2806 – Conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, Moscou, le 23 mai 2018

  1. Sur la visite en Russie du Ministre mozambicain des Affaires étrangères et de la Coopération José Pacheco
  2. Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en République de Biélorussie
  3. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux « Lectures Primakov »
  4. Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la séance du Conseil des ministres des Affaires étrangères des BRICS
  5. Sur le bilan de la rencontre ministérielle du G20
  6. Sur la situation en Syrie
  7. Sur les verdicts de la Cour pénale supérieure de l’Irak contre les citoyens russes
  8. Sur la réunion de la session spéciale de la Conférence des États parties de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques
  9. Sur l’évolution de la situation au Venezuela
  10. Sur la déclaration du Président ukrainien Petro Porochenko concernant la cessation de la participation de l’Ukraine aux travaux des organes statuaires de la CEI
  11. Sur la visite en Ukraine de l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine Kurt Volker
  12. Sur les propos du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo concernant le programme nucléaire iranien 
  13. Sur une brochure des ONG norvégiennes pour les journalistes qui envisagent de couvrir la Coupe du monde de football de 2018
  14. Sur les derniers événements autour de l’affaire Skripal compte tenu de la sortie de Sergueï Skripal de l’hôpital
  15. Sur les contacts de l’Ambassade de Russie à Londres avec le Ministère britannique des Affaires étrangères concernant l' »affaire Skripal »
  16. Sur une nouvelle série d’enquêtes visant RT organisée par le régulateur médiatique britannique Ofcom
  17. Sur les informations des sources américaines concernant l’aide apportée par Washington aux talibans

RUSSIE MARIA ZAKHAROVA БрифингМВЗахаровой

1 – Sur la visite en Russie du Ministre mozambicain des Affaires étrangères et de la Coopération José Pacheco

MOZAMBIC José Pacheco, Ministre mozambicain rdrJosé Pacheco, Ministre mozambicain des Affaires étrangères et de la Coopération, se rendra en Russie pour une visite du 24 au 29 mai. Il devrait notamment diriger la délégation mozambicaine au XXIIe Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Le 28 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov devrait s’entretenir à Moscou avec son homologue mozambicain. Ils envisagent d’évoquer l’état et les perspectives du développement des relations bilatérales en mettant l’accent sur l’élargissement du partenariat économique suite à la première séance de la Commission intergouvernementale russo-mozambicaine pour la coopération économique, scientifique et technique qui a eu lieu en avril dernier à Maputo.

Nous envisageons également un échange d’opinion concernant un large éventail de questions relatives à l’agenda africain et international.

2 – Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en République de Biélorussie

Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, se rendra le 29 mai à Minsk pour une visite de travail. Il devrait s’entretenir avec son homologue biélorusse Vladimir Makeï et intervenir à l’Académie de gestion auprès du Président biélorusse.

BELARUS Le ministre des Affaires étrangères du Bélarus Vladimir Makeï www.mfa_.gov_.by__122  Le ministre des Affaires étrangères du Bélarus Vladimir Makeï 

L’agenda des négociations comprend un large éventail de questions relatives à la coopération bilatérale, notamment dans le contexte de la mise en œuvre du Programme des actions concertées dans le domaine de la politique étrangère des pays membres du Traité de création de l’Union pour la période de 2018 à 2019. Une attention spéciale sera accordée à la garantie des droits égaux des citoyens russes et biélorusses, à la formation d’un espace migratoire uni et à l’élargissement de la base juridique des relations russo-biélorusses.

Les deux ministres évoqueront le développement de la coopération dans le cadre de l’Union, de l’UEEA, de l’OTSC et de la CEI, ainsi que la concertation des efforts au sein de l’Onu, de l’OSCE et d’autres formats internationaux. Ils examineront également des problèmes globaux et régionaux relatifs aux intérêts communs.

La Russie et la Biélorussie sont partenaires stratégiques qui se prononcent pour la construction d’un système multipolaire et juste des relations internationales. Leur dialogue constructif se base sur leurs positions similaires ou concordantes concernant un large éventail de problèmes d’actualité de l’agenda international.

3 – Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux « Lectures Primakov »

Le 30 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prendra part aux travaux du Forum international scientifique et d’experts « Lectures Primakov », consacré à la mémoire d’Evguéni Primakov, académicien russe et homme d’État éminent.

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Note sans a priori — Ievgueni Maximovitch Primakov, plus souvent orthographié Evgueni Primakov (en russe : Евгений Максимович Примаков), né le à Kiev et mort le à Moscou, est un ancien président du Soviet de l’Union et président du gouvernement de la Fédération de Russie.

Les Lectures prévoient traditionnellement des interventions des scientifiques, des politiciens, des diplomates et des journalistes reconnus russes et étrangers. Le thème du forum actuel – « Les risques d’un ordre mondial instable » – est encore plus pertinent dans le contexte actuel de la transformation des relations internationales.

Les « Lectures Primakov » se dérouleront pendant deux jours au Centre du commerce international de Moscou. L’allocution du Ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov présentera sa vision des processus-clés dans l’arène internationale et les positions de la diplomatie russe sur les questions cruciales de l’agenda international.   

4 – Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la séance du Conseil des ministres des Affaires étrangères des BRICS

Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, participera le 4 juin à la rencontre des chefs des diplomaties des pays des BRICS à Pretoria.

brics 2017 - d6501474-7bdb-4f42-8b99-7f61b519f40a  De gauche à droite les ministres brésilien, russe, chinois, sud-africaine et indien des Affaires étrangères avant l’ouverture de la réunion de BRICS à Pékin le 18 juin 2017. ©Reuters 

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères des BRICS se penchera sur un large éventail de problèmes d’actualité relatifs au maintien de la paix et de la sécurité internationales, à l’économie mondiale, à la coopération et à la concertation des approches des pays membres du groupe dans le contexte compliqué de la turbulence politique globale.

