1697 – L’Euro ne séduit plus …7 articles

1- L’Euro ne séduit plus- 24 mars 2017

2- Une « Zone Mark Nord » serait à l’étude chez nos principaux voisins européens  – Anthony Alberti  -21 octobre 2016

3- La Pologne préfère son zloty à l’euro – BFM BUSINESS – 21/03/2017

4- Cygne Noir, ou le battement d’aile d’un papillon se transformant en ouragan –Le 12 mai 2011 par Charles Sannat + un ajout de 6 janvier 2017

5- Faut-il casser les règles de la création monétaire ? – Jean-François FAURE  (06/06/16)

6- Euro : pièces ou billets, une question de psychologie – A. Alberti (17/05/06)

7- Euro : pièces ou billets (suite) : la souveraineté nationale en question -A. Alberti (24/05/16)

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1- L’Euro ne séduit plus …

Alors que certains candidats à l’élection présidentielle française envisagent de sortir de l’euro, d’autres pays affichent de plus en plus clairement leur hostilité envers la monnaie unique européenne.


24 mars 2017


On le sait, l’euro est une devise artificielle, une monnaie mal-née qui a été introduite au chausse-pied (quand ce n’est pas au pied-de-biche) dans les porte-monnaies de près de 350 millions d’Européens dont les niveaux de vie sont souvent très différents.

C’est le progrès, a-t-on dit à l’époque, c’est ainsi que va la marche du monde, et il faut être en mesure de lutter, ou en tout cas de concurrencer, ce dollar qui ne cesse de prendre des parts de marché au détriment de nos économies.

L’euro a amplifié les différences entre les économies au lieu de les lisser

Mais justement, de ces économies nationales, il n’en est plus question depuis 15 ans, supplantées qu’elles sont par une pseudo-économie européennes aux contours aussi flous que ses effets sont contestables.

Aujourd’hui, alors que l’euro a été avant tout créé par les principales puissances européennes (l’Allemagne et la France en tête), ces mêmes pays envisagent aujourd’hui de se débarrasser de cet avorton encombrant, qui semble avoir fait plus de mal que de bien à feue la Communauté Européenne.

Car, de communauté, il n’y en a plus guère, l’euro ayant exacerbé les différences entre les pays en essayant de les aligner sur un modèle économique commun dont le résultat a été,

  • d’une part, de faire souffrir inutilement les nations les plus fragiles,
  • et d’autre part, de frustrer les nations les plus fortes agacées d’être continuellement tirées vers le bas par les pays qui n’ont pas le même niveau (ni les mêmes exigences de rigueur, pour certaines).

Ainsi, l’Allemagne, celle qui pourtant a plus ou moins offert son Deutsche Mark en guise de gabarit pour élaborer l’euro, celle-là même qui a vu un moment dans la monnaie unique le moyen d’étendre son influence économique et commerciale (voire politique) au continent européen tout entier, cette même Allemagne  réfléchit  actuellement à créer, au mieux une zone euro à deux vitesses, au pire une toute nouvelle zone monétaire basée sur une devise forte commune aux pays du nord de l’Europe [1- article suivant].

L’effet Brexit, ou la boîte de Pandore européenne

Ensuite, il y a eu l’effet Brexit qui, s’il se déroule comme prévu, risque bien de montrer à beaucoup de pays européens que, non seulement on vit très bien sans l’euro… mais même sans être dans l’Union européenne, tout en bénéficiant d’avantages commerciaux, économiques et même politiques non négligeables (à l’instar de la Suisse, par exemple, qui a toujours entretenu des relations extrêmement privilégiées avec l’UE sans jamais envisager pour autant d’en devenir membre).

Les premiers à se voir libérés de l’euro, voire de l’Union européenne, sont bien sûr les Néerlandais qui ont demandé au gouvernement des Pays-Bas d’organiser un référendum dès l’annonce des résultats de la Grande-Bretagne.

  • On a aussi la Suède, qui n’a jamais voulu de l’euro, certes mais que sa participation à l’Union aurait pu amener un jour ou l’autre à adhérer à la monnaie unique. C’est désormais totalement exclu.
  • En Espagne, en Italie, en Grèce et partout où l’euro a exacerbé les problèmes économiques (et aussi un peu mis à jour des méthodes de comptabilité publique pas toujours très orthodoxes), on appelle désormais de plus en plus ouvertement à la sortie de la monnaie unique. Ce ne sont pas encore des mouvements majoritaires, mais leur influence politique grandit jour après jour.

Même la Bulgarie, la Lituanie ou encore tout récemment la Pologne [2 article à suivre] (laquelle devait pourtant passer à l’euro l’année dernière), ont indiqué qu’il était désormais hors de question d’intégrer « un système monétaire devenu aussi instable ». On croit rêver…

En France, les eurosceptiques sont devenus majoritaires

Enfin, en France, les eurosceptiques ne se cachent plus, ils deviennent même populaires (pour ne pas dire populistes) et chaque candidat majeur à l’élection présidentielle du mois prochain y va de sa petite dose d’anti-europe pour séduire les quelques 53% de Français qui souhaiteraient être consultés par référendum sur le maintien du pays dans l’Union.

