3829 — 1/L’Ukraine placée sous tutelle du FMI pour un prêt de 5 milliards de dollars ? 9 Juin 2020… 2/L’Ukraine, un pays à fort potentiel aux portes de l’Union Européenne – 3 décembre 2019 …

1/L’Ukraine placée sous tutelle du FMI pour un prêt de 5 milliards de dollars ? 9 Juin 2020…

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Christelle Néant – 9 Juin 2020 – Nouvelles et analyses du Donbass –

Aujourd’hui 9 juin 2020, le FMI doit approuver (ou non) le plan d’aide de 5 milliards de dollars à l’Ukraine pour l’aider à faire face à la pandémie de coronavirus. S’il faut attendre la décision du Fonds pour avoir le détail exact des mesures que doit prendre l’Ukraine dans le cadre de cet accord, des informations ont déjà fuité et soulèvent des inquiétudes sur le fait que Kiev perdrait totalement sa souveraineté en échange du prêt du FMI [1].

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Les nouvelles exigences du FMI pour l’Ukraine

Après avoir voté la levée du moratoire sur la vente des terres agricoles[2] et la loi dite « anti-Kolomoïski »[3], pour se conformer aux exigences du FMI, il semble donc que l’institution soit prête à enfin débloquer de nouveaux fonds pour l’Ukraine.

Sauf qu’on est passé d’un programme de financement étendu de trois ans qui devait atteindre les 10 milliards de dollars d’après Zelensky, à un programme de secours de 18 mois de 5 milliards de dollars [4].

Le type de programme d’aide normalement accordé aux pays qui sortent de la dictature, ou d’une économie socialiste planifiée ! Ce que l’Ukraine n’est plus, normalement, depuis longtemps. Résultat à Kiev ça commence à grincer des dents.

Car même pour obtenir cette « aumône », il semble que l’Ukraine va devoir se plier à des conditions que beaucoup jugent inacceptables.

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D’après Rouslan Bortnik, politologue, et directeur de l’Institut ukrainien d’analyse et de gestion politique, voici 10 points du mémorandum entre l’Ukraine et le FMI qui auront un impact important sur le pays :

  1. 1. L’introduction de la gestion externe du système financier du pays (la Banque nationale, selon le mémorandum, est obligée de maintenir l’inflation à 5 %, ce qui stoppera la croissance du PIB).
  2. 2. Destruction du système de santé et du système éducatif, via la poursuite des réformes catastrophiques de l’ex-ministre de la Santé, madame Souproun (surnommée docteur « de la mort » à cause de ses réformes justement), et la réduction du nombre d’écoles dans le pays.
  3. 3. Augmentation de l’âge de la retraite et baisse généralisée des dépenses tant pour les retraites que pour toutes les allocations sociales. En clair il n’y aura pas de hausse des retraites, alors que ces dernières en Ukraine sont d’un montant dérisoire.
  4. 4. Poursuite des faillites de banques et mise en place d’une « renonciation de l’investisseur national ». Résultat ceux qui sont impliqués dans la fermeture d’une centaine de banques en 2014-2018, comme Porochenko et Gontareva ne seront pas considérés comme responsables pour leurs actions.
  5. 5. Mise en place d’un contrôle externe de la justice ukrainienne, via la nomination des juges qui devra être supervisée par des experts étrangers (sic). Là pour l’indépendance et la souveraineté nationale on repassera.
  6. 6. Nouvelle hausse des tarifs des logements et des services communaux. Or les Ukrainiens n’arrivent déjà plus à payer leurs factures après que les prix du gaz, de l’eau, de l’électricité et du chauffage ont été multipliés par un facteur allant jusqu’à 10 en quelques années !
  7. 7. Privatisation du port d’Odessa et de Centrenergo (une importante entreprise de production d’énergie électrique du centre et de l’est de l’Ukraine) et de toutes les autres grandes entreprises du pays.
  8. 8. Mise en place d’un contrôle externe sur le marché foncier. Pour faire simple c’est le FMI qui décidera du plafond de surface qui sera achetable (et je vous épargne le suspens ce sera plus que 1 000 hectares par personne), et de l’ouverture du marché foncier aux étrangers. Ceux qui ont cru les promesses de Zelensky sur le référendum visant à décider de ce dernier point vont vite déchanter. Cette loi a été votée pour se conformer aux exigences du FMI et c’est lui qui décidera de ses modalités. Pas le gouvernement ukrainien, et encore moins le peuple.
  9. 9. Augmentation de l’influence du Bureau national anti-corruption et de son chef Artiom Sytnik.
  10. 10. Interdiction pour l’État ukrainien de soutenir l’économie et l’industrie nationales. Et ce alors que l’aide du FMI est officiellement prévue pour aider à faire face aux conséquences du coronavirus, et que parmi ces conséquences, l’impact des mesures de quarantaine sur les entreprises et l’économie du pays nécessitent justement une aide de l’État pour éviter la faillite généralisée !

