3220 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 28 février 2019

  1. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto
  2. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez
  3. Sur les visites de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis
  4. Sur la situation actuelle en Syrie
  5. Sur la situation au Venezuela
  6. Sur la situation dans le Donbass
  7. Sur la situation actuelle au niveau de la Ligne de contrôle entre l’Inde et le Pakistan
  8. Sur les élections législatives en Moldavie
  9. Sur le référendum à Cuba
  10. Sur le déroulement du sommet américano-nord-coréen à Hanoï
  11. Un an après l’empoisonnement des Skripal
  12. Sur les déclarations du général John Hyten, chef du Commandement stratégique des forces armées américaines, au sujet des armes stratégiques
  13. Sur les résultats de la 63e session spéciale du Conseil exécutif de l’OIAC
  14. Sur la récente cyberattaque contre NTV-MIR
  15. Sur la cessation de la diffusion de la radio Sputnik à Berlin et dans le Brandebourg
  16. Sur le rôle de la propagande dans la préparation de l’attaque de l’Otan contre la Yougoslavie
  17. Sur de nouveaux actes de vandalisme et de révision de l’histoire en Pologne

 

 

1/ Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto

Angola-UMIN-1angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto  Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto

Aujourd’hui, jeudi 28 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra avec le Ministre angolais des Affaires étrangères Manuel Domingos Augusto, présent à Moscou pour une visite de travail.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront les questions d’actualité relatives à la coopération politique, commerciale et économique russo-angolaise.

2/ Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez
VENEZUELA RUSSIE rodriguez_lavrov  la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez & le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Vendredi 1er mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’entretiendra à Moscou avec la vice-présidente du Venezuela Delcy Rodriguez.

Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur les questions d’actualité des relations bilatérales, et notamment la réalisation de grands projets communs dans les domaines énergétique, industriel, agricole, médical, pharmaceutique, et des technologies modernes.

Il est également prévu d’évoquer la coordination des positions des deux pays sur la scène internationale, la situation au Venezuela et autour, ainsi que de réaffirmer le soutien au règlement pacifique des différends politiques dans ce pays.

3/ Sur les visites de travail du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis
russie quatar 1200435-le-minisqtre-qatari-des-affaires-etrangeres-cheikh-mohammed-ben-abdelrrahmane-al-thani-au-cours-d-un  Le minisqtre qatari des Affaires étrangères cheikh Mohammed ben Abdelrrahmane Al-Thani au cours d’une conférence de presse à Doha avec son homologue russe Sergueï Lavrov le 4 mars 2019 Photo KARIM JAAFAR. AFP

Du 3 au 7 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov effectuera une tournée de travail au Qatar, en Arabie saoudite, au Koweït et aux Émirats arabes unis. Il y rencontrera les dirigeants de ces pays, ainsi que ses homologues.

Dans le cadre des contacts à venir seront abordés en profondeur différents sujets, notamment l’état actuel et les perspectives de développement des relations bilatérales, ou encore la mise en œuvre des accords convenus au sommet.

Une attention particulière sera accordée au renforcement de la coopération diversifiée, à la mise au point de projets mutuellement bénéfiques dans différents secteurs et à l’intensification des liens socioculturels.

Les interlocuteurs remettront également les pendules à l’heure sur la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en mettant l’accent sur la nécessité de surmonter les crises qui persistent dans cette région par les moyens politiques et diplomatiques en tenant compte réciproquement des intérêts et des préoccupations de toutes les parties impliquées, et en restant attaché au droit international et à la Charte de l’Onu. Au centre de l’attention figure toujours l’évolution de la situation en Syrie, au Yémen, en Libye, dans le Golfe, et dans le processus de paix israélo-palestinien.

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Les interlocuteurs soulèveront les questions d’actualité relatives à la coopération de la Russie avec les pays mentionnés dans le cadre de l’Onu et d’autres plateformes internationales, y compris les préparatifs de la nouvelle session ministérielle du Forum de coopération arabo-russe qui se tiendra le 17 avril à Moscou, ainsi que la reprise du travail conjoint dans le cadre du dialogue stratégique Russie-Conseil de coopération du Golfe.

 

 

4/ Sur la situation actuelle en Syrie
SYRIE DJIADISTES DwPF85FXgAEIi2m.jpg large  Hayat Tahrir al-Sham jihadists celebrate taking over al-Atareb, Aleppo, a bastion of revolutionary & anti-jihadist activism. Photos were taken in the Imam …

L’une des principales menaces pour la sécurité et la stabilité de la Syrie émane des terroristes de l’alliance d’al-Nosra, Hayat Tahrir al-Cham, qui contrôlent pratiquement toute la zone de désescalade d’Idleb.

Les chefs de guerre terroristes regroupent les groupuscules alliés à Hayat Tahrir al-Cham afin d’accroître les capacités offensives en direction d’Alep, de Hama et des hauteurs de Lattaquié.

Les terroristes ont l’intention d’élargir leur sphère d’influence et d’établir leur contrôle total sur Idleb. Le nombre de violations du cessez-le-feu ne diminue pas. Au contraire, malheureusement, on constate qu’elles augmentent de manière significative. Près de 40 cas ont été recensés seulement ces quatre derniers jours, qui ont entraîné des morts et des blessés.

SYRIE IDLEB 1185875-un-camp-de-deplaces-dans-la-province-syrienne-d-idleb-le-10-janvier-2019  Un camp de déplacés dans la province syrienne d’Idleb, le 10 janvier 2019

 

Dans son dernier rapport sur la situation humanitaire en Syrie, le Secrétaire général de l’Onu attire l’attention sur la situation déplorable dans la zone de désescalade d’Idleb.

Outre cette préoccupation vis-à-vis du renforcement de Hayat Tahrir al-Cham à Idleb, le document énumère en détail les sévices des terroristes envers la population civile:

la persécution des minorités ethno-confessionnelles, les interpellations arbitraires de civils, ou encore les disparitions de personnes qui ont critiqué Hayat Tahrir al-Cham.

Lors de la dernière conférence de presse, nous avons exprimé notre avis sur la mise en place d’un second convoi humanitaire à destination du camp de déplacés internes de Roukban, situé sur le territoire occupé par les États-Unis autour de la ville d’al-Tanf.