  • Cela va de la plus radicale Marine LePen qui veut totalement s’affranchir de la monnaie unique, de l’Union européenne et même un peu des engagements internationaux de la France, au plus modéré François Fillon qui se dit européen convaincu mais explique à qui veut l’entendre qu’il passera outre les règles communautaires en matière de déficit public si besoin. Sans oublier Jean-Luc Mélenchon qui continue à faire tourner sa petite musique politique d’un autre âge (qui rappelle d’ailleurs plus le 78 tours que le mp3) et qui, lui aussi, verrait bien la France sortir de l’euro mais cette fois pour entrer dans une ère nouvelle de prospérité digne des plus belles heures de l’URSS.

Au final, la plupart des pays européens ne veulent plus de l’euro, ou en tout cas se rendent compte aujourd’hui qu’ils n’en ont jamais vraiment voulu mais qu’ils ont cru aux beaux discours d’union et d’âge d’or qu’on leur a servis à la fin des années 1990.
Le réveil fut souvent douloureux et certaines économies nationales ne s’en sont jamais vraiment remises, mais ce sont surtout les citoyens qui comprennent aujourd’hui qu’on leur a imposé une monnaie qui ne leur apporte rien de très positif, hormis le fait de pouvoir dépenser de l’argent chez leurs voisins frontaliers.
En dehors de cela, avec une devise dont 97% de la masse monétaire alimente exclusivement les marchés financiers, de plus en plus de Français, d’Allemands, d’Espagnols, d’Italiens, de Portugais ou encore de Grecs ont compris qu’ils étaient devenus otages d’une monde sur-financiarisé qui peut les ruiner du jour au lendemain en dépit de tous les efforts qu’on leur demande sans cesse de faire pour améliorer la situation économique de leur pays.
Pas étonnant qu’un nombre croissant de citoyens aient choisi depuis une dizaine d’années maintenant de préparer un éventuel « après-euro », voire un « après-devises », en se constituant peu à peu un capital dans la seule et unique monnaie qui n’a jamais fait défaut dans toute l’histoire de l’humanité : l’or

Jean François Faure

Président d’AuCOFFRE.com, Jean-François Faure a fondé en 2007 ce service en ligne de placement en or physique avec garde en coffres, car l’or physique est pour lui le meilleur produit d’épargne pour sécuriser son patrimoine.
Afin de guider au mieux ces épargnants intéressés par les matières tangibles, il édite le blog LORetLARGENT.info, crée régulièrement des livres blancs sur des sujets pointus, et publie en 2011 un livre intitulé L’or, un placement qui (r)assure, livre qui sera réédité en 2012.
Fort de son expertise en épargne de précaution et investissements tangibles, il propose aux épargnants différents services: la Vera Valor, l’once d’or (frappée par AuCOFFRE.com) la plus vendue en 2012 et 2013, la VeraCarte, première MasterCard adossée à 100% d’or physique, et depuis peu, pour diversifier son patrimoine tout en le sécurisant, InvestDiamond.com, une plateforme de diamant d’investissement.

 

liens[]

  1.   http://www.loretlargent.info/allemagne/une-zone-mark-nord-serait-a-letude-chez-nos-principaux-voisins-europeens/18691/ 
  2.   http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/la-pologne-prefere-son-zloty-a-l-euro-1126685.html

source/ http://www.loretlargent.info/euro-2/leuro-ne-seduit-plus/19231/


2- Une « Zone Mark Nord » serait à l’étude chez nos principaux voisins européens

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Anthony Alberti  -21 octobre 2016 -Allemagne, Zone Euro

Un récent document publié par la Fondation Res Publica révèle que certaines banques centrales majeures, dont celle de l’Allemagne, envisageraient la possibilité d’une sortie de l’Euro et la création d’une zone monétaire indépendante assise sur un nouveau « mark » ressuscité pour l’occasion.

Dimanche 16 octobre 2016, une publication du think tank Res Publica (dirigé par Jean-Pierre Chevènement) dévoilait certains détails de l’intervention de Gaël Giraud, économiste et chef économiste de l’Agence française de développement (AFD), au colloque intitulé Les évolutions du contexte économique et financier mondial qui s’est tenu le 4 juillet dernier. Dans son allocution, l’économiste a indiqué avoir participé à des discussions autour de la création d’une nouvelle zone monétaire impliquant les pays du nord de l’Europe.

Les pays du Nord ne supportent plus ceux du Sud

En fait, lassés de « l’incapacité des pays du Sud à se mettre en rang face au règlement intérieur européen« , certaines banques centrales européennes (Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Finlande) planchent actuellement sur une éventuelle sortie de la zone euro en vue de reconstruire une « zone mark Nord ».

  • Et il est vrai que ces pays semblent particulièrement mécontents de l’union monétaire à laquelle ils ont dû se résoudre en impliquant des pays comme l’Espagne ou le Portugal, par exemple, dans leur grand projet de monnaie unique.
  • Des États selon eux mal gérés, impécunieux et à la limite de l’escroquerie institutionnelle, envers lesquels les Allemands considèrent d’ailleurs que les autorités européennes « dialoguent trop » alors qu’il faudrait au contraire durcir les sanctions et les appliquer sans sourciller.

