2893 – Doit-on avoir peur des nouveaux compteurs communicants Linky et BluePod ?

Christophe Magdelaine / notre-planete.info  04 avril 2013, 14:40 / mis à jour le 03 juillet 2018, 15:22

compteur-Linky

Le compteur Linky qui équipera bientôt la majorité des logements
© ERDF – Licence : Tous droits réservés

Les hausses soutenues et constantes de la consommation électrique obligent les gestionnaires et fournisseurs d’électricité à augmenter leurs moyens de production mais aussi à imposer progressivement aux particuliers de nouveaux compteurs communicants qui régulent la consommation électriques via des microcoupures effectuées sur le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Ce dispositif « smart grid » est en voie de généralisation dans tous les foyers français. Mais est-ce vraiment une bonne solution sans conséquences pour la santé ?

L’électricité étant difficilement stockable, le réseau électrique doit en permanence être en équilibre entre l’offre (l’électricité injectée sur le réseau par les producteurs) et la demande (l’électricité prélevée par les consommateurs). RTE, gestionnaire de transport de l’électricité, est responsable de cet équilibre entre la production et la demande.

Afin de d’ajuster au mieux la production, des estimations de consommation, relativement fiables, sont effectuées notamment en fonction de la température extérieure et de l’heure de la journée. Toutefois, les prévisions de consommation ou de production ne peuvent être totalement exactes et les moyens de production manquent.

Effacement diffus : définition

Pour faire face aux situations où la consommation dépasse la production, RTE peut demander à certains producteurs d’électricité d’augmenter leurs productions notamment en mettant en route des centrales électriques de pointe (gaz, fioul ou charbon), fortement polluantes et émettrices de CO2.

Une autre solution, relativement récente, consiste à baisser le niveau de la consommation en demandant à un opérateur dit « d’effacement » la coupure immédiate et coordonnée de certains postes de consommation.

Cette solution est notamment mise en avant pour la gestion de la pointe d’électricité, c’est-à-dire les moments où la demande en électricité est très forte (par exemple, en soirée en hiver, lors des périodes de grand froid, alors que les chauffages électriques s’ajoutent aux consommations liées aux loisirs et à la vie quotidienne). Ainsi, l’ADEME souligne « qu’une température d’un degré Celsius de moins en hiver augmente aujourd’hui la puissance appelée lors de la pointe à 19 h de 2 300 MW (soit le double de la consommation d’une agglomération comme Marseille). »

Selon le bilan électrique 2017 de RTE, « le secteur le plus consommateur reste le résidentiel avec près de 36% de la consommation finale d’électricité, suivi par le secteur des entreprises (26%), de la grande industrie (17%), des PME/PMI (11%) et enfin le secteur des professionnels qui représente 10% du volume total. »

Les ménages ont donc la plus forte responsabilité dans la consommation électrique française, essentiellement à cause des consommations d’électricité spécifique (électricité hors chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson) qui ont augmenté de plus de 75 % depuis 1990 selon l’Observatoire de l’Énergie !

Ceci est principalement due à l’accroissement et la multiplication du nombre d’appareils électroménagers présents dans chaque foyer :

  • produits bruns (TV géantes, lecteurs / enregistreurs DVD, Hi-Fi, décodeurs, téléphonie, consoles de jeux, ordinateurs, appareils portables en tout genre…)
  • et petits équipements électroménagers (fers à repasser, aspirateurs, réfrigérateurs américains…).

L’enjeu n’est pas négligeable : selon le Ministère de l’Écologie, en France la pointe électrique – ou pic de consommation – augmente environ de 3 % chaque année et a enregistré une hausse de 28 % en dix ans (dont 14 % entre 2007 et 2012). Ce qui explique que les records de consommation électrique sont régulièrement battus comme en témoigne celui de 2012[1].

