3130 – Extraits des conférences de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou,des 26,19 et 13 décembre 2018

  • N°1 – Sur l’évolution de la situation en Syrie
  • N°2 – Sur la situation autour du camp de Roukban en Syrie
  • N°3 – Sur l’ingérence prétendue de la Russie dans les affaires des États étrangers
  • N°4 – Sur la situation autour de Maria Boutina
  • N°5 – Sur l’enquête autour de l’assassinat d’Andreï Karlov
  • N°6 – Sur l’évolution de la situation en Syrie
  • N°7 – Sur l’attitude du Secrétariat technique de l’OIAC, qui fait traîner en longueur l’enquête sur l’incident chimique à Alep
  • N°8 – Sur le vote de l’Assemblée générale de l’Onu sur un projet de résolution ukrainien concernant la prétendue militarisation de la Crimée et de certaines parties des mers Noire et d’Azov
  • N°9 – Sur la situation autour du projet Nord Stream 2
  • N°10 – Sur la sécurité des journalistes
  • N°11 – Sur l’évolution de la situation autour de Maria Boutina
  • N°12 – Sur l’évolution de la situation en Syrie
  • N°13 – Sur les préparatifs militaires de l’Ukraine
  • N°14 – Sur la situation des droits de l’homme en Ukraine
  • N°15 – Sur l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

A/C – Extraits de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 26 décembre 2018

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N°1 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

La situation en Syrie n’a guère changé pendant la période écoulée.

Les acteurs continuent de mettre en œuvre le mémorandum russo-turc du 17 septembre visant une élimination définitive de la présence terroriste dans la zone de désescalade d’Idleb. Ils font également tout leur possible pour minimiser les dégâts chez les civils.
Le Gouvernement syrien s’occupe de la reconstruction de l’économie détruite des territoires libérés de groupes armés illégaux. On y rétablit progressivement la vie paisible, sans aucune crainte de nouveaux bombardements ou attaques de la part des insurgés.
La Russie poursuit son initiative visant à favoriser le rapatriement des réfugiés syriens. Ainsi, plus de 70.000 personnes se dont revenues en Syrie du Liban et de la Jordanie depuis le juillet 2018.
Les autorités syriennes réunissent toutes les conditions nécessaires pour un retour sécurisé, volontaire et non-discriminatoire des réfugiés et des personnes déplacées. Elles mettent en œuvre notamment le décret du Président syrien Bachar al-Assad du 9 novembre 2018 sur l’amnistie pour ceux qui ont évité leur service militaire. Cela concerne notamment les réfugiés et les anciens membres des groupes armés illégaux. Selon les informations du 23 décembre, plus de 20.000 personnes ont déjà engagé cette procédure.
Nous suivons attentivement la mise en pratique de la décision du Président américain Donald Trump qui a annoncé le 19 décembre le retrait des troupes américaines de la Syrie. Selon nous, l’importance de ce choix réside dans le fait qu’il devrait favoriser un règlement complexe de la situation. Nous avons à plusieurs reprises souligné le fait qu’une occupation effective d’une partie considérable du territoire syrien par les Américains constituait un obstacle considérable sur cette voie.

En même temps, nous ne comprenons toujours tout à fait les raisons et les motivations de cette initiative.

Le calendrier du retrait des militaires américains n’est pas non plus clair. Pour le moment, nous nous laissons guider par les publications des médias indiquant qu’une évacuation complète du contingent terrestre des États-Unis depuis le nord-est de la Syrie et la région d’Al-Tanf (au sud du pays) pourrait être effectuée au cours de deux ou trois mois.

Des responsables américains donnent à comprendre que le retrait de leurs forces depuis le territoire syrien ne signifie pas la fin des activités de la « coalition internationale » menée par les États-Unis contre Daech.

Ils n’ont en rien précisé leur propre stratégie, mais ont présenté des allusions et des formules voilées. Ces dernières suggèrent qu’il s’agit d’une nouvelle étape de la campagne antiterroriste.
  • Est-ce que cela signifie que les Américains pourraient poursuivre des frappes aériennes et des opérations terrestres limitées sur le territoire syrien en s’appuyant sur des bases qui se trouvent hors de la Syrie?
Curieux, mais il s’agit de l’État qui promeut officiellement la liberté d’expression et le respect envers l’opinion publique et les journalistes. Il défend un partage libre de l’information, mais nous constatons une absence totale de clarté de ses positions, de ses estimations et de sa stratégie concernant la situation en Syrie, c’est-à-dire la question la plus urgente de l’agenda international. Qui plus est, il ne s’agit pas du territoire des États-Unis, mais de celui d’un État souverain.

Comme les actions annoncées modifient la stratégie américaine, nous voudrions savoir de quoi concrètement il s’agit.

Tout cela soulève également une question de principe: à qui transféra-t-on le contrôle des territoires abandonnés par les Américains?

Ils doivent certainement passer au Gouvernement syrien, mais nous n’avons pour le moment aucune information sur des contacts éventuels entre Washington et Damas à ce sujet.
Nous estimons que tous les changements positifs sur le terrain en Syrie ne peuvent donner des résultats efficaces et durables que dans le cas où ils sont renforcés par des avancements considérables vers un règlement politique, fondé sur le respect de l’unité, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la Syrie.     
N°2 – Sur la situation autour du camp de Roukban en Syrie

SYRIE Le camp de réfugiés syriens d'Al-Rukban 1033797503Le camp de réfugiés syriens d’Al-Rukban

On constate toujours une situation catastrophique dans le camp de personnes déplacées de Roukban, situé dans la zone d’Al-Tanf, occupée par les États-Unis, à la croisée des frontières de la Syrie, de l’Irak et de la Jordanie.
Des militants humanitaires exigent toujours de manière plus ou moins émotionnelle d’y envoyer de l’aide humanitaire le plus rapidement possible. Par ailleurs, les adversaires des autorités syriennes légitimes présentent la situation comme si le seul obstacle résidait dans la position de Damas qui n’aurait pas donné son approbation au passage d’un convoi humanitaire de l’Onu.

