5260 – LA HONGRIE « dérange » l’UE par son « indépendance d’action » assumée qui « déplait » aux Vingt-Sept – Juillet 2024 – Euractiv –



1°/La Slovaquie rejette le boycott de la présidence hongroise par « respect de la souveraineté »
2°/Chine.. Russie – les Vingt-Sept veulent des éclaircissements sur la navette diplomatique de la Hongrie
3°/La Hongrie s’engage à être un « médiateur honnête » pendant sa présidence européenne


1°/La Slovaquie rejette le boycott de la présidence hongroise par « respect de la souveraineté » Par Natália Silenská – 19.07.24 – EurActiv.Slovaquie

Par Natália Silenská | – 19.97.24 – EURACTIV Slovaquie

Mr. Pellegrini a réitéré qu’il ne voyait « aucune raison de punir la position souveraine d’un État membre de l’UE simplement parce que quelqu’un la désapprouve ». [photocosmos1]

Bratislava ne boycottera pas les travaux de la Hongrie durant sa présidence de l’UE, le président slovaque Peter Pellegrini ayant déclaré qu’il ne voyait aucune raison de sanctionner la position souveraine d’un membre de l’UE.
À la suite d’une réunion avec le président hongrois.. Tamás Sulyok à Budapest jeudi (18 juillet), Mr. Pellegrini — du parti social-démocrate (HLAS), suspendu du Parti socialiste européen (PSE) — a assuré que les représentants du gouvernement slovaque participeraient pleinement à toutes les réunions importantes organisées par la présidence hongroise.
« Je pense que personne ne devrait être sanctionné pour avoir essayé d’engager un dialogue, et la République slovaque ne le sanctionnera pas », a-t-il déclaré, faisant référence aux voyages de Viktor Orban en Ukraine, en Russie et en Chine, que les institutions de l’UE et les États membres n’ont pas approuvés.
Mr. Pellegrini a réitéré qu’il ne voyait « aucune raison de punir la position souveraine d’un État membre de l’UE simplement parce que quelqu’un la désapprouve ».
Le président slovaque a également demandé au président hongrois de donner la priorité à la lutte contre les pratiques commerciales déloyales et la persistance de doubles normes concernant la qualité des denrées alimentaires au cours de sa présidence.
Lors de leur visite, Budapest s’est également engagée à renforcer son aide à la protection de l’espace aérien slovaque jusqu’à la fin de l’année 2025. La Slovaquie a été confrontée à des difficultés dans le maintien de ses défenses aériennes après le transfert d’avions de chasse slovaques MiG-29 et des systèmes S-300 à Kiev par le précédent gouvernement pro-ukrainien.

L’UE désapprouve fermement la politique hongroise

Récemment, la Commission européenne, la Suède, la Finlande, la Pologne et les États baltes ont annoncé leur intention de boycotter la présidence hongroise en réponse aux visites du Premier ministre Viktor Orbán à Moscou et à Pékin.
Mercredi dernier (10 juillet), 25 États membres de l’UE ont critiqué la Hongrie pour ses initiatives diplomatiques concernant l’Ukraine, estimant que les actions de Mr. Orbán sont incompatibles avec la présidence tournante du Conseil de l’UE. Cependant, la Slovaquie ne s’est pas jointe au groupe.
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a annoncé mercredi (17 juillet) qu’il avait chargé le ministère des Affaires étrangères de veiller à ce que les représentants slovaques au sein des organes de l’UE ne prennent part à aucune proposition visant à sanctionner la Hongrie en raison de ses « efforts de paix ».
Mr. Fico a également qualifié de « folles » les idées destinées à pénaliser la Hongrie.
Lors de sa première apparition publique depuis sa tentative d’assassinat en mai, Mr. Fico a même exprimé sa volonté d’accompagner Mr. Orbán lors de ces visites.
Photo du dossier. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le Premier ministre slovaque Robert Fico (à droite) lors de la deuxième journée d’une réunion du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 22 mars 2024. [EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]

« Si ma santé me l’avait permis, je serais allé à Kiev et à Moscou avec Viktor Orbán », a-t-il déclaré le 5 juillet.