Pour Rouslan Bortnik, ce mémorandum « ne peut pas être signé dans sa forme actuelle », et il faut « poursuivre les négociations et chercher d’autres sources pour combler le déficit du budget » de l’Ukraine.

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L’Ukraine brade sa souveraineté

Le politologue Evgueny Boulavka, a souligné que la Russie pourrait être une alternative au FMI, mais que le problème est là plus d’ordre politique qu’économique. Les autres acteurs comme la BERD ou la Banque Mondiale auraient pu être une alternative aussi, si l’Ukraine n’était pas considérée comme peu fiable.

Une évaluation confirmée par l’effondrement du marché de l’énergie en Ukraine [5], qui a provoqué une fuite des investisseurs occidentaux dans ce secteur.

Pour certains, la faute de ce mémorandum inacceptable repose sur les négociateurs ukrainiens qui n’ont pas su défendre leur position. Une vue partagée par Alexeï Kouchtch, économiste et expert à l’Institut Growford.

« C’est le mémorandum le plus désastreux que l’Ukraine ait jamais signé. On peut en partie blâmer le FMI. Mais si les négociateurs du côté ukrainien se comportent de manière aussi inconsidérée, alors c’est un péché de ne pas profiter de la situation », a-t-il déclaré.

L’économiste a souligné que même décider de la structure d’entreprises comme Naftogaz n’est désormais plus du ressort du gouvernement ukrainien, qui doit obtenir le feu vert de l’étranger. Pour lui, l’Ukraine brade sa souveraineté pour des crédits de plus en plus petits.

« Plus nous perdrons notre souveraineté, moins ce qu’il en reste coûtera cher. C’est comme au marché, quand le vendeur vend toute sa viande et donne le dernier morceau pour la moitié du prix. Auparavant, notre souveraineté coûtait cher et on nous donnait des programmes pour 16-17 milliards de dollars, mais maintenant ce qui reste est à 5 milliards de dollars et les exigences sont énormes. Si cela va plus loin, le solde final de notre souveraineté et les actifs nationaux seront cédés pour un milliard de dollars », a-t-il conclu.

Lorsque j’avais titré que Zelensky avait perdu le droit de parler de l’intégrité territoriale de l’Ukraine[6] après la levée du moratoire sur la vente des terres agricoles, en disant qu’il avait bradé le pays pour un prêt du FMI, certains avaient trouvé que c’était exagéré. Mais en réalité, c’était parfaitement juste.

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Ce mémorandum, s’il est approuvé tel quel n’est ni plus ni moins que l’officialisation de la mise sous tutelle de l’Ukraine par le FMI, et donc par les pays occidentaux, en échange de 5 malheureux milliards de dollars.

Si ce mémorandum est validé en l’état, l’Ukraine n’est plus un pays souverain, mais une simple colonie, à qui on dicte qui seront ses juges, sa politique économique, sa politique en matière de santé et d’éducation, et même la structure de ses entreprises d’État avant qu’elles ne soient vendues pour une bouchée de pain, en échange de trois breloques qui éviteront juste au pays de couler totalement et de faire officiellement faillite [7] !

La somalisation de l’Ukraine se poursuit à vitesse grand V, avec l’aide du FMI qui fait tout pour que le pays s’enfonce toujours plus, afin de le placer en position de faiblesse lorsqu’il viendra mendier les prochaines miettes que le Fonds voudra bien lui jeter, et pouvoir ainsi lui imposer des exigences de plus en plus lourdes.