Les ministres examineront en détail la situation des « points chauds », les objectifs généraux concernant la lutte contre les nouveaux défis et menaces – notamment la lutte contre le terrorisme international – et le maintien de la sécurité d’information internationale. Ils accorderont une attention particulière aux préparatifs du Xe sommet du groupe qui se déroulera du 25 au 27 juillet à Johannesburg.

L’approfondissement du partenariat stratégique au sein des BRICS est l’une des priorités de la politique étrangère de la Russie.

Depuis quelques années, cet ensemble des cinq grand pays émergents a cessé d’être un « club » pour se transformer en mécanisme à part entière de partenariat stratégique diversifié.
On organise annuellement deux sommets des leaders du groupe – une réunion principale et une rencontre en marge du sommet du G20 – ainsi que près de 100 éventements officiels, dont environ 20 se déroulent au niveau des ministres.

Il existe un large réseau de partenariat entre les cinq pays, ainsi que de contacts et de coopération entre les hommes d’affaires, les scientifiques et les représentants de la société civile.

Le groupe reste attaché

  • au principe de sécurité indivisible,

  • au renforcement de la stabilité internationale dans tous les domaines,
  • aux méthodes collectives de règlement des crises par des moyens politiques et diplomatiques,
  • à la multilatéralité,
  • au rejet des interventions militaires, des mesures économiques coercitives et unilatérales, du protectionnisme et de la concurrence malhonnête.
  • Les pays des BRICS défendent conjointement le maintien du système commercial multilatéral et du rôle de l’OMC qui constitue son fondement et l’unique plateforme universelle permettant d’élaborer les règles du commerce mondial.

Le groupe recherche conjointement de nouvelles sources de croissance.

  • Il a joué un rôle important dans la promotion de la réforme du FMI.
  • Il a créé la Nouvelle banque de développement et le Fonds commun de réserve de change visant à favoriser la modernisation de l’architecture globale de gestion et de sécurité financière.
  • Le groupe souligne la nécessité de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Accord de Paris sur le climat.

Le groupe se penche sur la consolidation et la diversification des mécanismes de coopération diversifiée, ainsi que sur la recherche novatrice de nouveaux domaines du partenariat. Les BRICS sont ouverts au monde extérieur, développement de manière cohérente leur coopération avec les ensembles d’intégration et les pays intéressés.

5 – Sur le bilan de la rencontre ministérielle du G20

Buenos Aires a accueilli le 21 mai une rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays du G20 dans le cadre des événements relatifs à la présidence argentine du groupe.

russie Alexandre Pankine. Панкин А.А.на сайтLa Russie a été représentée par le Vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Pankine.

La rencontre a souligné l’unité d’opinions concernant le caractère crucial des approches multilatérales de la résolution des problèmes globaux.

Les participants ont souligné la pertinence de ces débats dans le contexte de l’affaiblissement des institutions internationales qu’il était nécessaire d’adapter aux nouvelles exigences de la modernité.

Ils ont attiré une attention particulière sur le fait que les actions unilatérales n’avaient aucune perspective, et sur les dégâts subis par la croissance globale à cause de la hausse du protectionnisme. Ils ont également souligné l’importance des aspects sociaux de l’agenda économique et le rôle du consensus international, fixés clairement parmi les priorités de la présidence argentine et similaires aux approches russes de la coopération dans le cadre du G20.

Ils ont évoqué d’autres questions d’actualité internationale, notamment le règlement des conflits, la lutte contre le terrorisme et la corruption, la sécurité d’information internationale et la migration forcée.

Des rencontres à part entière des ministres des Affaires étrangères des pays du G20 ont été organisées par les présidences mexicaine (en 2012) et allemande (en 2017). L’échange de vues des ministres des Affaires étrangères, organisé cette année en Argentine, a également confirmé que ce forum continuait de fonctionner en tant que plateforme importante – en complément des efforts de l’Onu – de dialogue ouvert, constructif et respectueux sur un large éventail de questions économiques et politiques.

L’attention accordée par le G20 aux sujets politiques et aux conséquences des actions économiques témoigne de la hausse de l’autorité du forum et de l’importance du maintien de son potentiel de coordination.

Le Japon qui reprendra la présidence du G20 à la fin de l’année 2018, a annoncé sa volonté d’organiser la prochaine rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays du groupe du 22 au 23 novembre 2019 à Nagoya.

6 – Sur la situation en Syrie

Au cours de la semaine dernière, la situation en Syrie a poursuit une évolution dynamique. On a constaté certains changements positifs sur le terrain.

Les autorités syriennes ont obtenu des résultats considérables dans l’élimination des foyers terroristes dans les banlieues de Damas qui avaient lancé des tirs de missiles et de mortier causant des morts parmi les civils. On constate depuis 19 mai une accalmie dans le camp des réfugiés palestiniens de Yarmouk.

Les forces syriennes finalisent l’opération antiterroriste dans la banlieue voisine d’Al-Khajr Al-Asvad. Les djihadistes restants sont coincés dans un terrain de moins d’un km2, mais le grand nombre de bâtiments dans cette zone leur permet de repousser les attaques de l’armée syrienne à l’aide des tireurs d’élite et des mines.

syrie Un Solidere syrien » en préparation dans la banlieue de Damas - vastes projets immobiliers, synonymes de reconstruction du pays Un « Solidere* syrien » en préparation dans la banlieue de Damas ? Le gouvernement se lance dans de vastes projets immobiliers, synonymes de reconstruction du pays. Mais le plan est critiqué par des habitants expropriés et des chercheurs.


