1/ – L’Islande ne donne pas des leçons qu’en football, mais aussi en économie
2/ – L’idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?
3/-Présentation de l’Islande / Service Diplomatique de la France
Par Romaric Godin 01,07,2016

1/ – L’Islande ne donne pas des leçons qu’en football, mais aussi en économie
L’Islande affronte la France le 3 juillet en quarts de finale de l’Euro 2016. L’occasion de se pencher sur l’économie de l’île qui est en croissance, avec 4% en 2015 après avoir choisi une voie originale pour faire face à la terrible crise de 2008.
Le quart de finale de l’équipe d’Islande face à la France dimanche 3 juillet à Saint-Denis sera – en attendant peut-être encore mieux – un succès inédit pour ce petit pays nordique de l’Atlantique Nord. Un succès justement apprécié par une grande majorité des 332.529 habitants de l’île qui ne doit pas en cacher un autre, celui de l’économie islandaise.
Le PIB islandais a progressé l’an passé de 4%, soit plus de deux fois plus vite que celui de l’UE et la zone euro, et deux fois plus vite qu’en 2014. Dans l’Union européenne, seule l’Irlande affiche une croissance supérieure à l’Islande. En mai, le taux de chômage était à 4,1 % (2,2 % en données corrigées des variations saisonnières), au plus bas depuis onze ans, alors que le taux d’activité est de 86,1 %. En zone euro, le chômage est à 10,1 % avec un taux d’activité de 70 %.
L’Islande est une petite économie, avec un PIB de 15 milliards d’euros. Mais c’est une économie qui se porte bien. C’est un pays les plus riches d’Europe.
- En 2015, il était huitième du continent en termes de PIB par habitant en parité de pouvoir d’achat avec un niveau supérieur de 17 % à celui de la France et de 24 % à la moyenne de l’UE.
L’île nordique revient pourtant de loin. Elle a traversé, à partir d’octobre 2008, une des pires crises financières de l’histoire.
La gestion de cette crise est souvent présentée comme un exemple, parfois caricatural. Une chose est cependant certaine : cette gestion n’est pas entrée dans les canons de la théorie économique et s’est pourtant soldée par un succès. En cela, l’équipe islandaise de football ressemble un peu à l’économie du pays : elle a surgi de l’enfer et a surpris tout le monde.
Les « années folles »
Indépendante du Danemark depuis 1944, l’Islande a beaucoup souffert de la crise de la pêche, alors sa principale ressource, dans les années 1980-90.
- En 1991, un nouveau gouvernement est formé, dirigé par Davið Oddson, chef du parti de l’Indépendance qui lance le pays dans une vague de libéralisation avec, en tête, le modèle irlandais.
- Dix ans plus tard, la finance islandaise est largement dérégulée.
- Le but de cette politique est d’attirer les investisseurs étrangers pour augmenter la richesse du pays.
L’Islande devient alors un pôle financier mondial que l’on utilise pour le carry trade,
- cette technique qui consiste grosso modo à emprunter dans des pays à taux bas (comme la zone euro) pour les placer dans des pays à taux élevés (comme l’Islande)
- . L’argent abonde, la Bourse s’envole, les crédits se multiplient, la croissance atteint des rythmes astronomiques.
- En 2007, les actifs du secteur bancaire islandais représentent 1035 % du PIB de l’île et le secteur bancaire pèse 10,3 % du PIB islandais, trois fois plus qu’en 1997.
Choisir son sauvetage bancaire
Lorsque la crise financière mondiale éclate en septembre 2008, l’Islande est en première ligne.
- Les trois grandes banques du pays, Kaupthing, Glitnir et Landsbanki, ne peuvent plus se refinancer.
- Elles sont virtuellement en faillite.
Partout, l’Etat renfloue les banques.
- En Irlande, le gouvernement décide le 30 septembre 2008 de garantir l’intégralité des dettes bancaires du pays, soit 235 % de son PIB (440 milliards d’euros).
Mais Reykjavik choisit une autre voie.
- Le gouvernement islandais se contente de garantir les dépôts des Islandais dans les banques islandaises.
Le reste des actifs est abandonné à son propre sort.
- Les trois banques sont nationalisées et scindées et une partie saine et une toxique.
- Mais ces « bad banks » ne bénéficient pas de la garantie de l’État.
- En revanche, les banques « saines » ont été recapitalisées par l’État à hauteur de 30 % du PIB et ont souvent géré directement le nombre incalculable d’entreprises en défaut de paiement.
Contrairement à ce que l’on entend souvent, l’Islande n’a donc pas refusé de sauver les banques, elle a choisi ce qu’elle voulait sauver dans son secteur bancaire. Le pays a choisi de préserver sa demande intérieure plutôt que ses créanciers internationaux. Elle a réduit un fardeau qui, de toute façon, eût été intenable pour l’économie islandaise. Ce choix était donc inévitable.