Voilà où a mené la politique russophobe de l’Ukraine post-Maïdan. La ruine économique et financière, et la somalisation du pays qui se retrouve à devoir accepter toujours plus de sacrifices payés au prix fort par sa population, pour des miettes de plus en plus petites jetées par l’Occident.
Voilà ce que Viktor Ianoukovitch, le président ukrainien de l’époque, avait refusé en 2013 ! Voilà pourquoi il s’était tourné vers la Russie. Parce qu’il avait compris vers quel bourbier l’accord avec l’UE allait mener le pays, et que l’aide de la Russie serait bien plus conséquente et moins contraignante pour l’Ukraine.

Sauf à revenir rapidement et brutalement sur les choix qui ont été fait en 2014, il ne reste désormais à l’Ukraine qu’à boire le calice du FMI jusqu’à la lie.

Christelle Néant

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SOURCES

  1. https://112.ua/statji/strashno-bez-transha-chto-podpishet-ukraina-s-mvf-538377.html
  2. https://sansapriori.net/2020/04/15/3730-1-lukraine-leve-le-moratoire-sur-la-vente-des-terres-agricoles-contre-laide-du-fmi-31-03-2020-2-lukraine-perd-ses-terres-zelensky-perd-le-pouvoir-06-04-2020/
  3. http://www.donbass-insider.com/fr/2020/04/07/ukraine-le-fmi-en-guerre-contre-kolomoiski/
  4. https://www.imf.org/en/News/Articles/2020/05/21/pr20223-ukraine-imf-and-ukrainian-authorities-reach-staff-lvl-agreement-new-sba-address-covid19
  5. http://www.donbass-insider.com/2020/06/08/moskal-energy-market-collapse-came-and-investors-ran-from-ukraine/
  6. http://www.donbass-insider.com/fr/2020/04/29/zelensky-perdu-droit-parler-integrite-territoriale-ukraine/
  7. http://www.donbass-insider.com/fr/2020/04/27/zelensky-supplie-loccident-de-laider-pour-eviter-la-faillite-de-lukraine/

SOURCE/http://www.donbass-insider.com/fr/2020/06/09/ukraine-sous-tutelle-du-fmi-pour-un-pret-de-5-milliards-de-dollars/?fbclid=IwAR2sjmivpEEqu20YZOdOMj04UyCHI43BNWXyTPgQUYovTkwlUOsFXduZsqc


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2/L’Ukraine, un pays à fort potentiel aux portes de l’Union Européenne

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mardi 3 décembre 2019 – Business France Export – business france.fr

L’Ukraine est le septième pays d’Europe par sa population avec 42,13 M d’habitants.

Les Rencontres Ukraine sont une occasion unique pour aborder les questions de financements et le climat des affaires*, mesurer les réelles opportunités sectorielles** et bénéficier de rendez-vous B2B. * présentation macro-économique / climat des affaires // table ronde : financer son projet en Ukraine ** tables rondes sectorielles : innovation, industrie-infrastructures-transport-énergies, santé-pharmacie/parapharmacie-cosmétiques

https://www.businessfrance.fr/ukraine_aux_portes_de_lUE

Si le territoire politico-administratif a peu évolué depuis la proclamation de l’indépendance, la décentralisation est un des volets des réformes entreprises depuis la « Révolution de la dignité ». Elle vise une meilleure efficacité de la gouvernance (séparation des pouvoir locaux et du gouvernement), une meilleure qualité de service et enfin un plus haut niveau de compétitivité des régions.

Principaux indicateurs économiques

 

2015

2016

2017

2018

Croissance du PIB

-9,9%

2,4%

2,5%

3,5%

Inflation

48,7%

13,9%

14,4%

11%

Dette publique (% PIB)

79

81,2

71

70

Bal. Courante (% PIB)

-2

-6,2

-6,3

-8,6

Réserves (Mds USD)

13,3

15,5

18,8

20,8

sources : Cnuced, FMI, Banque centrale ukrainienne, Service de Statistique d’État d’Ukraine, 2018

Le PIB ukrainien s’est sévèrement contracté lors de la crise économique consécutive à la « Révolution de la dignité ». Durant cette période, le secteur agricole a été le seul à conserver une dynamique positive et sa contribution au PIB a augmenté de 3,2 points entre 2014 et 2015. L’économie ukrainienne est en croissance continue depuis 2016 (entre +2 et +3% chaque année). La Banque mondiale prévoit une croissance du PIB ukrainien de 3,4% pour l’année 2020 et de 3,7% en 2021.

