1745 – ONU – Conseil de sécurité – l’Envoyé spécial pour la Syrie appelle à faire de la « crise » née de l’attaque chimique l’occasion de faire avancer le processus politique + 2ème Séance – Votes du 12/04/2017

1/- Conseil de sécurité: l’Envoyé spécial pour la Syrie appelle à faire de la « crise » née de l’attaque chimique l’occasion de faire avancer le processus politique

2/- Conseil de sécurité: veto russe au projet de résolution sur la Syrie et le lancement d’une enquête après l’attaque à l’arme chimique de Khan Cheikhoun

 

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The United Nations Security Council meets on the situation in Ukraine on March 1, 2014 at UN headquarters in New York. AFP PHOTO/Stan HONDA

1/- Conseil de sécurité: l’Envoyé spécial pour la Syrie appelle à faire de la « crise » née de l’attaque chimique l’occasion de faire avancer le processus politique

  • Conseil de sécurité -7921e séance – matin

  • Intervenants :
    1. M. STAFFAN DE MISTURA, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie
    2. M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni)
    3. M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte)
    4. M. FRANÇOIS DELATTRE (France)
    5. M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay)
    6. M. FODÉ SECK (Sénégal)
    7. M. KORO BESSHO (Japon)
    8. M. LIU JIEYI (Chine)
    9. M. OLOF SKOOG (Suède).
    10. M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan)
    11. M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie)
    12. M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie)
    13. M. SEBASTIANO CARDI (Italie)
    14. M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine)
    15. M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie)
    16. Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis)
    17. M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne)

« Considérons ce moment de crise -et c’est un moment de crise- comme la possibilité de faire preuve de sérieux dans le processus politique », a déclaré, aujourd’hui, au Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie, en parlant de l’attaque chimique contre la localité de Khan Cheikhoun, en Syrie, la semaine dernière.  M. Staffan de Mistura a insisté sur la possibilité de faire avancer les négociations intersyriennes à Genève, dont le dernier cycle, qui s’est achevé le 31 mars, a été marqué par des progrès « objectifs ».

Les développements de ces derniers jours ont fait bouger les lignes, a acquiescé le délégué de la France qui a dit percevoir les conditions d’un réengagement de tous les principaux acteurs en faveur d’une solution politique syrienne.  « Sachons saisir ce moment, un moment de vérité, sachons saisir cette opportunité, sachons assumer ensemble nos responsabilités devant l’Histoire », a-t-il dit.  Le représentant français a indiqué que le projet de résolution porté par son pays, le Royaume-Uni et les États-Unis, et dont la mise aux voix devrait intervenir plus tard dans la journée, réaffirmait l’importance du régime de non-prolifération, « bafoué en Syrie ».

L’Envoyé spécial du Secrétaire général a entamé son propos en notant que les discussions de Genève s’étaient déroulées dans un climat satisfaisant, même s’il n’y avait pas eu de « percée ».  Tous les acteurs ont convenu de participer au sixième cycle qui doit commencer à la mi-mai à Genève, s’est félicité M. Staffan de Mistura, en espérant que les pourparlers débouchent un jour sur des négociations réelles.

Il a également souligné l’approfondissement des discussions sur la nécessité de doter la transition en Syrie d’une base constitutionnelle solide.  Les questions constitutionnelles sont l’un des quatre domaines de négociation, avec la gouvernance, les élections et la lutte antiterroriste et sécurité.  Ces progrès « fragiles » ont néanmoins été supplantés par l’intensification des combats en Syrie, a regretté l’Envoyé spécial, avant de dénoncer les horreurs de Khan Cheikhoun qui ont choqué la « famille humaine ».

Mentionnant les 59 missiles Tomahawk lancés par les États-Unis après cette attaque, M. de Mistura s’est félicité, « à un moment aussi critique », des contacts diplomatiques de haut niveau entre les États-Unis et la Fédération de Russie, dont la visite en cours du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Moscou.  « Ces deux pays ont de profonds différends mais aussi des responsabilités et des intérêts communs », a-t-il déclaré, en les exhortant à appuyer le processus de négociation.

« La Russie aggrave son isolement chaque fois que Damas largue des barils d’explosif », a tout de même prévenu la déléguée des États-Unis, en appelant ce pays à cesser de « couvrir » Bashar Al-Assad qui ne saurait être un « partenaire pour la paix ».  Affirmant que l’attaque chimique de Khan Cheikhoun bafouait les affirmations de la Fédération de Russie, selon lesquelles il n’y avait plus d’armes chimiques en Syrie, elle a déclaré: « Les États-Unis ont été contraints d’agir. »

Son homologue de la Syrie n’y a vu que la « brutalité coutumière » des États-Unis, alors que le délégué de la France estimait que « le temps de l’impunité était désormais révolu ».  Celui du Royaume-Uni a souligné qu’il n’y avait aujourd’hui « pas de place pour Assad en Syrie » et celle des États-Unis, que son pays ne saurait appuyer « un processus qui protégerait Assad alors que ce dernier cherche à gagner du temps et continue de meurtrir sa population ».

Enjoint par cette dernière à se ranger du côté « du monde civilisé », le représentant de la Fédération de Russie s’en est pris nommément au délégué du Royaume-Uni, l’accusant de tout faire pour « saper la coopération entre la Fédération de Russie et les États-Unis ».  « Regarde-moi dans les yeux, ne détourne pas ton regard », lui a-t-il lancé, avant que le délégué syrien n’ironise sur le nouveau rôle que se chercherait le Royaume-Uni depuis sa sortie de l’Union européenne.

Le représentant russe a constaté que la « provocation de Khan Cheikhoun » apportait de l’eau au moulin des partisans d’une solution militaire en Syrie, et favorable à une enquête impartiale, il s’est étonné que les enquêteurs français aient d’ores et déjà établi la responsabilité de Damas.  Sur le plan politique, le représentant a mis en garde contre une « longue pause » dans le processus de Genève et souligné l’importance du processus d’Astana, qui vise à un cessez-le-feu en Syrie.

Un point de vue là encore éloigné de celui du représentant français qui a, au contraire, déclaré que « la cessation des hostilités, telle qu’elle devait être garantie par l’accord du 30 décembre 2016 et le processus d’Astana, n’existe plus ».  Estimant quant à lui que les processus de Genève et d’Astana se renforçaient mutuellement, l’Envoyé spécial a indiqué que l’ONU serait bien présente à la prochaine réunion des garants du processus d’Astana à Téhéran.

Certaines délégations se sont exprimées à propos du projet de résolution qualifié de « simple et d’équilibré » par le représentant français.  Si son homologue du Sénégal a dit garder « l’espoir de voir notre Conseil se retrouver autour de cette question essentielle de reddition des comptes », le délégué de la Bolivie a dit ne pas comprendre pourquoi un projet de résolution serait mis aux voix cet après-midi, alors qu’un veto est d’ores et déjà annoncé.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclarations

1/-M. STAFFAN DE MISTURA, Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie,

a déclaré que les enjeux étaient très importants: deux voies s’ouvrent à nous, l’une est la voie d’autres destructions et de divisions internationales encore plus approfondies, l’autre est la voie vers la désescalade et un cessez-le-feu respecté en Syrie; la seconde voie étant la seule permettant de mettre fin au « cauchemar syrien ».  M. de Mistura a souligné la nécessité d’un consensus entre les parties en vue d’appuyer le processus politique de transition en Syrie.  Il a indiqué à cet égard que le cinquième cycle de négociations à Genève avait été marqué par des progrès « objectifs », même s’il n’y a pas eu de « percée ».