Les autorités syriennes rapportent le progrès des travaux de reconstruction lancés dans les quartiers de Yalda, de Babila et de Beit-Sahm – adjacents à Yarmouk – qui se trouvent complètement sous le contrôle des forces gouvernementales depuis la semaine dernière. On y rétablit rapidement l’infrastructure vitale, les postes médicaux, les écoles et les magasins en attendant le retour des civils.

La situation militaire a été stabilisée dans toute la région de Damas. Grâce aux efforts de l’armée syrienne, près de 90% de la population se trouvent actuellement sur le territoire contrôlé par le Gouvernement du pays.

On constate la reprise de l’activité des établissements publics et municipaux dans les régions récemment « pacifiées » au nord et au nord-ouest de la province de Homs. Là-bas, dans l’ancienne zone de désescalade, on reconstruit activement les lignes à haute tension grâce aux fonds importants octroyés par le budget du pays. Les habitants ont reçu le 20 mai dernier la livraison la plus importante de l’aide humanitaire envoyée par le Ministère syrien du Commerce intérieur et de la Protection des consommateurs. Certaines localités accueillent les centres de régularisation des combattants « repentis » qui veulent profiter de l’amnistie présidentielle. Plus de 3 000 personnes ont déjà bénéficié de cette procédure depuis le début du mois de mai.

A l’est de la province de Homs, on a enregistré des affrontements sporadiques entre les forces gouvernementales et les troupes de l’EI à ouest de Palmyre. Qui plus est, les témoins soulignent la présence constante des avions de la prétendue coalition antiterroriste menée par les États-Unis dans le ciel au-dessus des combats.  

7 – Sur les verdicts de la Cour pénale supérieure de l’Irak contre les citoyens russes

La Cour pénale supérieure de l’Irak a examiné le 16 mai l’affaire du citoyen russe H.Taguirov, né le 25 mai 1986, accusé de participation aux activités terroristes de l’EI. L’accusé a été condamné à la peine capitale.

Le 20 mai, la même cour a condamné à cinq ans de prison les citoyennes russes mineures M. Volkhina, née le 3 mars 2000, et Z. Arsanoukaïeva, née le 8 mars 2002, (M. Volkhina avait été mineure au moment de l’accusation), accusées de participation aux activités de l’EI. La justice prendra pourtant en considération le temps qu’elles ont déjà servi dans les établissements pénitentiaires irakiens.

Je voudrais souligner que les citoyennes russes ont été condamnées à la peine minimale établie par la législation irakienne: la punition maximale atteint 15 ans de prison.

Une autre citoyenne russe F. Davletchina, née le 30 septembre 2003, a été accusée du franchissement illégal de la frontière irakienne et du séjour sur le territoire du pays sans autorisation nécessaire. Elle a été condamnée à 9 mois de prison, compte tenu des 8 mois qu’elle avait déjà passés en détention.

IRAQ-RUSSIA-IS-JIHADISTS-TRIAL  Une photo prise le 29 avril 2018 au tribunal pénal central de Bagdad, la capitale

Selon la législation irakienne, tous ces verdicts ne sont pas finaux avant l’examen des dossiers par le tribunal d’appel au cours des six mois après l’adoption des décisions des juges.

Nous voudrions souligner que les collaborateurs de l’Ambassade russe à Bagdad ont assisté aux séances de la cour concernant les affaires des citoyens russes mentionnés et continueront de surveiller la situation afin d’assurer la protection de leurs droits et de leurs intérêts légitimes, ainsi que de prendre les mesures nécessaires dans le cadre de l’aide juridique consulaire en conformité avec les lois russes et irakiennes.

8 – Sur la réunion de la session spéciale de la Conférence des États parties de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques
Nous sommes bien informés que les USA et le Royaume-Uni, ainsi que la France, l’Allemagne, le Canada et l’Australie qui les ont rejoints, préparent une nouvelle aventure antisyrienne, y compris antirusse, au détriment de l’intégrité de la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) et de l’autorité de l’organisation internationale compétente qu’est l’OIAC.
Les « amis de la Syrie » énumérés ont lancé notamment une grande campagne dans les capitales dans le but de réunir une session spéciale de la Conférence des Etats parties (CEP) de la CIAC étant l’organe dirigeant suprême de l’OIAC.

A cet égard je voudrais rappeler qu’une seule fois les États parties ont recouru à cette démarche extraordinaire – en 2002, quand à l’initiative des USA et de leurs alliés proches cette activité a été organisée pour renvoyer de son poste le Directeur général du Secrétariat technique de l’OIAC indésirable pour Washington, le Brésilien José Bustani.

Cette fois, pour justifier cette démarche nuisible pour la CIAC et l’OIAC, qui plus est quand durant l’année de déroulement à La Haye de la CEP et de la 4e Conférence d’examen de la CIAC (novembre), sont invoquées des préoccupations qui semblent plus nobles, à savoir:

le régime global de désarmement chimique et de non-prolifération des armes chimiques est soi-disant en danger et qu’il faut le sauver d’urgence.

En réalité le sens est toujours le même, sauf qu’en l’occurrence l’attaque est dirigée contre le gouvernement de Bachar al-Assad indésirable pour Washington et ses « partisans des mêmes idées » et contre la Russie qui couvrirait ses « crimes chimiques », qui du point de vue des auteurs de cette idée assume une prétendue responsabilité, selon la version « unanime » de l’Otan et de l’UE, pour l’usage d’un prétendu « Novitchok » dans l’« affaire Skripal » inspirée par Londres.

Legacy  Signature de la Convention d’interdiction des armes chimiques, Paris, 1993.