À la base, il faut garder à l’esprit que l’euro a été construit comme une sorte de « super-mark » dont les mécanismes mais aussi la valeur relative n’étaient pas adaptés à tous les pays de l’Union européenne, à commencer par ceux dont l’économie était moins florissante que celle de l’Allemagne. C’est-à-dire à peu près tous les autres pays d’Europe.

  • Comme le dit Jean-Michel Naulot, auteur du livre Crise Financière – Pourquoi les Gouvernements ne font rien (éditions Le Seuil, 2013), « l’euro a succédé au deutschemark, pas à dix-huit monnaies« , ce qui a eu des effets sur la compétitivité de certains pays, notamment dans le sud de l’Europe… mais aussi en France, avec comme conséquence une désindustrialisation massive et continue de ces pays qui n’a pas facilité le maintien de leur croissance.

Les Allemands ne veulent plus être solidaires

Quoi qu’il en soit, totalement hermétiques à la notion de « communauté » monétaire européenne, qui veut que si un pays de la zone euro a des excédents, c’est que d’autres ont nécessairement des déficits, les Allemands comme leurs voisins nordiques refusent de payer pour les pays que l’euro aura juste contribué à enfoncer davantage dans le déficit chronique.

  • Et pourtant, ces mêmes Allemands sont les plus vindicatifs quand il s’agit de demander à viser un équilibre budgétaire universel, sans admettre pour autant que cet équilibre ne pourra survenir que si les pays ayant dégagé un excédent le redistribuent aux autres États de la zone euro.
  • Sans doute parce qu’aujourd’hui, le pays qui dégage le plus d’excédent, c’est l’Allemagne justement
  • Pourtant, à l’origine, c’est comme cela que le projet européen avait été « vendu » aux futurs États membres.

Aujourd’hui, alors que l’heure est venue de respecter ces engagements, les États du Nord préfèrent donc froncer les sourcils et jouer la carte de la réprimande en faisant planer le chantage d’une sortie de la zone Euro pour mieux se retrouver entre eux, loin de cette plèbe du Sud qu’il leur a bien fallu subir le temps de retrouver une situation économique plus digne de leur prestige.

Car n’oublions pas que l’économie allemande était loin d’être idyllique dans les années 90, au moment où le projet européen s’est accéléré sous l’égide du couple Kohl-Mitterrand, surtout après la réunification des deux Allemagnes qui a obligé celle de l’Ouest à éponger le colossal retard socio-économique de sa petite sœur de l’Est.

Désormais, après que le Brexit a montré qu’on pouvait revenir sur l’unité européenne, il semble que certaines voix jusqu’ici discrètes n’aient plus la moindre réticence à faire entendre certaines options pour le moins décomplexées.

Finalement, tout semble possible, il n’y a plus de sujet tabou, l’Europe n’est plus un sanctuaire intouchable. Et les dissensions qui apparaissent aujourd’hui entre ses membres mettent en lumière, non seulement l’échec du projet européen, mais aussi la nécessité de sa refondation profonde.

Reste à savoir si elle se fera en douceur et dans l’intérêt de tous les États, ou, au contraire, dans la violence et la crise avec le retrait des plus puissants qui laisseront alors les plus faibles totalement exsangues, dans un continent économiquement plus sinistré qu’avant la construction européenne.


Anthony Alberti : Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l’information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d’œuvre était constituée de l’argent des épargnants. Peu complaisant à l’égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd’hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens.

source/ http://www.loretlargent.info/allemagne/une-zone-mark-nord-serait-a-letude-chez-nos-principaux-voisins-europeens/18691/

3 – La Pologne préfère son zloty à l’euro

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Issue de la droite nationaliste, la Première ministre polonaise, Beata Szydlo, a affirmé que « pour la Pologne, il est plus avantageux de garder sa propre monnaie ».


BFM BUSINESS – 21/03/2017 à 16h42


La Pologne restera fidèle à sa monnaie nationale, a déclaré ce mardi sa Première ministre Beata Szydlo, à quelques jours du sommet européen dont plusieurs grands acteurs soutiennent l’idée d’une « UE à plusieurs vitesses » basée sur la monnaie commune.

« Pour la Pologne, il est plus avantageux de garder sa propre monnaie, le zloty », a indiqué Beata Szydlo, la chef du gouvernement conservateur nationaliste polonais, lors d’un chat en ligne avec des internautes. Elle a confirmé que Varsovie n’avait « aucun plan » pour rejoindre la zone euro.

Sommet européen ce week-end 

Ce week-end, les leaders de l’Union européenne doivent se réunir à Rome pour tracer l’avenir de l’UE post-Brexit. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne, ont annoncé qu’ils souhaitaient favoriser « une UE à plusieurs vitesses » dans le cadre de laquelle les membres de la zone euro pourraient pousser vers une plus grande intégration.

La Pologne, la plus grande économie d’Europe centrale, est l’un des neuf pays parmi les 28 membres de l’UE qui n’ont pas adopté la monnaie européenne


SOURCE /http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/la-pologne-prefere-son-zloty-a-l-euro-1126685.html


4 – Cygne Noir, ou le battement d’aile d’un papillon se transformant en ouragan

Black swan head and neck in front of blue and green background.