Curieusement, on ignore en même temps le fait que ce sont les Américains qui portent la responsabilité principale pour la situation humanitaire dans le camp de Roukban.

Les États-Unis insistent de leur côté que la sécurité du convoi dans la région d’Al-Tanf soit assurée par les groupes armés illégaux présents dans cette zone. Cela signifie dans les faits que ces combattants auraient une occasion excellente de s’approprier d’une partie de l’aide humanitaire. Par ailleurs, c’est exactement ce qu’ils ont fait avec le premier convoi envoyé à Roukban en novembre dernier. Parallèlement, les États-Unis importent des tonnes de frets pour leurs militaires déployés à Al-Tanf sans se donner la peine de le concerter avec qui que ce soit.

Nous comprenons la position de Damas qui ne veut pas que la communauté internationale représentée par l’Onu soutienne les combattants et légalise dans les faits l’occupation américaine.

Il est également absolument inacceptable de nourrir et de traiter les extrémistes aux frais de la population civile ensanglantée. L’approche américaine qui prend en otage les habitants du camp de Roukban, est absolument cynique et sans scrupule.
N°3 – Sur l’ingérence prétendue de la Russie dans les affaires des États étrangers

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L’année qui se termine a été marquée par des accusations incessantes concernant la prétendue ingérence russe.

Personne ne se préoccupe depuis longtemps des faits concrets. L’objectif principal est de former un stéréotype durable: la Russie serait responsable de tous les malheurs du monde, soit-ce la hausse de tensions sociales, le renforcement de tendances centrifuges ou un résultat indésirable des élections et des référendums.
La géographie de cette ingérence russe imaginée est particulièrement diversifiée:
les « traces » de Moscou auraient été démasquées
  • en Europe,
  • en Asie,
  • en Amérique du Nord et du Sud,
  • ainsi qu’en Afrique.

La Russie aurait tenté de s’ingérer dans les élections en Afrique du Sud, d’organiser un coup d’État au Monténégro, d’influer sur le référendum en Catalogne, d’inciter les contestations des « gilets jaunes » en France et de soutenir des mouvements anti-immigration en Allemagne.

La Russie aurait agi de telle ou telle manière en Inde et au Brésil, au Mexique et en Colombie, en Argentine et au Pérou, au Moyen-Orient et dans l’espace postsoviétique.    

usa sous-secrétaire d'État américain john sullivan maxresdefault

Je vais vous présenter un exemple très récent. John Sullivan, sous-secrétaire d’État américain, a annoncé le 18 décembre au cours de sa visite à Skopje, que la Russie s’opposait à l’entrée de la Macédoine à l’Otan et tentait de torpiller la mise en œuvre de l’accord de Prespa « contrairement à la volonté claire des citoyens macédoniens ». Compte tenu des circonstances parfaitement connues – soulignons par exemple la présence et la participation de l’ambassadeur américain à ce vote honteux de parlement macédonien – le cynisme de ces propos est surtout dégoutant.

A vrai dire, ces accusations infondées de Washington et de Londres concernant une ingérence dans les élections forment depuis longtemps un background médiatique permanent.

Il n’est même pas nécessaire de rappeler que, selon les traditions existantes, personne n’a toujours présenté aucune preuve, ni aucun argument en faveur des accusations de ce genre. On veut nous persuader que « highly likely » (=hautement probable) est désormais un nouvel axiome du droit international. Par ailleurs, cette histoire s’appuie sur une certaine logique. Une répétition incessante des « highly likely » en faveur des absurdités de tout genre endoctrine la société occidentale.

Il semble qu’aucun événement américain de grande envergure ne puisse en principe se dérouler sans ingérence russe.

Ainsi, on a appris il y a quelques jours que les services américains de renseignement auraient découvert une ingérence de la Russie, de la Chine et de l’Iran dans les élections de 2018. Si le procureur général américain le confirmait, les USA pourraient introduire de nouvelles sanctions. Ces propos ont été tenus dans un contexte favorable. On constate toujours à Washington un bruit incessant autour des rapports présentés au Sénat par un groupe d’experts indépendants et concernant « l’envergure de l’opération d’influence » du Kremlin sur le processus électoral aux États-Unis.
Alors que les congressistes, les politologues, les journalistes et les analystes américains « savouraient » activement les détails et les conclusions des rapports, on a appris que l’un des auteurs de ces deniers, Jonathon Morgan du think-tank New Knowledge, avait lui-même tenté d’influer sur les élections américaines.
Selon les données des sources ouvertes, c’est lui qui a créé des comptes factices de « trolls russes » au cours des élections anticipées au Sénat en Alabama en 2017. Son idée était d’aider le candidat démocrate à mobiliser les électeurs à l’aide de rumeurs indiquant que le Kremlin soutenait son adversaire républicain. Il s’agit donc d’un représentant très « digne » des auteurs de ces rapports.

usa Reid Hoffman, milliardaire et partisan du parti démocrate 2232907_comment-une-star-de-la-tech-est-devenue-le-mecene-involontaire-dune-campagne-de-desinformation-web-tete-060417941845.jpg Reid Hoffman, milliardaire et partisan du parti démocrate

Ces machinations ont été financées par Reid Hoffman, milliardaire et partisan du parti démocrate, via la société American Engagement Technologies, gérée par Mikey Dickerson, ancien conseiller de Barack Obama aux technologies numériques. Suite à la révélation de ce schéma en Alabama, les Républicains ont même demandé de mener une enquête pénale.

Il est pourtant peu probable que ces informations soient largement répandues par les médias américains et occidentaux. Je doute que nous entendions des appels à une enquête nationale. Les tendances actuelles sont absolument différentes. 


