1916 – Surpopulation mondiale – Dénatalité en Europe occidentale – Démographie des pays musulmans – Où allons-nous ?

 

L’inquiétude suscitée par l’état de surpopulation croissante dans lequel se trouve la planète, ainsi que par les désordres qui en résultent à tout propos, de plus en plus nombreux partout dans le monde, pourrait expliquer, au moins partiellement, la baisse de natalité de certains pays parmi les plus avancés. Il en est comme si les géniteurs y perdaient confiance en l’avenir promis à ceux qu’ils mettraient au monde, ce qui est probablement trop compter avec la prévoyance de l’être humain. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une tendance qui interpelle ceux qui n’ont pas encore compris qu’une démographie galopante est le premier facteur des désordres que connaît la société et des angoisses qu’ils peuvent susciter.

Pour l’Europe, au-delà de nationalismes aussi étriqués que décalés, ce pourrait être le signe d’un repli qui viendrait s’ajouter à ses autres maux, l’affaiblissant au moment où elle a plus que jamais besoin de tous ses moyens.

Sa propre défense les requiert sur bien des fronts et les pays en voie de développement ont besoin de son soutien dans de nombreux domaines, à commencer par l’humanitaire, ne serait-ce que pour mettre fin à la prolifération de la partie la plus défavorisée de leurs populations.

Pour avoir négligé de partager leur industrialisation avec des peuples économiquement retardataires, les pays les plus avancés Europe de l’ouest en tête, eu égard à son exposition aux flux migratoires l’assaillant de toutes part sont maintenant conduits à accueillir ces mêmes populations, venant y chercher les activités dont ils n’ont pas su les aider à se doter.

Mais les effectifs et les qualifications des immigrants ne suffisant pas à compenser le déficit démographique des pays les plus riches (cf. l’Allemagne) – il est à craindre que ce déficit perdure, aggravant le déséquilibre de la démographie mondialequand certains migrants ne sont pas plus simplement les instruments d’une stratégie de conquête par le nombre et ses désordres.

La pyramide sociale universelle est ainsi faite que sa population est constituée à 70 % par les populations les plus défavorisées et par conséquent, à l’échelle mondiale, des peuples des pays les moins développés.

C’est donc par l’exportation de cette pauvreté – la misère étant plus facile à partager que la richesse – qu’est en voie de se solder l’aveuglement coupable des partisans de la croissance comme de la décroissance, les uns comme les autres n’ayant que faire de la démographie, alors que chaque jour 280 000 terriens supplémentaires, dont 200 000 pauvres, déferlent sur la planète.

Ignorer quand ce n’est pas rejeterl’idée d’un contrôle de la démographie mondiale tout en prétendant ajuster la population de la planète aux capacités de cette dernière par une politique d’accueil des immigrés par les pays riches,

  • a pour premier effet la paupérisation de ces derniers au détriment de tous.
Et tant qu’il en sera ainsi, la compassion la plus sincère ainsi que les options politiques les mieux intentionnées n’y changeront rien, quel que puisse être le bénéfice qu’espèrent en tirer les pays d’accueil en termes d’image.

Si la solidarité à l’égard de ceux qui sont dans la détresse est un devoir humanitaire, c’est un devoir plus impératif encore que d’agir avec discernement.

C’est dans cet esprit que toutes les réactions et dispositions influençant la démographie des pays européens doivent tenir compte des réalités de la surpopulation mondiale avant que d’être dictées par le calcul politique ou une compassion sommaire, voire démagogique.
Une telle attitude devrait au demeurant s’inscrire dans une autre, de portée planétaire, dans laquelle sont impliqués les pouvoirs religieux, autant et plus que les pouvoirs politiques.

 

« Paul Ehrlich, biologiste à l’université de Stanford et John Harte, spécialiste en ressources naturelle et énergie à l’Université de Berckeley, ont publié dans la revue « Nature Climate Change » un article relevant la contradiction majeure entre le discours du pape François, dans son encyclique « Laudato si« ,

  • sur l’action à conduire pour éviter un dérapage climatique dangereux
  • et celui qu’il tient sur la contraception et le contrôle des naissances.