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2°/Chine.. Russie – les Vingt-Sept veulent des éclaircissements sur la navette diplomatique de la Hongrie – par Alexandra Brzozowski – 10.07.24 – Euractiv.com

PHOTO Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du premier ministre hongrois Viktor Orban (à gauche) lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou, Russie, le 15 juillet 12018. EPA-EFE/YURI KADOBNOV / POOL [EPA-EFE/YURI KADOBNOV / POOL]

par Alexandra Brzozowski – 10.07.24 – Euractiv.com
Les États membres de l’UE devraient chercher cette semaine à obtenir plus de clarté sur les résultats obtenus par la Hongrie lors de visites diplomatiques en Russie et en Chine, certains souhaitant explorer des options sur la façon d’endiguer ce qu’ils considèrent comme un « comportement destructeur » de la part de Budapest.
Selon des sources au fait des discussions, les ambassadeurs de l’UE devraient discuter du rôle de la présidence hongroise du Conseil de l’UE lorsqu’ils se rencontreront mercredi (10 juillet), suite à une demande de la Pologne.
La Hongrie y présentera les résultats de ses récentes visites diplomatiques en Ukraine et en Russie, la semaine dernière, et en Chine cette semaine, que Budapest a qualifiées de «mission de paix».
Ces visites ont eu lieu quelques jours seulement après que la Hongrie a pris la présidence tournante de l’UE.
Les dirigeants et les fonctionnaires de l’UE ont rapidement condamné la visite surprise hongroise à Moscou, insistant sur le fait que Budapest n’agissait pas au nom de l’Union européenne.
« Les capitales s’inquiètent de plus en plus du rôle que s’attribue [Viktor] Orbán dans cette soi-disant “mission de paix”, alors qu’il devrait être clair qu’il ne représente que son propre pays », a déclaré un diplomate de l’UE.
Selon plusieurs fonctionnaires européens, la Hongrie a intentionnellement laissé planer une ambiguïté sur le but de cette visite, d’autant plus qu’elle affiche le logo de la présidence dans ses communications.
Un deuxième diplomate de l’UE a déclaré que « le scepticisme des États membres de l’UE était malheureusement justifié — il s’agit avant tout de promouvoir les intérêts de Budapest ».
« Les États membres étaient déjà irrités [par la Hongrie] de toute façon, étant donné la devise [de la présidence] « MEGA » [Make Europe Great Again, inspiré de la campagne de Donald Trump] — et une rencontre avec [le président russe Vladimir] Poutine » ce qui « assombrit de manière permanente la présidence hongroise », ont-ils ajouté.
La visite de Mr. Orbán à Moscou visait simplement à « recueillir des informations » sur la possibilité d’un cessez-le-feu en Ukraine, a pour sa part expliqué à Euractiv son principal conseiller en politique étrangère.
« Nous n’avons pas de mandat européen à ce sujet, mais nous ne demandons rien ni aux Ukrainiens ni aux Russes », a-t-il souligné, ajoutant que Budapest ferait « évidemment » un rapport aux autres États membres.
Le débat de cette semaine entre les ambassadeurs de l’UE sera leur première occasion d’aborder la question, et d’autres débats suivront probablement, notamment lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne qui se tiendra dans le courant du mois.