Nous voudrions préciser que pendant l’opération conjointe de l’Onu et du Croissant-Rouge arabe syrien, qui s’est déroulée du 5 au 14 février, les agents humanitaires ont mené un sondage auprès des habitants de Roukban au sujet de leur logement.

Il en est ressorti le tableau suivant:

  • la grande majorité des habitants du camp – près de 95% des personnes interrogées – voudraient le quitter.
  • La grande majorité, 80%, a exprimé le désir de déménager dans les régions contrôlées par le gouvernement syrien.

Souvenez-vous, on nous disait qu’ils ne pouvaient ni ne voulaient vivre avec le gouvernement de Bachar al-Assad, que c’était impossible. Mais il n’y a rien d’étonnant à ce que les gens veuillent quitter Roukban pour vivre sur les territoires pacifiques sous le contrôle du gouvernement de Bachar al-Assad.

Ce qui étonne, c’est que personne ne remarque, au sein du mainstream occidental, les conditions inhumaines dans lesquelles les gens sont détenus.

  • Ils veulent partir, mais ils en sont empêchés car ils ne disposent pas du plus élémentaire – de la nourriture et des médicaments aux conditions de vie.
  • Il n’y pas un seul médecin dans le camp.
  • Toutes les maladies sont soignées dans une seule clinique, et uniquement avec des antidouleurs.

En revanche, il y a beaucoup d’hommes armés et le sentiment permanent d’une menace pour la vie et la santé.

A cet égard, nous trouvons prioritaire d’entamer sans plus attendre l’évacuation des habitants, qui devra être suivie de la suppression du camp. C’est notamment l’objectif de nos efforts communs avec le gouvernement syrien.

Ainsi, après l’ouverture de couloirs humanitaires près des communes de Jaleb et de Jabal al-Ghorab ce 19 février, plus de 200 personnes ont quitté Roukban.

SYRIE 2019 syrie-guerre-et-paix-1-20190130

  • au nord ouest de la Syrie : occupation turque (zone vert clair)
  • un peu plus au sud  : occupation d’Al-Qaïda (zone vert foncé)
  • à l’est de la Syrie : occupation des troupes de l’OTAN (zone jaune) alliées aux Kurdes
  • Au sud de la Syrie : la base stratégique US d’Al-Tanf (en bleu)

Nous voudrions également attirer l’attention sur la Déclaration conjointe des sièges de coordination interministériels de la Russie et de la Syrie publiée sur le site du Ministère russe de la Défense concernant le blocage de la sortie des civils syriens du camp de Roukban par les États-Unis.

Ce document appelle la communauté internationale à contribuer à l’initiative du gouvernement syrien de faire revenir les civils à leur foyer, à la dissolution du camp et à la suppression de la zone de sécurité autour d’al-Tanf.

A partir du 1er mars, il est prévu de mettre à disposition des bus pour la sortie volontaire des gens de Roukban.

Par ailleurs, nous sommes préoccupés par les communiqués rapportant que les États-Unis retardent le processus de relogement du camp, espérant maintenir son fonctionnement en organisant des convois avec l’aide humanitaire internationale.

Les tentatives de préserver le camp sont justifiées par le prétendu besoin, pour ses résidents, d’être sûrs de leur sécurité après la sortie. Autrement dit, les gens veulent sortir mais on leur dit qu’ils ne sont pas encore prêts, que cela se verrait soi-disant dans leurs yeux, où l’on lirait une préoccupation pour leur propre sécurité.

Nous voudrions souligner à nouveau que le problème de Roukban ne peut pas être réglé par des actions humanitaires ponctuelles.

C’est une offense, un génocide moderne. Il faut éradiquer la cause première, c’est-à-dire supprimer la présence militaire illégale des États-Unis dans la « zone de sécurité » de 55 km à l’intérieur de laquelle se trouve le camp.

Nous avons clairement exprimé cette position pendant la réunion que nous avons initiée au Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation à Roukban, ainsi qu’à Genève pendant le travail de l’Équipe humanitaire spéciale du Groupe international de soutien à la Syrie.

Nous constatons une augmentation stable du nombre de réfugiés syriens revenant de l’étranger.

Près de mille personnes entrent tous les jours en Syrie, essentiellement du Liban et de Jordanie. A terme, avec la fin de l’hiver, ce chiffre pourrait augmenter. Au total, depuis le lancement de l’initiative russe pour aider les réfugiés syriens en juillet 2018, près de 150 000 personnes sont revenues dans le pays.

SYRIE cover-r4x3w1000-5c7ffdf4ae72f-syrie-des-centaines-de-djihadistes-captures-en-fuyant  Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont capturé environ 400 djihadistes qui tentaient de fuir mercredi le dernier réduit du groupe Etat islamique (EI) dans l’est de la Syrie, alors que des centaines d’autres se sont rendus, a déclaré un commandant de la milice arabo-kurde. /Photo prise le 5 mars 2019/REUTERS/Rodi Said Rodi Said

 

5/ Sur la situation au Venezuela
VENEZUELA juan-guaido-a-son-arrives-a-caracas-le-4-mars-2019 Juan Guaido à son arrivés à Caracas, le 4 mars 2019.FEDERICO PARRA AFP
Beaucoup d’événements, y compris dramatiques, se sont produits cette semaine au Venezuela.
Une partie de la communauté internationale qui, jusqu’à récemment, faisait preuve de complaisance voire de suivisme – comme on le dit en politique étrangère – vis-à-vis de la politique américaine, ou avait donné carte blanche à Washington selon qui « toutes les options étaient sur la table », maintient aujourd’hui un silence très évocateur.
Ces pays ont visiblement trouvé les forces nécessaires pour accepter publiquement l’absence d’alternative à la résolution pacifique de la question vénézuélienne.
  • Que s’est-il passé?