Ils l’appellent à abandonner l’obsession de l’Église catholique sur la contraception et l’avortement, et à soutenir les droits des femmes et le planning familial.

En effet, l’encyclique dénonce la “pression internationale” qui s’exercerait sur les pays en développement pour subordonner l’aide économique qu’ils pourraient recevoir à une politique de “santé reproductive”, et affirme que “la croissance démographique est complètement compatible avec un développement intégral et partagé”.

Les scientifiques répondent :

“Un regard attentif à la pleine complexité des interconnexions entre les dimensions démographique, biophysique, économique et sociale de l’environnement planétaire suggère que la croissance démographique n’est pas compatible avec un développement partagé et durable”

et soulignent qu’orienter l’Humanité vers la sécurité alimentaire suppose d’abandonner

“la fiction d’une croissance démographique perpétuelle”.

La croissance démographique augmente la pression sur les ressources naturelles et les services écosystémiques, au risque de les épuiser ; et cette même pression croissante, par une population plus nombreuse, rend encore plus difficile l’avènement de formes de gouvernance favorables à une distribution plus équitable des ressources » **

**(Wikipedia – https://fr.wikipedia.org/wiki/Surpopulation).

source/ https://eurolibertes.com/environnement/dangers-dune-denatalite-a-contretemps-europe-occidentale/


2017.06.04 Clip_3

2/- Évolution démographiques des pays musulmans

(Mai 2013) Les Musulmans représentent environ un cinquième de la population mondiale—soit 1,6 milliard de personnes. Ils forment la majorité de la population dans près de 50 pays et territoires concentrés en Asie et en Afrique (voir Tableau 1).1 Les Musulmans sont très divers, par la race, la langue et le degré de leur conservatisme religieux. Certains Musulmans vivent dans des pays où le gouvernement est influencé voire dominé par la loi islamique (tels que l’Arabie saoudite et l’Iran), tandis que d’autres vivent dans des pays à gouvernement séculier (comme la Tunisie et le Bangladesh).


Tableau 1
Pays avec plus de 50% de Musulmans

% de Musulmans

Afrique

Asie

Europe

90% ou +

Algérie

Afghanistan

Kosovo

Comores

Azerbaïdjan

Djibouti

Bangladesh

Égypte

Iran

Gambie

Irak

Libye

Jordanie

Mali

Maldives

Mauritanie

Territoire palestinien

Mayotte

Pakistan

Maroc

Arabie saoudite

Niger

Syrie

Sénégal

Tadjikistan

Somalie

Turquie

Tunisie

Turkménistan

Ouzbékistan

Sahara occidental

Yémen

70% – 89%

Guinée

Bahreïn

Albanie

Sierra Leone

Indonésie

Soudan

Koweït

Kirghizistan

Oman

Qatar

Émirats arabes unis

50% – 69%

Burkina Faso

Brunei

Tchad

Kazakhstan

Liban

Malaisie

Notes:

Le Territoire palestinien inclut la population arabe de Gaza et de Cisjordanie. Les populations de Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar et des Émirats arabes unis comprennent des résidents non-nationaux.
Source: Pew Forum on Religious & Public Life, The Future of the Global Muslim Population, Projections for 2010-2030 (Washington, DC: Pew Research Center’s Forum on Religion and Public Life, 2011).

%%%%

  • L’Indonésie abrite la plus grande population musulmane du monde—les Musulmans y représentent 212 millions des 241 millions d’habitants  = 88%.
  • Les 184 millions de Musulmans en Inde forment près 15% de la population du pays.
  • En Europe, le Kosovo et l’Albanie sont les deux seuls pays à majorité musulmane.
  • La France a la plus grande population musulmane en Europe de l’Ouest = 8%
  • Les Musulmans forment près de 5%  de la population du Royaume-Uni ;
  • ils sont moins d’1% dans la population des États-Unis.
  • Environ 18% de la population d’Israël est musulmane.