L’élément remarquable, c’est que le gouvernement et la population se sont tenus à cette politique. Lorsqu’il a été question de rembourser les déposants britanniques et néerlandais clients de la structure islandaise Icesave, les Islandais ont, par deux fois, repoussé l’option d’un remboursement par référendum.
L’austérité, malgré tout
Ce choix dans les créanciers n’a pas permis d’éviter l’austérité. Pour renflouer la partie « saine » des banques et la banque centrale du pays, l’État a dû emprunter 3,2 milliards d’euros au FMI et à ses voisins scandinaves.
- La dette publique est passée de 28,5 % du PIB en 2007 à 96,4 % en 2015.
- Les dépenses publiques ont aussi été réduites en conséquence.
Il y a bien eu socialisation des risques et transfert de la dette privée sur la dette publique, mais elle a été limitée et cela a permis à l’économie de rebondir plus rapidement parce que le fardeau qui a pesé sur les agents économiques a été plus faible que si l’Islande avait choisi de rembourser davantage de créanciers de ses banques.
L’effet de la dépréciation de la couronne
L’autre élément clé a été la dépréciation de la couronne islandaise.La monnaie a chuté de façon vertigineuse.
- Pour un euro, il fallait 82 couronnes islandaises début 2007.
- Deux ans plus tard, il en fallait 182, soit un recul de 55 %.
Cette chute de la monnaie a conduit à une inflation qui a atteint 17 % et a rongé le pouvoir d’achat des ménages qui voyaient leurs salaires nominaux stagner. En revanche, cette dépréciation a permis de regagner rapidement de la compétitivité externe et, là aussi, à circonscrire les effets de la crise.
Le coût élevé de la crise
Malgré sa voie originale et sa monnaie propre, l’Islande de 2009-2010 n’était pas un paradis, loin de là.
- Au troisième trimestre 2010, après neuf trimestres de contraction en rythme annuel, le pays revenait à la croissance.
- Il faudra cependant attendre 2014 pour que le PIB islandais dépasse son niveau de 2008.
- En 2015, il le dépassait de 5 %.
La « voie islandaise » était-elle plus efficace que celle qui a été choisie dans la zone euro en 2010 ?
- Pas pour l’Irlande, qui est sorti plus vite de la crise, mais moins en raison de la politique menée que d’éléments externes.
En revanche, l’Islande semble être sortie plus rapidement de la crise que l’Espagne, et beaucoup plus que l’Italie, la Grèce ou le Portugal. Surtout, l’Islande semble moins menacée que la plupart de ces pays par le risque déflationniste et par la croissance molle. Les comparaisons sont cependant délicates dans la mesure où ces économies sont assez peu comparables à celle de l’Islande.
Une reprise par les exportations
Reste qu’il convient de ne pas trop surinterpréter la « voie islandaise ». D’abord, on l’a vu, elle était plus « contrainte » que « choisie ». Ensuite, le prix payé par les ménages islandais a été lourd.
- Le niveau de la consommation des ménages est encore inférieur en 2015 de 4% à son niveau de 2007.
- L’investissement en 2015 ne représentait que 63,9 % de son niveau de 2007.
La croissance islandaise d’après la crise est une croissance des exportations :
- de biens (+28 % par rapport à 2007) et surtout de services (+52 % par rapport à 2007).
C’est donc bien les gains de compétitivité externe par la compression de la demande intérieure qui ont fait rebondir l’Islande.
Les deux moteurs de la croissance du pays ont été principalement la pêche qui a bénéficié de la hausse des prix et de la demande de poissons et le tourisme.
- Le nombre de touristes qui ont visité le pays a crû de 27 % en 2015.
- C’est ici le fruit d’une politique active, avec notamment le développement des infrastructures et du marketing public et privé.
Mais on assiste aujourd’hui à un rééquilibrage rapide : au premier trimestre, la consommation des ménages a progressé sur un an de 7,1 %. En 2015, le pays a connu un déficit commercial et c’est la demande intérieure qui a tiré la croissance. La page de la crise est définitivement tournée.
Une attitude distante face à l’UE
Après la crise, l’Islande a voulu adhérer à l’Union européenne pour bénéficier d’une certaine « protection ». Cette démarche initiée par le centre-gauche a cependant rapidement échoué sur l’écueil de la politique de pêche.
- Après le retour de la droite au pouvoir en 2013, la demande d’adhésion a été retirée (lien1), sans le référendum promis à ce sujet.
- Ceci a beaucoup irrité le sens démocratique des Islandais, mais les sondages donnent en réalité une majorité de près de 59 % contre l’adhésion à l’UE.
Membre de l’Espace économique européen, l’Islande bénéficie de l’accès au marché unique et de la liberté de circulation, ce qui est crucial pour le tourisme et la volonté de faire de l’île une escale entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Mais l’EEE permet aussi à l’île de développer parfois ses propres choix, comme en 2008 ou dans l’affaire Icesave, et de bénéficier d’une protection de ses zones de pêche. L’adhésion à l’UE n’est donc pas très attirante pour le pays.