La réalisation propre à l’Occident dans le style d’un thriller géopolitique rappelle également comme un refrain le terrorisme chimique de Daech, ainsi que l’empoisonnement du demi-frère du dirigeant nord-coréen à l’aéroport de Kuala Lumpur.
  • En un mot, le sens de la future mise en scène sur la plateforme de l’OIAC est si évident qu’on se demande – est-ce que les initiateurs de cette aventure ont vraiment cru à leur exclusivité, infaillibilité et permissivité qu’ils ne comprennent plus toute la nuisibilité de leurs actions pour les mécanismes existants dans le secteur de l’interdiction des armes chimiques?
  • Ou l’aspiration à stopper à tout prix le processus objectif de formation de l’ordre mondial multipolaire ne laisse simplement pas la possibilité pour une approche analytique et les États mentionnés ont perdu leur orientation dans l’espace géopolitique évolutif?
Nous sommes convaincus que la grande majorité d’États parties de la CIAC savent parfaitement le fond des idées de ces six pays qui ont pour but d’attribuer à la mission spéciale de l’OIAC pour l’établissement des faits d’utilisation des armes chimiques en Syrie des fonctions attributives imprévues par la Convention pour déterminer les coupables de ce genre de crimes.
En d’autres termes, pour « cloner » dans le cadre de la nature purement technique de l’OIAC l’ancien Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-Onu qui s’est, malheureusement, discrédité.
A notre plus grand regret, jusqu’en novembre 2017 ce mécanisme remplissait avec obéissance la commande politique de l’Occident
pour diaboliser le gouvernement de Bachar al-Assad en l’accusant sans preuves d’être responsable des provocations interminables avec l’usage de produits chimiques toxiques et d’armes chimiques mises en scène par l’opposition armée syrienne et les ONG affiliées comme les fameux Casques blancs.
Nous espérons qu’en dépit de la pression sans précédent (nous avons des preuves de cela) et le chantage flagrant les États parties de la CIAC se distanceront de ce projet politique « novateur » en termes d’approche de la Convention et de l’OIAC lourd de conséquences irréversibles pour le régime global de désarmement chimique et de non-prolifération des armes chimiques qui s’est établi et fonctionnait avec succès pendant plusieurs décennies en dépit des turbulences politiques.
9 – Sur l’évolution de la situation au Venezuela

On nous demande de commenter l’évolution de la situation au Venezuela après l’élection présidentielle du 20 mai qui a été remportée par le chef de l’État sortant Nicolas Maduro.

Nous avons déjà publié un commentaire à ce sujet. Je voudrais reprendre les thèses principales de notre approche et répondre à nouveau aux questions reçues.

Nous partons du fait que l’élection a eu lieu. Telle était la volonté des Vénézuéliens qui, montrant leur attachement à la procédure démocratique du vote, sont venus dans les bureaux de vote. Il faut respecter cette volonté exprimée conformément à la loi. C’est la démocratie.

Supporters of Venezuela's President Nicolas Maduro hold placards with his image as they attend a campaign rally in Caracas

Bien sûr, l’élection en soi n’est pas une solution aux problèmes auxquels le Venezuela fait face.

La situation socioéconomique a besoin d’être radicalement redressée.
Pour parvenir au progrès dans ce domaine il faut unir les efforts de toutes les couches constructives de la société vénézuélienne, y compris ceux qui ne partagent pas la ligne politique du gouvernement actuel.
La situation a atteint un stade où l’on ne peut plus séparer le peuple en « bons » et « mauvais ». Il faut relancer le dialogue national.
Sur ce fond les déclarations publiques officielles de plusieurs pays concernant la « démocratie » du processus électoral au Venezuela, le refus de reconnaître le vote et leurs démarches pour fermer les contacts diplomatiques sont contreproductifs et mènent vers une impasse.
Les décisions de Washington de décréter des sanctions unilatérales contre le Venezuela et son système financier paraissent absolument hypocrites: car en prétendant de « sanctionner » certains politiciens les mesures prises visent à bloquer les canaux et les sources de financement extérieur en provoquant ainsi l’aggravation de la situation économique déjà difficile du pays dans l’ensemble et les conditions de vie des Vénézuéliens ordinaires.
La Russie s’oppose absolument aux mesures de restriction arbitraires et illégales, à l’embargo et aux sanctions décrétées contre les États souverains en contournant la Charte de l’Onu. En ce qui concerne le Venezuela nous analyserons dans quelle mesure elles pourraient se refléter sur la réalisation de projets économiques concrets avec ce pays.
Par ailleurs, nous voudrions clairement mettre en garde contre le danger de formation autour du Venezuela de la situation de « forteresse assiégée ». Nous pensons que c’est impossible dans cette situation. Caracas est un membre respecté de la communauté internationale et leader du Mouvement des non-alignés.

Pour ma part je peux rappeler les propos du Président russe Vladimir Poutine qui a noté dans son télégramme adressé à Nicolas Maduro la disposition de la Russie à poursuivre le travail conjoint sur l’agenda bilatéral et international pour développer les relations de partenariat stratégique qui existent entre la Russie et le Venezuela.

 

10 – Sur la déclaration du Président ukrainien Petro Porochenko concernant la cessation de la participation de l’Ukraine aux travaux des organes statuaires de la CEI

Nous avons constaté les propos du Président ukrainien Petro Porochenko concernant la cessation de la participation de Kiev aux travaux des organes statuaires de la Communauté des États indépendants et la fermeture de l’ambassade ukrainienne auprès de l’Organisation.

Ukrainian President Petro Poroshenko in Sweden

Dans ce contexte, nous voudrions souligner la chose suivante.