Structure du PIB Ukrainien

Part de la contribution des principaux secteurs au PIB en 2018

Secteur agricole 10,4%
Secteur industriel 37,3%
Secteur des services 49,4%

Source : Service de la statistique d’Etat d’Ukraine, 2018

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UN PAYS QUI CONFIRME QU’IL EST SORTI DE LA CRISE
ET ENGAGE SUR LA VOIE DES REFORMES

Dans le contexte des évènements géopolitiques qui ont déstabilisé l’Ukraine, l’économie du pays a subi, en 2014-2015, un choc économique majeur. Le pays a alors connu une récession de -7% en 2014 puis de -9,8% en 2015 à la suite de l’annexion de la Crimée, du conflit militaire dans le Donbass et de la chute de la consommation, moteur traditionnel de croissance.

Cette crise a conduit l’Ukraine à engager des réformes de grande ampleur, menées en partenariat étroit avec les institutions financières internationales (IFI) et se traduisant aujourd’hui dans l’économie réelle par un retour de la croissance depuis 2016 et une situation macroéconomique stabilisée.

LE COMMERCE EXTÉRIEUR

L’Ukraine se caractérise par une économie ouverte dont les échanges commerciaux ont été en constante augmentation depuis les années 2000. Après une chute de près de 40% consécutive à la crise de 2008, le commerce extérieur de l’Ukraine s’est stabilisé à 88,43 Mds EUR en 2018 avec un déficit commercial de près de 8,1 Mds EUR ayant crû de 50,81 % par rapport à l’année 2017.
L’entrée en vigueur, le 1er janvier 2016, du volet commercial de l’Accord d’Association et de libre-échange entre l’Union européenne et l’Ukraine a permis l’intensification des échanges commerciaux entre les deux parties.

IMPORTATIONS UKRAINIENNES

Les importations ukrainiennes de biens se sont élevées à 48,26 Mds EUR en 2018, soit une hausse de 10,47% par rapport à l’année précédente.

Principaux biens importés en 2018 _ Total 48,3 Mds EUR

Secteurs Part du total (variation 2017-2018)
Combustibles minéraux 23,41% (+9%)
Machines et équipements 20,92% (+8,9%)
Produits de l’industrie chimique 12,33% (+12,7%)
Équipements de transport 7,97% (+7%)
Produits sidérurgiques 6,26% (+14,9%)

Sources : Business France d’après IHS, GTA et Ukrstat, 2018

Les deux principaux postes d’importation sont les combustibles minéraux (23,41% du total) et les machines et équipements (20,92%).

Les principaux pays fournisseurs sont la Russie, la Chine et l’Allemagne représentant près de 40% des importations ukrainiennes. La France au 10ème rang a une part de marché de 2,6%.

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L’UKRAINE : UN GRAND PAYS AGRICOLE

L’Ukraine, autrefois « grenier à blé » de l’empire russe, possède une longue tradition agraire et compte parmi les principaux exportateurs mondiaux de produits agricoles. L’agriculture, combinée à l’industrie agro-alimentaire, a généré plus de 16% du PIB ukrainien en 2018 et demeure un des principaux secteurs de l’économie nationale faisant vivre près de 20% de la population.
Le secteur agricole se modernise et a attiré plus de 3,3 Mds USD d’investissements en capital en 2018, principalement pour la transformation agroalimentaire.

DISTRIBUTION ALIMENTAIRE

Le développement de la grande distribution est relativement récent en Ukraine car le premier supermarché a été ouvert seulement en 2000. Depuis, ce canal de distribution a connu une croissance active, pour représenter presque 50 % du secteur de la distribution.

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LA MODERNISATION DES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT : UN ENJEU ESSENTIEL

Du fait de sa taille et de sa position géographique favorable, le pays joue un rôle majeur dans le flux des transports est-ouest et nord-sud (Baltique-mer Noire). Le secteur des transports représente aujourd’hui 8% du PIB.

