2599 – V4 … Nouvelles de Tchéquie, d’Orban et du V4 réunie à Budapest ….

  • 1 – Le nouveau Premier ministre tchèque Babiš rejette fermement les quotas de migrants
  • 2 – Orbán : la souveraineté est la clef du succès
  • 3 – À Budapest, le V4 réitère son désir d’une autre Europe

1 – Le nouveau Premier ministre tchèque Babiš rejette fermement les quotas de migrants

7 mars 2018

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Publié originellement en anglais sur le Prague Morning.

Tchéquie – Andrej Babiš a déclaré qu’il n’y avait « aucune chance » que la Tchéquie accepte la demande de Bruxelles d’accepter un quota de migrants du tiers monde.

S’exprimant devant le parlement du pays le jeudi 1er mars, le Premier ministre tchèque récemment élu a dénoncé le système de quotas obligatoires de l’Union européenne (UE) comme étant « inefficace » et source de divisions.
« Il est certain que nous n’accepterons personne, et nous sommes fondamentalement opposés à ce que quiconque nous dicte qui devrait vivre et travailler dans notre pays, » a déclaré Andrej Babiš aux médias locaux.
« Nous considérons comme absurde que la Commission européenne nous poursuive pour quelque chose qui n’a aucun sens, » a ajouté M. Babiš, à propos de la décision de l’UE de poursuivre la Tchéquie aux côtés de la Pologne et de la Hongrie pour leur refus de participer au système des quotas.

Adoptée en 2015, après l’ouverture des frontières du continent par la chancelière allemande Angela Merkel, la règle controversée impose que les demandeurs d’asile qui arrivent en Europe en quête d’une nouvelle vie soient « équitablement » répartis dans tout le bloc européen grâce à un système de quotas.

Babiš a souligné les autres contributions que la Tchéquie a apportées pour résoudre la crise des migrants, notamment l’envoi de policiers supplémentaires en Hongrie et en Bulgarie pour protéger les frontières extérieures de l’UE,  ainsi que la contribution de 35 millions d’euros du groupe de Visegrád  contre le trafic humain d’Afrique vers l’Europe.

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L’UE devrait plutôt se concentrer sur la sécurisation des frontières extérieures de l’UE, selon les dirigeants des quatre pays. Cependant, le commissaire européen aux migrations, Dimitris Avramopoulos, a récemment insisté sur le fait qu’il serait « inacceptable » pour les pays réticents de ne pas participer au programme de redistribution des migrants.

source/ https://visegradpost.com/fr/2018/03/07/le-nouveau-premier-ministre-tcheque-babis-rejette-fermement-les-quotas-de-migrants/

2 – Orbán … la souveraineté est la clef du succès

 

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Article initialement publié en anglais sur The Hungary Journal.

Hongrie – Si la Hongrie évite de devenir un pays d’immigration, elle prospérera, sinon elle « régressera, déclinera et stagnera, » a déclaré mardi le Premier ministre Viktor Orbán lors d’un événement de la Chambre de commerce hongroise à Budapest.

« Pour que la Hongrie puisse faire quoi que ce soit dans les quatre prochaines années, » aucun migrant ne devrait être autorisé à pénétrer dans le pays, la barrière frontalière doit être protégée, « Bruxelles devrait payer » au moins la moitié des coûts de la clôture frontalière hongroise et « tous ceux qui participent activement à l’organisation de l’immigration » devraient être interdits de séjour dans le pays, a déclaré M. Orbán.

Le Premier ministre a déclaré qu’en vertu de la dernière proposition de l’UE sur la gestion des migrations, la Hongrie devrait accueillir plus de 10.000 personnes et de nombreux regroupements familiaux, sa mise en œuvre coûterait 90 milliards de forints (286,6 millions d’euros) pour le budget central.

La Hongrie s’en sort mieux aujourd’hui parce que « nous ne nous laissons pas priver de la liberté de prendre des décisions pour nous-mêmes, car nous serions dans une situation désespérée si Bruxelles ou le FMI prenaient des décisions d’importance nationale ».
Le Premier ministre a ajouté que depuis que son gouvernement est arrivé au pouvoir en 2010, le FMI a été « renvoyé chez lui, » la Hongrie a remboursé ses dettes au FMI et à l’UE et le taux de chômage est tombé à 3,8%, avec le plein emploi à portée de bras ». En outre, le déficit budgétaire a été maintenu en dessous de 3% au cours des six dernières années et la dette publique a été réduite, a ajouté M. Orbán.
Pendant ce temps, le gouvernement ne s’est pas appuyé sur le FMI, ne s’est pas tourné vers des modèles étrangers comme des exemples à suivre ni ne s’est « incliné devant de quelconques menaces, » a-t-il dit. Il a au contraire conclu un accord avec les employeurs et les syndicats hongrois et a réussi à augmenter le salaire minimum de 90% depuis 2010, et a doublé le salaire minimum pour les travailleurs qualifiés, a ajouté M. Orbán.
« Si la Hongrie peut être protégée, » il est possible de maintenir un taux de croissance annuel de 4%, tout comme de réaliser le plein emploi d’ici 2022, a dit M. Orbán.

