2790 – Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Kertch, 16 mai 2018

  1. Sur la visite de travail du Ministre mongol des Affaires étrangères Damdin Tsogtbaatar en Russie
  2. Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères par intérim Sergueï Lavrov avec la Ministre équatorienne des Affaires étrangères Maria Fernanda Espinosa
  3. Sur l’évolution de la situation en Syrie
  4. Sur le « freinage », par Washington, des poursuites pénales visant les membres de Daech capturés en Syrie par la coalition
  5. Sur le déroulement de l’enquête concernant l’usage supposé de l’arme chimique à Douma
  6. Sur l’évolution de la situation en territoire palestinien
  7. Sur la situation sur la péninsule coréenne
  8. Sur la situation en Indonésie concernant la série d’attentats à Surabaya
  9. Sur la nouvelle doctrine nationale de « sécurité hybride » du gouvernement britannique et son application à l' »affaire Skripal »
  10. Sur les nouvelles fuites et incohérences dans les médias britanniques concernant l' »affaire Skripal »
  11. Sur le refus d’accès consulaire à Sergueï et Ioulia Skripal

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Bonjour, chers confrères,

Nous commençons notre conférence de presse, qui se tient aujourd’hui exceptionnellement en Crimée dans la ville de Kertch.

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Je viens de traverser le pont de Crimée parmi les premiers chanceux qui ont pu le faire. Nous nous sommes préparés cette nuit pour nous placer dans la première colonne de voitures de la file d’attente parce que beaucoup de monde voulait être présent. C’était une véritable fête. C’est surprenant. Il y avait des gens de tout âge, avec des enfants, tout le monde se félicitait. Il y avait des retraités, des motards, des jeunes, des gens directement liés à Anapa, à Kertch, à la Crimée et à la Russie. C’est une construction étonnante, très imposante. On est impressionné par la quantité de travail abattu dans des délais aussi réduits.

Nous parlerons un peu plus tard aujourd’hui du miracle criméen. Je voudrais commencer par la rubrique traditionnelle: le calendrier de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères.

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Sur la visite de travail du Ministre mongol des Affaires étrangères Damdin Tsogtbaatar en Russie

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 Aujourd’hui et demain, le Ministre mongol des Affaires étrangères Damdin Tsogtbaatar effectue une visite de travail en Russie. Il s’agit de la première visite officielle en Russie du Ministre des Affaires étrangères de ce pays depuis la formation du nouveau gouvernement mongol en octobre 2017.

Un entretien des chefs de diplomatie est prévu. Les interlocuteurs évoqueront l’état et les perspectives du développement des relations russo-mongoles dans le contexte de la mise en œuvre du Programme de développement du partenariat stratégique à moyen terme entre la Russie et la Mongolie, signé pendant la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Oulan-Bator en avril 2016.

Les interlocuteurs échangeront leurs avis sur les problèmes régionaux et internationaux d’actualité, les thèmes centraux de la coopération russo-mongole au sein des principaux formats multilatéraux tels que l’Onu, l’OCS ou encore le Forum régional de l’ANASE pour la sécurité.

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Sur l’entretien du Ministre russe des Affaires étrangères par intérim Sergueï Lavrov avec la Ministre équatorienne des Affaires étrangères Maria Fernanda Espinosa

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 Maria Fernanda Espinosa.& Sergueï Lavrov

Jeudi 17 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères par intérim Sergueï Lavrov s’entretiendra avec la Ministre équatorienne des Affaires étrangères Maria Fernanda Espinosa.

Je voudrais rappeler que l’Équateur est un ami de longue date et un partenaire stratégique fiable de la Russie en Amérique latine. Les relations entre nos deux pays se caractérisent par des sentiments réciproques de respect et de sympathie, un niveau d’entente élevé, et la proximité des approches d’un large éventail de sujets internationaux. Pendant cet entretien seront évoquées les questions bilatérales de coopération dans le domaine commercial, économique et socioculturel. Une attention particulière sera également portée à l’élargissement de la base juridico-contractuelle de nos relations.

Les questions internationales occuperont une place importante pendant les pourparlers. La Russie et l’Équateur partagent une vision commune des thèmes centraux de l’agenda mondial. Nous prônons continuellement la formation d’un ordre mondial démocratique plus juste basé sur la primauté du droit international avec un rôle central de l’Onu, et la recherche coordonnée de solutions face aux risques et défis de notre époque.