Les répercussions se sont certainement avérées facilement prévisibles. Qui plus est, les actions de Washington dans ce domaine ont été si grossières, stupides et potentiellement catastrophiques que cela a poussé à réfléchir même ceux qui soutenaient la politique de Washington docilement et sans poser de questions.
Je voudrais rappeler que la Fédération de Russie en parle depuis des mois de manière régulière et cohérente, sur différentes plateformes. Nous soulignons encore une fois qu’aucune ingérence musclée n’est acceptable.
La tentative illégale de percer la frontière vénézuélienne sous prétexte de transporter une aide humanitaire, lancée le 23 février par une branche radicale de l’opposition vénézuélienne à l’initiative américaine et avec le soutien de groupes extrémistes armés de cocktails Molotov, était dès le début vouée à l’échec.
Ses organisateurs comprenaient parfaitement que toute violation de la frontière devait être et serait empêchée, car il s’agissait d’une atteinte directe à la souveraineté du pays. Ce fait n’a pourtant pas arrêté ceux qui sont désormais responsables des morts et des blessés résultant de cette aventure provoquée par les Américains.
  • Comment peuvent-ils désormais regarder dans les yeux ceux qu’ils comptaient utiliser en tant que bouclier humain?

Heureusement, le plan odieux de ces acteurs « humanitaires » a échoué avec pertes et fracas.

ONU CONSEIL DE SECURITE DU 26 FEVRIER 2019 image1024x768 Photo : ONU/Evan Schneider – Vue d’ensemble du Conseil de sécurité alors que les membres votent sur un projet de résolution relatif à la situation en République bolivarienne du Venezuela.- 26/02/2019
Je ne vais pas évoquer les événements de samedi dernier ou la cargaison réelle des poids-lourds qui transportaient prétendument l’aide humanitaire. Nous savons ce qu’il en est grâce aux images qui ont été montrées. Les preuves ont été présentées le 26 février lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu.
Il faudra encore mener une enquête détaillée, mais une analyse rapide des photos et des vidéos démontre clairement le caractère infondé des tentatives d’expliquer ces actions ouvertement provocatrices et planifiées par les « crimes du régime de Nicolas Maduro ».

Prenons l’exemple des camions brûlés avant leur arrivée à la frontière. Nous avons déjà beaucoup commenté ce genre d’événements, car ils se produisent dans différentes régions du monde.

Je voudrais rappeler qu’il s’agit des images d’une nouvelle mise en scène absolument falsifiée, que l’on tente de présenter comme le fondement de décisions de grande envergure. On a déjà vu ça sur le Maïdan de Kiev et en Syrie.

Je recommande à tout le monde de prendre connaissance du discours de Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l’Onu, au cours de cette réunion. Son texte est accessible sur le site de notre Ambassade. Il explique tout de manière très claire.

RUSSIE discours de Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l'Onu16910119  discours de Vassili Nebenzia, ambassadeur russe à l’Onu

La situation est très inquiétante. La politique de destitution des gouvernements indésirables reste une priorité des États-Unis en Amérique latine et dans d’autres régions du monde.

Nous appelons nos amis latino-américains à y réfléchir indépendamment de leur position actuelle sur le Gouvernement légitime de Nicolas Maduro.

Il serait utile aujourd’hui de se remémorer l’histoire, car elle permet d’éclairer beaucoup d’aspects de la situation actuelle.

La réunion du Conseil de sécurité de l’Onu du 26 février a constitué un témoignage clair de l’inadmissibilité du scénario d’intervention aux yeux de la communauté internationale. Un mois a passé depuis la réunion précédente sur la question vénézuélienne.

Que constatons-nous? La certitude de ceux qui défendent la Charte de l’Onu et les principes du droit international n’a fait que se renforcer, alors que les positions des partisans des ultimatums et des menaces s’érodent.

Seul l’ambassadeur des États-Unis – qui est actuellement très isolé – n’a pas exprimé son refus d’une éventuelle intervention armée.

Les États-Unis tenteront aujourd’hui de prendre leur revanche au Conseil de sécurité de l’Onu en mettant au vote un projet de résolution sur le Venezuela qu’ils sont rédigé.

Ce texte ne comprend rien de nouveau. Il s’agit du même mélange de démagogie emphatique, de clichés accusatoires et d’exigences péremptoires. La Russie ne pourra certainement pas soutenir ce projet. La délégation russe a fait un travail considérable et a  son propre projet de résolution, plus constructif et fondé sur le respect de la Charte de l’Onu et des principes du droit international.

Il prévoit l’utilisation de différents mécanismes de dialogue et de médiation – notamment avec une participation internationale élargie – et établit les modalités de la concertation et de la mise en œuvre de l’aide internationale et d’autres initiatives concernant le Venezuela.

Je ne veux pas anticiper les résultats de la réunion d’aujourd’hui, mais nous ne nourrissons aucune illusion vis-à-vis de la volonté américaine d’entendre la voix de la raison et de faire preuve d’une approche constructive. Nous analysons la situation de manière réaliste.

La Russie continuera de présenter des explications cohérentes afin que l’opinion publique internationale abandonne l’idée d’une éventuelle résolution des problèmes vénézuéliens par la force.

Nous poursuivrons notre soutien aux initiatives et mécanismes internationaux constructifs qui visent un règlement politique par les forces intérieures du Venezuela.

 

Nous avons constaté beaucoup de choses dans le contexte syrien:

  • des intimidations,
  • des accusations,
  • des menaces directes,
  • y compris contre notre pays,
  • le chantage de toute la communauté internationale,
  • des arguments propagandistes.

Aurons-nous assez de patience? Oui.

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Nous avons déjà surmonté beaucoup d’épreuves et avons réussi à déjouer beaucoup de scénarios sanglants proposés à la communauté internationale.

Nous sommes convaincus qu’il n’est possible d’obtenir la paix au Venezuela qu’à l’aide d’un dialogue national, élargi et respectueux, que tous ceux qui aspirent à l’avenir pacifique du Venezuela et de l’Amérique latine en général doivent nécessairement favoriser.

Ces questions et d’autres sujets seront évoqués demain par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et la Vice-Présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez à Moscou.

6/ Sur la situation dans le Donbass

L’intensité et le nombre de bombardements de l’armée ukrainienne ont significativement augmenté cette dernière semaine.