La plupart des infrastructures du pays sont vétustes, victimes de sous-investissement pendant des décennies. Les besoins de modernisation et de développement des infrastructures sont jugés primordiaux par les autorités qui prévoit des investissements de l’ordre de 60 Mds USD pour l’amélioration du réseau de transports sur les 11 prochaines années. Elles s’appuieront en particulier sur l’offre étrangère en matière d’expertise et d’équipements pour y répondre. L’expertise française dans ce domaine est reconnue en Ukraine.

L’ÉNERGIE : UN SECTEUR STRATÉGIQUE POUR LES ANNÉES À VENIR

L’Ukraine est l’un des plus gros marchés énergétiques d’Europe. La question énergétique a revêtu une importance politique forte depuis l’indépendance en raison de la dépendance envers la Fédération de Russie et des nombreux « conflits gaziers » entre les deux pays. À la suite de la « Révolution de la dignité » en 2014, l’Ukraine a cherché à s’affranchir de cette dépendance énergétique en réduisant sa consommation et diversifiant ses fournisseurs.

Membre de la Communauté européenne de l’énergie depuis 2011 et ayant conclu un Accord d’association avec l’UE (entré en vigueur en 2017), l’Ukraine s’est par ailleurs engagée à appliquer l’acquis communautaire en matière énergétique.

TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION

L’Ukraine compte parmi les pays les plus dynamiques dans le monde des technologies de l’information. En plus d’être le hub européen de sous-traitance informatique, l’Ukraine devient une destination de R&D pour de nombreuses entreprises internationales. Le secteur des technologies de l’information a généré 4,8 Mds EUR pour 3,9 % du PIB en 2018. Le volume des exportations de services informatiques a affiché une croissance à deux chiffres au cours des dernières années pour atteindre 4,5 Mds USD en 2018 (soit 17% des services exportés par l’Ukraine).

SECTEUR DE LA SANTÉ

L’Ukraine compte 1 670 établissements hospitaliers (contre 3 900 en 1990) comptabilisant plus de 277 000 lits (contre 700 000 en 1990). Le nombre de cliniques ambulatoires est en revanche en constante augmentation (10 500 en 2018). En 2018, le nombre total de médecins en Ukraine (médecine publique et privée) s’élève à 185 000. Le nombre d’infirmiers est de 345 000. L’espérance de vie, en légère hausse depuis début des années 2000, est de 71,98 ans (67,02 pour les hommes ; 76,78 pour les femmes). Pour sortir de cette situation, en 2015, l’État s’est engagé dans une réforme profonde de son système de santé qui se poursuivra tout au long de la décennie prochaine.

PRODUITS PHARMACEUTIQUES

En 2018, l’Ukraine importait huit fois plus de produits pharmaceutiques qu’elle n’en exportait. Les importations ont atteint 1,6 Mds EUR en 2018. Le marché national a dépassé les 2,1 Mds EUR en 2018 (+20% par rapport à 2017) : sa croissance est toutefois freinée par sa forte dépendance aux revenus de la population.

COSMÉTIQUES

Bénéficiant de la stabilisation et de la reprise économique, le secteur des cosmétiques en Ukraine continue son rattrapage. En 2018, le marché des cosmétiques a atteint 1,5 Mds EUR. Les importations se sont élevées à 546,9 M EUR. La population ukrainienne étant traditionnellement très soucieuse de son apparence et préférant acheter des produits de haute qualité, de nouveaux créneaux apparaissent pour les cosmétiques françaises à mesure que le rattrapage économique de l’Ukraine se confirme.


