2959 – Où en est la Grèce ? entre la vision de Varoufakis et celle de Macron … Qu’en est- il ?

Récapitulatif des 6 articles :

  • 1 – «Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l’analyse de Varoufakis ? – 23 août 2018, 20:18 – français. rt
  • 2 – Les partis préparent déjà pour 2019 les alliances avec leurs partenaires européens – Publié le 23/08/2018 – Joséphine Gruwé-Court – le figaro.fr
  • 3 – Yanis Varoufakis dit aux Grecs de se préparer à abandonner l’euro et à revenir à la drachme (article du TIMES de Londres) – 22 août 2018Anthee Carassava, Athènes – 20 août 2018 – Traduit par François Asselineau
  • 4 – La Grèce sort appauvrie, pas la zone euro – mardi 21 août 2018 – par Even VALLERIE. – .ouest-france.
  • 5 – Yanis Varoufakis : « Je suis très déçu par Emmanuel Macron » – Cécile Amar – 23 janvier 2018 – nouvel obs
  • 6 – Après l’avoir soutenu, Varoufakis met Macron en garde – 14 mai 2017 – Avec AFP – francais.rt

1 – «Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l’analyse de Varoufakis ?

«Sortie de crise» de la Grèce : Macron supprimera-t-il son tweet après l'analyse de Varoufakis ?

Professionnels de l’économie, Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont, chacun de leur côté, commenté la fin du dernier plan de sauvegarde accordé à la Grèce par la Troïka. Mais les deux anciens ministres ne semblent pas partager le même optimisme…

Le 20 août 2018, la Grèce sortait officiellement du dernier des trois plans successifs d’aide financière pilotés par la Troïka.

Celle-ci correspond aux trois institutions (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) qui supervisent «les plans de sauvetage» des pays membres de l’UE, en contrepartie desquels les États concernés doivent entreprendre des mesures structurelles censées garantir leur solvabilité auprès de leurs créanciers.

Alors qu’Emmanuel Macron et Yanis Varoufakis ont tous deux commenté la fin du troisième plan de perfusion économique préparé par ses créanciers pour la Grèce, les deux anciens ministres, respectivement de l’Économie et des Finances, ont établi des conjectures sensiblement différentes quant à l’avenir économique de la République hellénique.

Fort d’un parcours à travers lequel il n’a pas manqué de côtoyer les chiffres, tant avec sa carrière d’associé-gérant de la Banque Rothschild qu’avec son expérience au ministère de l’Economie, le dirigeant français s’est félicité le 20 août de «la sortie de la crise du peuple grec».

Emmanuel Macron

@EmmanuelMacron

La fin aujourd’hui du plan de soutien signe pour le peuple grec la sortie de la crise qu’il a affrontée avec un courage et une dignité qui forcent le respect. La France demeure à ses côtés pour que nous construisions ensemble, avec nos partenaires, l’avenir de l’Union européenne.

Si ce seul tweet ne saurait résumer de façon exhaustive les observations d’Emmanuel Macron sur la question de la dette grecque, le chef d’Etat français n’a jamais caché son intérêt pour le pays, du moins pour les enjeux qu’il y décèle dans le cadre de son projet de «refondation démocratique de l’Europe». Ainsi, le 7 septembre 2017, Emmanuel Macron déclarait haut et fort depuis Athènes :

«Je n’ai pas choisi la Grèce par hasard pour une première visite d’Etat.»

Mais, si dans son tweet du 20 août 2018 le locataire de l’Élysée évoque un «plan de soutien», la formulation avait de quoi faire bondir un autre professionnel de l’économie. De fait, Yanis Varoufakis préfère quant à lui parler d’une «prison de la dette», arguant pour sa part que le plan de sauvegarde mis en place pour la Grèce par la Troïka n’avait rien d’un «soutien».