Selon les informations de la Mission spéciale d’observation (MSO) de l’OSCE, entre le 21 et le 25 février onze communes ont été bombardées sur le territoire des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk. Deux civils ont été tués et un a été blessé. 10 immeubles résidentiels ont été endommagés.
Je me permets d’ouvrir une parenthèse. Quand j’entends les déclarations de l’Union européenne sur la situation au Venezuela, les recettes toutes faites et les formulations intransigeantes de Bruxelles, j’ai toujours envie de demander:
  • la question ukrainienne a-t-elle été réglée?
  • Jusqu’au bout?
  • L’UE a-t-elle acquis l’expérience nécessaire sur l’axe ukrainien, qui pourrait servir de base pour convaincre la communauté mondiale que ses avis et ses propositions pratiques pourraient être utilisés dans d’autres régions du monde?

Regardez ce qui se passe en Ukraine – la question est rhétorique.

UKRAINE Azov, Donbass, Secteur droit les symboles SS revisités en Ukraine1015801183  « Azov », « Donbass », Secteur droit: les symboles SS revisités en Ukraine

L’intensification des bombardements des militaires ukrainiens contre les sites civils situés sur le territoire des républiques autoproclamées a coïncidé avec l’arrivée en première ligne des unités nationalistes du régiment de la garde nationale ukrainienne « Azov » en février.

Ce groupuscule, dont les représentants sont connus pour leurs opinions d’extrême-droite, a été utilisé plusieurs fois par le régime de Kiev afin de mener des actions punitives contre la population civile du Donbass, c’est pourquoi il a été qualifié de formation néonazie par plusieurs congressistes américains.

On a l’impression que Kiev prépare dans le Donbass une nouvelle provocation visant à créer les conditions pour décréter la loi martiale sur le territoire des régions de Donetsk et de Lougansk. Ces manœuvres pourraient viser à annuler les élections dans ces régions ukrainiennes où, vous le savez, le Président ukrainien Petro Porochenko est loin d’être soutenu par la population.

Je voudrais rappeler que le 28 novembre 2018, la provocation ayant impliqué trois navires ukrainiens dans le détroit de Kertch avait servi de prétexte pour décréter la loi martiale dans 10 régions ukrainiennes, Donbass compris.

7/ Sur la situation actuelle au niveau de la Ligne de contrôle entre l’Inde et le Pakistan

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Nous sommes inquiets de l’escalade des tensions dans les relations entre l’Inde et le Pakistan, qui s’est traduite par les manœuvres dangereuses des forces armées des deux pays sur la Ligne de contrôle et qui risquent de dégénérer en confrontation militaire.

Nous appelons les parties à faire preuve d’un maximum de retenue. Nous continuons de partir du principe que les litiges doivent être réglés par les moyens politiques et diplomatiques sur une base bilatérale conformément aux termes de l’accord de Simla de 1972 et de la déclaration de Lahore de 1999.

Nous réaffirmons notre disposition à apporter un soutien total aux efforts de l’Inde et du Pakistan dans la lutte contre le terrorisme.

8/ Sur les élections législatives en Moldavie
Les élections législatives moldaves se sont déroulées dimanche 24 février. Près de 3 000 observateurs de différentes structures internationales, notamment de l’Assemblée interparlementaire et du Comité exécutif de la CEI, ont surveillé le processus électoral. Selon eux, bien que certaines défaillances et lacunes ont été constatées, dans l’ensemble le processus électoral correspondait aux standards universellement reconnus.

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A en juger par les résultats préliminaires (le résultat final sera annoncé dans les jours à venir), trois partis politiques et un bloc électoral feront leur entrée au nouveau Parlement moldave. Nous espérons que le futur gouvernement moldave représentera les intérêts de toute la population du pays.
Des questions ont été posées sur l’évolution des relations bilatérales à l’issue des élections. Je voudrais le souligner une nouvelle fois pour que cela ne soit pas retiré de son contexte: le résultat sera annoncé prochainement. Bien sûr, nous partons du principe qu’une ligne constructive prévaudra dans les relations avec la Fédération de Russie. D’après moi, c’est une approche mutuellement bénéfique.
9/ Sur le référendum à Cuba

CUBA Le président Miguel Diaz-Canel (gauche) et Raul Castro (droite), ccd5970a60fe1a7d4cc2490153b3f3a1e641fbf4_0_728_485  Le président Miguel Diaz-Canel (gauche) et Raul Castro (droite)

Un référendum a été organisé à Cuba dimanche 24 février, lors duquel plus de 85% des votants ont approuvé la nouvelle Constitution du pays.

L’adoption de la nouvelle Constitution, préparée en tenant compte des propositions formulées durant le débat populaire de trois mois qui avait précédé le scrutin, s’est déroulée dans le cadre d’un processus démocratique par un vote libre des citoyens cubains.

CUBA 2018-08-14t021828z_1558153369_rc1a2ca6cbc0_rtrmadp_3_cuba-constitution Des Cubains lisant les différentes propositions de la Constitution, à La Havane, le 13 août 2018. © REUTERS/Tomas Bravo

Le choix autonome des Cubains s’est porté sur un modèle de développement optimal et préférable, selon eux, de l’ordre public et sociopolitique à l’étape actuelle, correspondant aux exigences de transformations socioéconomiques dans le pays.

La nouvelle Constitution réaffirme la continuité des dispositions de La Havane en politique étrangère, basées sur l’attachement au respect inconditionnel des normes et des principes du droit international, notamment le respect de la souveraineté et la non-ingérence dans les affaires intérieures d’autres États.

Nous sommes convaincus que le maintien de la communauté de nos approches sur la scène internationale contribuera au renforcement du partenariat stratégique entre la Russie et Cuba sous différentes formes et manifestations.
10/ Sur le déroulement du sommet américano-nord-coréen à Hanoï

USA COREE NORD 18099053lpw-18099070-article-donald-trump-kim-jongun-jpg_5950522_660x281      second sommet États-Unis-Corée du Nord les 27 et 28 février à Hanoï,

Compte tenu du déroulement du second sommet États-Unis-Corée du Nord les 27 et 28 février à Hanoï, nous exprimons notre appréciation positive de la disposition du Président américain Donald Trump et du Président du Conseil d’État de la Corée du Nord Kim Jong-un à poursuivre le dialogue américano-nord-coréen.