Changement d’approche sur la finance
Une des principales originalités islandaises réside surtout dans le traitement « moral » de la crise. L’Islande a ainsi été un des rares pays, avec l’Irlande, à établir des suites judiciaires à la crise. Les trois patrons des trois grandes banques ont été condamnés à 18 mois de prison, et beaucoup d’autres condamnations ont été prononcées. Même le premier ministre de 2008, Geir Haarde a été condamné sans sanctions par un tribunal en 2012.(lien2) Désormais, la société islandaise est très sensible aux affaires financières. Lorsque la femme de l’actuel premier ministre Davið Gunnlaugsson a été cité dans l’affaire des Panama Papers, il a été contraint à la démission devant les manifestations géantes qui se sont tenus à Reykjavik'(lien3). De nouvelles élections vont se tenir et le parti du premier ministre sortant, le parti progressiste, est menacé par une nouvelle formation, le parti pirate, qui pourrait arriver en deuxième position et qui prospère sur le rejet des partis traditionnels et du monde politique en général, ce qui est un élément commun à de nombreux pays qui ont connu la crise.
Les leçons de la crise islandaise
Quelles leçons retenir de la crise islandaise ? D’abord, elle permet de mettre en garde contre les effets de la financiarisation à l’extrême d’une économie. Ce mode de développement a un revers inévitable : celui de l’explosion violente de la bulle. Et les conséquences de cette explosion sont rarement positives pour la population, même lorsque, dans le cas islandais, tout est fait pour circonscrire le plus possible la crise.
Ensuite, l’Islande prouve que les intérêts bancaires ne coïncident pas toujours avec l’intérêt général.
Et qu’il est possible de se libérer des premiers au nom des seconds sans provoquer les catastrophes que les banquiers – c’est de bonne guerre – promettent initialement. La voie islandaise n’est pas forcément meilleure que les autres, mais son existence prouve qu’un gouvernement dispose toujours d’un choix concernant les mesures à prendre en cas de crise. Enfin, dernière leçon : un petit peuple peut apprendre beaucoup aux grands. L’équipe de France est prévenue.
Romaric Godin
lien1/http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140224trib000816865/islande-dit-adieu-a-l-union-europeenne-sans-meme-un-referendum.html
lien2/http://www.bbc.com/news/business-17820739
lien3/http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/islande-le-premier-ministre-demissionne-victime-des-panama-papers-562050.html
source/http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/l-islande-ne-donne-pas-des-lecons-qu-en-football-mais-aussi-en-economie-583941.html
2/- L’idée choc étudiée en Islande : et si on retirait aux banques la capacité de créer de la monnaie ?
Par Romaric Godin | 23/04/2015,
L’Islande veut changer de système monétaire (Crédits : reuters.com) Un rapport parlementaire islandais suggère de donner à la seule banque centrale le monopole de la création monétaire. Une vraie révolution, si l’idée était appliquée…
Décidément, l’Islande est le pays de la créativité financière. Après avoir montré, en 2009, qu’il existait bien une alternative au transfert de la dette bancaire vers la dette publique, l’île nordique pourrait s’apprêter à réaliser une grande expérience monétaire.
Le 31 mars dernier, en effet, le président du comité des affaires économiques de l’Althingi, le parlement islandais, Frosti Sigurdjonsson, a remis un rapport au premier ministre, Sigmundur Gunnlaugsson, sur la réforme du système monétaire islandais. Et c’est une véritable révolution qu’il propose.
L’absence de maîtrise de la banque centrale sur le système monétaire
Le rapport cherche en effet à réduire le risque de bulles et de crises dans le pays. En 2009, l’Islande a connu une crise très aiguë qui a fait suite à une explosion du crédit alimenté par un système bancaire devenu beaucoup trop généreux dans ses prêts et beaucoup trop inconscient dans sa gestion des risques.
Ni l’État, ni la Banque centrale islandaise (Sedlabanki) n’ont pu stopper cette frénésie. « Entre 2003 et 2006, rappelle Frosti Sigurdjonsson, la Sedlabanki a relevé son taux d’intérêt et mis en garde contre une surchauffe, ce qui n’a pas empêché les banques d’accroître encore la masse monétaire. »
Comment fonctionne le système actuel
Dans le système actuel, ce sont en effet les banques commerciales qui créent l’essentiel de la masse monétaire, en accordant des prêts à discrétion. La banque centrale ne peut que tenter de décourager ou d’encourager, par le mouvement des taux ou par des mesures non conventionnelles, cette création. Mais la transmission de la politique monétaire aux banques n’est jamais une garantie.
Malgré la hausse des taux de la Sedlabanki, la confiance et l’euphorie qui régnait en Islande au début des années 2000 a soutenu le processus de création monétaire. Lorsque la demande existe, rien ne peut empêcher les banques de prêter. Lorsqu’elle disparaît, rien ne peut les contraindre à le faire. Et souvent, ces mouvements sont excessifs, ce qui créé des déséquilibres, puis des corrections par des crises où l’État doit souvent venir au secours des banques. Et lorsqu’il faut faire repartir l’activité, les banques centrales ont souvent des difficultés à être entendue.