Le Premier ministre a également donné un aperçu des projets d’investissement dans les infrastructures d’Europe centrale, notamment la modernisation de la ligne ferroviaire Budapest-Belgrade et la construction de lignes à grande vitesse reliant Budapest à Varsovie et Budapest et Cluj-Napoca (Kolozsvár).

Viktor Orbán a également mentionné les projets de construction d’autoroutes pour le prochain cycle parlementaire reliant Miskolc dans le nord-est de la Hongrie et Kosice (Kassa) dans l’est de la Slovaquie et Pécs dans le sud de la Hongrie à la frontière croate.

 

Il a souligné que le gouvernement ne rédigerait pas un « budget électoral » insistant sur le fait que le déficit budgétaire resterait inférieur à 3% du PIB.
Sur le thème du chômage, M. Orbán a déclaré que s’il était réélu pour un troisième mandat consécutif, ses responsables économiques et lui-même travailleraient pour que la Hongrie ait le deuxième taux de chômage le plus bas d’Europe derrière la Tchéquie.

En conclusion, M. Orbán a déclaré que les quatre piliers du modèle économique hongrois étaient la compétitivité du pays, son économie du travail et ses politiques démographiques et identitaires.

Il a déclaré qu’il était important pour les entrepreneurs hongrois que la politique économique du prochain gouvernement représente les intérêts des entreprises hongroises. « La protection de notre indépendance nationale est l’alpha et l’oméga de cette [exigence], » a-t-il dit.


source/ https://visegradpost.com/fr/2018/03/07/orban-la-souverainete-est-la-clef-du-succes/


 

3 – À Budapest, le V4 réitère son désir d’une autre Europe

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Hongrie, Budapest – Réunis au parlement hongrois à Budapest, les plus hauts représentants parlementaires du groupe de Visegrád, dont la Hongrie assume la présidence jusqu’à fin juin, ont réitéré leur volonté d’une Europe des Nations, sans immigration extérieure, et acté une plus forte coopération entre eux sur de nombreux plans.

Le vendredi 2 mars, László Kövér, président de l’Assemblée nationale hongroise, a reçu ses homologues tchèques, slovaque et polonais. Outre la réunion des présidents d’assemblées et de sénats, plusieurs commissions de parlementaires du V4 ont été formées pour aborder différents thèmes de coopération à renforcer et développer.

Les présidents d’assemblées et de sénats du V4 à Budapest, le 2 mars 2018. Photo : Visegrád Post
La Commission du V4 aux Affaires européennes a réitéré la volonté du V4 et de ses parlementaires majoritaires à vivre au sein d’une Union européenne des Nations, où les parlements nationaux verraient leur rôle renforcé. La question de la subsidiarité a également été abordée, et la Commission du V4 a émis des doutes sérieux sur l’application de celle-ci par la Commission européenne.

Pour les parlementaires du V4, le Brexit est une question posée à l’Europe : « où vas-tu ? ».

Mais il représente également un bouleversement important du point de vue centre-européen. Le V4 entend s’y préparer, et appelle à ce que l’Union européenne respecte la sortie du Royaume-Uni sans chercher à le sanctionner, et que l’Union garde d’excellents rapports avec le Royaume-Uni.

Avec le Brexit, 85% du PIB de l’UE proviendra de la zone euro, ce qui accentuera « l’Europe à deux vitesses ».

Pour la Commission aux Affaires étrangères du V4, la réponse aux Brexit est en partie dans l’élargissement de l’Union aux Balkans occidentaux, mais aussi la Moldavie. Considérant que l’Europe centrale est le moteur de cet élargissement, notamment via l’Initiative des Trois Mers [1], le président de la Commission, Zsolt Németh, a expliqué que le moteur principal de cette dynamique est la Pologne, car « la taille compte ». L’élargissement de l’UE aux Balkans occidentaux est important notamment pour combler le vide dans lequel les États-Unis et la Russie s’engouffrent.

Visegradpost Zsolt Németh 220512_nemeth_zsolt  Zsolt Németh

Zsolt Németh a rappelé également de ne pas commettre la même erreur que pour la Yougoslavie : il faut respecter les Nations.

En parallèle, la Commission estime que la Coopération Structurée Permanente (CSP) de l’Union européenne a été une grande réussite de l’an passé.

Pour la Commission sociale du V4, le thème principale aura été la question de la démographie. En effet, les pays du V4 ont tous des taux de fécondité inférieurs à 2, autrement dit, leurs populations respectives sont en déclin numérique. Pour répondre à cette situation jugée problématique, le V4 rappelle qu’il s’oppose à la solution de l’immigration. « Nos réponses doivent servir nos nations. Il faut des politiques familiales, pas des politiques d’immigration, » a dit la présidente de la Commission.