Nous sommes convaincus qu’il doit être appuyé par des démarches concrètes réelles de l’un vers l’autre et évoluer sur la base d’approches de compromis avec un accent sur la création d’une atmosphère de confiance. Il est évident que le processus de règlement de tous les problèmes de la péninsule de Corée, y compris nucléaire, nécessite du temps et une patience maximale de tous les acteurs.
Nous trouvons extrêmement important de préserver la dynamique positive des processus politiques et diplomatiques dans cette région dans le cadre des initiatives russo-chinoises que vous connaissez. Dans ce contexte, nous réaffirmons la disposition de la Russie à renforcer la coopération multilatérale avec toutes les parties impliquées et à unir les efforts afin de régler la situation sur la péninsule de Corée.
11/ Un an après l’empoisonnement des Skripal

Lundi 4 mars, cela fera un an que l’ancien colonel des services de renseignement russes Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés.

Britain's Prime Minister Theresa May addresses the House of Commons on her government's reaction to the poisoning of former Russian intelligence officer Sergei Skripal and his daughter Yulia in Salisbury, in London
Il est même compliqué de caractériser exactement les faits qui se sont produits. C’est tragique, mais en même temps tragicomique. Personne n’est en mesure de dire ce qui s’est passé exactement. Il est cependant évident que le Royaume-Uni a lancé une campagne d’information antirusse sans précédent, frappant par son cynisme et son caractère paradoxal.

Historiquement, une certaine partie de l’establishment britannique est prête à tout – on a déjà cité beaucoup de preuves à ce sujet – y compris au bluff, aux fraudes et aux provocations, notamment au niveau international. Il existe énormément d’exemples d’un tel comportement dans l’histoire du pays.

En ce qui concerne l’affaire Skripal, le Gouvernement de Theresa May a manifestement dépassé ses propres limites. Il a surpassé tous les précédents historiques et tous ses prédécesseurs connus. On a l’impression que les autorités britanniques ont décidé de tester en même temps plusieurs méthodes de création et de promotion de provocations internationales.
  • Le monde entier se rappelle très bien de la célèbre éprouvette contenant de prétendus échantillons d’armes irakiennes de destruction massive, que l’ancien Secrétaire d’État américain Colin Powell avait présentée à l’Onu en 2003.
  • On se souvient très bien aussi de l’interview de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair accordée à la chaine CNN en 2015, pendant laquelle il avait présenté ses excuses pour avoir participé à l’invasion en Irak sur la base de données de renseignement erronées.

Nous connaissons très bien tout cela. Nous sommes au courant de tous les types de vidéos truquées, savons comment elles sont créées. Mais il est très difficile de trouver dans l’histoire contemporaine un cas où des hauts responsables d’un pays accusent un autre État d’un crime présumé sans se donner la peine de présenter à l’opinion publique ne serait-ce qu’un semblant d’arguments ou de preuves.

Ils craignaient probablement que nous démentissions toutes leurs fausses informations. Le verdit accusatoire et sans appel contre la Russie a été adopté en utilisant une nouvelle technique, un nouveau terme du droit international qui est pour toujours entré dans l’histoire des relations internationales:

« highly likely ».

Il n’est désormais plus nécessaire de présenter des témoignages ou des preuves, d’utiliser des mécanismes de vérification élaborés dans le cadre du droit international existant:

il suffit d’utiliser les termes

  • « il semblerait »,
  • « il est possible »
  • ou « probablement »

pour que tout le monde y croie.

Qui plus est, cette « croyance » se solde par des mesures très concrètes, entre élargissement des sanctions, expulsion massive de diplomates, et stigmatisation internationale. Tout cela a été testé dans le contexte de notre pays et contre notre gouvernement.

Si l’on étudie les statistiques des contenus des médias britanniques depuis un an, notamment le nombre de propos officiels sur l’affaire Skripal, on comprendra tout de suite que ce thème a été l’un des principaux thèmes internationaux de leur espace médiatique, concurrençant celui du Brexit – voire dépassant ce dernier.

Les médias, les services secrets et les responsables britanniques ont fourni de manière systématique et régulière, en coopération étroite, des doses d’information régulières à ce sujet pour le maintenir constamment à flot.
Ainsi, les citoyens britanniques avaient la possibilité de regarder chaque jour de nouveaux épisodes de cette série qu’on lui imposait. Si cette dernière devenait ennuyeuse, on introduisait de nouveaux détails croustillants tels que les dernières informations sur un « troisième empoisonneur ».
  • Qu’avons-nous donc de concret malgré cette abondance d’informations?

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Nous avons énormément de faits non-confirmés, voire mystérieux ou sinistres, ce que l’on constate notamment dans les révélations concernant le laboratoire de Porton Down.

Il n’existe cependant rien de concret ou de substantiel. Personne ne peut répondre aux questions principales:

  • que s’est-il passé avec les Skripal?

  • Où sont-ils?

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Viktoria, la nièce de Sergueï Skripal, a récemment exprimé des doutes concernant le fait que son oncle soit encore vivant, et a annoncé sa volonté de demander à la justice russe de reconnaître sa cousine Ioulia comme une personne disparue.

Les Britanniques n’ont répondu à cette démarche par aucun document officiel, à l’exception des propos de leur ambassadeur à Moscou qui a affirmé que Sergueï Skripal était vivant. On peut certainement croire cet homme sur parole.

Comme Viktoria l’a indiqué en février aux journalistes, elle a contacté Ioulia pour la dernière fois il y a six mois. Elle a visiblement des raisons de l’affirmer. Nous sommes du même avis:

l’Ambassade russe a envoyé depuis un an beaucoup de demandes d’accès consulaire à la citoyenne russe, qui se sont heurtées au refus des Britanniques.

La situation est de fait paradoxale: tous les médias sont remplis de contenus sur les Skripal, mais personne ne sait rien de leur situation ou de cet événement. C’est un fait.

Les seuls faits présentés dans cette vague de publications sont les suivants:

  • leurs animaux domestiques ont été tués et incinérés,
  • leur maison a été fermée et, selon les médias, est en train d’être détruite,
  • alors que les Skripal ont été – au mieux – cachés de la société,

mais nous ne pouvons pas le dire avec certitude.

  • Y a-t-il d’autres faits irréfutables?

Le sujet des Skripal, de l’incident de Salisbury et d’Amesbury, a été le seul agenda accusatoire sur le territoire britannique, un consensus qui a permis au Gouvernement de Theresa May de souder l’establishment politique.