Le cas de la zone euro en est une preuve. Il a fallu que la BCE use de moyens immenses, l’annonce d’un QE de 1.140 milliards d’euros, pour que le crédit commence à se redresser dans la zone euro et encore, de façon fort limitée pour l’instant.
Une idée ancienne
D’où cette idée centrale du rapport de Frosti Sigurdjonsson : ôter aux banques le pouvoir de création monétaire. Comme le souligne l’ancien président de l’autorité financière britannique, Aldair Turner, qui préface le rapport, « la création monétaire est une matière trop importante pour être laissée aux banquiers. »
Cette idée n’est, en réalité, pas neuve. Après la crise de 1929, des économistes étasuniens avaient proposé en 1933 le « plan de Chicago » qui proposait d’abolir la capacité des banques à créer par elle-même de la monnaie. Il avait eu un grand succès, mais pas de traduction concrète véritable.
En 1939, l’économiste Irving Fischer, un de ceux qui avaient examiné de plus près la crise de 1929, avait proposé de transférer le monopole de la création monétaire à la banque centrale. James Tobin, Milton Friedman et d’autres ont également réfléchi sur ce sujet.
Mais la proposition islandaise, que Frosti Sigurdjonsson présente comme « une base de discussion » pour le pays, est la première proposition de passage à un autre système qu’il appelle le « système monétaire souverain. »
Décider de la création monétaire dans l’intérêt de l’économie
Quel est-il ? Le rapport indique que l’Islande « étant un État souverain avec une monnaie indépendante est libre de réformer son système monétaire actuel, qui est instable et de mettre en place un système monétaire de meilleure qualité. » Dans ce système, seule la Banque centrale aura le monopole de la création monétaire, aucune couronne ne pourra circuler si elle n’a pas été émise par la Sedlabanki à l’origine.
Cette dernière pourra donc faire évoluer la masse monétaire en fonction de ses objectifs « dans l’intérêt de l’économie et de toute la société. » Frosti Sigurdjonsson propose qu’un « comité indépendant du gouvernement prenne des décisions sur la politique monétaire de façon transparente. »
La Banque centrale créera de la monnaie en accordant des prêts aux banques commerciales pour qu’elles prêtent ensuite des sommes équivalentes aux entreprises et aux particuliers, mais aussi en finançant des augmentations de dépenses publiques ou des exemptions d’impôts, ou encore par le rachat de dettes publiques. Pour empêcher la création monétaire par le système bancaire, deux types de comptes auprès de la banque centrale seront créés.
Comptes de transactions et d’investissements
1/-Les premiers seront les « comptes de transactions. » Ces comptes représenteront les dépôts des particuliers et des entreprises. Les banques commerciales administreront ces comptes, mais ne pourront pas en modifier les montants. L’argent déposé sur ses comptes ne rapportera pas d’intérêt, mais sera garantie en totalité par la banque centrale.
2/-Un deuxième type de comptes, les « comptes d’investissements », sera créé en parallèle. Les agents économiques pourront transférer des fonds des comptes de transaction vers les comptes d’investissements. L’argent placé sur ses comptes seront investis par les banques et seront bloqués durant une période déterminée.
Les banques pourront alors proposer à ceux qui placent leur argent dans ces fonds différents types de produits, notamment des produits risqués à haut rendement. Il s’agit concrètement de séparer autant qu’il est possible l’argent du crédit. Le risque lié au crédit ne disparaît pas, mais il est limité par l’obligation de ne prêter que l’argent déposé sur ces comptes d’investissements.
Plus de Bank Runs
Pour Frosti Sigurdjonsson, ce système permettra une gestion plus réaliste de la masse monétaire non plus dans l’intérêt des agents privés, mais dans celui de la collectivité. La garantie sur les dépôts permettra d’éviter une course aux guichets (Bank Run), sans réduire, du reste, la responsabilité de ceux qui auraient investi dans des produits à risque.
Avec ce système, une séparation bancaire entre banque d’investissement et banque de dépôts n’est pas nécessaire, puisque l’activité de banque de dépôts sera garantie par la banque centrale. Du reste, la garantie implicite de l’État dont bénéficient les grandes banques disparaîtra d’elle-même.
Gérer la transition
Pour la transition, Frosti Sigurdjonsson propose de transférer les dépôts détenus dans les banques commerciales vers les comptes de transaction. Ce transfert se fera par l’émission d’une créance sur les banques qui sera détenue par la Sedlabanki et qui sera payée sur plusieurs années par les banques.
