- 1°/« Le plafond de la dette déplafonné… on va s’emplafonner ! ».
- 2°/L’économie française à l’arrêt pour le Point.
- 3°/ORPEA une affaire passionnante à suivre.
- 4°/Comment financer la transition écologique ? Par de nouveaux impôts pardi !
- 5°/Faillites d’agences immobilières… de promoteurs… de constructeurs de maisons.

1°/« Le plafond de la dette déplafonné… on va s’emplafonner ! ». L’édito de Charles SANNAT
par Charles Sannat | 30 Mai 2023 | A la une, Démondialisation Déglobalisation

Mes chères impertinentes, chers impertinents,
Le pire n’aura pas lieu, et objectivement, les Républicains, enfin le « Speaker » républicain Kevin McCarthy s’est plutôt écrasé et l’accord auquel ils sont arrivés de manière théorique entre McCarthy et Biden penche sans conteste pour une victoire presque par KO de la Maison-Blanche.
En effet, le plafond de la dette n’est pas relevé de quelques dizaines de milliards, ou même de quelques centaines.
Non.
Il est tout simplement supprimé.
Que dis-je, il est suspendu.
C’est un mode « no limit » qui est désormais possible pour la Maison-Blanche.. jusqu’en 2025.
Tout cela reste un accord provisoire dans la mesure où il doit être validé par les représentants à la Chambre mais il s’est passé quelque chose aux Etats-Unis.
Quand on regarde en détail l’accord prévu, il ne se passe globalement rien. Les dépenses sociales ne sont pas coupées, pas plus que les dépenses environnementales, disons simplement qu’ils se sont mis d’accord pour construire plus d’éoliennes et également plus de puits de pétrole ! Mais là encore ce n’est pas l’important. Pas plus que le fait de cesser de dépenser les fonds « Covid » n’est significatif d’un point de vue économique.
Passons donc à l’essentiel que cet accord ne dit pas.
Ne vous dit pas.
Et que personne n’a relevé.
Mais pourquoi passer en mode « no limit » et plus de plafond jusqu’en 2025 ?
Pourquoi ?
Pourquoi ne pas rajouter une limite de 2000 milliards, allez, soyons fous, la dette actuelle est de plus de 31.000 milliards de dollars, on aurait même pu rajouter 5.000 milliards de dollars pour se donner du mou.
Ici, c’est sans limite.
Le plafond n’existe plus pour les deux prochaines années ?
Pourquoi ?
Certainement pas à cause de l’inflation puisqu’il faut au contraire la « casser » avec la hausse des taux et la raréfaction de l’argent disponible.
Si vous analysez attentivement la situation, il n’y a qu’un seul cas de figure qui nécessite la suspension du plafond de la dette.
L’économie de guerre.
La question qui se pose après cette décision est celle-ci.
Les Etats-Unis vont-ils devoir mobiliser l’ensemble de leurs moyens pour affronter la Russie et la Chine simultanément, dans une confrontation armée, ou dans une démondialisation forcée, peu importe ?
Cette suspension de plafond de la dette n’est à mon sens pas une bonne nouvelle, car cela est un signal faible porteur de grandes menaces.
Bref,
Quand le plafond de la dette est déplafonné… cela indique que l’on va se faire s’emplafonner !
Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.
Préparez-vous !
Charles SANNAT

2°/L’économie française à l’arrêt pour le Point.
par Charles Sannat | 30 Mai 2023 | Crise Economique

