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L’enquête 2015 sur la durée effective du travail confirme la position atypique de la France en Europe

– N.59, juin 2016

15/06/2016

Selon la dernière enquête d’Eurostat, en 2015, la durée effective du travail des salariés à temps complet en France est la plus basse de tous les pays de l’Union Européenne.

Coe-Rexecode a demandé à Eurostat de calculer les durées annuelles du travail en Europe pour les différentes catégories de travailleurs et par secteurs d’activité pour les années 2014 et 2015. Ce travail confirme dans l’ensemble les résultats des enquêtes précédentes.

En 2015 en France, la durée annuelle de travail effectif des salariés à temps complet est la plus faible de l’Union européenne

La durée effective de travail des salariés français à temps complet atteint 1646 heures, en baisse de 14 heures par rapport à 2013. L’écart par rapport aux autres pays européens s’est globalement creusé.

L’ écart avec l’Allemagne (199 h) s’explique par une durée habituelle hebdomadaire de travail plus élevée en Allemagne et, pour sa plus grande part, par des absences hors maladie (congés annuels et RTT) bien plus longues en France.

• En France, la durée de travail des salariés à temps complet du secteur non marchand est sensiblement au-dessous de la moyenne nationale

La durée effective annuelle moyenne du travail des salariés à temps complet est proche de la moyenne de l’ensemble de l’économie dans l’industrie (1649 h) et la construction (1665 h) et plus élevée dans les services marchands (1718 h). Avec un total annuel de 1569 h, la durée du travail des salariés à temps complet est sensiblement au-dessous de la moyenne dans les services non marchands.

• La durée de travail des salariés français à temps partiel est supérieure de 6% à la moyenne européenne

La durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps partiel était de 981 h en 2015 en France, soit près de 60% de la durée d’un temps complet, un niveau supérieur de 6% à la moyenne européenne en dépit d’une légère baisse depuis 2013. En Allemagne, la moyenne annuelle des temps partiels est de 889 h, soit 48% de celle d’un temps complet.

• La durée de travail des travailleurs non-salariés français baisse légèrement mais demeure parmi les plus élevées d’Europe

La durée effective annuelle moyenne de travail des travailleurs non-salariés à temps complet était de 2335 heures en France en 2015. En dépit d’une baisse par rapport à 2013, elle reste parmi les plus élevées de l’UE et dépasse de 42% celle du salarié moyen à temps complet. Un écart atypique en Europe.

L’ensemble des résultats et les questions méthodologiques
sont détaillés dans le document de travail ci-dessous.

SOURCE/http://www.coe-rexecode.fr/public/Analyses-et-previsions/Documents-de-travail/L-enquete-2015-sur-la-duree-effective-du-travail-confirme-la-position-atypique-de-la-France-en-Europe

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Une remontée du prix du pétrole pourrait avoir un impact négatif sur la croissance des grands pays européens (Natixis)

Flash Natixis N°613, 10 juin 2016

14/06/2016

Du début de 2014 au début de 2016, on observe une baisse du prix du pétrole et un redressement de la croissance. Patrick Artus, chef économiste de Natixis, cherche à évaluer ce qu’aurait été cette croissance sans la baisse du prix du pétrole, pour quatre pays européens : la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Patrick Artus, chef économiste de Natixis, évalue dans une note quelle a été la contribution de la baisse du prix du pétrole à la croissance de l’Allemagne, de la France, de l’Espagne et de l’Italie sur la période du 1er trimestre 2014 au 1er trimestre 2016. A partir du coût des importations d’énergie, il estime pour chaque pays le gain en revenu réel associé à la baisse du prix du pétrole. Puis il évalue la part de ce gain qui a été épargnée par les ménages et les entreprises et celle qui s’est transformée en un supplément de croissance.

En France, sur la période étudiée, la réduction du coût des importations d’énergie due à la baisse des prix du pétrole est de 1,9 points de PIB. La hausse des profits liée à la baisse du prix du pétrole et non investie est estimée à 0,6 point de PIB, la hausse de l’épargne des ménages à 0,5 point de PIB.

Au final, si le prix du pétrole n’avait pas baissé, la croissance cumulée sur la période étudiée aurait été de 1,5% et non de 2,3% en France ; de 1,6% et non de 2,8% en Allemagne ; de 0,3% et non de 1,1% en Italie ; de 3,5% et non de 6,2% en Espagne.