Les ministres échangeront en détail leurs avis sur la situation dans certains pays d’Amérique latine et des Caraïbes.

Comme toujours, nous vous informerons rapidement des activités supplémentaires qui s’ajouteront au calendrier du Ministère des Affaires étrangères.

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Sur l’évolution de la situation en Syrie

Ces derniers temps, la situation en Syrie reste complexe. A Damas continue l’opération pour libérer les quartiers et les banlieues sud de la capitale des terroristes de Daech. Les quartiers Yalda, Babila et Beït-Sakhm sont entièrement passés sous le contrôle des autorités syriennes.

syrie Environ 3200 combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) et leurs familles sont concernés par l'accord permettant cette évacuation. topelement   Environ 3200 combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) et leurs familles sont concernés par l’accord permettant cette évacuation. 

Dans le même temps, dans les banlieues est et sud-est de Damas, s’est déroulée l’évacuation de combattants de l’Armée syrienne libre et des membres de leur famille.

Les forces gouvernementales et la milice palestinienne, soutenues par l’aviation et l’artillerie, ont poursuivi la bataille contre les groupes armés illégaux dans le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk. Les terroristes ont riposté en tirant plusieurs obus contre les quartiers résidentiels au nord-est du camp, faisant des dizaines de blessés parmi les civils. En une semaine, le territoire occupé par les groupes armés illégaux à Yarmouk s’est nettement réduit.

Dans la Ghouta orientale, près de 65 000 habitants évacués plus tôt sont revenus dans leur foyer.

Dans la province de Deir ez-Zor a également progressé l’offensive de l’armée gouvernementale syrienne contre les positions de Daech, qui a subi des pertes significatives en personnel et en matériel. Les militaires syriens ont annoncé avoir nettoyé un territoire de 1 500 km².

Dans le centre administratif de la province de Deraa, plusieurs habitants ont été blessés après un tir d’obus des combattants de l’Armée syrienne libre.

A l’est du pays se déroule une grande opération pour éliminer Daech. L’objectif consiste à défaire complètement les terroristes basés dans les régions désertes difficiles d’accès en Syrie, qui ont intensifié leurs attaques contre les forces gouvernementales près de l’Euphrate et dans la province de Homs.

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Sur le « freinage », par Washington, des poursuites pénales visant les membres de Daech capturés en Syrie par la coalition

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 Nous remarquons que l’administration américaine passe sous silence la situation autour des milliers de combattants terroristes étrangers capturés près de l’Euphrate par la coalition menée par les USA et les Forces démocratiques syriennes (FDS) kurdes. Nous sommes également moyennement convaincus par la thèse sur la prétendue impossibilité de convenir avec les pays d’origine des combattants de la procédure de transfert et des paramètres d’aide juridique.

Apparemment, ce « vide juridique » est créé intentionnellement. Il est appelé à voiler le véritable objectif: éviter aux combattants d’avoir à porter la responsabilité de leurs actes. En dépit des preuves d’implication dans des activités terroristes, aucun chef d’inculpation n’est avancé. Aucune enquête n’est menée. C’est révélateur.

Selon nos informations, il est question de 2 000 à 3 000 combattants essentiellement originaires d’Europe, des pays arabes et de la CEI.

Les « mesures de coercition » se limitent uniquement à la restriction de leur liberté de circulation. Dans le même temps, ils reçoivent trois repas par jour, des services médicaux et des conditions pour se maintenir en forme physique.

A l’approche du « retrait prochain » des Américains de Syrie, annoncé par le Président américain Donald Trump, se dessinent des risques élevés de réanimation du « califat » dans la région de l’Euphrate selon le « modèle » irakien quand, après un retrait hâtif du contingent américain en 2011, le groupe Daech est apparu de facto.

En épargnant les combattants mentionnés, en leur évitant toute poursuite pénale, l’administration américaine couvre, au fond, leur activité criminelle. Je voudrais attirer l’attention sur la nécessité d’appliquer le principe d’irréversibilité de la punition des terroristes appréhendés pour les crimes commis conformément à l’approche « extrader ou poursuivre » (aut dedere aut judicare). Nous trouvons absolument inadmissibles les manipulations des objectifs antiterroristes pour mettre en œuvre une approche « deux poids deux mesures » à des fins géopolitiques.