Les discussions, qui ont abordé le fond du dossier syrien, se sont déroulées dans un climat satisfaisant, a-t-il noté.  Il a ajouté que tous les acteurs avaient convenu de participer au sixième cycle et précisé que les quatre questions –gouvernance, questions constitutionnelles, élections, lutte antiterroriste et sécurité- avaient été abordées en vue de préserver l’indépendance et l’intégrité de la Syrie.  Ces pourparlers restent d’actualité, a soutenu l’Envoyé spécial, en espérant qu’ils débouchent un jour sur des négociations réelles.  « Certains points sont plus clairs, en tout cas pour moi. »

M. de Mistura a jugé nécessaire que la base de la transition en Syrie soit constitutionnellement solide, notant qu’il y a eu à Genève un approfondissement des discussions à ce sujet.  Ces progrès « fragiles » ont néanmoins été supplantés par l’intensification des combats et un accès humanitaire toujours entravé, a-t-il regretté.  Il a lancé un appel aux garants du processus d’Astana pour qu’ils rétablissent la crédibilité du cessez-le-feu.  Les déclarations politiques faites après les pourparlers de Genève sont préoccupantes, a affirmé l’Envoyé spécial, en mentionnant l’intention du Gouvernement syrien de reconquérir tout le territoire syrien plutôt que de se concentrer sur le cessez-le-feu et un processus négocié.  Certaines voix de l’opposition ont également mis l’accent sur des reconquêtes militaires et mis en doute les pourparlers de Genève, a alerté M. de Mistura.

L’Envoyé spécial a dénoncé les « horreurs » causées par l’utilisation d’armes chimiques à Edleb la semaine dernière, lesquelles ont choqué « la famille humaine ».  La catastrophe syrienne est un affront pour le monde entier, a-t-il dit, ajoutant que les Syriens et le monde ne peuvent plus tolérer une telle situation.  Il a mentionné les 59 missiles Tomahawk lancés par les États-Unis contre la base de laquelle l’attaque chimique avait été lancée.  Depuis, nous voyons toujours plus de violence, a regretté l’Envoyé spécial qui a appelé à la retenue et souligné l’importance d’une stratégie et d’une certaine « imagination » pour trouver une solution politique en Syrie.  Ceux qui ne veulent pas d’une solution négociée, les fauteurs de troubles comme nous les appelons, veulent que nous tombions dans leur piège, a-t-il mis en garde.  Il a espéré le dépassement de la phase préparatoire pour aller au cœur des négociations en vue d’une transition négociée.  « Je reste à mon poste et prêt à convoquer de nouveaux pourparlers en mai. »

M. de Mistura s’est félicité, « à un moment aussi critique », des contacts diplomatiques de haut niveau entre les États-Unis et la Fédération de Russie, dont la visite en cours du Secrétaire d’État américain Rex Tillerson à Moscou.  Ces deux pays ont de profonds différends mais aussi des responsabilités et des intérêts communs, a-t-il déclaré, en les appelant à œuvrer pour stabiliser la Syrie et appuyer le processus de négociation.  Il a par ailleurs exhorté le Conseil  de sécurité à s’unir derrière le processus de Genève et invité les garants du processus d’Astana, qui doivent se rencontrer à Téhéran, à œuvrer pour consolider le cessez-le-feu en Syrie.  « Astana doit renforcer Genève et vice versa », a-t-il dit, indiquant que c’est la raison de la présence de l’ONU à Téhéran.  Enfin, l’Envoyé spécial a rappelé que seule une solution politique pourrait mettre fin au conflit sanglant en Syrie.  « Considérons ce moment de crise -et c’est un moment de crise- comme la possibilité de faire preuve de sérieux dans le processus politique », a-t-il conclu.

2/-M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni)

a constaté qu’en dépit des efforts de la communauté internationale et du Conseil de sécurité, le peuple syrien est toujours privé d’une solution politique depuis maintenant six ans, en raison de l’« appui honteux » de la Fédération de Russie au régime d’Assad.  Au cours de cette période, nous nous sommes réunis de manière répétée en espérant, « atrocité après atrocité », qu’Assad mettrait fin à l’effusion de sang, a-t-il rappelé.  Mais à chaque fois, celui-ci est allé plus loin, jusqu’à se livrer à des attaques à l’arme chimique contre son propre peuple, y compris la semaine dernière à Khan Cheikhoun, où du gaz sarin aurait été utilisé, a accusé le représentant britannique.  « Il est clair aujourd’hui qu’il n’y a pas de place pour Assad en Syrie », a tranché M. Rycroft.  Mais il existe une solution, contenue dans le Communiqué de Genève de 2012 et la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité, a-t-il argué.

Cependant, a déploré M. Rycroft, nous sommes toujours ici dans cette salle et le régime syrien, grâce à l’appui de la Fédération de Russie, ne manifeste aucune intention de mettre fin aux violences.  L’initiative de 2013 qui prévoyait le démantèlement et la destruction des stocks d’armes chimiques en Syrie s’est avérée être un écran de fumée, a dit avoir constaté le délégué.  Pourtant, il n’est pas trop tard pour que la Syrie mette un terme à ce conflit, pour que la Fédération de Russie cesse de lui prêter un appui, a souligné M. Rycroft.  Moscou peut encore créer l’espace politique nécessaire à un règlement politique du conflit, la délégation britannique étant prête à coopérer à cette fin.  Le représentant a, en conclusion, renouvelé son soutien aux États-Unis pour le bombardement du 6 avril, contre une base aérienne syrienne à la suite de l’attaque à l’arme chimique présumée à Khan Cheikhoun.

3/-M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte)

a déclaré qu’en dépit du désastre que constitue la crise syrienne, reconnu par tous, la crise n’a cessé de s’approfondir et de se complexifier.  Il a déploré qu’à chaque fois qu’une solution politique apparaisse à portée de main, de nouvelles dissensions, de nouvelles polarisations se font jour au sein de la communauté internationale, poussant les parties à redoubler d’efforts sur le plan militaire, ne provoquant en fin de compte que davantage de pertes civiles.  La poursuite de cette « guerre menée par procuration » ne débouchera sur aucune victoire, a assuré le représentant, qui a lancé un appel aux États ayant de l’influence sur les parties syriennes à l’exercer et les parties syriennes elles-mêmes à entamer des négociations sérieuses et à mettre de côté leurs intérêts à court terme.  Avant de réitérer son soutien à la recherche d’un accord sur la base de l’intérêt des Syriens, M. Aboulatta a souhaité qu’une enquête « neutre et indépendante » fasse la lumière sur l’incident survenu la semaine dernière à Khan Cheikhoun.

