5033 – « Pouvoir d’achat. L’État peut-il le préserver » L’édito de Charles SANNAT du 19 Juil 2022 + Vidéo + 4 points…

  • 1 « Pouvoir d’achat. L’État peut-il le préserver ? » L’édito de Charles SANNAT du 19 Juil 2022
  • 2 « La BCE ne va pas avoir la tâche facile » selon le chef économiste d’AXA.
  • 3 La pénurie de saisonniers est-elle la conséquence de la réforme de l’assurance chômage ?
  • 4 La mondialisation fragmentée… le scénario qui fait trembler le monde.
  • 5 Le « sentiment » de déclassement des classes moyennes selon le Monde.

1 « Pouvoir d’achat. L’État peut-il le préserver ? » L’édito de Charles SANNAT du 19 Juil 2022

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

J’étais le 14 juillet dernier invité de TV Finance avec mon camarade de jeu Philippe Béchade.

Voici le programme de cette émission.

  • 00:00 : Comment expliquer cette chute soudaine de l’euro ?
  • 07:28 : Possible défaut de paiement des États – l’augmentation de la dette
  • 13:59 : Le pouvoir d’achat, l’énergie, l’alimentation, l’immobilier…
  • 23:51 : Inflation, risque d’insurrection ?
  • 35:41 : Quels autres secteurs d’activité risquent d’être en difficulté cet hiver?
  • 40:36 : Conseils sur les secteurs d’activité dans lesquels il faut investir plutôt que d’autres ?

A noter que nous avons parlé des conséquences de la chute de l’euro et du rôle des pouvoirs publics face à la baisse annoncée du pouvoir d’achat des Français !

La grande question du journaliste était de savoir quelles mesures il fallait prendre pour préserver le pouvoir d’achat des ménages, ou dit autrement des gens ?

Ma réponse est très simple.

  • Si à court terme la politique des chèques et de la subvention peut apporter une aide aux plus fragiles, elle n’est en aucun cas une solution pérenne.
  • Si l’inflation est poussée par les prix de l’énergie et du gaz russe qui n’arrive plus et bien il faut faire arriver à nouveau du gaz russe… ou d’ailleurs si vous voulez que les prix baissent et donc l’inflation aussi et de manière durable.
  • Si l’euro baisse, et que cela renforce l’inflation sur tous nos produits importés et achetés en dollars, alors il faut que l’euro cesse de baisser et remonte.

Pour le faire remonter c’est très simple.

  • Il suffit d’en imprimer moins et de remonter les taux.

Le problème est double.

  • Pour faire baisser les prix de l’énergie il faudrait parler à Poutine et faire la « paix » ou au moins négocier avec la Russie.
  • Pour faire remonter l’euro il faut monter les taux ce qui est impossible vu l’endettement de la moitié des pays de la zone euro.
Alors logiquement, l’inflation va continuer à augmenter dans la zone euro, car aucune politique menée actuellement ne permet d’inverser les effets des facteurs inflationnistes.
L’État n’a aucun moyen de préserver le pouvoir d’achat des gens, notre pouvoir d’achat, car le blocage des prix n’a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais et encore moins dans une économie mondialisée est ouverte. La « subvention » ne marchera que le temps que nous arrivions à la faillite… c’est-à-dire pas très longtemps!
Vous serez essentiellement seul face à l’inflation. C’est la raison pour laquelle vous avez intérêt à stocker tout ce que vous pouvez et c’est encore plus important à faire pour ceux qui n’ont pas de « gras » budgétaire !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT


https://insolentiae.com/pouvoir-dachat-letat-peut-il-le-preserver-ledito-de-charles-sannat/

2 « La BCE ne va pas avoir la tâche facile » selon le chef économiste d’AXA.

par Charles Sannat | 19 Juil 2022

« Gilles Moëc chef économiste chez AXA (EPA:AXAF) Investment Managers, présente ses prévisions pour la réunion de la BCE jeudi prochain, où il déclare : « La BCE ne va pas avoir la tâche facile. Alors que la décision sur le taux d’intérêt – une hausse de 25 points de base – a été annoncée à l’avance en juin, l’organisme devrait dévoiler les détails de son outil anti-fragmentation au moment même où l’instabilité politique à Rome provoque l’élargissement du spread italien ». Ainsi, « le nouveau cadre pourrait être mis à l’épreuve bien plus tôt que prévu ».

