2965 – Le dangereux face-à-face entre Pékin et Washington

Pour la mouvance critique des intellectuels chinois, le raidissement de Pékin face à Washington comporte un risque pour le Parti.

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Il y a quelques jours Bloomberg [1]publiait un article intitulé « la Chine hésite sur la manière de traiter Trump et se prépare à une nouvelle guerre froide ».

Alors que courent les rumeurs d’une crise politique à Pékin, tandis qu’à la veille d’accueillir la mission de bons offices du Vice-ministre du commerce Wang Shouwen, la Maison Blanche dit ne pas vouloir relâcher ses pressions douanières, Deng Yuwen, ancien éditeur adjoint du Xuexi Shibao à l’Ecole Centrale du Parti, limogé en 2013 signait dans le South China Morning Post un article intitulé « A la faveur de la guerre commerciale resurgit le spectre de l’effondrement de la Chine. Pékin devrait s’en inquiéter ».

Cette prédiction néfaste énoncée par un ancien membre du sérail politique chinois doit être mise en perspective par un retour sur le passé des relations sino-américaines souvent heurtées, mais qui, jusqu’il y a peu, étaient articulées à la nécessité d’un accommodement réciproque en dépit des crises et des divergences.

Télescopage de dynamiques contraires.

Les hésitations ou la perplexité à Pékin comme dit Bloomberg traduisent un trouble politique interne récemment exprimé par des intellectuels chinois accusant Xi Jinping d’avoir augmenté exagérément la voilure face à la tempête Trump, risquant un coup de tabac. Cette tension politique est le résultat de la conjonction de deux phénomènes :

1) La première occurrence est l’arrivée au pouvoir en Chine d’une génération plus « audacieuse » – certains diront plus « arrogante », affirmant par un nationalisme agressif et sans nuances appuyé à un mélange de réalité et de propagande, la puissance de l’économie et la force d’influence de la culture chinoises – exprimées par l’affirmation des « caractéristiques chinoises » -.

Depuis le 19e Congrès l’appareil affirme que son modèle politique pouvait constituer la matrice exemplaire d’un nouveau type de gouvernance politique projetable notamment dans les pays en développement, en particulier en Afrique ou dans certains pays d’Asie [1].

Confronté à la critique des intellectuels et des anciens, le Bureau Politique nie sa surenchère nationaliste. Pourtant le 19 juillet encore, en visite au Guizhou, fief de son protégé Chen Miner, Xi Jinping enjoignait aux représentants du Front Uni de faire sans relâche la promotion de « la supériorité du “multipartisme“ chinois » dont chacun sait bien qu’il confine au magistère d’un seul Parti.

2) La 2e conjoncture à l’arrière-plan des actuelles controverses est le surgissement de Trump dont la vision commerciale articulée à la négociation en vue de l’intérêt maximum possible à courte vue, sans vision stratégique, est à l’exact opposé des théories de Kissinger, Brzezinski, mentors de Nixon et Carter.

Spéculant que le rapprochement sino-américain était la seule option stratégique possible de Washington pour rester maître du jeu à la fois en Asie et en Europe, la connivence entre la Maison Blanche et Pékin prônée par l’Allemand et le Polonais fut l’axe stratégique des États-Unis depuis Nixon jusqu’à Obama [2]. Ce choix a cependant entretenu de lourds malentendus.

Un arrière plan de malentendus.

En favorisant l’entrée de la Chine à l’OMC en décembre 2001, alors qu’elle n’en remplissait pas les conditions Washington lui a conféré un avantage considérable. Pékin et ses entreprises en ont tiré profit pour se tailler un important surplus commercial.

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Par naïveté ou cynisme les « Docteurs stratégiques » gravitant autour du pouvoir américain nourrissaient publiquement l’espoir, sans cesse alimenté par la vaste mouvance des « politiquement corrects » et des activistes politiques des droits de l’homme que la Chine dont on voulait se faire un allié, finirait par accorder sa musique à la symphonie politique occidentale dirigée par le chef d’orchestre américain.

Cette crédulité candide et hasardeuse – peut-être cynique – s’ajoutant à l’attrait irrépressible du « grand marché chinois », fut depuis 1972, l’arrière plan de la bienveillance américaine à l’égard de la Chine.