4/-M. FRANÇOIS DELATTRE (France)

a accusé la Syrie d’avoir eu recours, la semaine dernière à Khan Cheikhoun, à un agent neurotoxique contre son propre peuple.  La décision des États-Unis, a-t-il estimé, de frapper la base d’al-Chaayrate a répondu à la gravité de l’acte et de la menace et adressé au régime syrien le message qu’il aurait dû entendre depuis de longues années déjà: « le temps de son impunité est désormais révolu ».

La France, a poursuivi le représentant, a proposé, conjointement avec le Royaume-Uni et les États-Unis, un projet de résolution qui sera mis aux voix « tout à l’heure ».  Le texte « simple et équilibré » vise à rassembler le Conseil de sécurité autour d’un objectif fondamental: réaffirmer l’importance du régime de non-prolifération, « bafoué en Syrie », et la lutte contre l’impunité des auteurs d’attaques chimiques.

Le représentant a tranché: la cessation des hostilités, telle qu’elle devait être garantie par l’accord du 30 décembre et le processus d’Astana, n’existe plus.  La situation humanitaire se détériore.  Partout dans le pays, le régime resserre son étau autour des populations civiles, en refusant d’accorder les autorisations nécessaires aux plans mensuels de convois humanitaires.  Ne nous y trompons pas, a alerté le représentant, il s’agit là d’une politique délibérée d’obstruction et de siège, pour contraindre les opposants à se rendre et les populations à fuir, en violation des résolutions du Conseil et des principes fondamentaux du droit international humanitaire.

Les alliés du régime syrien ont la responsabilité de le contraindre à respecter enfin ses obligations, a voulu le représentant.  L’urgence est de contraindre le régime syrien à respecter la cessation des hostilités et à permettre enfin l’accès humanitaire à tous ceux qui en ont besoin.  Le régime de cessation des hostilités doit être complètement renouvelé.  Il nous faut éviter les « failles » antérieures et mettre en place un mécanisme plus inclusif, plus cohérent et plus robuste d’observation de la cessation des hostilités.

Nous ne pourrons plus faire comme si l’attaque du 4 avril n’avait pas eu lieu, a prévenu le représentant.  Nous ne pouvons plus faire comme si ce bilan de désolation et de chaos n’était pas, en premier lieu, le bilan du régime de Bashar Al-Assad.  Nous devons nous entendre aujourd’hui autour d’une évidence: une solution politique aboutissant à une véritable transition est plus urgente et nécessaire que jamais.  Tant que ce régime se maintiendra au pouvoir par la terreur et la destruction, avec la complicité de ceux qui le soutiennent, il n’y aura jamais de paix et de reconstruction de la Syrie.

L’urgence absolue, la priorité des priorités, a précisé le représentant, est la reprise des négociations pour « arracher » ensemble une solution politique.  Il appartient à chacun de nous d’exercer sur les protagonistes les pressions nécessaires pour qu’ils s’engagent sans délai et de bonne foi dans ces négociations.  Au-delà des choix politiques, au-delà des intérêts nationaux, au-delà même des considérations morales, c’est un « impératif de sécurité collective », a estimé le représentant.  Selon lui, les développements des derniers jours ont fait bouger les lignes, en créant les conditions d’un réengagement de tous les principaux acteurs en faveur d’une solution politique syrienne.  « Sachons saisir ce moment, un moment de vérité, sachons saisir cette opportunité, sachons assumer ensemble nos responsabilités devant l’Histoire », a-t-il conclu.

5/-M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay)

a rappelé que l’Envoyé spécial et le Secrétaire général de l’ONU n’étaient en aucun cas les principaux acteurs du dossier syrien.  Le Gouvernement, l’opposition, la société civile et les dignitaires syriens doivent prendre en mains les rênes de leur destin, a-t-il dit.  Le délégué a indiqué qu’il n’y avait qu’une seule solution possible en Syrie; « s’asseoir autour d’une table » et « Staffan de Mistura ne peut pas prendre des décisions qui reviennent aux Syriens ».  Le délégué a indiqué qu’une autre responsabilité revenait aux États tiers qui doivent cesser de s’ingérer dans le conflit pour marquer des points.  Une autre responsabilité revient à ce Conseil qui doit exercer des pressions sur les parties afin qu’elles s’engagent dans le processus de négociation, a-t-il déclaré.  Il a souhaité que le processus d’Astana soit étoffé et le cessez-le-feu consolidé, estimant qu’il n’y avait pas de place pour une solution militaire en Syrie.  Enfin, le représentant a condamné le recours aux armes chimiques en Syrie et demandé une enquête complète et impartiale sur l’attaque de la semaine dernière.

6/-M. FODÉ SECK (Sénégal)

a rappelé la priorité que constitue la lutte contre le terrorisme, en particulier le combat contre des groupes tels que l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL) et l’ex-Front el-Nosra.  À ce propos, il a réitéré la nécessité de mettre en œuvre une stratégie globale soucieuse du droit international humanitaire et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Évoquant l’attaque aux armes chimiques de Khan Cheikhoun, le représentant a dit garder « l’espoir de voir notre Conseil se retrouver autour de cette question essentielle de reddition des comptes ».  Il a insisté sur l’impératif d’un règlement pacifique du différend pour faire face aux défis que constituent l’usage répété d’armes chimiques, la prolifération de groupes terroristes et une catastrophe humanitaire sans précédent.  En conclusion, il a réaffirmé son appui en faveur d’une solution politique négociée, sur la base du Communiqué de Genève et de la résolution 2254 (2015).

7/-M. KORO BESSHO (Japon)

a regretté que les bonnes nouvelles du cinquième cycle des négociations intersyriennes de Genève soient contrastées par les terribles nouvelles du terrain.  Le recours à des armes chimiques la semaine dernière est un affront à l’humanité et une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Le représentant a aussi rappelé la situation humanitaire générale alors que 644 000 civils sont assiégés actuellement selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).  Il a dénoncé la faible coopération du Gouvernement syrien pour permettre aux acteurs humanitaires d’accéder aux populations dans le besoin et fait sienne la métaphore de l’Envoyé spécial qui qualifiait de « chaises à trois pieds » la situation en Syrie, à savoir le processus politique, certes plus stable, le cessez-le-feu, plus fragile que jamais, et l’accès humanitaire, des plus instables.  Le représentant a souligné le rôle crucial du Mécanisme d’enquête conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et de l’ONU.

8/-M. LIU JIEYI (Chine)

a souhaité que les pourparlers d’Astana continuent de jouer le rôle qui est le leur pour préserver le cessez-le-feu en Syrie et redonner un élan aux pourparlers de Genève.  Toutes les parties concernées doivent s’en tenir aux efforts diplomatiques et continuer de soutenir ceux de l’Envoyé spécial du Secrétaire général, a-t-il dit.  La Chine en appelle donc à toutes les parties syriennes pour qu’elles continuent de respecter le cessez-le-feu en vue de parvenir à une solution durable.  Le représentant a en conclusion rappelé que la lutte contre le terrorisme dans certaines parties de la Syrie est devenue plus complexe, exigeant de la communauté internationale qu’elle renforce sa coordination.