La participation des États aux activités de la Communauté est volontaire: chacun définit lui-même sa position sur cette question. Comme la coopération dans le cadre de la CEI est mutuellement avantageuse, tous les partenaires ont intérêt à conserver les liens de l’Ukraine avec cet ensemble d’intégration.
Dans tous les cas, Kiev a pratiquement arrêté sa participation aux travaux de la Communauté il y a quelques années.

Suite au coup d’État de 2014,

  • l’Ukraine a renoncé aux fonctions de la présidence de l’organisation,
  • a rappelé son ambassadeur auprès de la CEI,
  • n’a signé aucune décision des organes suprêmes de la CEI
  • a réduit au minimum sa participation aux séances.

Qui plus, depuis le début de la présidence russe en 2017,

  • elle a tout simplement cessé d’envoyer ses représentants aux sommets et aux réunions du haut niveau.

Qui plus est, l’Ukraine n’a pas depuis un peu plus de quatre ans

  • versé un sou au budget uni des organes de la CEI ce qui a provoqué des difficultés financières considérables dans le travail de l’Organisation.
  • Aujourd’hui, le volume total des fonds impayés par l’Ukraine se chiffre à plus de 300 millions de roubles.

C’est pourquoi, on ne peut pas depuis longtemps parler de la « participation de Kiev aux travaux des organes statutaires de la CEI » que le Président ukrainien Petro Porochenko envisage de cesser.

La décision mentionnée des autorités ukrainiennes se limite en pratique à la fermeture de l’ambassade du pays auprès du siège de la CEI à Minsk et au rappel des deux diplomates assurant le travail de cette mission.

Quant à la volonté annoncée de Kiev de lancer la procédure formelle de sa sortie de la CEI, en cas d’approche civilisée, ce processus devrait prendre du temps, environ un an.

 

Nous considérons les propos du Président ukrainien comme un nouvel acte ostentatoire visant à impressionner ses tuteurs occidentaux.

C’est dommage que ces actions manifestement politisées de Kiev fassent souffrir les Ukrainiens ordinaires à qui on présente la sortie de la CEI comme le seul moyen de progresser vers l’objectif si désiré: l’intégration à l’Union européenne.

Il est à noter que la CEI n’a en aucune façon empêché l’Ukraine de le faire. Juste au contraire, les ressources de la coopération régionale dans le cadre de l’Organisation non seulement renforceraient, selon nous, le potentiel intérieur du pays, mais aussi consolideraient son économie et favoriseraient la lutte contre la corruption.

Les autorités ukrainiennes actuelles ignorent visiblement ce fait et se laissent guider par le dessein géopolitique des stratèges qui avaient été derrière les événements en Ukraine: couper les liens du pays avec la Russie et la CEI.

 

11 – Sur la visite en Ukraine de l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine Kurt Volker

Kurt Volker, envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine, s’est récemment rendu encore une fois en Ukraine. Il a mené une nouvelle « inspection » du Donbass pour, selon lui, « observer la situation sur le terrain et examiner la crise humanitaire dans le Donbass ».

USA UKRAINE Volker  Kurt Volker, envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine

Malheureusement, au lieu d’exiger que Kiev cesse l’escalade des tensions militaires et de rappeler aux autorités ukrainiennes la nécessité d’accomplir leurs engagements dans le cadre des accords de Minsk, Kurt Volker a, comme d’habitude, tenu plusieurs propos odieux.

Cela concerne notamment le refus de l’envoyé américain de reconnaître l’existence-même des républiques du Donbass: cela signifie

  • soit qu’il n’a pas lu les accords de Minsk,
  • soit qu’il refuse d’accepter une évidence, c’est-à-dire les signatures des représentants de Donetsk et de Lougansk sous ce texte.

Sans dialogue direct avec ces derniers il est tout simplement impossible d’obtenir des progrès dans le règlement du conflit, fût-ce une initiative politique et sécuritaire ou une discussion concernant la présence des forces de l’Onu dans la région.

En encourageant les positions militaristes de Kiev et en promouvant ouvertement l’idée des livraisons d’armes létales en Ukraine – cela ne favorisera en aucune façon une résolution pacifique de la situation – Kurt Volker non seulement jette de l’huile sur le feu, mais aussi s’associe à un des belligérants.

Cela met en cause son prétendu rôle d’intermédiaire dans le règlement de la crise ukrainienne. Ce n’est pas visiblement par hasard que le départ de l’hôte américain a été suivi par l’intensification des provocations militaires de l’armée ukrainienne près de la station d’épuration de Donetsk, à Gorlovka et dans plusieurs autres localités. Kiev considère le soutien de ses actions par Kurt Volker comme une indulgence pour de nouvelles aventures militaires.

Nous sommes certains que le conflit militaire du Donbass n’a pas de solution militaire.

Il peut et doit être réglé par les moyens pacifiques sur la base des accords de Minsk.

Il est évident que ces représentants occidentaux qui font des « inspections » en Ukraine, doivent rappeler plus souvent à Kiev la nécessité de la mise en œuvre scrupuleuse des accords.

 

12 – Sur les propos du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo concernant le programme nucléaire iranien 

Nous sommes préoccupés par la campagne anti-iranienne qui prend rapidement de l’ampleur à Washington.

  • Il semble que les États-Unis aient définitivement choisi la politique d’ultimatums et de menaces envers l’Iran.
  • Cela contredit manifestement l’esprit du Plan d’action global conjoint sur le programme nucléaire iranien et dépasse les limites des relations interétatiques normales.
  • L’administration américaine a non seulement quitté cet accord en violation des normes internationales, mais aussi pose actuellement des conditions à priori inacceptables pour Téhéran.