C’est l’édito de la semaine de Nicolas Baverez du Point qui pense que l’’économie française est à l’arrêt !
Selon lui, la stagflation menace notre pays, plombé par la dette. Seul un retour de la croissance, indispensable, saurait aboutir au plein-emploi.
Sous l’éloge de la résilience de notre économie, dont l’activité a progressé de 0,2% au premier trimestre, de la célébration de son attractivité lors du sommet de Versailles autour des 13 milliards d’investissements étrangers, des records du CAC 40 grâce aux géants du luxe, de la mise en scène du retour au plein-emploi pour 2027, pointe l’entrée de la France dans la stagflation.
Loin d’être protégée, notre économie se trouve rattrapée par l’enchaînement des crises et freine brutalement.
En 2023, la croissance plafonnera à 0,3%.
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L’inflation atteindra 5,5%.
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Le chômage repartira à la hausse pour toucher 8% de la population active à la fin de l’année, notamment en raison des destructions d’emplois liées aux faillites – en hausse de 45 % au premier trimestre.
Il a raison, tous les chiffres de notre économie sont dans le rouge. Je n’ose même pas vous parler du déficit budgétaire ou encore de notre déficit commercial.
Nous sommes dans une situation objectivement affligeante économiquement.
Et pourtant rien.
Il ne se passe rien.
Mais les taux n’ont pas encore « donnés » leurs effets et cela va commencer à se matérialiser, dans la croissance, dans l’emploi, mais aussi dans les coûts du service de la dette. Il faudra que le gouvernement serre les boulons et les ceintures.
Ce sera désagréable, surtout pour tous ceux qui dépendent de la dépense publique, une dépense de 58.5% du PIB, le record mondial de l’économie la plus étatique et qui marche le moins (par rapport au niveau de dépenses).
Charles SANNAT
Source le Point ici
https://insolentiae.com/leconomie-francaise-a-larret-pour-le-point/

3°/ORPEA une affaire passionnante à suivre.
par Charles Sannat | 30 Mai 2023 | Bourse et marchés financiers,

L’ADAMO c’est l’association de défense des actionnaires minoritaires d’Orpea et elle est vent debout contre la décision de l’AMF !
Une décision que je ne vais pas critiquer mais analyser et qui effectivement pose quelques questions.
L’Association de défense des actionnaires minoritaires d’Orpea évoque
« une décision qui aura de graves conséquences car l’AMF, garante de l’épargne des français, autorise des acteurs économiques étrangers à une entreprise (ni créanciers, ni actionnaires) à en prendre le contrôle sans avoir à lancer d’OPA ».
« Le Collège de l’AMF donne donc carte blanche à la CDC et son groupement pour investir dans une société cotée en bourse à Paris à un tarif trois fois moins élevé que ses actionnaires actuels sans même avoir besoin de la consulter. Terminé le droit de propriété en France ! Fini le droit boursier. C’est la directive européenne, inspirée des pratiques américaines et britanniques (non-membres de l’UE), qui l’emporte et devrait permettre, si cette décision fait jurisprudence, des pratiques nouvelles dignes du Far West », ajoute l’ADAMO.
Cette décision permet effectivement de se passer de la procédure liée à une OPA. C’est une forme de « réquisition » de l’entreprise.
Juridiquement cela repose sur une directive européenne qui permet ce type de « renflouement », qui aussi un « flouement » pour les actionnaires actuels qui vont se retrouver ruinés et totalement dilués.
A la question faut-il acheter du Orpea, ma réponse est simple. NON.
Non pas que ce ne soit pas bien, mais c’est un dossier bien trop incertain, et les plus anciens se souviendront d’Eurotunnel. Tous les petits actionnaires ont été ruinés année après année.
Concernant Orpea, l’ADAMO ne décolère pas et on la comprend.
« Cette décision n’est pas définitive, et certaines parties prenantes pourraient faire appel de cette décision qui peut encore être annulée.
Elle a été dictée par la situation d’ORPEA qui serait totalement déstabilisée par la publication d’un livre qui dénonçait, à raison, des errements et pratiques inadmissibles.
Cependant, elle s’appuie sur une dégradation artificielle de ses comptes pour priver ses actionnaires de leur droits fondamentaux.
Est-il sérieux de laisse les commissaires aux comptes d’ORPEA et autres experts payés par cette société écrire que son actif immobilier valait plus de 8 milliards d’euros en 2021 et seulement près de 4 milliards un an plus tard. Tout ceci est une farce ».
Orpea a par ailleurs annoncé que le vote de chacune des classes de parties affectées par le projet de plan de sauvegarde accélérée se tiendra le 16 juin.
« Les classes de parties affectées, en ce inclus la classe des actionnaires, se prononceront sur une résolution unique, à savoir l’approbation du plan de sauvegarde accélérée d’Orpea »
Charles SANNAT
Source Boursier.com ici
https://insolentiae.com/orpea-une-affaire-passionnante-a-suivre/