9/- M. OLOF SKOOG (Suède)

« Nous avons atteint un moment critique », a estimé M. OLOF SKOOG . Il a appelé le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour relancer le processus de paix, revitaliser le cessez-le-feu et augmenter l’accès humanitaire.  Le représentant a réaffirmé que seule une solution politique pourra mettre fin à la tragédie syrienne.  Saluant les conclusions de la cinquième série de pourparlers intersyriens à Genève, il a souhaité que la prochaine série commence le plus tôt possible.  À cette occasion, la délégation du Gouvernement syrien devra s’engager plus sérieusement sur tous les sujets discutés, a-t-il insisté.  Quant à la délégation de l’opposition, elle s’est engagée de façon constructive, mais elle devra poursuivre ses efforts pour maintenir l’unité.

M. Skoog a exhorté tous les garants de l’accord de cessez-le-feu à respecter leurs engagements dans le cadre du processus d’Astana et à intensifier leurs efforts, notamment pour trouver un mécanisme de surveillance plus efficace.  Il a ensuite demandé aux autorités syriennes de simplifier le processus d’approbation pour le passage des convois humanitaires de l’ONU qui se tiennent prêts à aider chaque semaine 300 000 personnes vivant dans des conditions « abominables ».  Enfin, le représentant a regretté que le Conseil n’ait pas pu, jusqu’à présent, se mettre d’accord sur une résolution forte, après l’attaque à l’arme chimique « répugnante » du 4 avril à Khan Cheikhoun.  Il a plaidé pour une enquête rapide, complète et impartiale pour que les auteurs de l’attaque soient poursuivis.

10/-M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan)

a appelé les parties à trouver un consensus sur une solution négociée en Syrie.  Il a plaidé pour l’inclusion de quasiment tous les groupes d’opposition à Genève, avant de dire son optimisme sur les progrès enregistrés à Genève tant sur le fond que sur la forme.  Insistant sur les conséquences régionales de la crise syrienne, il a exhorté les pays de la région et du Golfe à œuvrer pour que le cessez-le-feu soit respecté.  Le processus d’Astana est important pour ramener la confiance entre les parties, a poursuivi le délégué.  Préoccupé par l’emploi d’armes chimiques en Syrie, il a prôné l’unité du Conseil sur ce dossier.  Enfin, le représentant a salué la récente déclaration de la Ligue des États arabes sur le règlement de la crise syrienne, ainsi que le rôle joué par la Jordanie en particulier pour remédier à la crise humanitaire en Syrie.

11/-M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie)

a souhaité que l’attaque à l’arme chimique présumée de la semaine dernière à Khan Cheikhoun n’ait pas d’incidence sur le processus politique, réaffirmant l’importance de poursuivre un règlement pacifique du conflit.  Il nous faut donc apporter à cette fin tout notre appui aux pourparlers intersyriens et aux efforts de l’Envoyé spécial, a-t-il estimé, en assurant que « le moment est venu » pour le Conseil de donner son soutien à ce processus.  Le délégué a prié ceux des membres du Conseil qui ont une influence sur les parties au conflit à l’exercer.  En l’absence d’une application intégrale du cessez-le-feu, tout effort dans le cadre des pourparlers intersyriens sera « voué à l’échec », a prévenu M. Alemu.

12/-M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie)

a indiqué que son pays accompagnait le processus de Genève en vue de rechercher les compromis nécessaires pour ouvrir la voie à une solution acceptable pour tous.  Nous avons noué des contacts avec le Gouvernement syrien et un large éventail de groupes de l’opposition syrienne, a-t-il dit, en appelant à une intensification des efforts de M. de Mistura.  Demandant ainsi la poursuite du processus de Genève, il a mis en garde contre une « longue pause » comme cela avait été le cas en 2016.  « M. de Mistura, il ne faut pas baisser les bras », a-t-il conseillé, avant de dénoncer la déclaration faite plus tôt par le délégué britannique, lequel veut « compliquer les efforts de l’Envoyé spécial ».  Il a mis en garde contre toute exportation de la « confrontation et de l’inimitié » au sein de Conseil.  S’adressant au délégué britannique, il a affirmé que le Royaume-Uni faisait tout pour saper la coopération entre la Fédération de Russie et les États-Unis.  « Regarde-moi dans les yeux, ne détourne pas ton regard », lui a-t-il lancé.  « C’est pourquoi tu n’as rien dit du processus de Genève et n’a même pas écouté l’intervention de M. de Mistura. »

« Que faites-vous à Londres et à Paris pour la Syrie? » a poursuivi le délégué russe, en dénonçant l’idée d’un changement de régime.  « Vous avez perdu toute raison », a-t-il tranché, en estimant que le représentant britannique avait offensé dans sa déclaration la Turquie et l’Iran.  « Nous exigeons le respect du règlement intérieur de ce Conseil et de son ordre du jour et nous ne pouvons tolérer qu’un pays utilise un langage grossier et offense d’autres pays », a martelé le représentant russe.

Il a demandé que toutes les forces syriennes patriotiques participent aux négociations sur un pied d’égalité afin de préserver la Syrie en tant qu’État laïque et unitaire.  L’opposition doit être inclusive et consolidée et s’accorder sur une position unique, prenant en compte l’opinion des groupes clefs, a-t-il dit.  Il ne faut pas s’ingérer dans les efforts et laisser les parties négocier tranquillement, a poursuivi M. Safronkov qui s’est prononcé pour des discussions sans conditions préalables et qui a prévenu que les tentatives de l’opposition d’engranger des victoires militaires n’étaient pas admissibles.  Il a appelé les capitales concernées à calmer « les têtes brûlées » et enjoint Londres et Paris à travailler avec les groupes d’opposition et à appuyer le processus.  La provocation de Khan Cheikhoun apporte de l’eau au moulin des partisans d’une solution militaire en Syrie, a-t-il dit.  Plaidant pour une enquête impartiale, le délégué s’est étonné que les enquêteurs français aient d’ores et déjà déterminé la responsabilité de Damas dans cette attaque.

S’il n’est pas une panacée, a-t-il poursuivi, le processus d’Astana a une valeur unique, car il vise le cessez-le-feu.  M. Safronkov a plaidé pour un appui « unique » à ce processus et demandé une accélération des efforts de déminage en Syrie, dénonçant l’hypocrisie et le chantage qui veulent que les opérations de déminage ne commencent que lorsqu’il y aura un changement de régime à Damas.  Il s’est étonné de l’exclusion de Damas de la récente Conférence de Bruxelles pour un soutien à l’avenir de la Syrie, pendant laquelle « des milliards de dollars virtuels » ont été promis.  Une telle exclusion manque d’éthique et elle est arrogante, a-t-il affirmé.  Le dossier syrien pourrait être un modèle de coopération, a-t-il conclu, avant de dénoncer les « projets politiques destructeurs » contrevenant à l’objectif convenu.  Mon pays ne tolérera pas de tels projets au sein de ce Conseil, a-t-il prévenu.