Ce « passif de conversion » s’élèverait à 450 milliards de couronnes islandaises, soit 3,05 milliards d’euros. Cet argent issu des banques commerciales sera donc progressivement remplacé par de l’argent issue de la banque centrale. Dans cette phase de transition, les sommes versées par les banques pourraient servir soit à réduire la dette publique, soit à réduire, si besoin, la masse monétaire, par l’annulation d’une partie des fonds versés.
Les problèmes posés
Cette proposition ne règlera certes pas tous les problèmes. Certes, les prêts seront sans doute moins importants et la croissance de l’économie sans doute moins forte. Mais le projet est d’avoir une économie plus stable et, sur le long terme, tout aussi performante. Plutôt que de voir l’économie croître de 5 % par an, puis de corriger de 3 % ; on pourrait avoir une croissance stable de 2 % par an sans à-coup…
L’indépendance du comité de la Banque centrale sera très hypothétique, car l’État sera une courroie naturelle de la création monétaire et un risque d’excès n’est pas, ici, à exclure, même si l’État peut aussi bien prétendre représenter l’intérêt général que ce comité indépendant.
Mais une ambiguïté peut ici être problématique. Les liens avec les autres systèmes monétaires classiques pour une petite économie comme l’Islande sont encore à explorer. Matthew Klein, dans le Financial Times(lien1), a souligné également que ce nouveau système ne réduit pas le risque de financement d’investissements à long terme par des investissements à court terme qui avait été à l’origine de la crise de 2007-2008.
Enfin, il ne s’agit là que d’une proposition. Le premier ministre a bien accueilli le rapport. Mais ira-t-il jusqu’à lancer un tel chambardement de grand ampleur ? Les Islandais seront-ils prêts à franchir le pas ? La discussion est, du moins, lancée.
___
Lire (en anglais) le rapport du parlement islandais ici.
lien1/http://ftalphaville.ft.com/2015/04/08/2125780/
Source/http://www.latribune.fr/economie/international/l-idee-choc-etudiee-en-islande-et-si-on-retirait-aux-banques-la-capacite-de-creer-de-la-monnaie-470824.html

3/-Présentation de l’Islande
Service Diplomatique de la France
Données économiques
(Sources : DGT sauf autrement signalé)
PIB(€) :11,07 Mds (2012), 11,58 Mds (2013), 12,87 (2014), 14,15 (2015p)
PIB par habitant (€) : 34.534 (2012), 35.777 (2013), 39.525 (2014), 43.216 (2015p)
Taux de croissance : +1,3% (2012), +3,6% (2013), +1,9% (2014), + 4% (2015)
Taux de chômage : 6,1% (2012), 5,4% (2013), 5% (2014), 3,1% (fév. 2016)
Taux d’inflation : 5,2% (2012), 3,9% (2013), 2% (2014), 1,5% (mars 2016)
Solde budgétaire (du PIB) : -3,7% (2012), -1,7% (2013), -0,2% (2014), +0,4 (2016)
Dette publique (% du PIB) : 92,8 (2012), 85,9 (2013), 81,2% (2014), 70% (2015)
Balance commerciale (% du PIB) : 6,1%(2012), 8,2% (2013), 6,4% (2014)
Principaux clients (2014) : Pays-Bas (29,2%), Royaume-Uni (11,2%), Espagne (7,6%), Allemagne (6%), France (5%), Russie (4,9%)
Principaux fournisseurs (2014) : Norvège (14,9%), Etats-Unis (10,2%), Danemark (7,6%), Allemagne (7,6%), Chine (7,2%), Pays-Bas (6,6%),
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013, Banque Mondial) :
- agriculture et pêche : 6,8%
- industrie : 23,5%
- services : 69,7%
Exportations de la France vers l’Islande (2015) : 72,20 millions d’euros
(équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques ; matériels de transport et produits des industries agroalimentaires)
Importations françaises d’Islande (2014) : 234 millions d’euros
(produits des industries agroalimentaires, produits métallurgiques et métalliques)
http://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/islande
Consulats généraux de France : Section consulaire de l’ambassade à Reykjavik
Trois consulats honoraires : Akureyri, Isafjördur et Egilsstadir
Communauté française en Islande : 349 personnes
Communauté islandaise en France : 300 personnes
Situation économique
La crise de 2008 a mis un terme à l’extension démesurée du système bancaire islandais (10 fois le PIB) et mené à l’effondrement de la couronne islandaise (de plus de 40%) et du PIB (de 15%),
La reprise économique islandaise se confirme désormais ce qui était confirmé par le rapport de stabilité financière publié par la banque centrale en octobre : Les indicateurs macro-économiques islandais sont maintenant favorablement orientés.
- Après une année 2014 un peu décevante (+1,9% du PIB), la croissance prévisionnelle pour 2015-2018 reste forte, aux alentours de 3% par an, et supérieure à celle des voisins nordiques.
- Le taux de chômage est en baisse continue, actuellement vers 4,5%, et devrait se stabiliser à 4% dans les années à venir selon le FMI.
- Élevée jusqu’en fin 2013, l’inflation a rapidement diminué avec une prévision de 1,5% pour 2015, bien en deçà de la cible de la banque centrale islandaise (2,5 %). .