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3465746


B/C Extraits de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 19 décembre 2018

russie maria zakharova 19 décembre 2018 Брифинг_181219

N°4 – Sur la situation autour de Maria Boutina
USA RUSSIE Jeudi 13 décembre, Maria Boutina butinaJeudi 13 décembre, Maria Boutina a confirmé devant le tribunal qu’elle avait passé un accord avec l’enquête américaine et a plaidé coupable d’avoir mené une activité d’agent étranger.
Maria Boutina a pris cette décision sous une forte pression des autorités américaines. Le régime de détention de la citoyenne russe avait été considérablement raffermi à l’approche de l’audience. Vous pouvez donc tirer vous-mêmes toutes les conclusions qui s’imposent sur cette situation. Je pense que votre jugement sera plus objectif que celui du tribunal américain.

Je vais vous présenter les faits. Maria Boutina a été transférée dans une section de la prison destinée aux criminels très dangereux.

Elle était confinée dans sa cellule 22 heures par jour et privée des soins médicaux dont elle avait besoin. Nous ne doutons pas que tout cela visait à montrer à Maria Boutina ce qui l’attendait si elle refusait de coopérer avec l’enquête.
Nous avons eu l’occasion de constater quels étaient les vrais principes de travail de la justice américaine, qu’on présente d’habitude comme un modèle de respect des droits de l’homme et qui explique sans cesse aux autres comment il faut se conduire dans ce domaine. Par ces conditions insupportables et les menaces d’un long emprisonnement – il en existe malheureusement beaucoup d’exemples réels – on a forcé notre concitoyenne à signer des aveux absolument absurdes.  

Nous considérons toujours l’interpellation, l’arrestation et la détention de Maria Boutina – qui est une prisonnière politique – comme une pression politique et un chantage politique.

Nous sommes convaincus que l’affaire de Maria Boutina ne s’explique que par la volonté de certaines forces politiques américaines d’encourager l’hystérie antirusse et de trouver tout ce qui pourrait être utilisé pour confirmer l' »ingérence » imaginée de la Russie dans les affaires intérieures américaines.

Nous continuerons de faire tout notre possible pour obtenir la libération et le rapatriement de Maria Boutina.  

N°5 – Sur l’enquête autour de l’assassinat d’Andreï Karlov

RUSSIE ASSASSINAT S.E. Andreï Karlov ...f3774462b053d3da423cab8653dfd127c298e874S.E. Andreï Karlov … a été tué dans un acte terroriste à Ankara.

Cela fait deux ans aujourd’hui qu’Andreï Karlov, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la Fédération de Russie en République de Turquie, a été tué dans un acte terroriste à Ankara.

La justice turque a terminé l’investigation dans le cadre de l’affaire pénale lancée après ce crime et a transmis au tribunal l’acte de mise en accusation. Ces documents seront examinés par les enquêteurs russes qui maintiennent un contact permanent avec leurs homologues turcs.
Nous espérons que ce procès permettra de démasquer tous les coupables et qu’ils seront dûment punis conformément à la loi.
Le Ministère russe des Affaires étrangères et l’Ambassade russe en Turquie suivent attentivement cette affaire. 
N°6 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

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Il est temps de tirer le bilan de l’année 2018, qui s’est soldée par des progrès positifs considérables en Syrie et dans son voisinage. Leur nature et leur envergure sont surtout visibles dans la capitale du pays, Damas, ainsi que dans les villes principales telles qu’Alep, Homs ou Lattaquié.

Elles sont aujourd’hui revenues à la vie pacifique, et ont tourné la page de l’attente angoissée des bombardements et des tirs quotidiens de la part des terroristes – comme c’était le cas par le passé. Malgré des épreuves très dures, la population se prépare à fêter le Nouvel an – qui est une fête traditionnelle chez beaucoup de personnes dans ce pays historiquement tolérant – ou Noël chez les chrétiens. On constate donc une ambiance festive sur les territoires contrôlés par le Gouvernement syrien.
Les fêtes qui approchent risquent malheureusement de passer inaperçues à Idleb, qui fait toujours face à un chaos complet et reste contrôlée par les terroristes du Font al-Nosra.
Leur « administration », sous la forme du « gouvernement de sauvetage », surveille sévèrement l’espace public pour que tous les symboles du Nouvel an soient exclus en tant qu’offense aux sentiments des musulmans.
La situation dans la ville ruinée de Raqqa reste également très compliquée. Personne ne peut plus y fêter Noël dans ce qu’il reste des églises profanées: pratiquement tous les chrétiens ont déjà quitté cette ville-fantôme.

L’approche du Nouvel an est une période d’espoir. Les espoirs des Syriens sont principalement liés à la poursuite du règlement de la crise et à l’élimination de ses conséquences, au rétablissement complet de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale du pays, à l’élimination définitive de la présence terroriste, à la reconstruction politique, sociale et économique, ainsi qu’au retour des réfugiés et des personnes déplacées.

ONU Staffan de Mistura, à Genève, en Suisse, le 4 septembre 2018.C125BDA2-AE21-4DD8-B935-327DB5DC3D75_cx0_cy13_cw0_w1023_r1_s  Staffan de Mistura, à Genève, en Suisse, le 4 septembre 2018.

Les résultats positifs des consultations avec les parties syriennes sur la composition du Comité constitutionnel, que les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Turquie et de l’Iran – qui sont les pays garants du processus d’Astana – ont présenté hier à Genève à Staffan di Mistura, envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour la Syrie, constituent une avancée majeure.