On dit souvent que l’Islam est la religion du monde qui augmente le plus vite. C’est fort probable, à cause du rythme de la transition démographique dans les pays à majorité musulmane par rapport au reste du monde.

Le processus de transition démographique comporte trois étapes :

  1. Dans le premier stade, tant les taux de mortalité que les taux de natalité sont élevés, ce qui résulte en un taux d’accroissement faible.
  2. Au cours du deuxième stade, la mortalité baisse suivie par le déclin ultérieur de la fécondité, ce décalage produisant une croissance démographique rapide.
  3. Dans la troisième et dernière étape de la transition, les taux de mortalité et de natalité sont tous les deux faibles, et à nouveau la croissance démographique est faible.
Si l’on examine dans un contexte global la croissance démographique des pays à majorité musulmane, c’est au Moyen Orient et en Afrique du Nord (dans la région MENA) que l’on trouve la plus forte concentration de pays qui ont plus de 90 pour cent de Musulmans dans leur population.

La région a connu une baisse rapide de la mortalité durant la seconde moitié du XXe siècle, tandis que la fécondité demeurait relativement élevée.

Le résultat a été qu’entre 1950 et 2000, la région MENA a connu la croissance démographique la plus rapide de toutes les grandes régions du monde. La croissance démographique de MENA a atteint un pic de 3 pour cent par an aux alentours de 1980, tandis que la croissance démographique du monde avait atteint un maximum de 2 pour cent par an plus d’une décennie auparavant.2

Aujourd’hui, l’Iran, le Liban, la Tunisie et la Turquie (tous dans la région MENA) ont terminé leur transition démographique, arrivant à des indices synthétiques de fécondité (ISF, le nombre moyen d’enfants par femme) de l’ordre de 2,1 enfants par femme (c’est le niveau de remplacement des générations), voire même en-dessous de ce niveau.

L’Indonésie et le Maroc sont presque là également. Mais à cause de leurs taux de fécondité élevés dans le passé, ces pays ont une structure par âge « jeune », et leurs populations vont continuer à s’accroître.

Par exemple, on s’attend à ce que la population iranienne s’accroisse de 79 à 100 millions  entre 2012 et 2050; celle de l’Indonésie pourrait passer de 241 à plus de 300 millions. Dans les deux cas, la population va augmenter d’environ 25 pour cent.

La vitesse d’accroissement sera plus rapide dans les pays qui se trouvent dans les stades initiaux ou intermédiaires de leur transition démographique, en particulier dans les pays concernés en Afrique subsaharienne.

  • L’ISF du Niger, qui est de 7,1, amènera un triplement de la population, qui atteindra 54 millions en 2050.
  • De même, l’ISF du Mali, qui est de 6,3 enfants par femme, fera augmenter la population de 16 millions en 2012 à 45 millions en 2050.
  • La population du Nigériale pays le plus peuplé d’Afriquedevrait plus que doubler d’ici 2050, pour atteindre plus de 400 millions d’habitants. Aujourd’hui, près de la moitié 48% de la population du Nigéria est musulmane, suivant les estimations du Pew Forum on Religion & Public Life, mais dans deux décennies les Musulmans devraient devenir la majorité là aussi.

Le Tableau 2 présente deux indicateurs importants de transition démographique, à savoir l’espérance de vie à la naissance et l’ISF, pour les pays qui abritent les 10 populations musulmanes les plus importantes dans le monde.

Tableau 2
Les 10 populations musulmanes les plus importantes

 

Pays

Population musulmane mi-2012 (millions, est.)