La Hongrie, qui avait un taux de fécondité de 1,26 enfant par femme en 2010, est actuellement à 1,5 et vise 2,1 pour 2030. Les trois piliers de la politique familiale hongroise [2] sont également donnés en exemple : avoir des enfants et appauvrissement ne doivent pas être synonymes, l’État doit soutenir les familles matériellement et moralement, et il faut redorer l’image de la parenté.

Le V4 reproche à Bruxelles de choisir l’immigration et non la natalité. Et enfin, le V4 s’oppose également à l’idéologie du genre, et porte un profond respect aux enfants et à l’institution du mariage.

 

La Commission économique du V4 s’est penchée sur la question des fonds de cohésion du budget 2020-2027 de l’UE : pour le V4, il est important de ne pas réduire les fonds de cohésion suite au départ du Royaume-Uni, et d’augmenter les cotisations pour compenser, afin de maintenir les fonds de cohésions qui sont un grand succès, et ont prouvé leur efficacité.
La Commission pour l’agriculture du V4 s’est déclarée en faveur du maintien de la PAC et des paiements directs aux agriculteurs. Cependant, le V4 veut moins de bureaucratie dans la PAC et souligne que la question de l’immigration ne doit pas être incluse dans la PAC. La Commission a également rappelé la volonté du V4 de lutter contre l’Europe à deux vitesses également sur le terrain de la qualité des produits manufacturés.

 

Enfin, la Commission à la défense du V4 estime que le plus grand défi sécuritaire pour l’Union européenne aujourd’hui est l’arrêt de l’immigration de masse vers l’Europe. Et en cela, a souligné Szilárd Németh, le président de la Commission, le V4 a montré que c’était possible, tout en donnant l’exemple d’une belle solidarité européenne : les pays du V4 ont aidé la Hongrie pour arrêter l’immigration à sa frontière. En 2016, a-t-il rappelé, il y avait encore 124 agents des autres pays du V4 pour sécuriser la frontière. Dès 2017, cela n’était plus nécessaire.

Szilárd Németh a également annoncé qu’un sondage de novembre 2017 montrait que 70% des habitants du V4 pensent que la Commission européenne ne veut pas arrêter l’immigration de masse mais au contraire l’organiser et la soutenir.

Parmi les succès de la collaboration du V4, le président de la Commission à la défense a rappelé le succès du groupe de combat du V4 constitué de 4.000 soldats. Sa conclusion a porté sur la nécessité au niveau du V4 de renforcer la coopération au niveau de l’industrie de l’armement.

L’intervention de Péter Szijjártó (au centre) au sommet du V4 de Budapest, le 2 mars 2018. Photo : Visegrád Post

Le ministre hongrois des Affaires étrangères, sortant d’une rencontre avec le Secrétaire d’État aux Affaires étrangères britannique Boris Johnson, est également intervenu brièvement lors du sommet : le V4 a été plusieurs enterré, et pourtant, le voilà plus fort que jamais ; cela démontre sa longévité.

Le ministre a rappelé que le commerce extérieur de l’Allemagne avec le V4 est de 54% supérieur à celui avec la France et le triple de celui avec l’Italie. Le V4 représente un marché de 66 millions d’habitants, et tous doivent en tenir compte, en particulier du fait de sa croissance dynamique, a rajouté le ministre Péter Szijjártó.

Selon lui, le V4 a eu plusieurs fois raison par le passé. Avec le Brexit, les partisans d’une Europe des Nations seront moins nombreux et c’est une des raisons pour élargir l’UE aux Balkans occidentaux.

Pour le chef de la diplomatie hongroise, le rôle du V4 est critique pour cet élargissement, car l’Ouest de l’Union comprend mal l’intérêt d’un tel élargissement qui est vu comme un poids, alors qu’il s’agit selon le ministre hongrois de la meilleure réponse aux défis qui se posent à nous.
Un des objectifs du V4 est également d’améliorer les infrastructures nord-sud. M. Szijjártó a donné l’exemple de la route Budapest-Varsovie qui nécessite 12 heures de trajet, et a ajouté que l’absence d’autoroute ou de connexion de gazoducs et de réseaux électriques est également un problème. Le ministre hongrois a déclaré qu’une des premières étapes pour répondre à cette problématique était la mise en place d’une ligne à grande vitesse entre Varsovie, Brno, Bratislava et Budapest.
Enfin, le ministre hongrois des Affaires étrangères a souligné l’importance du christianisme et des traditions chrétiennes pour l’Europe, ainsi que le rôle du V4 pour la défense de cet héritage.

À l’issue du sommet, le Maréchal de la Diète (président de l’assemblée nationale polonaise) Marek Kuchciński et le Maréchal du Sénat de Pologne Stanisław Karczewski ont reçu du Président de la République hongroise la Grande-Croix de l’Ordre du Mérite de Hongrie, dans une cérémonie à laquelle a participé le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

De gauche à droite : László Kövér, Marek Kuchciński, János Áder, Stanisław Karczewski, Viktor Orbán. Photo : Visegrád Post

source/ https://visegradpost.com/fr/2018/03/05/a-budapest-le-v4-reitere-son-desir-dune-autre-europe/