«Augmentation de la dette», «désertification», «enrichissement des banques» : le tableau de Varoufakis

Une manifestation anti-austérité à Athènes, en septembre 2016

 
Professeur d’économie aux quatre coins du globe, mais aussi auteur de nombreux ouvrages universitaires consacrés à son domaine d’expertise, l’ancien ministre grec des Finances (en fonction pendant le premier semestre de l’année 2015) a accordé un entretien au quotidien allemand Bild, dont il a posté, le 22 août, l’intégralité sur son site.

Il y dénonce vertement les conséquences négatives, selon lui, des trois plans de sauvegarde conduits par la Troïka. Au sujet de celle-ci, l’économiste est catégorique :

«Les demandes de coupes budgétaires des créanciers ont empêché les investissements et la consommation.»

L’argent était destiné aux banques allemandes et françaises

Quant à la question de la dette, il estime que

«les dettes d’État n’ont pas diminué, elles ont augmenté».

Par ailleurs, Yanis Varoufakis déplore l’évolution de la situation économique de son pays qui a poussé, selon lui, à une «désertification» :

«Depuis 2010, les jeunes n’ont eu de cesse de quitter le pays, ces dernières années, à une fréquence de 15 000 par mois.»

La responsabilité d’Angela Merkel

 

En outre, conscient de s’adresser à un journal allemand, l’économiste grec n’a pas manqué de pointer la responsabilité de la chancelière Angela Merkel dans la mise en place desdits plans de sauvegarde :

«Vous les Allemands, avez été dupés par madame Merkel, deux fois […]. Une fois quand elle comparé le premier plan de sauvetage à un acte de solidarité envers les Grecs, alors que l’argent [en question] était destiné aux banques allemandes et françaises qui ont prêté des sommes importantes à l’État grec et à l’oligarchie […]. Une deuxième fois lorsqu’elle a promis que les prêts seraient remboursés avec des intérêts : cela était impossible au vu de la faillite de la Grèce.»

Interrogé à plusieurs reprises sur Angela Merkel, l’économiste n’a pas mâché ses mots à l’égard de la chancelière.

Alors qu’il évoque son «charme particulier», qui lui aurait permis de «détruire [François] Hollande» et qu’«elle utilisera de la même façon avec [Emmanuel] Macron», il a affirmé :

«[Alexis] Tsipras a été un jeu d’enfant [pour Angela Merkel]. Elle lui a beaucoup promis et ne lui a rien donné. Par exemple, elle lui avait promis un allègement de la dette qu’elle a plus tard empêché.»

Il est absolument indispensable que le pays soit prêt à retourner à sa monnaie nationale

Dressant pour le quotidien allemand un portrait beaucoup plus sombre de la situation économique de la Grèce que ne le suggère le récent tweet d’Emmanuel Macron (pour qui Yanis Varoufakis avait par ailleurs appelé à voter lors de l’élection présidentielle française de 2017), l’économiste grec a également accordé, le 20 août 2018, un entretien au quotidien britannique The Times. Dans cette interview, Yanis Varoufakis affirme :

«Pendant la majeure partie de la dernière décennie, la Grèce a vécu la plus grande catastrophe économique en temps de paix depuis la Grande Dépression […] Il est donc absolument indispensable que le pays soit prêt à retourner à sa monnaie nationale.»

Ces propos sont sans équivoque pour celui qui s’était positionné contre le Brexit lors du référendum britannique sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. En effet, s’il n’avait pas manqué de qualifier l’UE d’«État scandaleux», l’économiste grec avait considéré que «vouloir le déchirer n'[était] pas la solution».


source/ https://francais.rt.com/economie/53503-sortie-crise-grece-macron-supprimera-tweet-apres-analyse-varoufakis


2 – Les partis préparent déjà pour 2019 les alliances avec leurs partenaires européens

LE SCAN POLITIQUE – A neuf mois des élections européennes, les partis politiques français qui sont apparus ou se sont transformés depuis le scrutin de 2014 organisent leurs alliances avec leurs voisins européens pour constituer un groupe influent à Strasbourg.

Avec la création de la République en marche, la France insoumise ou encore Génération.s, et la refondation du Front national -devenu Rassemblement national en juin-, le paysage politique français s’est transformé ces dernières années.