C’est pourquoi, une directive européenne du 13 juillet 2009[2] demande aux États membres de mettre « en place de[s] systèmes intelligents de mesure qui favorisent la participation active des consommateurs au marché de la fourniture d’électricité. » Avec pour objectif qu' »au moins 80 % des clients [soient] équipés de systèmes intelligents de mesure d’ici à 2020. » Ce sera le cas en France dès 2021 principalement avec le compteur Linky d’Enedis (ex ERDF)

Atténuer les pics de consommation d’électricité en contrôlant le chauffage des particuliers

A défaut de convaincre les particuliers de diminuer leur consommation électrique (vu la multiplication des équipements bruns), l’effacement diffus ou « effacement résidentiel » consiste à réduire temporairement la consommation d’électricité d’un grand nombre de logements, de façon à diminuer la demande. Il s’agit par exemple d’interrompre pendant 10 à 30 min, en fonction de la demande sur le réseau électrique, l’alimentation de radiateurs ou climatiseurs situés dans des logements pour, au total, réduire la consommation d’électricité d’une région ou du pays et garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique pour le plus grand nombre.

Cette solution se matérialise par la mise en place d’un boîtier qui s’installe sur le tableau électrique (si cela est possible) et qui permet de mesurer et commander certains usages en temps réel (par exemple, chauffe-eau et radiateurs). Un système d’information complète le tout en recueillant les données et générant les ordres de modulation. Le pilotage est opéré à distance par un opérateur et ne requiert aucune action directe des utilisateurs qui souscrivent à ce service. Les adhérents peuvent choisir d’interrompre le système, selon le contrat signé avec l’opérateur.

Depuis quelques années, le marché de l’effacement diffus se constitue en France, leader européen dans ce domaine. Suite à l’appel d’offre de RTE lancé fin 2015, 7 acteurs ont été retenus : Actility, EDF, Engie, Energy Pool, Smart Grid Energy, Valoris Energie et Voltalis.

Le compteur Linky déployé massivement en France

EDF a déjà entamé le déploiement de son boîtier Linky [3], un compteur « communiquant » qui est obligatoire.

Le compteur Linky est une nouvelle génération de compteurs électriques qui remplacera dès 2021 le parc des 35 millions de compteurs français. En juin 2018, 9 millions de foyers étaient déjà équipés et 30 000 boîtiers sont installés chaque jour ! Une carte permet de suivre l’état et les échéances du déploiement des compteurs Linky[4].

Le Ministère du Développement Durable indique dans un communiqué[5] :

« grâce à un investissement de 5 milliards d’euros, cette nouvelle génération de compteurs favorisera la transition énergétique, en rendant possible l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables,

  • l’information des consommateurs,
  • la différenciation des tarifs,
  • la maîtrise de l’énergie,
  • une meilleure maîtrise de la pointe,
  • le développement du véhicule électrique et donc le développement de réseaux intelligents (ou « smart grids »).
  • Le compteur Linky permettra immédiatement la télé-relève (plus besoin du déplacement d’un agent d’ERDF pour relever votre consommation),
  • la facturation sur des index réels,
  • des interventions à distance et des dépannages plus rapides.

 » Et également moins couteux pour le consommateur puisque le déplacement d’un technicien ne sera plus nécessaire pour certaines opérations comme le changement de puissance du compteur.

Selon le ministère, Enedis devrait « prendre en charge l’enjeu financier global », mais en réalité les 5,7 milliards d’euro seront en partie récupérés dès 2021 :

« Les coûts associés au déploiement des compteurs seront inclus dans le Turpe (tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, NDLR), qui représente plus d’un tiers de la facture d’électricité des particuliers »,

explique Sylvain Le Falher, président-directeur général et cofondateur de la start-up Hello Watt, un comparateur en ligne.

ligne.

Vidéo de promotion du compteur communiquant Linky par Eendis

Les bénéfices de l’effacement diffus

Les premiers résultats d’une étude menée par le CSTB et l’ADEME en collaboration avec la société Voltalis montrent que l’effacement diffus pourrait permettre aux consommateurs de réaliser des économies d’électricité.