Il faut également souligner le comportement des médias britanniques, célèbres pour leur amour des enquêtes journalistiques. Nous les avons plus d’une fois pris en flagrant délit de fraudes et de falsifications, mais ils tentent en général de créer au moins l’apparence d’une approche professionnelle. Ils ne se sont même pas donné la peine de le faire dans l’affaire Skripal.

Aucun expert n’a encore examiné en détail le grand nombre de décalages évidents dans les informations présentées par les journalistes. Ce travail est visiblement peu intéressant, car il ne peut apporter aucun dividende politique. Les infox se poursuivent. L’essentiel est qu’il y a un certain lien mystérieux avec le Brexit.
12/ Sur les déclarations du général John Hyten, chef du Commandement stratégique des forces armées américaines, au sujet des armes stratégiques

Notre attention a été retenue par la déclaration du général John Hyten, chef du Commandement stratégique des forces armées américaines, au sujet des nouveaux armements russes dans le contexte du traité START. Il s’exprimait dans le cadre des audiences du 26 février devant la commission des forces armées du Sénat.

USA général John Hyten 20160920100144011_hd

Je voudrais rappeler que ce traité ne porte que sur les missiles balistiques intercontinentaux, les missiles balistiques des sous-marins et les bombardiers lourds. John Hyten lui-même l’a reconnu, d’ailleurs.

Nous partons du principe que la question des armements qui ne sont pas des missiles intercontinentaux, des missiles de sous-marins et des bombardiers lourds – et ne sont donc pas concernés par le traité START – pourrait être étudiée dans le cadre du dialogue stratégique avec les États-Unis. Nous l’avons indiqué à plusieurs reprises à la partie américaine, notamment lors des réunions de la Commission consultative bilatérale sur le traité START. Cependant, Washington évite obstinément le dialogue, préférant attiser l’hystérie dans l’espace public.

Nous jugeons qu’une telle approche ne peut pas contribuer à faire passer la discussion dans un cadre constructif. Un échange professionnel approfondi sur les préoccupations réciproques est nécessaire, tout autant qu’une recherche de solutions mutuellement acceptables visant à renforcer la confiance, ainsi que la sécurité et la stabilité internationales.

 

13/ Sur les résultats de la 63e session spéciale du Conseil exécutif de l’OIAC

OIAC conf_des_etats_membres_oiac Une session de la conférence des États parties de l’OIAC.

Le Conseil exécutif de l’OIAC s’est réuni à La Haye le 25 février pour évoquer la proposition russe d’ajouter de nouvelles substances aux listes de produits chimiques contrôlés par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques. En prévision de cette activité, les experts spécialement venus à Moscou avaient organisé plusieurs conférences pour les États parties de la CIAC. Les explications les plus détaillées ont été fournies pour exposer le fond de l’initiative. Elle est complexe, contient des formulations pesées et s’appuie sur une sérieuse base factuelle.

L’objectif principal consiste à renforcer le régime de non-prolifération prévu par la CIAC, en ajoutant aux listes de contrôle les produits chimiques toxiques de nouvelle génération les plus dangereux du point de vue de la reproduction des armes chimiques.

Force est de constater que les pays occidentaux ont mal pris notre approche et ont initié un vote. Profitant de la supériorité numérique des voix des pays membres de l’Otan et de leurs alliés proches au sein du Conseil exécutif, ils ont bloqué la proposition russe pour la simple et bonne raison qu’il était proposé d’ajouter à la liste des produits chimiques contrôlés des substances toxiques neuro-paralytiques sur lesquelles travaillent les instituts de recherche de plusieurs pays occidentaux.
OPCW council to meet on Skripal poisoning  Le siège de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), à La Haye, aux Pays-Bas.

Nous partons du principe que le dernier mot sur le fond de la question sera tout de même dit par les 193 États parties de la CIAC. Conformément à la Convention a commencé la « procédure d’approbation tacite » de 90 jours. Si, durant cette période, au moins un pays s’opposait à la décision du Conseil exécutif de l’OIAC et soutenait l’initiative russe, la question serait soumise à l’examen de l’organe supérieur de l’Organisation – la Conférence des États parties de la Convention.

14/ Sur la récente cyberattaque contre NTV-MIR

Nous sommes de plus en plus préoccupés par les déclarations de certains pays occidentaux concernant leur disposition à mener des actions agressives dans le cyberespace, qui viseraient à contrer les menaces hydrides émanant de l’extérieur et à refréner d’autres États dans leurs tentatives supposées d’organiser des cyberattaques contre l’infrastructure des pays occidentaux, notamment grâce à des mesures préventives. La Russie est désignée en tant que principale cible de ce « refrènement ».

Force est de constater, dans ce contexte, les cyberattaques de plus en plus fréquentes contre le segment russe de l’internet, ainsi que les sites des médias russes.

INFORMATIQUE Step1_3

La gestion d’une attaque DDoS

En particulier, ces derniers jours a eu lieu une vaste attaque DDoS contre NTV-MIR avec la participation de plus de 3 millions adresses IP, pour la plupart enregistrées aux États-Unis.

Nous continuerons de suivre de près la situation et de tirer les conclusions qui s’imposent sur l’ampleur des cybermenaces. Nous transmettrons ces informations aux structures internationales compétentes, car il s’agit d’une attaque contre l’espace informatique russe. Nous sommes très préoccupés par l’origine de ces menaces.

 

15/ Sur la cessation de la diffusion de la radio Sputnik à Berlin et dans le Brandebourg

La radio SNA de l’agence de presse internationale Sputnik devra cesser sa diffusion à Berlin et dans le Land voisin du Brandebourg à partir du 1er mars.

La radio était diffusée à Berlin et dans le Brandebourg sur les ondes de la station MEGA Radio possédant une licence temporaire pour la transmission d’un signal numérique. Fin 2018, sa demande d’obtenir une licence permanente a été déclinée par le régulateur. Ce refus a notamment été motivé par le fait que MEGA Radio dépendait financièrement de l’Agence d’information internationale Rossiya Segodnya, et diffusait son contenu sur ses ondes environ 12 heures par jour.
Les autorités allemandes n’étaient pas non plus satisfaites par le fait que le propriétaire des ondes « ne contrôle pas le contenu du canal ».