L’expression « cygne noir » désigne un événement hautement improbable. Ce n’est pas à proprement parler une prévision, mais plutôt un faisceau d’indices négatifs, en particulier lorsqu’ils sont appliqués à l’ensemble de l’économie. Une sorte d’effet papillon en plus négatif et chaotique.


Le 12 mai 2011 par Charles Sannat + un ajout de 6 janvier 2017

Cette théorie du cygne noir à été développée par le philosophe Nassim Nicholas Taleb. Un cygne noir représente un événement rare, ayant une faible probabilité de se dérouler. Mais si un tel événement vient à se produire, ses conséquences sont d’une portée considérable et exceptionnelle. Dans le domaine de la finance, un cygne noir est souvent sous-évalué en termes de prix.

Résumé de la théorie du cygne noir

« Un cygne noir est l’illustration d’un biais cognitif (erreur dans la prise de décision ou de comportement adopté face à une situation donnée). Si on ne croise et n’observe que des cygnes blancs, on aura vite fait de déduire par erreur que tous les cygnes sont blancs et c’est ce qu’ont, longtemps, cru les Européens, avant de faire la découverte empirique de l’existence des cygnes noirs en Australie au 18e siècle.
En réalité, seule l’observation de tous les cygnes existants pourrait nous donner la confirmation ou l’infirmation que ceux-ci sont bien toujours blancs mais prendre le temps et les moyens d’observer tous les cygnes de la Terre avant de confirmer qu’ils sont tous blancs n’est pas envisageable. Il est donc préférable de faire la supposition hâtive qu’ils sont blancs, dans l’attente de voir la théorie infirmée par l’observation d’un cygne d’une autre couleur.Ainsi construisons-nous des raisonnements à partir d’informations incomplètes, ce qui nous conduit à aboutir à des certitudes erronées. »

(voir Wikipédia).

Les cygnes noirs dans l’économie

La rapport de cette histoire avec l’économie et vos placements ? Assez simple. Lisez la suite.

Voici quelques exemples qui datent de l’époque où j’ai écrit cet article (en avril 2011).

  • S’agissant de la dévalorisation et de la défiance dans le dollar, des banques, de la Grèce qui depuis a été mise sous le joug de la troïka, de la dette US, du taux de chômage aux États-Unis… Ces cygnes noirs qui étaient alors encore inenvisageables il y a 7 ans font désormais partie de la réalité, avec des conséquences encore plus désastreuses au fur et à mesure que l’on avance dans le temps.
  • L’université du Texas prend de l’or pour sa trésorerie….(en 2011)
    Une information importante et passée totalement inaperçue est que l’université du Texas vient d’investir environ 1 milliard de sa trésorerie en or.
  • Les membres du Board voient l’or « juste comme une autre monnaie qui ne peut pas subir une impression de billets supplémentaire ».
  • Il est à noter que cette université forme également des économistes.

Alors que penser d’une telle stratégie? Simplement que de plus en plus de particuliers comme d’institutions commencent à avoir des doutes de plus en plus sérieux sur la pérennité du système économique mondial dans sa configuration actuelle.

Pourtant, c’était impossible et inenvisageable.

Des taux à deux ans qui dépassent pour la première fois les 25% pour la Grèce. Cela signifie que la Grèce est peut-être à quelques jours seulement d’un rééchelonnement de sa dette dans laquelle inévitablement les banques mondiales à commencer par les banques françaises laisserons quelques plumes.

  • A titre d’information, c’est le Crédit Agricole qui est la banque la plus exposée au risque grec en 2011, l’ensemble des banques étant tout de même concerné.

Pourtant, c’était impossible et inenvisageable.

La mise sous surveillance de la dette US par l’agence de notation Standard and Poor’s, (en 2011)

  • Pour ceux qui n’auraient pas encore compris ou qui ne souhaitent vraiment pas comprendre l’économie américaine reste la première économie mondiale en 2011. Un défaut de paiement US entrainerait le monde dans un chaos économique sans précédent. Les optimistes invétérés nous expliquent qu’ils n’y croient pas. Les mêmes d’ailleurs ne croyaient pas à un séisme d’une magnitude supérieure à 9, suivi d’un tsunami de plus de 15 mètres de haut, venant détruire 6 réacteurs d’une centrale nucléaire… et qui irradie un pays entier pour ne pas faire frémir avec une contamination entière de l’hémisphère  Nord. Encore un triste Cygne noir.

Pourtant, c’était impossible et inenvisageable.

Or qu’apprenons nous? que la Banque Morgan Stanley vient de faire un défaut de paiement volontaire de 3.2 milliards d’euros sur un immeuble qu’elle détient à Tokyo.(en 2011)

  • En clair peut importe ma perte, je n’en veux plus de cet immeuble. Quel peut être le mobile d’une telle décision qui est une première historique pour cette « vénérable » institution?

Pourtant, c’était impossible et inenvisageable.

Nous pouvons ajouter à cela que les CDS reflètent actuellement une anticipation d’annulation de la dette de certains pays européens pouvant atteindre les 75% (les CDS sont des « assurances » sur les risques de faillites).

Pourtant, c’était impossible et inenvisageable.