Au-delà des crises parfois violentes mais résorbées à plus ou moins long terme, la complaisance de la Maison Blanche finissait toujours par renouer le fil des relations sino-américaines, les concessions de l’instant étant justifiées par l’objectif à long terme d’une sorte de duopole stratégique Washington – Pékin sur le dos de l’Europe, la manœuvre pouvant également être présentée aux conservateurs américains comme une des expressions machiavéliques de leur objectif global : « Roll back Russia, contain China ».

La liste des accommodements est longue, mais le plus emblématique est probablement l’appui américain donné en 2001 à l’admission de Pékin à l’OMC, après de laborieuses négociations. A l’époque, Robert Zoellick, ministre du commerce américain qui deviendra président de la Banque Mondiale, s’en était officiellement réjoui.

Mais il ajouta que les efforts que devraient faire la Chine pour se conformer aux lois du commerce international seraient pour elle « un considérable défi ».

Aujourd’hui encore, près de 20 ans après, le pouvoir politique chinois garde le contrôle de ses services financiers, surveille sa monnaie comme l’huile sur le feu et interdit une dizaine de secteurs aux investissements étrangers.

Ces passe-droits accordés à Pékin à propos de l’obédience aux sacro-saintes lois du marché auxquelles la Chine ne se plie que de manière aléatoire (ni Bruxelles ni Washington ne lui reconnaissent le statut « d’économie de marché »), furent en partie à l’origine de son succès commercial et de ses excédents ces 15 dernières années.

Les Américains font remarquer que si jusqu’en 2000 leur déficit commercial avec Pékin était inférieur à 90 Mds de $, il bondit dès 2002 à plus de 100 Mds, pour ensuite progresser au rythme moyen de 20 Mds de $ par an pour atteindre 375 Mds de $ en 2017.

Trump tourne le dos à l’exigence de rapprochement.

Recevant à la Maison Blanche H. Kissinger (92 ans), en mai 2017, D. Trump a loué la clairvoyance du vieux conseiller stratégique de R. Nixon, mais sa politique chinoise prend le contrepied du rapprochement avec Pékin prôné en 1972. Aujourd’hui l’heure n’est plus à la connivence stratégique avec Pékin. Face à la montée en puissance chinoise Kissinger suggère à Trump de tenter de « casser » la proximité sino-russe.

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Le déséquilibre commercial est aussi le fond de tableau des agacements de l’administration Trump qui – c’est précisément ce qui désarçonne le Bureau Politique chinois – voyant les choses telles qu’elles sont, débarrassées des arrière-pensées stratégiques de long terme qui ne sont pas sa tasse de thé c’est le moins qu’on puisse dire-, tourne le dos à l’élan de rapprochement avec la Chine initié par Kissinger en 1972.

Ce faisant, il bouscule un paysage organisé autour de nombreux non-dits dont l’un des plus illusoires est que la Chine pourrait à la longue se conformer à l’ordre du monde réglé après 1945 par le FMI, la Banque Mondiale et Washington [3].

Au passage, la réaction de Trump à l’égard de la Chine est d’autant plus brutale que sa faible conscience historique ne lui permet pas d’entrer dans le jeu de ceux qui trouvent des justifications aux insolences commerciales chinoises et dont l’exemple le plus actuel est Kevin Rudd fervent d’études chinoises, ancien Premier Ministre australien.

AUSTRALIE Kevin Rudd fervent d_études chinoises, ancien Premier Ministre australien.  Kevin Rudd fervent d’études chinoises, ancien Premier Ministre australien.

Évoquant très exactement ce que dit Bloomberg dans son article – au XIXe siècle,

« les ouvertures de marché passées furent imposées à la Chine par les armes » -,

Rudd a récemment rappelé que, pour les élites chinoises, les captations illégales de technologies auxquelles se livrent les entreprises publiques chinoises pilotées par le Bureau Politique en vue de « Made In China 2025 » qui mettent en fureur Trump, seraient précisément le juste retour des humiliations subies par la Chine il y a 170 ans.

QC avait évoqué ce point dans la conclusion du précédent éditorial le 27 juillet, dans le paragraphe intitulé « Les leçons de l’histoire » : La montée aux extrêmes de la guerre commerciale et le balancier de l’histoire.[2]

Les failles de la cohésion politique.

En arrière plan, le reproche interne adressé à la Direction politique à propos de son raidissement nationaliste face à Washington, jette un doute sur cohésion de l’appareil derrière Xi Jinping et son clan.

