2557 – Kosovo… a fêté les 10 ans de sa déclaration d’Indépendance du 17 Février 2008 … Accord avec la Serbie en 2018 ???

  • Le Kosovo fête les dix ans de sa déclaration d’indépendance
  • Hashim Thaçi, le Président du Kosovo espère un « accord historique » avec la Serbie en 2018

Les missions internationales au Kosovo

Minuk : la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, est toujours présente, sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, toujours en vigueur.
ICO : Le Bureau civil international, chargé par le plan Ahtisaari de superviser l’indépendance proclamée le 17 février 2008, a achevé ses activités le 10 septembre 2012. Il était dirigé par le diplomate néerlandais Pieter Feith.
ISG : L’International Steering Group, également prévu par le plan Ahtisaari, se compose de 25 États, ayant tous reconnu l’indépendance du Kosovo. Il supervisait notamment le travail de l’ICO.
Eulex : Mission « technique » de l’Union européenne chargée d’apporter une assistance au Kosovo dans les domaines de la justice, de la police et du contrôle des frontières, tout en étant théoriquement « neutre » sur le statut du territoire.
Kfor : La mission de l’OTAN, progressivement passée de près 50.000 hommes à moins de 5.000, même si la Kfor a dû appeler des renforts cette dernière année pour faire face à la crise dans le nord du Kosovo.

Le Kosovo célèbre le 17 février les dix ans de sa proclamation d’indépendance, mais sans grand enthousiasme. Le pays est toujours gangréné par la pauvreté et la corruption, plongé dans une interminable crise politique. Le « dialogue » avec Belgrade est en état de mort clinique, tandis que l’on attend les premières inculpations de la nouvelle Cour spéciale. Dix ans d’occasions manquées ?

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Le Kosovo fête les dix ans de sa déclaration d’indépendance

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Modifié le 18/02/2018 à 07:10 – Publié le 18/02/2018 à 04:34 | AFP

Le Kosovo poursuit dimanche les cérémonies marquant le dixième anniversaire de sa proclamation d’indépendance, avec une session extraordinaire du Parlement et un défilé des forces de sécurité.

Le Parlement doit se réunir à 10h00 GMT. Une heure plus tard commencera le défilé des forces de sécurité du Kosovo, lequel ne dispose pas d’une armée.

Le clou de la première journée de commémoration, samedi, a été le concert d’une enfant du pays, la pop star britannique Rita Ora, revenue dans sa ville natale pour l’occasion et acclamée par des milliers de personnes, jeunes pour la plupart.

« En arriver là était un long voyage, mais uniquement le début je crois d’un périple incroyable pour notre pays », a-t-elle déclaré à la presse avant de joindre les mains dans un signe symbolisant l’aigle bicéphale albanais.

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Alors qu’elle était bébé, sa famille avait quitté en 1991 le Kosovo, soumis à la répression imposée par la Serbie sur sa province albanaise dont le président Slobodan Milosevic avait supprimé le statut d’autonomie.

En 1998, un conflit éclate entre les forces serbes et l’UCK, la rébellion indépendantiste kosovare albanaise, qui devait faire plus de 13.000 morts. Il prend fin en 1999 après onze semaines de frappes aériennes de l’Otan, déclenchées sous l’impulsion des États-Unis pour contraindre Belgrade à retirer ses forces armées du Kosovo.

Une mission de l’ONU et une force de l’Otan sont alors déployées.

Le 17 février 2008, les députés kosovars proclament l’indépendance au grand dam de Belgrade.

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« Le Kosovo incarne le souhait des citoyens de vivre libres », a déclaré samedi le Premier ministre Ramush Haradinaj, reconnaissant que les autorités n’ont pas répondu à toutes les attentes.

Ce qui nous gêne le plus c’est le chômage, particulièrement chez les jeunes », a estimé Largesa Lenjani, une infirmière de 25 ans.

Un tiers de la population active et la moitié des jeunes sont au chômage. Beaucoup rêvent d’imiter les quelque 700.000 membres de la diaspora kosovare, surtout installés en Allemagne et en Suisse.

‘Dix ans d’occupation’

Au Kosovo, la communauté albanaise et la communauté serbe, qui constitue environ 120.000 des 1,8 million d’habitants, ne se mélangent quasiment pas.

La séparation est frappante dans la ville divisée de Mitrovica, où chacun vit de part et d’autre de la rivière Ibar. Samedi sont apparues côté serbe des affiches en noir et blanc montrant des mains menottées, avec l’inscription « Dix ans d’occupation ».

Avec le soutien de Moscou, la Serbie s’oppose avec succès à l’admission du Kosovo à l’ONU. Son indépendance a été reconnue par 115 pays. Mais elle ne l’est toujours pas par près de 80 États dont la Russie, la Chine, l’Inde, l’Indonésie ou le Brésil.