Aucune réclamation n’avait été officiellement formulée par le régulateur concernant le contenu des émissions.

  • Y avait-il des signes de propagande, de fake news, une déformation de l’information, une désinformation, peut-être une violation des principes fondamentaux professés par l’Allemagne?

Selon moi, il n’y avait rien à dire. Nous avons récemment écouté une conférence de la communauté professionnelle en Allemagne, on avait réuni pour nous une information politique concernant le respect de la liberté des médias et de la liberté d’expression en Allemagne. De nombreuses publications ont été faites à ce sujet.
La Russie ne peut que rêver d’une telle « liberté d’expression ».
Sur fond de détérioration globale de l’atmosphère autour des médias russes en Allemagne, il est difficile de ne pas percevoir de composante politique dans la situation entourant Sputnik. Nous appelons les autorités allemandes, notamment la fameuse communauté professionnelle qui s’est dite fière de son propre niveau de liberté d’expression, à se baser sur la nécessité d’assurer la liberté d’expression dans la régulation de l’activité des médias.
Nous suivrons de près cette situation.

 

16/ Sur le rôle de la propagande dans la préparation de l’attaque de l’Otan contre la Yougoslavie
Je voudrais citer un exemple de ce dont les médias russes sont accusés aujourd’hui en Occident, pour montrer ce qu’est la véritable propagande. Je veux parler de faits qui se sont déroulés pendant l’opération illégale, sanglante et criminelle menée par l’Otan contre la Yougoslavie.
OTAN Les ruines d'une cathédrale orthodoxe serbe à Djakovica (Kosovo), dynamitée en juillet 1999.1477473508233334688                     Les ruines d’une cathédrale orthodoxe serbe à Djakovica (Kosovo), dynamitée en juillet 1999.
La propagande a joué un rôle décisif dans la préparation de l’agression de l’Otan contre la Yougoslavie. Pendant de longs mois, les médias occidentaux avaient mené une campagne hystérique sur les prétendues répressions massives contre les Albanais, tout en passant sous silence la vaste activité terroriste des combattants albanais-kosovars, leurs horribles crimes, notamment les kidnappings pour le trafic d’organes humains.

YOUGOSLAVIE artoff602

Je voudrais dire qu’aucun thriller sur de telles horreurs ne saurait être comparable à ce qui s’est réellement passé, à ce qui ressort des dossiers de l’enquête.

Le prétexte direct pour lancer les bombardements, vous le savez, a été le prétendu « massacre de civils » dans le village de Racak, attribué aux forces de l’ordre serbes. Cela a été relayé par tous les médias occidentaux et les structures officielles de l’Otan et de l’UE. Puis l’examen des médecins légistes finlandais a révélé qu’il s’agissait d’une provocation, et que les « civils » étaient en réalité des combattants albanais qui avaient été tués dans des affrontements. Tout cela a été passé sous silence, évidemment.

En résultat de cette campagne de propagande, une agression armée a été lancée contre un État européen qui a été séparé par la force d’une partie de son territoire – la région autonome du Kosovo.

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C’est au printemps 1999 que l’Otan a enterré le droit international en Europe. Après cela, nous considérons toutes les déclarations des capitales occidentales sur la violation du droit international et de la liberté d’expression par qui que ce soit, ainsi que la perception de la propagande où que ce soit, comme une hypocrisie non dissimulée, et rien d’autre.

 

17/ Sur de nouveaux actes de vandalisme et de révision de l’histoire en Pologne

Notre patrimoine mémoriel continue de subir des outrages intentionnels en Pologne, de la part de différents révisionnistes et délinquants.

POLOGNE REVISION DE L HISTOIRE 755308371948760 Mémorial à Legnica, Pologne. Photo par legnica.eu -L’Institut polonais de la mémoire nationale a recommandé que les autorités locales démolissent 75 monuments consacrés aux soldats de l’Armée rouge, aux partisans soviétiques et aux prisonniers de guerre dans un proche avenir. Ceci est rapporté vendredi par le journal Kommersant

 

Dans la ville polonaise de Nowy Sącz (voïvodie de Petite-Pologne) a été constaté un nouveau cas de profanation de tombes soviétiques. Cette fois, les vandales ont attaqué la sépulture de soldats de l’Armée rouge au cimetière municipal: la serpe et la faucille ont été volées sur l’obélisque, et à la place ont été peints des signes de la « Pologne combattante » et l’inscription « à bas la commune ».

A Kielce (voïvodie de Sainte-Croix), les membres du conseil municipal ont ordonné d’exclure 29 soldats de l’Armée rouge de la liste des citoyens d’honneur. Comme c’est de coutume ces dernières années, ils ont motivé leur décision par le « rétablissement de la justice historique ».

L’administration locale de Slawno (voïvodie de Poméranie occidentale) a démantelé un monument en hommage à ceux qui avaient sauvé la Pologne contre les occupants nazis: le légendaire T-34 à bord duquel, affirment les spécialistes, avait combattu un équipage polonais au sein de la 3e armée blindée de la Garde du général Alexeï Panfilov, a été retiré du piédestal sur lequel il se trouvait.

Toutes ces actions sont profondément amorales. Si la délivrance de tout un peuple de la menace d’une élimination totale ne mérite pas d’être immortalisée, alors toutes les discussions sur la prétendue « vérité historique » sont inutiles.

Ceux qui définissent la politique publique polonaise sur les questions commémoratives doivent se rappeler que chaque nouvelle attaque de ce genre est un outrage direct à la mémoire des héros de la Seconde Guerre mondiale et de leurs descendants, ainsi qu’une réécriture de l’histoire. Il est temps que cela s’arrête.

Réponses aux questions:

 

Question: Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé en janvier que la Russie accueillerait certainement en 2019 un sommet tripartite entre les présidents russe, azerbaïdjanais et iranien. Le Ministère des Affaires étrangères dispose-t-il d’informations sur les préparatifs de cet événement? Ce format est-il efficace dans le contexte des sanctions anti-iraniennes? Répond-il aux intérêts russes?

Réponse: Tout format concerté par des États et qui ne vise pas à nuire à d’autre pays mais envisage de favoriser le règlement de problèmes internationaux est constructif. Les parties ont le droit d’y recourir compte tenu des conditions susmentionnées. Il s’agit d’une pratique internationale normale.