Et puis il y a la Chine qui souhaite diversifier ses réserves en devises et faire diminuer de manière significative sa détention de Dollars américains.[1]

  • En effet, l’érosion d’une monnaie est un moyen pour ne rembourser ses dettes qu’en monnaie de singe dévaluée. Mais cela se fait au détriment du détenteur de cette monnaie. Nos amis chinois ne semblent plus vouloir être les dindons de la farce.

Plus dramatique, Mc Donald (les restaurants) ont lancé une grande campagne de recrutement proposant 50 000 job en une journée.

  • Des scènes pathétiques prouvant à quel point la situation de nombre de familles américaines est désastreuse. Pas loin de 3 millions de personnes se sont présentées pour obtenir un travail, certaines campant même la vieille pour être sûres d’être reçues. La situation a carrément virée au drame à Cleveland [2 la vidéo].

Impossible de prévoir un cygne noir mais on peut s’en protéger ! par Jean-François FAURE 06.01.17

Il est évident que plus que jamais il est essentiel d’adopter une stratégie de placement particulièrement défensive.
J’invite les particuliers à prendre leurs bénéfices éventuels sur les marchés actions et à sortir des marchés financiers. Une prudence toute particulière est recommandée en ce qui concerne l’ensemble des titres des sociétés d’assurance et des banques.
Une part d’or d’environ 10% du patrimoine financier total est à envisager sérieusement afin de protéger ses actifs financiers.
Il est également conseillé sauf dans une perspective spéculative de sortir des placements obligataires et à commencer par le premier d’entre eux à savoir les fonds euros des contrats d’assurance vie. Ces fonds euros sont en très grandes majorité (environ 75%) composés de dettes souveraines c’est à dire d’obligations d’États.
Je ne sais pas si vous avez vu, mais je trouve que ces derniers temps nous croisons de plus en plus de cygnes noirs. Or comme tout le monde le sait les cygnes sont blancs…. jusqu’à preuve du contraire.

liens[]

  1.    http://french.news.cn/economie/2011-03/09/c_13767678.htm
  2.    http://www.lesinrocks.com/2011/04/news/a-cleveland-la-foire-a-lemploi-de-mcdonalds-vire-au-cauchemar/

source 1/ http://owni.fr/2011/05/12/crise-les-cygnes-noirs-sont-de-sortie/

source2/ http://www.loretlargent.info/economie/cygne-noir-avis-de-coup-de-vent-suivi-dune-tempete-pouvant-se-transformer-en-ouragan/3847/

5 – Faut-il casser les règles de la création monétaire ?

Jean-François FAURE  -6 juin 2016

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On a beau ne pas être d’accord avec le principe de création monétaire comme panacée universelle, il n’empêche que les banques centrales ont très probablement sauvé l’économie mondiale en injectant massivement de la monnaie sur les marchés après la crise de 2008.

Pour autant, force est de constater que c’est cette même politique d’argent facile qui a entraîné à son tour un endettement massif des agents économiques privés, mais aussi des États, faisant dire à certains économistes que le remède s’est finalement révélé plus nocif que le mal qu’il devait traiter.

C’est en tout cas l’avis de Adair Turner, actuel président de la FSA (l’autorité britannique de régulation des services financiers) et ancien dirigeant de la confédération de l’industrie britannique, qui a récemment publié un livre intitulé Between Debt and the Devil (littéralement « Entre la dette et le Diable ») aux presses universitaires de Princeton.

La planche a billets n’a pas eu les effets escomptés

Pour lui, l’afflux massif de liquidités a surtout contribué à favoriser les placements immobiliers et spéculatifs, sans pour autant rien changer au niveau de la demande. Or, c’est bien la demande qui incite les entreprises à investir durablement, et donc à assurer une base saine à la croissance.

  • Permettre l’endettement « facile » n’a pas boosté la demande, elle a au contraire poussé les agents économiques privés à augmenter leur patrimoine, à consolider leur sécurité économique future, bref à « épargner » davantage qu’à consommer au sens strict du terme.

Dans son dernier ouvrage, Adair Turner s’interroge donc sur la légitimité des banques centrales à créer de la monnaie, sachant qu’elles ne s’appuient que sur des considérations financières et non pas globalement économiques.

  • Selon lui (et il est loin d’être le seul à le penser) il faudrait, sinon retirer aux banques le pouvoir de création monétaire, au moins imposer des règles qui leur interdiraient de prêter plus d’argent que ce qu’elles ont reçu en dépôt.

En clair, on casserait tous les codes de la création monétaire actuellement en vigueur.

Les excès de la dette dans l’histoire

Et ses arguments ne sont pas tirés d’un chapeau car il énonce un certains nombre de problèmes qui se sont déjà présentés dans le passé et dont les conséquences n’ont jamais été très bonnes.

  • Par exemple, on le mentionnait plus haut, la politique des banques centrales a surtout profité au financement d’investissements mobiliers et spéculatifs, alors qu’il faudrait s’efforcer de stimuler l’investissement des entreprises (l’immobilier représente désormais en France plus de 370% du PIB).
  • Cette « financiarisation » de l’économie a fait que le secteur financier à progressé plus vite que tous les autres secteurs du marché, augmentant considérablement au
  • passage le niveau d’endettement du secteur privé (50 % du revenu national en 1950, contre presque 200% aujourd’hui).
  • Un schéma qu’on retrouve à différentes époques de l’histoire, durant les années qui précédèrent des bouleversements économiques majeurs :
    • première Guerre Mondiale en Europe,
    • krach boursier de 1929 aux États-Unis,
    • crise financière de 2008, etc.

