Transparence des coûts

Forte

Faible

Coûts de régulation

Limités

Importants

Ce qui est fascinant, c’est que Marcel Boiteux lui-même avait anticipé certaines limites du marché, notamment l’incapacité du coût marginal à couvrir les investissements à long terme sans cohérence tarifaire.
Souhaites-tu que je creuse l’impact sur les consommateurs ou sur les investissements dans le nucléaire et les renouvelables ?

Conclusion:

L’IA n’aborde pas la question des modalités d’un fonctionnement de marché qui reste très largement artificiel en raison de l’impossibilité technologique du stockage de l’électricité.
L’IA n’évoque pas le très grand nombre de régulateurs et d’agences qui le font fonctionner ( Agence de Coopération de l’Energie, Commission de Régulation de l’Energie, Direction Générale de l’Energie et du Climat, Autorité de la Concurrence, etc.)
Elle n’évoque pas les contrats exotiques que l’on rencontre nulle part ailleurs ( Contrats pour différence, Power purchase agreement, contrat d’allocation de de production nucléaire, versement nucléaire universel, Obligation d’Achat, certificat de capacité, contrats de partage de la modulation, contrats d’effacement, etc.)
L’interaction sociale générée par ce monumental dispositif consomme près de 500 cadres chez EDF et probablement plusieurs milliers de fonctionnaires et collaborateurs au niveau de l’ensemble du marché. Il génère également tout un  dispositif attaché à la spéculation financière sur les marchés. 

On peut se féliciter de l’aide apportée par COPILOT, mais Il est à tout le moins regrettable qu’aucune évaluation sérieuse n’ait été entreprise en utilisant les travaux et conclusions de Coase. Les modalités organisationnelles de l’approvisionnement électrique de la France sont elles efficientes?
Les marchés politiques y ont répondu par l’idéologie de la loi NOME et les économistes semblent en avoir respecté les conclusions sans jamais creuser les véritables questions.

https://www.lacrisedesannees2010.com/2025/07/legerete-du-plan-bayrou-l-exemple-de-l-energie.html