En ce qui concerne les préparatifs du sommet, il faut adresser votre question aux organes de pouvoir du niveau approprié.

Question: Bakou a accueilli cette semaine un événement organisé au niveau étatique, qui ne peut être considéré autrement que comme une nouvelle manifestation de l’hystérie antiarménienne en Azerbaïdjan. Le plus étrange est qu’une délégation sérieuse du Parlement russe a pris part à cet événement propagandiste azerbaïdjanais. Le président du Parlement arménien, Ararat Mirzoïan,  qui se trouvait à ce moment-là à Moscou, a exprimé sa perplexité. L’Ambassade arménienne a également présenté ses protestations. Qui a organisé le déplacement de cette délégation? Je vous prie de présenter votre estimation de la participation des parlementaires russes à cet événement douteux. 

      AZERBAIDJAN ...le conflit du Haut-Karabagh, arton28024

Réponse: Tout d’abord, je voudrais souligner que le conflit du Haut-Karabagh, terrible et sanglant, s’est soldé par la mort et les souffrances de beaucoup de personnes innocentes, tant côté azerbaïdjanais qu’arménien. La Russie l’a toujours considéré comme une tragédie énorme. Cette position russe est connue, mais je voudrais attirer l’attention sur elle encore une fois.

Notre pays fait beaucoup d’efforts pour aider les belligérants à régler le problème qui les oppose par la voie pacifique. Cela restera prioritaire dans le cadre de notre politique dans la région et pour la formation des approches russes dans ce domaine.

Vous avez indiqué que des députés russes avaient pris part à cet événement. Je pense qu’il serait plus pertinent de poser la question de l’organisation du déplacement directement à ceux qui y ont participé. Nous avons déjà souligné que le Ministère russe des Affaires étrangères n’était pas coorganisateur de cet événement.

Question: Est-ce Moscou se distancie officiellement des initiatives que mon confrère arménien a mentionnées? En fin de compte, la Douma n’est pas un club d’intérêts mais bien l’organe législatif supérieur de la Fédération de Russie.

RUSSIE La Douma d'Etat de la Fédération de Russie, Moscou,1030775142  La Douma d’Etat de la Fédération de Russie, Moscou

Réponse: C’est une bonne remarque des représentants des médias arméniens. Je voudrais rappeler que, dans une société démocratique, le parlement est élu par les citoyens qui ont des positions politiques divergentes sur différentes questions. Nous avons également le partage du pouvoir entre les branches exécutive, législative et judiciaire. J’ai présenté la position officielle de la Fédération de Russie. Différents politiciens ont toutefois leurs propres points de vue, ce qui est absolument normal.

Question: Peut-on dire que des films tels que Frontière balkanique, projeté récemment en marge de la Berlinale, nous permettent de promouvoir la vérité?

FILM RUSSIE 18879749

Réponse: Premièrement, je ne l’ai pas vu. Deuxièmement, nous parlons d’une position officielle. Je voudrais éviter d’avoir à faire des commentaires concernant des œuvres d’art dans le cadre d’une activité organisée par le Ministre des Affaires étrangères. Je peux néanmoins dire que ces dernières doivent comprendre la vérité historique. Les œuvres d’art et les médias ne doivent certainement pas être transformés en outils de propagande, notamment afin d’atteindre les objectifs posés à l’époque par l’Alliance.

Si cette œuvre tente de présenter une analyse objective, on peut la considérer comme une contribution constructive. Les événements de cette époque ont montré comment des personnes malhonnêtes pouvaient utiliser les médias et tous les moyens liés à l’accès d’un public large aux informations dans leurs propres intérêts, et quelles répercussions cela pouvait provoquer.

Il s’agit d’une question polémique – j’ai en beaucoup débattu avec les journalistes – mais, à mon avis, tout ce qui est lié à une diffusion massive d’informations implique une certaine responsabilité, notamment des personnalités artistiques. Dans le contexte des événements historiques, il faut certainement travailler avec les documents, vérifier les données et présenter la vérité historique.

Question: Une résolution sur le Venezuela va être présentée aujourd’hui au Conseil de sécurité de l’Onu, qui s’appuie partiellement sur le « mécanisme de Montevideo » soutenu par le Mexique et l’Uruguay. Est-ce que la Russie pourrait participer directement au fonctionnement de ce mécanisme de coopération?

VENEZUELA Marcha_hacia_el_Palacio_de_Justicia_de_Maracaibo_-_Venezuela_06-e1549538544433-730x410 Crise au Venezuela: Lancement du Mécanisme de Montevideo

Réponse: Comme les dirigeants du Ministère russe des Affaires étrangères l’ont déjà souligné à plusieurs reprises, nous soutenons ce mécanisme à l’étape actuelle. Nous soulignons la nécessité d’y impliquer des intermédiaires, naturellement, avec l’approbation du Venezuela et à condition que ce pays accepte les efforts de médiation qui doivent viser une solution constructive à la crise au Venezuela et autour du pays en respectant les principes fondateurs du droit international et la Charte de l’Onu. C’est comme ça que nous interprétons notre rôle de soutien au mécanisme de Montevideo.

S’il était nécessaire d’utiliser davantage de nos capacités, nous examinerions cette question. La Russie soutient activement la normalisation de la situation au Venezuela et le respect du droit international. Nous sommes certains qu’il n’existe aucune alternative au règlement politique et diplomatique de la situation, et qu’il est absolument inacceptable de recourir à la force militaire voire à l’intervention militaire  dans le contexte du règlement de la crise intérieure dans ce pays.

Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises qu’il était crucial – outre les éléments susmentionnés – de créer des conditions normales au lieu d’aggraver la crise au Venezuela et d’affirmer ensuite que la population souffrait d’un manque d’aliments et de la chute des indicateurs économiques.

Nous avons toujours indiqué que l’on percevait derrière la crise vénézuélienne certains États – on les voit désormais tout à fait clairement – qui provoquaient cette situation. C’est absolument inacceptable.

 

à suivre…

 

http://www.mid.ru/fr/press_service/video/-/asset_publisher/i6t41cq3VWP6/content/id/3549162

 

 

 

 

 

 

Une réflexion au sujet de « 3220 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 28 février 2019 »

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