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Gilles Moëc chef économiste chez AXA


Comme le souligne Moëc, « la BCE a toujours présenté son outil anti-fragmentation comme un moyen de faire face aux élargissements « injustifiés » des spreads. Il n’est pas clair comment cette notion serait appliquée dans les circonstances actuelles ». Toutefois, comme il l’explique : « au-delà des fluctuations à court terme des spreads, il est nécessaire de relier les deux « courants », le risque de récession et la fragmentation. Si la Russie ferme le robinet, l’Italie sera plus durement touchée que de nombreux autres pays européens, étant donné son manque d’énergie nucléaire et sa forte dépendance à l’égard du gaz russe ». Il ajoute : « Cela ajoute une nouvelle couche de complexité pour la BCE.
Ainsi, selon cet expert, « au-delà de l’effet mécanique d’une monnaie plus faible sur l’inflation importée, la ‘rupture de la parité’ peut être un moment psychologique important pour la BCE qui fait le jeu des faucons, la faiblesse de l’euro étant perçue comme le prix à payer par l’Europe pour ne pas changer sa politique monétaire aussi rapidement que les États-Unis. Toutefois, nous notons que le public n’a pas beaucoup réclamé une hausse de plus de 25 points de base le 21 juillet dans le récent discours de la BCE ».

Bon traduisons. Les « spreads » ce sont les écarts de taux entre les pays emprunteurs.

  • En quoi la tâche de la BCE n’est pas facile ?
  • C’est facile à comprendre pour le coup !
D’un côté si on monte les taux on déclenche une récession avec à la clef la faillite des états. Si on ne fait rien, l’inflation va continuer à augmenter et l’euro à baisser jusqu’à ce que tout le monde soit ruiné.

A cela s’ajoute le fait que beaucoup de pays européens ont besoin du gaz russe, et qu’il n’y a plus de gaz russe…

Conséquence logique, la BCE n’a aucune bonne solution qui s’offre à elle.

C’est donc une évidence que la BCE n’aura pas la tâche facile, mais ce n’est pas la BCE qui est à plaindre, c’est les 400 millions d’Européens qui subissent une politique suicidaire et pour qui le quotidien dès la rentrée ne sera pas facile du tout.

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source Investing.com ici


https://insolentiae.com/la-bce-ne-va-pas-avoir-la-tache-facile-selon-le-chef-economiste-daxa/

3 La pénurie de saisonniers est-elle la conséquence de la réforme de l’assurance chômage ?

par Charles Sannat | 19 Juil 2022

Derrière la pénurie de saisonniers…  la réforme de l’assurance chômage titre le journal Libération avec justesse.

« Le changement de calcul des indemnisations pénalise les saisonniers, dont les emplois sont plus courts et discontinus. L’exécutif s’apprête encore à durcir les règles d’indemnisation.
«Admettons qu’un saisonnier atteigne le seuil de six mois, il a le droit aux allocations chômage, mais à un montant beaucoup moins élevé qu’avant», pointe Denis Gravouil de la CGT. (Herve Chatel/Hans Lucas)
par Nina Jackowski
«Traiteur, services, taille de vigne… J’ai fait tout ce qui était possible comme saisonnière ou extra. La précarité, c’est ça. Mais l’assurance chômage m’apportait une sécurité.» Céline Absil, 53 ans, raconte ses mille vies dans un rire las. Cette mère célibataire ardéchoise a été guide saisonnière pendant plus de vingt ans, jonglant en plus avec des petits boulots. De quoi gagner 1 500 à 1 800 euros net les bons mois. Pas assez pour partir en vacances, mais elle adorait ça. « Avec le confinement, tout s’est arrêté », regrette-t-elle. La pandémie a mis sa passion en veille. Mais c’est bien la réforme de l’assurance chômage qui l’a enterrée.
La saisonnière trilingue soupire : « C’est trop dangereux, on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé. » La dernière saveur était amère. Elle a reçu une offre pour un poste de guide de 30 heures hebdomadaires en juin, en temps plein pour l’été, puis de nouveau 30 heures à la mi-septembre. « Je les ai appelés pour dire qu’ils ne pouvaient pas faire de pareilles offres avec la réforme. Ça nous bouffe nos droits », raconte-t-elle. Cette année, la quinquagénaire a choisi de bosser à la plonge chez un patron « qui a tout compris » : six mois de contrat et le smic. De quoi toucher, selon ses prévisions, 800 à 850 euros d’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). Depuis le 1er décembre, il faut désormais avoir travaillé six mois au lieu de quatre pour ouvrir des droits au chômage. »