En fait, la formidable croissance du crédit née de l’afflux de liquidités sur les marchés n’ayant pas profité à l’investissement productif, elle n’a pas provoqué l’apparition de nouveaux revenus qui auraient pu permettre le remboursement des dettes.

  • Une fuite en avant que Turner résume en disant : « On a l’impression que le crédit doit croître plus rapidement que le PIB pour assurer une croissance raisonnable de ce dernier, ce qui conduit inévitablement à la crise, au surendettement et à une récession post-crise« .
  • Plus de dettes pour rembourser les dettes précédentes…

Des solutions difficiles à appliquer…

Parmi les remèdes qu’il suggère, Turner évoque une refonte des systèmes fiscaux visant à réduire les inégalités.

  • De ce fait, les États auraient moins besoin de s’endetter pour tenter, justement, de rééquilibrer les injustices socio-économique vécues par leurs populations.

Il propose notamment de renforcer l’imposition du capital afin de financer des politiques de redistribution mieux ordonnées. Bien que cette mesure semble tirée d’un programme politique socialiste, elle n’en est pas moins libérale puisqu’elle propose justement de redynamiser l’économie des entreprises pour permettre à l’appareil productif des États de dégager suffisamment de profits en vue d’une plus juste répartition des revenus entre les individus.

  • En gros, libérer le marché des contraintes fiscales née du surendettement de l’État, lequel ne sait plus que taxer les revenus pour essayer de garder la tête hors de l’eau.

Il note d’ailleurs qu’au lieu de disperser des dizaines de milliards d’Euros à tous les vents au titre du Quantitative Easing, la BCE aurait été bien mieux inspirée d’appeler tous les pays de la zone Euro à réduire simultanément tous leurs impôts pendant 3 ans, en finançant cette réduction par l’émission d’obligations à long terme qui auraient ensuite été rachetées par la Banque Centrale Européenne.

  • Quitte à créer puis à dépenser de l’argent, les effets auraient indéniablement été plus forts, plus équitables et moins risqués.

Des réformes indispensables pour éviter l’éclatement de la zone Euro

Enfin, Turner évoque la possibilité de redonner aux États la capacité de créer de la monnaie, conscient néanmoins des difficultés techniques et politiques d’un tel changement.

  • Loin d’être une mesure anti-libérale, cette possibilité avait d’ailleurs été déjà proposée par Irving Fisher et Henry Simons, deux fervents partisans de l’économie de marché, qui considéraient toutefois qu’en termes de souveraineté et de cohérence économique, la création monétaire était trop importante pour être abandonnée aux banques.

Quoi qu’il en soit, Adair Turner prédit une « stagnation séculaire », voire une récession larvée, au sein de l’Union Européenne si les États, mais aussi les institutions européennes, n’acceptent pas un changement radical de politique monétaire.

  • En particulier, il reste persuadé que le rôle de la banque centrale devrait être limité au financement d’un déficit budgétaire à l’échelle de la zone Euro.

  • À défaut de consensus, il craint que l’issue ne puisse être qu’un éclatement de la zone Euro. Une issue d’ailleurs préférable, selon lui, à une stagnation durable.


source/http://www.loretlargent.info/economie/faut-casser-regles-de-creation-monetaire/18072/


6 – Euro : pièces ou billets, une question de psychologie

 

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Depuis 2011, la Monnaie de Paris milite avec cinq autres pays européens pour l’instauration d’une pièce de 5 euros à la place du billet. Or la BCE, quant à elle, préfère très nettement les billets… à cause de l’illusion qu’ils donnent aux gens d’être plus riches.

En avril 2016, l’Allemagne a lancé une nouvelle pièce de 5 euros ayant pour thème « La Terre – planète Bleue ». Outre le coup médiatique parfaitement préparé grâce à une présentation soignée au World Money Fair [1 vidéo allemande] à Berlin, cette pièce a surtout relancé le débat qui oppose depuis aujourd’hui 20 ans les partisans des pièces d’euro à ceux qui préfèreraient une généralisation des billets à partir de 1 euro.

La pièce, plus économique, inciterait les citoyens à plus dépenser

D’un côté, on trouve les pragmatiques, les économes, qui avancent avec raison les nombreux avantages des pièces de monnaie par rapport aux billets, et notamment leur durée de vie.

  • Ainsi, l’actuel président directeur général de la Monnaie de Paris, Christophe Beaux, explique pourquoi il milite depuis 5 ans pour le remplacement du moche billet de 5 euros par une belle pièce sonnante et trébuchante, «sur le modèle du 5 francs suisse», précise-t-il.
  • Et son argument massue, c’est que l’espérance de vie d’une pièce de monnaie atteint facilement les 40 ans, alors qu’elle dépasse rarement un an pour un billet.
  • Alors, certes, son coût de fabrication est plus élevé (en moyenne 5 fois plus), mais sur la durée, elle est beaucoup plus économique.

De leur côté, les Allemands voient un autre effet vertueux à la pièce, c’est qu’elle pousse plus facilement à la dépense.