Une attitude qui commence à énerver


En mai dernier, les Vingt-Sept avaient pour la première fois exprimé ouvertement leur colère face à l’attitude de la Hongrie, qui bloque de plus en plus souvent les décisions de l’UE en matière de politique étrangère et empêche toute avancée sur l’aide militaire à l’Ukraine.
Depuis près d’un an, la Hongrie bloque les remboursements aux pays membres pour les achats d’armes pour l’Ukraine dans le cadre de la Facilité européenne pour la paix (FEP), un instrument hors budget de l’UE, dont le montant est estimé à 6,5 milliards d’euros — trois tranches de remboursement et un nouveau Fonds d’assistance à l’Ukraine (FAU) d’un montant de 5 milliards d’euros.
« Les tensions [avec la Hongrie] sont fortes après seulement sept jours de présidence, et devraient être encore plus fortes à l’approche du Conseil “Affaires étrangères” [qui discutera] de la Facilité européenne pour la paix, toujours bloquée par la Hongrie, avec l’accord des 26 autres États membres », a déclaré un troisième diplomate de l’UE.
Certains diplomates de l’UE ont déclaré précédemment qu’ils considéraient les blocages de Budapest comme un schéma qui pourrait exiger une discussion sur les changements pratiques à apporter aux processus de prise de décision de l’Union.
Aujourd’hui, surtout après la visite à Moscou, certains vont plus loin en affirmant qu’il est nécessaire de « contrôler » ce qu’ils appellent le « comportement destructeur » de la Hongrie.
Parallèlement à cela, la Commission européenne a déclaré vendredi dernier (5 juillet) que la visite de Viktor Orbán à Moscou « remettrait sérieusement en question » le voyage de la présidence de l’exécutif en Hongrie. Deux fois par an, l’ensemble du collège des commissaires se rend dans le pays qui assure la présidence tournante du Conseil. Le voyage en Hongrie devait avoir lieu juste après les vacances d’été.
En outre, plusieurs diplomates européens ont également déclaré qu’il ne serait « pas impensable » que certaines réunions de haut niveau prévues à Budapest au cours des six prochains mois voient leur participation réduite ou soient boycottées.
« La communication de l’UE et des États membres n’a laissé aucun doute quant à la position de chacun sur cette question », a déclaré un quatrième diplomate, ajoutant qu’ils ne s’attendaient cependant pas à un changement de position de la Hongrie, peu importe les mesures qui seraient prises.
En ce qui concerne le mandat de la Hongrie à la tête de l’UE, les fonctionnaires et les diplomates de l’Union soulignent qu’avec la transition vers la prochaine législature (2024-2029), il ne reste pratiquement aucun dossier sur lequel Budapest pourrait « laisser une empreinte négative ».
« Pour le reste, nous devons nous assurer que rien de ce qu’il [le Premier ministre hongrois] fait à Moscou [ou ailleurs] ne représente ce que nous représentons », a déclaré un cinquième diplomate de l’UE.
« La seule chose dont nous disposons, ce sont les instruments que nous utilisons déjà : l’Article 7 [du Traité sur l’UE] qui est sur la table et qui fonctionne, mais qui n’aura pas d’impact rapidement, le mécanisme de conditionnalité [du budget] de l’UE et les fonds de la Facilité pour la reprise et la résilience (FRR) », a-t-il ajouté.
Les experts juridiques et les observateurs vont encore plus loin, affirmant que les actions de la Hongrie pourraient être considérées comme allant à l’encontre des traités de l’Union.
Plus précisément contre l’article 4, qui prévoit que les États membres de l’UE « facilitent l’accomplissement par l’Union de sa mission et s’abstiennent de toute mesure susceptible de mettre en péril la réalisation des objectifs de l’Union ».
« La Commission européenne pourrait saisir la [Cour de justice de l’Union européenne] », a suggéré Pierre Haroche, chercheur à l’Institut Delors.


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3°/La Hongrie s’engage à être un « médiateur honnête » pendant sa présidence européenne – Par Julia Tar – 08.07.24 – Euractiv.com
Le principal objectif de la présidence hongroise est de promouvoir la paix, en particulier dans le cadre de la guerre en Ukraine, a expliqué Zoltán Kovács, s’opposant à l’idée répandue parmi les partisans de Kiev, selon laquelle le pays déchiré par la guerre devrait être le seul à déclarer qu’il est prêt à faire la paix.

Par Julia Tar – 08.07.24 – Euractiv.com
Face aux inquiétudes concernant son impartialité, la Hongrie s’engage à être un « médiateur honnête » durant sa présidence au Conseil de l’UE, en se concentrant sur
  • la paix en Ukraine,
  • la lutte contre l’immigration illégale,
  • la politique familiale
  • et la stimulation de la compétitivité grâce à des processus d’approbation rationalisés.
 Le ministre hongrois des Affaires européennes – János Bóka

Le ministre hongrois des Affaires européennes – János Bóka, a déclaré jeudi dernier (4 juillet) que la Hongrie avait l’intention d’agir en tant que « médiateur honnête » au cours de sa présidence, réitérant les déclarations d’autres fonctionnaires hongrois ces derniers mois.
Il a souligné que lorsqu’un État membre préside, il ne représente pas un pays, mais une institution.
Zoltán Kovács, commissaire du gouvernement de la présidence hongroise du Conseil, a toutefois déclaré aux journalistes que le Premier ministre Viktor Orbán « allait utiliser la présidence de manière politique ».