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Ainsi Li Cheng, originaire de Shanghaï et chercheur à la Brookings[3] estime depuis 2012, que le pouvoir politique du n°1 n’est pas aussi assuré qu’on le dit. L’hypothèse de fractures internes suggérant une fragilité renvoie à une tribune dont l’idée maîtresse était homothétique de celle de Deng Yuwen publiée par David Shambaugh en mars 2015 dans le Wall Street Journal intitulée : « The coming chinese crackup ».

L’ancien éditeur du China Quaterly spéculait sur la fin de la règle communiste dont, disait-il, la solidité et la force ne sont qu’apparentes.[4]

USA Gordon Guthrie Chang, né le 5 juillet 1951 à Long Branch, dans le New Jersey, est un juriste, journaliste et auteur américain d'origine chinoise maxresdefault  Gordon Guthrie Chang, né le 5 juillet 1951 à Long Branch, dans le New Jersey, est un juriste, journaliste et auteur américain d’origine chinoise

Il est vrai que contrairement à Gordon Chang qui s’était trompé en écrivant en 2001 « The coming collapse of China », Li Cheng réfute les analyses qui, prenant appui sur les contradictions de l’appareil communiste, spéculent sur « l’effondrement de la Chine ». Le pays est, dit-il, solidement ancré dans un mouvement ascendant irréversible d’ouverture au monde.

Il n’en reste pas moins que lui aussi doute de l’avenir politique du Parti.

Tout en affirmant que les bases du développement sont solides, il met néanmoins l’accent sur la faiblesse des élites, les dysfonctionnements du gouvernement et du Parti et, à l’inverse, sur le poids des corporatismes et la force des factions.

A l’appui de sa vision d’une classe politique entre les mains des groupes d’influence rivaux qui paralysent les réformes, affaiblissent la gouvernance et condamnent le Parti à l’immobilisme, Li Cheng cite le constat de l’appareil lui-même, publié le 1er juillet 2012, dans le Quotidien du Peuple :

« il n’a jamais été aussi urgent de juguler les problèmes internes au Parti qui handicapent sa capacité à gouverner le pays. (…) Il est vital de corriger le laisser aller, l’incapacité, le fossé avec les masses et la corruption rampante ».

Les talons d’Achille du régime.

Parmi les racines de la corruption difficile à éliminer sans une profonde rupture culturelle et politique, la campagne contre les prévaricateurs ne traitant que les symptômes, se trouve la vaste et riche culture du « Guanxi » où s’entremêlent la politique et les affaires.

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Il ajoutait que l’opacité de la sélection vers le sommet permet le népotisme familial ou de factions créant une fragilité d’autant plus grave que l’ascension s’accompagne souvent de corruptions et d’achats de charges, spécialités de ceux qui n’ont pas suffisamment de « guanxi ».

A l’époque Cheng Li n’avait pas anticipé la carte sauvage de Trump.

Engageant la relation sino-américaine dans la voie inexplorée d’une guerre commerciale à outrance, ignorant les objectifs stratégiques plus larges, le Président américain, d’abord préoccupé de réduire les déficits a abandonné l’a priori du long terme d’une connivence stratégique possible avec une Chine acceptant de se couler dans l’ordre occidental.

C’est bien ce qui incommode le Parti.

Ce dernier sait que dans ce bras de fer à court terme mettant en jeu la croissance et la stabilité politique interne, sur fond de censure et de répression, l’issue est incertaine. C’est aussi la raison pour laquelle les anciens reprochent à Xi Jinping, à l’intérieur de trop jouer du volet répressif et de la mise aux normes académique et, à l’extérieur, d’avoir trop agité la fibre nationaliste.

USA Shi Yinhong,hqdefault Shi Yinhong,

Shi Yinhong, conseiller du gouvernement et Directeur du Centre des Etudes américaines à Beida, cité par Bloomberg ne dit pas autre chose :

« La confrontation avec les États-Unis est en grande partie due au fait que depuis des lustres la Chine n’a rien fait pour réduire les surplus, mieux ouvrir son marché et alléger les contrôles de l’État. Face aux incertitudes nous devons nous ajuster. Tout à notre “grand bond en avant“ n’avons pas considéré avec suffisamment d’attention les sentiments des autres pays ».