Je voudrais rappeler que la décision de former ce Comité a été adoptée au cours du Congrès du dialogue national syrien à Sotchi. Nous espérons que cet organe crucial sera en mesure de se réunir à Genève et de commencer son travail au début de l’année 2019 afin de préparer une réforme de la Constitution syrienne qui – tout comme la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l’Onu – devrait servir de base à des élections universelles.
Nous suivons attentivement l’évolution de la situation dans le nord-est de la Syrie, qui fait face à une escalade de la tension dont la raison principale réside dans le maintien de la présence militaire illégale des États-Unis. Le maintien de cette politique de Washington, qui courtise les politiciens kurdes séparatistes, a suscité une forte préoccupation à Ankara où les autorités s’inquiètent des menaces potentielles contre la sécurité nationale de la Turquie.

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Les Américains n’arrivent toujours pas à les dissiper. Dans ce contexte, la situation dans la région de l’Euphrate, le long de la frontière turco-syrienne, ainsi que dans les régions récemment libérées du contrôle de Daech, s’est considérablement aggravée et pourrait se transformer en crise aiguë.

Cette situation prend en otage la population kurde et syrienne et soutient ce qu’il reste des combattants de Daech, qui commencent à relever la tête.

Nous avons déjà évoqué à plusieurs reprises la véritable occupation d’une partie du territoire syrien par les États-Unis, et avons souligné que cette présence américaine illégale n’était plus un élément de la lutte contre le terrorisme international mais un obstacle dangereux sur la voie du règlement.

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Cette affirmation est totalement applicable au camp de personnes déplacées de Roukban, situé dans une « zone d’exclusion » de 55 km créée unilatéralement par les États-Unis autour de leur base illégale d’al-Tanf. Les Américains ont fermé cette zone aux autorités syriennes, offrent leur soutien aux combattants – y compris terroristes – qui s’y trouvent, notamment en les entraînant et en les armant. Par conséquent, des groupes armés illégaux contrôlent actuellement ce camp de 50.000 personnes que la plupart des résidents veulent depuis longtemps quitter pour revenir à leur foyer, sans toutefois pouvoir le faire de manière organisée.

On examine actuellement la possibilité d’envoyer un nouveau convoi humanitaire de l’Onu vers le camp de Roukban pour alléger les souffrances de ses occupants pendant l’hiver.

La nécessité de leur octroyer une aide urgente est absolument évidente. Mais pour que cette opération humanitaire soit réussie, les États-Unis, qui contrôlent le territoire du camp, doivent offrir à l’Onu, au Comité international de la Croix-Rouge et au Croissant-Rouge arabe syrien des garanties exhaustives de sécurité et de partage ciblé des cargaisons parmi les habitants les plus démunis du camp de Roukban. Dans le cas contraire, cela n’aidera pas les réfugiés mais les extrémistes présents dans ce camp.
N°7 – Sur l’attitude du Secrétariat technique de l’OIAC, qui fait traîner en longueur l’enquête sur l’incident chimique à Alep

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Nous sommes très préoccupés par le fait que le Secrétariat technique de l’OIAC, malgré plusieurs requêtes officielles de la Syrie, n’a toujours pas envoyé à Alep sa mission spéciale afin d’enquêter sur l’incident chimique du 24 novembre.

Un groupe avancé de la mission spéciale s’est rendu à Damas du 4 au 6 décembre. Cette visite lui a permis de recueillir un grand nombre de faits. Les Syriens et les militaires russes ont garanti qu’ils apporteraient tout le soutien possible aux experts de la mission à Alep. Qui plus est, selon nos informations, le Département de la sûreté et de la sécurité de l’Onu n’a exprimé aucune objection concernant un tel déplacement à Alep.

Près d’un mois s’est déjà écoulé depuis cet incident chimique.

La situation reste pourtant inchangée. De surcroît, plus  on perd de temps, plus difficile il sera pour les experts de la mission de recueillir des preuves matérielles sur les lieux. Compte tenu de la volatilité importante du chlore, que les extrémistes ont utilisé pour produire les munitions chimiques artisanales qu’ils ont tirées sur les quartiers résidentiels d’Alep, la possibilité de retrouver les traces de cette substance se réduit de jour en jour.

La situation est la suivante: d’un côté, les responsables syriens ont déjà présenté des preuves montrant que ce crime avait été commis par les rebelles, et de l’autre, les hauts fonctionnaires de certains pays occidentaux affirment toujours que l’incident d’Alep du 24 novembre aurait été organisé par Damas – avec le soutien russe – pour accuser les opposants. Cela confirme encore une fois la nécessité d’une enquête fouillée et complète sur les lieux de l’incident, et pas à distance comme c’est souvent le cas. 

Tout cela laisse à penser que le Secrétariat technique de l’OIAC fait sciemment traîner en longueur cette enquête, ce qui constitue, par ailleurs, un manquement à son devoir direct.

  • Ne le fait-il pas par complaisance avec la troïka occidentale qui, en poursuivant ses objectifs géopolitiques étroits, a déjà plus d’une fois recouru à la force – avant le lancement de l’enquête – contre cet État membre de l’Onu et de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques? 

Nous estimons que ce retard dans l’envoi des experts de la mission à Alep contredit les exigences de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et tout simplement le bon sens, car cet incident s’est soldé par des victimes civiles. 

N°8 – Sur le vote de l’Assemblée générale de l’Onu sur un projet de résolution ukrainien concernant la prétendue militarisation de la Crimée et de certaines parties des mers Noire et d’Azov

ONU L'Assemblée générale de l'Onu s'est réunie le 17 décembre1038237716.jpgL’Assemblée générale de l’Onu

L’Assemblée générale de l’Onu s’est réunie le 17 décembre en séance plénière pour examiner le projet de résolution rédigé par la délégation ukrainienne intitulé « Le problème de la militarisation de la République autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol (Ukraine), ainsi que des parties des mers Noire et d’Azov ».