Est-ce une bonne chose ou pas ?

Le débat n’est pas simple d’un point de vue macro-économique.

En effet, il n’appartient pas à l’État et donc à nos impôts et cotisations de payer l’inactivité des saisonniers qui globalement travaillaient 6 mois sur 12; les 6 premiers aux frais d’un patron et les 6 suivants aux frais de la collectivité.

D’un autre côté cela bloque complètement le marché des « saisonniers » et les entreprises ne trouvent plus de volontaires.

On peut penser qu’entreprises comme salariés finiront par s’adapter aux nouvelles règles d’indemnisation du chômage mais dans cette période intermédiaire qui va durer encore au moins 12 mois, il sera difficile pour les entreprises d’être attractives pour les saisonniers car il faut que les mentalités de tous s’adaptent aux nouvelles règles du jeu.

A savoir, qu’être saisonnier ne permettra plus de ne travailler que la moitié du temps et d’être indemnisé le reste de l’année.

Si la mesure est économiquement juste et pertinente, cela veut dire que les entreprises devront augmenter les salaires de manière significative et loger également par exemple leurs saisonniers pour que cela vaille la peine pour les salariés de prendre un contrat court par rapport à un CDI ou un CDD qui serait de durée beaucoup plus longue.
En réalité et sans le dire, c’est le régime des saisonniers que l’état veut supprimer car évidemment il coute très cher à l’assurance chômage puisque indirectement les entreprises font peser cette souplesse sur la collectivité.

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source Libération.fr ici


https://insolentiae.com/la-penurie-de-saisonniers-est-elle-la-consequence-de-la-reforme-de-lassurance-chomage/


4 La mondialisation fragmentée…  le scénario qui fait trembler le monde.

par Charles Sannat | 19 Juil 2022 |

C’est un article de la Tribune intitulé « La mondialisation fragmentée : ce scénario qui pourrait bouleverser le monde ».

C’est mon scénario central pour les années qui viennent.

« DOSSIER MONDIALISATION– En accélérant l’inflation, en perturbant les chaînes d’approvisionnement, en menaçant la sécurité alimentaire de nombreux pays, la guerre en Ukraine et les sanctions mutuelles que prennent les pays occidentaux et la Russie constituent un choc sans précédent pour l’économie mondiale. Sans qu’on sache ce qu’il adviendra de ce conflit, cette guerre met fin à trois décennies marquées par une accélération de la mondialisation et ouvre une nouvelle page de la globalisation. Les visions divergent entre les décideurs politiques et économiques pour savoir quel sera le visage de cette prochaine étape. Certains parlent de « démondialisation », quand d’autres parlent de « fragmentation » de la mondialisation avec des blocs de pays constitués sur des considérations politiques et échangeant peu ou pas entre eux, tandis que d’autres encore estiment que la globalisation va simplement ralentir (« slowbalisation »). Une chose est sûre : tous les industriels occidentaux sont en train de repenser leurs chaînes d’approvisionnement pour sécuriser leur production. A travers une trentaine d’articles consacrés qui seront publiés à partir de ce lundi et tout au long de la semaine, La Tribune analyse dans le détail les conséquences de cette nouvelle donne sur les entreprises, les territoires et la transition énergétique.

Quelle mondialisation pour demain ? La question a commencé à se poser en 2019 avec le début de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Elle a pris de l’acuité un an plus tard quand la pénurie de matériel médical au début de la crise sanitaire, en France notamment, a mis en lumière les risques pour la souveraineté industrielle de certains pays des dépendances massives à d’autres régions du globe.