- La banque centrale a augmenté son taux directeur à 5,75 % lors de sa décision de politique monétaire de novembre 2015.
- La consolidation des finances publiques et la restructuration des dettes du secteur privé ont bien avancé mais restent inachevées.
- Malgré le retour sur les marchés internationaux dès mi-2011 (1ère émission de moyen terme suivie d’une 2ème, à plus long terme, 10 ans, en 2012), la dette publique reste importante, néanmoins avec une tendance décroissante :
- Le ratio de dette publique s’est contracté de 99% PIB en 2011 à 81,2% fin 2014 sous l’effet combiné de la hausse des recettes générée par la croissance et de la diminution des dépenses publiques.
- En été 2015 ces efforts ont été considérés soutenables par les agences internationales de rating.
L’île dégage un surplus primaire depuis 2013, et le Gouvernement a présenté une loi organique, rédigée avec l’assistance technique des services du FMI, fixant des règles de déficit (limité à -2,5% PIB, avec un excédent dégagé sur toute période de 5 ans) et de dette publiques (limitée à 45% PIB), plus strictes que celles de l’UE.
Le 9 octobre l’Islande a remboursé la totalité de son prêt auprès du FMI, environs 294M Euro, bien en avance sur le calendrier originel (août 2016), marquant ainsi la fin du monitoring post-programme du FMI.
La levée progressive des contrôles de capitaux, mis en place en 2008, constitue le principal défi économique à court et moyen termes :
- la stratégie annoncée en juin 2015 n’est pas dénuée de risques dans la mesure où certains paramètres ne sont pas stabilisés, notamment le cadre de supervision du système financier domestique et le fonctionnement du marché du travail qui a connu des hausses salariales importantes (entre +25% et +30% sur 3 ans pour le secteur privé, et encore d’avantage dans le secteur public).
Le Gouvernement islandais et la banque centrale ont approuvé fin octobre les « contributions à la stabilité » apportées par les représentants des trois anciennes banques Glitnir, Landsbanki et Kaupthing, ce qui constitue un pas important vers la levée des contrôles de capitaux.
- Les trois banques avaient jusqu’au 31 décembre 2015 pour obtenir ces accords, sans quoi elles auraient subi une « taxe de stabilité » de 39 % appliqué au total de leur actif.
- Désormais, les trois structures pourront, en principe et sous réserve d’obtenir les autorisations nécessaires de la banque centrale, mener les transactions financières liées au remboursement de leurs créanciers non-résidents.
Le projet de budget du gouvernement pour 2016, souligne l’importance du surplus budgétaire primaire (soit 3,1 % PIB 2016, après 3,7 % PIB estimé pour 2015).
- Le gouvernement met en avant
- la baisse des tarifs douaniers sur le textile,
- la réduction de l’impôt sur le revenu personnel,
- et la réduction de la fiscalité des revenus locatifs pour stimuler le marché du logement.
Les principales nouvelles mesures de dépenses concernent
- les crédits à la santé,
- à la science
- à l’innovation
- à la justice (avec l’établissement d’un bureau du procureur).
Le gouvernement souligne la réduction continue de la dette de l’État et compte sur la mise en œuvre de la stratégie de libéralisation des contrôles de capitaux pour faciliter le désendettement de L’État et la réduction de la charge des intérêts de la dette, avec l’amélioration de la notation souveraine de l’Islande.
L’économie islandaise a retrouvé la croissance et son principal moteur serait la demande domestique, et en particulier la consommation des ménages. Elle dispose de certains atouts :
- la pêche représente encore 40% des exportations,
- l’énergie y est abondante et en quasi-totalité renouvelable (géothermie et hydroélectricité),
- tourisme en pleine expansion,
- main d’œuvre bien formée,
- développement de nouvelles filières (TIC, data centers, silicium).
Les perspectives substantielles de développement dans certains secteurs peuvent ouvrir la voie au renforcement des échanges commerciaux bilatéraux et des IDE avec la France dans le domaine de l’énergie, le transport et du tourisme, et dans une moindre mesure de la pêche pour les produits préparés/dérivés.
L’accord de libre-échange (ALE) entre l’Islande et la Chine, entré en vigueur le 1er juillet 2014, lèvera les barrières tarifaires progressivement au cours des prochaines années.
- C’est le premier accord de ce genre entre un pays européen et la Chine : il s’inscrit dans le cadre d’un rapprochement progressif entre les deux pays qui ont par ailleurs conclu des coopérations
- dans les domaines des sciences et technologies marines et polaires, de la géothermie et de l’énergie solaire.
- Le commerce avec la Chine est déficitaire pour l’Islande qui exporte surtout des poissons et importe des produits industrialisés.
L’ALE offrira aux Islandais un avantage unique sur le marché chinois, en particulier dans le domaine de la pêche.