Ainsi, des coupures de l’alimentation du chauffage et de l’eau chaude électrique pendant 15 à 20 minutes par heure permettraient de réaliser une économie moyenne de l’ordre de 7 à 8 % de la consommation totale journalière d’électricité. Couplée avec une gestion plus rigoureuse de sa consommation, Voltalis annonce sur son site une « diminution jusqu’à 5 à 12 % de votre consommation annuelle d’électricité quel que soit votre fournisseur ».

Les boîtiers d’effacement permettent de rendre compte précisément des consommations d’un logement. En effet, les adhérents peuvent suivre en temps quasi réel leur consommation sur le site web de la société. Ils peuvent donc, en théorie, gérer au mieux leur consommation, mais aussi voir leurs dépenses d’énergie en temps quasi réel, un bon moyen de les convaincre de faire des économies : « faire prendre conscience aux usagers de leur consommation est l’un des principaux objectifs de Voltalis« , nous souligne Myriam Bauduin, responsable de la communication chez Voltalis.

Enfin, l’intérêt majeur de l’effacement diffus est d’absorber les pics de consommation électrique alimentés principalement par le chauffage électrique et le chauffe eau (80% de la consommation selon le CEREN [6]) et de réduire le recours aux centrales électriques polluantes. Le gain d’émissions de CO2 n’a pas été chiffré par l’ADEME dans son étude, Voltalis avance un gain de 30% par bâtiment, difficilement vérifiable.

Les inconvénients de l’effacement diffus

Des économies d’énergie discutables

Les économies d’énergie pour les particuliers peuvent être en partie annulées par un surplus de consommation à l’issue de la période d’effacement, par exemple pour remettre le logement à la température souhaitée. L’ADEME appelle cela l’effet report :

effet report effacement diffus© ADEME

 

Si des économies d’énergie sont notables pour les effacements de chauffage, ce n’est pas le cas pour les effacements des ballons d’eau chaude sanitaire, note l’étude de l’ADEME. En effet, le ballon étant un système fermé, la résistance devra fonctionner plus longtemps pour compenser le manque d’apport énergétique résultant de l’effacement.

Les économies sur la facture d’électricité risquent de ne pas être au rendez-vous comme le précise l’ADEME :

« ce taux d’économie d’électricité ne se traduit pas nécessairement par une réduction proportionnelle en  euros sur la facture des consommateurs, car celle-ci dépend aussi de modalités liées à la tarification de l’électricité (abonnement, coût du kWh, taxes) ».

En outre, les boîtiers installés consomment de l’électricité pour fonctionner, vraisemblablement entre 5 à 10 Wh, à la charge de l’adhérent. Sur ce point, Myriam Bauduin nous a indiqué que « la consommation équivalait à celle d’un téléphone portable en charge« , une consommation estimée « comme 50 fois moins élevée que les gains procurés par le boîtier«  BluePod de la société.

Enfin, le compteur Linky est beaucoup plus précis dans le relevé des consommations : certains particuliers équipés de vieux compteurs électriques à roue pourraient être surpris, d’autant plus si ils les avaient trafiqués pour frauder…

 

Une perte d’indépendance dans la gestion de nos consommations

Des témoignages montrent que le système n’est pas toujours confortable pour l’adhérent qui n’a plus complètement la main sur son installation :

« Voltalis fait des coupures de 15 à 30 min qui créent un problème de confort thermique. Autre inconvénient elles peuvent intervenir pendant les heures creuses le matin entre 6 et 8h avant le passage en heures pleines. » (au moment où le coût de l’électricité augmente) nous rapporte al28000 [7].

« Je suis assez déçu du système car je ne fais aucune économie d’énergie, bien au contraire puisque les interruptions ne font que reporter la consommation à un créneau ultérieur, ce qui la fait même parfois passer d’heures creuses en heures pleines. En ce qui concerne l’aspect confort c’est encore pire puisque ces interruptions rentrent en conflit avec la programmation de mes radiateurs ce qui rend impossible toute gestion de la température. »,

s’indigne CSD40. Il faut effectivement accepter des coupures électriques sur son installation électrique de chauffage, Myriam Bauduin nous assurant que celles-ci ne dépassent jamais 40 minutes.

