
- 1°/ »L’Inflation est voulue selon Michel Édouard Leclerc… et il n’a pas tort! »
- 2°/Même JP Morgan déclare que les marchés pétroliers se dédollarisent.
- 3°/La France repart à l’assaut de la réforme du Marché Européen de l’électricité… et va se heurter à l’Allemagne.
- 4°/Les bouses en baisse avec les mauvaises nouvelles économiques qui s’accumulent.
- 5°/En Chine… de gigantesques cimetières de voitures électriques neuves et abandonnées.

1°/« L’inflation est voulue selon Michel Édouard Leclerc, et il n’a pas tort ! ». L’édito de Charles SANNAT
par | 6 Sep 2023 | Monnaie et Inflation

Mes chères impertinentes, chers impertinents,
C’est le patron des supermarchés Leclerc qui le dit lors d’une interview qui commence à tourner sérieusement sur les réseaux et pour cause !
Pour lui l’inflation est voulue, « il y a des gens qui sont pour l’inflation » et objectivement il a parfaitement raison.
Vous pouvez le réécouter sur la vidéo ci-dessous.
Vous allez me dire mais pourquoi être pour l’inflation ?
En fait il y a deux volets dans la réponse à cette question.
Il y a le fait que certaines politiques que nous menons sont inflationnistes et disons que l’inflation n’y est pas recherchée mais qu’elle est la conséquence des politiques menées. C’est par exemple le cas avec la transition énergétique et écologique qui est inflationniste car décarboner l’économie est inflationniste, ou encore la démondialisation qui consiste à vouloir relocaliser ici des productions mises là-bas est inflationniste. Mais ici le but n’est pas l’inflation, c’est juste un effet secondaire.
Le second volet lui consiste effectivement à dire que nous avons besoin d’inflation, et d’une dose d’inflation importante.
Je vous rappelle que la dette c’est un ratio de dettes sur le PIB. Quand il y a 10 % d’inflation votre PIB augmente de 10 %. Les dettes elles peuvent rester constantes. Dans ce cas votre endettement apporté au PIB diminue. Vous n’avez pas moins dettes, vous avez plus de PIB. C’est exactement de cela qu’ont besoin les États.
Les grandes entreprises elles, quand elles peuvent augmenter leurs prix ne voient jamais d’un mauvais œil l’inflation qui gonfle les chiffres d’affaires… et donc les cours de bourse. Enfin dans une certaine mesure, car passé un certain seuil l’inflation peut laminer les marges.
Disons que ce sont les états qui ont le plus intérêt à l’inflation.
L’inflation a toujours été bonne pour payer les dettes.
L’inflation a d’ailleurs toujours été la conséquence des politique inconséquentes, et quand les caisses sont vides, il n’y a que deux solutions.
La faillite par la cessation de paiement, ou la faillite cachée en remboursant en monnaie de singe par l’inflation.
Cela fait 15 ans que cette issue était prévisible.
Faire faillite est très douloureux.
Choisir l’inflation est moins douloureux car le système continue de tourner.
C’est parce que l’inflation est forcément l’option suivie et choisie… qu’il faut avoir de l’or dans les patrimoines.
CQFD.
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT

2°/Même JP Morgan déclare que les marchés pétroliers se dédollarisent
par | 6 Sep 2023 | Démondialisation Déglobalisation