4°/Comment financer la transition écologique ? Par de nouveaux impôts pardi !
par Charles Sannat | 30 Mai 2023 | Environnement,

Tout d’abord, vous remarquerez qu’il n’est pas possible de s’interroger ne serait-ce que sur les contours de la transition énergétique. Nous n’en sommes même pas à demander le droit de poser des questions sur le réchauffement climatique, non, même oser affirmer qu’il est possible d’imaginer de très nombreuses alternatives dans la transition écologique n’est même pas possible.
Pour ne donner qu’un exemple, on peut tout à fait dire qu’il faut isoler tous les logements et tout changer de la cave au grenier même si cela coûte 1.000 milliards d’euros rien que pour la France. On peut également résoudre le même problème (ne plus émettre de CO²) en supprimant tous les chauffages au gaz ou au fioul et en mettant des convecteurs électriques de dernière génération partout. Pour cela il faut construire 20 centrales nucléaires à 10 milliards la centrale soit 200 milliards. On fera des radiations, mais pas de CO².
Produire plus d’énergie est 5 fois moins coûteux que de vouloir en consommer moins !
Mais ce genre de débat est interdit.
Par contre vous avez le droit d’imaginer tous les nouveaux impôts possibles et imaginables.
Sur BFM l’économiste Ferghane Azihari évoque le sujet de l’ISF climatique en expliquant qu’au lieu de taxer il faut au contraire favoriser l’accumulation de capital.
Son approche est juste et logique économiquement.
Il y a juste un petit bémol.
Le problème avec la transition écologique et énergétique, c’est qu’en fait elle n’est pas rentable, elle n’est pas rentable car elle n’est pas pragmatique, elle est idéologique.
Jamais le capital n’ira s’investir dans cette transition… sauf si l’investissement y est rendu « obligatoire » par des règles et des normes, et c’est exactement la logique des DPE, des audits énergétiques, de la taxe carbone ou des indulgences appelées certificats d’économies d’énergie.
Charles SANNAT
https://insolentiae.com/comment-financer-la-transition-ecologique-par-de-nouveaux-impots-pardi/

5°/Faillites d’agences immobilières, de promoteurs, de constructeurs de maisons.
par Charles Sannat | 30 Mai 2023 | Grille article, Immobilier

Du côté de l’immobilier, c’est la Bérézina et c’est logique.
Les taux montent.
Ils montent même beaucoup et il faut environ 12 à 18 mois avant que les effets des hausses de taux ne se transmettent à l’économie. Or la BCE n’a commencé sa hausse des taux en les passant de -0.5 % à 0, il y a moins d’un an puisque c’était à l’été 2022.
Nous sommes déjà à 3.50% et la Banque centrale de la zone euro devrait les pousser au moins à 4% pour « casser » l’inflation.
Alors que cela ne fait pas un an, tout le secteur craque sous la disparition massive des investisseurs désolvabilisés par la hausse des taux… et l’effondrement des rendements locatifs.
Avec des taux à 4% investir dans l’immobilier n’est tout simplement plus rentable.
Alors les agences immobilières font faillite, les promoteurs aussi et c’est l’hécatombe pour les constructeurs de maisons individuelles.
L’État qui comprend vite à condition qu’on lui explique longtemps, n’avait rien vu venir.
Il faut dire que personne n’avait osé dire au gouvernement qu’il faisait n’importe quoi.
Cette crise était plus que prévisible (regardez la vidéo ci-dessous du Grenier de l’éco) et elle va potentiellement couter très cher aux finances publiques, car l’immobilier, c’est énormément de taxes, d’impôts, de TVA, d’emplois, de charges sociales etc…
Nous sommes dirigés par des vedettes !

Charles SANNAT
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »
https://insolentiae.com/faillites-dagences-immobilieres-de-promoteurs-de-constructeurs-de-maisons/

