1668 – L’Italie, l’Euro et Berlusconi

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A- L’Italie, l’Euro & Berlusconi

B- Composition du gouvernement de la République italienne depuis le 12/12/2016 … pour se rafraîchir la mémoire …

Photo : Président du Conseil : Paolo Gentiloni, parti démocrate, centre gauche

Les récentes déclarations de Silvio Berlusconi sur la nécessité pour l’Italie d’adopter « deux monnaies »[1] ont relancé les spéculations sur l’attachement de ce pays à l’Euro[2]. La montée de « l’euroscepticisme » est flagrante aujourd’hui en Italie. Or, une crise en provenance de l’Italie aurait des conséquences bien plus importantes qu’une (probable au demeurant) en provenance de la Grèce, du fait de la taille et du poids de l’économie italienne.
  • Il est évident que la dégradation continue de la situation économique en Italie depuis ces dernières années impose des mesures radicales.
  • Il est tout aussi évident que seule une sortie de l’Euro est en mesure de sauver l’économie italienne, mais aussi par conséquence ses banques, qui sont de plus en plus lourdement chargées en « mauvaises dettes ».
    • Ces « mauvaises dettes » ou « prêts non-performant » comme on les appelle dans les milieux financiers, sont directement issues des petites et moyennes entreprises de la Péninsule qui subissent de plein fouet la stagnation économique engendrée par l’Euro.
  • On peut voir, d’ailleurs, sur les comptes de compensation de la Banque Centrale Européenne, ce que l’on appelle les comptes « Target2 » la dégradation constante de la situation italienne depuis ces dernières années.

1 – Compte Target2

Mais, ce que ne disent pas ces statistiques c’est la détérioration profonde de l’économie, mais aussi de la société, italienne du fait de l’Euro. Il suffit, pour s’en convaincre, de regarder quelques graphiques. En termes de croissance, et de volume du PIB, l’économie italienne, qui était sur une trajectoire de forte croissance de 1995 à 1999, est aujourd’hui retombée à son niveau de 2000, soit l’année de l’entrée dans l’Euro. Mais, ce qui est pire est que, quand on regarde le PIB par habitant, un indicateur du niveau de vie, on constate que l’Italie à régressé au niveau de 1997. Le décrochage de l’Italie par rapport aux deux autres pays « majeurs » de la zone Euro, l’Allemagne et la France, apparaît nettement sur le premier de ces deux graphiques.

2 – Indice du PIB

3 – Indice du PIB par habitant

La conséquence est un véritable effondrement de l’investissement qui est, aujourd’hui et depuis 2012, en dessous du niveau qu’il avait atteint en 1995. Cela se traduit par une dégradation rapide des infrastructures publiques mais aussi privées (le logement), dégradation qui a un impact important sur le niveau de vie de la population italienne.

4 – Investissement

Cette dégradation du niveau de vie se traduit, aussi, dans la formation de l’épargne, que celle-ci soit le fait des particuliers ou des entreprises. L’épargne italienne est largement inférieure à ce qu’elle était en 1995, et si elle est redevenue supérieure à l’investissement depuis 2012 c’est uniquement lié à l’effondrement spectaculaire de ce dernier.

5 – Équilibre Épargne/Investissement

La raison de cette remontée apparente de l’épargne (par rapport à l’investissement) est l’explosion de la dette publique en Italie, une dette qui baissait depuis 1996 mais qui ré-augmente de manière spectaculaire depuis 2007 après s’être stabilisée à partir de 2003, soit 3 années après l’entrée de l’Italie dans l’Euro.

6 – Dette publique (en % du PIB)

On voit très clairement que le seul espoir pour l’économie italienne est de sortir de l’Euro au plus vite, mais la complexité du système politique italien, les tergiversations du Movimente 5 Stelle de Beppe Grillo en particulier, et les intérêts particuliers solidement construits dans une large partie de l’élite politique, rendent cette solution de bon sens peut probable à très court terme.

Il est cependant clair que la classe politique italienne a les yeux rivés sur la scène politique française. Une sortie de l’Euro par la France donnerait à la classe politique italienne le prétexte rêvé pour sortir à son tour, sans rencontrer de trop fortes oppositions.

[1] http://www.ilfattoquotidiano.it/2017/02/27/berlusconi-ci-riprova-serve-una-nuova-moneta-nazionale-da-affiancare-alleuro/3419833/

[2] https://www.bloomberg.com/news/articles/2017-03-09/enter-berlusconi-a-man-a-ban-and-his-plan-to-restore-the-lira

Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s’est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

source/http://russeurope.hypotheses.org/5810


B-Composition du gouvernement de la République italienne depuis le 12/12/2016 … pour se rafraîchir la mémoire …

Composition du gouvernement (au 12 décembre 2016)

Président du Conseil : Paolo Gentiloni, parti démocrate, centre gauche

Secrétaires d’État à la présidence du Conseil des ministres :

  • chargée du Secrétariat du Conseil : Maria Elena Boschi (parti démocrate, centre-gauche)
  • Sandro Gozi (parti démocrate, centre-gauche)
  • Luciano Pizzetti (parti démocrate, centre-gauche)
  • Gianclaudio Bressa (parti démocrate, centre-gauche)
  • Angelo Rughetti (parti démocrate, centre-gauche)
  • Maria Teresa Amici

Ministres sans portefeuilles (sans leur propre administration et rattachés à la présidence du Conseil)

  • Affaires régionales : Enrico Costa (nouveau centre-droit)
  • Rapports avec le parlement : Anna Finocchiaro (parti démocrate, centre-gauche)
  • Cohésion territoriale et Mezzogiorno : Claudio de Vincenti (parti démocrate, centre gauche)
  • Ministre pour les sports : Luca Lotti (parti démocrate, centre-gauche)
  • Simplification et fonction publique : Maria Anna Madia (parti démocrate, centre-gauche)

Ministres

  • Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale : Angelino Alfano (nouveau centre-droit)
  • Ministre de l’intérieur : Domenico Minniti (partie démocrate, centre-gauche)
  • Ministre de la justice : Andrea Orlando (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre de la défense : Roberta Pinotti (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre de l’économie et des finances : Pier Carlo Padoan (indépendant)
  • Ministre du développement économique : Carlo Calenda (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre des politiques agricoles, alimentaires et forestières : Maurizio Martina (parti démocrate, centre gauche)
  • Ministre de l’environnement, préservation du territoire et de la mer : Gian Luca Galletti (union du centre – populaires pour l’Italie, centre catholique)
  • Ministre des infrastructures et des transports : Graziano Delrio (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre du travail et des politiques sociales : Giuliano Poletti (sans étiquette, apparenté centre-gauche)
  • Ministre de l’instruction, de l’université et de la recherche : Valera Fedeli (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre des biens et activités culturels et du tourisme : Dario Franceschini (parti démocrate, centre-gauche)
  • Ministre de la santé : Beatrice Lorenzin (nouveau centre-droit)

Secrétaires d’Etat auprès du Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale :

  • Vincenzo Amendola (parti démocrate, centre-gauche)
  • Benedetto della Vedova (indépendant)
  • Mario Giro (indépendant)

Mise à jour : 13.01.17


source/http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/italie/presentation-de-l-italie/article/composition-du-gouvernement-971

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