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Chronologie de l’indépendance des ex-Républiques yougoslaves © Iris ROYER DE VERICOURT AFP

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« Sans un accord avec Belgrade, cette question ne peut pas être résolue », a averti samedi le chef de la diplomatie serbe Ivica Dacic.

Mais derrière les discours politiques intransigeants, il n’est pas certain que le Kosovo mobilise encore les Serbes: ils n’étaient que quelques dizaines samedi à protester dans le centre de Belgrade, quand il y a dix ans la reconnaissance de l’indépendance par les Occidentaux avait entraîné des manifestations monstres et la mise à sac de l’ambassade des États-Unis.

L’Union européenne, dont cinq pays ne reconnaissent pas non plus l’indépendance du Kosovo, a fait de la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina une condition de la poursuite de leur chemin vers une intégration. Mais ce dialogue, entamé en 2011, est au point mort depuis deux ans.

Boîte de Pandore

A Belgrade, des responsables évoquent mezzo voce la possibilité de redessiner les frontières

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Un couple prend un selfie devant le monument à la « Renaissance » érigé pour le 10e anniversaire de l’indépendance du Kosovo à Pristina, le 17 février 2018 © Armend NIMANI AFP

Les chancelleries occidentales sont hostiles à ce scénario, inquiètes de voir s’ouvrir une boîte de Pandore dans une région où les tensions inter-ethniques restent vives, près de vingt ans après les guerres sanglantes qui ont conduit à l’explosion de la Yougoslavie.

Le président américain Donald Trump a envoyé un message d’encouragement: « Il reste du travail à accomplir, mais nous applaudissons vos progrès ».

Depuis un an, les relations ont toutefois semblé se tendre entre Pristina et les Occidentaux.

Ils ont notamment mis en garde Pristina contre la volonté de députés kosovars de supprimer un tribunal de magistrats internationaux chargés de juger des crimes de guerre susceptibles d’avoir été commis par d’ex-commandants de l’UCK. Des commandants qui sont toujours aux commandes du Kosovo.


18/02/2018 07:09:56 –          Pristina (AFP) –          © 2018 AFP

http://www.lepoint.fr/monde/le-kosovo-fete-les-dix-ans-de-sa-declaration-d-independance-18-02-2018-2195846_24.php


Hashim Thaçi, le Président du Kosovo espère un « accord historique » avec la Serbie en 2018

Jonathan Dupriez – 2 février 2018

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L’année 2018 sera-t-elle aussi « historique » que l’espère Hashim Thaçi ? Dans un entretien à l’AFP, le Président kosovar dit vouloir un « accord » avec la Serbie, à quelques semaines du dixième anniversaire de l’indépendance du Kosovo. Une indépendance autoproclamée que conteste toujours fermement Belgrade.

« Je crois vraiment que le dialogue est le seul chemin possible pour que le Kosovo et la Serbie aillent de l’avant », déclare Hashim Thaçi, en référence aux relations diplomatiques polaires qu’entretiennent les deux frères ennemis depuis deux ans.

Aleksandar Vucic et Hashim Thaçi 720  Aleksandar Vucic et Hashim Thaçi

« J’espère que 2018 sera l’année d’un accord final historique », a insisté Hashim Thaçi, précisant avoir récemment abordé cette question à Davos avec son homologue Aleksandar Vucic, le président serbe. « Cest une année cruciale, elle doit être décisive. Sinon, nous traînerons pendant des décennies », a-t-il mis en garde.

Le Kosovo proclame son indépendance le 17 février 2008, soit dix ans après la fin de la guerre.

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Un conflit entre les forces armées serbes et la guérilla indépendantiste kosovare albanaise (UCK), dont Hashim Thaçi était le chef politique, avait ravagé le pays en 1998-1999, faisant 13 000 morts.

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Cet ultime conflit dans l’ex-Yougoslavie, s’était achevé à l’issue des 78 jours de bombardements de l’Otan qui avaient assommé la Serbie de Slobodan Milosevic sous un déluge de feu. Le Kosovo avait alors été placé sous la protection de la Mission des Nations Unies pour le Kosovo (MINUK), une tutelle occidentale.

Mais Belgrade rejette toujours l’indépendance de son ancienne province albanaise, et avec le soutien de la Russie, parvient à bloquer son admission aux Nations unies.

Engagé en 2011 sous égide de l’UE, le dialogue entre Pristina et Belgrade est au point mort depuis quasiment deux ans. Parmi les principaux points d’achoppement, le statut des municipalités où vit la minorité serbe, comme Mitrovica.

« Nous avons eu 20 ans de ténèbres dans le Nord du Kosovo. Quiconque espérait une solution magique se fourvoyait. »

  Hashim Thaçi joue l’apaisement

Si les discussions sont au point mort, Hashim Thaçi voit toutefois des raisons d’être positif sur les rapports entre communautés et les relations avec Belgrade.