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AJOUT POUR INFO/ UKRAINE – GÉOGRAPHIE

     L’Ukraine post-soviétique est le deuxième pays d’Europe par sa superficie (576.700 km2, sans la Crimée [1], soit un peu plus grand que la France métropolitaine). Elle est bordée par la mer Noire et la mer d’Azov au sud, frontalière avec la Russie au nord et à l’est, avec la Biélorussie au nord, avec la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie à l’ouest et avec la Roumanie et la Moldavie au sud-ouest. Opposition envenimée
     À l’exception des montagnes des Carpates dans le sud-ouest et du vaste plateau de Podolie (alt. 472 m) dans l’ouest, l’Ukraine est un pays relativement plat. La majeure partie du territoire est formée par une immense plaine agricole (environ 1.000 km sur 600 km), avec des terres extrêmement fertiles – les fameuses terres noires, ou «tchernoziom» [2] – arrosée par le Dniepr et ses affluents. On estime le potentiel des terres arables à 90% de la superficie totale du pays (22% des terres arables d’Europe).
     Les montagnes de l’Ukraine sont en fait des contreforts des reliefs d’Europe centrale et méditerranéenne. À l’ouest et au sud-ouest du pays, l’arc des Carpates forme une chaîne de montagnes couvertes de forêts giboyeuses et de pâturages, qui ressemblent au Jura ou aux Vosges. D’ailleurs, le plus haut sommet des Carpates se trouve en Ukraine de l’ouest, (Hoverla, 2.061 mètres).
     La superficie boisée est d’environ 9,4 millions d’hectares, soit un taux de boisement de 15,6% avec des différences régionales très marquées: 40 % dans les montagnes des Carpathes, puis 26 % plus au Nord dans les bassins des rivières Dniepr, Prypjat et Desna, mais 2 à 3 % seulement dans les grandes régions steppiques du Centre et de l’Est du pays. La forêt ukrainienne est composée principalement Les feuillus l’emportent sur les conifères (respectivement 58% contre 42% du total). Les essences principales sont  le Pin (Pinus sylvestris), (plus de 3,1 millions d’hectares), puis le Chêne (Quercus robur), (2,2 million d’hectares), suivis par l’Épicéa (Picea abies), le Hêtre (Fagus sylvatica) et le Bouleau (Betula pendula). La forêt ukrainienne, du fait des surexploitations du passé et de l’effort de reboisement qui en suivit, est une forêt jeune: 83 % de sa surface totale boisée sont occupés par les jeunes bois et les bois d’âge moyen. La plupart des forêts en Ukraine (7,18 millions d’hectares, soit environ 70 % du total) sont gérés par le Comité National des Forêts d’Ukraine l’ukrainien, qui fait partie du Ministère ukrainien de l’Ecologie et des ressources naturelles.
     L’Ukraine est riche en ressources minérales, les principales étant le fer,  le magnésium, le manganèse, le magnésium, le nickel, le mercure, le sulfure, l’uranium, le sel, la potasse, etc., et en ressources énergétiques (charbon, graphite, schiste, gaz). Il convient toutefois de souligner que les ressources minérales et leurs prolongements industriels se concentrent sur la partie Est, notamment dans le bassin de Donbass [3], tandis que l’Ouest est moins bien doté.
     L’Ukraine bénéficie également d’un réseau fluvial étendu, composé principalement par le Dniepr (en russe: Днепр, Dnepr; en ukrainien: Днiпро, Dnipro) [4], qui constitue la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine sur une longueur de 115 km au nord; le Dniester (en russe: Днестр; en ukrainien: Дністер, Dnister), qui fait partiellement office de frontière entre l’Ukraine et la Moldavie (ainsi qu’entre la Transnistrie et la Moldavie) au sud-est; le Boug (en russe et ukrainien: Буг), qui marque la frontière de la Pologne avec l’Ukraine au nord-ouest; et le Donets (en russe: Донец; en ukrainien: Донець), qui fait partiellement office de frontière entre l’Ukraine et la Russie à l’extrême est. Le Danube (en russe et ukrainien Дунай) marque la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie, à l’extrême sud-ouest.
     Le climat est de type continental tempéré dans la plus vaste du territoire, et de type méditerranéen sur les côtes du sud bordant la mer Noire. Les précipitations sont irrégulièrement distribuées, fortes dans le nord et l’ouest, plus faibles dans l’est et le sud-est. Les hivers varient de doux au sud à froid dans les plaines centrales. L’été est tiède dans les plaines et chaud dans le sud.
     L’Ukraine comporte diverses régions historiques, dont certaines comme la Volhynie et la Galicie (jadis polono-lituaniennes), la Bukovine (jadis moldave) ou la Méotide (jadis scythe et grecque, puis tatare criméenne) [5] s’étendent également sur les pays voisins. La plus vaste des régions historiques est la Zaporojie, pays des Cosaques du même nom, hérité des rapides du fleuve Dniepr.