 

Note de Contexte.
L’essai critique de Xu Zhangrun 許 章 潤

Le montage montre Xi Jinping, qui vient d’être critiqué par une sévère charge de Xu Zhangrun (en haut), tandis que Deng Yuwen en bas à gauche, prévient que le face-à-face sans concession avec Washington met le parti en danger.

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Lire : Xu Zhangrun essay[5]

CHINE xu-zhangrun

Xu Zhangrun

D’après des textes de présentation de Geremie Barmé, et du site China Change[6] traduits de l’anglais par QC.

Intitulé « A l’heure de nos peurs et de nos espoirs » 我們 當下 的恐懼 與 期待Women dangxià de kongju yu qidai » l’essai de Xu Zhangrun est une mise en garde directement adressée à Xi Jinping. Elle est assortie d’une série de suggestions politiques improbables.

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AUSTRALIE Gérémie Barmé,

Gérémie Barmé, sinologue australien, explique que l’essai de Xu, écrit dans un style mêlant la forme classique au « baihua 白话文 » vernaculaire, est, en dépit de quelques formulations compliquées, un pamphlet incisif, sarcastique et amusant. Il est aussi truffé de références littéraires à des œuvres modernes ou plus anciennes, d’analogies historiques voisinant avec des plaisanteries ou des vulgarités à la mode.

Pour autant, même si le message est limpide, le style nuancé, oblique et indirect du texte peut conduire un lecteur inattentif ou ignorant des allusions chinoises à en atténuer la portée et à le classer dans la catégorie des textes pontifiants émanant d’intellectuels déconnectés des réalités.

Mais pour ceux plus familiers de la prose chinoise moderne, le style intellectuel historico-littéraire confère à l’essai de Xu une puissance de persuasion qui parle au cœur et à la raison du monde chinois.

Considérer cet appel comme un simple essai politique mal intentionné c’est ignorer que, par le truchement d’une forme essentielle de l’expression littéraire chinoise, il reflète, bien au-delà des ripostes critiques formulées par le Parti, l’ambiance culturelle et politique de la société chinoise. Selon « China Change », celle-ci s’insurge en sous main contre « la construction politique laborieuse à laquelle se livre Xi Jinping ».

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Depuis qu’il a été publié à Hong-Kong, mettant en garde contre le risque de retour au totalitarisme, appelant à mettre fin au culte de la personnalité dont la présomption a été aggravée par la suppression de la limite des mandats présidentiels, l’essai s’affirme comme l’une des rares critiques issues de la mouvance intellectuelle chinoise.

S’adressant directement au n°1 du Parti dont, avec une ironie acerbe, il met en doute les capacités

« On vous accorde une solide capacité d’action nous serions heureux si n’accomplissiez qu’une de nos huit suggestions ; si vous en accomplissez quatre nous serions convaincus de votre efficacité ; si vous parveniez à toutes les mettre en œuvre, le monde entier se réjouirait »,

Xu commence par énoncer que les quatre piliers qui fondèrent la prévalence du parti depuis 40 ans sont aujourd’hui gravement affaiblis.

  • Qu’il s’agisse de l’harmonie sociale aujourd’hui battue en brèche par les répressions et la censure, de la liberté d’entreprendre et de la tolérance excessive à l’enrichissement matrice d’une croissance spectaculaire, mais ayant produit une société vénale uniquement préoccupée de s’amuser et de consommer ;
  • qu’il s’agisse encore de la suppression de la limite à deux mandats garantissant la survie d’un système uniquement et banalement articulé aux luttes politiques internes et à la dictature sur fond de méprisables corruptions ayant parasité le patrimoine national, tous les fondements mêmes de la légitimité du pouvoir politique sont en passe de disparaître.

Par-dessus tout, ajoute Xu, avoir supprimé la limitation présidentielle à deux mandats revient à avoir effacé d’un trait de plume les progrès politiques réalisés en Chine au cours des 30 dernières années.

Après quoi, il énumère les « 8 craintes » ayant motivé son initiative. Bien au fait des risques politiques qu’il court, il les a formulés depuis le Japon comme l’exutoire d’une tension politique intime devenue insoutenable.

Elles vont

  1. de l’angoisse des chantages politiques menaçant la propriété des opposants
  2. assortie de l’inquiétude face à une possible résurgence des luttes de classes,
  3. à l’alarme née de l’abandon des reformes politiques
  4. à quoi s’ajoute l’effroi du retour au totalitarisme
  5. ponctué par l’aggravation des répressions,
  6. en passant par le risque d’isolement de la Chine,
  7. enfermée dans un face-à-face stérile avec les États-Unis
  8. ponctué par le retour à la course aux armements et à la guerre froide.