Nous sommes pourtant dans une certaine mesure encouragés par la déclaration faite le même jour par Federica Mogherini, coordinatrice du Plan d’action et Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

ue Federica Mogherini AFFAIRES ETRANGERES moghe  Federica Mogherini AFFAIRES ETRANGERES DE L’UE

On ressent la volonté des autres participants de conserver l’accord.

Nous poursuivrons le travail nécessaire en ce sens. Il est à noter que l’Iran respecte infailliblement ses engagements. Ce fait est régulièrement confirmé par l’AIEA.

Les questions relatives à l’avenir du Plan d’action seront évoquées par la prochaine séance de la Commission conjointe qui se déroulera le 25 mai à Vienne, pour la première fois sans les États-Unis.

Nous n’avons jamais soutenu et ne soutiendrons pas la politique de sanctions unilatérales, car nous sommes persuadés de leur caractère illégitime.

Nous envisageons de développer notre coopération diversifiée avec l’Iran.

 

13 – Sur une brochure des ONG norvégiennes pour les journalistes qui envisagent de couvrir la Coupe du monde de football de 2018

Nos partenaires étrangers ne peuvent visiblement pas laisser tranquille la Coupe du monde de football qui se déroulera en Russie cet été.

FIFA RUSSIE generic

Nous sommes fascinés par ces brochures, ces recommandations et ces avertissements qui sont régulièrement publiés dans tel ou tel pays par les ONG qui représentent prétendument la société civile, mais sont en réalités financées par les États. Je vais vous citer aujourd’hui un exemple concret.

Il s’agit de recommandations fantaisistes. J’ai surtout aimé un conseil argentin de craindre les femmes jolies en Fédération de Russie. L’Ukraine affirme traditionnellement qu’on kidnappe les gens en Russie. Les Ukrainiens n’ont visiblement pas peur des femmes jolies – Dieu merci – mais beaucoup de politiciens se sont fait connaître par des annonces de répressions politiques imaginées. Malheureusement, la Grande-Bretagne a rédigé toute une liste de recommandations concernant la consommation d’alcool par les supporteurs britanniques lors de la Coupe du monde de football. On affirme notamment qu’il vaut mieux ne pas tenter de boire les mêmes quantités que les Russes. Il s’agit d’un bon travail propagandiste utilisant tous les moyens possibles et impossibles pour faire peur aux gens ou les dissuader du voyage en Russie. A mon avis, les citoyens se sont déjà habitués aux débats et à la bataille d’information qu’ils constatent. Ils envisagent de se rendre en Russie et préparent en masse les documents nécessaires.

Nous avons remarqué une brochure rédigée par le Comité d’Helsinki de Norvège à l’aide de certaines autres ONG norvégiennes et destinée aux journalistes qui envisagent de couvrir la Coupe du monde de football en Russie.

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A première vue, il s’agit d’une initiative utile qui devrait aider beaucoup d’observateurs sportifs à se préparer pour l’événement le plus important du monde de football de ces quatre années. Elle s’est transformée en réalité en nouveau texte absolument russophobe et constitue un manuel pratique pour les médias en ce qui concerne le dénigrement de la Russie et la discréditation de la future Coupe du monde. Ce « guide » (Handbook for journalists covering the 2018 World Cup in Russia) comprend un nombre de stéréotypes antirusses classiques qui n’ont rien à voir avec le journalisme sportif. L’élément-clé de la présentation de la brochure est un fil de fer barbelé devant les stades. Cela dépasse toutes les limites étiques et acceptables. Il s’agit des journalistes qui doivent porter un regard objectif. A quoi bon donc se consacrer à une activité si terrible?

Qui plus est, nous constatons avec perplexité que les publications de ce genre sont non seulement tolérées par les autorités norvégiennes, mais aussi reçoivent un soutien financier considérable de leur part: le financement du Comité d’Helsinki de Norvège par le Ministère norvégien des Affaires étrangères a atteint 4,3 millions de dollars en 2018. Ces fonds servent à publier des brochures présentant les stades couverts par un fil de fer barbelé, qu’on présente comme un ouvrage de référence sérieux concernant la Fédération de Russie et les futures compétitions.

Nous considérons cette publication comme une nouvelle initiative hostile norvégienne dans le cadre de la campagne d’information antirusse de l’Occident.

Nous espérons pourtant que le bon sens, l’objectivité et le professionnalisme journalistique réussiront à prendre le dessus, et que les lecteurs et les spectateurs norvégiens auront la possibilité d’admirer pleinement la beauté de la fête principale de football.

Qui plus est, cette approche pourrait avoir un élément positif:

  • plus fortes sont les tentatives de faire peur aux citoyens et de promouvoir la propagande antirusse avant la Coupe du monde de football,
  • plus étonnés seront les gens par l’absence des barbelés autour des stades et par cette volonté de les terrifier par la beauté prétendument séduisante et fatale des femmes russes.

Nous faisons chaque jour face aux initiatives similaires.

 

14 – Sur les derniers événements autour de l’affaire Skripal compte tenu de la sortie de Sergueï Skripal de l’hôpital

Nous continuons de faire une attention particulière au développement de l’affaire Skripal.

angleterre FE76890C-30C1-47AE-ADE5-F06A1953110D-e1526639946522  Sergueï Skripal

Les dernières actualités liées aux informations des médias concernant la sortie de Sergueï Skripal de l’hôpital de Salisbury, ainsi que notre attitude envers l’enquête sur cet incident menée par les Britanniques ont été évoquées de manière exhaustive par le Président russe Vladimir Poutine lors de sa conférence de presse conjointe avec la Chancelière allemande Angela Merkel le 18 mai dernier à Sotchi.