[1] Le 18 mars 2014, à la suite d’un référendum d’autodétermination tenu le 16 mars, le gouvernement russe annonce que la République de Crimée (correspondant à l’ancienne République autonome de Crimée) et la ville de Sébastopol (qui ne faisait pas partie de cette  République, mais disposait d’un statut administratif spécial au sein de l’Ukraine) font désormais partie de la Fédération de Russie. Ce même jour, le président Vladimir Poutine signe le rattachement de la Crimée à la Russie. En dépit d’une opposition de l’Ukraine (appuyée par les USA et l’UE), ce rattachement existe de facto bien que de jure, par l’analogie à l’antécédent de l’indépendance du Kosovo en 2008 qui fut orquestrée par les USA (avec l’appui de l’UE) en dépit de l’opposition de la Serbie.

 

[2] Le «tchernoziom» (en russe: чернозём, en ukrainien: Чорнозем, contraction des mots tchernaïa zemlia, «terre noire») est un type de sol qui contient un fort pourcentage d’humus – 3 à 15 %, riche en potasse, phosphore et micro éléments. Cette terre est très épaisse, souvent plus de 1 m, et jusqu’à 6 m en Ukraine. Elle est très fertile et peut s’en passer d’engrais. Le fort taux d’humus et d’argile lui confère une réserve d’eau utile importante. Pour ces raisons, elle est souvent considérée comme le meilleur sol au monde pour l’agriculture. D’ailleurs, ce type de sol se prête très bien au semis direct. L’horizon de surface, le Ah, est caractérisé par une couleur très noire, une structure grumeleuse, et une porosité importante (70 %). Il contient une grande quantité de calcium, et son pH est moyen, s’établissant entre 6,5 et 8,5. Il est riche en cations biogènes. Le tchernoziom a des propriétés d’isohumisme, c’est-à-dire que l’humus s’incorpore profondément grâce au type de végétation herbacée qu’il accueille, dont le réseau racinaire peut s’enfoncer jusqu’à une profondeur de 2 mètres. La restitution de la matière organique est faite principalement à partir de la décomposition des racines. La quantité de matière organique, donc de carbone, diminue avec la profondeur. L’humification de la matière organique est favorisée par le rapport C/N (carbone/azote) peu élevé. Néanmoins, la matière organique est plus humifiée que minéralisée car les conditions climatiques des zones de terres noires impliquent une activité bactériologique réduite et un temps de minéralisation important de la matière organique. Cela implique une évolution de la matière organique en « mull tchernozemique », c’est-à-dire un type de matière stable qui est peu sujet à la dégradation. Il faut aussi signaler l’homogénéité de l’horizon de surface, favorisée par un brassage important dû principalement aux rongeurs. Leurs galeries dans l’horizon inférieur, le Cca, sont après abandon comblées par l’humus de surface et forment des taches très noires, les « crotovinas ». Le brassage des horizons minimise également la possibilité d’apparition d’un horizon Bt, horizon enrichi par des migrations d’argile. Les sols de type tchernoziom se rencontrent en Europe orientale, (Ukraine, Russie), en Asie centrale et orientale (Sibérie), ainsi qu’en Amérique du nord (Canada). On estime qu’ils représentent environ 2% des terres cultivées de la terre. Il existe plusieurs sortes de tchernoziom: le noir, le chocolat, le châtain et le tchernoziom dégradé.

 

[3] Le Donbass (en ukrainien: Донецький басейн; en russe: Донецкий каменноугольный бассейн; littéralement le «bassin houiller du Donets») est un bassin houiller, d’une surface de 60.000 km2 partagée entre l’Ukraine et la Russie, qui est situé entre la mer d’Azov et le fleuve Don. Le Donbass est le quatrième bassin houiller d’Europe. Sa capacité de production de charbon est d’environ 200 Mt par an, soit plus du double de la production de la Ruhr, dont la majeure partie est brûlée dans les centrales thermiques ou utilisée par la carbochimie et surtout la sidérurgie, qui alimente une métallurgie de transformation diversifiée. Donetsk est le centre de la région, très peuplée et fortement urbanisée. Donbass fut l’objet de convoitise de l’Allemagne nazi et théâtre de nombreuses batailles durant la Seconde Guerre mondiale.