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Sur le déroulement de l’enquête concernant l’usage supposé de l’arme chimique à Douma

OIAC La Coordinatrice spéciale de la Mission conjointe de l'OIAC et de l'ONU, Sigrid Kaag. image1170x530cropped  La Coordinatrice spéciale de la Mission conjointe de l’OIAC et de l’ONU, Sigrid Kaag.

 La Mission de l’OIAC pour l’établissement des faits sur les cas d’usage de l’arme chimique en Syrie poursuit l’examen, demandé par les autorités syriennes, de toutes les circonstances liées à l’incident chimique mis en scène par les « Casques blancs » à Douma ce 7 avril.

Avec les garanties de sécurité données par Damas et la police militaire russe, les spécialistes de la Mission se sont rendus plusieurs fois à Damas pour visiter les lieux désignés par les experts de l’OIAC. Tel que le prescrit la Convention sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC) et les normes de l’OIAC, ils ont prélevé eux-mêmes des échantillons pour analyser la présence de substances toxiques, interrogé les témoins, et d’autres activités spéciales ont été menées.

Les échantillons et d’autres preuves matérielles ont été transportés à La Haye pour une étude en laboratoire qui demandera près de 2-3 semaines. Les conclusions sur les résultats finaux de la Mission à Douma ne pourront pas être tirées avant fin mai quand sera rendu public le rapport de la Mission.

En fait, pour la première fois depuis sa formation, la Mission a fait son travail, comme l’exigeaient constamment la Russie et la Syrie, directement sur les lieux de l’incident supposé et non à distance. Nous espérons que les résultats de l’examen seront des conclusions substantielles et vérifiées du point de vue professionnel, qui aideront à rétablir la situation réelle des faits du 7 avril à Douma et confirmeront le caractère infondé des accusations inventées et sans preuves visant Damas qui ont servi de prétexte à l’action illégale des USA, du Royaume-Uni et de la France ayant bafoué grossièrement la Charte de l’Onu.

Nous avons l’intention de continuer d’exiger des enquêtes dépolitisées et objectives sur tous les cas de terrorisme chimique en Syrie sans exception, en stricte conformité avec les hauts standards de la CIAC.

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Sur l’évolution de la situation en territoire palestinien

PALESTINE GAZA 661_francetv-actu-articles_401_615_7995fa413be982e90516925ae4_ambassade-americaine-des-affrontements-a-la-frontiere-entre-israel-et-la-bande-de-gaza 15013921 Des affrontements à la frontière entre Israël et la bande de Gaza 

Lundi 14 mai, la bande de Gaza et plusieurs régions de Cisjordanie ont été le théâtre de manifestations de masse de Palestiniens contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem. Suite aux actions entreprises par l’armée israélienne pour réprimer ces manifestations à la frontière israélienne avec Gaza, 59 Palestiniens ont été tués et des centaines de personnes ont été blessées.

En tout, depuis le début des protestations palestiniennes à Gaza le 30 mars, plus de 100 manifestants ont été tués.

Mardi 15 mai, pendant le Jour de la Nakba commémoré chaque année par les Palestiniens – en souvenir de la catastrophe du peuple palestinien suite aux événements de 1947-1948 – la Palestine a annoncé une grève générale. Les risques de poursuite des violences sont très élevés.

Moscou est extrêmement préoccupé par cette dangereuse escalade. Nous exprimons nos sincères condoléances aux proches des Palestiniens tués et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés. Tout en réaffirmant le droit des Palestiniens aux protestations pacifiques et en condamnant l’usage de la force militaire contre la population civile, nous appelons à nouveau les parties impliquées à faire preuve de retenue et à renoncer aux démarches provoquant une tension supplémentaire.

Nous avons déclaré à plusieurs reprises que pour interrompre la spirale de la violence, il fallait lancer au plus vite des négociations substantielles et productives sur la base des décisions connues du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies, ainsi que de l’Initiative de paix arabe. Selon nous, le rôle de la communauté internationale consiste à aider les Palestiniens et les Israéliens à avancer vers cet objectif pour déboucher sur une paix durable répondant aux véritables intérêts des deux parties, et non à prendre des mesures unilatérales douteuses compliquant les efforts pour créer les conditions qui permettraient de réaliser la solution à deux États.