Ce texte est clairement politisé, se base sur des accusations inacceptables et vise à expliquer tous les problèmes intérieurs, politiques et économiques de l’Ukraine contemporaine par une mythique « agression russe », ainsi qu’à faire remonter la popularité du Président actuel Petro Porochenko, actuellement au plus bas.

Qui plus est, dans ce projet de résolution, Kiev réinterprète sa provocation du 25 novembre, quand trois navires militaires ukrainiens avaient tenté de s’introduire dans le détroit de Kertch sans en avoir préalablement informé la Russie. La description qui est faite de cet incident déforme la réalité. Les documents trouvés à bord des navires et les témoignages des marins ukrainiens indiquent clairement qu’il s’agissait d’une opération préméditée et planifiée.

De surcroît, la provocation ukrainienne a été organisée en violation de la Charte de l’Onu, des normes du droit international – notamment des articles 19 et 21 de la Convention de l’Onu sur le droit de la mer de 1982 qui fixent la procédure et les règles du passage pacifique – ainsi que du droit d’un État riverain d’assurer la sécurité dans ses eaux territoriales.

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Les thèses de ce projet de résolution sur la prétendue militarisation de la Crimée et de parties des mers Noire et d’Azov par la Russie contredisent également la vérité.

La Russie n’élargit pas sa présence en mer d’Azov: elle n’a dans cette zone aucune base navale.

Les forces présentes dans cette région ne visent qu’à assurer la sécurité du pont de Crimée et de la navigation.
Je voudrais rappeler que depuis les premières annonces de la construction du pont de Crimée, nous avons entendu des appels directs des responsables, des politiciens et des structures de forces ukrainiens – qui sont aux ordres du régime actuel de Kiev – à empêcher la création de ce site d’infrastructure civile ou, plus tard, à le détruire.     
Les mesures entreprises par la Russie – l’inspection sélective des navires, notamment russes – sont adaptées aux menaces des extrémistes – y compris des politiciens ukrainiens – contre le pont de Crimée et l’État russe en général.

Par contre, les actions de l’Ukraine, qui a annoncé la création d’une base navale à Berdiansk et ferme régulièrement certaines régions de la mer d’Azov pour lancer des tirs d’artillerie, visent clairement la militarisation de la mer d’Azov.

Malheureusement, même les amendements au projet de résolution, qui ont été proposés par plusieurs délégations et visaient à présenter la provocation ukrainienne du 25 novembre de manière plus équilibrée, auraient été incapables de corriger le caractère contreproductif et nocif de ce texte.

Dans ce contexte, la Russie n’avait aucun autre choix que de soumettre ce projet au vote et de voter contre.

Le décalage considérable entre les positions des États membres de l’Onu, ainsi que le grand nombre de membres qui se sont abstenus ou étaient absents, constitue une preuve éloquente du rejet de cette interprétation peu objective de la situation autour de la Crimée et de la mer d’Azov. Qui plus est, on sait que beaucoup de pays ont subi une pression directe pour qu’ils votent en faveur de ce projet. Malgré tout, deux tiers des pays membres de l’Onu n’ont pas soutenu la résolution.

Les initiatives antirusses contreproductives de Kiev à l’Assemblée générale de l’Onu et au sein d’autres structures et organes des Nations unies ne font malheureusement que servir de couverture à la politique intérieure dévastatrice des autorités de ce pays, et ne favorisent aucunement le règlement de la crise intérieure en Ukraine.

N°9 – Sur la situation autour du projet Nord Stream 2

GAZODUC new_northstream-1Le projet Northstream2 prévoit de relier l’Allemagne à la Russie via la mer baltique. 

Washington et certaines capitales européennes ont récemment réitéré leur opposition à la construction du gazoduc Nord Stream 2, prétextant le caractère prétendument non commercial du projet et la menace qu’il représenterait pour la sécurité énergétique de l’Europe. Nous avons déjà souligné à plusieurs reprises que les considérations de ce genre étaient dénuées de bon sens et de toute logique.

L’Europe achètera dans tous les cas le volume de gaz russe dont elle a besoin. Personne ne nous a expliqué pourquoi le monopole ukrainien sur le transit de gaz russe serait préférable à la diversification des itinéraires de livraison.

Nos opposants devraient également consulter une carte et prendre en considération le fait que depuis dix ans déjà, le centre de production de gaz en Russie s’est déplacé vers le nord, dans la région de Yamal. Pour ce combustible, l’itinéraire passant par le fond de la mer Baltique est donc de 2.000 km plus court que son analogue ukrainien. Le prix de transport est également tout à fait différent, notamment compte tenu du fait que l’Ukraine a officiellement triplé ses tarifs.

Les motivations de nos partenaires de l’autre côté de l’océan sont tout à fait compréhensibles. Leur objectif est de faire arriver le GNL américain sur le marché européen par tous les moyens possibles.

Mais cessez alors de vanter les principes de marché et de concurrence honnête.

La Russie est, de son côté, absolument prête à une concurrence honnête dans le domaine des gazoducs ou du GNL. Ce n’est pas Moscou mais Washington qui force la main de ses clients et menace d’introduire des sanctions contre les entreprises qui choisissent des options optimales de livraison de gaz aux consommateurs. Ce bâton de sanctions que Washington utilise actuellement de manière si fréquente constitue bien une pression politique. Quand il s’agit d’une réorganisation intérieure en matière de production et de réorganisation de ressources énergétiques visant à rendre ce produit plus compétitif et attractif pour nos partenaires, ce travail est destiné à améliorer la concurrence, ainsi que l’efficacité et la transparence de nos actions.

Il est plus difficile de comprendre la logique de certains politiciens européens qui tentent de forcer les citoyens ordinaires et les entreprises à payer pour leur russophobie.