Selon Patrick Artus, « le seul pays qui aurait conservé une croissance convenable sans la baisse du prix du pétrole est l’Espagne ». Une remontée du prix du pétrole pourrait donc avoir « un effet très négatif sur la croissance de ces pays ».

Allemagne, France, Espagne, Italie : la comparaison très inquiétante, sur la période 2014-2016, entre l’évolution du prix du pétrole et celle de la croissance
Natixis, Patrick Artus, Flash N°613, 10 juin 2016

A lire aussi sur cette question :

France : la croissance a carburé au pétrole et à l’euro en 2015
Coe-Rexecode, Axelle Lacan, février 2016 (note réservée aux adhérents)

Perspectives de l’économie mondiale : une croissance trop faible depuis trop longtemps
FMI, avril 2016. Encadré scénario 1 : Impact estimé de la baisse des prix du pétrole

Trois questions autour de l’impact à court terme des variations du prix du pétrole sur la croissance française OFCE, Eric Heyer et Paul Hubert, Revue de l’OFCE N° 146, avril 2016

Baisse du prix du pétrole : quelles conséquences pour l’économie mondiale et pour la France ?
Direction générale du Trésor, Trésor-Eco N°168, avril 2016

Qui a bénéficié des prix de la chute du pétrole ?
INSEE, Note de conjoncture, mars 2016

France : Le dialogue social, enjeu pour la démocratie et la compétitivité selon le CESE

Le développement de la culture du dialogue social en France – CESE, juin 2016

07/06/2016

A l’heure du débat sur la loi Travail, un avis du Conseil économique et social et environnemental dresse un portrait peu flatteur du dialogue social à la française. Il détaille quelques mesures susceptibles de renforcer la culture de l’échange entre patronat et syndicats.

Le Conseil économique, social et environnemental constate que la décentralisation du dialogue social au niveau de l’entreprise s’est « accélérée depuis trente ans ». Il rappelle notamment que deux lois autorisent les accords d’entreprises à déroger aux accords de branche sur les questions de temps de travail (la loi sur la formation professionnelle et le dialogue social du 4 mai 2004 et la loi du 20 août 2008 portant rénovation de la démocratie sociale et réforme du temps de travail). Ainsi, « en matière de temps de travail, presque toutes les règles légales peuvent aujourd’hui faire l’objet d’une dérogation, exclusivement par accord collectif ».

Pour autant, la piètre culture du dialogue social en France demeure un frein à la négociation collective. Le CESE déplore une méconnaissance générale de son rôle et une « reconnaissance insuffisante de ses acteurs ». Les auteurs regrettent l’insuffisante représentation du personnel au sein des petites entreprises. Tandis que dans les plus grandes, la multiplication des obligations de consultations a rendu le dialogue social trop formel. La négociation collective pâtit également d’une mauvaise organisation de certaines branches professionnelles.

Le CESE émet des recommandations pour moderniser le dialogue social et développer la culture de la négociation dans la société française, et notamment : la sensibilisation des jeunes dès l’école à l’importance du dialogue social ; l’explicitation des enjeux et du contenu des accords aux salariés et aux employeurs ; la communication de tous les accords, y compris les accords d’entreprise, à partir d’une plateforme numérique ; l’évaluation des accords signés ; l’expérimentation dans les TPE volontaires de discussions sur l’amélioration des conditions de travail ; des mesures destinées à favoriser l’engagement syndical.

Myriam El Khomri, ministre du Travail, a annoncé qu’elle intégrerait certaines de ces préconisations dans son projet de loi Travail lors de son examen en 1ère lecture au Sénat du 13 au 24 juin.

Le développement de la culture du dialogue social en France – Conseil économique, social et environnemental, Luc Bérille et Jean-François Pilliard, Avis N° 2016-04, 7 juin 2016

Voir également :

Rapport d’information relatif aux entreprises et à la réforme du droit du travail, Sénat, N°647, 31 mai 2016. Le rapport présente une synthèse d’une étude comparative de l’IFO (Münich) sur les pouvoirs et la représentativité des représentants des salariés en France et en Allemagne. Cette étude présente notamment les implications économiques des différences institutionnelles entre les deux pays.

Baromètre de l’attractivité France 2016 – La France distancée – EY, mai 2016. « En comparaison avec l’Allemagne, la France apparaît en net retrait sur son climat social (32 points d’écart) ».