A ce sujet, nous voudrions confirmer que la position de la Russie concernant Jérusalem reste inchangée: la ville doit devenir la capitale de deux États indépendants – de la Palestine et d’Israël, et être ouverte aux croyants des trois religions monothéistes.

Les paramètres concrets des accords sur le statut définitif de Jérusalem doivent être élaborés dans le cadre des négociations israélo-palestiniennes directes. Nous continuerons de défendre cette approche dans notre travail avec les Palestiniens et les Israéliens, ainsi qu’avec les autres partenaires internationaux, notamment dans différents formats collectifs, y compris le quartet des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient.

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Sur la situation sur la péninsule coréenne

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Nous constatons une tendance à la diminution de la tension autour de la péninsule coréenne. Nous saluons la décision d’organiser du 23 au 25 mai une cérémonie de démantèlement d’un polygone nucléaire nord-coréen – à laquelle sont invités des journalistes de Russie et d’autres pays – et d’une rencontre entre le Président américain Donald Trump et le Président du Conseil d’État de la Corée du Nord Kim Jong-un le 12 juin à Singapour.

Nous espérons que les événements annoncés se dérouleront avec succès et confirmeront la dynamique positive du règlement des problèmes de cette région. Nous sommes certains qu’il n’est possible de parvenir à une solution durable et mutuellement acceptable que par le biais des consultations multilatérales concernant la création, sur la péninsule coréenne, d’un mécanisme solide de paix et de sécurité. Nous travaillons avec tous nos partenaires afin d’initier ces négociations.

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Sur la situation en Indonésie concernant la série d’attentats à Surabaya

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 Une série d’attentats s’est produite en Indonésie. Dimanche 13 mai, dans la ville de Surabaya (province de Java oriental), des attentats ont été perpétrés dans trois églises chrétiennes. Bilan: 14 morts, y compris les exécutants, et 43 blessés.

INDONESIE Trois attentats ont eu lieu à Surabaya, la deuxième plus grande ville d'Indonésie (image symbolique) dc6f80f4-7d83-4aef-88d8-060999f81cc0  Trois attentats ont eu lieu à Surabaya, la deuxième plus grande ville d’Indonésie (image symbolique)

Le soir même, dans le district de Sidoarjo au sud de Surabaya, deux autres explosions ont eu lieu dans des maisons à proximité immédiate d’un poste de police. 3 personnes ont été tuées, supposément les terroristes.

Dans la matinée du 14 mai, sur le territoire du siège municipal de la police de Surabaya, a explosé une moto avec deux kamikazes. 10 personnes ont été tuées dont 4 policiers.

A partir du 14 mai, les autorités ont instauré le « premier niveau » de menace terroriste à Jakarta, dans les provinces de Banten, de Java oriental et de Riau. Des mesures de sécurité supplémentaires sont prises dans les lieux touristiques, y compris à Bali.

L’Ambassade de Russie à Jakarta préconise à tous les citoyens russes se trouvant en Indonésie de rester prudents, dans la mesure du possible d’éviter les endroits fréquentés et de s’abstenir de visiter les sites religieux.

Aucune information concernant la présence de Russes parmi les victimes des attentats n’a été rapportée.

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Sur la nouvelle doctrine nationale de « sécurité hybride » du gouvernement britannique et son application à l' »affaire Skripal »

ANGLAIS Mark Sedwill maxresdefault  Mark Sedwill

 Nous n’allons pas simplement suivre et commenter l‘ »affaire Skripal »: nous ferons tout pour que ce dossier emmêlé par les autorités britanniques devienne plus transparent, pour dissiper le brouillard formé par Londres.

Nous avons pris note des explications fournies par le conseiller du Premier ministre britannique pour la sécurité nationale Mark Sedwill pendant la réunion de la Commission de la défense de la Chambre des communes du parlement britannique le 1er mai, concernant le fond de la doctrine de « sécurité hybride » (Fusion doctrine) adoptée par le gouvernement en début d’année.