Et en mai prochain, la physionomie du Parlement européen, actuellement dominée par deux groupes, le PPE de droite et le PSE de gauche, risque aussi d’être chamboulée: les alliances européennes permettront aux partis d’avoir un groupe plus ou moins influent. Les Républicains et le Parti socialiste, eux, siègent déjà dans les deux plus gros groupes du Parlement. Passage en revue des différentes stratégies.

● La France insoumise met le cap au sud et à l’ouest

En vue des élections en mai prochain, la France insoumise, qui ne compte actuellement qu’un député européen, a donné naissance en avril dernier au mouvement européen «Maintenant le peuple»

  • avec les Espagnols de Podemos et le bloc de gauche portugais.
  • Au mois de juin, il s’est agrandi après l’arrivée de l’Alliance rouge et verte du Danemark,
  • le parti de gauche de Suède et l’alliance de gauche finlandaise.

«On veut faire en sorte que l’élection européenne ne se résume pas aux ultralibéraux autour de Macron et Merkel d’un côté et l’extrême droite de l’autre. On veut qu’il y ait un troisième bloc», explique Manuel Bompard, directeur des campagnes du parti.

Pour Bompard, les Insoumis ont «des collaborations intéressantes avec d’autres partis», à l’instar du parti socialiste hollandais, le parti de gauche en Slovénie ainsi que plusieurs partis en Grèce et en Italie, et «discutent» avec le parti nationaliste irlandais Sinn Féin d’Irlande, le Parti du Travail de la Belgique et le parti de gauche luxembourgeois.

«Notre objectif, c’est d’avoir un maximum de pays avec nous mais cela prend du temps parce-qu’on ne discute pas tous les jours non plus avec les Européens», note Manuel Bompard.

● Le Rassemblement national vers l’Europe de l’Est

Aujourd’hui, le Rassemblement national fait partie du groupe Europe des nations et des libertés (ENL) au Parlement européen, le plus petit de l’hémicycle qui compte 35 eurodéputés, dont les Italiens de la Ligue du Nord, le parti du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Mais la formation de Marine Le Pen compte bien rassembler au-delà des frontières et bousculer la composition actuelle des groupes.

«On a un certain nombre d’alliés dans le cadre du parti politique européen, assure Nicolas Bay, vice-président du Rassemblement national. Nous sommes aussi proches de partis qui ne sont pas encore représentés au Parlement européen car ils ne pesaient pas assez en 2014, comme le parti social-démocrate de République Tchèque, les Bulgares de Volya ou les Grecs de la nouvelle droite».

Aussi, le parti de Marine Le Pen envisage de se rapprocher du parti d’extrême droite allemand AfD, qui fait partie du groupe du britannique Nigel Farage (EFD), ou les nationalistes du parti «Démocrates de Suède», affiliés au groupe ECR.

Nicolas Bay ajoute que des partis tels que le Fidesz du premier ministre hongrois Viktor Orban pourraient laisser leur place au sein du PPE pour rejoindre le Rassemblement national.

«Notre galaxie et nos échanges ne se cantonnent pas au seul groupe ENL actuel. Il est possible qu’il y ait une tectonique des plaques importante à l’échelle européenne. On a en perspective d’avoir un groupe central» ajoute le vice-président du RN.

La République en marche, discret sur ses alliés

Le parti d’Emmanuel Macron reste discret sur ses alliances sur le continent mais annonce d’ores et déjà qu’il créera un groupe à Strasbourg.

«On ne souhaite pas faire partie du PPE parce-qu’il n’est pas très cohérent sur sa ligne politique, puisqu’il rassemble à la fois des libéraux et des conservateurs voire des extrêmes avec la présence d’eurodéputés proches de Viktor Orban» indique le député LaREM Pierre Person.

Pieyre-Alexandre Anglade, député LaREM, renchérit: «Ces gens -là sont ensemble de façon artificielle. Aujourd’hui, il n’y a plus aucune réforme qui se fait en Europe parce qu’on n’arrive plus à dégager des majorités. Notre ambition est de créer quelque chose de nouveau.»