Zoltán Kovács 

« Il y a un agenda politique à côté de ce que l’on attend d’un État membre qui dirige la présidence du Conseil, qui a commencé ce mois-ci », a ajouté Zoltán Kovács, semblant contredire la déclaration de János Bóka sur la représentation d’une institution.
Ses commentaires sont susceptibles de renforcer les inquiétudes des diplomates de l’UE à Bruxelles quant à la manière dont Budapest dirigera la politique et l’agenda politique de l’UE au cours des six prochains mois.
Le principal objectif de la présidence hongroise est de promouvoir la paix, en particulier dans le cadre de la guerre en Ukraine, a expliqué Zoltán Kovács, s’opposant à l’idée répandue parmi les partisans de Kiev, selon laquelle le pays déchiré par la guerre devrait être le seul à déclarer qu’il est prêt à faire la paix.
La sécurité et la défense européennes figurent actuellement parmi les priorités de l’UE, avec une nouvelle stratégie industrielle de défense européenne en cours d’élaboration, tandis que la guerre en Ukraine persiste.
Le mois dernier, le Premier ministre hongrois a choqué ses homologues européens en se rendant à Moscou, en critiquant les sanctions de l’UE contre la Russie et en tendant la main aux entreprises chinoises.


Son respect des valeurs de l’UE suscite des inquiétudes en raison de ses politiques controversées, comme le manque de protection de la liberté des médias. L’Union a déjà pris des mesures à l’encontre de la Hongrie en raison d’un prétendu recul démocratique, notamment en invoquant la procédure de l’article 7.
Cela a conduit le Parlement européen à se demander si la Hongrie de Viktor Orbán devrait être celle qui fait avancer l’agenda de l’UE.
Les Belges, prédécesseurs de la Hongrie à la présidence de l’UE, se sont empressés de clore autant de dossiers que possible, car beaucoup remettaient en question la capacité de Budapest à agir en tant que leader impartial durant son mandat.

Immigration et famille – une priorité nationale

Viktor Orbán a évoqué l’importance de la lutte contre l’ « immigration illégale », la décrivant comme une « menace existentielle » pour l’Europe, et a cité le modèle hongrois comme un exemple réussi de protection des frontières.
Cela implique, par exemple, la construction de barrières physiques, l’application de mesures juridiques strictes et l’augmentation des patrouilles frontalières.
 Bence Rétvári, vice-ministre de l’Intérieur

Pour Bence Rétvári – vice-ministre de l’Intérieur, l’immigration clandestine est une tâche essentielle pour l’Europe, faisant référence aux migrants économiques qui traversent de nombreux pays sûrs pour atteindre l’UE sans visa ni permis.
Ces priorités reflètent des politiques nationales de longue date souvent en désaccord avec les positions de l’UE.
D’autres États membres ont critiqué les mesures de protection des frontières de la Hongrie, et en juin, la Cour de justice de l’Union européenne a infligé une amende de 200 millions d’euros à la Hongrie en raison de sa politique migratoire.
Les Hongrois souhaitent plutôt mettre l’accent sur le soutien aux modèles familiaux traditionnels et sur les défis démographiques, a déclaré Zoltán Kovács. Bien que János Bóka ait mentionné « la sécurité européenne, la défense, l’agriculture, la cohésion, l’élargissement, les migrations et les défis démographiques », autant de sujets sur lesquels la présidence se concentrera également.
Cette concentration sur la politique familiale et le défi démographique est une extension de l’agenda national du gouvernement hongrois, qui vise à stimuler la croissance démographique et à renforcer les structures familiales traditionnelles, ce qui a suscité une réaction négative de la part des organisations LGBTQIA+.
Concernant la santé, Euractiv a déjà rapporté que l’agenda se concentrera sur les maladies cardiovasculaires, la santé mentale, la promotion du don d’organes et l’amélioration de la qualité générale des services de santé. Cela a également été confirmé lors de l’une des réunions d’information.

Compétitivité et technologie – la vision économique de la Hongrie

La Hongrie cherche à favoriser la croissance économique et à améliorer la compétitivité au sein de l’UE. Il s’agit notamment de relever les défis économiques et de renforcer l’avantage concurrentiel de l’UE à l’échelle mondiale. Pour Zoltán Kovács, il s’agit là d’un défi majeur, la Hongrie souhaitant se doter d’une charte en la matière d’ici la fin de sa présidence.
L’accent mis sur la compétitivité est conforme à l’agenda hongrois en matière de développement économique et d’attraction des investissements étrangers.
Un autre fonctionnaire a cité un exemple avec la législation sur l’intelligence artificielle (IA), comparant le soutien rapide de l’Australie aux investisseurs avec le long processus d’approbation de l’UE. D’après lui, de tels délais, qui peuvent dépasser deux ans, entravent la compétitivité dans des secteurs en évolution rapide comme l’IA.


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