Elle implique, selon ses termes, le « renforcement de l’approche intégrée des questions de sécurité nationale ».

En fait, l’activité de tout l’appareil d’État et même plus – du monde des affaires, des médias et de la société civile – est subordonnée à cet objectif.

Il s’agit là d’une tentative de placer une grande partie de la vie politique et sociale du Royaume-Uni sous le « parapluie » de la sécurité nationale dont les intérêts peuvent servir à justifier des démarches dans absolument tous les domaines, de la lutte contre le terrorisme aux liens commerciaux et économiques.

Pas besoin d’aller trop loin pour observer les conséquences pratiques de cette nouvelle doctrine.

Pour Mark Sedwill, les actions de Londres suite à l’incident de Salisbury sont un « exemple d’application du nouveau concept ». Soi-disant, la décision des démarches antirusses a été prise rapidement en s’appuyant sur les renseignements des services britanniques sans attendre les conclusions de la police. En parallèle, on procédait au « traitement » des alliés occidentaux. Autrement dit, les représentants officiels britanniques ont confirmé ce que nous disions: tout a été décidé sans appui sur la moindre enquête et ses résultats. Au final ont été prises des décisions qui, selon Londres, constituent un facteur de refrènement efficace pour l’avenir.

La seule conclusion à tirer de tout cela est que la doctrine de « sécurité hybride » accroît le risque de décisions hâtives et non réfléchies susceptibles de porter atteinte à la réputation du Royaume-Uni sur la scène internationale, de conflits et d’aggravation des relations internationales, y compris interétatiques. Les accusations absurdes visant la Russie concernant l’incident du 4 mars à Salisbury l’ont clairement montré.

Au vu de ce qui a été dit, ainsi que du « bouquet » de la propagande et de la désinformation après l’incident de Salisbury, on peut affirmer que ce n’est pas une doctrine de « fusion » mais de « confusion ».

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Sur les nouvelles fuites et incohérences dans les médias britanniques concernant l' »affaire Skripal »

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 Nous continuons d’accorder la plus grande attention à l’évolution de la situation dans l' »affaire Skripal ».

Après un assez long silence des médias britanniques à ce sujet, le Times a publié le 3 mai un grand article expliquant ce que faisaient les Skripal le jour de leur prétendu « empoisonnement ». Je ne vais pas citer en détail cette publication. Je voudrais seulement noter que dans le récit des faits, on avance une nouvelle version de contamination du sergent de police Nick Bailey, qui aurait été en contact avec la substance neuro-paralytique non pas sur les lieux de l’incident, mais pendant la perquisition de la maison de Sergueï Skripal. Il y a également beaucoup d’autres incohérences avec les versions présentées précédemment et les informations sur cet incident.

Il ne s’agit pas d’un manque de professionnalisme des journalistes. Les publications d’informations contradictoires sur l’incident témoignent plutôt d’un travail intentionnel des autorités britanniques pour semer la confusion auprès du public, et c’est pour cela qu’on publie périodiquement de nouveaux « faits »  sur l’empoisonnement. Cela est fait de manière dosée pour, d’une part, maintenir à flot le thème de Salisbury et, d’autre part, pour que la population oublie les circonstances initiales au sujet desquelles les informations étaient très modestes et contradictoires.

Nous notons également qu’en répondant à une question directe des membres du Comité de la défense de la Chambre des communes du parlement britannique, le conseiller du Premier ministre britannique pour la sécurité nationale Mark Sedwill a reconnu le 1er mai que les individus ayant empoisonné les Skripal n’avaient toujours pas été identifiés. L’implication et la culpabilité de la Russie ont donc été déterminées sans savoir qui a commis (si c’est le cas) ce crime. On peut dire (en fait, on laisse entendre) que les Anglais continuent d’opérer avec des suppositions sur la base desquelles ils continuent de propager des accusations infondées visant la Russie.

Je répète que cela confirme notre avis selon lequel les autorités britanniques ne souhaitent pas découvrir les vrais motifs et identifier les exécutants du crime à Salisbury.

Étant donné que les preuves tangibles du contraire n’ont toujours pas été fournies à la Russie, nous pensons qu’il s’agit d’un attentat contre nos citoyens suite à une très grande provocation politique. La tâche de fournir des preuves dans cette histoire incombe précisément au Royaume-Uni.