Ces boîtiers obligent l’usager à accepter des microcoupures sur ses besoins essentiels (chauffage, eau chaude) pour qu’il puisse continuer de profiter du superflu (télé, ordinateur, console,…). Cette démarche qui vise avant tout à alléger le réseau lors des pics de consommation peut sembler assez illogique au niveau individuel, même si il est tout à fait possible de stopper une modulation en cours, via un interrupteur dédié sur le boîtier BluePod.

Le réseau électrique du logement se complique avec l’ajout d’un nouvel interlocuteur et d’une nouvelle couche matérielle. Le dysfonctionnement et/ou la mauvaise installation du boîtier peut alors faire perdre du temps, d’autant plus que certains adhérents, comme Richard7380, accuse Voltalis de manquer à ses obligations de service :

« L’installation a été faîte il y a 3 ans de manière un peu chaotique : j’ai prêté des outils au technicien, il a été obligé de revenir 4 ou 5 fois pour que tout fonctionne enfin 9 mois plus tard.(…) suite à une mauvaise installation je les ai recontacté pour qu’il vienne reprendre leur erreur »

Richard7380 est très remonté contre le service après-vente de Voltalis.

En théorie, la plupart des particuliers peuvent déjà gérer par eux-même leur consommation électrique

  • de chauffage en utilisant les thermostats et en abaissant la température nécessaire lorsque le logement est inoccupé ou la nuit.
  • De plus, vous pouvez faire installer un relais heures creuses (ou contacteur jour-nuit) sur votre tableau électrique pour, par exemple, chauffer votre eau pendant les heures creuses.
  • Ajouter un boîtier d’effacement diffus n’est donc pas indispensable et vous perdrez une partie du contrôle sur votre installation, même si il peut être désactivé temporairement.
  • Malheureusement, pour la majorité des utilisateurs qui ne prêtent pas attention à leur consommation, il peut être un bon moyen de sensibilisation sur notre gabegie énergétique.

Au final, une majorité de français  est défavorable à l’installation d’un compteur électrique communiquant (sondage notre-planete.info[9], juillet 2015) et le mécontentement est important dans de nombreuses communes qui ont monté des collectifs pour s’opposer à l’installation des compteurs Linky.

Des radiofréquences dangereuses pour notre santé ?

Dans le cas de Voltalis, les boîtiers doivent communiquer leurs données à une plate-forme distante, ceci en permanence, via des ondes électromagnétiques équivalentes à celles des téléphones portables (GPRS – General Packet Radio Service – ou 2,5G) et qui ont été classées comme potentiellement cancérigènes [10] par l’Organisation Mondiale de la Santé et le Centre International de Recherche sur le Cancer. Myriam Bauduin nous a précisé que les boîtiers communiquent toutes les 10 minutes avec la plate-forme de Voltalis, afin que la consommation soit suivie en temps quasi-réel.

Par contre, le compteur LINKY d’EDF communique avec un concentrateur par Courant Porteur en Ligne (CPL), la même technologie qui est utilisée chez les particuliers qui souhaitent partager facilement leur connexion Internet d’une pièce à l’autre, sauf que la transmission se fait à basse fréquence et ne comporte pas, à priori, de risque pour la santé. Les informations qui seront transmises à EDF passent donc par les câbles électriques domestiques.