 

[4] Le Dniepr prend sa source en Russie centrale, dans les collines de Valdaï, à 220 m d’altitude et il se jette dans la mer Noire. Il se classe, avec ses 2.290 km de longueur (dont 485 km en Russie, puis 595 km en Biélorussie et enfin 1.095 km en Ukraine), à la troisième place des plus longs fleuves d’Europe. Son débit, 1.670 m3/s à son embouchure, en fait un fleuve d’importance comparable au Rhône. Son bassin versant couvre une surface de 504.000 km2, dont 289.000 situés en Ukraine. Le Dniepr était déjà connu des anciens Grecs et le premier à l’avoir mentionné est Hérodote au Ve siècle av. J.-C. Ils le nommaient «Borysthenes» (en grec: Βορυσθένης), un mot d’origine scythe signifiant «les vastes terres», probablement en référence à la steppe ukrainienne. Au Moyen Âge, le fleuve devint une importante voie de navigation fluviale entre la mer Baltique et l’Empire byzantin. Son cours est interrompu en plusieurs endroits par de grands barrages hydroélectriques construits durant la période soviétique – tels que la centrale du Dnieprostroï (10 milliards de KWh), située immédiatement en amont de la ville de Zaporojie – qui sont à l’origine des grandes retenues d’eau qui ont submergé l’ancien lit. En août 1943, l’offensive de l’Armée rouge pour franchir le Dniepr fut à l’origine d’une des batailles les plus sanglantes de la Seconde Guerre mondiale (cf. Annexe 2: La bataille du Dniepr (24.08 – 23.12.1943).

 

[5] La Méotide (Мэотіда en ukrainien, Майетида en russe, Μαιώτις -δος en grec) est une ancienne province historique en Nouvelle Russie (subdivision territoriale comprenant les steppes du sud de l’Empire russe entre la mer d’Azov et le long de la mer Noire), située dans la steppe au nord de la mer d’Azov (appelée « lac Méotide », « Μαιώτις λίμνη » par les Grecs, d’où le nom de cette région). Dans l’antiquité, la Méotide a été l’habitat des Scythes, mais dès 600 av. J.-C., les Grecs ont colonisé les rivages de la mer d’Azov, fondant les colonies de Phanagoria et de Tanaïs (en grec: Φαναγορ(ε)ία, Τάναϊς). L’hellénisation des Scythes donne naissance au royaume du Bosphore (ce Bosphore cimmérien était l’actuel détroit de Kertch, tandis que l’actuel Bosphore s’appelait Bosphore thrace; bosphore signifiant « détroit » dans l’étymologie grecque). La Méotide est bordée par la mer d’Azov, qui constitue en réalité l’estuaire commun de plusieurs fleuves, dont le principal est le Don. Après les Scythes et les Grecs, de nombreux peuples migrateurs (Ostrogoths, Huns, Sarmates, Bulgares, Khazars, Magyars, Russes, Petchenègues, Polovtses, Tatars) s’établirent en Méotide. Au XVIe siècle, les Tatars du Khanat de Crimée, maîtres de la région, passèrent sous la suzeraineté de l’Empire turque, qui recula progressivement devant l’expansion de l’Empire russe (concrétisée par l’établissement des Cosaques) entre 1654 et 1783. Une colonisation du territoire fut alors organisée par le prince Potemkine: aux Cosaques vinrent s’ajouter des paysans Russes et Ukrainiens, mais aussi des Grecs de la Mer Noire et des Bulgares (surtout autour de Marioupol). La dénomination populaire « Donbass» propagée lors de l’industrialisation de la région durant l’époque soviétique s’est substituée à celle, jugée trop savante, de Méotide.


SOURCE/http://www.angelidis.be/410750585

Aerial view of Khreshchatyk, European Square and Ukrainian House in the city centre of Kiev
Aerial view of Khreshchatyk, European Square and Ukrainian House in the city center of Kiev, the capital of Ukraine

 

 

 

 

 

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