13/-M. SEBASTIANO CARDI (Italie)

Après six ans de conflit, M. SEBASTIANO CARDI  a estimé que les attaques contre les populations civiles syriennes sont encore montées d’un cran dans la « barbarie », comme on l’a vu la semaine dernière à Khan Cheikhoun.  Il faut maintenant nous engager en faveur des pourparlers de Genève en mettant en œuvre toutes les étapes du processus politique prévu par la résolution 2254 (2015), a-t-il recommandé.  De leur côté, les pays ayant de l’influence sur Damas doivent l’exercer pour que le régime s’engage de bonne foi dans les négociations, a plaidé le représentant.  S’il a salué l’importance du processus d’Astana, garant du cessez-le-feu, il a toutefois regretté que celui-ci se soit « effondré ».  En outre, a poursuivi le délégué, l’accès humanitaire a été empêché dans différentes zones du pays.  Pour l’Italie, la lutte contre le terrorisme en Syrie doit s’accompagner de progrès sur la voie politique.

14/-M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine)

a regretté le manque de progrès dans les deux dernières séries de pourparlers intersyriens à Genève.  Qu’il s’agisse de la transition politique, de la constitution, des élections ou du contreterrorisme, il a dit ne pas voir beaucoup de raisons d’être optimiste.  Il a blâmé le manque de volonté politique, notamment de la part du régime syrien.  D’après lui, « le processus politique bloqué risque de créer des scénarios alternatifs qui ne plairont à personne ».  Damas et ses alliés doivent comprendre que l’approche « c’est ça ou rien » ne mènera nulle part et ne fera que prolonger la crise et alimenter les extrémistes, a insisté le représentant.  Aucun progrès politique ne sera possible sans une stricte adhésion à la lettre et à l’esprit du Communiqué de Genève de 2012, à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité et aux directives de l’ONU.

Selon le représentant, « la Russie a tous les moyens à sa disposition pour amener Damas et ses milices alliées à revoir leur approche militariste et à commencer à appuyer le processus politique et la réconciliation nationale ».  Il a recommandé de faire pression sur Damas et d’établir un mécanisme d’établissement des responsabilités en Syrie.  Maintenant, a-t-il conclu, il est temps de concentrer tous nos efforts sur le processus politique conduit à Genève sous l’égide des Nations Unies.

15/-M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie)

a réitéré son soutien aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général auprès des parties au conflit, qui ont permis d’organiser un cinquième cycle de négociations pour examiner un certain nombre de questions en suspens.  Il a demandé un travail conjoint des parties prenantes aux processus d’Astana et de Genève, lesquels sont complémentaires, priant aussi ces parties de s’abstenir d’une escalade des tensions sur le terrain.  Après avoir rappelé son opposition à toute action unilatérale, susceptible, pour sa délégation, de nuire à la recherche d’une solution politique, il a lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il défende le multilatéralisme, comme le prévoit la Charte.  M. Llorentty Solíz a dit ne pas comprendre pourquoi un projet de résolution serait mis aux voix cet après-midi, alors qu’un veto est d’ores et déjà annoncé.  « Qui bénéficie de la guerre en Syrie? »  Les terroristes de Daech et du Front el-Nosra et le « complexe militaro-industriel », qui profite économiquement de cette guerre.  Le représentant a espéré que le Conseil saura assumer ses responsabilités.

16/-Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis)

a indiqué que l’odieuse attaque chimique commise en Syrie la semaine dernière montrait « qu’Assad n’est pas un partenaire pour la paix ».  Cette attaque chimique bafoue les résolutions du Conseil mais également les affirmations de la Fédération de Russie, selon lesquelles il n’y avait plus d’armes chimiques en Syrie.  « Les États-Unis ont été contraints d’agir », a-t-elle dit, ajoutant que son pays ne détournerait pas les yeux de ce qui se passe en Syrie.

S’adressant à son collègue russe, elle a déclaré que la Russie aggravait son isolement chaque fois que Damas larguait des barils d’explosif.  La Russie aurait dû cesser depuis longtemps déjà de « couvrir » Assad et œuvrer à la paix, a-t-elle dit.  Si elle a convenu qu’une solution politique ne pourrait pas être trouvée du jour au lendemain, la représentante a exhorté le monde à s’atteler à la réalisation de cet objectif, ajoutant que les pays du Moyen-Orient étaient contre la brutalité d’Assad.  Elle a demandé à la Russie d’user de son influence pour que Damas respecte ses obligations et ménage un accès aux bases utilisées pour les attaques.  Mme Haley a plaidé pour un véritable cessez-le-feu en Syrie et un processus de négociation sérieux.  « La Russie doit se ranger du côté du monde civilisé s’agissant d’Assad. »

La déléguée a prôné « l’honnêteté » sur les agissements de l’Iran en Syrie, précisant que des généraux iraniens étaient présents aux côtés des généraux d’Assad et pointant l’implication du Hezbollah.  Dénonçant les actes barbares de l’Iran, devant lesquels la communauté internationale ne saurait rester les bras croisés, elle a demandé que le territoire syrien ne soit pas utilisé comme base arrière de l’Iran pour terroriser la région.  Mme Haley a déclaré que la pertinence de ce Conseil dépendait des mesures qu’il prenait pour la Syrie.  Le Conseil doit adopter des résolutions qui disent la vérité et que nous sommes tous prêts à défendre, a-t-elle poursuivi.  Elle a appelé les pays concernés à exercer leur influence auprès des groupes d’opposition.  Nous n’appuierons pas, a-t-elle conclu, un processus qui protégerait Assad alors que ce dernier cherche à gagner du temps et continue de meurtrir sa population.  Certains actes d’Assad ne sauraient plus être tolérés, a ajouté Mme Haley qui a réaffirmé l’attachement de son pays au processus visant à ramener la paix en Syrie.

17/-M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne)

a rappelé qu’en 2003, il avait été clairement établi, ici même au Conseil de sécurité, par des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Iraq.  « La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne l’encourage peut-être à se chercher un nouveau rôle sur la scène internationale en accusant aujourd’hui la Syrie », a dit constater le représentant, en rappelant les propos « mensongers » qu’avait tenus à l’époque Tony Blair.  Après avoir ironisé sur « l’éléphant américain qui a détruit la porcelaine iraquienne avec sa brutalité coutumière », le représentant a précisé qu’il s’exprimait devant le Conseil après trois mois d’absence, après avoir conduit la délégation syrienne aux processus d’Astana et de Genève.  Aujourd’hui, a-t-il mis en garde, l’Administration américaine a décidé de « ressortir » le « mensonge » des armes de destruction massive et de se livrer dans la foulée à une « agression militaire directe » contre la Syrie.

Les États-Unis « dirigent » le terrorisme en Syrie, des incidents récents ayant démontré, selon M. Ja’afari, que Washington a détruit des infrastructures syriennes vitales et offert une « couverture aérienne » au Front el-Nosra et à Daech.  Le « front du terrorisme » aurait aussi, selon lui, bénéficié du soutien d’Israël, qu’il a accusé d’avoir fourni un appui à Daech à Palmyre grâce à une « opération aérienne » menée le 17 mars 2017.  L’attaque à Khan Cheikhoun a été précédée de « manœuvres politiques », dans l’espoir de présenter un projet de résolution « provocateur » reprochant au régime syrien d’avoir utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, alors que ce sont les terroristes qui sont responsables de cette attaque, a-t-il affirmé.  Le délégué a accusé les soutiens des groupes terroristes de leur avoir remis des « produits chimiques toxiques » pour pouvoir ensuite « diaboliser » le régime syrien et justifier une intervention militaire.  Il a rappelé que plus de 90 lettres avaient été adressées ces dernières années au Conseil de sécurité par le Gouvernement syrien pour lui signaler l’arrivée de ces produits dans le pays.