Ensuite, le concentrateur transmet les informations reçues à une agence centrale de supervision chargée du traitement des données par GPRS, ce que dénonce l’association Robin des toits :

« la démultiplication nécessaire du nombre de concentrateurs/répéteurs dans les quartiers et dans les villes entraîne donc l’augmentation de l’electrosmog (…) Les interactions et les perturbations dans les échanges électriques de notre métabolisme sont connues. L’organisme lutte et se fatigue. Ne pouvant plus compenser les déséquilibres, il entre en phase d’affaiblissement, puis les premiers problèmes de santé peuvent apparaitre (cancers), ou ceux déjà existants sont amplifiés. »

De très faibles niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques

Heureusement, les mesures réalisées par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) et rendues publiques fin septembre 2016 sont rassurantes :

« les nouveaux résultats, y compris ceux relevés chez des particuliers, confirment des niveaux d’exposition très faibles. »

indique son communiqué.

Ainsi, les niveaux d’exposition aux champs électromagnétiques chez les particuliers restent « très en-dessous des valeurs limites réglementaires », ils varient entre 0,01 µT et 0,03 µT à 20 cm des compteurs en émission CPL, ce qui correspond au bruit de fond électromagnétique. C’est 200 à 600 fois moins que la valeur limite réglementaire de 6,25 µT dans cette bande de fréquence.

L’ANFR poursuit néanmoins ses investigations et devrait prochainement compléter ses mesures au niveau des champs électromagnétiques créés par les concentrateurs situés dans les transformateurs de quartier.

Linky, une atteinte à la vie privée ?

La Ligue des droits de l’Homme [11] (LDH) s’inquiète des données qui seront récoltées par le boîtier communicant.

En effet,

« il permettra aussi d’adapter le contrat, autorisera la mise en service ou la coupure à distance et le client pourra surveiller sa consommation en KW en se connectant sur un site dédié et non directement sur le compteur »

précise la LDH qui ajoute :

« C’est que Linky est très bavard : les informations qu’il collecte constituent une intrusion dans la vie privée de soixante-six millions d’habitants,

  • car le transfert des données détaillées sur la consommation d’énergie (par exemple toutes les dix minutes) permet notamment d’identifier
    • les heures de lever et de coucher,
    • les heures ou périodes d’absence,
    • ou encore, sous certaines conditions, le volume d’eau chaude consommée par jour,
    • le nombre de personnes présentes dans le logement, etc.
  • Au point que la Cnil a travaillé sur un « Pack de conformité » et préconisé qu’EDF obtienne de l’usager son consentement pour le transfert de ses données.
  • Or de ce consentement il n’est absolument pas question dans les courriers envoyés par ERDF annonçant le remplacement des compteurs.
  • Par ailleurs, ce transfert de données constitue une modification substantielle du contrat signé à l’origine pour la fourniture d’électricité, mais cette modification n’est en aucun cas évoquée. »
Par conséquent, la Ligue des droits de l’Homme dénonce une « brutalité au changement des compteurs » et réclame « un moratoire sur le déploiement actuel », le temps que la Cnil se prononce sur ce sujet.

Des compteurs qui accompagnent le développement des énergies renouvelables

L’ADEME explique :

« ces nouveaux compteurs sont une brique nécessaire pour les gestionnaires du réseau de distribution pour mieux connaître l’état du réseau et accompagner la progression des énergies renouvelables (EnR). Le réseau électrique a historiquement été conçu pour acheminer l’électricité de points de production centralisés (centrales à combustible fossile ou nucléaire) vers les consommateurs, ce qui est en train d’évoluer avec l’arrivée des EnR décentralisées (panneaux photovoltaïques sur les toitures par exemple).

Grâce à Linky, le gestionnaire de réseau pourra plus facilement exploiter le réseau dans ce contexte, pour une meilleure qualité de service.

Linky facilite également la production d’électricité renouvelable par les particuliers : un même compteur électrique pouvant comptabiliser la consommation et la production sur un même site.

Ces nouveaux compteurs pourront également accompagner l’arrivée de plus en plus massive des véhicules électriques. Ils permettront par exemple aux propriétaires de ces véhicules de les charger au meilleur moment (par exemple la nuit ou, demain, aux heures de forte production solaire) ce qui limitera les pics de consommation sur le réseau, synonymes de plus forte émissions de CO2″.

Quid de la pertinence de l’effacement diffus et des « smart grid » ?