Nous voudrions également souligner le caractère inacceptable de la situation, où les représentants officiels des structures publiques russes et les proches des victimes apprennent les nouvelles grâce aux médias au lieu de recevoir toutes les informations nécessaires de la part des autorités britanniques via les canaux juridiques établis. Nous continuons d’exiger avec insistance que la Grande-Bretagne accomplisse ses engagements en matière de droit international en ce qui concerne l’accès consulaire à Sergueï et Ioulia Skripal. Il nous est important de nous convaincre du bon état de nos citoyens, d’établir qu’ils ne sont pas isolés ou détenus de manière forcée. L’accès personnel est, selon nous, absolument indispensable, car nous n’avons plus aucune envie de croire sur parole les responsables britanniques. C’est tout simplement impossible compte tenu des révélations régulières de leurs fake news et des désaveux de leurs déclarations, non seulement par la Russie, mais aussi par d’autres pays et structures. Cela concerne notamment beaucoup de structures britanniques.

 

15 – Sur les contacts de l’Ambassade de Russie à Londres avec le Ministère britannique des Affaires étrangères concernant l' »affaire Skripal »

Je peux confirmer également que les autorités britanniques refusent le contact avec les représentants russes sur les questions relatives à l' »affaire Skripal », au sort des citoyens russes qui auraient été touchés dans l’attaque.

BRITAIN-RUSSIA-SUNSTANCE-SKRIPAL  Youlia Skripal,

Malheureusement, nous sommes contraints de parler toujours au conditionnel en utilisant les termes « soi-disant » et « prétendu » dans le contexte de l’empoisonnement, de l’« affaire Skripal ». Parce que jusqu’à présent nous n’avons pas la moindre idée de ce qui s’est réellement passés’il s’agissait d’une attaque, d’un attentat, d’une mise en scène, d’une provocation. De quelle manière et comment a-t-on attenté ou non à la vie des citoyens russes.

Nous avons affaire à un fait qui est clair et prouvé par la Russie: depuis deux mois on nous refuse l’accès aux citoyens russes.

D’une manière ou d’une autre les citoyens russes sont maintenus hors contact, peut-être par la force, par le Royaume-Uni dans un endroit inconnu et dans un état inconnu. Il est possible également qu’ils soient tenus à l’écart des médias.

Nous n’avons pas la moindre idée de leur état Ces faits sont confirmés.

Rien n’empêchait Londres d’accorder un accès aux citoyens russes pour les représentants russes, et rien n’empêchait ni empêche, depuis qu’il a été annoncé qu’Ioulia Skripal se sent bien, de lui permettre de faire une déclaration, d’organiser une communication avec les médias.

  • Plus cette situation perdure quand on refuse l’accès aux Skripal aux représentants russes officiels et aux médias,

  • plus ils sont retenus, plus de questions se posent concernant le travail des services spéciaux britanniques avec eux.

Je répète, deux mois se sont écoulés. Personne n’a vu ces individus. Tout peut arriver aux individus dans ces conditions et circonstances en deux mois, y compris leur état physique, moral et psychologique.

La Russie est préoccupée par l’état de santé et la situation des citoyens russes. Notre Ambassade à Londres continue d’exiger du Foreign Office des réponses substantielles sur le fond de tous les aspects de la situation.

Malheureusement, hormis des réponses bureaucratiques nous recevons du Ministère britannique des Affaires étrangères des réponses pas du tout diplomatiques.

USA Alan Duncan indexAinsi, récemment le Secrétaire d’État pour l’Europe et l’Amérique Alan Duncan a écrit à notre Ambassadeur une lettre qui ne fait que déformer les faits sur l' »affaire Skripal » en utilisant une rhétorique contreproductive et même moqueuse.

Comme quoi la Russie aurait sciemment avancé une multitude de versions pour emmêler l’affaire et en accuser Londres. Nous savons parfaitement que le Secrétaire d’État a préféré ignorer notre déclaration claire et nette que la Russie n’a rien à voir dans cette situation. De plus, apparemment le Secrétaire d’État pour l’Europe et l’Amérique Alan Duncan ne lit pas les médias britanniques où apparaissent des dizaines de versions des faits précisément à partir des fuites des organes publics britanniques.

Bien évidemment, nous n’avons pas laissé passer cette attaque du Foreign Office.

Dans notre réponse nous avons souligné que le vide de l’information intentionnellement créé par les services et les autorités britanniques autour de la situation réelle de Sergueï et Ioulia Skripal engendrait le débat sur de nombreuses versions dans les médias, ainsi c’est bien Londres qui emmêle sciemment la situation.

Nous avons également envoyé au Foreign Office la liste des versions figurant dans l’espace médiatique britannique concernant l’incident de Salisbury, ainsi que la liste complète des requêtes de l’Ambassade concernant l' »affaire Skripal » qui ont été pour la plupart laissées sans réponse par les Britanniques (plus de 40 notes ont déjà été envoyées avec près de 60 questions: aucune réponse n’a été donnée à 40 questions, des réponses bureaucratiques ont été données à 20 notes). Nous publions ces informations sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Quant à l’établissement de la vérité, visiblement le Royaume-Uni n’y parvient pas du tout.

  • Des statistiques intéressantes sont parues récemment indiquant que dans l’enquête sur l’incident de Salisbury participent plus de 250 collaborateurs de la police antiterroriste et plus de 160 hommes de la police du comté de Wiltshire.
  • En outre, ils analysent plus de 5 000 heures d’enregistrements des caméras de surveillance, ils ont saisi plus de 1 350 preuves matérielles et interrogent près de 500 témoins.