Le représentant a assuré que l’ancien Ministre français des affaires étrangères de la France, M. Roland Dumas, aurait été informé dès 2009 d’une « conspiration » visant à détruire la Syrie, soit « deux ans avant le début de la crise syrienne ».  Alors que Barack Obama avait finalement décidé de ne pas attaquer la Syrie, « en raison de l’impopularité de cette intervention militaire » programmée dans l’opinion publique de ses alliés, voilà que la nouvelle Administration américaine, « au sujet de laquelle nous nourrissions des espoirs », « fabrique de toutes pièces l’incident » de Khan Cheikhoun, « parce que nous avions réussi à faire figurer la question de la lutte antiterroriste au nombre des questions examinées dans le cadre des pourparlers de Genève ».  Selon lui également, le conflit pourrait prendre fin en 24 heures si l’intégralité des mesures prévues par les pourparlers d’Astana étaient mises en œuvre.

L’attaque américaine a été perpétrée au moment d’une « détente diplomatique », a jugé le représentant, en essayant de comprendre cet « appétit brutal » à vouloir détruire son pays.  La Syrie, a-t-il souligné, a envoyé une lettre invitant le Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à dépêcher une équipe technique sur la base aérienne pour établir la vérité au sujet de l’utilisation des armes chimiques.  M. Ja’afari a donc accusé les États-Unis et le Royaume-Uni de saper les efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général et la recherche d’une solution politique.  « L’attaque américaine n’empêchera pas l’État syrien de poursuivre la guerre contre le terrorisme et de continuer à appuyer toute tentative véritable de parvenir à une solution politique », a assuré le représentant.


SOURCE/https://www.un.org/press/fr/2017/cs12791.doc.htm


2017.04.11 ONU united-nations

2/Conseil de sécurité: veto russe au projet de résolution sur la Syrie et le lancement d’une enquête après l’attaque à l’arme chimique de Khan Cheikhoun

  • Conseil de sécurité -7922e séance – après-midi

Plus que jamais divisé sur le dossier syrien, le Conseil de sécurité a, cet après-midi, rejeté un projet de résolution qui exigeait de toutes les parties qu’elles ménagent à la Mission d’établissement des faits de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et, « le cas échéant », au Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU un accès « sans délai et en toute sécurité » pour déterminer les responsabilités dans l’attaque à l’arme chimique présumée perpétrée à Khan Cheikhoun le 4 avril 2017.

Le veto de la Fédération de Russie –le huitième sur la crise syrienne– a eu raison du texte présenté par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni.  La Bolivie a également voté contre le projet; la Chine, l’Éthiopie et le Kazakhstan s’étant abstenus. 

Le représentant français s’est dit « atterré » par le résultat du vote, alors que ce texte « simple et équilibré », qui circulait parmi les membres du Conseil depuis une semaine, avait donné lieu à des « discussions de bonne foi ».  Il a qualifié cet échec de « terrible régression » pour le Conseil, quatre ans après la première attaque à l’arme chimique de la Ghouta.

Il n’était pas « judicieux » de mettre aux voix un projet de résolution, s’est justifié le représentant russe qui a indiqué que, lors de sa rencontre aujourd’hui avec le Secrétaire d’État américain, M. Rex Tillerson, le Ministre russe des affaires étrangères, M. Serguey Lavrov, a proposé une « déclaration commune » sur la mise sur pied d’une « mission internationale indépendante », « formée d’experts de haut niveau », qui se rendrait à Khan Cheikhoun et sur la base aérienne d’al-Chaayrate, cible de frappes aériennes par les États-Unis le 6 avril.  Le représentant, qui a voulu que l’on renonce une fois pour toutes aux enquêtes à distance, s’est dit convaincu que la proposition de son ministre serait favorablement accueillie par Washington.

Le texte rejeté demandait à la Syrie de fournir au Mécanisme d’enquête conjoint et à la Mission d’établissement des faits les « plans de vol », « journaux de bord » et autres informations concernant les opérations aériennes, y compris le 4 avril 2017, date de l’attaque de Khan Cheikhoun.  La Syrie aurait dû également fournir immédiatement aux enquêteurs un accès aux bases aériennes depuis lesquelles le Mécanisme ou la Mission « estime qu’une attaque comportant l’emploi d’armes chimiques aurait pu être lancée ».

Le représentant de la Bolivie s’est étonné que certaines délégations s’entêtent à présenter des projets de résolution faisant fi des préoccupations des autres membres du Conseil et qui seront donc « clairement » rejetés, un sentiment partagé par son homologue de l’Éthiopie.  Celui de la Chine a regretté des dispositions « inappropriées » qui, selon lui, risquent à terme d’aggraver les souffrances du peuple syrien.

Le problème du texte, a aussi argué le représentant russe, est qu’il « nomme » le coupable avant même qu’une enquête objective et indépendante ait été menée, « une démarche contraire aux normes et traditions judicaires les plus élémentaires ».  Il a par ailleurs fustigé les États-Unis pour avoir bombardé une base syrienne en violation du droit international.

En exerçant son droit de veto, a rétorqué la représentante américaine, la Fédération de Russie dit « non à la redevabilité, non à la coopération, non à une résolution qui aurait contribué à la paix en Syrie ».  Ce huitième veto russe contre un projet de texte sur cette crise démontre « l’arrogance et le mépris de l’humanité » de Moscou, qui refuse d’user de son influence sur le régime de Bashar Al-Assad pour mettre fin aux tueries, a tranché la représentante.

Une nouvelle fois, le délégué syrien a affirmé que son pays est « plus que jamais » déterminé à découvrir les véritables responsables des attaques à l’arme chimique commises dans son pays.  Il a réitéré ses propos sur l’entrée de produits et d’armes chimiques sur le territoire syrien en provenance de Turquie et qui finissent dans les mains de groupes armés et terroristes.  Une argumentation qui n’a pas convaincu le représentant de la France.  Ce dernier a vu dans l’attaque du 4 avril, la « responsabilité évidente » de Damas, hier comme aujourd’hui.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT

Déclarations avant le vote

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni)

s’est dit honoré de présenter un projet de résolution relatif aux évènements survenus à Khan Cheikhoun, qui exigeaient une action du Conseil de sécurité.  Cette action découle de la détermination du Conseil, réaffirmée par ses résolutions, à détruire toutes les armes chimiques présentes en Syrie et à faire en sorte que ceux qui utilisent ce type d’armes répondent de leurs actes.  Le représentant a en conclusion souligné la nécessité pour la Mission d’établissement des faits de se voir ménager un accès illimité.

M. VLADIMIR K. SAFRONKOV (Fédération de Russie)

a annoncé que lors de sa rencontre aujourd’hui avec le Secrétaire d’État américain, M. Rex Tillerson, le Ministre russe des affaires étrangères, M. Serguey Lavrov, a proposé une « déclaration commune » sur la mise sur pied d’une « mission internationale indépendante » qui se rendra à Khan Cheikhoun et sur la base aérienne d’al-Chaayrate.  Dans la mesure où la Russie s’attend à ce que Washington réponde « favorablement à cette demande », le délégué a estimé qu’il n’était pas judicieux de mettre aux voix le projet de résolution aujourd’hui.