Je pense que les événements qui se déroulent actuellement en France montrent clairement si les consommateurs européens sont prêts à acheter ou non un gaz beaucoup plus cher que le combustible russe.
Quant à l’Ukraine, nous voudrions souligner le fait qu’après quatre ans d’examen d’un partage possible de la gestion de son système de transfert de gaz, il n’existe toujours aucun partenaire solide avec lequel on pourrait négocier dans ce domaine. 
Nous sommes prêts à confirmer que la conception du Nord Stream 2 et du Turkish Stream ne prévoit pas un renoncement complet aux itinéraires existants de transit gazier vers l’Europe. Cela vaut également pour l’Ukraine. Le transit de gaz russe via ce pays pourrait être maintenu à condition que se normalisent les relations entre les entreprises intéressées, que l’itinéraire ukrainien soit rentable et qu’un climat normal de négociations soit établi. Nous ne constatons malheureusement aucun progrès en ce sens.

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Toutefois, pour montrer sa bonne volonté à ses partenaires européens, la Russie a accepté de poursuivre ses consultations tripartites avec l’UE et l’Ukraine sur le transit de gaz.

C’est Kiev qui a refusé une nouvelle rencontre en décembre. Qui plus est, nous avons malheureusement des raisons de croire que si une telle réunion se tenait en janvier prochain, les autorités ukrainiennes tenteraient d’en profiter pour politiser la question et déployer une propagande antirusse afin de récolter des voix à l’approche des élections en Ukraine.
N°10 – Sur la sécurité des journalistes

Unesco, 94 journalistes ont perdu la vie images

La semaine dernière, le 15 décembre, la Russie célébrait la Journée à la mémoire des journalistes morts dans l’exercice de leur fonction.

Selon l’Unesco, 94 journalistes ont perdu la vie dans le monde depuis le début de l’année 2018 en raison de leur activité professionnelle.

Ces statistiques concernent les journalistes qui font leur travail non seulement dans le contexte des conflits militaires, mais aussi en situation de paix, en défendant le droit de la population à recevoir des informations réactives et honnêtes.

La Fédération de Russie accorde une attention particulière à la sécurité des journalistes, ainsi qu’au problème de l’impunité des crimes contre les journalistes et à leur prévention.

Nous faisons tout notre possible pour traduire en justice ceux qui empêchent l’activité professionnelle des médias, surveillons les infractions contre ces derniers et coopérons dans ce domaine avec des organisations internationales telles que l’OSCE et l’Unesco.

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La sécurité des journalistes en Ukraine suscite toujours une inquiétude profonde et justifiée.

La Russie a plus d’une fois attiré l’attention de la communauté internationale sur les tendances dangereuses qui conduisent à une censure ouverte et à des violations grossières des droits de journalistes – allant jusqu’à leur élimination physique.

Il n’existe toujours aucun progrès notable dans les enquêtes sur les meurtres des journalistes Anatoli Klian, Anton Volochine, Igor Korneliouk, Andreï Stenine, Andrea Rocchelli, Oles Bouzina, Sergueï Dolgov, Viatcheslav Veremiy, Pavel Cheremet, etc. Les représentants des médias font toujours face en Ukraine à des agressions physiques encouragées par les autorités de Kiev, qui ont depuis longtemps adopté une politique de répression des médias et des dissidents.

Nous appelons les structures internationales spécialisées et les ONG à réagir plus activement et à condamner résolument toutes les formes de pression du pouvoir ukrainien sur les médias, notamment l’élimination de journalistes jugés « indésirables ».

Nous considérons comme une percée la décision sur la sécurité des journalistes adoptée en décembre par le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OSCE. L’Organisation a ainsi montré à la communauté journalistique qu’elle tenait à protéger ses intérêts. 


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3451919


C/C – Extraits de la conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 13 décembre 2018

russie maria zakharova 26 décembre 2018 Брифинг 26 декабря

N°11 – Sur l’évolution de la situation autour de Maria Boutina
Nous suivons attentivement l’évolution de ce dossier. Nous notons l’attitude complètement inadmissible des autorités américaines envers la citoyenne russe.
Maria Boutina est une jeune femme qui représente notre société civile. Elle n’a rien commis de préjudiciable.
Même une personne ayant suivi une préparation spéciale pourrait difficilement supporter ce que les autorités américaines se permettent de faire endurer à Maria Boutina.
Nous exigeons une nouvelle fois de Washington qu’il respecte ses droits légitimes et la libère au plus vite.
Je voudrais souligner en particulier que le Ministère russe des Affaires étrangères et l’Ambassade de Russie à Washington ont apporté tout le soutien nécessaire à Maria Boutina, une aide morale et psychologique en cette période très difficile pour elle.
N°12 – Sur l’évolution de la situation en Syrie

SYRIE poche-Idleb-dernier-bastion-insurge_1_729_384 le 12.10.2018  le 12/10/2018

La situation sur le terrain en Syrie n’a pas considérablement changé pendant la semaine qui vient de s’écouler. Nous poursuivons un travail complexe pour la mise en œuvre des termes du Mémorandum russo-turc sur Idleb, signé le 17 septembre, ayant pour objectif final l’élimination de la présence terroriste dans cette zone avec un préjudice minimal pour la population civile.

La vie normale se rétablit progressivement dans les régions du pays libérées des terroristes.

Les travaux de reconstruction de la propriété détruite s’accélèrent. Une attention particulière est accordée à la création des conditions pour un retour sûr, volontaire et sans discrimination des réfugiés et des déplacés internes dans leur foyer. Pratiquement chaque jour, plus de mille Syriens reviennent du Liban et de Jordanie. Le nombre total de personnes revenues depuis le lancement de l’initiative russe en juillet est proche de 60 000.

Nous considérons notre contribution à la reconstruction socioéconomique de la Syrie comme un élément important pour le renforcement des relations russo-syriennes bilatérales.