Depuis le lancement du dialogue, « la police du Kosovo, ses douaniers, sont à la frontière avec la Serbie, il y a une liberté de circulation, des tribunaux fonctionnent dans le nord », où vit une partie importante des quelque 120.000 Serbes du Kosovo (sur 1,8 million d’habitants).

« Des Serbes siègent désormais au Parlement et participent au gouvernement », et « pour la première fois dans l’histoire du Kosovo, des élections locales et nationales ont été tenues dans le nord » en 2013 et 2017, a poursuivi le Président kosovar.

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Même à Mitrovica, ville divisée du nord où les tensions restent fortes et où a été assassiné mi-janvier l’homme politique serbe Oliver Ivanovic, les motifs de satisfaction existent, a-t-il assuré.

Après ce crime qui reste non élucidé, « nous avons apaisé les choses » avec le président serbe Aleksandar Vucic, assure Hashim Thaçi. « Imaginez que cela se soit produit il y a trois ou quatre ans, la situation aurait explosé! », a-t-il dit.  Jusqu’à ce que le dialogue s’engage, Mitrovica « était bloquée, isolée, submergée par le crime », a insisté Hashim Thaçi.  « Nous avons eu 20 ans de ténèbres dans cette partie du Kosovo. Quiconque espérait une solution magique se fourvoyait. »

L’UE, une porte de sortie hors d’atteinte ?

Pour son pays, Hashim Thaçi envisage « un seul chemin (…), une seule vision: devenir membre de l’Union européenne et de l’Otan ». « L’UE est en retard avec le Kosovo et les Balkans occidentaux », a-t-il regretté.

Pristina attend de bénéficier d’une libéralisation des visas pour ses ressortissants, à l’instar de cet avantage dont bénéficient ses voisins balkaniques. Avant de l’octroyer, Bruxelles exige que les députés kosovars entérinent la modification de la frontière avec le Monténégro.  « Nous devons faire notre part. Sinon, ce sera de notre faute » si cette mesure n’est pas prise, a dit Hashim Thaçi. Mais il a appelé l’Europe à « offrir de l’espoir » au Kosovo qui veut obtenir le statut de candidat à l’accession à l’UE.

KOSOVO Igor Soltes b_1_q_0_p_0  Igor Soltes

 Un espoir encore hors de portée selon Igor Soltes, le nouveau rapporteur slovène en charge du Kosovo au Parlement européen. Dans un interview à Gazeta Express, le 31 janvier, il a sévèrement tâclé les promesses de l’exécutif kosovar sur la question des visas. « Le Kosovo est descendu du train » a-t-il regretté.

Le Premier ministre Ramush Haradinaj ayant promis une libéralisation des visas à horizon mars 2018, M.Soltes s’est fendu d’un recadrage en règle : « J’espère que ces mots étaient vrais, mais à mesure que les jours défilent, je ne vois aucun progrès » a-t-il lancé au journal kosovar.

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Jonathan Dupriez avec AFP


http://kosovox.com/fr/hashim-thaci-espere-accord-avec-serbie-2018/


Composition du gouvernement du KOSOVO

M. Ramush Haradinaj, Premier ministre
M. Behgjet Pacolli, Premier vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères
M. Enver Hoxhaj, vice-Premier ministre
M. Delibor Jevtic, vice-Premier ministre, ministre des Retours et des communautés
M. Fatmir Limaj, vice-Premier ministre
M. Dardan Gashi, vice-Premier ministre, ministre de la diaspora
M. Flamur Sefaj, ministre de l’intérieur
M. Valdrin Lluka, ministre du Développement économique
M. Abelard Tahiri, ministre de la Justice
Mme Albena Reshitaj, ministre de l’Environnement et de l’aménagement du territoire
M. Pal Lekaj, ministre des infrastructures
Mme Dhurata Hoxha, ministre de l’Intégration européenne
M. Uran Ismaili, ministre de la Santé
M. Bedri Hamza, ministre des Finances
M. Kujtim Gashi, ministre de la Culture
M. Besim Beqaj, ministre de l’Innovation
M. Rrustem Berisha, ministre de la KSF
M. Shyqeri Bytyqi, ministre de l’Éducation, de la science et de la technologie
M. Nenad Rikalo, ministre de l’Agriculture
M. Rasim Demiri, ministre du Développement rural
M. Mahir Yagcilar, ministre de l’Administration publique
M. Ivan Teodosijevic, ministre de l’Administration gouvernementale locale
M. Skender Reçica, ministre du Travail et du bien-être social
M. Bajram Hasani, ministre du Commerce et de l’Industrie

Mise à jour : 18.12.17


https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/kosovo/presentation-du-kosovo/article/composition-du-gouvernement