1324 – En Bulgarie et en Moldavie, la Russie a la cote …

1/ En Bulgarie et en Moldavie, la Russie a la cote 

2/- La Bulgarie choisit un président socialiste

3/-Un nouveau président russophile à la tête de la Bulgarie

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1/- Les candidats proeuropéens ont perdu les élections présidentielles organisées dimanche 13 novembre dans ces deux pays, remportées par le Moldave Igor Dodon et le Bulgare Roumen Radev, ouvertement russophiles.

Déjà vivement ébranlée par le Brexit, l’Union européenne a encaissé un nouvel avertissement ce dimanche 13 novembre, venu cette fois des marges orientales du vieux continent.

Les électeurs de la Bulgarie et de la Moldavie ont porté à la présidence de leurs pays respectifs des candidats ouvertement russophiles,

  • le Moldave Igor Dodon
  • le Bulgare Roumen Radev,

qui tous deux ont fait campagne en faveur d’un rapprochement avec la Russie.

Au-delà des différences, – la Bulgarie est membre de l’UE quand la Moldavie a signé un simple accord d’association avec Bruxelles –, les votants ont exprimé leur volonté de changement et leur rejet de la politique des partis proeuropéens au pouvoir.

« Les deux candidats se sont appuyés sur des électeurs plutôt âgés qui se reconnaissent dans les valeurs traditionnelles défendues par les socialistes locaux »

observe Florent Parmentier, professeur à Sciences-Po.

La Moldavie, entre Moscou et Bruxelles

En Moldavie, Igor Dodon a surfé sur la vague d’euroscepticisme qui s’est emparée de l’opinion publique dans l’ancienne république soviétique dont une partie du territoire est contrôlée par les séparatistes de la République autoproclamée de Transnistrie. « La coalition pro-européenne qui contrôle l’assemblée est discréditée à cause des scandales de corruption, note le chroniqueur et journaliste moldave Vasile State. Les partisans d’un rapprochement avec la Russie sont désormais majoritaires dans les sondages. »

Igor Dodon a promis durant la campagne qu’il renégocierait l’accord d’association avec Bruxelles en 2014 prévoyant une zone de libre-échange. La signature de ce traité avait suscité la colère de la Russie qui avait aussitôt lancé un embargo sur les fruits et la viande moldave. « Il est peu probable que le nouveau président se lance dans la renégociation de l’accord, sinon sur des points de détail, poursuit Florent Parmentier. Il ne sera pas le premier président à faire des allers et venues entre Moscou et Bruxelles, sans que cela remette en question le choix de son pays de se rapprocher de l’UE. »

Vers des législatives incertaines en Bulgarie

Même constat en Bulgarie au lendemain du succès de l’ancien pilote et chef de l’armée de l’air Roumen Radev. Si le nouveau porte-drapeau des socialistes a clairement dit qu’il souhaitait un rapprochement avec Moscou et qu’il défendrait la levée des sanctions contre la Russie, « la Bulgarie est clairement pro-UE et pro-Otan », estime Nikoleta Gabrovska, chercheuse au conseil européen des relations internationales (ECFR) basée à Sofia.

Le succès d’un russophile sur la scène politique a ouvert une période d’incertitude en Bulgarie. Le premier ministre conservateur Boïko Borissov a annoncé sa démission, qui devrait entraîner des législatives anticipées. « Le chef du gouvernement avait jusqu’ici maintenu une ligne de relations équilibrées avec la Russie, ajoute Nikoleta Gabrovska. Même si le président a des pouvoirs limités de part la Constitution, la balance pourrait pencher dorénavant du côté russe et rendre les relations plus délicates avec Bruxelles. »

Le Kremlin se réjouit déjà d’une « plus grande coopération »

Ces élections sonnent en tout cas comme une victoire de prestige pour Vladimir Poutine et un coup de tonnerre dans le ciel européen. Des Européens accusés d’avoir fermé les yeux sur les scandales de corruption de partis qui disent défendre leurs idées. Lundi, quand l’UE s’interrogeait sur la pertinence de réagir aux scrutins, le Kremlin affichait son souhait de reprendre une plus « grande coopération » avec les nouveaux présidents bulgare et moldave.

Olivier Tallès avec Marie Verdier

source/http://www.la-croix.com/Monde/Europe/En-Bulgarie-Moldavie-Russie-cote-2016-11-14-1200803028

2/- La Bulgarie choisit un président socialiste

Roumen Radev, candidat de l’opposition socialiste jugé proche de Moscou, a remporté dimanche l’élection présidentielle en Bulgarie, selon les sondages effectués à la sortie des bureaux de vote, devant sa rivale soutenue par le Premier ministre conservateur Boïko Borissov, qui devrait démissionner.