- Reykjavik a conclu des traités similaires avec 26 pays non-membres de l’UE et négocie avec la Malaisie, l’Indonésie et la Thaïlande.
- Ces accords, comme ceux entre l’AELE et l’Inde, sont accompagnés de compromis
- sur la propriété intellectuelle,
- les règles d’origine,
- les investissements,
- les services et la concurrence

Politique européenne
L’Islande est membre de l’Espace économique (EEE) européen depuis 1994, où elle concentre près des trois quarts de ses exportations. Elle a déposé sa candidature pour l’adhésion à l’UE le 16 juillet 2009 au terme d’un long débat interne.
Les négociations d’adhésion avec l’Islande avaient progressé rapidement : 27 chapitres sur 33 avaient déjà été ouverts en juillet 2010 et 11 refermés provisoirement. Procédure très rare, du fait du haut niveau d’alignement de l’Islande qui s’explique notamment par l’appartenance de cette dernière à l’EEE (qui a conduit l’Islande à reprendre, avant même le début des négociations, près de 80% de l’acquis communautaire).
Les négociations d’adhésion à l’UE, ouvertes en 2010, ont été gelées par l’actuel Gouvernement, eurosceptique, à son arrivée aux affaires. Cela a suscité le mécontentement de la population, qui tout en rejetant l’entrée dans l’UE, souhaite que les négociations soient poursuivies jusqu’à leur terme. La coalition au pouvoir avait présenté en février 2014 un projet de loi au Parlement prévoyant le retrait de la candidature d’adhésion sans débat public sur la question alors qu’un référendum avait été promis par le gouvernement au préalable. Cela avait conduit à une mobilisation forte de la population qui réclamait un vote sur le retrait de la candidature islandaise. La pétition dans ce sens avait atteint 70 000 signatures menant à l’abandon du projet de loi.
Dans une lettre du 12 mars 2015 à la Présidence lettone et à la Commission, le Gouvernement islandais indiquait qu’il n’avait « pas l’intention de reprendre les négociations d’adhésion ». Par conséquent, il demandait à ne plus être considéré comme candidat sans formellement retirer sa candidature. Le Gouvernement espérait donc pouvoir maintenir cette ambiguïté à l’intérieur, pour ne pas avoir à consulter son Parlement tout en obtenant de Bruxelles l’arrêt définitif des négociations. L’Islande s’est dite satisfaite de la réponse de la Commission annonçant la révision des procédures de travail en prenant en considération la nouvelle situation islandaise. Il est désormais fait référence à l’Islande comme simple membre de l’AELE et plus comme candidat.
Le gouvernement affiche néanmoins son attachement à l’espace économique européen, conscient du caractère essentiel de l’accès au marché intérieur pour le pays.
Cependant les relations de l’Islande avec l’EEE rencontrent aussi des difficultés :
- le contrôle des capitaux, mis en place lors de la crise, n’est pas conforme aux règles de l’EEE, bien que toléré.
- En janvier 2015 le pays a été condamné par l’autorité de surveillance de l’AELE pour la lenteur de la transposition des normes.
- De plus, l’Islande, avec les autres pays de l’EEE, s’oppose à la demande de la Commission européenne d’augmenter leur contribution financière au fonds de cohésion.
L’Islande est un partenaire important des relations qu’entretient l’UE en matière de pêche avec ses voisins de l’Atlantique nord-est. Toutefois, contrairement à la Norvège, aux Îles Féroé et au Groenland, aucun accord de pêche bilatéral n’a été signé entre l’Union européenne et l’Islande depuis 2009.
- Un accord tripartite entre l’UE, la Norvège et les Iles Féroé sur la gestion des stocks de maquereau, de hareng atlanto-scandien et de merlan bleu a été conclu en mars 2014.
- L’Islande n’a pas été autorisée à se joindre aux autres États côtiers en raison de sa participation à la pêcherie exploratoire de maquereau menée par le Groenland dans ses eaux.
- En effet, cette pêcherie, qui suit une courbe exponentielle, est fermement condamnée par la Norvège et l’UE.
Cette pratique pose problème dans la mesure où elle génère une ponction substantielle sur le stock en dehors du dispositif de gestion conclu entre les États côtiers.
- La décision russe de mettre en place le 13 août 2015 des sanctions économiques et un embargo contre les produits de la mer islandais a créé une forte inquiétude chez les armateurs et les pêcheurs.
L’Islande contribue à la politique de cohésion de l’UE à travers le mécanisme financier de l’EEE en faveur de 16 États membres. Un accord sur le renouvellement des montants des mécanismes financiers a été trouvé en juillet dernier.
- Il marque une augmentation de 11% de la contribution financière de l’Islande pour la période 2014-2021 (sur la base d’environ 49,4M d’euros pour 2009-2014).
- En échange, cette dernière a obtenu une augmentation des volumes de produits de la pêche (saumon rouge et de homard congelé) qu’elle pourrait exporter sur le marché de l’Union européenne.