Sur son rapprochement avec ses pairs européens, le parti reste prudent.

«Avec Christophe Castaner, on se déplace dans plusieurs pays d’Europe avec la volonté de rassembler des partis démocrates et progressistes. On travaille étroitement avec Ciudadanos en Espagne et de façon informelle avec beaucoup d’autres, mais on ne dévoile pas ce qu’on est en train de faire. Il y aura un temps d’annonce à l’automne» conclut Pieyre-Alexandre Anglade.

 Génération.s veut un «nouveau mouvement transnational européen»

En mars dernier, le fondateur de Génération.s Benoît Hamon, accompagné de l’ex-ministre grec des finances Yanis Varoufakis, a appelé depuis Naples au rassemblement des mouvements de gauche pour que les différentes listes nationales travaillent ensemble.

Les représentants du parti politique polonais Razem, de l’Alternative au Danemark ou encore de Livre a Portugal ont répondu à l’appel du mouvement français qui compte actuellement deux députés européens. L’alliance transnationale envisagée permettrait la création d’un nouveau groupe à Strasbourg et le soutien à un candidat commun pour la présidence de l’institution.

Défendant une volonté de

«créer une coopération entre les peuples» et une «alliance de la gauche et des écologistes au sein du Parlement européen», Benoît Hamon a annoncé que le rendez-vous italien a permis de mettre en œuvre une «gouvernance, un programme et un agenda de ce nouveau mouvement transnational européen».

Socialistes et Républicains ont déjà leur groupe respectif

Les députés des partis d’Olivier Faure et de Laurent Wauquiez siègent déjà au sein des deux plus gros groupes du Parlement européen, respectivement le PSE, Parti socialiste européen, et le PPE, Parti populaire européen. Ainsi, ils n’ont pas d’alliances à constituer contrairement aux nouveaux arrivants.

Les eurodéputés LR occupent pour le moment 16 sièges à Strasbourg au sein du premier groupe, le PPE.

«Nous sommes très attachés à cette appartenance que nous revendiquons», assure Philippe Juvin, eurodéputé LR.

Pour lui, son groupe, qui rassemble 211 des 751 eurodéputés, a ses chances de garder sa première place, «parce que sociologiquement L’Europe est plutôt à droite». En tout cas, il ne pâtira pas du départ des 73 eurodéputés britanniques qui quitteront le Parlement le 31 mars prochain, puis-qu’aucun d’entre eux ne fait partie du PPE.

«La question est de savoir combien de gens vont passer chez les populistes ou chez les partis simili-Macron» note l’eurodéputé.

Quant au Parti socialiste, il n’a pas d’alliances à constituer non plus, puisque ses 10 eurodéputés siègent au sein du deuxième plus gros groupe, le PSE, qui compte 191 membres et regroupe les socialistes, les sociaux-démocrates et les travaillistes d’Europe.

Le PSE, créé en 1992, risque cependant d’être affaibli par la perte de vitesse des partis socialistes dans l’Union européenne et pourrait perdre sa place de deuxième force de l’hémicycle.

En France, le Parti socialiste, sans tête de liste, cherche à rebondir après sa déroute à la présidentielle de 2017. Effacé du paysage par la vague macroniste, il doit faire face à la concurrence de La France insoumise, qui séduit une partie de son électorat.

5 – Yanis Varoufakis … « Je suis très déçu par Emmanuel Macron »

Rencontre avec l’ancien ministre des Finances grec, de passage à Paris pour construire des listes européennes transnationales, notamment avec le mouvement de Benoît Hamon.

Par Cécile Amar –nouvel obs

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Vous avez rencontré Benoît Hamon et Pierre Laurent, que venez-vous faire en France ?

J’ai lancé, il y a deux ans, Diem 25 pour apporter une réponse à la question essentielle « que devons-nous faire en Europe ? ».

Nous ne nous reconnaissons pas dans l’ »establishment » politique qui a failli et en même temps, nous ne nous reconnaissons pas dans les désintégrationnistes qui veulent en finir avec l’Europe.