Trois instituts de sondage donnent à cet ancien commandant des forces aériennes de 53 ans, novice en politique, un score de 58,1% à 58,5% contre 35,25% à 35,7% pour la présidente du Parlement Tsetska Tsatcheva, candidate de la majorité au pouvoir.

Le Premier ministre bulgare Boïko Borissov a annoncé sa démission après l’échec de la candidate de la majorité conservatrice. « Demain ou après demain, au premier jour ouvrable du parlement, je déposerai ma démission », a déclaré à la presse le chef du gouvernement au pouvoir depuis octobre 2014 et dont le mandat allait jusqu’en 2018. « Les résultats montrent clairement que la coalition au pouvoir n’a pas de majorité », a-t-il ajouté.


source/http://premium.lefigaro.fr/flash-actu/2016/11/13/97001-20161113FILWWW00164-la-bulgarie-choisit-un-president-socialiste.php


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3/-Un nouveau président russophile à la tête de la Bulgarie

La Bulgarie entre en territoire inconnu lundi après la démission de son premier ministre, l’europhile Boïko Borissov, et l’élection dimanche d’un président novice, au discours conciliant vis-à-vis de la Russie.

Le premier ministre conservateur bulgare Boïko Borissov, admirateur déclaré de la chancelière allemande Angela Merkel, a remis sa démission ce lundi au Parlement, deux ans avant la fin de son mandat et au lendemain de l’élection présidentielle. Le vainqueur du scrutin de dimanche, Roumen Radev, 53 ans, n’entrera lui en fonction que le 22 janvier. Mais son programme s’annonce déjà chargé, et des élections législatives semblent inévitables.

La confortable victoire de Radev – ancien chef de l’armée de l’air soutenu par les socialistes (PSB, ex-communiste) – par près de 60% des suffrages, a sonné comme un désaveu cinglant pour le premier ministre au pouvoir depuis fin 2014, qui soutenait pour sa part la candidature de la présidente du Parlement, Tsetska Tsatcheva. Roumen Radev a notamment bénéficié du mécontentement suscité par le gouvernement de centre-droit dont les efforts en matière de lutte anti-corruption et de réorganisation du secteur public auront été jugés trop lents.

  • Cette victoire traduit également un «contexte international qui encourage la volonté de changement», selon Parvan Simeonov, directeur de l’institut Gallup, qui cite «l’écroulement des autorités traditionnelles en Europe occidentale» et l’élection de Donald Trump, aux États-Unis.

Vers un tournant pro-russe?

Les premiers pas de Roumen Radev sont attendus sur la scène européenne après la volonté de dialogue avec la Russie manifestée durant sa campagne.

  • Son message anti-immigration et favorable à l’abandon des sanctions européennes contre Moscou a rencontré un écho inattendu parmi les Bulgares à l’heure où l’Union européenne doit composer avec le Brexit et la montée des partis nationalistes.
  • Dès dimanche soir, Roumen Radev a confirmé son engagement à «travailler en vue d’une levée des sanctions» contre la Russie. «L’appartenance de la Bulgarie à l’UE et à l’Otan n’a pas d’alternative, ça ne signifie pas que nous devons nous déclarer ennemis de la Russie», avait-il affirmé durant la campagne.

Dans le système parlementaire bulgare, c’est bien le gouvernement qui définit la politique générale, sur le plan intérieur comme en matière de relations internationales.

Le président est quant à lui chef des armées et représente le pays à l’étranger.

Cette répartition des compétences fait douter le politologue Antoniy Todorov d’un quelconque tournant pro-russe de la Bulgarie, membre de l’Union européenne et de l’Otan: «Il n’y aura pas de revirement en matière de politique étrangère» car «le président n’a pas de tels pouvoirs». Pour Evgueni Daynov, analyste et directeur du Centre de pratiques sociales, «les déclarations du général Radev ont été surinterprétées», et le nouveau président a «un raisonnement européen et pro-atlantique», affirme-t-il.

Sans être anti-européen, le parti socialiste bulgare, qui a porté la candidature de Roumen Radev, est une formation russophile. Mais il n’est pas donné favori pour les législatives anticipées. Ces élections devraient être organisées à partir de mars 2017. Le parti Gerb de Boïko Borissov est crédité des meilleures chances de victoire.

 

 

Par Le figaro.fr, AFP agence et agence Reuters Publié le 14/11/2016 à 15h03

source/http://premium.lefigaro.fr/international/2016/11/14/01003-20161114ARTFIG00176-un-nouveau-president-russophile-a-la-tete-de-la-bulgarie.php