  • Du point de vue des experts de Francfort, une nouvelle pièce entretiendrait l’idée auprès des citoyens que l’euro est inflationniste (et les marchés cherchent justement des signes d’inflation) : passer du billet à la pièce laisserait entendre que 5 euros n’ont plus la même valeur qu’avant.
  • D’ailleurs, il faut se souvenir qu’une pièce de 5 € était bel et bien prévue au démarrage de l’euro, puisque le coffret officiel des essais de frappe édité en 1996 en contenait une.

Et si on y a finalement renoncé, c’est surtout pour une raison… psychologique !

Le billet plus apte à circuler… et à donner l’impression qu’on est riche

Car en face des partisans de la pièce, on a tous ceux, peut-être un peu plus manipulateurs, qui ne jurent que par le billet, prenant modèle sur la devise américaine qui circule au format papier à partir d’un dollar seulement.

  • Pour ces partisans d’un futur billet de 1€, la notion de richesse perçue est fondamentale car, posséder des billets, même de faible valeur faciale, donnerait au consommateur le sentiment d’être plus riche, de « posséder de l’argent » et par conséquent du pouvoir d’achat.
  • La création d’un billet de 1 euro pourrait donc avoir un réel impact psychologique sur les consommateurs, avec peut-être des conséquences favorables sur la croissance.
La BCE elle-même n’est pas insensible à ces arguments, d’autant qu’elle subit régulièrement la pression des nouveaux pays entrés récemment dans l’union monétaire européenne, qui militent eux aussi pour la création de billets de 1 et 2 €, plus pertinents au regard de leur niveau de vie que des coupures de 200 ou 500 €.
Mais la Banque centrale européenne reste particulièrement réservée quant au coût de l’opération, car pour elle, un billet d’1 euro coûterait aussi cher à fabriquer qu’un billet de 500 euros, à savoir 6 centimes l’unité. Et on comprend qu’à coût égal, elle préfère produire des coupures à plus forte valeur faciale.
Pourtant, quelques signes semblent aller dans le sens de l’introduction d’un prochain billet de 1 €. Tout d’abord, alors que l’espace Schengen ne cesse de s’étendre, se balader avec des pièces de monnaie d’un bout à l’autre de l’Europe n’a aucun sens, sans oublier qu’un porteur de billets voyage bien plus facilement à travers le monde puisque les bureaux de change n’acceptent plus les pièces en dehors de la zone euro.

Si le dollar a acquis sa position internationalement dominante, c’est aussi grâce à son très symbolique billet de 1$ reconnu et apprécié jusque dans les coins les plus reculés et les plus pauvres de la planète.

Quant au second signe, il vient de la BCE elle-même qui a récemment décidé de ne plus fabriquer de billets de 500 euros (sous prétexte de lutter contre la fraude et le trafic de drogue). Avec l’économie d’une coupure en moins à produire, même si c’est loin d’être la plus courante, peut-être que la banque centrale européenne prépare le terrain pour un billet de 1€ dont le surcoût pourrait très largement être compensé par l’arrêt de la production de son équivalent métallique… dont les quelque 6 milliards d’exemplaires déjà en circulation sont de toute façon prévus pour encombrer nos poches jusqu’aux alentours de 2050.

 

Liens[]

  1.    https://www.youtube.com/watch?v=RC-YMUcYsRo

source/http://www.loretlargent.info/argent/euro-pieces-billets-question-de-psychologie/17940/


7 – Euro, pièces ou billets (suite) : la souveraineté nationale en question

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On sait que les États ont cédé aux banques centrales leur pouvoir régalien de fabriquer la monnaie, et c’est d’autant plus critique depuis la création de l’euro, puisqu’il s’agit là de plusieurs États qui ont remis leur destin financier entre les mains d’une seule et même entité « supranationale ».
  • Cependant, si l’émission de billets en euros est totalement verrouillée par la BCE,
  • les États conservent une certaine dose de souveraineté pour la fabrication de pièces de monnaie.
Une liberté que les autorités européennes ont toutefois bien pris soin d’encadrer strictement.

24 mai 2016


La BCE décide, mais ce sont les pays qui fabriquent les euros

La semaine dernière (article précédent), nous évoquions la lutte d’influence opposant les partisans d’une devise européenne émise majoritairement en billets et ceux qui préfèreraient donner plus de place aux pièces de monnaie.

Les arguments des deux camps étaient assez légitimes, qu’il s’agisse de raisons économiques ou psychologiques.

Mais il est un motif que nous avons volontairement laissé de côté, pour mieux l’aborder dans cette deuxième partie. Une raison qui explique pourquoi les autorités communautaires voient d’un très mauvais œil l’éventualité de nouvelles pièces de monnaie et qui les incite à privilégier les billets.

Historiquement, si l’euro est devenu la monnaie unique de plusieurs pays (qui ont dû pour cela abandonner leur devise nationale), c’est en grande partie pour tenter de favoriser l’émergence d’une identité européenne.

  • Aujourd’hui, on sait que ce fut une idée absurde tant il est vrai qu’on ne peut pas construire artificiellement une monnaie qu’on imposera ensuite à des nations très différentes, aux histoires distinctes et parfois antagonistes, en espérant qu’elle entraînera ensuite chez tous ces peuples un sentiment d’appartenance commune.
  • Et c’est sans doute pourquoi la création même de l’euro a bénéficié d’une particularité qu’on n’évoque que rarement et qui, pourtant, revêt une importance considérable en termes de souveraineté.