Déclarations après le vote

M. RYCROFT (Royaume Uni)

Reprenant la parole, a regretté que le Conseil de sécurité n’ait pas su saisir l’occasion de donner un signe d’espoir au peuple syrien après six ans de conflit.  Il a estimé que l’attaque chimique du 4 avril dernier est le pire des actes humains.  « Nous savons maintenant que c’est bien le gaz sarin ou un gaz semblable qui a été utilisé et que le régime syrien en est responsable », a insisté le représentant qui s’est dit « choqué » que la Fédération de Russie ait opposé un veto à une résolution qui appelle à la mise en place d’une équipe d’enquête.  C’est la huitième fois, a-t-il rappelé, que la délégation russe exerce son véto pour protéger le régime syrien.  Comment peut-on voir le visage des enfants victimes de l’attaque au gaz et rester passif? s’est emporté le représentant, dénonçant le fait que cet appel à la justice pour les enfants n’ait pas été entendu.  Il s’est dit persuadé que la Fédération de Russie a l’influence nécessaire pour pousser le Gouvernement syrien au dialogue et au respect du cessez-le-feu.  Il a donc exhorté la Fédération de Russie à répondre à l’appel du G7.

M. FRANÇOIS DELATTRE (France)

s’est dit atterré par le résultat du vote aujourd’hui.  La réaction de ce Conseil a, une nouvelle fois, été empêchée par l’exercice injustifié du veto par la Fédération de Russie.  Il a profondément regretté l’incapacité du Conseil à s’accorder sur un texte simple et équilibré, visant à condamner et à faire la lumière sur ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun.  Nous avions pourtant pris soin d’engager des discussions de bonne foi sur ce projet, a-t-il déploré.  « Nous échouons, une fois de plus, à être à la hauteur des responsabilités que nous avons nous-mêmes édictées. »  Il a condamné la « terrible régression » du Conseil, quatre ans après le massacre de la Ghouta en août 2013.

L’attaque de Khan Cheikhoun apparaît comme l’ultime exemple de la duplicité abjecte d’un régime jusqu’au-boutiste, a poursuivi le délégué, en pointant la « responsabilité » évidente de Damas.  Il a estimé que le Moyen-Orient ne connaîtra pas la paix et la sécurité tant que sera maintenu au pouvoir un régime coupable de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité.  La destruction par des frappes américaines de l’installation militaire du régime syrien utilisée pour des bombardements chimiques a constitué une réponse légitime face à un crime de masse qui ne pouvait pas rester impuni, a déclaré M. Delattre.  Soulignant que le massacre de Khan Cheikhoun aurait dû renvoyer chacun à ses responsabilités, il a déploré le cynisme de ceux qui, en protégeant un régime indéfendable, cautionnent la poursuite de la barbarie.  « Comment peut-on couvrir, éluder, de manière répétée, systématique, l’emploi d’armes de destruction massive contre des innocents? »

Le représentant a indiqué que son pays ne se résoudra pas à ce constat d’impuissance et que son objectif est toujours le démantèlement du programme chimique syrien.  « Cette tragédie nous rappelle que seule une véritable transition politique permettra de garantir la paix et la sécurité au peuple syrien et le retour de la stabilité au Moyen-Orient », a-t-il conclu.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte)

s’est dit consterné que le Conseil de sécurité n’ait pu adopter une résolution condamnant l’attaque chimique dans la région de Khan Cheikhoun et appelant à faciliter le travail du Mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU.  Il a exhorté les parties syriennes à coopérer avec les mécanismes internationaux pertinents pour parvenir à la justice et mettre en œuvre les résolutions 2235 et 2218 du Conseil de sécurité.

M. SEBASTIANO CARDI (Italie)

a dit qu’il aurait souhaité l’unité du Conseil pour agir rapidement et répondre aux attentes de la communauté internationale après l’attaque à l’arme chimique.  Après avoir demandé à toutes les parties de coopérer avec l’OIAC, le représentant a prévenu que, « tant que personne n’aura de comptes à rendre pour des crimes contre l’humanité, l’impunité persistera ».  Il est inquiétant, a-t-il avoué, de voir que le droit international humanitaire continue d’être « foulé aux pieds ».  Le respect des résolutions et du régime de non-prolifération aurait dû unir le Conseil au lieu de le diviser, a-t-il ajouté, en encourageant les membres à aider les parties à continuer de rechercher une solution politique.

M. KORO BESSHO (Japon),

qui a voté en faveur du texte, a regretté que le Conseil affiche sa « désunion », même si, selon lui, le rejet d’aujourd’hui ne doit pas infléchir la détermination du Conseil à faire toute la lumière sur les circonstances de l’incident de Khan Cheikhoun.

M. LIU JIEYI (Chine)

a condamné tout recours aux armes chimiques et appuyé l’idée d’une enquête conjointe entre l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et l’ONU pour collecter des preuves permettant de traduire en justice les responsables de ce crime.  Le représentant a regretté l’échec du Conseil qui traduit les fortes divisions entre les membres.  Tout en appuyant les éléments de langage du projet de résolution, il a expliqué son opposition par le fait que le texte contient des dispositions « inappropriées » qui risquent à terme d’aggraver les souffrances du peuple syrien.

M. SAFRONKOV (Fédération de Russie)

a expliqué son opposition « catégorique » à un projet de résolution « unilatéral » qui n’a pu faire l’objet d’aucun amendement durant les négociations.  Le problème du texte est qu’il nomme le coupable avant même la conduite d’une enquête objective et indépendante.  « Cette démarche est contraire aux normes et traditions judiciaires les plus élémentaires », a estimé le représentant russe, relevant aussi que les frappes aériennes contre une base syrienne sont contraires au droit international.  Nous sommes extrêmement préoccupés, a-t-il confié, que huit jours après l’attaque chimique, aucune décision claire n’ait été prise pour mener une enquête sérieuse.  Il a jugé urgent de dépêcher sur place une équipe internationale composée d’experts de haut niveau pour déterminer si des armes chimiques ont bien été utilisées et, si oui, dans quelles circonstances.  Cela suppose un accès sans entrave et sûr au lieu de l’attaque, a-t-il dit, avant d’appeler à l’abandon des enquêtes à distance.  « Je vous demande d’arrêter d’insulter la Russie », a lancé, une nouvelle fois, le représentant aux autres membres du Conseil.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie)

a estimé que l’absence d’unité porte toujours atteinte à un processus, quel qu’il soit.  Il a jugé tout à fait regrettable de voir que le Conseil de sécurité n’ait pu agir après des informations faisant état d’une attaque à l’arme chimique, en raison de l’opposition des « porte-plumes » de tenir compte des attentes des autres délégations, comme l’Éthiopie.  Le représentant a en effet regretté que le projet n’ait pu être amendé lors des consultations à huis clos.