Le pamphlet se termine par 8 suggestions – toutes improbables – allant de

  1. l’injonction de mettre fin aux dépenses engagées dans les coopérations extérieures
  2. et au nom de la « diplomatie de prestige sportif »,
  3. à un appel à réhabiliter les condamnés politiques du 4 juin 1989,
  4. en passant par l’abolition des privilèges des cadres su Parti
  5. et l’obligation à tous de rendre publics leurs avoirs.
  6. Par dessus tout, formulant une attaque directe contre Xi Jinping, Xu exige de mettre immédiatement fin au culte de la personnalité
  7. et de rétablir la limitation constitutionnelle du nombre de mandats présidentiels.

(Note sans a priori … j’en trouve pas 8)

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Est-ce une mise en garde ?

 alors que l’opinion est encore choquée par le scandale des vaccins et que les retraités militaires ont ces derniers mois protesté dans plusieurs villes contre les mauvaises conditions de leurs pensions, Xi Jinping a fait son retour public en visitant l’armée où il a rappelé que la lutte contre les militaires corrompus allait continuer et que l’APL devait rester sans faillir aux ordres du Parti.

Notes :

[1En octobre 2017, au 19e Congrès, Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois affirmait que

« les “nouvelles routes de la soie“ étaient la force la plus active pour l’instauration d’une gouvernance globale propre à résoudre les défis de la planète ». Dans la foulée, il ajoutait que la Chine avait « augmenté son droit de poser les règles du fonctionnement des Affaires du monde », (…) et était désormais « capable de proposer un modèle de modernisation efficace aux pays en développement ».

 

[2Sous l’influence de Hillary Clinton, Obama avait infléchi la politique de connivence à long terme avec Pékin en lançant une bascule stratégique vers le Pacifique occidental (« Pivot »), assorti du Transpacific Partnership (aujourd’hui abandonné par Trump, mais dont la Chine était exclue) les deux étant destinés à faire contrepoids à l’influence de la Chine.

[3Après l’échec de la négociation douanière tentée en mai dernier par Liu He, vice-premier ministre, proche du président – avec Xi Jinping ils avaient fréquenté la même école primaire Ba Yi – Pékin a décidé d’envoyer à Washington Wang Shouwen, vice-ministre du commerce, d’un niveau hiérarchique politiquement moins sensible, chargé de vérifier s’il est possible de reprendre la négociation commerciale à haut niveau.

Pékin prend cette initiative dans les pires conditions possibles.

La meilleure preuve du malaise est que récemment, constatant une baisse continue de la bourse de Shanghai de plus de 22% depuis janvier – signe évident d’une perte de confiance -, les organes de la censure ont intimé aux télévisions chinoises d’éviter les alarmes inutiles en s’abstenant d’utiliser les termes comme « 暴 跌 » chute , « 暴涨 » éclatement ou « 崩盘 » effondrement (source l’excellent SupChina.)

Ce n’est pas tout, avant sa mission, Wang Shouwen a fait un crochet par le bureau du « US-China Business Council » à Pékin où on lui a mis les points sur les « I ».

En substance :

« A Washington on se réjouit de votre visite, mais ne sous-estimez pas la ferme détermination du Président Trump à éliminer les barrières douanières et non-tarifaires, les quota, le viol de la propriété intellectuelle et de mettre fin aux transferts forcés de technologies ».

LIENS

  1. https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-08-17/china-unsure-of-how-to-handle-trump-braces-for-new-cold-war
  2. https://www.questionchine.net/la-montee-aux-extremes-de-la-guerre-commerciale-et-le-balancier-de-l-histoire?artpage=2-2
  3. https://www.brookings.edu/experts/cheng-li/
  4. https://www.questionchine.net/risques-de-crise-en-chine
  5. https://u.osu.edu/mclc/2018/08/17/xu-zhangrun-essay/
  6. https://chinachange.org/2018/08/01/xu-zhangruns-china-licking-carbuncles-and-sucking-abscesses/

SOURCE/ https://www.questionchine.net/le-dangereux-face-a-face-entre-pekin-et-washington?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+questionchine+%28QuestionChine.net%29&artpage=3-3

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