L’accord trouvé fait néanmoins actuellement l’objet de discussions au sein du groupe AELE sur la question du contrôle des fonds alloués à la société civile. Il est peu probable que les textes puissent être définitivement adoptés d’ici la fin d’année.
Politique extérieure
Sur la scène internationale, l’Islande cherche à se positionner comme un acteur réactif sur des sujets ciblés. Malgré la rupture sur le dossier européen, la politique étrangère du gouvernement est marquée par une continuité sur la plupart des autres sujets (Arctique, sécurité, aide publique au développement).
La coopération nordique se place au premier rang des priorités de la diplomatie islandaise.
L’Islande est membre du Conseil nordique, forum de coopération régionale, qui réunit les cinq pays nordiques, ses territoires autonomes et, comme observateurs, les pays baltes.
Le Conseil nordique lui-même ne dispose pas du pouvoir d’édicter des normes, mais chaque gouvernement a l’obligation de transposer ses décisions, sur le même modèle que les directives de l’UE. Au cours de sa présidence en 2009, l’Islande a promu l’ouverture du Conseil aux États baltes (elle a été le premier État à reconnaître leur indépendance). L’Islande sait néanmoins se désengager, le cas échéant, de la solidarité nordique (vote favorable, tout comme la Finlande et la Norvège, à l’admission de la Palestine à l’UNESCO). Pour sa présidence en 2014, l’Islande a choisi l’utilisation durable des ressources, le bien-être et l’exportation de la musique nordique comme sujets prioritaires.
L’Arctique constitue un axe principal de la politique étrangère islandaise.
De fait, la fonte des glaces due au réchauffement climatique a un impact majeur sur les eaux territoriales islandaises (migration des stocks halieutiques vers le Nord, perspectives d’exploitation des hydrocarbures).
- Suite à l’adoption d’une stratégie arctique en février 2011, un comité interministériel présidé par le chef du gouvernement a été créé en 2013 soulignant l’importance de l’Arctique pour l’Islande.
Son Président de la République, Olafur Ragnar Grimsson, a déployé une large diplomatie arctique, et créé en 2013 la conférence « Arctic Circle ».
- Ce « Davos » du nord attire désormais tous les ans à Reykjavik environ 2.000 spécialistes d’une quarantaine de pays sur des questions arctiques.
- En 2015 le Président de la République François Hollande y a délivré le discours principal en vue de la COP21 et en y présentant les grandes lignes de la feuille de route nationale pour l’Arctique.
L’Islande est membre actif du Conseil arctique. Depuis février 2013, l’Islandais Magnus Johannesson dirige le secrétariat permanent du Conseil, installé à Tromsø (Norvège). Favorable au rôle des observateurs au Conseil arctique, l’Islande plaide pour l’admission de nouveaux observateurs, y compris l’UE.
Reykjavik promeut avec la Russie une coopération exempte de tension militaire et cherche à renforcer sa position, face à ses puissants voisins, en se rapprochant de la Chine.
Membre fondateur de l’OTAN et pays sans armée, l’Islande poursuit ses intérêts de sécurité dans les cadres de l’Alliance atlantique et de la coopération nordique.
Les droits de l’Homme sont une priorité de longue date de la diplomatie islandaise, avec une attention particulière aux questions LGBT et à la défense des droits des enfants et des femmes.
L’aide publique au développement (APD) n’a pas l’importance que lui accordent les autres États nordiques. Plafonnant à 0,21% du PNB en 2014, l’APD, déléguée à une agence sous tutelle du Ministère des Affaires étrangères (ICEIDA), devrait toutefois atteindre 0,7% en 2019. Les pays prioritaires de L’APD islandaise sont le Malawi, la Mozambique et l’Ouganda. En outre, l’Islande s’engage dans un projet régional appuyant l’exploration géothermique en l’Afrique de l’Est. L’accent thématique est mis sur la pêche, la santé, l’énergie et l’éducation des adultes.
A la suite d’une résolution parlementaire, l’Islande est devenu le 15 décembre 2011 le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître l’État de Palestine « comme État indépendant et souverain dans ses frontières d’avant la Guerre des Six Jours de 1967 » et à annoncer l’établissement de « relations diplomatiques pleines et entières ». L’Islande a aussi voté en faveur de l’admission de la Palestine à l’UNESCO en octobre 2011 et du rehaussement de la Palestine au statut d’État observateur non membre de l’ONU en novembre 2012.
L’Islande s’est donné pour objectif, à l’horizon 2050, de devenir le premier pays au monde totalement indépendant des ressources fossiles et polluantes. Aujourd’hui, c’est le seul pays où la production d’électricité est entièrement d’origine renouvelable. Elle a publié sa contribution nationale (INDC) en juillet 2015, alignée sur les engagements de l’Union européenne, mais pourrait avoir des difficultés à atteindre son objectif d’une réduction de 40% de ses émissions.

Mise à jour : 10.06.16
source/extrait/http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/islande/presentation-de-l-islande/