Les marchés pétroliers se dédollarisent selon JPMorgan…
« Alors que l’on parle beaucoup de la perte d’influence du dollar américain, les analystes d’une banque considèrent qu’un marché de matières premières commence à se détourner de la monnaie.
En analysant la corrélation entre le dollar et les prix internationaux du brut, les analystes de JPMorgan ont averti dans un rapport publié jeudi que l’importance du billet vert pourrait bientôt diminuer.
« Le dollar américain, l’un des principaux moteurs des prix mondiaux du pétrole, semble perdre son influence autrefois puissante », a écrit Natasha Kaneva, responsable de la stratégie mondiale en matière de matières premières chez JPMorgan, dans le rapport.
Entre 2005 et 2013, une hausse de 1 % du dollar américain pondéré par les échanges commerciaux – qui mesure la valeur du billet vert par rapport à un panier d’autres devises étrangères – aurait fait baisser le prix du pétrole brut Brent, référence internationale, d’environ 3 %, selon les données de JPMorgan.
Cependant, les prix du pétrole brut Brent n’ont baissé que de 0,2 %, avec une augmentation de 1 % du dollar américain pondéré en fonction des échanges commerciaux entre 2014 et 2022, ce qui montre que l’influence du billet vert sur le commerce des matières premières diminue.
Cette tendance s’explique par le fait que davantage de pétrole est désormais négocié dans des monnaies non libellées en dollars, comme le yuan chinois, indique JPMorgan dans son rapport.
En effet, le principal acheteur d’énergie, la Chine, a utilisé le yuan pour la quasi-totalité du pétrole russe qu’elle a acheté au cours de l’année écoulée, a rapporté Reuters en mai.
Le pétrole russe – désormais soumis à des restrictions commerciales internationales – est également vendu dans les monnaies locales des acheteurs ou dans les monnaies de pays que la Russie perçoit comme « amis », a ajouté Mme Kaneva dans le rapport.
« Dans l’ensemble, nous constatons que l’importance du dollar a diminué de manière significative entre 2014 et 2022 », a déclaré Jahangir Aziz, responsable de la recherche économique sur les marchés émergents de la banque, dans le rapport.
Selon lui, il est « difficile d’ignorer » ce changement, même s’il est dû à la force du dollar après la pandémie et aux tensions géopolitiques, telles que les sanctions occidentales contre la Russie pour son invasion de l’Ukraine, qui rendent les autres pays prudents quant aux conséquences potentielles d’une attitude contraire à celle de Washington.
Certes, le dollar américain conserve sa position dominante, sa part d’utilisation générale via le système de paiement SWIFT s’élevant à plus de 40 %, soit bien plus que l’euro (environ 25 %) et le yuan (environ 3 %) en juillet 2023.
Bien que JPMorgan s’attende désormais à une « dédollarisation marginale », le rythme ne devrait pas être rapide. En effet, le dollar est trop largement utilisé dans le vaste écosystème financier mondial.
« Une dédollarisation partielle, dans laquelle le renminbi assume certaines des fonctions actuelles du dollar parmi les pays non alignés et les partenaires commerciaux de la Chine, est plus plausible, surtout dans un contexte de concurrence stratégique », ont ajouté les analystes de la banque. »
Certes… mais…
Plusieurs points à noter.
1/ La dédollarisation est un processus.
2/ Les échanges hors dollars de la Chine avec la Russie ne sont pas comptabilisés dans SWIFT donc parler de la part du dollar dans SWIFT n’est pas très honnête car cela exclut toutes les transactions hors SWIFT, autant dire que le thermomètre ne permet pas une mesure exacte de la situation.
3/ Vous comprenez mieux pourquoi les Américains veulent vendre du gaz liquéfié aux Européens à la place du bon gaz russe pas cher. Tant pis si 500 000 Ukrainiens doivent mourir pour sauver le dollar.
4/ Même quand le dollar monte les prix du pétrole ne baissent plus. Logique. Il n’y a plus de pétrole ou beaucoup moins. Les pétro-monarchies ne veulent pas brader leurs dernières réserves notamment l’Arabie Saoudite.
Charles SANNAT
Source Investing.com ici

3°/La France repart à l’assaut de la réforme du marché européen de l’électricité… et va se heurter à l’Allemagne
par | 6 Sep 2023 | Énergie