Population totale,

mi-2012 (millions)

%

Musulmans

2010

Espérance de vie à la naissance, Deux Sexes (années)

ISF

(enfants par femmes)

Indonésie

212,3

241

88,10%

72

2,3

Inde

183,9

1,259,7

14,6%

65

2,5

Pakistan

173,9

180,4

96,4%

65

3,6

Bangladesh

138,2

152,9

90,4%

69

2,3

Nigeria

81,5

170,1

47,9%

51

5,6

Iran

78,7

78,9

99,7%

70

1,9

Égypte

77,9

82,3

94,7%

72

2,9

Turquie

73,9

74,9

98,6%

73

2

Algérie

36,7

37,4

98,2%

73

2,9

Maroc

32,6

32,6

99,9%

72

2,3

Sources:

Les populations musulmanes (estimations) et les pourcentages de Musulmans viennent du Pew Forum on Religion & Public Life, The Future of the Global Muslim Population. Projections for 2010-2030 (Washington, DC: Pew Research Center’s Forum on Religion and Public Life, 2011); la population totale, l’espérance de vie à la naissance et l’indice synthétique de fécondité (ISF) sont tirés du Population Reference Bureau, Fiche de données sur la population mondiale 2012 (Washington, DC: Population Reference Bureau, 2012).

Il est difficile de prévoir le rythme de la transition démographique d’un pays. L’Iran a surpris le monde quand son ISF est tombé de 5,6 en 1985 à 2,0 en 2000—la baisse la plus rapide jamais enregistrée.3 Par ailleurs, les baisses de fécondité qui avaient commencé en Égypte et en Jordanie se sont maintenant arrêtées; l’Égypte a un ISF de 2,9 et la Jordanie, de 3,8 (3,5 selon la dernière enquête4), toujours loin du niveau de remplacement.

Pendant la transition démographique, les pays connaissent une transformation de leur structure par âge et doivent faire face à un phénomène connu sous le nom de « surplus des jeunes »—quand les jeunes constituent une proportion importante de leur population, ce qui a pour effet d’alimenter le momentum de croissance démographique. À ce jour, près d’un tiers des populations en Égypte et au Pakistan sont âgées de 15 à 29 ans.

Si l’on tient compte de la place des pays à majorité musulmane dans le schéma de la transition démographique, on remarque que la plupart des pays à majorité musulmane (plus le Nigéria) ont toujours des indices de fécondité au-dessous de la moyenne mondiale de 2,4 enfants par femme. Pour les années à venir, l’Islam pourrait en effet rester la religion qui connaît la croissance la plus rapide.


Farzaneh Roudi-Fahimi est Directrice de programme, Programme Moyen Orient et Afrique du Nord, Population Reference Bureau. John F. May est Chercheur en visite au PRB. Allyson C. Lynch est Stagiaire au PRB.


Références

  1. Carl Haub et Toshiko Kaneda, Fiche de données sur la population mondiale 2012 (Washington, DC: Population Reference Bureau, 2012); UN Population Division, World Population Prospects: The 2010 Revision (New York: UN Population Division, 2011); et Pew Forum on Religion & Public Life, The Future of the Global Muslim Population, Projections for 2010-2030 (Washington, DC: Pew Research Center’s Forum on Religion and Public Life, 2011). Voir aussi Hans Groth et Alfonso Sousa-Poza, Édits, Population Dynamics in Muslim Countries: Assembling the Jigsaw (New York: Springer, 2012).
  2. Farzaneh Roudi-Fahimi, Population Trends and Challenges in the Middle East and North Africa (Washington, DC: Population Reference Bureau, 2001).
  3. Farzaneh Roudi-Fahimi, Iran’s Family Planning Program: Responding to a Nation’s Needs (Washington, DC: Population Reference Bureau, 2002).
  4. The Hashemite Kingdom of Jordan, Jordan Population and Family Health Survey 2012. Preliminary Report, Amman: Department of Statistics & MEASURE DHS, ICF International, Calverton, Maryland, USA.

source/ http://www.prb.org/FrenchContent/2013/demographics-muslims-fr.aspx

https://fr.wikipedia.org/wiki/Surpopulation).
Voir aussi sur le Web (entre autres) : http://www.prb.org/FrenchContent/2013/demographics-muslims-fr.aspx : sur l’évolution démographique des pays musulmans ; http://negropoliticus.over-blog.com/article-4009506.html : où il est question de la pyramide sociale en Côte d’Ivoire.


SOURCE/ http://www.prb.org/FrenchContent/2013/demographics-muslims-fr.aspx

 

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