La Banque centrale décide du nombre de billets en euros à produire chaque jour, et chaque pays de l’union monétaire est en charge d’en fabriquer une partie (à l’exception de quelques territoires comme Andorre, Monaco, Saint-Marin et le Vatican, ainsi que le Monténégro et le Kosovo).

  • Les pièces aussi sont fabriquées dans chaque pays, mais chacun d’eux dispose en revanche d’une plus grande liberté quant au nombre et même au type de pièce qu’il peut produire.
  • Ainsi par exemple, pour la France, c’est la Monnaie de Paris qui fabrique les quelque 0,9 à 1,2 milliard de pièces nouvelles mises en circulation chaque année. Des pièces que l’État lui achète à moindre coût avant de les revendre, cette fois au montant nominal, à la Banque de France, celle-ci se chargeant enfin de les injecter sur le marché. De cette façon, même si la somme globale de monnaie en circulation dans le pays dépend des critères de la BCE, l’État conserve une certaine indépendance quant à la proportion de pièces et de billets qu’il veut voir circuler sur son territoire.

Les pièces : un enjeu de souveraineté nationale

Que se passerait-il si un pays décidait soudain d’augmenter considérablement le nombre de pièces (dont il a une relative maîtrise), au détriment donc des billets (dont la production dépend directement de la BCE) ?

  • Tout d’abord, il faudrait que sa population accepte tout-à-coup de se promener avec des kilos de pièces dans les poches !
  • Mais surtout, c’est à la BCE que revient le droit de fixer le volume maximum de pièces que chaque pays de la zone euro peut émettre (par exemple, il circule 150 pièces par habitant en France contre 250 en Allemagne).
  • Il est donc probable que le pays en question ne pourrait pas mettre son projet à exécution.

Néanmoins, les États conservent encore quelques maigres privilèges leur donnant l’illusion de pouvoir se soustraire à cette contrainte européenne.

  • Une fois par an, chaque pays peut notamment émettre une pièce de 2€ commémorative, c’est-à-dire une pièce destinée à commémorer un événement historique ou célébrer un événement important.
  • Ces pièces ont les mêmes caractéristiques techniques que les autres pièces de 2 euros, à l’exception d’un avers différent de la face nationale habituelle.
  • Évidemment, ces pièces ont cours légal dans toute la zone euro, et peuvent être utilisées comme n’importe quelle autre pièce de 2 euros.
  • Et, comme sur les pièces classiques, la BCE a le dernier mot quant aux quantités autorisées.
Mais il existe d’autres pièces en euros sur lesquelles la banque centrale européenne a toujours eu beaucoup moins d’emprise. Ce sont les pièces dites « de collection », normalement prévues pour ne pas circuler, mais qui pourraient parfaitement le faire (et qui le font, dans les faits) dans le pays qui les a émises.. car elles y ont cours légal.

Quand l’euro devient monnaie « locale »

Alors certes, les pièces de collection ne peuvent être utilisées dans les autres territoires de l’Union européenne, mais elles constituent pour l’État un moyen de garder la main sur sa liberté de frapper monnaie à l’attention de ses citoyens.

  • Mieux encore, à l’instar de l’Allemagne qui vient de sortir une pièce de 5 €, n’importe quelle valeur est possible en dehors de celles officiellement en circulation.
  • Rien qu’en France, savez-vous que des pièces de 5, 10, 15, 25 ou même 100 euros ont d’ores et déjà été émises à des millions d’exemplaires, et qu’elles pourraient parfaitement servir à payer des biens ou des services sur le territoire national ?
  • D’autres valeurs plus élevées existent (jusqu’à 5000 € !) mais leur utilisation est de fait beaucoup plus difficile, pour ne pas dire impossible.

Outre leur valeur faciale, leur particularité réside aussi dans leur composition, en partie à base de métaux précieux (or et argent). Non seulement cela leur confère une plus grande légitimité fiduciaire (basée sur la confiance) mais on pourrait y voir également un certain retour à la notion de valeur intrinsèque de la monnaie.

Malheureusement, la liberté des États s’arrête là et il ne serait pas possible, par exemple, pour un pays à l’économie vacillante de traiter ces pièces de collection comme n’importe quelle autre monnaie fabriquée par son institution monétaire. Il ne lui serait pas davantage possible de racheter ces pièces pour les revendre à sa Banque centrale, non plus à leur valeur faciale mais pour une fraction seulement de cette valeur, avec pour conséquence une augmentation considérable de la quantité d’euros en circulation sur son territoire, pour le plus grand bénéfice de sa population.
D’ailleurs, le 4 décembre dernier, le Conseil des Gouverneurs de la BCE a rappelé les conditions d’émission du volume de pièces en euros pour chaque pays, incluant sans ambiguïté les pièces de collection dans ses procédures d’approbation*

*.https://www.ecb.europa.eu/ecb/legal/pdf/oj_jol_2015_328_r_0022_fr_txt.pdf


source/http://www.loretlargent.info/argent/euro-pieces-billets-suite-souverainete-nationale-question/17967/