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Sur le refus d’accès consulaire à Sergueï et Ioulia Skripal

RUSSIE AMBASSADE A LONDRE 14587688  Ambassade de Russie à Londres

 Le Royaume-Uni continue de refuser d’accorder un accès consulaire aux citoyens russes Sergueï et Ioulia Skripal. On invoque une prétendue réticence de Ioulia Skripal à communiquer avec l’Ambassade de Russie au Royaume-Uni, et l’accès consulaire à Sergueï Skripal a été refusé en raison de sa citoyenneté britannique. Les autorités britanniques insistent sur la nécessité d’un accord des citoyens russes pour communiquer avec les collaborateurs consulaires.

Cependant, cette formulation n’est pas acceptable.

La question de la communication d’un citoyen avec le consul de son pays est réglementée par la Convention consulaire entre l’URSS et le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord de 1965. L’article 36 de cette convention stipule qu’un « responsable consulaire a le droit, dans le cadre de son district consulaire, de rencontrer tout citoyen de l’État représenté, de lui donner des conseils et de lui apporter toute la contribution nécessaire ». Par conséquent, l’article 36 ne contient pas d’indications concernant la nécessité d’un accord obligatoire de l’intéressé pour être visité par le consul.

En d’autres termes, cette communication n’est pas seulement un droit du citoyen mais également un droit du consul de l’État concerné.

Ce droit de la Russie est grossièrement enfreint par le Royaume-Uni qui interprète, et ce n’est pas la première fois, les normes du droit international en partant de sa propre vision des finalités politiques.

En ce qui concerne la référence des autorités britanniques à la citoyenneté britannique de Sergueï Skripal, nous ne pouvons pas non plus l’accepter car conformément à l’article 30 de la Convention consulaire bilatérale, le terme « citoyen » désigne « tout individu reconnu par l’État représenté comme son citoyen ». Sergueï Skripal n’a pas été privé de la citoyenneté russe et n’y a pas renoncé délibérément. Il reste un citoyen russe et a parfaitement le droit de communiquer avec les consuls russes, tout comme la Russie a parfaitement le droit de communiquer avec lui. A ce que l’on sache, le Royaume-Uni adopte la même position quand il s’agit d’avoir un accès consulaire avec leurs citoyens ayant la double citoyenneté, par exemple en Iran.

Compte tenu de toutes les circonstances, il est important pour nous de s’assurer du bien-être de nos citoyens. Nous ne sommes pas convaincus par les déclarations des représentants officiels britanniques indiquant que soi-disant Sergueï et Ioulia Skripal ne voudraient pas communiquer avec nous et refuseraient de suivre un examen médical avec la participation de spécialistes russes. Cette information est invérifiable.

Comment la Russie et la communauté mondiale peuvent-ils être certains que c’est vraiment la volonté des principaux intéressés?

Par le biais de notre Ambassade à Londres, nous continuerons d’exiger la possibilité de communiquer personnellement avec les Skripal. S’ils n’ont pas besoin de notre aide: que les autorités britanniques les laissent le dire personnellement. Dans les conditions actuelles nous sommes contraints de qualifier cette situation de détention forcée, voire de kidnapping de nos deux citoyens par les autorités britanniques. Ces actions du Royaume-Uni représentent une grave violation des accords bilatéraux.

Récemment, les autorités britanniques ont refusé de délivrer un visa à une proche des Skripal: Viktoria Skripal. Mais, comme l’ont affirmé les représentants du service consulaire britannique, en cas de nouvelle requête la « question sera minutieusement examinée ». De nouveau un mensonge, de nouveau de l’hypocrisie. Viktoria a demandé de nouveau un visa britannique, et il lui a été refusé une nouvelle fois sans aucune raison factuelle. C’est complètement contraire aux déclarations du Royaume-Uni.

Nous ne pouvons pas cacher que notre Ambassade reçoit uniquement des réponses bureaucratiques du Royaume-Uni à toutes les questions que nous posons.

Nous suivrons ce thème et commenterons rapidement toutes les informations qui apparaîtront.

à suivre…

source/ http://www.mid.ru/fr/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/3225910