Que faisons-nous le lundi matin dans six mois, dans deux ans et dans dix ans ? Notre mouvement va mettre une proposition sur la table : un New Deal vert européen. Nous devons bâtir une alternative, l’Alternative. Les choses doivent changer.

Notre proposition est simple :

nous avons besoin de deux ans pendant lesquels nous ne touchons pas aux traités européens. Nous ne voulons pas épuiser notre capital politique. Faire de petits changements aux traités en vigueur ne servira à rien.

Et à la place, nous devons nous attaquer aux quatre crises qui ont fragmenté l’Europe :

  1. la crise des banques,
  2. la dette publique,
  3. la faiblesse des investissements notamment en énergie verte, en technologies vertes,
  4. la pauvreté.

Nous proposons des solutions dans les règles en vigueur qui seront très différentes des solutions actuelles. Et nous lancerons un processus constitutionnel pour que les Européens choisissent quelle devrait être la Constitution européenne démocratique. Cela durera jusqu’en 2025. C’est une approche cohérente de ce qui doit être fait. La question, c’est qui va le faire ?

Et alors qui va faire tout cela ?

Pour avoir une proposition cohérente, nous devons défendre les mêmes propositions en France, en Italie, en Allemagne, en Grèce, au Portugal, en Espagne. Les élections européennes de 2019 nous en donnent l’opportunité. Pour cela, il faut présenter une liste transnationale, un manifeste, un agenda, une équipe de direction. C’est ce que je fais à Paris.

  • J’ai vu Pierre Laurent, Benoît Hamon, Philippe Lamberts des Verts belges, je vais voir des Polonais, des Grecs, des Italiens qui défendent la même ligne. Nous sommes en train de construire un parti transnational. Hier, avec Benoît Hamon, nous avons décidé que son mouvement Génération.s allait rejoindre cette démarche. Nous nous sommes mis d’accord sur le processus et le calendrier. En février, avec tous ceux qui nous ont rejoints dans toute l’Europe, nous lancerons une courte adresse à tous les progressistes européens. Tous ceux qui auront répondu présents iront ensuite ensemble à Naples, dont le maire appartient à Diem 25.
  • Nous formerons une direction internationale, toutes les forces politiques qui nous auront rejoints y auront deux membres. En juin, nous adopterons un manifeste de quatre à cinq pages. Puis nous organiserons une marche à Paris, Berlin, Rome, Copenhague qui, comme un cirque, se déplacera d’une capitale à l’autre pour lancer le processus. Et à la fin juillet, nous voterons sur le manifeste commun et les porte-parole de ces listes.

Serez-vous candidat vous-même ?

On verra. La démocratie commence à la maison. On décidera tous ensemble. Nous voulons faire de la politique différemment. Nous ne sommes pas là pour faire des deals, se répartir les postes comme font les politiciens européens. C’est cette manière d’agir qui a détourné les Européens de la politique. Soyons différents.

Que pensez-vous de la politique européenne d’Emmanuel Macron ?

Je dois dire que je suis très déçu. Comme je l’ai dit dans le passé, j’ai ou plutôt j’avais une bonne relation personnelle avec lui. J’avais apprécié son attitude en 2015 quand j’étais au gouvernement. J’avais eu des désaccords sur la question de l’austérité et du marché du travail mais j’attendais de lui deux choses : une vision pour l’Europe qui soit cohérente et fasse sens et qu’il se batte pour obtenir des concessions majeures de Berlin.

J’espérais qu’il serait libéral en matière de libertés publiques, de sécurité, d’immigration et de réfugiés. Je suis déçu car il se trompe sur les deux sujets. Ses propositions européennes sont très faibles. Il propose un fédéralisme light. Il a une vision graduelle, il pense qu’il faut commencer par des petits pas. C’est respectable mais je pense qu’il se trompe. Pour obtenir ces petites concessions, il va utiliser tout son capital politique.