SYRIE DAMAS 1038644448 Damas

Ce 14 décembre à Damas se tiendra la 11e réunion de la Commission russo-syrienne intergouvernementale permanente pour la coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

La délégation, dont font partie les représentants des ministères et départements compétents, sera menée par le président de la partie russe de la Commission, le vice-Premier ministre russe Iouri Borissov. Plusieurs entretiens sont prévus en marge de cette réunion, notamment avec de hauts dirigeants syriens.
Des contacts intensifs se poursuivent afin de contribuer à la promotion du processus de paix en Syrie, à la formation du Comité constitutionnel et au lancement de son travail à Genève, conformément aux décisions prises par le Congrès du dialogue national syrien à Sotchi.

Malheureusement, le renforcement des tendances positives dans l’évolution de la situation en Syrie, avant tout grâce à l’activité des pays garants du format d’Astana (Russie, Iran, Turquie), ne convient pas à tout le monde. Nous notons des tentatives de prendre l’initiative à Astana, de saper les accords russo-turcs visant à créer une zone démilitarisée à Idleb, de déstabiliser le vecteur du règlement pacifique au profit de plans géopolitiques éloignés des attentes des Syriens.

USA brett_mcgurk_demission  USA, Brett McGurk

Nous avons remarqué la récente déclaration du représentant de la « coalition » menée par les USA, Brett McGurk, concernant le déroulement de l’opération antiterroriste en Syrie. Selon lui, bien qu’actuellement Daech ne contrôle plus que 1% du territoire syrien, on est encore loin d’une victoire définitive parce que les terroristes qui restent seraient « bien préparés ».
Derrière de tels discours, nous percevons la volonté de justifier la présence armée américaine illégale sur presque 30% du territoire syrien. Selon nous, non seulement elle ne correspond pas à l’objectif qu’est l’élimination définitive des terroristes internationaux sur le sol syrien, mais constitue également un obstacle pour y parvenir. Cela concerne notamment la ligne des USA visant à créer des structures pseudo-étatiques de l’autre côté de l’Euphrate, que nous considérons comme un facteur de déstabilisation de la situation freinant le processus de paix.
La diplomatie russe s’efforce de préparer au plus vite l’envoi d’un second convoi humanitaire de l’Onu vers le camp de déplacés internes de Roukban, qui se trouve à l’intérieur de la zone exclusive de 55 km occupée par les USA autour de la base militaire américaine illégale à al-Tanf. La nécessité de fournir une cargaison humanitaire aux 50 000 personnes qui vivent dans ce camp dans des conditions très difficiles est évidente. Il est primordial que cette fois, cette aide leur parvienne – et non que les terroristes, notamment de Daech, se l’approprient. Sinon cette action perdra tout son sens humanitaire. Nous partons du principe que le respect de cette condition, tout comme la garantie de la sécurité du personnel de l’Onu, du CICR et du Croissant-Rouge arabe syrien qui accompagne le convoi, relève de la responsabilité des autorités américaines. Elles doivent fournir des garanties qui conviendront aux agences mentionnées et aux autorités officielles syriennes, qui prennent la décision finale de lancer une opération humanitaire sur leur territoire souverain.
N°13 – Sur les préparatifs militaires de l’Ukraine

UKRAINE L'armée ukrainienne, une des «plus efficaces» en Europe, selon Porochenko 1032210601 L’armée ukrainienne, une des «plus efficaces» en Europe, selon Porochenko

Pendant notre conférence de presse précédente, nous avons déjà évoqué les préparatifs actifs des forces armées ukrainiennes en vue d’éventuelles opérations dans le Donbass.

Malheureusement, des informations alarmantes continuent de nous parvenir de cette région. Selon les informations disponibles, dans les jours à venir Kiev a l’intention d’organiser une provocation armée sur la ligne de contact et, en profitant de la loi martiale promulguée notamment dans les régions de Donetsk et de Lougansk, de lancer une rapide offensive sur l’axe de Marioupol afin de prendre le territoire de la Méotide [ lac Méotide (actuelle mer d’Azov) à l’époque Grec] (au bord de la mer d’Azov) contrôlé par Donetsk et d’obtenir un accès à la frontière russe.

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Il est prévu d’utiliser un groupe militaire concentré pour cette opération. Il a été renforcé ces derniers mois par du personnel et du matériel, ce qui a été, d’ailleurs, rapporté plusieurs fois par la MSO de l’OSCE.

Rien qu’entre le 1er et le 7 décembre, les observateurs de l’OSCE ont découvert 190 unités de véhicules et de matériel lourd « interdites » par les Accords de Minsk en dehors de leurs lieux de stationnement.

Selon l’idée des stratèges de Kiev, le Président ukrainien Petro Porochenko a besoin d’une sérieuse aggravation de la situation pour tenter à nouveau de stopper la chute de sa cote de popularité. Toutefois, même un éventuel échec de cette aventure lui serait favorable. Une forte détérioration de la situation dans le Donbass constituerait un prétexte pour Petro Porochenko qui lui permettrait de prolonger la loi martiale et d’annuler l’élection présidentielle.

N°14 – Sur la situation des droits de l’homme en Ukraine

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La situation des droits de l’homme continue de se dégrader en Ukraine. Dans ce pays se poursuivent les répressions contre ceux qui refusent d’adhérer à la ligne russophobe, au courant de pensée dominant et à tout ce qui est glorifié par le régime de Kiev actuel.