Avec l’impact sur la géoéconomie mondiale de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la question de l’avenir de la mondialisation est désormais sur toutes les lèvres des acteurs politiques et économiques de la planète.

Au regard des sanctions mutuelles entre les pays occidentaux et la Russie et des restrictions du commerce observées sur l’énergie, les denrées alimentaires et d’autres matières premières, tous se demandent aujourd’hui où va l’économie mondiale. « La communauté internationale doit avoir une vision claire des conséquences économiques et humanitaires » de cette guerre, a d’ailleurs indiqué ce samedi Janet Yellen, la secrétaire américaine au Trésor, lors de la réunion du G20 Finances qui s’est tenue en Indonésie. Une façon de dire que les pays naviguent à vue sur l’impact de ce conflit, qualifié par cette proche de Joe Biden de « plus grand défi » pour l’économie mondiale.

Pour autant, les prévisions vont bon train.

  • Si certains, à l’image de Larry Fink… le patron du fonds d’investissement BlackRock, évoquent une « démondialisation »,
  • d’autres comme Christine Lagarde…  la patronne de la Banque centrale européenne (BCE) parlent plutôt de « néomondialisation » ou de « remondialisation »,
  • alors que d’autres encore, comme Pascal Lamy… l’ancien directeur de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), penchent plutôt pour une « slowbalisation », un ralentissement de la globalisation.

La fin d’une période de trois décennies de mondialisation accélérée

Quel que soit le scénario, une chose est sûre. Une nouvelle page de la mondialisation s’ouvre.
La crise sanitaire et surtout la guerre en Ukraine ont, en effet, mis fin à un chapitre de la globalisation qui avait commencé au début des années 1990 avec l’écroulement de l’URSS en 1991 et l’entrée de manière progressive dans l’OMC des anciens pays du bloc de l’Est et de la Chine.
Trois décennies au cours de laquelle la globalisation s’est fortement accélérée sous le triple effet d’une intégration dans l’économie mondiale d’un plus grand nombre de pays, d’une dérégulation plus poussée et d’une révolution numérique toujours plus forte; le tout ayant permis une circulation quasiment sans frontière des individus, des marchandises, des services et des capitaux. »

Oui, quel que soit le scénario une nouvelle page de la mondialisation s’ouvre, car la mondialisation actuelle est une aberration écologique et économique ou l’on ne paye en aucun cas le véritable prix ni de la pollution, ni du prélèvement des ressources naturelles, ni du transport et même pas celui de la production.

Dans un monde d’énergies lentes (les énergies renouvelable) fini les avocats du Pérou, l’ananas du Costa Rica, ou les chaises fabriquées en Inde par Ikéa à 2 francs six sous.

Le modèle mondialiste actuel est donc condamné à changer et à changer très rapidement, et nous irons rapidement vers moins de mondialisation.

Et encore, c’est sans prendre en compte ici les facteurs géopolitiques qui seront également majeurs dans les évolutions à venir.

Le juge de paix sera le développement d’un axe sino-russe et la mise en place d’un nouveau rideau de fer.

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site s
ur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source La Tribune.fr ici


https://insolentiae.com/la-mondialisation-fragmentee-le-scenario-qui-fait-trembler-le-monde/


5 Le « sentiment » de déclassement des classes moyennes selon le Monde.

par Charles Sannat | 19 Juil 2022

Pourquoi le déclin des classes moyennes, celles qui ont le sentiment de « payer pour tout le monde », est un puissant levier politique