Mais Merkel va être la leader. Et même si elle n’est pas le leader, elle va utiliser ses alliés en Hollande et dans d’autres pays.C’est pour ça qu’elle accepte l’accord avec Schultz. Pourquoi utiliser tout son capital pour un résultat si faible ? C’est un très gros cadeau. Et sur un second plan, je regarde ébahi le gouvernement Macron adopter la ligne sécuritaire et la politique anti-libertés publiques de Sarkozy et Hollande. J’attendais de lui qu’il comprenne qu’il faudrait des frontières ouvertes pour les gens qui ont la capacité de rajeunir nos pays vieillissants.

Comment va la Grèce aujourd’hui ?

L’Europe dit que la Grèce est sauvée, qu’elle va mieux. C’est un conte. La réalité est de pire en pire.

L’Europe célèbre les résultats de ses plans, mais les jeunes s’en vont. Ce sont les plus formés qui quittent le pays.

On doit le regretter, pas le célébrer. En Grèce, les postes de travail à temps plein chutent et le travail précaire augmente. Si vous travaillez trois heures par semaine, on dit que vous travaillez. C’est la catastrophe.

Quatorze aéroports ont été vendus dont ceux de Mykonos et Santorin à une compagnie allemande nationalisée pour 1,2 milliard : ce n’est rien. Celui de Mykonos vaut 1,2 milliard. Ils achètent avec l’argent qu’on leur rembourse pour éviter la faillite. C’est comme si je prenais votre maison, mais que vous me donniez l’argent pour que je le fasse ! C’est insensé. Malheureusement, c’est un gouvernement de gauche qui a choisi cette politique. Et ça paralyse la majorité de la population. C’est une combinaison mortelle.

 

Propos recueillis par Cécile Amar

source / https://www.nouvelobs.com/politique/20180122.OBS1033/yanis-varoufakis-je-suis-tres-decu-par-emmanuel-macron.html

6 – Après l’avoir soutenu, Varoufakis met Macron en garde

– Avec AFP

Après l'avoir soutenu, Varoufakis met Macron en garde Source: Reuters

 

L’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, une référence de la gauche radicale en Europe qui avait soutenu le candidat Emmanuel Macron, a estimé samedi que le nouveau président français allait se casser les dents sur Berlin.

L’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, une référence de la gauche radicale en Europe qui avait soutenu le candidat Emmanuel Macron, a estimé que le nouveau président français allait se casser les dents sur Berlin.

Dans une tribune publiée par le quotidien grec Journal des rédacteurs sous le titre

«Voila pourquoi, Emmanuel, nous serons contre toi», Yanis Varoufakis se livre à un réquisitoire en règle contre la «solution néo-libérale» proposée selon lui par Emmanuel Macron. 

Cette politique de «dérégulation et d’austérité» va «simplement redistribuer la misère entre les travailleurs français», estime Yanis Varoufakis, tout en soulignant que «heureusement», le nouveau président a «vaincu la candidate du néofascisme».

L’économiste grec avait appelé à voter pour le candidat Macron avant le second tour des élections françaises pour faire barrage au Front national de Marine Le Pen.

Selon Yanis Varoufakis, qui argue de conversations personnelles avec Emmanuel Macron, ce dernier a conscience de la casse qu’il va provoquer mais persiste dans cette voie «pour convaincre Berlin d’avancer vers une fédéralisation de la zone euro».

«C’est là que réside la grande erreur d’Emmanuel car Berlin ne lui donnera rien», tranche Yanis Varoufakis. 

Premier grand argentier de gauche radicale dans la zone euro, Yanis Varoufakis avait démissionné en juillet 2015 quand la Grèce s’était résignée à une prorogation de l’austérité pour éviter d’être poussée, sous pression allemande, hors de la zone euro. Il a depuis fondé le mouvement paneuropéen Diem 25 (Democracy in Europe Movement – 2025) pour une UE plus démocratique.


source / https://francais.rt.com/international/38333-apres-son-soutien-varoufakis-monte-contre-macron

Une réflexion au sujet de « 2959 – Où en est la Grèce ? entre la vision de Varoufakis et celle de Macron … Qu’en est- il ? »

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