Je vous invite à lire cet article du site Euractiv intitulé « Agnès Pannier-Runacher « confiante » sur la réforme du marché européen de l’électricité ».
C’est un festival de fausses bonnes idées et d’imagination de nouvelles usines à gaz encore plus complexes qu’avant avec des histoires de CFD, de contrat à long terme pour les grosses entreprises avec un gouvernement qui veut faire rentrer des ronds dans des carrés sans succès évidemment.
La solution est simple. Il suffit d’envoyer promener ce marché européen de l’énergie, mais la France est bien trop faible politiquement pour s’y résoudre.
Alors on se contorsionne au gouvernement avec une échéance terrible… celle de 2025.
« La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacherand, attend le début du conseil des ministres de l’Énergie de l’UE à Bruxelles, en Belgique, le 28 mars 2023.
Les ministres de l’UE chercheront à dégager une approche générale sur le paquet gaz et hydrogène, qui comprend une proposition de directive et une proposition de règlement concernant les règles communes pour le marché intérieur des gaz renouvelables et naturels et de l’hydrogène, selon le calendrier du Conseil européen.
Contre l’envolée des prix de l’électricité en 2022 et 2023, la Commission européenne a proposé en mars dernier de réformer le cadre du marché de l’électricité qui régit la fixation des prix de gros.
Les baisses d’approvisionnements en gaz russe et en électricité issue du nucléaire français ont obligé l’appel à production d’autres sources d’énergie, carbonées et plus chères, entrainant la hausse des prix pour toute la production d’électricité, suivant le principe de « l’ordre de mérite » (merit order, en anglais).
En réponse, la Commission européenne a donc proposé que les futurs actifs de production d’électricité décarboné puissent profiter de garanties sur leurs prix de vente grâce à des contrats d’écarts compensatoires (contract for difference, CfD, en anglais), motivant ainsi leur développement.
La France a proposé en juin dernier que ces mécanismes puissent fonctionner pour les actifs nucléaires existants afin de financer une partie du programme de maintenance du parc de réacteurs français et assurer des prix régulés et moins élevés pour le consommateur.
La proposition a fait choux blanc, ralentissant l’adoption de la réforme que la Commission européenne et Paris souhaitaient initialement boucler avant l’hiver.
Mardi dernier (29 août), la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a donc rouvert les hostilités.
Devant un parterre de chef d’entreprise et d’industriels réunis à Paris par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), elle a déclaré que si les négociations sur la réforme du marché européen n’aboutissait pas à une solution satisfaisante, elle activerait « des instruments relevant de la compétence exclusive des autorités françaises ».
Des propos qui n’étaient « pas clairs » selon Phuc-Vinh Nguyen, chercheur en politique énergétique auprès du think tank européen Institut Jacques Delors. Un sentiment partagé par d’autres observateurs et représentants du secteur contactés par EURACTIV. »
L’énergie est profondément stratégique.
Profondément nationale.
Alors oui, la France doit faire cavalier seule.
Charles SANNAT
Source Euractiv.fr ici

4°/Les bourses en baisse avec les mauvaises nouvelles économiques qui s’accumulent
par | 6 Sep 2023 | Bourse et marchés financiers

Les bourses sont en baisse en raison de plusieurs mauvaises nouvelles économiques toutes liées bien évidemment à la hausse des taux d’intérêt décidée par les banques centrales qui décident de la croissance comme des crises.
En cause ces derniers jours, la hausse des rendements du Trésor pesant sur les valeurs de croissance, tandis que les données sur l’activité des services en Chine ont ravivé les inquiétudes quant à la demande dans la deuxième économie mondiale.
Enfin, l’économie américaine poursuit son refroidissement, tandis que l’Europe semble vouloir s’enrhumer.
Bref, pas de quoi pavoiser.
N’oubliez pas, entre 18 et 24 mois entre la hausse des taux et les effets concrets et visibles dans l’économie.
La crise sera pour 2024.
Charles SANNAT

5°/En Chine, des gigantesques cimetières de voitures électriques neuves et abandonnées

En Chine, il existe de gigantesques cimetières où s’échouent les voitures électriques neuves et abandonnées…
Vous avez bien lu et vous pourrez bien voir, neuves et abandonnées.
Mais derrière la façade reluisante, l’arrière-boutique exhibe des centaines de véhicules indésirables, écartés par des constructeurs gavés de subventions, dont certains ont été contraints de mettre la clef sous la porte, rapportait Bloomberg le 17 août 2023. Le média américain a publié une enquête sur les raisons de cette immense gabegie.
Dans plusieurs zones périphériques de villes chinoises, des centaines de véhicules électriques pullulent. À certains endroits, des mauvaises herbes poussent au milieu des champs. Les ordures jonchent le sol, alors que les véhicules restent figés, sans présent ni avenir, semblables à des fantômes.
Une allégorie du gâchis orchestré par l’État, qui a multiplié les incitations financières à destination de start-up lors de la dernière décennie.
Bien souvent (pour ne pas dire tout le temps) lorsque l’État donne des subventions, le montant des subventions sert à alimenter la hausse des prix et la spéculation.
Bien souvent ne rien faire est la solution la plus efficiente car si un marché est rentable alors il ne manquera pas d’investisseurs pour s’y lancer.
Le marché des véhicules électriques est un marché totalement artificiel.
Personne n’en veut, ni les consommateurs ni les constructeurs automobiles.
Ce n’est que par la contrainte réglementaire et légale d’un côté et la subvention massive des Etats de l’autre que ce marché aberrant est en train d’être monté au cric.
L’histoire jugera sans doute de manière assez sévère cette électrification à marche forcée du parc automobile, au bilan écologique et environnemental plus que douteux quand on prend en compte l’ensemble du cycle du soit disant véhicule « propre ».
Charles SANNAT
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