M. OLOF SKOOG (Suède)

a souligné la responsabilité des États membres du Conseil d’agir face à l’emploi d’armes chimiques et de ne pas politiser cette question.  La Suède a œuvré inlassablement pour l’adoption urgente d’une résolution robuste, condamnant l’attaque présumée, appuyant une enquête rapide et approfondie et demandant des comptes aux responsables, a-t-il déclaré.  Estimant que le Conseil avait la chance, avec ce texte, de parler d’une seule voix et d’envoyer un signal fort de son rejet des armes chimiques, M. Skoog s’est dit profondément déçu que le Conseil ne soit pas parvenu à l’unité sur une question « où il doit y avoir un terrain d’entente ».  Le délégué a regretté le veto de la Fédération de Russie, avant d’appeler le Conseil à s’unir pour une reddition des comptes.  « Nous continuerons nos efforts à cet égard », a-t-il promis.  Il a appelé les mécanismes d’ores et déjà en place à mener une enquête rapide et impartiale pour établir tous les faits, avant de demander la pleine coopération du Gouvernement syrien.  La seule façon de mettre fin aux souffrances en Syrie est de faire avancer le processus politique de transition dans le cadre de la résolution 2254 (2015), a conclu le délégué suédois.

M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie)

a condamné énergiquement l’utilisation d’armes chimiques, quels qu’en soient les raisons et les auteurs, avant d’apporter son soutien au principe d’une enquête sur l’incident de Khan Cheikhoun.  Il a néanmoins dit avoir voté contre le projet de résolution parce que son pays refuse que le Conseil de sécurité soit utilisé comme « caisse de résonance » d’une propagande guerrière.  Il s’est étonné de voir que certaines délégations s’entêtent à présenter des projets de résolution qui font fi des préoccupations des autres délégations et qui seront donc clairement rejetés.  Le représentant a une nouvelle fois appelé le Conseil à l’unité pour préserver le processus politique et permettre l’acheminement de l’aide humanitaire en Syrie, mais aussi pour établir les responsabilités dans le respect du droit international.

M. KAIRAT UMAROV (Kazakhstan)

a déclaré que la seule solution qui peut s’imposer en Syrie est une solution politique.  Il a exhorté le Gouvernement syrien à assurer un accès sûr et sans entrave au Mécanisme d’enquête conjoint pour lui permettre de remplir sa mission.  À cette étape cruciale de la situation en Syrie, le représentant a exhorté le Conseil de sécurité à préserver son unité en s’appuyant sur les processus de Genève et d’Astana.

M. FODÉ SECK (Sénégal)

a souligné la nécessité d’une enquête internationale « objective, transparente et impartiale ».  Il a aussi souligné l’importance des travaux de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) via la Mission d’établissement des faits qui doit poursuivre ses efforts pour rassembler et analyser les informations de toute source disponible.

M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay)

a déclaré que la vérité est la première victime de la guerre et que c’est particulièrement le cas en Syrie.  Dans le cas de Khan Cheikhoun, la vérité devra être établie par le biais d’une enquête impartiale de large portée, a-t-il dit.  Convoquant George Orwell et « La ferme des animaux », le représentant a estimé qu’au Conseil, « certains animaux sont plus égaux que d’autres », plaçant beaucoup de membres dans la situation de choisir l’option la moins mauvaise.  Conformément au Code de conduite relatif à l’action du Conseil de sécurité contre le génocide, les crimes contre l’humanité ou les crimes de guerre, signé par 121 pays, les membres permanents doivent s’abstenir d’utiliser leur droit de veto lorsque de tels crimes sont commis, a rappelé le représentant.

M. VOLODYMYR YELCHENKO (Ukraine)

a avoué sa « honte » dans un Conseil qui n’a pas fait son travail après le crime horrible perpétré la semaine dernière à Khan Cheikhoun.  Il parlé de l’« échec » qu’incarne à ses yeux la Fédération de Russie et regretté que le Conseil n’ait pu exercer ses responsabilités en vertu de la Charte des Nations Unies, même s’il a tenu à remercier les « porte-plumes » d’avoir présenté ce texte.

Mme NIKKI R. HALEY (États-Unis)

a rappelé qu’une famille a perdu 22 de ses membres lors de l’attaque du 4 avril et que la plus jeune victime n’avait que quelques mois.  Avec ce veto, la Fédération de Russie dit non à la redevabilité, non à la coopération, non à une résolution qui aurait contribué à la paix en Syrie.  La Fédération de Russie préfère soutenir les actes d’un Assad pourtant condamné par l’ensemble du monde arabe.  La représentante a noté que le Mécanisme d’enquête conjoint et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ne cessent de répéter qu’Assad nie l’accès aux enquêteurs.  Ce huitième veto russe contre une résolution sur la Syrie montre un refus d’utiliser son influence sur le régime d’Assad pour mettre fin aux tueries, a insisté la représentante qui a exhorté la Fédération de Russie à se joindre à la grande majorité des pays qui souhaitent une solution politique, non sans fustiger « l’arrogance et le mépris de l’humanité » affichés par les Russes.

 M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne

À l’entame de son propos, M. BASHAR JA’AFARI a rejeté l’emploi d’armes chimiques quels que soient les circonstances ou les auteurs, souhaitant « plus que jamais » découvrir les véritables responsables des attaques à l’arme chimique dans son pays.  Dans le contexte d’une coopération « continue et transparente » avec l’OIAC, il a indiqué que sa capitale avait demandé le déploiement d’une mission « indépendante et neutre », avec l’assurance qu’elle aurait accès à la base aérienne d’al-Chaayrate.  En revanche, il a prévenu que la localité de Khan Cheikhoun étant placée sous administration du Front el-Nosra, la sécurité ne pouvait pas y être garantie.

Le représentant a toutefois rejeté le projet de résolution qui s’appuie sur des « termes politiques très habiles » de façon à « justifier une violation de la souveraineté » de la Syrie.  M. Ja’afari a indiqué qu’il avait informé l’Envoyé spécial du Secrétaire général pour la Syrie que des organisations terroristes en possession d’armes chimiques sévissent à Rif-Damas et à Hama.  Il a tenu à rappeler que ce n’est pas son pays qui a utilisé l’arme nucléaire à Nagasaki et Hiroshima, ni procédé à des essais nucléaires contre des Algériens au Sahara.  Ma délégation, a-t-il aussi rappelé, a adressé 90 lettres à deux organes pertinents de l’ONU, « la dernière datant d’il y a quelques jours », pour livrer des informations sur l’entrée sur le territoire syrien d’armes chimiques et de produits toxiques qui auraient transité par la Turquie.

Par ailleurs, a poursuivi le représentant, toutes les vidéos de l’incident de Khan Cheikhoun proviennent d’organisations qui se prétendent humanitaires, alors que les Casques blancs, par exemple, travaillent « sous l’égide des services de renseignements britanniques »M. Ja’afari s’est également livré à un réquisitoire contre les États-Unis, affirmant qu’il existe une volonté claire de dissimuler ce qui s’est passé en Libye avec la mort de l’Ambassadeur américain Chris Stevens.  Il s’est aussi tourné vers le délégué français, qu’il a accusé d’avoir tenu des « propos fallacieux » devant ce Conseil.  Le représentant a en conclusion remercié les délégations qui ont voté contre ou qui se sont abstenues de voter en faveur du projet de résolution.


source/https://www.un.org/press/fr/2017/cs12791.doc.htm