Si aucune statistique n’étaye la thèse d’une disparition de cette « France du milieu », un sentiment de déclassement existe. La civilisation héritée des « trente glorieuses », ayant foi en la mobilité sociale, la croissance et le progrès, serait-elle menacée ?
Pour qui croit aux symboles, celui-ci est éloquent : le constructeur Maisons Phénix, incarnation du rêve pavillonnaire français et de l’accession à la propriété des classes moyennes dans l’après-guerre, objet d’étude pour le sociologue Pierre Bourdieu, a mis la clé sous la porte, le 1er juillet. La pandémie de Covid-19, l’inflation du prix des matières premières… et aussi, peut-être, la fin d’un certain âge d’or pour les classes moyennes, cette France du milieu, cœur d’une puissante mythologie qui structure encore aujourd’hui l’imaginaire collectif.
L’angoisse du pouvoir d’achat, du reste à vivre et des fins de mois rendues difficiles par le retour de l’inflation a ravivé la question des classes moyennes et celle de leur déclin supposé. Ces dernières seraient toujours celles qui « trinquent », étouffées par des prélèvements obligatoires trop élevés mais trop riches pour toucher les subsides de l’État. La mondialisation, en favorisant l’essor d’une classe moyenne de consommateurs dans les pays émergents, aurait aussi laminé ces catégories dans nos contrées. La civilisation héritée des « trente glorieuses », cette société du salariat ayant foi en la mobilité sociale, la croissance et le progrès, serait-elle menacée ?
La difficulté à mesurer les transformations subies par les classes moyennes tient à l’impossibilité de les définir de façon satisfaisante, ces dernières l’étant souvent « en creux ». Elles agrègent des groupes sociaux très divers (salariés, artisans, commerçants, petits patrons, fonctionnaires de catégorie B, professeurs des écoles, techniciens…) qui ont en commun d’avoir un capital « de diplômes, de revenus, de patrimoine ou de logement » auquel « s’accrocher », selon les sociologue et économiste Dominique Goux et Eric Maurin.
Les économistes raisonnent volontiers en matière de revenus : l’OCDE retient ainsi les personnes dont les revenus sont compris entre deux tiers et deux fois le revenu médian (1 837 euros en France, soit entre 1 300 et 3 500 euros). L’Insee s’intéresse plutôt aux « emplois intermédiaires », ceux qui sont typiquement « entre les cadres et les agents d’exécution ». Les sociologues utilisent, de leur côté, le diplôme (bac + 2 ou bac + 3), qui est relié au métier et à la catégorie sociale. « Dans l’idéal, il faudrait aussi tenir compte du territoire où l’on vit, et du patrimoine reçu en héritage, ajoute le sociologue Camille Peugny. Un couple qui gagne deux fois 2 000 euros fera partie de la classe moyenne, sauf s’il a reçu un logement en héritage. »

Je trouve le début de cet article exquis. « Si aucune statistique n’étaye la thèse d’une disparition de cette « France du milieu », un sentiment de déclassement existe ».

Après le « sentiment » d’insécurité, voici le sentiment de déclassement pour mieux sous-entendre qu’il ne se passerait rien.

Or que ce soit sur le front de délinquance et de la criminalité ou sur celui du déclassement des classes moyennes il n’y a aucun sentiment mais bien une réalité « observationnelle » que toute personne objective peut noter.

Mais, il est des études qu’il ne faut pas faire.

Il est des tendances qu’il convient de ne pas mesurer.

Vous n’aurez aucun budget pour faire des statistiques sur les attaques aux couteaux des déséquilibrés isolés qui coupent en meute.

Vous n’aurez aucune subvention pour prouver et démontrer l’appauvrissement des classes moyennes et laborieuses de ce pays.

Cette classe moyenne qui va de 2 500 euros nets par mois à globalement 5 000 euros et qui n’a jamais droit à rien paye tout, se loge mal, se chauffe mal, mange mal et se déplace mal à cause du prix du gasoil !

Comment le Monde peut-il écrire cela après un mouvement de deux ans de gilets jaunes qui sont exactement cette France des premières classes moyennes qui galèrent en travaillant alors que nos HLM sont remplis de gens qui n’ont jamais travaillé.

Encore plus grave, on veut reculer l’âge de la retraite de ceux, peu nombreux qui travaillent, sans même discuter de mettre au travail les millions de gens qui n’ont jamais ne serait-ce que commencé à travailler une fois dans leur vie dans ce pays.

Alors oui.

Il faut tout revoir de la cave au grenier et comme nous ne le ferons pas, ce pays s’effondrera sous le poids de complexité, sous la lourdeur de sa fiscalité, et sous les effets du découragement même des plus motivés.

C’est exactement le processus décrit dans la Grève d’Ayn Rand.

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Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur http://www.insolentiae.com. »

Source Le Monde.fr ici


https://insolentiae.com/le-sentiment-de-declassement-des-classes-moyennes-selon-le-monde/

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