Au final, des études doivent encore être menées pour mesurer l’impact des campagnes d’effacement sur le confort des consommateurs d’électricité, en particulier sur l’évolution de la température du logement, pour déterminer l’origine de ces économies et évaluer leur valeur sur une année entière.

Mais d’ores et déjà, l’ADEME

« considère que l’effacement diffus présente un important potentiel en termes de gains environnemental, social et économique grâce aux diminutions des appels à la pointe, aux bénéfices d’une intégration des énergies renouvelables facilitée et aux économies d’énergies que cette technique est susceptible d’induire directement ou indirectement. »

Nous sommes plus partagés : les économies réelles ne devraient guère dépasser la dizaine d’euro par an et nous pensons que bien d’autres aménagements sont prioritaires pour diminuer la consommation électrique en période de pointe. Cela devrait notamment passer par un vaste chantier, soutenu par l’État, d’isolation des logements, mais aussi par une incitation soutenue à diminuer fortement notre consommation électrique issue des produits bruns et notamment les gadgets électroniques et électriques, souvent inutiles et multiples.[12]

Une meilleure gestion au quotidien des consommations électriques [13] peut déjà permettre de faire des économies substantielles.

Enfin, avec l’augmentation régulière du prix de l’électricité, les particuliers devraient être davantage encouragés et soutenus pour investir dans les énergies renouvelables.
Pour devenir une réalité, l’indispensable transition énergétique ne pourra se contenter de quelques mesures, coûteuses et peu efficaces.
Dans tous les cas, plus de 600 communes[14] [CARTE INTERACTIVE A CONSULTER] en France ont déjà pris des arrêtés s’opposant au déploiement du boîtier Linky.

 


Auteur

Christophe MagdelaineChristophe Magdelaine / notre-planete.info – Directeur de la publication, responsable et fondateur du site notre-planete.info, créé en 2001

Diplômé en Géographie physique (spécialité environnement) à l’Institut de Géographie de Paris et en nouvelles technologies à l’Université Paris VII Denis Diderot.

Expérience professionnelle :

  • chef de projet web / SIG
  • chef de projet et chargé d’études en environnement (changement climatique, gestion des déchets, santé et environnement)
  • enseignant à l’université : Paris I, Paris VII, La Rochelle
  • Fondateur du site Ville idéale

Centres d’intérêt

  • Sciences de la Terre / géologie
  • Sciences de la vie, biodiversité
  • Gestion des déchets
  • Animaux et végétaux
  • Photographie
  • Sport, randonnée, activités en plein air
  • Jardinage, potager
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  • Alimentation (bio / végétarisme / végétalisme / commerce équitable…)
  • Energie / énergies renouvelables
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  • Habitat écologique
  • Transports, véhicules

Végétarien passionné par l’environnement, la nature et ses multiples facettes… Attaché au respect des Hommes et du vivant sous toutes ses formes.


LIENS

  1. https://www.notre-planete.info/actualites/3245-record_froid_consommation_electricite
  2. https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2009:211:0055:0093:fr:PDF
  3. https://espace-client-particuliers.enedis.fr/web/espace-particuliers/compteur-linky
  4. https://commune.app-linky.fr/index.html
  5. https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/404
  6. https://www.ceren.fr/
  7. https://www.notre-planete.info/forums/discussion.php?id=77060
  8. https://www.notre-planete.info/forums/discussion.php?id=77060
  9. https://www.notre-planete.info/services/sondages.php#062015
  10. https://www.notre-planete.info/actualites/2838-telephone_portable_cancer
  11. https://www.ldh-france.org/linky-compteur-communicant-en-dit-beaucoup-notre-vie-privee/
  12. https://www.notre-planete.info/actualites/4224-multiplication-appareils-electroniques-foyer
  13. https://www.notre-planete.info/ecologie/eco-citoyen/eco_electricite.php
  14. https://www.poal.fr/appfree/carte-france-communes-refus-anti-non-linky.html