Tout cela signifie seulement qu’en dépit du grand travail effectué la police britannique ne parvient pas à appuyer avec des preuves la version du crime politiquement imposée par le gouvernement britannique.

Il existe également d’autres chiffres.

Se référant à la déclaration du chef de la police du comté de Wiltshire Kier Pritchard, on rapporte que près de 100 policiers, lui-même y compris, ont dû recourir aux services des psychologues après l’incident de Salisbury. Les policiers se plaignaient de « désorientation » et d‘ »anxiété ». Il reste à savoir s’il s’agit d’un effet secondaire du « Novitchok ».

 

16 – Sur une nouvelle série d’enquêtes visant RT organisée par le régulateur médiatique britannique Ofcom

Nous ne pouvions pas passer à côté de la déclaration du régulateur médiatique britannique Ofcom concernant l’ouverture de trois nouvelles enquêtes visant la chaîne Russia Today (RT) suite à une prétendue violation par la chaîne du code de diffusion, ainsi que des conditions de licence.

ANGLETERRE Le communiqué d'Ofcom RT 1034760285  Au Royaume-Uni, le régulateur des médias, Ofcom, a fait savoir qu’il avait lancé de nouvelles enquêtes sur des émissions de la chaîne russe RT.
Le communiqué d’Ofcom indique que les enquêtes ont été ouvertes suite à l’éventuelle violation des normes établies pour les radios et les chaînes par le contenu de deux journaux télévisés de RT sortis le 26 avril et le 4 mai, et par l’émission sociopolitique Crosstalk du 20 avril. Sans prendre la peine d’expliquer le fond des réclamations pour le contenu des émissions.
Je voudrais rappeler qu’après les événements de Salisbury, en avril, le régulateur britannique avait déjà ouvert sept enquêtes similaires visant la chaîne russe en l’accusant à l’époque d’enfreindre l’objectivité concernant l' »affaire Skripal ». Visiblement l’objectivité des médias britanniques ne préoccupe ni le Secrétaire d’Etat ni Ofcom. C’est étonnant.
  • De quelle objectivité des journaux et des chaînes britanniques peut-on parler?
Seulement quelques médias britanniques voulaient montrer une image plus ou moins diversifiée en incluant des commentaires de la partie russe, et ainsi de suite. Et même se poser la question:
  • que s’est-il réellement passé?

Le reste, c’est du mainstream.

Nous ne doutons pas du tout qu’il s’agit clairement d’une nouvelle tentative du régulateur britannique de restreindre l’activité de nos médias au Royaume-Uni qui publient des informations indésirables pour Londres, sous prétexte de non-conformité avec les « normes », tandis que ces actions s’inscrivent organiquement dans le canevas général de la campagne antirusse lancée au Royaume-Uni.

Je peux confirmer que la réponse à tout ce spectacle et à son résultat sera ferme.

Les autorités compétentes de notre pays ont commencé à étudier de près le contenu des médias britanniques diffusé en Russie.

Ce n’est pas notre choix. Nous ne l’avons jamais fait.

En cas de publication par les médias britanniques de fausses informations, de déformation des faits, de jeu à la propagande nous préférions sortir devant vous pour en parler à la tribune et publier des informations. Nous n’avons jamais utilisé les mesures utilisées notamment vis-à-vis de nos journalistes par Londres comme l’un des plus fervents combattants contre les médias russes. Nous répondrons dans le même esprit.

 

17 – Sur les informations des sources américaines concernant l’aide apportée par Washington aux talibans

 Nous avons remarqué la publication du chercheur américain Michael Hughes du Centre Woodrow Wilson de Washington (Hughes М. U.S. Extends «Blame Russia» Strategy to Afghanistan//Afghan Online Press, 2018, April 1). À partir d’information du Pentagone et d’autres documents l’auteur arrive à la conclusion que de facto en Afghanistan les États-Unis apportent une aide à leur ennemi – les talibans, car ce sont les talibans qui bénéficient d’une grande partie de l’aide allouée par les USA à l’État afghan.

Ainsi, le Pentagone n’est pas certain que les 3,1 milliards de dollars alloués à Kaboul en 2014 et 2017 pour le renforcement des forces de sécurité nationales ont été dûment dépensés. Il est souligné que les forces afghanes pratiquent le déclassement anticipé des biens militaires – munitions, carburant, véhicules.

Le commandement américain constate la disparition de 95 000 véhicules transmis à l’Afghanistan en 2005. Je me souviens comment les médias américains et britanniques comptaient minutieusement les chars qui circulaient soi-disant sur la frontière russo-ukrainienne. Personne ne les a vus, mais ils en parlaient constamment. Alors qu’en 2016, un rapport du Pentagone annonçait la perte de presque 1,5 million d’armes d’infanterie allouées à l’Irak et à l’Afghanistan. Le Pentagone a supposé que ces armes auraient pu se retrouver entre les mains des talibans ou de Daech.

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Michael Hughes se réfère à l’investigation du journaliste Douglas Wissing (Funding the Enemy: How U.S. Taxpayers Bankroll the Taliban, 2012) qui a calculé que les talibans s’appropriaient annuellement jusqu’à 1 milliard de dollars de l’aide américaine destinée à l’Afghanistan. L’argent « fuit » des fondations mal contrôlées créées dans ce pays par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

En réunissant ces informations l’auteur conclut que l’aide américaine détournée ces dernières années a été l’une des principales sources des talibans pour obtenir des équipements militaires modernes et certains fonds financiers.

Après quoi les accusations périodiques des représentants américains officiels que la Russie soutiendrait les talibans avec des armes et de l’argent paraissent très étranges.

RUSSIE MARIA ZAKHAROVA БрифингМВЗахаровой  Maria Zakharova

A suivre…


source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3231268