Une nouvelle action violente s’est déroulée récemment contre nos compatriotes russes en Ukraine.
UKRAINE POLTAVA 1200px-Poltava_DJI_0117  Poltava (en ukrainien et russe : Полтава) est une ville d’Ukraine et la capitale administrative de l’oblast de Poltava. Sa population s’élevait à 291 963 habitants en 2017.
A Poltava, des agents du SBU ont procédé à une perquisition chez Sergueï Provatorov, membre du Conseil mondial de coordination des compatriotes russes, président de la direction de l’association « Communauté russe », et Viktor Chestakov, chef de la Communauté russe de la région de Poltava. L’affaire est présentée de manière à prétendre qu’ils diffusaient des informations déstabilisant la situation en Ukraine, ce qui leur a valu d’être accusés d’atteinte à l’intégrité territoriale de ce pays. Le SBU a confisqué à Sergueï Provatorov sa Médaille Pouchkine, qui lui avait été remise par le Président russe Vladimir Poutine. C’est visiblement, aux yeux des agents ukrainiens, l’arme la plus évidente pour déstabiliser la situation en Ukraine.
Avant cela, les autorités avaient attaqué la célèbre militante des droits de l’homme ukrainienne Elena Berejnaïa, dont le domicile avait été perquisitionné de force par les services ukrainiens.
A l’approche de la rencontre des dissidents ecclésiastiques à Kiev se poursuit la pression sur les prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique. Dans le contexte de la guerre religieuse attisée par le régime au pouvoir, une perquisition a eu lieu chez le métropolite Paul, vicaire de la Laure des grottes de Kiev. Les prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne sont convoqués par le SBU pour des heures d’interrogatoires humiliants. C’est devenu la norme dans cet État qui a annoncé que désormais il serait attaché aux hauts standards des droits de l’homme, et que c’était la Fédération de Russie qui l’en empêchait constamment. Plus rien ne retient les autorités d’organiser des perquisitions chez les représentants des confessions et les militants des droits de l’homme. A présent, les « hautes normes des droits de l’homme » sont à un niveau encore plus élevé.

Le site scandaleux Mirotvorets poursuit son activité, violant l’intégrité de la vie privée et les droits de l’homme à la non-divulgation de leurs informations personnelles.

Kiev refuse d’écouter les exigences de la communauté internationale de fermer ce site associé, dans la conscience des masses, aux « listes de la mort ». Deux diplomates russes travaillant en Ukraine y ont récemment été inscrits, ce qui met leur vie en danger. Nous appelons les autorités ukrainiennes à remplir rigoureusement les termes de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 en ce qui concerne la protection des collaborateurs des représentations diplomatiques et consulaires.

Une fois encore, je voudrais dire que nous ne faisons pas que lancer des avertissements. Nous avons la possibilité de réagir. Et ce sera fait si les mesures appropriées n’étaient pas prises pour assurer la sécurité des représentations diplomatiques russes et des diplomates russes. Kiev doit comprendre qu’il s’est trop pris au jeu. Il ne s’en tirera pas comme ça après ce qui a été fait contre les représentations diplomatiques russes et les diplomates russes.

Sur ce fond, les « prospectus d’information » falsifiés publiés par le SBU, visant à prouver la prétendue implication de la Russie dans la déstabilisation de la situation dans ce pays, ont constitué une nouvelle provocation. A ce que l’on sache, cela a été fait intentionnellement. C’est un fake en toute conscience.
On a récemment appris la mort  du citoyen russe Valeri Ivanov dans la colonie pénitentiaire n°40 de Drogobytch (région de Lvov) dans des circonstances non élucidées. Le Russe est décédé dans l’espace pédagogique, ce qui n’exclut pas l’usage de la force à son égard. Nous avons exigé des autorités ukrainiennes une enquête minutieuse et objective sur les faits. Nous suivrons attentivement le déroulement de l’enquête.
Dans l’ensemble, le fond politique des événements en Ukraine est très clair. Sur la vague de l’hystérie antirusse artificiellement alimentée, les autorités de Kiev actuelles cherchent à attirer les voix de l’électorat nationaliste, à intimider les représentants de la diaspora russophone, à pousser ces derniers dans la clandestinité, ainsi qu’à afficher des actions actives – mais on ignore dans quel sens.
Ceux qui ne cèdent pas aux « activités préventives » sont jetés en prison, comme le journaliste russe Kirill Vychinski, ou sont physiquement éliminés comme le célèbre écrivain ukrainien Oles Bouzina et d’autres Ukrainiens dissidents.

UKRAINE Oles Bouzina, présentateur ukrainien, connu pour sa critique envers Kiev, a été abattu 552f9f5bc46188871a8b45ac  Oles Bouzina, présentateur ukrainien, connu pour sa critique envers Kiev, a été abattu

Dans le contexte de la bacchanale actuelle en Ukraine, les récentes déclarations des autorités ukrainiennes concernant leur prétendu « attachement aux valeurs démocratiques européennes » nous semblent particulièrement cyniques. Sachant que leurs superviseurs occidentaux ferment franchement les yeux sur cette anarchie – et la soutiennent. Les grossières violations des droits de l’homme en fonction de la langue, de l’origine ou de la religion poussent l’Ukraine sur une voie très dangereuse.

N°15 – Sur l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières

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Le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a publié la déclaration de la Fédération de Russie au sujet du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Je voudrais attirer votre attention sur ce document.

La Fédération de Russie soutient l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Ce document de compromis englobe de nombreux aspects de la migration internationale, y compris l’aspect humanitaire, le développement, les droits de l’homme et la lutte contre la criminalité.
La Russie espère que le Pacte mondial deviendra une base pour la coopération internationale globale à long terme visant notamment à créer des canaux pour la migration légale et des mécanismes de contrôle efficace des processus migratoires, pour le développement d’instruments de lutte contre la migration illégale – y compris la réadmission – ainsi que pour combattre les crimes dans le secteur migratoire.
Bien sûr, le Pacte mondial n’est pas un document juridiquement contraignant et n’impose pas aux pays qui y adhèrent des engagements juridiques ou financiers.
Dans le même temps, le Pacte mondial fixe une ligne pour le développement des visions et des approches actuelles de la migration internationale et dessine les contours d’une approche universelle de ce problème.

source / http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3440823